#80 Smog – A River Ain’t Too Much to Love

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Alors que je n’écoutais pratiquement plus que ça, depuis 3-4 ans j’ai quasiment là aussi laissé tomber l’americana, pour faire court (tout ce qui est folk ou country, alt-country, passé ou contemporain), au profit d’un recentrage pop et continental (France et Angleterre pour faire court là aussi). L’impression sans doute très présomptueuse d’avoir un peu fait le tour de la chose (pour ce qui est des contemporains en tout cas) mais le sentiment aussi que l’argument de l’authenticité ne tient pas vraiment sachant qu’il y a autant d’artificialité dans la musique de Hiss Golden Messenger que dans celle de Franz Ferdinand (pour prendre 2 exemples totalement au hasard). Bref.

Dans le rôle de l’exception qui confirme la règle, Bill Callahan. Il est devenu pour moi un genre d’icône américaine absolue, une sorte d’équivalent underground à Johnny Cash ou Clint Eastwood. Un type qui impose sa présence quand il débarque, dans une pièce ou entre tes 2 oreilles. Il devient de plus en plus beau en vieillissant en plus, ça ajoute une couche supplémentaire à son charisme de dingue.

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Cet album est selon moi son chef d’œuvre, clôturant à la fois la vie de Smog et amorçant celle qui le voit se produire sous son nom. Ce disque aurait d’ailleurs dû être signé « Bill Callahan » mais il n’a pas pu l’être pour des raisons contractuelles (il devait encore un album sous le nom de Smog).
Toujours est-il qu’à ce moment-là, Bill Callahan n’est pas seulement désireux de donner un nouveau souffle à sa carrière, il change également de vie. Il quitte la grisaille de Chicago pour la douceur d’Austin au Texas et découvre par la même occasion qu’au-delà des limites de la ville, il n’y a pas encore la ville mais la nature, les arbres, les animaux, les rivières (ces dernières forment une métaphore centrale, essentielle sur bon nombre de ses chansons à partir de cet album). Ca s’entend très nettement, l’atmosphère générale est plus chaude qu’auparavant. C’est aussi le moment où il entame une idylle avec Joanna Newsom : elle constituera le cœur de son premier album sous le nom de Bill Callahan (Woke on a whale heart) mais ça s’entend déjà ici. En somme, le misanthrope désabusé de toujours commence à s’ouvrir au monde en même temps qu’à l’amour : quand on a le talent pour retranscrire ce bouleversement et ce nouvel état d’esprit, ça donne un album de ce calibre, un chef d’oeuvre encore une fois.

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