Séduis-moi si tu peux ! – critique

Fred, un journaliste au chômage, a été embauché pour écrire les discours de campagne de Charlotte Field, en course pour devenir la prochaine présidente des Etats-Unis et qui n’est autre… que son ancienne baby-sitter ! Avec son allure débraillée, son humour et son franc-parler, Fred fait tâche dans l’entourage ultra codifié de Charlotte. Tout les sépare et pourtant leur complicité est évidente. Mais une femme promise à un si grand avenir peut-elle se laisser séduire par un homme maladroit et touchant ? (Allociné)

En 2005 sortait The 40-year-old virgin/40 ans toujours puceau qui peut légitimement être considéré comme l’acte de naissance symbolique du courant dit de la « néo-comédie ». Ce dernier allait s’étendre sur près de 10 ans et nous valoir une palanquée de films mémorables (voir mon top comédies, il en est truffé). Dans le prolongement des films des frères Farrelly, une véritable nouvelle vague d’auteurs-acteurs-réalisateurs-producteurs gravitant autour de l’astre Judd Apatow a sinon révolutionné, du moins apporté un énorme vent de fraîcheur sur la comédie américaine. Redéfinition d’une masculinité sensible et enfantine, apologie de la bromance (l’amour-amitié entre 2 hommes), love stories à la fois ludiques et ouvertement sentimentales en furent les piliers. Paradoxalement pour un genre aussi attaché à la description des préoccupations masculines, son sommet en fut probablement Mes meilleures amies.

En 2013, le génial et bien nommé This is the end marquait la fin, symboliquement là aussi, de cette bacchanale de la marrade. Sur fond d’apocalypse planétaire, Seth Rogen et son binôme d’écriture/production Evan Goldberg réunissaient leurs potes et acteurs les plus emblématiques de la néo-comédie (Jonah Hill, James Franco, Danny McBride, Craig Robinson etc) pour raconter une énième histoire de bromance mais surtout pour signifier que tout ce beau monde allait désormais passer à autre chose.
De fait, Rogen et Goldberg se sont essayé au film grand public (le sous-estimé et très chouette Green Hornet), à l’animation (Sausage Party), James Franco s’est recentré sur ses projets perso vaguement auteuristes, Jonah Hill est devenu un acteur reconnu et a réalisé son 1er film (dans un registre auteuriste lui aussi), les plus âgés membres du Frat Pack (Will Ferrell, Ben Stiller etc) se sont clairement mis en pré-retraite etc etc. Judd Apatow lui-même a fait une pause, retournant sur les planches et produisant « seulement » l’une des meilleures sitcoms de ces dernières années, la très tendre et douce-amère Love.

Devant Séduis-moi si tu peux !, on se dit que tout ce petit monde a gagné la partie : la bromance, les adultes-geeks, le sentimentalisme trash et assumé sont devenus la norme. Mais on se dit aussi que là où auparavant, dans les comédies les plus réussies, les personnages accomplissaient une trajectoire, on a ici le sentiment que passé les postulats énumérés ci-dessus (bromance etc), les personnages n’évoluent pas. Les geeks gavés de pop culture ont gagné, on les retrouve dans toutes les strates de la société, jusqu’à la Maison Blanche. Sans véritable évolution pour ses personnages, le film ne rime plus à grand-chose : il n’est plus que « simple » comédie.

Il y a en outre quelque chose de triste à voir Seth Rogen, 37 ans désormais, se grimer ainsi, sans la moindre ironie, en hipster-brooklynite à la garde-robe adolescente. Si je voulais être méchant, je dirais que Séduis-moi si tu peux ! ressemble à ces comédies françaises qui s’inspirent de la néo-comédie… Il faut donc se contenter de gags/situations vaguement trash et d’une love story des plus conventionnelles, qu’on pourrait croire issue d’une rom-com des années 90.

Je suis un peu sévère : la narration est fluide, le scenario malin et la conclusion délivre un message féministe à la fois nécessaire, vivifiant et subtil. Je n’ai pas trouvé ça extrêmement drôle (défaut de 95% des comédies actuelles : repousser coûte que coûte les limites de la bienséance + aligner les analogies situations du quotidien/pop culture, de préférence le cinéma des années 90) mais c’est rythmé, bien écrit et surtout, le duo Charlize TheronSeth Rogen fonctionne très bien (soit dit en passant, Charlize Theron nom de Dieu de bordel de merde… Elle a jamais été aussi belle). Mais on a plus que jamais le sentiment devant Séduis-moi si tu peux ! que la comédie américaine a besoin d’une nouvelle (r)évolution.

Game Night – critique

Pour pimenter leur vie de couple, Max et Annie animent un jeu une nuit par semaine. Cette fois ils comptent sur Brooks, le frère charismatique de Max, pour organiser une super soirée à thème autour du polar, avec vrais faux malfrats et agents fédéraux ! Brooks a même prévu de se faire enlever…. sauf qu’il reste introuvable. En tentant de résoudre l’énigme, nos joueurs invétérés commencent à comprendre qu’ils se sont peut-être trompés sur toute la ligne. De fausse piste en rebondissement, ils n’ont plus aucun point de repère et ne savent plus s’il s’agit encore d’un jeu… ou pas. Cette nuit risque bien d’être la plus délirante – et la plus dangereuse – de toute leur carrière de joueurs… (Allociné)

Déception : Game Night est régulièrement vantée comme la meilleure comédie de l’année mais j’ai trouvé pour ma part qu’elle révélait une impasse, celle de la comédie américaine actuelle, après des années fastes.

Le pitch est malin et bien développé, suivant le principe de l’effet boule de neige : une fois la machinerie lancée (Kyle « FILF » Chandler se fait enlever non pas par des gens de l’agence qui organise la game night, mais par de vrais méchants à qui il doit du fric), les scènes et les situations s’enchaînent sans temps mort, bien rythmées, bien montées, parfois réellement surprenantes. Et on sait l’importance du rythme et du montage dans une comédie.

Le hic pour moi c’est que l’humour ne repose quasiment que sur le seul principe du commentaire sarcastique, à tout moment, quelle que soit la situation. Même, voire surtout lorsqu’elle est dramatique. Les personnages, très rapidement croqués et grossièrement caractérisés (le couple de winners forcenés, le dragueur, la cougar etc) ne bénéficient d’aucun développement: ils ont simplement tous une forte propension à se vanner les uns les autres avec le même mordant.

Ce que met en branle et ce que montre Game Night (mais du coup c’est pas inintéressant dans ce que ça révèle sur 2018) c’est un humour, et un monde donc, de smartasses, de gens qui ont toujours la répartie qui tue (ou censée tuer) et qui n’existent qu’à travers leur regard amusé et distancé sur les événements et sur les autres. Un humour dérivé d’internet et des conversations à distance (encore), qui ne connaît pas le drame de l’esprit de l’escalier puisque, séparés des autres par un écran, de téléphone ou d’ordinateur, on bénéficie toujours du confort du temps, du recul, pour la réflexion, la réécriture.

Alors certes, ça fait parfois mouche (ou souvent, selon notre sensibilité), et ce registre humoristique a été popularisé par des gens (Judd Apatow et sa bande) et des œuvres (les séries New Girl et The League sur des modes pourtant très différents) parfois brillantes voire géniales.  Mais lorsqu’il est systématisé comme ici, on (en tout cas « je ») frôle l’overdose et ça révèle selon moi une certaine paresse. D’écriture avant tout, mais aussi de rapport au monde, et aux autres.

J’extrapole peut-être, et je suis sans doute un peu sévère car, encore une fois, c’est vraiment bien fichu en termes de mécanique et régulièrement drôle mais ce constat, celui de personnages et par extension, d’un monde, qui ne sait plus vivre les événements de manière naturelle, constat qui n’est pas nouveau, certes, m’a un peu déprimé.

Happy Birthdead – critique

Prisonnière d’une boucle temporelle, Tree, étudiante, revit sans cesse le jour de son meurtre. Une journée apparemment banale qui s’achève systématiquement par sa mort atroce. Finira-t-elle par découvrir l’identité de son tueur ? (Allociné)

Mais mais mais… c’est vachement bien ça !

J’ai pas trop le temps mais je tiens à bafouiller quelques mots pour parler de ce film à côté duquel il est facile de passer en raison d’un titre aberrant (c’est vrai que Happy Birthdead c’est vachement plus compréhensible et vendeur que le titre original, Happy Death Day…), et d’un positionnement slasher/teen movie prompt à n’attirer que les ados tout en faisant fuir les cinéphiles.

Et de fait, ils sont bien là les teens quand je rentre dans la salle: ça sent cette inimitable odeur qui n’appartient qu’à eux, mélange d’hormones, de fluides corporels et de Mac Do. Plus le pop corn qu’ils s’envoient à une vitesse et dans des quantités hallucinantes. Bilan, je suis le plus âgé de la salle, de loin.

Si Happy Birthdead se révèle davantage qu’un teen movie, il en remplit néanmoins le cahier des charges: le campus, les sorority houses, les grosses soirées, les bimbos, les biatchs, les nerds, y a tout ce qu’il faut, pas de problème. Mais ça va au-delà. Et cet au-delà, c’est bien sûr le pitch qui lui permet d’y accéder.

« Se lever. Vivre sa journée. Se faire tuer. Recommencer. » dit l’affiche. Ca te rappelle Edge of Tomorrow qui lui même te rappelait Un jour sans fin? C’est normal car c’est exactement ça, avec un soupçon de Destination finale pour l’inventivité/l’inéluctabilité des conclusions intermédiaires et successives.

De rigolo/fun, Happy Birthdead passe très vite à malin/stimulant, d’autant qu’il ne cherche jamais à louvoyer et à finasser par rapport à son modèle, bien au contraire. Tree, l’héroïne du film, passera ainsi par exactement les mêmes étapes que Phil Connors (Bill Murray dans Un jour sans fin): l’incrédulité puis la sidération, la panique, l’exaltation, l’euphorie pour enfin accéder à la sagesse. Et elle le fera de la même manière, en apprenant à s’oublier pour s’ouvrir aux autres.

De la même manière, son actrice principale (Jessica Rothe, que je découvrais), est à la fois la quintessence de l’héroïne de teen movie et son dépassement: parfaite fusion Britney Spears / Blake Lively / Eliza Dushku (ça a dû Sopaliner sévère dans les chambrées après le film), elle révèle au fur et à mesure que le film avance et se densifie, une palette nettement plus intéressante que ce à quoi les premières minutes nous ont préparé, avec notamment un sens de la dérision des plus réjouissants.

Bilan, encore: un vrai bon moment, une Séance Parfaite en vérité, pour un film nettement plus intéressant qu’il ‘y paraît et qui parlera tout autant aux geeks fans de slashers, qu’aux cinéphiles amateurs de théories sur le film d’horreur ou aux ados en quête de comédie romantique.
A voir sans restriction donc.

Thor: Ragnarok – critique

Privé de son puissant marteau, Thor est retenu prisonnier sur une lointaine planète aux confins de l’univers. Pour sauver Asgard, il va devoir lutter contre le temps afin d’empêcher l’impitoyable Hela d’accomplir le Ragnarök – la destruction de son monde et la fin de la civilisation asgardienne. Mais pour y parvenir, il va d’abord devoir mener un combat titanesque de gladiateurs contre celui qui était autrefois son allié au sein des Avengers : l’incroyable Hulk… (Allociné)

Quelle étrange expérience… L’impression à la fois d’avoir assisté à la mort du cinéma tout en ayant pris un énorme pied devant un truc un peu dingue.

Y aurait beaucoup de choses à dire, par où commencer ? Par le plus important: le film est réalisé par Taika Waititi, auteur-réalisateur néo-zélandais débutant à Hollywood mais collaborateur des géniaux Flight of the Conchords et réalisateur du non moins génial Vampires en toute intimité. Je l’ignorais avant de voir le film, ça aurait pu un peu m’y préparer.

Car très vite (tout de suite en réalité), on est surpris par le ton adopté. Ca vanne sec. Et ça vanne bien: dérision, second degré, Thor : Ragnarok est davantage une comédie qu’un film de super-héros en réalité. Et une bonne comédie, donc.

Comment les fans, les lecteurs du comics s’entend, le prennent-ils? On est en droit de se poser la question (en tout cas je me la suis posée) tant la tonalité n’est pas celle à laquelle on s’attend a priori. Thor (excellent Chris Hemsworth décidément doué pour la comédie) n’est plus seulement inadapté à la vie sur Terre (de toutes façons le film ne s’y déroule pas donc exit toutes les vannes du registre « fish out of water »), il est surtout à la fois maladroit et ironique, il perd son gros marteau bien dur, se fait couper les tifs etc. C’est toujours un héros, pas de doutes là dessus et on est ni dans l’iconoclasme ni dans la parodie mais j’imagine que ce genre de libertés prises avec le personnage et sa mythologie doivent chagriner les gardiens du temple.

Après…
Bon, je vais enfoncer une porte grande ouverte et dont les gonds ont été arrachés depuis longtemps mais j’ai rarement eu autant l’impression de me trouver devant une sorte de non-film, de négation de ce qu’un cinéphile est supposé attendre d’une oeuvre cinématographique, de caricature de méchant-blockbuster-hypertrophié-que-y-a-rien-de-bio-et-de-bon-dedans. C’est la norme hollywoodienne désormais, je le sais bien mais là ça m’a vraiment… choqué. Les acteurs évoluent sur des fonds verts majoritairement (enfin, je suppose), et quand ça n’est pas le cas, il s’agit de décors complètement abracadabrantesques et probablement dispendieux.  Y a de quoi financer 30 ans de cinéma français avec ce truc sans déconner…
Et malgré ça, c’est réconfortant de se dire que ce qu’on retiendra de Thor : Ragnarok, ce sont les dialogues, répliques et punchlines qui se succèdent avec brio, avec une science et un rythme réellement bluffants. Autrement dit, ce qu’on retiendra de ce film, malgré les millions de brouzoufs déboursés et balancés sur l’écran, c’est le texte et sa mise en scène.

Et qui a-t-on casté pour évoluer devant ces décors ridicules, devant ses fonds verts? Des bons (Mark Ruffalo, Tom HiddlestonJeff Goldblum) voire des grands acteurs (Idris Elba, toujours aussi beau et bon même dans un rôle de Moïse super cheap, Cate Blanchett, magnifique en super villain super badass, mi-égérie emo, mi-reine maléfique).

Je trouve ça dingue et génial à la fois qu’on se soit pas contenté de prendre des acteurs bankable et à belle gueule ou fort potentiel physique si je puis dire, mais plutôt des acteurs aussi flamboyants et/ou subtils.

Quoiqu’il en soit, tout ça m’a donné le sentiment de me trouver devant un film assez unique, en son genre déjà (le « film Marvel« , un genre à part entière désormais), mais aussi tout court. Je me suis marré, souvent et beaucoup (putain l’accent australien de Korg, quelle trouvaille !) mais je me suis surtout interrogé, dans le meilleur sens du terme, sur la nature exacte de cet objet à la fois hyper formaté (ça reste un blockbuster avec son quota obligatoire de boum-boum et de grand 8 visuel) et presque subversif (dans son refus de pencher vers le blockbuster boum-boum justement).

Je vais aller plus loin et faire preuve de mon habituel sens de la mesure: l’an dernier j’avais été scotché par la forme de Rester Vertical, un film qui ne ressemblait (et ne ressemble d’ailleurs toujours) à aucun autre, eh ben cette année ça sera Thor: Ragnarok soit un film américain, au budget indécent et à l’horrible plan marketing, son exact opposé. Bim.

Top 50 comédies

Et hop, la liste complète et les liens ci-dessous.

Petit break estival pour Grande remise, bonnes vacances à toutes et à tous.

#1 40 ans, toujours puceau – The 40-year old virgin

#2 American Pie

#3 L’Amour Extra-Large – Shallow Hal

#4 Anchorman – Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy

#5 Austin Powers 2, l’espion qui m’a tirée – The Spy Who Shagged Me

#6 Les Beaux Gosses

#7 The Big Lebowski

#8 Les Bronzés font du ski

#9 Bienvenue au gîte

#10 La Chèvre

#11 La Cité de la Peur

#12 …Comme la lune

#13 Cuisine et Dépendances

#14 Didier

#15 La Dilettante

#16 Dodgeball

#17 Dumb and Dumber

#18 La Fille du 14 Juillet

#19 Fou(s) d’Irène

#20 Frangins malgré eux

#21 Les Gamins

#22 Harold et Kumar chassent le burger

#23 Jacky au royaume des filles

#24 Un jour sans fin

#25 Liberté-Oléron

#26 Mars Attacks!

#27 Mary à tout prix

#28 Mes meilleures amies

#29 Mes meilleurs copains

#30 Mon beau-père et moi

#31 OSS 117, Rio ne répond plus

#32 Palais Royal!

#33 Papy fait de la résistance

#34 Un poisson nommé Wanda

#35 Pour un garçon

#36 Les Randonneurs à Saint-Tropez

#37 Retour à la fac

#38 Rushmore

#39 Monty Python : Sacré Graal !

#40 Steak

#41 Les sous-doués passent le bac

#42 SuperGrave

#43 Top secret!

#44 Vampires en toute intimité

#45 La vérité si je mens! 2

#46 Very Bad Trip

#47 Wayne’s World 2

#48 Rien que pour vos cheveux

#49 Comédies dramatiques

#50 Séries

#50 Séries

Et pour conclure ce top consacré à la rigolade, quelques mots sur mes séries comiques préférées :

Flight of the Conchords

Les parodies/chansons comiques, je suis vraiment pas fan : soit la musique n’est qu’un prétexte et elle est pourrie, soit les textes sont pas drôles. Souvent les 2 à la fois (= la catastrophe).
La première réussite de Flight of the Conchords, c’est que les parodies tiennent la route (elles tendent donc davantage vers le pastiche), les chansons s’écoutent bien, voire très bien. En sus, elles sont toujours très bien intégrées aux différentes intrigues. Rien que ça, ça assure 50% de la réussite du show (même s’il n’y a généralement que 2 courtes chansons par épisode).
Après, le show en lui-même joue évidemment pas mal sur le classique registre des différences culturelles et du fish-out-of-the-water (2 néo-zélandais largués dans New-York) mais il le fait sur un mode subtil, low-key, presque minimaliste, aidé en cela par le jeu très atone des 2 acteurs et plus particulièrement de Jemaine Clement. Y a peu de vannes au final, ou même de gags, ou alors des gags pas-drôles-mais-drôles-en-fait et c’est ce qui fait sa singularité.

Curb Your Enthusiasm – Larry et son nombril

J’ai déjà parlé en détail de la série ici et ici.

Seinfeld

Etre fan de Curb Your Enthusiasm et pas de Seinfeld serait absurde : c’est la matrice, la Genèse, l’Ancien Testament. Indépassable.

The League

Un des innombrables shows estampillés « nouveau Seinfeld » en raison principalement de son absence de véritable intrigue (ou de l’inintérêt fondamental de celle-ci), d’une attention portée aux détails du quotidiens et aux petits travers des comportements humains et enfin d’un mauvais esprit confinant à la misanthropie.
J’ai lâché l’affaire parce que je trouvais plus les épisodes en cours de saison… 5 je crois ? Je sais plus, et ça devrait pas être très bon signe, d’autant que j’ai pas l’intention de reprendre mais les 3 premières saisons sont parmi les trucs les plus grossiers, scandaleux et drôles que j’ai jamais vus. Pour situer, on va dire que ça serait le versant le plus trash et décomplexé de la neo-comédie, et qu’il n’est pas étonnant d’y retrouver un Seth Rogen en roue libre dans un petit rôle intermittent. Vraiment très crade et très drôle – j’insiste car il vaut mieux savoir où on va, c’est pas pour tout le monde.

The Office

Sur le coup ça a été un choc. Le sentiment à la fois d’être face à un truc totalement nouveau et que j’attendais depuis toujours. Le rire, le vrai, le malaise, le vrai aussi, et souvent les 2 ensemble évidemment.
Rétrospectivement, c’est non seulement un jalon, qui ouvre la porte à plein de trucs fantastiques, et à un registre humoristique nouveau, mais on réalise que rien ne va aussi loin que The Office. C’est un coup de génie qu’a réussi Ricky Gervais, un truc rare, parfait de A à Z, comme la plupart des auteurs et créateurs se contentent d’en caresser le souhait et peuvent s’estimer heureux de seulement s’en approcher.
Si la suite a prouvé qu’il avait de la ressource (Extras et Life’s too short, toutes 2 excellentes), elle a aussi démontré que lui non plus n’ira jamais aussi loin et ne fera jamais aussi bien. Mais quand on a pondu un truc pareil, on peut s’arrêter tranquilou, on a fait son travail.
Par ailleurs, c’est bien sûr la meilleure fiction imaginable sur cet enfer à peine déguisé qu’est le monde de l’open space.

Eastbound and Down – Kenny Powers

Voilà par exemple une série qui doit pas mal à The Office. J’ignore si elle a été une source d’inspiration et la filiation n’est pas évidente (si tant est qu’elle existe même) mais disons que The Office a préparé le terrain.
Héros détestable, aussi sûr de lui que pathétique, terriblement humain avant tout évidemment, Kenny Powers serait un genre de David Brent testostéroné, aussi américain que Brent est anglais. Là aussi, je n’en croyais pas mes yeux quand je suis tombé sur cette série et la saison 2 (celle qui se déroule au Mexique) m’a valu des éclats de rire mémorables.

#48 Rien que pour vos cheveux

Agent d’élite du Mossad et véritable star dans son pays, Zohan a un secret : il rêve de devenir coiffeur en Amérique. Profitant d’un combat contre son pire ennemi, un terroriste connu sous le nom de Fantôme, Zohan se fait passer pour mort et s’envole pour New York armé uniquement de ses ciseaux et de son sèche-cheveux.
Malgré son inexpérience, il est engagé par la patronne d’un salon de coiffure, une jeune et jolie Palestinienne. Très vite, Zohan va se faire un nom dans la coiffure et attirer dans le modeste salon une clientèle toujours plus nombreuse.
Alors que son passé d’agent semble loin derrière lui, Zohan est repéré par le Fantôme, qui compte bien en finir avec lui une bonne fois pour toutes… (Allociné)

Me suis planté dans l’ordre de ma liste: j’aurais dû parler de ce film avant mais j’avais pris en compte son titre original qui commence par un Y (You don’t mess with the Zohan) donc voilà.

Il y a ceux qui ne comprendront jamais que les Farrelly, c’est pas QUE des types qui font de l’humour pipi-caca. Il y a ceux qui font des Farrelly et de Judd Apatow des auteurs à part entière. Et puis il y a ceux qui vont encore au-delà et qui vouent un culte à Rien que pour vos cheveux (produit par Apatow, dans sa veine la plus ZAZ, à l’instar de Walk Hard: The Dewey Cox Story, sa parodie des biopics musicaux à la Walk The Line). Rien que pour vos cheveux, c’est un peu le Metal Machine Music de la neo-comédie, ça va très, très loin.

Inutile de préciser que si tu fais partie de la 1ère catégorie, c’est même pas la peine d’envisager de tenter de le regarder. Et je pense, sincèrement, qu’il te manque une importante grille de lecture du monde qui t’entoure. Désolé, j’ai bien conscience que c’est extrêmement puant et prétentieux de dire ça mais je le pense. C’est la fin du top, peut-être aussi de Grande remise, je sais pas encore, j’en ai plus rien à foutre de rien, j’ai plus de filtres.

Putain mais rien que l’affiche sans déconner : les claquettes blanches, le short en jean, le t-shirt Mariah Carey, le bouc… LE GENIE DE CES TYPES NOM DE DIEU!