Critiques en vrac 3

Pas trop le temps d’aller au ciné en ce moment, pas trop le temps ni l’envie de me consacrer à Grande remise. Donc je fais vite.

Zombi Child

Autant j’ai des réserves, parfois importantes, concernant tous les films de Bonello que j’ai pu voir, autant je l’apprécie, lui. Je le trouve humble, intelligent, sensible et pour la 1ère fois, je retrouve toutes ces qualités dans un de ses films, sans trouver à y redire. Il y aurait beaucoup à dire en revanche sur l’intelligence de Zombi Child, sur la façon, notamment, dont Bonello se refuse à parler politique ou « grand sujet », préférant montrer sans rien commenter ni expliquer, sur sa manière sensible de filmer aussi bien l’adolescence dorée d’un pensionnat d’excellence que l’errance nocturne d’un zombi haïtien (magnifique photo en nuit américaine soit dit en passant), sur la façon dont il équilibre parfaitement film de genre et film d’auteur, LE challenge casse-gueule du cinéma français (et plus) ces dernières années. Et cette manière humble, juste, de filmer Haïti et les Haïtiens sans aucune condescendance, tentation folklorique, ni idéalisation… Superbe film.

Piranhas

Ca marche toujours ce genre de films… « Live fast, die young », ou plutôt « vivi veloce, muori giovane », fuite en avant/escalade de la délinquance, folklore pizza-gangsta, les ruelles de Naples en scooter, des tronches, des acteurs au naturel confondant, un soupçon de Romeo et Juliette, emballez, c’est pesé. Piranhas est à la fois malin et captivant : la « pieuvre », les rouages du crime organisé, non seulement on connait ça par cœur mais on l’a déjà vu, au même endroit, avec peu ou prou les mêmes personnages, dans Gomorra. Piranhas est davantage « fictionnalisé », en se focalisant clairement sur le personnage de Nicola, apprenti mafieux qui se rêve Robin des Bois du quartieri Spagnolo, amoureux sensible d’une jeunesse d’un quartier rival, et qui sera bien vite rattrapé par la réalité de la vie qu’il s’est choisie (?). Intéressant aussi la manière dont le film effleure l’homo-érotisme et l’homosexualité latentes à l’œuvre dans ces groupes de garçons/hommes surjouant la virilité et la toute puissance. Du classique donc mais solidement exécuté, et qui parvient à se démarquer au sein d’un genre très balisé. Content d’avoir pu le choper avant qu’il ne joue plus, je conseille.

Parasite

J’arrive un peu après la bataille donc je serai très concis : c’est très bien. Mais c’est seulement « très bien ». C’est pas extraordinaire, c’est pas une grosse claque. Sans doute aurait-il fallu le découvrir à Cannes, vierge de tout, de toutes les dithyrambes, de tous les petits indices disséminés ça et là, de toute la hype (justifiée, malgré tout) qui entoure le film. Là, même si le scénario est absolument remarquable (LE gros point fort du film selon moi), j’ai quand même eu le sentiment d’un film relativement prévisible dans ses enjeux et son déroulé si on connait un minimum le cinéma de Bong. Mais c’est super hein, pas de problème, la Palme, et le succès du film en salles, font bien plaisir. C’est même un film, et c’est fort de concilier les 2, très immédiat, très clair dans ses intentions, voire un peu bourrin (mais c’est parfait, c’est une farce), qui, à la réflexion et avec du recul, se révèle plus subtil et complexe qu’il n’y paraît. Et puis, en bout de course, sous la farce et la subversion, l’émotion. Donc c’est super.

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