Sibyl – critique

Sibyl est une romancière reconvertie en psychanalyste. Rattrapée par le désir d’écrire, elle décide de quitter la plupart de ses patients. Alors qu’elle cherche l’inspiration, Margot, une jeune actrice en détresse, la supplie de la recevoir. En plein tournage, elle est enceinte de l’acteur principal… qui est en couple avec la réalisatrice du film. Tandis qu’elle lui expose son dilemme passionnel, Sibyl, fascinée, l’enregistre secrètement. La parole de sa patiente nourrit son roman et la replonge dans le tourbillon de son passé. Quand Margot implore Sibyl de la rejoindre à Stromboli pour la fin du tournage, tout s’accélère à une allure vertigineuse… (Allociné)

Lis ou relis bien le pitch.
On peut y ajouter sans spoiler grand chose qu’une fois sur Stromboli (sublime, forcément), Sibyl/Efira a une aventure avec l’amant (Ulliel) de sa patiente (Exarchopoulos). Et que « le tourbillon de son passé », c’est une relation passionnelle avec un type (Niels Schneider) qui l’a quittée quand il a appris qu’elle était enceinte de lui. Elle a donc élevé son enfant sans lui. Ah oui, Sibyl est alcoolique aussi, et elle a, récemment on le suppose, enterré sa mère, alcoolique elle aussi.

Purée, LA LOURDEUR… Déjà, ça (je veux dire, ce pitch hallucinant), mais quand on a vu les 2 précédents films de Justine Triet (La Bataille de Solférino et Victoria) et quand on sait qu’elle s’inspire énormément et directement de son vécu, on frise le malaise. Moi en tout cas.

Je me gourre peut-être, tout ça n’est peut-être « que » fiction et non auto-fiction (cf le discours liminaire tenu à Sibyl par le romancier Aurélien Bellanger dans le rôle de son éditeur) mais je suis sorti de la salle avec le sentiment d’un déballage de névroses trop intimes pour êtres fausses. Ça m’a mis mal à l’aise (cette dernière scène… brrr…).

Un mot quand même pour Virginie Efira, qui porte littéralement le film sur ses épaules : elle est remarquable mais là encore, cette performance extrême m’a mis un peu mal à l’aise. Je saurais pas l’expliquer davantage, c’est purement instinctif et subjectif. Moins exposé, Gaspard Ulliel est encore une fois impeccable (je l’aime de plus en plus lui). Adèle Exarchopoulos, comme de bien entendu, chouine abondamment (sans sauce bolognaise au coin des lèvres néanmoins). Mais là encore, les accents de vérité que va chercher Justine Triet frisent la cruauté selon moi : faire dire à son personnage (je parle de celui qu’interprète Exarchopoulos) qu’elle ne sera jamais reconnue par le milieu du cinéma à cause de ses origines, qu’on ne fait rien pousser sur de la merde… Bon.

Au final, je ne sais pas trop quoi penser de ce film, bien construit (pas évident avec ces différentes strates narratives, les flashbacks), mais dont les différentes strates s’apparentent pour moi davantage à un déballage de névroses intimes qu’à une véritable tentative de romanesque.

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