Une intime conviction – critique

Depuis que Nora a assisté au procès de Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Craignant une erreur judiciaire, elle convainc un ténor du barreau de le défendre pour son second procès, en appel. Ensemble, ils vont mener un combat acharné contre l’injustice. Mais alors que l’étau se resserre autour de celui que tous accusent, la quête de vérité de Nora vire à l’obsession. (Allociné)

On a beaucoup parlé, en ce début d’année, de L’Heure de la sortie, du Chant du loup et de Grâce à Dieu, 3 belles réussites, dans des genres et des styles différents, d’un cinéma français éclectique, exigeant et populaire à la fois. Marquent-ils un retour des « films du milieu », ces films à la fois grand public et d’auteur, des « films populaires à prétention artistique, dont le budget est moyen », pour reprendre les termes exacts de Pascale Ferran qui a contribué à populariser le terme ? Il faut l’espérer car je suis persuadé qu’il y a toujours un créneau, et donc un public pour des films qui ne sont ni des productions Marvel/des comédies lénifiantes, ni de véritables films d’auteur réservés à un circuit dédié et à un public averti. Je peux aussi bien apprécier un blockbuster hollywoodien qu’un film d’auteur japonais mais ma génération et moi avons grandi cinéphiliquement parlant avec ces films du milieu, notamment français j’y suis très attaché (je mets par exemple dans cette catégorie les films de Claude Chabrol récemment évoqués).

Tout ça pour dire qu’aux 3 films cités en préambule, il faut en ajouter un 4ème dont on a, j’ai l’impression, moins parlé. Est-ce parce qu’Une intime conviction, premier film d’Antoine Raimbault, est basé, au plus près, sur le second procès dont a fait l’objet Jacques Viguier, accusé d’avoir fait disparaître son épouse Suzanne, autrement dit sur un fait divers ? C’est le vernis Faites entrer l’accusé du film qui rebute un peu ?

Laurent Lucas is Jacques Viguier

C’est dommage… D’une parce que là où certains voient seulement un film basé sur un fait divers, le fait divers en question, fascinant et romanesque à souhait, aurait en d’autres temps (ou en d’autres contrées cinématographiques ?) fourni la matière à un polar passionnant et/ou à un thriller haletant…

Ainsi, ça n’est évidemment pas un hasard si, dès l’entame de ce second procès, Antoine Raimbault choisit de reprendre les propos du juge qui interroge Jacques Viguier sur les similitudes de son histoire avec un ou plusieurs films d’Hitchcock (professeur de droit, Viguier est également passionné de cinéma) : sa mise en scène, effectivement haletante, son discours sur la Justice, sur le storytelling, sur la place du spectateur, tout renvoie au cinéma du maître du suspense. Il faut ainsi revenir sur son idée géniale et qui a présidé à la conception du film : tout est véridique, tous les personnages sont réels, tous les propos prononcés ont été retranscrits le plus fidèlement possible, à l’exception de ceux du personnage de Nora (interprété par Marina Foïs) totalement fictif. Ce personnage, central, catalyseur des événements, c’est bien sûr le spectateur. Voir, encore une idée géniale, comment Nora se voit contrainte de suivre une audience cruciale pour la suite du procès, non plus depuis la salle comme elle a en pris l’habitude, mais depuis une petite salle attenante et donc… sur un écran.

Marina Foïs is Nora

Il y aurait encore beaucoup à dire sur la réussite éclatante d’un film qui, par sa maîtrise, la place qu’il accorde au spectateur et son côté rouleau-compresseur-sans-répit, m’a pas mal fait penser à Jusqu’à la garde, cet autre superbe film du milieu (il faudrait parler des acteurs aussi, tous remarquables).

Olivier Gourmet is Maître Dupond-Moretti

Un ami professeur de français et cinéphile sensible a dit tout ce que ce film possède de remarquable dans un superbe billet publié sur sa page Facebook. Il m’a autorisé à le partager ici, qu’il en soit à nouveau remercié. Et félicité car il dit mieux que je ne pourrais le faire ce qui fait d’Une intime conviction un des meilleurs films de ce début d’année. Il ne joue plus dans beaucoup de salles, dépêchez-vous d’aller le voir !

Merci Xavier donc, voici le lien vers son texte :

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Captain Marvel – critique

Captain Marvel raconte l’histoire de Carol Danvers qui va devenir l’une des super-héroïnes les plus puissantes de l’univers lorsque la Terre se révèle l’enjeu d’une guerre galactique entre deux races extraterrestres. (Allociné)

A chaque nouvelle livraison Marvel, je me pose les mêmes questions et je me fais les mêmes réflexions que j’ai pues formuler dans mon billet consacré à Thor : Ragnarok ou à Avengers Infinity War. C’est ce que je trouve de plus intéressant au final dans cette « franchise » : comment accueillir ces films quand on est cinéphile, quelle sera (ou quelle est, déjà) leur influence sur la production de films, le comportement des spectateurs etc.

Quand tout va bien (Thor: Ragnarok), ou que tout n’est pas à jeter (Avengers Infinity War), j’arrive à trouver des raisons d’espérer, je parviens à relativiser (car, dans mon esprit, les Marvel partent toujours avec des points de débours, ils doivent se donner du mal pour inverser la tendance).

Quand ça se passe mal en revanche…

Captain Marvel n’est pas détestable : c’est simplement un mauvais blockbuster de plus, un produit sans âme, sans personnalité, qui déroule pour la énième fois son petit programme à base de fish-out-of-the-water, de héros (héroïne en l’occurrence) trop fougueux(se), trop tu-dois-apprendre-à-canaliser-ton-énergie-petit-padawan. C’est d’une paresse sidérante mais c’est pas grave au fond, ou peut-être que si justement mais en tout cas, on s’est résignés depuis longtemps.

Son costume est cool

Au bout de 15 minutes pourtant, très rapidement donc, ça m’a fatigué, et je me suis fait cette réflexion, basique certes, évidente sans doute, voire complètement porteouvertenfoncéienne mais j’avais plus que ça en tête : c’est un film de bébé. Un film de bébé pour les bébés que nous sommes. Sans saveur, sans aspérités. Faut surtout pas risquer de perdre qui que ce soit en route. Et puis regarde, y a pas de hasard si on s’attarde 2 secondes sur les bandes annonces avant le film : Alex, le destin d’un roi variation teen sur le mythe d’Excalibur et la légende du Roi Arthur. After, variation teen de 50 Shades of Grey. Puis Mon bébé (carrément ! Ca s’invente pas…), la nouvelle MILF-teen comédie de Lisa Azuelos (« 10 ans après LOL » nous annonce-t-on en préambule. Et parenthèse dans la parenthèse, ça s’annonce grandiose, un candidat très sérieux au Flop 2019). Et enfin Shazam, variation teen sur l’univers des super-héros. Une variation teen d’un film teen quoi : à ce niveau là, j’ai plus les mots…

Je te vois venir : je suis allé voir Une intime conviction dans la foulée. Pas le même genre de film, pas du tout le même public évidemment (j’étais quasiment le plus vieux pour Captain Marvel, quasiment le plus jeune pour celui-là) mais EXACTEMENT les mêmes bandes-annonces avant le film. Tout simplement parce que c’est ça, le cinéma grand public aujourd’hui dans sa grande majorité : des films de bébé.

J’ai pas eu une épiphanie, je sais que c’est la règle depuis très longtemps à Hollywood : on produit avant tout pour un public adolescent. Et c’est pas grave : je continuerai d’aller voir des « gros » films car je suis toujours optimiste et désireux de tomber sur une bonne surprise. J’irai même voir Avengers Endgame dans quelques mois. Mais Captain Marvel est typiquement le genre de film qui me fait maudire George Lucas et Steven Spielberg d’avoir changé la donne à la fin des années 70 en donnant la priorité à ce public de teenagers.

Concrètement, rien de grave encore une fois : Captain Marvel est juste mauvais, avec des scènes d’action sans relief, une écriture d’une paresse insigne, des vannes inoffensives et qui tombent à plat, en plus d’être prévisibles.
J’avoue, ça m’a peut-être aussi simplement déprimé d’être désormais suffisamment vieux pour que « ma » décennie, celle durant laquelle je suis devenu adulte, les années 90 (le film se déroule dans leur 1ère moitié), soit à ce point devenu une source de nostalgie lucrative pour les nouveaux nababs d’Hollywood : la bande originale aligne consciencieusement les tubes indie-rock de l’époque, d’Elastica à Garbage en passant par Nirvana ou Hole, en plus du t-shirt Nine Inch Nails porté par Brie Larson, et des constants clins d’oeil amusés à la technologie dépassée et donc tellement amusante de l’époque. Des clins d’oeil gratuits, jamais (ou presque) valorisés par une véritable recherche créative ni même une contextualisation au sein de l’intrigue. Des clins d’oeil pour des clins d’oeil (d’ailleurs on voit aussi bien des affiches pour le Mellon Collie and the Infinite Sadness des Smashing Pumpkins, sorti en 1995, que pour le Rid of Me de PJ Harvey sorti en 1993).

« Et tou-jours le poing fer-mé »

Heureusement, le final (le dernier quart on va dire) relève un peu le niveau : le côté nanaresque du film n’est plus seulement involontaire et s’affiche avec décomplexion (bien vu Just a Girl de No Doubt sur la scène de fight libératrice) en même temps que le discours féministe (joli « I’m kind of done with you telling me what I can’t do. »). Et puis l' »avènement » ou la « révélation » à elle-même de Carol Danvers, sa prise de possession pleine et entière de tous ses pouvoirs, sa transformation totale et définitive en Captain Marvel, a quelque chose de grisant, il faut bien l’avouer.
Disons qu’au petit jeu, inévitable, de la comparaison avec l’autre film de super-héros « girl power » (Wonder Woman, de la crémerie DC Comics d’en face), Captain Marvel l’emporte sans forcer. Mais putain, c’est pas glorieux…

Critiques en vrac

Bon, ça aura duré 2 mois, c’est pas mal quand même. Mais voilà, la vie, l’envie, font que j’ai fini par un peu délaisser le blog et donc par laisser tomber la promesse que je m’étais faite de consacrer un billet à tous les films que je verrais en salle. A tous les films et à tous les livres puisque je me suis remis à lire avec avidité, c’est sans doute la meilleure décision que j’ai prise depuis que j’ai renoncé à m’inscrire dans une salle de sport.

Alors je vais faire ça viteuf, histoire de, malgré tout.

Grâce à Dieu

J’ai une relation compliquée avecle cinéma de François Ozon, dont j’aime beaucoup certains films, et dont certains autres me donnent envie de le dénoncer aux autorités compétentes (son précédent par exemple, le ridicule L’Amant double). Mais voilà, régulièrement, le mec calme tout le monde avec une œuvre… indiscutable j’ai envie de dire : Grâce à Dieu est de celles-là. C’est fort, car l’histoire l’est et qu’Ozon la raconte avec une rigueur quasi-documentaire, qu’on ne lui connaissait pas, et c’est fort, car il construit son film de manière géniale, en accordant toute son attention à un personnage (celui interprété par un Melvil Poupaud très « passion Barbour »), pour finalement le délaisser au profit d’un autre (Denis Ménochet), puis d’un 3ème (Swann Arlaud). Il le fait en douceur, dans un glissement harmonieux, sans que les 2 personnages occultés lorsque le 3ème apparaît n’aient quitté notre esprit, et sans que, une fois les 3 héros/victimes réunis, on ait jamais le sentiment d’une construction classique et un peu facile de film-choral.

Ecriture remarquable donc, pour un film qui au final est tout autant un équivalent français à Spotlight (le scandale mis à jour très factuellement) et Zodiac (l’obsession de la vérité qui ronge, le Mal qui gangrène plusieurs personnages), qu’une remarquable et sensible étude de caractères. C’est même un film assez parfait en vérité.

Le Chant du loup

Curieux film, à la fois prévisible et inattendu dans le paysage du cinéma français. Vrai film d’action sans action, ou presque, et sans psychologie (ouf), il semble surfer avec brio sur le succès et la réussite du Bureau des Légendes : oui, on peut rivaliser avec Hollywood sur le terrain du suspense haletant, du moment qu’on ne reste pas sur le même terrain et qu’on utilise d’autres armes. Une réussite donc, malgré quelques maladresses et une utilisation assez curieuse de la musique (la 1ère scène avec Mathieu Kassovitz…).

Celle que vous croyez

Je regrette de pas avoir davantage de temps ni d’envie à consacrer au blog car ce film mériterait un billet à part entière. Plus encore que Doubles vies, qui fait davantage pitié qu’autre chose à force de banale médiocrité, j’ai accueilli Celle que vous croyez comme mon premier vrai mauvais film de 2019. Une catastrophe de chaque seconde ou presque, de la graine de nanar, un nid à frissons de la honte, yeux roulés vers le ciel et soupirs exaspérés. J’ai failli me barrer au bout d’une demie-heure et comme souvent en pareil cas, j’ai eu tort de ne pas le faire. On parle quand même d’un film où le personnage interprété par Juliette Binoche
– tape « insta » dans Google parce qu’elle sait pas ce que c’est « insta »
– danse les yeux fermés
– se caresse dans sa voiture avec son « amant » à l’autre bout du fil

Tout ça dans la 1ère demie-heure hein. Costaud.

On a ri, mais on a ri !

Pour terminer, je note que les 2 seuls films de 2019 que je n’ai vraiment pas aimés jusqu’ici (Doubles vies et Celle que vous croyez donc), sont 2 films consacrés à notre monde moderne de nouvelles technologies/omniprésence des rézosociaux, sur lequel ils posent un regard aussi largué que bourré de lieux communs.

Happy Birthdead 2 You – critique

Alors que Tree pensait s’être définitivement débarrassée de celle qui voulait sa mort et qu’elle file le parfait amour avec Carter, elle se retrouve projetée dans une dimension parallèle à notre monde. Elle doit désormais affronter des fantômes de son passé et de nouveaux ennemis… (Allociné)

Happy Birthdead avait été une des bonnes surprises de 2017 : sans prétention, drôle, malin, intelligent même, on avait là un film qui l’air de rien, parvenait à une fusion quasi-parfaite du slasher et d’Un jour sans fin. Film sans doute hyper rentable, une suite était à prévoir.

Et quand on voit le résultat, on peut légitimement se demander si la suite n’avait pas été en réalité prévue dès le départ. Voire même si elle n’a pas été tournée EN MEME TEMPS que le 1. Ce qui, contrairement aux apparences, n’est pas du tout une critique. Au contraire : Happy Birthdead 2 You (habile) déploie la même énergie, le même enthousiasme, la même douce euphorie que son premier volet. Avec une intrigue bien nawak comme il faut, bien torchée-en-2-2-entre-2-partis-de-jeux-videos : après être tombée dans une boucle temporelle dans laquelle elle se faisait tuer à la fin de chaque journée, Tree retombe dans une boucle temporelle dans laquelle elle se fait tuer à la fin de chaque journée, dans une dimension parallèle. Gaspar Noé nous aurait pondu un truc aussi paresseux, j’aurais pas eu de mots assez durs mais il est bien trop prétentieux pour accoucher d’un truc aussi couillon.

Je vais être honnête : je suis moins enthousiaste cette fois qu’après le 1. Essentiellement parce qu’Happy Birthdead 2 You ne bénéficie plus de l’effet de surprise mais aussi, tout connement, parce que les 2 films se suivent de très près (moins de 2 ans entre les 2).

Je pinaille : le 2 est aussi fun, couillon et malin (oui, encore, mais c’est l’adjectif qui qualifie le mieux le film selon moi) que le 1. Avec en outre une petite pointe d’émotion supplémentaire, via le dilemme auquel est confrontée Tree (sans trop vouloir spoiler, elle revit cette fois la même journée dans un monde dans lequel sa mère est toujours vivante), et la réponse, intelligente, que le film y apporte.

C’est vraiment une chouette franchise, foncez si vous avez aimé le 1. Oui, une « franchise » : sans surprise, le 3 est probablement en route (soyez pas un connard qui se barre dès que le générique de fin commence, c’est tout ce que j’ai à dire). En route ou déjà tourné ?

44 réflexions pendant la 44ème cérémonie des César

C’est devenu une coutume sur Grande remise : le bilan en simili-direct-live de la cérémonie des César.

cesars

En toute honnêteté, j’étais pas très chaud pour le faire cette année. Chais pas, je le sentais pas… Des nommés de bonne tenue, voire de grande qualité (Jusqu’à la garde, Mademoiselle de Joncquières, Nos batailles), un vainqueur prévisible (selon moi) pas scandaleux (Le Grand bain), je me disais que ça serait une bonne cérémonie, sans aspérités.
Et puis la soirée a commencé. Et elle a mal commencé. Puis elle s’est mal poursuivie…

Donc , comme l’an dernierl’année précédente, celle d’avant et encore celle d’avant  : n’importe quoi, n’importe comment sur la 44ème Cérémonie des César.

 

A mon grand regret, Manu Payet n’a pas été reconduit en tant que maître de cérémonie. Place à Kad Merad donc. J’avoue, je l’aime bien. Il a pas fait un seul bon film, il a pris un melon énorme, mais je sais pas, je l’aime bien. Et ça, avant même qu’il m’ait littéralement bluffé dans Baron Noir que j’ai dévorée il y a quelques mois. Quelle performance le mec ! Bluffant.

Et donc, cette année, pour la énième fois, la grande fête du cinéma français rend hommage à un film américain en ouverture : ce « medley Queen« de Kad Merad imitant Rami Malek imitant Freddie Mercury est tellement poussif que je finis par me demander si c’est pas volontairement cheap. Un petit côté Jean-Michel Apeuprès qui me le rendrait presque sympathique.

Présidente de la soirée, ou je sais pas comment on dit, Kristin Scott Thomas. Je trouve cette femme/actrice incroyablement chiante. Désolé, je vois pas quoi dire d’autre à son sujet.

Premier trophée traditionnellement décerné au meilleur espoir féminin. Chaque année, quand défilent les extraits de films annonçant les nommés, je me dis que les étrangers, et les gens qui conchient le cinéma français doivent jubiler devant cet étalage de cinéma français : décors réalistes, acteurs-actrices au maquillage nude qui fument, parlent, parlent et parlent encore.

Laurence Arné ne porte pas de soutien-gorge. Ca permet d’oublier 3 secondes la nullité de son sketch, encore. Après 20 minutes de cérémonie, et 3 ou 4 sketches franchement médiocres, on est en droit de flipper pour le reste de la soirée.

Running gags de Kad sur le Ministre de la Culture, Franck Riester, et sur les nombreuses récompenses déjà obtenues par Jacques Audiard. C’est pas super drôle mais ça passe et dans un quart d’heure j’y repenserai avec nostalgie à ces demies-sourires.

En parlant du ministre (Franck Riester donc), c’est la belle Cécile de France qui a cette année l’honneur (?) d’être assise à ses côtés. Elle est belle.

Meilleur espoir masculin: Bob Dylan aka Dylan Robert, pour Shéhérazade. Ma vanne est pourrie ? On doit tous subir bien pire là tout de suite.

Et comme si le supplice n’était pas assez pénible, c’est maintenant au tour de l’IGNOBLE Jérôme Commandeur d’entrer en scène.

Sketch scandaleux de nullité, et je pèse mes mots : j’ai l’impression d’être au Don Camillo devant Olivier Lejeune ou Bernard Mabille. Scandaleux.

Et encore un sketch de merde de Kad Merad (la voiture mal garée). Mais comment peut-on encore faire ce gag vu et revu en 2019 ? Les bras m’en tombent…

Ah ! Enfin du rire, du vrai, avec Laurent « Bogdanoff » Laffitte. Ah le con…

Je lis les réactions des twittos. C’est officiel : les gens sont complètement cons.

Bon, le sketch de Laffitte était finalement pas si drôle que ça et j’imagine qu’on pourrait même le taxer de misogyne mais putain, j’ai ri, vraiment, ne serait-ce qu’un peu, ENFIN.

Ca défile (Niels Arestrup = angoisse totale) et pourtant j’ai rien à dire tellement cette soirée est minable. Les Tuche maintenant, LES TUCHE. C’est fou…

Ah si, un truc quand même: Kad Merad est habillé comme une merde. 2 fois en plus (il se changera plus tard dans la soirée mais sa tenue sera tout aussi ratée et disgracieuse).

Je repense à ce demi-sourire provoqué par sa blague de tout à l’heure: « Pour remettre le César du Meilleur Espoir Féminin, j’accueille Yann Moix« . J’y repense avec nostalgie à nouveau. C’était bien quand c’était presque drôle…

J’ai toujours eu une certaine sympathie pour Elie Semoun et ce soir encore, il donne le change. Oh c’est pas grand chose encore une fois mais dans la médiocrité ambiante, j’ai l’impression de voir apparaître Will Ferrell ou Ricky Gervais.

Et les prix dans tout ça ? Y a du Shéhérazade, du Frères Sisters. Là par exemple le décorateur du film d’Audiard vient d’être primé. Pourquoi pas…

Le mec est d’ailleurs le premier à dépasser les 2 minutes 30 allouées aux discours des lauréats : il se prend donc la musique qui dit « casse-toi ». Il continue quand même : volume poussé à 11. « CA-SSE-TOI ». C’est pas très élégant et d’ailleurs le mec s’en fout, il continue : apparemment, c’est lui qui a été désigné cette année pour parler des difficultés liées aux métiers du cinéma.

Pour sa 1ère apparition publique depuis un bail, Monica Bellucci a manifestement décidé d’envoyer chier son ex, parti pour une nana de 20 ans, ainsi que tous les Yann Moix de la terre : c’est réussi.

 

On redescend su terre, et de la pire manière qui soit, avec Eddy de Pretto.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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« -Bonsoir Gérard (Darmon), ça va?
– Kessa peut’t’foutre? »
Second rire franc de la soirée. Il est 23h passé.

César du Meilleur Second Rôle Féminin pour Karin Viard, toujours aussi classe. Eclairage suspect néanmoins, qui blanchit exagérément son visage. J’ME COMPRENDS. Beau discours ceci dit, tonique et juste. Pas vu Les Chatouilles (ni Pupille, autre multi-nommé surprise).

On arrive au traditionnel César-d’honneur-à-l’acteur-américain-qui-pane-rien-et-qui-se-fait-chier-pendant-3-heures. Cette année c’est Robert Redford qui s’y colle.

Et allez, on se cogne ce traducteur INSUPPORTABLE, celui qui est le plus souvent mis à contribution pour traduire les propos des acteurs américains dans les émissions télés et qui en fait des caisses. Insupportable le mec, Nelson Monfort à côté, c’est le dialoguiste de Robert Bresson.

D’habitude, le discours du César-d’honneur-à-l’acteur-américain-qui-pane-rien-et-qui-se-fait-chier-pendant-3-heures apporte un supplément d’élégance à la soirée (dernièrement, je pense à Kevin Costner et Michael Douglas par exemple). Je dis pas que Robert Redford manque d’élégance, je dis qu’on se fait chier. The Old Man and the Chiantitude. Pas très loin du film d’ailleurs, (son dernier, The Old Man and the Gun, gentil mais opportunément arthritique)

Bon, on arrive au moment de la soirée que j’attendais, je le cache pas, avec le César du Meilleur Second Rôle Masculin attribué, comme on pouvait s’y attendre, à l’un des héros de Grande remise, Philippe Katerine

 

Je regrette un peu qu’il ait cédé à la mode de la barbe (il porte si bien la moustache) mais il est beau comme tout avec son complet en tweed, il est drôle, il est touchant. Philippe

Pardon, je vais me répéter (si vous êtes des fidèles du blog) mais quand je repense à ses débuts à l’orée des années 90, à ses petites chansons bricolées, à sa timidité… HÉROS !

On est en 2019, vive la parité: pas de raison qu’Eddy de Pretto endosse seul le rôle du laideron de la soirée, voilà Rossy de Palma.

Qu’est ce qu’elle fout là d’ailleurs ? Elle remet un prix chaque année et tout le monde semble trouver ça normal.

Je parle plus des sketches mais c’est toujours à chier hein, rassurez-vous.

Hommage ému et émouvant de la belle Diane Kruger à « son ami » (dixit) Karl Lagerfeld.

En revanche de 2 choses l’une:
– soit c’est lui qui a dessiné sa robe immonde et j’en dirais pas plus par respect mais putain…
– soit c’est pas lui qui a dessiné sa robe immonde et il doit se retourner dans sa tombe.

 

Enfin, elle est quand même très belle.

Chaque année, je m’étonne des présences conjuguées de Pascal Elbé et Elsa Zylberstein (auxquels s’ajoute donc Rossy De Palma) parmi les remettants, malgré leur actualité cinématographique paisible. Cette année ils sont pas là mais Virginie Ledoyen les remplace haut la main.

César du Meilleur Acteur pour Alex Lutz : c’est mérité, et ça fait bien plaisir tant le film est une réussite, une réussite surprise qui plus est (les meilleures). Un peu déçu pour Denis Ménochet quand même, monstrueux, dans tous les sens du terme, dans Jusqu’à la garde : le mec porte le film, et le film remporte plusieurs récompenses prestigieuses (meilleur scenario, meilleure actrice, meilleur film), mais lui repart broucouille… Bon, Romain Duris le méritait également, voire Edouard Baer. Catégorie super relevée cette année.

Et donc César de la meilleure actrice pour Léa Drucker

 

J’ai toujours eu un petit faible pour elle, elle est particulièrement ravissante ce soir. Très belle robe. Une consécration qui me fait vraiment plaisir : elle est TOUJOURS bien, même quand les films sont à chier (dernièrement l’immonde Place Publique des Bacri/Jaoui) alors la voir sacrée pour ce beau rôle et cette belle interprétation dans ce beau film, je dis oui ! Beau discours en plus, généreux, émouvant.

Rho sa maman qui la filme avec son smartphone comme au spectacle de fin de d’année… ❤

Et le film (Jusqu’à la garde) remporte lui-même le César ultime, celui du meilleur film. J’avais émis quelques menues réserves à son sujet lors de mon bilan de fin d’année mais là, d’avoir revu quelques extraits, j’ai l’impression qu’un revisionnage me permettrait de les dissiper.

Et c’est fini. Enfin. C’était A CHIER. T’avais compris ? Putain… Rien à dire côté palmarès, avec 2 grands vainqueurs (Jusqu’à la garde et Shéhérazade) tout à fait respectables. Quelques beaux discours de lauréat.e.s également. Mais côté humour, animation et sketches, c’était la pire cérémonie dont je me souvienne depuis que la règle a été instaurée de confier les rênes à un.e comique.

Claude Chabrol et moi

Le cycle consacré actuellement à Claude Chabrol par Arte (https://www.arte.tv/fr/videos/RC-017162/cycle-chabrol/) m’a donné envie de revenir sur l’un de mes cinéastes fétiches.

J’ai découvert les films de Claude Chabrol à la télévision, alors que j’étais encore enfant, ils font partie de mes premiers souvenirs cinématographiques. Je devais avoir 7-8 ans j’imagine. Des souvenirs durables : quelques plans tirés du magnifique Juste avant la nuit (d’ailleurs diffusé dans le cadre du cycle d’Arte), et notamment le visage pincé et tourmenté de Michel Bouquet dans l’allée qui mène à sa maison, m’avaient marqué. Logiquement, puisque ce sont surtout ses films de la fin des années 60 qui étaient diffusés, Stéphane Audran a fait partie de mes premiers émois cinématographiques (de même qu’Isabelle Huppert, découverte dans Violette Nozières).

Évidemment, à cet âge là, je ne comprenais rien à ce qui se tramait cinématographiquement parlant, et pas grand chose à ce qui se tramait tout court mais je me souviens parfaitement que j’ai tout de suite aimé ces films (Les Noces rouges, Juste avant la nuit, Les Biches, La Femme infidèle, Le Boucher). Le cadre provincial, français, me rappelait mon quotidien, je trouvais ça confortable, réconfortant. Sans réaliser, encore, que c’était précisément une composante essentielle du cinéma de Chabrol.
Et puis, même si là aussi j’aurais été bien en peine de mettre des mots dessus, je voyais bien qu’il s’intéressait à une catégorie bien spécifique de la population, « les riches » comme je les nommais à l’époque, et qu’il ne les montrait pas sous leur meilleur jour : le regard d’entomologiste ou de sociologue, la satire, m’échappaient bien sûr, mais je saisissais néanmoins qu’à travers ces histoires dramatiques de femmes/hommes adultères, de meurtres, de tromperies en tout genre, « les riches » n’apparaissaient pas à leur avantage. Ma famille et moi étions heureux pour autant que je sache, et nous n’étions pas pauvres à proprement parler car mes parents savaient cultiver la terre et élever des animaux. Nous étions heureux mais je n’étais pas aveugle pour autant et j’avais compris que mes parents étaient gaiement exploités, en tant que métayers, par une famille d’horribles nobliaux pétainistes du Pays Basque profond. Voir qu’un type faisait des films en se foutant un peu de la gueule de gens qui me rappelaient ces connards d’aristos, ça me plaisait.

Lorsque je me suis mis à m’intéresser plus sérieusement au cinéma, j’ai continué à regarder à la télévision et à aller voir en salles les films de Claude Chabrol. D’abord par habitude, par fidélité, ou nostalgie pour mon enfance heureuse sans doute; parce que le « confort » de ses films me renvoyait à mon propre confort de ses années là, mais aussi par goût, parce que ses films me plaisaient tout simplement, et parce que je commençais à comprendre pourquoi c’étaient des bons films. Je vais pas faire l’article de tout ce qui fait de Claude Chabrol un des plus grands réalisateurs français, il est reconnu à sa juste valeur depuis très longtemps. Le « confort » donc, d’un cinéma bourgeois en apparence mais profondément subversif, presque punk parfois, l’humour, la distance, la farce parfois, tout ça ça me parlait et ça me parle encore beaucoup. Le romantisme aussi, pudique, jamais lyrique, sous le vernis de l’observation goguenarde.

Le bouquin d’entretiens avec François Guérif est super et très éclairant: Chabrol y parle de manière très simple, intelligente et pédagogique de sa vie, et notamment de son enfance sous l’Occupation, de sa mise en scène et de ses choix, c’est une mine. J’ai pas encore vu le documentaire diffusé par Arte ces jours-ci, je vais le faire.

En tout cas, c’est sans doute avec Clint Eastwood le cinéaste dont j’ai vu le plus de films , puisque c’est quelqu’un qui tournait beaucoup et que j’ai pratiquement tout vu. Et j’aime tout, ou presque là aussi, y compris les films les plus tardifs tels que La Demoiselle d’honneur ou La Fille coupée en deux. Parmi ses films des années 90-2000, seul son dernier, Bellamy, celui avec Derpadieu, me laisse perplexe.

Mon favori est La Cérémonie, c’est un de mes films préférés. Parce qu’on y retrouve la quintessence de tout ce qui fait son cinéma (la province, la bourgeoisie provinciale, la subversion, la transgression, la vivacité d’esprit, l’humour etc) et parce que, comme dans Le Boucher par exemple, il y a ce petit quelque chose en plus qui distingue le film, le fait sortir du rang d’une filmographie pourtant solide, et qui l’élève au rang de chef d’oeuvre.

Ce petit quelque chose en plus, comme dans Le Boucher donc, c’est selon moi une tonalité doucement fantastique qui survient à un moment bien précis : lorsque juste après avoir tiré sur Jean-Pierre Cassel, Sandrine Bonnaire et Isabelle Huppert finissent leur tasse de chocolat et s’apprêtent à liquider les membres restant de la famille.

A ce moment précis, y a un plan absolument génial je trouve, une sorte de « jump cut fondu enchaîné » très doux sur les 2 actrices, d’autant plus remarquable qu’il est un peu incongru : Chabrol a ses petites signatures visuelles mais jamais rien d’aussi ostentatoire ni manifeste.

Grâce à ce plan là, irréel, Chabrol peut basculer dans cette conclusion incroyable, terrible, d’autant plus terrible qu’elle paraît absolument logique, sinon justifiée : oui, semble-t-il nous dire, ces braves bourgeois bretons, inoffensifs, cultivés, probablement progressistes, méritent de crever. Le visage incroyablement dur et déterminé de Sandrine Bonnaire, le son des coups de feu, puis des gâchettes, le son de l’opéra diffusé à la télévision, le « message » véhiculé par cette scène: c’est « absolument logique, sinon justifié », mais à ce moment-là donc, on est quasiment dans du fantastique, dans quelque chose qui n’est pas en quelque sorte, ou qui est mais qui ne devrait pas être. Une parenthèse, un fantasme presque, révolutionnaire: lorsque les 2 filles brisent le silence (« Ca va » dit Bonnaire; « On a bien fait » répond Huppert), le film, et la vie, reprennent leur cours. Elles paieront donc pour leur forfait. Génie de la mise en scène, génie de Claude Chabrol.

Enfin, voilà, je voulais juste parler un peu de ce grand monsieur qui compte beaucoup pour moi, et vous donner envie, qui sait, de voir et revoir ses films.

Vice – critique

Fin connaisseur des arcanes de la politique américaine, Dick Cheney a réussi, sans faire de bruit, à se faire élire vice-président aux côtés de George W. Bush. Devenu l’homme le plus puissant du pays, il a largement contribué à imposer un nouvel ordre mondial dont on sent encore les conséquences aujourd’hui… (Allociné)

En retraçant la trajectoire politique de Dick Cheney au cours de la fin du XXème siècle, Vice s’attache à démontrer comment le 11 septembre 2001 a été ce point de bascule qui a permis à une poignée de fdp (pardon mais difficile de le formuler autrement) de légitimer des lois et actions liberticides, en contribuant à modeler notre (dés)équilibre géopolitique actuel, tout en s’en mettant plein les fouilles pour faire bonne mesure. Dick Cheney donc, mais aussi Donald Rumsfled, Karl Rove, Paul Wolfowitz et quelques autres, soit la garde rapprochée d’un George W. Bush plus dépassé et instrumentalisé que véritablement incompétent.

Tout ça, quiconque ayant vécu les événements décrits dans le film, le savait déjà : la falsification éhontée de documents afin de prouver la présence (totalement fausse, donc) d’armes de destructions massives en Irak, la hausse spectaculaire de l’action et des profits d’Halliburton, l’entreprise pétrolière donc Cheney est resté PDG malgré son poste de vice-président à la Maison Blanche, les arrestations arbitraires de prétendus terroristes et les actes de torture de l’armée américaine commis à l’encontre de la convention de Genève à Guantanamo (notamment) etc etc on connait.
Une quinzaine d’années après les faits (en gros), les auteurs de Vice ont encore plus de cartouches à mettre dans leur barillet et ils ne s’en privent pas: multiplication des sources, images d’archives, issues notamment du flot ininterrompu des chaînes d’info, reconstitutions, le montage, brillant, créé un tourbillon d’informations très efficace et d’une fluidité remarquable. Le tout avec humour, dans la lignée de shows d’infotainment dont Jon Stewart, Stephen Colbert et John Oliver se sont faits les spécialistes outre-Atlantique (ici on a Yann Barthès). Rien à dire, c’est très efficace et même, pourrait-on dire, brillant (d’ailleurs on le dit volontiers si j’en juge par l’accueil critique, très positif). Vice met également en lumière la ficelle théorique derrière les actes, via le concept d’ «éxécutif unitaire», interprétation subjective de la Constitution américaine utilisée par Cheney et ses sbires, qui n’est ni plus ni moins qu’une légitimation d’un pouvoir tyrannique et dictatorial.

Alors pourquoi je suis pas convaincu?

Je le suis en réalité : Vice est brillant, à la fois drôle, divertissant, bien informé et édifiant. Cette fois, contrairement à The Big Short, Adam McKay trouve la bonne distance et n’est jamais fasciné par son sujet: Cheney et sa clique sont des ordures réactionnaires, le film a beau être régulièrement assez drôle et décrire les faits avec une distance ironique, il ne laisse aucun doute là dessus. En conclusion, la gangrène atteindra jusqu’à la cellule familiale, seule oasis d’humanité préservée durant tout le film (ou presque donc): son plus beau coup de pute, sa crasse la plus immonde, Cheney la réserve à sa propre fille. Révélation divulguée après un très habile montage parallèle entre cette affaire familiale (que je ne dévoilerai pas) et une opération de transplantation cardiaque qui se conclue sur une image concrète et symbolique à la fois, celle d’un cœur mort. C’est sans appel.

Mais alors, qu’est-ce qui cloche bon sang d’une pipe en bois?

« C’est pas toi, c’est moi »: j’en ai tout petit peu ras le cul de ces films de monteur. Ca me fatigue, tout simplement. Voix off, images arrêtés sur voix off, inserts, images d’archives, faux générique de fin, vrai générique de fin méta etc etc. Ca me fatigue. Des «films de monteur», ou un «style Scorsesien», peu importe comment on le nomme. Ca me fatigue et je trouve ça un peu ringard en vérité, un peu dépassé en 2018. Bon, c’est personnel.

Autre chose: c’est un détail mais, et même si l’énergie du film parviennent à le faire oublier, j’ai mis du temps à passer outre les maquillages et postiches dont sont affublés tous les acteurs du film: Steve Carell 57 ans, et qui interprète Donald Rumsfeld, est censé avoir 40 ans, voire un peu moins lors de sa 1ère apparition à l’écran, puis 70 à la fin du film. Christian Bale, 45 ans, interprète de Dick Cheney donc, a moins de 30 ans lors de son arrivée à Washington. Quelques scènes nous le montrent même alors qu’il était étudiant, dans sa vingtaine donc. Idem pour Amy Adams (qui interprète la femme de Cheney).

Là il est censé avoir 30 ans par exemple.

C’est sans doute futile mais ça m’a gêné. Evidemment, si le film m’avait totalement emballé, je serais passé outre mais tu sais ce que c’est, quand on ne l’est pas (emballé), on a tendance à bloquer sur le moindre détail.

Et puis quelque part, ça m’emmerde un peu qu’Adam MacKay soit devenu un cinéaste mainstream. OK, il a le bon goût de garder une certaine impertinence et de ne pas avoir fait son Tchao Pantin (pourvu que ça dure…) mais il aura beau récolter les lauriers de la critique, du public, des Oscars (Vice a obtenu 8 nominations et il fait un candidat aussi sérieux que légitime), il restera toujours pour moi le binôme de Will Ferrell et l’immortel auteur d’Anchorman, de Talladega Nights et de Frangins malgré eux.

Enfin, malgré ça et malgré tout (ma relative lassitude voire mon agacement ponctuel face à des procédés de mise en scène décrits plus hauts), c’est un film que je recommande.