Ty Segall + Destination Lonely + Slift + Les Soldes – Le Bikini, Toulouse

4ème concert de Ty Segall en 3 ans, c’est pas mal. Evidemment, quand on sort en moyenne et au minimum 1 album par an, on tourne beaucoup. Et Ty Segall tourne beaucoup. Et je l’aime beaucoup.

Cette fois c’était dans le cadre d’un mini festival garage qui se tient chaque année au Bikini.

Les Soldes pour démarrer la soirée, pas vus. J’arrive sur Destination Lonely qui remplace Yonatan Gat. Je suis pas en super forme et le son m’agresse littéralement, je sors boire un verre illico. Ce qui m’arrive aux oreilles depuis l’extérieur me donne pas franchement envie de retourner dans la salle.

Puis c’est au tour de Slift de prendre la scène.

Ce que j’ai entendu d’eux, entre Thee Oh Sees et King Gizzard m’a bien plu, je suis curieux de voir ce que ça donne sur scène. Et là, la grosse baffe : un power trio à l’ancienne, hyper en place, hyper précis, qui déroule pendant 45 minutes un garage-psyche certes pas bien original (Thee Oh Sees/King Gizzard encore une fois) mais super prenant et super efficace. Les compos sont pas toujours au rendez-vous mais le groove est là, tendance kraut, et le guitariste joue merveilleusement de tous les effets dont il dispose. Limite ils pourraient jouer que des instrus pendant 1h sans que ça gênerait personne. Ca headbangue, ça slamme, ça ovationne: les mecs ont fait un gros carton auprès du public et c’était foutrement mérité.

Ty Segall était évidemment la tête d’affiche. Il jouait pour soutenir son album sobrement intitulé Ty Segall sorti en début d’année, en compagnie d’une « nouvelle » formation nommée The Freedom Band. J’utilise des guillemets car on y retrouve 2 de ses plus fidèles acolytes: le beau Mikal Cronin à la basse comme toujours, et le très chevelu Charles Moothart, à la batterie cette fois (il est habituellement guitariste). La seconde guitare était tenue par le trop méconnu Emmett Kelly, un type qui mène habituellement l’excellent Cairo Gang, formation acoustique ayant notamment accompagné Bonnie ‘Prince’ Billy (versatile le mec donc). Au clavier, le dénommé Ben Boye qui a également joué avec Will Oldham ou Riley Walker par exemple.

« The Freedom Band », ça ressemble à un nom de groupe américain late 60s et les 20 premières minutes du concert, géniales, le confirment : Ty Segall n’a pas son pareil pour incarner le rock le plus électrique et l’enchaînement des 5 premiers titres, dont 2 nouveaux (Alta et Fanny), laissent entrevoir un grand concert de rock américain encore, qui balaierait aussi bien les Stooges que le Grateful Dead, le Jimi Hendrix Experience ou MC5.

Mais après un Finger d’une violence assez dingue, ça se délite sérieusement et ça prend les travers… du rock américain late 60s: The Warm Hand, long morceau déjà un peu pénible sur l’album sorti cette année est ici carrément insupportable. Une longue jam complaisante où chacun y va de sa petite impro, pffff… C’est d’un chiant. Pas mal de gens reculent dans la salle voire se barrent. Carrément. Ca continue un moment sur ce mode là: le groupe est très détendu, il a l’air de bien s’amuser, nous un peu moins.

Le concert reprend un peu de tenue grâce à des morceaux plus anciens type Caesar mais c’est pas ça… Je suis vraiment pas en grande forme, ça joue beaucoup mais tout ça est bien trop auto-complaisant encore une fois. Feel, l’un des moments forts des concerts de Ty Segall depuis 3-4 ans, sinon LE moment fort, est ré-arrangé dans une version plus lente et syncopée qui le vide de toute sa sauvagerie. Sur son final, il change d’instrument avec Moothart et passe donc derrière la batterie, l’autre empoignant une guitare. Et on s’en fout.

J’ai l’impression que Ty Segall se cherche depuis Manipulator ou plutôt qu’il cherche à proposer autre chose que ce qui l’a mis sur le devant de la scène. Il ne veut pas s’enfermer dans le créneau garage-glam-pop qu’il a investi et dans lequel son talent s’épanouit le mieux selon moi, et c’est tout à son honneur mais le fait est que ce qu’il enregistre depuis est moins abouti, moins intéressant. On a l’impression qu’il se force à saloper ses chansons, qu’il fait tout son possible pour les rendre moins évidentes alors que précisément, lorsqu’il les peaufine, ça donne des classiques tel que le sublime Orange Colour Queen de ce début d’année. Qui démontre qu’il a suffisamment de ressources et surtout de talent pour qu’on ne s’en fasse pas à son sujet.

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Teenage Fanclub – Le Metronum, Toulouse

« She wears denim wherever she goes / Says she’s gonna get some records by the Status Quo / Oh yeah / Oh yeah »

Si toi aussi tu as été musicalement formé au début des années 90s, il y a de fortes chances que les premiers mots de The Concept se soient gravés à jamais dans ta mémoire.

(A 2’01, mon solo de guitare préféré de tous les temps, je l’ai joué un nombre incalculable de fois. A la bouche.)

A partir du moment où j’ai entendu cette intro bruitiste suivie d’une mélodie byrdsienne chez Bernard Lenoir sur France Inter un soir de cité U comme tant d’autres, Teenage Fanclub est devenu un groupe phare, fétiche, un de ceux qui m’accompagnent… depuis toujours ou presque maintenant puisque ça fait 25 ans. Un de ces groupes qui n’a selon moi jamais commis un seul mauvais disque, ni même un disque moyen et qui est capable, près de 30 ans après ses débuts (Everything Flows en 1989), de sortir un de ses meilleurs albums (le sublime Here de l’an dernier). Un groupe qui m’a parlé et qui me parle encore intimement comme peu d’autres parmi les formations contemporaines.

Et un groupe qui s’est logiquement ajouté à ma bucket list de groupes à voir sur scène et auprès duquel j’avais jusqu’à lundi dernier essuyé 2 échecs retentissant (le premier en 1992, le second en 2010) donc autant te dire que j’étais un poil surexcité et qu’à ce stade et à ce niveau d’attachement affectif J’ETAIS UN POIL SUREXCITE.

Le concert avait lieu au Metronum, sorte de mini-Bikini, soit une salle flambant neuve (3 ou 4 ans seulement il me semble) très confortable pour le public et sans doute les musiciens (super acoustique). Affluence… correcte, sans plus. Je m’attendais à davantage mais je suis sans doute aveuglé par mon attachement au groupe qui reste un groupe confidentiel, en France en tout cas. Public de quarantenaires, voire plus, majoritairement.

Après une première partie sur laquelle je préfère ne pas m’attarder afin de ne pas gâcher l’ambiance, Teenage Fanclub attaque de manière prévisible avec Start Again. Peut-être ma chanson préférée du groupe donc une de mes chansons préférées tout court. Pour des raisons qui seraient à la fois trop longues et trop embarrassantes à expliquer.

(A 2’27, second solo favori de tous les temps. A la bouche aussi.)

Ouverture prévisible quoiqu’il en soit (les Stones attaquent avec Start me up, Teenage Fanclub avec Start Again, normal dans les deux cas) mais un poil frustrante car comme souvent sur les 1ers morceaux, la balance est pas au top et c’est le cas ici. « Even though / It’s complicated / We’ve got time / To start again », ça me tuera toujours malgré tout, même via le haut parleur d’un téléphone portable. Et puis dès le départ, malgré la balance un peu hasardeuse donc, c’est vraiment “les harmonies vocales pour les Nuls”. Putain le niveau des mecs, comme ça, à froid…

Les mecs d’ailleurs : Norman Blake, son léger embonpoint et sa dégaine très sage d’étudiant sympatoche. Héros pop absolu. C’est lui qui interprète le plus de morceaux : même si le travail de composition (et d’interprétations puisque chacun chante la chanson qu’il a écrite) se divise équitablement, il reste le leader du groupe. Je suis à la fois surpris et ému : je réalise qu’en live, son timbre, ses intonations, son phrasé se rapprochent énormément de ceux de l’un de ses héros (qui se trouve aussi être l’un des miens), Gene Clark.

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Raymond McGinley (qui restera tout le concert sur sa Jazzmaster) très classe avec ses cheveux presqu’uniformément blancs et son allure longiligne, roi du solo neilyoungien

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Gerard Love et son incroyable dégaine d’éternel étudiant endimanché aux fringues mal taillées. Souvent en retrait (au sens propre), ses compositions humbles et plus impressionnistes que celles de ses 2 partenaires seront toujours très chaleureusement accueillies.

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Plus le désormais fidèle Francis Mac Donald à la batterie et un cinquième gars dont j’ignore le nom aux claviers/guitare.

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Bon, dès le 2ème morceau (Sometimes I Don’t Need to Believe in Anything et ses incroyables harmonies à 5 sur le final), tout va bien côté son et du coup… Bah c’est tout simplement parfait. Simplement : Teenage Fanclub, c’est la quintessence du groupe pop/power pop et l’adjonction d’un clavier (très) discret à la formule canonique guitare-basse-batterie, c’est la seule fantaisie qu’on est en droit d’attendre de leur part.
Car l’essentiel est ailleurs : dans ces compositions canoniques là aussi, à la saveur d’éternité comme j’ai pu le lire dans une bio du groupe,  qui, même quand on les connait un peu moins bien (comme celles du dernier album par exemple), procurent ce sentiment qu’on les connait depuis toujours. Pas au sens « pffffffffff, j’ai entendu ce truc mille fois » mais au sens « nom de Dieu, j’ai l’impression de connaitre cette chanson depuis toujours ». Ce qui vaudra aux titres du dernier album de se fondre à merveille dans une setlist composé de tubes issus de TOUS leurs albums (donc une période couvrant presque 30 ans encore une fois) et à un titre tel que I’m in love, d’être aussi chaleureusement accueilli qu’un classique tel que Sparky’s Dream (au hasard). Merde, je parle là d’un groupe capable de composer ces 2 merveilles absolues à 20 ans d’intervalle :

Je ne vais donc pas citer tous les moments forts puisqu’il n’y a eu que ça : le groupe possède une bonne dizaine, au bas mot, de classiques absolus qu’il interprète avec une maîtrise confondante (ces harmonies nom de Dieu, cette symbiose entre les guitares de Blake et McGinley). Mieux, c’est dingue l’énergie et l’enthousiasme, apparemment sincères si l’on en juge par leur attitude et leurs sourires, dont ils font preuve en interprétant des titres qu’ils jouent probablement à tous leurs concerts depuis parfois 25 ans : The Concept par exemple, ils la jouent absolument à chaque fois je suppose, ça peut pas être autrement puisque c’est sans doute LE morceau qu’on retiendra d’eux et pourtant voilà, ils sont à fond, 25 ans après et c’est ce qui ajoute de l’émotion à ce grand moment.

Je vais pas tout citer, promis, mais des titres des albums « du milieu », comprendre des albums un peu négligés car un poil en dessous de leurs chefs d’oeuvre Bandwagonesque, Grand Prix ou Songs from Northern Britain ( je parle là d’albums tels que Howdy ou Man-Made) ont pris une dimension étonnante (It’s all in my mind, Dumb Dumb Dumb).

Et quel rappel ! Je m’attendais pas du tout à ce qu’ils remontent aussi loin dans le temps et avec une telle ferveur : God Knows It’s True, Radio (de leur très sous-estimé 3ème album, Thirteen) et pour finir, Everything Flows, leur premier single, à 3 guitares, avec de vrais accents de Crazy Horse dedans.

1h45 de perfection pop, tout simplement, avec humilité, élégance et enthousiasme.

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Katerine – Odyssud, Blagnac

Quelques mots sur le très beau concert donné par un des grands héros granderemisesques, Katerine (dont j’ai déjà parlé ici, ici et même ici) mardi soir à Blagnac.

Blagnac, c’est la proche banlieue de Toulouse. Banlieue cossue : c’est là que siègent les usines et bureaux d’Airbus et de diverses autres sociétés du secteur aéronautique ou aérospatial. Odyssud, la salle de spectacle de la commune est donc un lieu cossu lui aussi, à l’image de cette neo-bourgeoisie d’ingénieurs, techniciens qualifiés et chefs de projets en tous genre qui forment une bonne partie de la population de la ville. C’est une salle confortable.
Public très hétéroclite : des jeunes, des vieux, des au-milieu, des enfants, des mecs, des filles, c’est très mélangé sans qu’aucune catégorie ne domine de manière écrasante (ok, peut-être celle des au-milieu i.e. celle de la génération de Katerine qui se trouve être aussi la mienne).

La salle et la scène sont plongées dans le noir : Katerine apparaît déambulant dans les premiers rangs, identifiable et repérable à la seule couronne de lumière qu’il a sur la tête. Il monte sur scène, rejoint par la pianiste Dana Ciocarlie. Ils sont tous deux vêtus comme dans un conte de fées un peu loufoque : on peut légitimement penser au Peau d’Âne de Jacques Demy.

J'ai pas trouvé mais fait moi confiance : il y avait du Jean Marais en roi dans Peau d'âne
J’ai pas trouvé mieux comme photo mais fait moi confiance : il y avait du Jean Marais en roi dans Peau d’âne

Tout le concert (piano-voix donc, avec quelques bruitages additionnels sur quelques titres) sera conforme à cette amorce à la fois drôle, absurde, poétique et élégante. Toujours aussi généreux, Katerine se livre avec une grande intensité et la fausse impudeur qu’on lui connait désormais : il donne une vraie performance au sens théâtral du terme et on comprend définitivement qu’il est devenu un vrai et bon comédien (les films dans lesquels il est apparu, Gaz de France et La Tour de contrôle infernale par exemple cette année, le démontraient déjà). Les titres du dernier album (Katerine : le film) prennent chair, ceux du génial Philippe Katerine passent brillamment le test impitoyable du traitement piano-voix. Si j’étais un connard de publicitaire, web-marketeux ou je-bosse-dans-la-comm de merde (coucou si vous me lisez), je dirais qu’il « raconte une histoire, tu vois », toujours plus intime et organique : la paternité, la filiation, l’héritage mais aussi l’aliénation du quotidien, autant de thèmes qui lui sont chers et qui sont ici déroulés via une setlist et une véritable mise en scène des plus précises sous l’apparent dilettantisme.

Le visuel "officiel" de la tournée
Le visuel « officiel » de la tournée

Quel bonheur aussi d’entendre des titres connus par cœur et dont on n’attendait plus rien de nouveau (c’est la 5ème fois que je le voyais sur scène), être réinventés par un traitement inédit et contre toute attente des plus adapté  (Patati Patata!, 20.04.2005 ie « Marine Le Pen« , Poulet N°728120). Superbe.

Enfin, il y a tout simplement Philippe Katerine lui-même, ou Philippe Blanchard, on ne sait plus très bien : drôle, intelligent, sensible, généreux, touchant. Il livre sur cette tournée et pendant près de 2h une sorte de spectacle total, à la fois musical et théâtral, un tour de chant plus qu’un véritable concert, hors normes, avec, je me répète, une vraie performance d’interprète (il chante merveilleusement bien) mais aussi de comédien. Superbe, vraiment.

Le concert s’achève à la seule lueur d’une bougie sur Moment parfait et il l’est véritablement. Bravo Philippe et merci  ❤

Wilco – Casino de Paris, Paris

Wilco figure sans problème parmi mes groupes contemporains favoris et mes groupes favoris tout court. C’est aujourd’hui une belle exception americana alors que je n’écoute pratiquement plus ce genre dont j’ai l’impression d’avoir fait le tour si je dis le choses de manière un peu présomptueuse, ou qui ne me parle en tout cas plus comme il a pu le faire par le passé pour dire les choses plus justement. Mais Wilco c’est précisément bien plus que de l’americana (tout comme Bill Callahan ou Bonnie « Prince » Billy, autres rescapés de mon nettoyage par la pop).

J’ai découvert le groupe via Summerteeth, son album le plus pop justement, et depuis, pas une erreur de parcours pour moi.
J’entends certaines critiques des fans de la 1ere heure (jusqu’à Summerteeth inclus justement, et le renvoi de Jay Bennett), je lis les mots «dad rock», «middle of the road», «pantouflard» ou «Tweedy a pris du bide». J’ai simplement envie de répondre qu’à l’heure ou le leader du groupe, Jeff Tweedy donc, va entrer dans sa 30ème année de carrière, j’aimerais qu’on me cite un autre groupe/artiste qui peut se targuer d’une discographie aussi solide après 3 décennies.
Ok, bien sûr, on ne retrouvera sans doute plus la fièvre ni l’urgence de Being There (encore que, Stars Wars l’an dernier, merde quoi!) : Wilco est aujourd’hui sûr de son talent et déroule plus qu’il ne chamboule mais bordel, les brancards ils ont suffisamment rué dedans comme ça. Quand on écoute des albums relativement mineurs à l’aune de leur discographie, tels que Wilco (The Album) ou The Whole Love, quand on constate leur niveau intrinsèque bordel, quand encore aujourd’hui on écoute un album tel que Schmilco, qui met à l’amende une bonne partie de ce qui est sorti cette année, ben merde alors oh faut pas déconner quand même hein.
C’est aussi mettre un peu vite de côté les avanies personnelles connues par le principal intéressé (migraines, addiction aux anti-douleurs, dépression chronique) : si elles sont pour beaucoup dans les moments les plus déchirants d’un album comme A Ghost Is Born, on va quand même pas lui reprocher de s’en être débarrassé et d’avoir enfin trouvé la sérénité… Depuis la guérison de Tweedy et sa stabilisation dans la formation qu’on lui connait actuellement (un peu plus de 10 ans), Wilco démontre simplement selon moi ce que c’est que de s’épanouir, de mûrir et de bien vieillir dans le rock.
Et oui, Jeff Tweedy a pris du bide.

La photo officielle de 2016
La photo officielle de 2016

J’ajouterai, et c’est très important dans ma relation et mon attachement à ce groupe, que ces mecs sont des mecs bien (comme disent les anglo-saxons « decent people »). Ils sont là, ils font leur truc, tranquille. L’an dernier par exemple, ils offrent un album en téléchargement gratuit (Star Wars), en expliquant qu’ils le font parce qu’ils peuvent le faire, tout simplement; qu’ils ont suffisamment vendu, qu’ils font plein de concerts dans des grandes salles donc voilà, cadeau, si vous voulez acheter un album, piochez plutôt dans cette liste de recommandations. Mince, c’est pas l’élégance absolue ça ? Les mots prononcés par Jeff Tweedy sur scène, leur attitude générale, entre eux, envers leur public confirmera ô combien leur classe et leurs qualités humaines.

Wilco a joué à Paris il y a 4 ans. J’avais longuement hésité à y aller, avant de finalement renoncer (aujourd’hui encore je me demande bien pour quelle raison…). Des échos amis ayant fait part d’une prestation et d’une soirée exceptionnelles, je m’en suis longtemps voulu de ne pas avoir pris la décision de m’y rendre. Donc quand j’ai vu il y a plus d’un an qu’ils repasseraient par Paris, j’ai pas hésité une seule seconde, j’ai pris mes billets plusieurs mois à l’avance.

Le concert avait lieu au Casino de Paris. J’ai raté William Tyler qui n’a joué qu’une demie heure en ouverture, arrivée un gros quart d’heure avant l’entrée en scène de Wilco. Belle salle. Public très majoritairement masculin et trentenaire-quadragenaire. Je vois même des mecs qui pourraient être mon père, ça fait très longtemps que ça m’était pas arrivé.

20h30 pétantes, Nels Cline et sa longue silhouette précédent Jeff Tweedy, plus rondouillard que jamais donc. Il a opté pour sa tenue fétiche : chemise en jean ouverte sur marinière et bien sûr son désormais indispensable chapeau.
Et lève pas les yeux au ciel, c’est important ça mon vieux, trrrrèèès important même parce que cette tenue synthétise et symbolise à merveille ce qu’est Wilco aujourd’hui : la chemise en jean du rock américain, la marinière de la pop et le chapeau pour l’élégance. Il y aurait beaucoup à dire sur ce seul chapeau en vérité: c’est pas un chapeau de cow boy, c’est plus fin et élégant que ça, c’est Wilco à lui tout seul. Oui, j’adore ce chapeau et oui, je tape des séries de mots improbables dans Google pour choper de quel modèle il s’agit, quelle marque etc. J’ai une «tête à chapeau» comme on dit (comprendre : je suis chauve), je suis sûr qu’il m’irait à merveille.

Ca c'est un beau chapeau
Ca c’est un beau chapeau nom de Dieu

Cline et Tweedy prennent donc la scène et attaquent le set avec Normal American Kids. Le son est clair («limpide… comme du cristal»), enveloppant. La scénographie est délicate, ils ont l’air de jouer au cœur d’une belle forêt. C’est, déjà, superbe.
Alors que le morceau s’achève, le reste du groupe à savoir Mikael Jorgensen aux claviers, John Stirratt à la basse, Glenn Kotche à la batterie et Pat Sansone à la guitare/piano/banjo/autres, les rejoignent. Ils enchaînent avec If I Ever Was A Child et Cry All Day du dernier album puis I am trying to break your heart, premier «tube» qui reçoit une belle ovation. Art of Almost, Pickled Finger, ça déroule, c’est irréprochable. Manque un petit truc quand même, on sent le groupe sur des rails, un peu sur la réserve. En maîtrise totale mais seulement en maîtrise.

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Un type interpelle Tweedy alors qu’il prononce ses premières paroles, il dit qu’il a des réserves sur Donald Trump. Tweedy s’en amuse et rétorque qu’il a plus que des réserves: «I’m shitting my pants!» conclut-il.

Je sais pas si c’est à partir de là que le groupe se lâche, ça serait peut être un peu facile de l’interpréter de cette manière mais toujours est il qu’à un moment donné, A UN MOMENT DONNÉ… Mon vieux… Le carnage. La boucherie.
Des mecs, musiciens supérieurement doués et sensibles, montrent ce qui fait d’eux des musiciens supérieurement doués et sensibles. Des mecs au dessus de la mêlée. Ensemble, toujours. Cline expérimente constamment avec subtilité et sauvagerie à la fois,  Kotche sue comme un dingue (il finit les 2h de concert comme s’il avait disputé 5 sets sous le cagnard de l’open d’Australie), tire des breaks et sonorités incroyables de son drum kit minimaliste, Sansone passe d’un instrument à l’autre avec souplesse, Jorgensen et Stirratt assurent les arrières. Il y aurait sans doute beaucoup à dire sur l’influence discrète de ce dernier, dont on oublie souvent qu’il est co-créateur du groupe avec Tweedy, et qui est le seul à l’accompagner depuis plus de 20 ans. Il double souvent sa voix, il est celui qui a fait entrer Pat Sansone dans le groupe, l’a ouvert sur le soft rock et un son plus chaud. Tweedy quant à lui, chante et orchestre tout ça avec maestria, amiral d’un vaisseau souverain, complexe et opulent. C’est génial. Ces mecs sont géniaux. Impossible Germany putain… Tout le monde l’attend celle là, tout le monde sait pertinemment que c’est un moment fort des concerts de Wilco en raison du solo fou que Nels Cline y prend… Ce qui s’est passé hier soir sur ce titre là est difficilement descriptible : quand tu crois que le mec vient de créer sous tes yeux la Chapelle Sixtine des solos de guitare modernes, la coda qui suit, avec son riff interprété par les 3 guitaristes à l’unisson te met encore plus à genoux. Immense bonheur purement musical, intense émotion artistique. Tweedy ne s’y trompe pas, qui demande une ovation pour son guitariste en s’inclinant et en ôtant son chapeau pour le saluer.

Je vais pas citer tous les grands moments qui s’enchaînent sans répit jusqu’à la toute fin. Grosse émotion personnelle lorsque résonnent les premières notes d’un Either Way que je ne pensais absolument pas entendre. Je me souviens comme si c’était hier de la première fois que j’ai entendu ce morceau et de l’émotion que ce fut, alors que j’étais pourtant déjà très fan du groupe. Une des chansons qui me touchent le plus, toutes périodes et tous genres confondus. Entendre ses premières notes hier soir c’était clairement l’instant tu-essaies-tant-bien-que-mal-de-pas-passer-pour-une-lopette-au-milieu-de-tous-ces-mecs-sérieux. J’ose pas imaginer ce que ça aurait été s’ils avaient joué One Wing ou Hell Is Chrome.

Comme s’il était enfin totalement à l’aise, les interventions de Jeff Tweedy se mettent au niveau : lorsqu’il demande si on passe un bon moment et qu’après une approbation rugissante de la salle quelqu’un lui retourne la question, il commence par expliquer un peu pince sans rire que oui, ça va sans dire, c’est leur seul moment de bonheur de la journée, avant de confesser avec humour en quoi consiste ces journées justement, pour finir en expliquant que s’il s’adresse à nous en anglais et non en français à son grand regret, c’est parce qu’il s’est fait jeter du cours au lycée. Et de conclure son chaleureux et amusant speech, grand seigneur, en nous remerciant d’avoir été assez assidus en anglais pour lui permettre de se faire comprendre dans sa langue à lui. Qu’est ce que j’aime ce mec nom de Dieu.

Wilco casino de paris
A partir d’un moment donné donc, concert grandiose basé sur une setlist impeccable dont un néophyte aurait peine à différencier les «tubes» anciens (Box Full of Letters bon sang !!), des titres les plus récents : quand on voit l’effet que produit et l’accueil que reçoit un Random Name Generator sorti l’an dernier par exemple, on comprend que Wilco se permette le luxe de nous dispenser de A Shot in the arm, l’un de ses titres les plus populaires et efficaces sur scène depuis de nombreuses années.
Sur le 2ème rappel, Tweedy accueille William Tyler pour une version de California Stars bonne comme le bon pain et prompte à soutirer un sourire bienveillant à la plus immonde crapule. A ce moment précis, tout le Casino de Paris les voit ces california stars.

Et c’est la fin. 2h plus que pleines qui passent comme dans un souffle, à la fois chaleureuses, stimulantes et euphorisantes. Et un groupe qui prouve une fois de plus qu’il est un bon groupe (euphémisme intended) mais surtout un beau groupe (idem).
Grandiose, vraiment et dans le top de mes concerts inoubliables. Pour leur prochain passage en France, je n’hésiterai pas non plus.

The Divine Comedy – Le Bikini, Toulouse

Quelques mots sur le très beau concert donné par Neil Hannon et The Divine Comedy hier soir à Toulouse.

La première partie était assurée par Lisa O’Neill. Rien vu, ou presque, je m’abstiendrai donc de tout commentaire. Elle a ensuite joliment donné la réplique à Neil Hannon sur le charmant Funny Peculiar.

J’ai vu The Divine Comedy en concert l’an dernier au festival This Is Not a Love Song. C’était un grand moment, un moment très émouvant en tout cas, j’en parle ici.

Avant ça, je l’avais vu il y a presque 20 ans, en mars 1997 pour être précis, dans l’ancien Bikini, avec le Brunel Ensemble, impressionnant orchestre symphonique qui accompagnait à l’époque ses ambitions bigger than life (précision : « l’ancien Bikini » c’est le Bikini, le vrai, l’unique, qui a été détruit par l’explosion de l’usine AZF en 2001. Il a été entièrement reconstruit sur un autre site: c’est l’actuel Bikini).

Bon, c’était super, vraiment. Très proche de son set à Nîmes (même formation, mêmes arrangements), seule la setlist différait sensiblement : à Nîmes, il était en dehors de toute promo, son concert était une sorte de best of. Hier, forte représentation du dernier et excellent album Foreverland, et surtout du précédent, le sous estimé Bang Goes the Knighthood (6 titres). Aucun titre en revanche des 2 premiers albums, Liberation et Promenade.

Ouverture en uniforme napoléonien !
Ouverture en uniforme napoléonien !
Sur une sublime version de Charmed Life
Sur une sublime version de Charmed Life

Quelques réserves sur les passages les plus Breliens et Scott Walkeriens (Sweden, Bang Goes The Knighthood) mais c’est un détail: Neil Hannon est un personnage tellement fin, chaleureux, humble, spirituel et attachant, qu’il finit toujours par emporter le morceau. Sa carrière n’intéresse plus grand monde sinon les personnes de ma génération qui l’ont découvert dans les années 90 j’ai l’impression, et c’est bien dommage : A Lady of a Certain Age, Down on the Street Below, The Complete Banker ou Our Mutual Friend, titres relativement récents, sont des merveilles de songwriting au sens propre du terme, avec un sens du détail et de la narration assez bluffants et qui devraient interpeler quiconque s’intéresse à cet art désuet qui est celui de la chanson.

Et alors qu’on avait déjà passé un très beau moment, il met la salle définitivement à genoux avec un final des plus enlevés dont je retiendrai notamment un superbe Becoming More Like Alfie, qu’il a dédié à celles et ceux qui étaient là il y a 20 ans (reprazent!!) et un euphorisant I Like. Le véritable final (du 2ème rappel) se fera évidemment sur son hymne, sans doute la chanson qui restera à l’heure du grand bilan, Tonight We Fly, lyrique et émouvante à souhait.

Très beau concert donc encore une fois.

Super Furry Animals – Prairie des filtres, Toulouse

Quelques mots sur le concert « surprise » de mes Super Furry Animals chéris-adorés dans la capitale du patchouli à la violette. « Surprise » car je l’ai appris très tard et j’aurais pu facilement le manquer : ils étaient en effet à l’affiche du festival Rio Loco, noyés dans une programmation toujours aussi gargantuesque et fort peu granderemisesque.

Non parce que le festival Rio Loco… Comment dire? Comment dire sans me faire tomber dessus par le tribunal international de Genève s’entend… Tu es inscrit en fac de psycho, tu joues du djembé, tu portes un sarouel et tu milites pour une approche minimaliste de l’hygiène corporelle ? Tu vas à Rio Loco les yeux fermés, quelle que soit la programmation. Tu m’as compris.

Imagine donc ma surprise de voir les Gallois à l’affiche de cette édition 2016. Mais voilà, cette dernière était consacrée aux « Mondes celtes ».
Coïncidence heureuse, la sélection du Pays de Galles affrontait la Russie 2 jours après le concert, ce qui promettait donc une horde de supporters enthousiastes dans le public.

Les fans de foot gallois avaient bien devancé l’appel du match, mais au delà de mes prévisions : hallucinante ambiance digne d’un match dans le public avec évidemment plein de maillots, de drapeaux ornés du dragon rouge, et des chants ininterrompus, qui se sont prolongés longtemps après que le groupe avait quitté la scène. Complètement dingue et du jamais vu à un concert de rock en ce qui me concerne.

Evidemment, dans une telle atmosphère, le show en devenait presque anecdotique. Pas grave parce que
1. je les ai vus l’an dernier à Londres dans des conditions optimales pour leur reformation et c’était un des meilleurs concerts de ma vie (compte-rendu hagiographique ici)
2. l’ambiance était vraiment géniale
3. ils ont quand même vachement bien assuré

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C’était pourtant un concert de reprise, et la technique était pas toujours de leur côté: ça nous a valu un Bad Behaviour un peu bancal et un Golden Retriever tronqué. La setlist était joliment remaniée par rapport à l’an dernier: nettement plus électrique, avec davantage d’uptempos, forcément plus adaptés à la configuration « festival-plein air ». Idem pour les arrangements, parfois très différents de ce à quoi j’avais eu droit l’an dernier, avec notamment un Zoom! absolument terrible et un Mountain People toujours aussi émouvant. Paradoxalement, alors qu’ils étaient au programme d’un festival de musiques celtiques (pour faire court), ils n’ont donc joué qu’une seule chanson issue de Mwng, leur album en langue galloise (Dawc Hi, pas ma préférée) et à dominante acoustique.
C’était vraiment super de les revoir, sur une grande scène cette fois, ils y sont parfaitement à l’aise. Ils ont quand même 20 ans de carrière, ça va, ils déroulent les mecs… Et puis de toutes façons, livrer une performance irréprochable n’était pas la priorité pour le groupe je pense : ils jouaient quasiment à domicile et les « bonsoir Toulouse » et autres « merci beaucoup » prononcés avec un accent impeccable par Gruff, paraissaient presque incongrus : il aurait paru plus logique de s’adresser au public en gallois. L’essentiel n’était pas dans la prestation (même si elle était vraiment chouette encore une fois) : ils étaient visiblement surpris de cet accueil incroyable, de la présence d’autant de compatriotes; leur étonnement, leur joie et leurs sourires faisaient vraiment plaisir à voir.

Et vu le contexte, ils ont joué Bing Bong, bien sûr, l’hymne officieux du Pays de Galles pour cet Euro! (l’officiel a été composé par les pénibles Manic Street Preachers et sans l’avoir écouté, je pense que ça doit moins rigoler)

Bing bong bing bong bing bong bidibidi bing bong bing bong bong bong
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En conclusion, l’inévitable The Man Don’t Give a Fuck (qui, je le rappelle là aussi, est génialement basé sur le génial Showbiz Kids des géniaux Steely Dan). Avé les fourrures bien sûr, et les postures de guitar-heroes. Là, dans le public, disons qu’il fallait aimer les jets de bière…
Mais c’était vraiment super, à tous points de vue. SFA OK !

Dirty Ghosts + Kelley Stoltz + Ducktails – le Saint des Seins, Toulouse

Quelle année mes aïeux, quelle année ! Liam Hayes/Plush en janvier, Super Furry Animals en Mai et donc Kelley Stoltz en Novembre : n’en jetez plus ! Paul Mac Cartney ou Brian Wilson joueraient dans le bar en bas de chez moi que je me déplacerais pas : non, c’est bon les gars, j’en ai vu suffisamment cette année, je passe.

La soirée démarre avec un court set de Dirty Ghosts, le backing band de Stoltz sur cette tournée : une bassiste, une guitariste, un batteur.

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Power trio carré donc, sans chichis, sans fioritures mais également sans trop d’inspiration : sans compositions réellement accrocheuses, difficile de tenir la distance et de soutenir l’intérêt de l’assistance. C’est pas désagréable, on pourrait même dire que c’est bien fichu mais pour moi c’est surtout sans relief et sans intérêt. Trop de sans ne saurait mentir.
Un petit quart d’heure s’écoule et Kelley Stoltz prend la scène avec les mêmes donc, la bassiste passant aux claviers sur quelques titres, la basse étant tenu par un 4ème gars.

Kelley Stoltz… Comment dire? Pour faire court:
– dans mon panthéon personnel, aux côtés de Liam Hayes et des Super Furry Animals donc, des High Llamas, The Coral pour citer quelques contemporains.
– la formule que j’utilise toujours pour le présenter à celles et ceux qui ne le connaissent pas encore : il est aux Kinks ce qu’Elliott Smith était aux Beatles. Chouchou des critiques et de l’Internationale Pop, son audience est très confidentielle. Je n’aurais jamais pensé le voir un jour en concert (il tourne peu en Europe), encore moins à Toulouse. Vraiment inespéré…

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Bon, je vais faire preuve d’un maximum d’objectivité : c’était décevant. 45 petites minutes, une dizaine de titres seulement et, au détour de 2-3 remarques, le sentiment qu’il avait pas vraiment envie de prolonger l’affaire. La certitude même, puisqu’à l’issue du dernier morceau, l’organisateur vient lui signifier qu’il a le temps de jouer un titre supplémentaire. Non, c’est bon,on a fini lui répond Kelley

Pour autant : 45 super minutes durant lesquelles il n’aura jamais montré ni lassitude (la raison de ce concert très bref, j’y reviens plus loin), ni mauvaise humeur, bien au contraire. Il introduit chaque chanson avec bonhommie, fait preuve d’humour et d’esprit. Il est fidèle en somme à son image de mec nonchalant et excentrique à la fois, de californien anglophile.
Et puis l’essentiel : c’est précis, ça n’a pas besoin de round d’observation ou de mise en place puisque lui, il les a les compositions. Il se focalise sur les 2 derniers albums, Double Exposure (dont il joue notamment les 2 « tubes », Kim Chee Taco Man et la sublime Marcy) et In Triangle Time, sur lequel il laisse libre court à ses influences new-wave voire bowienne.
Il joue également, et c’est une surprise, 2 titres de son alter ego Willy Weird, double fictif qu’il incarne sur un album également sorti récemment et qui lui permet de laisser libre court à des compositions et des interprétations plus loufoques voire carrément barrées. Mais même dans un registre plus foutraque voire expérimental, le mec ne sait écrire que des tueries : le génie modeste de Kelley Stoltz réside clairement dans son sens mélodique hors-pair. On loue souvent, et à juste titre, ses qualités de bricoleur et d’autodidacte qui en ont fait le parrain de la scène garage de San Francisco, Thee Oh Sees et Ty Segall en tête (il enregistre toujours tout tout seul) mais ces chansons nom de Dieu…

Plus frustrant que décevant donc car c’était quand même vachement bien putain, j’en aurais repris pour 3/4h de plus…

Suivent les Ducktails, émanation de Real Estate. Émanation, copié-collé, appelle ça comme tu veux. Sachant que les chansons elles-mêmes sont quasiment toutes identiques : oui, ça m’a bien gonflé. Encore une fois, c’est mignon ce revival indie-90s mais ça m’ennuie profondément.

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Du coup je vais sans trop tarder faire mon fan de au stand de merchandising devant lequel se trouve Kelley Stoltz. Très cool et accessible, il me présente tous ses disques disponibles. Il est étonné que je les possède déjà presque tous (big fan, je le répèterai jamais assez), je lui explique donc que je voudrais juste acheter le tout dernier album sorti la semaine précédente. Et là il veut me faire un prix…. Je refuse évidemment mais adorable, il tient quand même à m’offrir un superbe double 45 tours à tirage limité que je n’avais pas. Grande classe le mec. On discute le bout de gras, il confirme qu’il est super crevé ce soir: ils jouaient à Chamonix la veille et sont partis le matin même. Je comprends mieux.

Je me recolle un peu devant Ducktails : ah ben non, ils rejouent pas le même morceau en fait, c’est vrai, celui ci est un peu plus lent. Bon, ça me gonfle vraiment, je me casse.
A la sortie, je retombe sur Kelley en train de fumer : je ne peux décemment pas ne pas faire la groupie jusqu’au bout (c’est l’un des privilèges de l’âge mûr : on assume tout sans ciller).

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Si les quarantenaires calvitiques et pas au top physiquement t’attirent sexuellement, cette photo t’es dédiée.
Super soirée donc, malgré tout. Kelley Stoltz merde, un de mes héros !