Mon rêve 8

Aujourd’hui, une plongée sans concessions dans mon intimité et mes fluides corporels. Un genre de point de non retour donc.

Ca se passe dans la maison familiale, dont on était pas propriétaires en réalité mais bon, c’est LA maison familiale, celle dans laquelle j’ai grandi. Et j’ai envie de pisser. Mais le truc c’est que j’ai réellement envie de pisser : je suis pas réveillé puisqu’il s’agit bien d’un rêve mais je sais pas, je sens que j’ai envie de pisser.

C’était une grande maison, un immense terrain surtout, isolé dans la campagne donc je me balade pour trouver un coin tranquille : pas moyen, y a toujours quelqu’un, un frère, une soeur, un voisin qui se trouve planté là donc bon, je me retiens. A un moment, un peu en désespoir de cause, je vais dans le jardin (potager) tenu par mon père mais évidemment, il est là, en train de travailler…

Puis tout à coup et sans transition je me retrouve dans le garage, ou ce qui faisait office de garage, avec un sol en terre battue (j’ai grandi à la ferme). Là je me dis, ouf c’est bon, tranquille, mais non, la porte s’ouvre et plein de poules s’y engouffrent, qui commencent à me courser (j’ai grandi à la ferme mais j’ai jamais aimé, voire toujours eu un peu peur des poules et des volatiles en général). Y en a de plusieurs sortes et elles me coursent vraiment ces connes. Une notamment, petite et d’un blanc immaculé, me parait particulièrement agressive: je la vois en train de courir vers moi de sa démarche caractéristique, d’un côté, de l’autre, d’un côté, de l’autre, les ailes collées au corps avec l’oeil du Malin. Ni une ni deux, je me saisis d’un plumeau (un plumeau pour faire la poussière oui) et je l’agite frénétiquement et de manière ridicule devant moi pour les tenir éloignées. Ah faut pas me faire chier moi quand ça dégénère.

Et là je me réveille. Il est 5h du matin, je me lève pour pisser.

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Ty Segall + Destination Lonely + Slift + Les Soldes – Le Bikini, Toulouse

4ème concert de Ty Segall en 3 ans, c’est pas mal. Evidemment, quand on sort en moyenne et au minimum 1 album par an, on tourne beaucoup. Et Ty Segall tourne beaucoup. Et je l’aime beaucoup.

Cette fois c’était dans le cadre d’un mini festival garage qui se tient chaque année au Bikini.

Les Soldes pour démarrer la soirée, pas vus. J’arrive sur Destination Lonely qui remplace Yonatan Gat. Je suis pas en super forme et le son m’agresse littéralement, je sors boire un verre illico. Ce qui m’arrive aux oreilles depuis l’extérieur me donne pas franchement envie de retourner dans la salle.

Puis c’est au tour de Slift de prendre la scène.

Ce que j’ai entendu d’eux, entre Thee Oh Sees et King Gizzard m’a bien plu, je suis curieux de voir ce que ça donne sur scène. Et là, la grosse baffe : un power trio à l’ancienne, hyper en place, hyper précis, qui déroule pendant 45 minutes un garage-psyche certes pas bien original (Thee Oh Sees/King Gizzard encore une fois) mais super prenant et super efficace. Les compos sont pas toujours au rendez-vous mais le groove est là, tendance kraut, et le guitariste joue merveilleusement de tous les effets dont il dispose. Limite ils pourraient jouer que des instrus pendant 1h sans que ça gênerait personne. Ca headbangue, ça slamme, ça ovationne: les mecs ont fait un gros carton auprès du public et c’était foutrement mérité.

Ty Segall était évidemment la tête d’affiche. Il jouait pour soutenir son album sobrement intitulé Ty Segall sorti en début d’année, en compagnie d’une « nouvelle » formation nommée The Freedom Band. J’utilise des guillemets car on y retrouve 2 de ses plus fidèles acolytes: le beau Mikal Cronin à la basse comme toujours, et le très chevelu Charles Moothart, à la batterie cette fois (il est habituellement guitariste). La seconde guitare était tenue par le trop méconnu Emmett Kelly, un type qui mène habituellement l’excellent Cairo Gang, formation acoustique ayant notamment accompagné Bonnie ‘Prince’ Billy (versatile le mec donc). Au clavier, le dénommé Ben Boye qui a également joué avec Will Oldham ou Riley Walker par exemple.

« The Freedom Band », ça ressemble à un nom de groupe américain late 60s et les 20 premières minutes du concert, géniales, le confirment : Ty Segall n’a pas son pareil pour incarner le rock le plus électrique et l’enchaînement des 5 premiers titres, dont 2 nouveaux (Alta et Fanny), laissent entrevoir un grand concert de rock américain encore, qui balaierait aussi bien les Stooges que le Grateful Dead, le Jimi Hendrix Experience ou MC5.

Mais après un Finger d’une violence assez dingue, ça se délite sérieusement et ça prend les travers… du rock américain late 60s: The Warm Hand, long morceau déjà un peu pénible sur l’album sorti cette année est ici carrément insupportable. Une longue jam complaisante où chacun y va de sa petite impro, pffff… C’est d’un chiant. Pas mal de gens reculent dans la salle voire se barrent. Carrément. Ca continue un moment sur ce mode là: le groupe est très détendu, il a l’air de bien s’amuser, nous un peu moins.

Le concert reprend un peu de tenue grâce à des morceaux plus anciens type Caesar mais c’est pas ça… Je suis vraiment pas en grande forme, ça joue beaucoup mais tout ça est bien trop auto-complaisant encore une fois. Feel, l’un des moments forts des concerts de Ty Segall depuis 3-4 ans, sinon LE moment fort, est ré-arrangé dans une version plus lente et syncopée qui le vide de toute sa sauvagerie. Sur son final, il change d’instrument avec Moothart et passe donc derrière la batterie, l’autre empoignant une guitare. Et on s’en fout.

J’ai l’impression que Ty Segall se cherche depuis Manipulator ou plutôt qu’il cherche à proposer autre chose que ce qui l’a mis sur le devant de la scène. Il ne veut pas s’enfermer dans le créneau garage-glam-pop qu’il a investi et dans lequel son talent s’épanouit le mieux selon moi, et c’est tout à son honneur mais le fait est que ce qu’il enregistre depuis est moins abouti, moins intéressant. On a l’impression qu’il se force à saloper ses chansons, qu’il fait tout son possible pour les rendre moins évidentes alors que précisément, lorsqu’il les peaufine, ça donne des classiques tel que le sublime Orange Colour Queen de ce début d’année. Qui démontre qu’il a suffisamment de ressources et surtout de talent pour qu’on ne s’en fasse pas à son sujet.

Mon rêve 7

Aujourd’hui, du grand n’importe quoi.

Je dois aller passer un examen de maths au Mirail, la fac de lettres de Toulouse. Dans laquelle je n’ai jamais étudié, pas plus que je n’ai étudié les maths après le lycée. J’ai l’âge que j’ai actuellement, soit depuis très longtemps dépassé celui de passer des examens autres que médicaux mais passons, c’est un détail au regard de la suite.

Il pleut, je prends donc le bus pour m’y rendre car je porte des chaussures en daim et la pluie, c’est pas bon pour les chaussures en daim. Sauf que je réalise que je m’éloigne du Mirail, c’est-à-dire que j’ai pris le bus en sens inverse. Je descends donc fissa pour me retrouver dans un quartier peuplé d’asiatiques, des Chinois pour être tout à fait exact ( ???). Bon.

J’entreprends donc de faire le chemin en sens inverse à pied car je me dis que je dois pas être trop loin quand même. Je commence à remonter une longue avenue qu’il me semble bien avoir parcourue mais je reconnais rien du tout, je suis en train de me paumer. Il pleut de plus en plus fort en sus, mes belles chaussures en daim sont complètement ruinées, j’ai les boules.

Je me retrouve au milieu de personnes qui attendent le bus. J’en interroge l’une d’elles, une petite nana dont je me dis qu’elle doit être étudiante. Sauf que la nana me répond pas, elle détourne ostensiblement le regard : elle croit sans doute que je lui fais un plan pourri. Là-dessus, une autre nana qui m’a entendu arrive à ma rescousse, toute souriante et serviable. Elle m’indique le chemin pour aller à la fac. Ca a le mérite de décoincer la 1ère, celle qui voulait pas me répondre, qui du coup s’enflamme, tout sourire : « oh mais passez donc plutôt par là, vous verrez, y a une petite place avec plein de bébés labrador ! ». Ah ben si y a des bébés labrador…

Je me mets en route en suivant leurs indications mais assez vite je me retrouve dans un grand ensemble d’immeubles et… c’est la guerre. Au sens propre : ça bombarde et ça canarde à tout va. Autant te dire que je peux me gratter pour les bébés labrador. Bon, ceci dit, j’ai d’autres soucis là, faut que je me mette à l’abri : j’y parviens sans doute car je me retrouve tout à coup dans un appartement lambda, équipé mais inhabité, à la seule exception de Cyril Lignac. Autant tout le reste me laisse perplexe, autant là… Ca fait des années que je l’ai pas vu lui, je HAIS les émissions de cuisine.

Bon, là, malgré le fait qu’on continue à entendre des explosions à l’extérieur, des bruits d’hélico, des messages en langue des Balkans ( ???), le mec est en mode représentation, et il entreprend de me préparer une « petiteu saladeu de qui-no-a aux légumeus frais, le plat préféré des frangçais ». Là je me dis, putain mais n’importe quoi, le quinoa a détrôné le couscous en tant que plat préféré des français, la gentrification va décidément trop loin.

Puis tout à coup les combats s’intensifient, j’ai la nette impression que ça s’agite dans la cage d’escalier donc je commence à paniquer. Et je me réveille.

The Handmaid’s Tale – critique

Dans une société dystopique et totalitaire au très bas taux de natalité, les femmes sont divisées en trois catégories : les Epouses, qui dominent la maison, les Marthas, qui l’entretiennent, et les Servantes, dont le rôle est la reproduction (Allociné)

Si on fait le bilan, en 2017, et en grossissant le trait certes, il faudra avoir vu la saison 7 de Game of Thrones, la saison 3 de Twin Peaks et The Handmaid’s Tale.

Tu l’as lu un peu partout, The Handmaid’s Tale, c’est l’adaptation du roman dystopique de la canadienne Margaret Atwood. Il décrit la société patriarcale et fasciste établie aux Etats-Unis suite à une catastrophe écologique entraînant l’infertilité de la majorité de la population.

J’ai étudié le roman à la fac (d’anglais) et il m’avait fait très forte impression. A tel point que je m’en souviens encore très bien aujourd’hui soit 20 ans après, alors que j’avais complètement rayé de ma mémoire les cours de linguistique le lendemain des examens. Par exemple.

Le roman est glaçant, effrayant car, comme toute bonne dystopie qui se respecte, très réaliste. Et là où cette adaptation l’emporte, même si elle n’y est pas pour grand-chose au bout du compte, c’est que son « pitch », en 2017, est passé de « réaliste » à « envisageable ». Les flashbacks montrent en effet une Amérique de plus en plus conservatrice, misogyne, homophobe jusqu’au point de bascule fatidique entraînant la naissance de Gilead, la dictature théocratique qui remplace les USA. Toute ressemblance etc. etc.

La description de Gilead et du quotidien des « servantes écarlates » (le titre du roman en vf), ces femmes enrôlées de force pour servir de reproductrices aux couples des classes dirigeantes, vise également dans le mille. Les différentes classes de la société, leurs codes, rituels et costumes, les miliciens omniprésents, la religion qui dicte tout, les supermarchés de type nord-coréen, la « cérémonie » (je spoile pas) etc etc: tout cela est saisissant. Bien sûr, pas besoin de se fouler, la fidélité au bouquin suffit tant celui-ci est puissant mais c’est bien de ne pas en avoir trop fait et d’avoir au contraire gardé une certaine humilité par rapport au matériau de base. On peut lire un peu partout encore une fois que The Handmaid’s Tale est une série anxiogène et c’est juste.

Après… Bah après, je ne participerai pas au concert de louanges car j’ai des réserves, et non des moindres.

Déjà le recours aux flashbacks. Ok, c’était peut-être inévitable et ils sont très bien intégrés mais je sais pas… Un peu ras le cul du procédé. Lost l’a admirablement fait, Orange Is the New Black également, quoique confinant un peu au systématisme, déjà, puis The Leftovers mais cette dernière étant quasiment un spin-off de Lost, on ne peut pas le lui reprocher… Mais bon, ça va là non ? On peut peut-être tenter un autre mode de narration ? Ou au moins éviter celui-là ? Les flashbacks : inévitables peut-être, mais surtout un peu paresseux d’après moi.

L’utilisation de la musique me paraît également un peu convenue. Elle reprend mais après coup et de manière moins efficace là encore, le procédé du « décalage signifiant » utilisé par d’autres séries, Mad Men ou The Leftovers pour ne citer qu’elles : on prend un titre, connu ou pas, mais plutôt connu, allez tiens, de préférence un gros tubasse mais repris et dans un arrangement très surprenant là aussi, un titre en tout cas auquel on n’aurait jamais pensé dans un tel contexte et dont on finit par se dire qu’il s’agissait du meilleur choix possible. Paresseux encore tant ce procédé a été vu et revu. Alors quand le choix de la musique n’est pas pertinent mais au contraire très maladroit (difficile de donner un exemple sans spoiler), c’est carrément craignos.

Je pinaille peut-être un peu, je sais mais j’en arrive à un vrai gros bémol : The Handmaid’s Tale, la série, ne peut pas s’empêcher de céder aux sirènes de l’esthétisme. Et ça ça craint encore. Un max.
Je veux dire, ce que raconte cette histoire, ce qu’elle dit de ce qui pourrait advenir de nos sociétés occidentales est absolument, je me répète, effrayant et glaçant. Une dictature théocratique, des rafles d’enfants, de femmes uniquement caractérisées par leur fertilité, des camps d’asservissement, des exécutions sommaires et exemplaires, des lapidations etc etc. Un futur cauchemardesque. Et pourtant, The Handmaid’s Tale enjolive constamment son esthétique froide et kubrickienne (pour faire court), a un point tel qu’on en arrive à ce que Buzzfeed nous ponde un article tel que celui-ci, comme si on parlait du dernier Spike Jonze ou Sofia Coppola. Sans déconner… Faire de The Handmaid’s Tale une belle série, non seulement ça édulcore fortement son propos mais ça prend le risque de cautionner (involontairement bien sûr) ce que la série entend dénoncer. Non, ça, c’est pas possible, c’est plus que de la maladresse.

Je résume : The Handmaid’s Tale est sans doute plus nécessaire aujourd’hui que jamais, ce qui explique sans doute, quoiqu’en partie, son succès. C’est à voir. Mais à choisir, c’est plutôt à lire.

Song to Song – critique

Une histoire d’amour moderne, sur la scène musicale d’Austin au Texas, deux couples – d’un côté Faye et le chanteur BV, et de l’autre un magnat de l’industrie musicale et une serveuse – voient leurs destins et leurs amours se mêler, alors que chacun cherche le succès dans cet univers rock’n’roll fait de séduction et de trahison. (Allociné)

Je pensais faire un break mais là c’est pas possible, ça me démangeait trop.

D’un côté Rooney Mara et Ryan Gosling, de l’autre Michael Fassbender et Natalie Portman. Les 2 premiers sont des artistes: elle gratouille sur scène avec les Black Lips (sans déconner), lui a des chaussures complètement pourries. Elle a même un énorme portrait d’Arthur Rimbaud chez elle, c’est pour te dire. Fassbender en revanche est un gros enculé: ses chaussures sont impeccables. Il a du bagout, des fringues super classe, du pognon à plus savoir quoi en faire.

La Portman apparaît seulement au bout d’une grosse demi-heure et Fassbender tombe immédiatement sous le charme. Elle dit être instit mais ne pas avoir trouvé de boulot (ah bon), donc elle est serveuse. Fassbender fait tout pour qu’elle se fasse virer car il veut s’occuper d’elle, il est complètement libre dans sa tête le mec.
En réalité c’est un producteur méphistophélique et il veux travailler avec Ryan Gosling. Qui sort avec Rooney Mara qui elle couche en même temps avec Fassbender (ou couchait? Je sais pas et je m’en fous).
A un moment on les voit tous les 3 durant un voyage au Mexique. C’est super le Mexique, les gens y sont tellement plus authentiques, tellement plus proches des vraies valeurs. Et puis la tequila y est tellement pas chère, franchement, c’est abusé comment c’est pas cher de se mettre une race là bas !

Bon, c’est horrible. Mais vraiment. Horrible à un point tel, et c’est bien ça le plus horrible, que t’en viens à douter de la beauté et de la fulgurance des premiers films de Malick (les 4 premiers, jusqu’au Nouveau Monde inclus). Je te jure, j’ai presque peur de revoir Les Moissons du ciel maintenant…

On retrouve donc tout ce qui fait son cinéma depuis Tree of life: la voix off quasi exclusive, le montage, les « moments », plus que les séquences ou même les scènes, les peaux, les mains, les nuques (nom de Dieu de bordel de merde, j’ai jamais vu autant de nuques dans un seul film) et les pseudo-aphorismes atterrants mi-poésie (de merde) mi-discours signifiant de pubard (de merde) :

« I love your soul » évidemment, la base (« beautiful soul », équivalent anglo-saxon de notre « belle personne »)
« Mama, you gave us so much »
« Scare me… come closer »
etc etc etc. Y a que ça en fait, toujours en voix off donc.
A un moment, Rooney Mara minaude et se roule dans un rideau, on jurerait une pub. Ces pubs qui s’inspirent du cinéma de Malick, et qu’il a fini par réaliser lui-même (le truc avec Angelina Jolie là, qui a dû coûter plus cher que La Ligne rouge et Le Nouveau monde réunis). Ca pourrait durer 10 minutes ou 4 heures, ça serait pareil.
Un peu après la scène du rideau, Rooney Mara, toujours elle, ou plutôt sa voix off, dit « I love pain. It means life ». J’ai éclaté de rire. Oui, ça pourrait durer encore 4h comme ça: ça faisait 45 minutes environ, j’ai estimé que c’était déjà trop, j’ai quitté la salle. Pour la 2ème fois de ma vie seulement. Pour un film de Terrence Malick. La tristesse putain…

Top 50 comédies

Et hop, la liste complète et les liens ci-dessous.

Petit break estival pour Grande remise, bonnes vacances à toutes et à tous.

#1 40 ans, toujours puceau – The 40-year old virgin

#2 American Pie

#3 L’Amour Extra-Large – Shallow Hal

#4 Anchorman – Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy

#5 Austin Powers 2, l’espion qui m’a tirée – The Spy Who Shagged Me

#6 Les Beaux Gosses

#7 The Big Lebowski

#8 Les Bronzés font du ski

#9 Bienvenue au gîte

#10 La Chèvre

#11 La Cité de la Peur

#12 …Comme la lune

#13 Cuisine et Dépendances

#14 Didier

#15 La Dilettante

#16 Dodgeball

#17 Dumb and Dumber

#18 La Fille du 14 Juillet

#19 Fou(s) d’Irène

#20 Frangins malgré eux

#21 Les Gamins

#22 Harold et Kumar chassent le burger

#23 Jacky au royaume des filles

#24 Un jour sans fin

#25 Liberté-Oléron

#26 Mars Attacks!

#27 Mary à tout prix

#28 Mes meilleures amies

#29 Mes meilleurs copains

#30 Mon beau-père et moi

#31 OSS 117, Rio ne répond plus

#32 Palais Royal!

#33 Papy fait de la résistance

#34 Un poisson nommé Wanda

#35 Pour un garçon

#36 Les Randonneurs à Saint-Tropez

#37 Retour à la fac

#38 Rushmore

#39 Monty Python : Sacré Graal !

#40 Steak

#41 Les sous-doués passent le bac

#42 SuperGrave

#43 Top secret!

#44 Vampires en toute intimité

#45 La vérité si je mens! 2

#46 Very Bad Trip

#47 Wayne’s World 2

#48 Rien que pour vos cheveux

#49 Comédies dramatiques

#50 Séries

L’inégalité sudoripare

J’arrive à la boulangerie, il fait hyper lourd, je suis en nage et pourtant je viens pas de courir un semi-marathon, j’ai fait 10 minutes de vélo pour arriver jusque là ok mais bon, c’est tout plat, je sors du bureau et on a la clim, un peu trop même à mon goût, je dois mettre un pull ou un gilet parfois mais putain il fait super lourd aujourd’hui, je sens bien que mon polo est imprégné de ma sueur, mon front est trempe et là devant moi, ce mec que je croise de temps en temps, il bosse et vit dans le quartier si j’ai bien compris et il est là, impeccable, le petit chino nickel, la chemise seersucker impeccable, la chevelure soyeuse, on dirait qu’il vient de les shampouiner putain, et pourtant il est comme moi, il sort du bureau, il a fait sa journée, je le vois bien, il a ouvert son attaché case devant moi, y a plein de dossiers à l’intérieur et putain, IL SENT BON LE MEC, je te jure c’est pas possible, il sent bon alors qu’on est à la boulangerie, il fait chaud, y a cette odeur de pain et cette chaleur caractéristique des boulangeries mais non, c’est son odeur à lui que je sens, il sent bon, c’est indéniable, il sent le propre, comme s’il sortait de la douche et qu’il venait de prendre des vêtements dans la pile de linge propre alors que moi je suis là, je me sens poisseux, dégueulasse dans mes vêtements pourtant du matin tu vois, je suis tout rouge et tout essoufflé et je comprends pas comment c’est possible qu’il sente bon alors que j’ai qu’une envie c’est de courir chez moi me débarrasser des 2 litres de sueur que mon organisme est en train d’évacuer en temps réel. Je hais l’été mon corps, parfois.