Mon rêve 14

Aujourd’hui, un happy end.

Je suis embarqué dans une sorte de périple autour du monde avec mes frères et sœurs, un truc de baroudeur qui me ressemble pas du tout (aussi incroyable que ça puisse paraître, j’ai assez peu de points communs avec Indiana Jones) mais voilà, c’est comme ça, on m’a pas demandé mon avis j’ai l’impression (« on » c’est mon subconscient évidemment).

On arrive à notre gîte pour la soirée et on se sépare en 2 : les garçons d’un côté, les filles de l’autre. Bon.
Je perds de vue mes 3 frères et me retrouve au beau milieu d’un dortoir immense dans lequel je suis censé me démerder pour trouver un lit. C’est en tout cas ce que m’a dit le rasta blanc qui faisait office de réceptionniste.

« Mais ouais mais bienvenue man, tu fais comme chez toi tu vois »

Je commence donc à déambuler avec ma valise à roulettes (en mode routard donc), à la recherche d’un endroit pas trop dégueulasse où me poser. Le confort est sommaire et les meilleurs lits sont déjà pris (en mode Les bronzés font du ski).

L’endroit est vraiment immense: ça s’étale sur plusieurs étages mais uniquement accessibles via des échelles ou des escaliers sommaires.
Je me balade et commence à désespérer car il ne reste plus que des lits aux matelas tâchés et sur lesquels on ne trouve qu’une couverture crasseuse. En plus il faut enjamber d’autres lits déjà occupés par des routards pour y accéder, ça me saoule.

A un moment je tombe sur un de mes frères (j’en ai 3) déjà bien installé et qui semble émerger d’une petite sieste, tranquille le type. Il s’étonne que je sois encore là ma valise à la main.

Là j’en ai ras le cul: je me plante au milieu du truc et je m’entends dire « bon, je vois vraiment pas pourquoi je me fais chier » avant de me saisir de mon téléphone pour réserver une chambre dans un hôtel.

Ce que j’ai visiblement fait, et pas qu’à moitié puisque paf, je me retrouve tout d’un coup dans le vaste hall d’un établissement de luxe. Apaisé par le calme et la volupté de l’endroit, je me dirige vers la réception, derrière laquelle se trouve Carice Van Houten, tout sourire.

Et je me réveille.

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Le râteau

Au cinéma, avant le début de la séance, un couple juste derrière moi:

Thor, le dernier, c’est pas du grand cinéma mais dans une grande salle comme la grande salle à côté là, c’est terrible…
– Ah tu vois, un film que j’attends pour l’an prochain c’est Jurassic Park.
– …
– Oui le nouveau là, ils en refont un, ça a l’air super.
– J’en ai pas entendu parler du tout.
– Ah mais si on a vu l’affiche dans le hall en arrivant !
Jumanji, pas Jurassic Park.
– Ah oui voilà, Jumanji Park !
Jumanji.
– Ca aussi, les Jumanji Park, c’est du grand cinéma…
– …
– Oh en plus j’imagine qu’ils vont faire un hommage à l’acteur décédé là, Robbie Williams.
Ro-BIN Williams.
– Grand acteur, grand acteur…
– …
– Et les enfants du film, ils sont devenus célèbres non ?
– Oui, le gamin je sais pas mais la petite c’est Kirsten Dunst.
– Ah oui voilà, Christine Dust.
Kirsten… Bon, ils sont à la bourre non? Ils avaient dit 20h30.

Vu leur façon de se comporter et de se parler, ça m’avait tout l’air d’un premier rencard Tinder ou Meetic. Et je pense également pouvoir affirmer qu’y en aura pas un deuxième.

Mon rêve 13

Aujourd’hui, l’Apocalypse.

Je suis chez moi. Je regarde les infos à la télé et je vois un type qui s’avance sur une vaste plage, à dos de cheval, pour découvrir, sidéré, le haut de la Statue de la Liberté qui dépasse de sous le sable. Le type ressemble comme deux gouttes d’eau à Charlton Heston mais c’est pas une rediff de La Planète des Singes, c’est bien les infos et elles sont sans ambiguïté : c’est la fin du monde.

C’est la fin du monde mais c’est manifestement pas une grosse surprise: tout le monde prépare gentiment ses bagages pour se barrer sur une autre planète. Bisous les rageux, on avait tout prévu lol.

Bon, je prépare donc mes bagages et je me rends au point de rendez-vous qui se trouve être un stand d’auto-tamponneuses.

Lorsque j’arrive, plusieurs personnes sont déjà présentes et attendent sagement à côté d’une pile de sacs et valises divers: les membres du casting de The Office (UK bien sûr). Y a donc Ricky Gervais, Martin Freeman, Lucy Davis (la réceptionniste blonde) etc. Y a aussi Dylan Moran, un acteur anglais qui jouait pas dans The Office mais tenait le rôle principal d’une autre sitcom, Black Books. J’aime pas des masses cette série ni ce mec mais c’est pas grave, je me dis chouette, le voyage va être cool. Je pose mes bagages avec tous les autres, me présente, on commence à discuter etc. C’est cool. (Putain, c’est cool en fait la fin du monde!)

Là dessus débarquent Noel et Liam Gallagher. Inquiétude: ils vont se foutre sur la gueule et nous gâcher le voyage-pour-échapper-à-la-fin-du-monde ces cons.

En effet, ça sent pas bon: ils débarquent séparément et de 2 endroits différents, avançant l’un vers l’autre comme dans un western, au milieu de la piste d’auto-tamponneuses (elles sont toutes rangées dans un coin). Noel est tranquille, sûr de lui mais déterminé. Liam a sa démarche bravache habituelle (et une grosse parka zippée jusqu’en haut, comme il se doit).

Ni une ni 2, l’une des personnes présentes se rue sur Noel pour lui faire entendre raison (me souvient pas qui), je fais de même avec Liam.

Je sais pas ce que je lui dis exactement mais je parviens à le calmer et à le raisonner sur le mode mais c’est ton frère quand même, c’est évident que vous vous aimez malgré tout ce que vous vous balancez blablabla. Du coup il baisse la garde et s’avance vers son frère façon main tendue, on efface tout et on repart à zéro etc.
Ils se serrent la main et commencent à rigoler, tout va bien. Soulagement dans les rangs, et surtout chez Liam qui craque un peu: « mais tu te rends compte, on a été trop cons, t’es mon frère, je t’aime » etc.

Il craque même complètement et se met à pleurnicher. Noel le prend alors dans ses bras et là il ouvre les vannes le Liam: il sanglote, exprime ses regrets, serre fort son frère etc. Tout le monde est un peu ému quand même et se regarde en souriant comme dans les grandes scènes de happy end des films américains… Merde, on a pas résolu le conflit israelo-palestinien mais on a œuvré à la réconciliation des frères Gallagher, c’est pas rien!
C’est à ce moment là que Noel, qui a toujours son frère dans ses bras, me fait signe en se marrant, l’air de dire « non mais regarde le ce con, c’est vraiment une mauviette. »

Et je me réveille.

Mon rêve 12

Aujourd’hui, une prophétie auto-réalisatrice.

J’ai rêvé que je me baladais dans Toulouse. Il faisait beau, j’étais bien, d’autant mieux que j’étais pas en vacances, comme si j’avais séché le bureau. « Il faisait bon et c’était cool » aurait dit Katerine même si j’avais pas spécialement envie de baiser et là, bim, place Capitole, devant la Fondation Ecureuil pour être précis et pour ceux qui connaîtraient l’endroit, je tombe sur Carice Van Houten.

Et je me réveille.

Mon rêve 11

Aujourd’hui, les sous-doués au festival de Cannes.

Je suis donc sur la Croisette, même si ça ressemble beaucoup plus à la campagne qu’à la Croisette mais passons, et je dois interviewer Nicolas Winding Refn, réalisateur de Drive et Neon Demon (entre autres).

Je m’installe dans un fauteuil. Refn débarque assez rapidement. Il est un peu froid, un peu meloneux, exactement comme je l’imagine mais c’est pas grave, I’m a professional.

Je sors un genre de carnet de notes que je fais semblant de consulter car en réalité j’ai aucune question: j’arrive sans avoir rien préparé du tout, en roue libre, sur le modèle d’une rubrique de feu Technikart (?) qui s’intitulait « une interview mal préparée donne toujours un mauvais papier ».

Je continue à faire semblant quelques instants. Je fronce les sourcils, fais mine de cocher ou rayer des trucs mais il est pas con, il flaire un truc pas net. Je décide de jouer franc-jeu : « alors voilà, pour être honnête j’ai rien préparé, je me suis dit que ça serait plus intéressant d’improviser et d’avoir une discussion plutôt qu’une véritable interview » blablabla. Là le mec monte dans les tours comme une balle. Il est scandalisé « mais qu’est ce que c’est que cette mascarade, c’est une plaisanterie, je vais pas en rester là croyez-moi, vous retravaillerez plus jamais » etc etc. Pas content.

Il se lève (mais il me bouscule pas) et entre dans la maison sous le porche de laquelle on était installés mais sans fermer la porte (un détail qui aura son importance).

Moi je bouge pas, je me la joue casual, rilax. Je fais comme si tout ça était normal et que ça me perturbait pas du tout, j’en ai vu d’autres. Je consulte mes fausses notes, mon téléphone etc. Je me retourne quand même discrétos de temps en temps pour voir ce qui se passe et je vois Refn qui s’agite dans l’entrée, expliquant probablement ce qui vient de se passer avec force gestes emphatiques. Je bouge pas.

Là dessus débarque Jean-Marc Barr.

Il me salue et s’installe sur le fauteuil en face de moi même si je suis pas censé l’interviewer, lui. Il est très cool, très souriant, on discute tranquillement. Je me retourne encore une fois pour vérifier où ça en est avec le Refn (il continue à palabrer avec une attachée de presse ou autre) et là je vois Jean-Marc Barr qui s’était donc levé sans que je m’en rende compte, en train de déposer ou ramasser un truc sur le paillasson de la villa, je comprends pas très bien.

Je le regarde et il me fait un petit signe de la main comme pour dire au revoir et se barre précipitamment, presque en courant. Je suis un peu interdit, je rejette donc un oeil au paillasson pour tâcher de comprendre: je constate que Barr vient d’y déposer une boule puante sur le point d’exploser alors que Refn se dirige vers la sortie.

Ni une ni deux, je me lève et je me barre moi aussi en courant, dans le sillage de Jean-Marc.

Et je me réveille.

Mon rêve 10

Aujourd’hui, du rififi dans la work place.

J’ai déjà évoqué (enfin, il me semble) ma passion pour tout le lexique et la « novlangue » liée aux entreprises 2.0, tout ce vocabulaire marketing-franglais-nawak de merde. J’en ai appris une bonne récemment: dans une société toulousaine, les chargés de relation commerciale (déjà une périphrase inutile pour désigner des commerciaux) sont nommés, tiens toi bien, « customer lover ». Ca m’a complètement déprimé et probablement inspiré ce qui suit.

Je suis donc au bureau quoique pas au même endroit dans lequel je me rends chaque jour mais c’est bien mon lieu de travail. Il s’agit ici d’une grande salle avec une grande table entourée de chaises, genre salle du conseil d’administration d’une grande entreprise. Bon.

J’ai préparé une liste de points pour la refonte du site internet d’un client, je m’apprête à la leur adresser (c’est mon boulot dans la vraie vie réelle). Là dessus, mon patron débarque et me lance sans trop de ménagement « assieds toi, on va la regarder ensemble ». Bon.

Je m’installe donc à côté de lui, pose mon document sur la grande table et là y a un grand type qui débarque sans crier gare, la bonne cinquantaine, des lunettes, un costard un peu ringard. J’ai immédiatement pensé à Robert Bourgi, le mec qui a offert des costumes à François Fillon.

Le patron me le présente sans trop de détails comme « M. X (me souviens plus de son nom), c’est un consultant synergie qu’on a pris pour checker nos backlogs et optimiser les points d’achoppement ». J’ai envie de lever les yeux au ciel mais je réponds simplement « ok » tout en me disant « c’est curieux ce mec un peu vieux, c’est pas un connard en Stan Smith mais bon, ok ».

Il porte peut-être pas des Stan Smith mais c’est quand même un connard: il s’installe de manière à m’éjecter de la table avec l’air affairé et pénétré de ceux qui ont l’intime conviction d’avoir plus d’importance que toi. Je me lève (et je le bouscule pas) et je me tiens debout derrière eux pendant qu’ils jettent un œil à mon document. Je vois que le type met des petites marques de validation ou des points d’interrogation pendant que mon patron acquiesce sans rien dire.

Puis une phrase semble lui poser problème. Il s’attarde dessus avec son stylo, fronce les sourcils. Il finit par noter une remarque qu’il souligne vigoureusement à deux reprises: « il faudré esspliqué ça 1 peu mieux ». Là je me dis « putain mais sans déconner c’est qui ce mec qu’on a dû payer une blinde pour écrire de la merde?!?! ». Sauf que je l’ai pas pensé, je l’ai dit à haute voix: mon patron et lui lèvent les yeux vers moi et me fusillent du regard. En fait, toute la salle se fige (elle est pleine et assez bruyante, des collègues, des personnes non identifiées) et me fusille du regard. Je me retrouve évidemment bien con et un peu désemparé lorsqu’une collègue, bien identifiée elle, me lance en rigolant « mais qu’est ce que t’es con. Oh la la t’es con… T’es vraiment trop con. Con con con ».

Je me marre et je me réveille. D’ailleurs je continue à me marrer une fois réveillé.

Mon rêve 9

Aujourd’hui, un cauchemar. LE cauchemar. L’horreur absolue.

Ca commence dans une grande maison dans laquelle je vis manifestement avec 2-3 personnes de mon entourage (famille, amis, je sais pas trop, elles sont pas clairement identifiées). En bord de mer (ça c’est mon rêve absolu) puisque lorsque je sors faire un tour, je vais me balader sur la plage.

Mais là ça devient vite assez craignos: les gens sont hyper agités, voire paniqués car la mer est très forte. A un moment, je me retrouve même face à une vague qui enfle, enfle, enfle jusqu’à devenir un véritable mur d’eau d’une hauteur effrayante. Ca c’est une de mes phobies: le cauchemar dans le cauchemar, trop puissant man.

La vague finit par s’écraser sur le rivage mais ça va, c’est juste une très grosse vague qui fait à peine plus de dégâts que lorsqu’on est installé au bord de l’eau et que les serviettes sont emportées par une vague un peu plus forte que les autres. Je rentre chez moi.

Et là plein de mecs et de nanas commencent à débarquer de je ne sais où. Pas n’importe qui : des mecs avec des dreadlocks et des djembés et des nanas en sarouel et sacs à miroir. L’horreur absolue je te dis.
Très vite ils s’installent, ils font comme chez eux et ils mettent un beau bordel. Comme quoi, j’ai trouvé Mother! assez naze mais il a fait son petit effet quand même.

Bon, là c’est vraiment le chaos dans la maison: y a des gens qui sourient bêtement et dodelinent de la tête comme des couillons partout, ça pue le shit et la Valstar etc. Moi je suis tellement désespéré que je m’énerve même pas, j’essaie à peine de les contrôler: « non mais faites attention quand même… » etc.
A un moment je vais dans ma chambre et y a 4-5 personnes qui commencent à s’installer sur le lit, genre pour regarder un film sur un PC portable: « non mais essayez quand même d’enlever vos chaussures si vous allez sur le lit ». Je dis ça d’une voix faible et plaintive, personne m’écoute ni ne m’entend probablement.

Et là, la catastrophe, le point de non retour: j’avais mis le 1er album de Curtis Mayfield en fond sonore en rentrant de la plage et là je vois un gars qui s’approche de la chaîne hi-fi et qui vire le disque de la platine. Je le vois très bien le gars: il a un petit chapeau de merde sur la tête, un vieux bédo au coin des lèvres, un petit sourire et les yeux plissés. Il vire Curtis de la platine pour mettre du reggae.

Là c’en est évidemment trop donc je me réveille.