L’Amour est une fête – avant-première Gaumont Wilson

Paris, 1982. Patrons d’un peep show, Le Mirodrome, criblés de dettes, Franck et Serge ont l’idée de produire des petits films pornographiques avec leurs danseuses pour relancer leur établissement. Le succès est au rendez-vous et ne tarde pas à attirer l’attention de leurs concurrents. Un soir, des hommes cagoulés détruisent le Mirodrome. Ruinés, Franck et Serge sont contraints de faire affaire avec leurs rivaux. Mais ce que ces derniers ignorent, c’est que nos deux « entrepreneurs » sont des enquêteurs chargés de procéder à un coup de filet dans le business du « X » parisien. C’est le début d’une aventure dans le cinéma pornographique du début des années quatre-vingt qui va les entraîner loin. Très loin…(Allociné)

On le sait, les films sont rarement tournés dans l’ordre de leur scenario. Et il est encore plus rare que ce dernier se développe ou soit modifié au cours du tournage. Pourtant, j’ai eu cette sensation (complètement erronée donc, surtout connaissant un type aussi expérimenté et rompu aux règles cinématographiques que Cédric Anger) lors de la projection de L’Amour est une fête.
D’abord un peu entre 2 eaux, ou plutôt entre 2 genres (polar et comédie) et entre 2 humeurs (morose et débonnaire), le film choisit peu à peu son camp, comme s’il se laissait contaminer par les ondes positives qu’il diffuse, pour avancer franchement vers la lumière (au sens propre, tu comprendras quand tu auras vu le film). C’est tout le talent du réalisateur bien sûr, également auteur du scénario comme toujours, que d’avoir su mettre en place une telle progression et ménager une forme de suspense quant à nos attentes et à notre réception de son film : on peut légitimement penser au terme de son 1er tiers que le film va s’engager sur un chemin tortueux, en tout cas plus sombre que ce à quoi on pouvait s’attendre. Et puis pas du tout, donc.

Virage à 180° donc, ou presque, pour Cédric Anger, après 3 premiers films graves et notamment un précédent, La prochaine fois je viserai le cœur, très étouffant : L’Amour est une fête est une comédie, au sens propre.

Sur le fond, c’est un très joli et touchant hommage au monde du cinéma porno d’antan, comprendre d’avant le numérique, internet et les scènes tournées à la chaîne dans des chambres d’hôtel de Budapest. Un monde dans lequel il était, c’est ce qu’on dit en tout cas, et qu’on nous raconte volontiers, encore possible de s’amuser et d’apporter un certain soin, un certain savoir-faire aux films produits (réalisateurs cinéphiles, scénarios un peu écrits, utilisation de la pellicule, acteurs et actrices nourrissant encore l’espoir de passer du X au cinéma traditionnel). Hommage aussi touchant que sincère, également incarné via le caméo de 2 des stars de l’époque, Alban Ceray et Marylin Jess (les Vrais savent). Voir, aussi, la belle affiche du film, sensuelle et 70s. C’est le côté Boogie Nights du film (mais ça s’arrête là pour les similitudes, Anger s’en expliquera d’ailleurs très bien).

J’ai des réserves, notamment sur l’aspect purement comique du film (j’ai pas toujours trouvé ça très drôle, et le fait d’avoir vu le film dans une salle pleine et très enthousiaste dès les toutes 1ères secondes, un contexte très « avant-première » donc, se révèle souvent encore plus trompeur ; je pense notamment à toute la séquence du retour de Gilles Lellouche auprès de sa famille que j’ai trouvée franchement embarrassante), mais c’est un film tendre et touchant, nourri d’une certaine mélancolie et d’une petite dose de nostalgie, sans pour autant verser dans le passéisme, infusant une douce euphorie, un sentiment positif. A ranger dans la catégorie film-sourire-aux-lèvres.

L’équipe du film s’est déplacée en nombre pour le défendre : sur la photo ci-dessous, et de gauche à droite, les actrices Camille Razat, Elisa Bachir Bey et… Valeria Nicov ? j’ai oublié de qui il s’agissait…; le réalisateur Cédric Anger; et les acteurs Xavier Alcan et Gilles Lellouche. Mention spéciale d’ailleurs pour tout le casting féminin, très sexy, et filmé de façon appropriée par Anger, sans une once de vulgarité ou de putasserie.

Guillaume Canet n’était pas du voyage, au grand dam d’une large partie féminine et trentenaire du public, manifestement en attente. Elles se sont consolées avec Lellouche, aussi sympathique et vanneur qu’on l’imagine.
Marrant d’avoir enchaîné 2 AP en 3 jours : sur le coup, j’ai trouvé Mathieu Sapin confus et plat pour parler de son film (Le Poulain), avec le recul, les prises de parole de Cédric Anger se s’ont révélées encore plus cruelles pour lui. D’abord critique aux Cahiers du cinéma, puis scénariste (notamment pour Xavier Beauvois, acteur dans L’Amour est fête et génial dans le rôle d’un réalisateur de films porno), Anger a beaucoup de recul sur son métier, son film et il en parle très bien.
Séance de questions-réponses un peu courte faute, étrangement, de questions de la part du public d’autant que la salle était pleine, c’est dommage de pas en avoir profité : j’ai évidemment pensé à plein de questions SUPER intéressantes à peine sorti de la salle. Mais chouette soirée donc, et un film que je conseille.

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Le Poulain – avant-première Gaumont Toulouse

Arnaud Jaurès, 25 ans, novice en politique, intègre par un concours de circonstances l’équipe de campagne d’un candidat à l’élection présidentielle. Il devient l’assistant de Agnès Karadzic, directrice de la communication, une femme de pouvoir et d’expérience qui l’attire et le fascine.
Sans l’épargner, elle l’initie aux tactiques de campagne, et à ses côtés il observe les coups de théâtre et les rivalités au sein de l’équipe, abandonnant peu à peu sa naïveté pour gravir les échelons, jusqu’à un poste très stratégique. (Allociné)

Mathieu Sapin est d’abord connu pour son travail d’illustrateur et dessinateur de BD. En 2012, il a suivi la campagne de François Hollande pour la primaire socialiste, puis s’est vu accrédité à l’Elysée pour en dessiner les coulisses (suite à l’élection d’Hollande donc). Il a tiré 2 albums de cette expérience, et aujourd’hui, un film (en 2016, il a été nommé Chevalier des arts et des lettres mais je suppose que ça n’a AUCUN RAPPORT avec ce qui précède).

Le Poulain décrit donc les arcanes à la fois d’une élection et de l’exercice du pouvoir, à travers la trajectoire d’un jeune assistant qui se retrouve au milieu de tous ces requins qui pensent qu’à leur sale djeule de petits énarques de merde : la question sera posée à Sapin à l’issue du film (« vous avez pas peur que ce genre de films détourne encore plus les gens de la politique ? ») et il confirmera que bon, c’est quand même un milieu où, on va pas se mentir, il faut bouffer les autres avant d’être bouffé soi-même. Dont acte.

Le film est donc relativement prévisible. Ce milieu qui fascine ( ?) autant qu’il dégoûte, on ne le connaît pas à moins d’y appartenir et pourtant, on sait parfaitement à quoi s’en tenir : coups bas, volte-face, trahisons, compromis etc., le film montre tout ça, pas de surprises. Il choisit de le faire sur un mode comique, via la satire. C’est là que le bât blesse pour moi : les dialogues ou situations sont eux aussi très (trop) prévisibles et sans surprises, pour ne pas dire carrément paresseux (le coup du SMS incendiaire envoyé par erreur à la personne qu’on incendie, c’est pas possible, on a pas le droit).

Le Poulain se suit néanmoins sans déplaisir (j’ai quand même soufflé et levé les yeux au ciel à plusieurs reprises), peut-être en raison de sa prévisibilité précisément, qui le rend confortable, mais aussi grâce à sa distribution, irréprochable pour le coup : Alexandra Lamy en requine volontariste, Gilles Cohen en gentil candidat un peu dépassé, Katerine en fantasque théoricien de l’ombre, tous sont épatants. Finnegan « Mike » Oldfield prête lui sa maladresse et son visage juvénile encore neuf sur les écrans au personnage du « poulain », catapulté du jour au lendemain en tant qu’assistant du personnage interprété par Alexandra Lamy, et qui apprend, puis maîtrise rapidement les rouages de ce monde qui lui était pourtant totalement inconnu.

A l’issue de la projection, traditionnelle séance de questions-réponses entre le public très grand public et le réalisateur, Mathieu Sapin donc, et son interprète principale, Alexandra Lamy.  Evidemment, les gens sont là pour elle : elle se fait méthodiquement mitrailler en silence par les téléphones portables.

Elle arrivait manifestement de la salle de sport.

Séance courte et sans grand intérêt : elle a pas grand-chose à dire sur ce rôle relativement banal et transparent de femme-forte-qui-n’est-pas-une-salope-car-elle-doit-exister-comme-elle-peut-dans-un-milieu-d’hommes et j’ai trouvé que Mathieu Sapin défendait son film de manière assez maladroite et confuse, se perdant parfois dans de longues phrases pour raconter des anecdotes peu intéressantes. Et quoi de plus chiant qu’une personne qui ne sait pas raconter une anecdote sans intérêt ?

Quand même, la traditionnelle, elle aussi, question nawak de la part d’un spectateur (y en a toujours une) : « il serait possible de connaître les cachets des acteurs sur le film ? ». Oui, bien sûr, et puis on en profitera pour te glisser le fin mot sur l’assassinat de JFK par la même occasion. Les gens…

Game Night – critique

Pour pimenter leur vie de couple, Max et Annie animent un jeu une nuit par semaine. Cette fois ils comptent sur Brooks, le frère charismatique de Max, pour organiser une super soirée à thème autour du polar, avec vrais faux malfrats et agents fédéraux ! Brooks a même prévu de se faire enlever…. sauf qu’il reste introuvable. En tentant de résoudre l’énigme, nos joueurs invétérés commencent à comprendre qu’ils se sont peut-être trompés sur toute la ligne. De fausse piste en rebondissement, ils n’ont plus aucun point de repère et ne savent plus s’il s’agit encore d’un jeu… ou pas. Cette nuit risque bien d’être la plus délirante – et la plus dangereuse – de toute leur carrière de joueurs… (Allociné)

Déception : Game Night est régulièrement vantée comme la meilleure comédie de l’année mais j’ai trouvé pour ma part qu’elle révélait une impasse, celle de la comédie américaine actuelle, après des années fastes.

Le pitch est malin et bien développé, suivant le principe de l’effet boule de neige : une fois la machinerie lancée (Kyle « FILF » Chandler se fait enlever non pas par des gens de l’agence qui organise la game night, mais par de vrais méchants à qui il doit du fric), les scènes et les situations s’enchaînent sans temps mort, bien rythmées, bien montées, parfois réellement surprenantes. Et on sait l’importance du rythme et du montage dans une comédie.

Le hic pour moi c’est que l’humour ne repose quasiment que sur le seul principe du commentaire sarcastique, à tout moment, quelle que soit la situation. Même, voire surtout lorsqu’elle est dramatique. Les personnages, très rapidement croqués et grossièrement caractérisés (le couple de winners forcenés, le dragueur, la cougar etc) ne bénéficient d’aucun développement: ils ont simplement tous une forte propension à se vanner les uns les autres avec le même mordant.

Ce que met en branle et ce que montre Game Night (mais du coup c’est pas inintéressant dans ce que ça révèle sur 2018) c’est un humour, et un monde donc, de smartasses, de gens qui ont toujours la répartie qui tue (ou censée tuer) et qui n’existent qu’à travers leur regard amusé et distancé sur les événements et sur les autres. Un humour dérivé d’internet et des conversations à distance (encore), qui ne connaît pas le drame de l’esprit de l’escalier puisque, séparés des autres par un écran, de téléphone ou d’ordinateur, on bénéficie toujours du confort du temps, du recul, pour la réflexion, la réécriture.

Alors certes, ça fait parfois mouche (ou souvent, selon notre sensibilité), et ce registre humoristique a été popularisé par des gens (Judd Apatow et sa bande) et des œuvres (les séries New Girl et The League sur des modes pourtant très différents) parfois brillantes voire géniales.  Mais lorsqu’il est systématisé comme ici, on (en tout cas « je ») frôle l’overdose et ça révèle selon moi une certaine paresse. D’écriture avant tout, mais aussi de rapport au monde, et aux autres.

J’extrapole peut-être, et je suis sans doute un peu sévère car, encore une fois, c’est vraiment bien fichu en termes de mécanique et régulièrement drôle mais ce constat, celui de personnages et par extension, d’un monde, qui ne sait plus vivre les événements de manière naturelle, constat qui n’est pas nouveau, certes, m’a un peu déprimé.

Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E – critique

Au début des années 60, en pleine guerre froide, Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E. retrace l’histoire de l’agent de la CIA Solo et de l’agent du KGB Kuryakin. Contraints de laisser de côté leur antagonisme ancestral, les deux hommes s’engagent dans une mission conjointe : mettre hors d’état de nuire une organisation criminelle internationale déterminée à ébranler le fragile équilibre mondial, en favorisant la prolifération des armes et de la technologie nucléaires. Pour l’heure, Solo et Kuryakin n’ont qu’une piste : le contact de la fille d’un scientifique allemand porté disparu, le seul à même d’infiltrer l’organisation criminelle. Ils se lancent dans une course contre la montre pour retrouver sa trace et empêcher un cataclysme planétaire. (Allociné)

Quand t’as réalisé 9 longs métrages mais que t’es tout aussi, voire davantage connu pour ton mariage que pour ta filmographie, il faut dire les choses telles qu’elles sont : ça pue. Et quand de surcroît il s’agit d’un ex-mariage, puisqu’il s’est achevé il y a plus de 10 ans, ça pue encore plus fort.

Et pourtant, Dieu sait par quel miracle, Guy Ritchie, l’ex de Madonna puisque c’est de lui dont il s’agit, continue à régulièrement réaliser des films… Il se fait pas trop chier ceci dit : après 2 épisodes de Sherlock Holmes (lamentables ai-je ouï dire), et avant un Roi Arthur qui avait l’air de bien refouler de la côte de maille, il s’était attaqué à l’adaptation de la série The Man From UNCLE, en français Des agents très spéciaux, avec Robert Vaughn (le brun et américain Napoleon Solo) et David Mac Callum (le blond et russe Illy Kuryakin).

Cette adaptation au au moins le mérite de rapidement situer le niveau: bas. Très bas même. C’est fou comme ce mec, Guy Ritchie donc, est mauvais quand même. Il le porte sur lui d’ailleurs le pauvre : l’air un peu bonnasse du type qui s’excuse de ce qui lui arrive et de pas pouvoir faire mieux, jamais.

guy ritchie et madonna
« Je comprends pas ce que je fais là »

On sent bien qu’il tente des trucs (des répliques, des petits effets de style assez clippesques mais bon pourquoi pas, faut bien l’illustrer ce scenario sans originalité) mais rien ne prend. RIEN. Scènes d’action, scènes de dialogue, tout tombe irrémédiablement à plat. Par moments je me posais même la question : « mais attends, c’est censé être une réplique drôle ça ou c’est juste une réplique noyée au milieu des autres ? ». Grosse gêne. Et la scène de la torture mon Dieu mais quelle bêtise : torture du héros par un ancien nazi, ouh, c’est mal c’est horrible. Dans la foulée, inversion des rôles et torture du nazi par le héros: c’est fun. C’est cool. C’est la rigolade. Mais quel abruti.

Ce qui sauve (un peu) Agents très spéciaux, c’est son matériau de base : une adaptation de Des Agents très spéciaux, c’est, si on est pas trop con ni styliste chez Desigual, la garantie d’acteurs, de décors et de costumes, glamour et stylés. L’action se déroulant dans les années 60, décennie particulièrement fertile à ce niveau là, le film est très plaisant visuellement. C’est joli quoi. Comme un joli livre d’images qu’on prendrait plaisir à feuilleter d’un œil un peu distrait. Et puis le casting est bien, avec des acteurs jolis eux aussi, et qu’on ne s’est pas encore lassé de voir à l’écran : de gauche à droite sur la photo ci-dessous, Alicia Vikander, Armie Hammer, Henry Cavill.

AGENTS-UNE
C’est joli.

« C’est tout ? » C’est tout. Mais c’est dimanche soir. C’est la rentrée. La fin de l’été. C’est déjà pas mal finalement.

Brillantissime – critique

J’en vois des merdes chaque année. J’avoue sans mal que j’y prends parfois un certain plaisir (pervers ou masochiste, peu importe comment on le qualifie). Et sans vouloir me dédouaner ni me justifier, j’y trouve un intérêt : à choisir, vaut mieux voir uniquement des bons films évidemment mais je pense que c’est important de voir des bouses de temps à autre, pas trop souvent non plus, faut doser, mais il faut en voir pour pleinement réaliser, ou se souvenir, à quel point c’est difficile de réaliser un film. Avoir quelque chose à raconter, quelque chose de léger ou de grave, de divertissant, d’intime etc., écrire des scènes, des situations, des personnages, des dialogues, choisir toute une équipe autour de soi, des comédiens, les diriger, utiliser (ou pas) de la musique/des chansons etc etc. C’est difficile de tout réussir, et quand on y parvient, ou plutôt quand on constate que le réalisateur ou l’équipe du film, y est parvenue, c’est merveilleux bien sûr, et c’est la raison pour laquelle on continue à aller au cinéma et à aimer certains films avec passion.

Des merdes, j’en vois donc, notamment dans ce genre à part entière qu’est devenu «la comédie française grand public ». Un genre hier régulièrement noble et enthousiasmant, qui l’est de moins en moins malheureusement pour plein de raisons qu’il serait intéressant d’analyser ou de lister mais c’est pas l’objet (perso, je pense que ça a commencé à sérieusement merder lorsque le moindre comicaillon issu de Canal Plus s’est senti pousser des ailes et s’est cru légitime sur  le grand écran).

Toujours est-il que « la comédie française grand public » est devenue tellement merdique dans sa globalité que nombre de papiers ont tenté d’analyser le phénomène. On peut même dire qu’il s’agit désormais d’une des marottes perverses des cinéphiles et cinéphages : jusqu’où peut-on descendre plus bas ? Quand est-ce qu’on va arrêter de prendre les gens pour des cons ? Pourquoi Franck Dubosc n’a-t-il pas les rôles qu’il mérite ? etc etc. Voir notamment l’excellent top réalisé chaque année par les gens de Slate (clique ici), qui permet à la fois de bien choisir les merdes qu’on va s’infliger avec une délectation masochiste, ou à l’inverse qui permet de mettre en lumière des films noyés au milieu du flot de sorties hebdomadaires et/ou qu’on aurait négligé pour délit de sale affiche. C’est par exemple grâce à ce top que je suis allé voir le génial Le Nouveau, une des plus belles réussites de ces dernières années, ou le très sympathique La Colle sorti l’an dernier).

Tout ça pour dire que j’ai eu beau me taper une palanquée de daubasses innommables, j’étais pas préparé à ça : Brillantissime, le 1er film écrit et réalisé par Michèle Laroque.

Honnêtement, j’ai halluciné. Sérieux ! Pour 2 raisons essentiellement.

Tout d’abord, l’ego trip : honnêtement là encore, on peut arrêter de se foutre de la gueule de Tom Cruise, Kanye West, Mariah Carey ou Cristiano Ronaldo parce que c’est des petits joueurs à côté de Mme Baroin. Brillantissime, c’est tout simplement une ode à Michèle Laroque, par Michèle Laroque. Elle est de tous les plans : cheveux attachés, lâchés, robe décolletée, robe de soirée, talons hauts, plats, manteau pied de poule, pyjama etc etc. Tout y passe. D’ailleurs on a droit à une séquence d’essayage de fringues à la Pretty Woman  (ça situe le niveau d’originalité du truc déjà). En outre, ses amis, les gens qu’elle croise dans la rue (à Nice, ville où elle est née et a grandi), les commerçants, tout le monde lui répète combien elle est belle, fraîche, séduisante (je mens pas, c’est dans le film !). Hallucinant. Et du coup le titre prend une dimension intéressante puisqu’il s’agit manifestement de premier degré.

Là par exemple, elle se balade avec des fleurs offertes par les commerçants parce que « tchi’est trop belle ma chériiiiiiie! » Very Dick. Rivers, un niçois lui aussi. Putain de boucle bouclée.

L’autre raison c’est… comment dire… Y a rien dans Brillantissime. Mais quand je dis « rien » c’est vraiment RIEN : je parle pas de tension dramatique ou d’enjeux de quelque nature que ce soit évidemment, on en est pas là, mais pas de gags, pas de répliques, pas de séquence qui fasse non pas mouche, on en est pas là du tout non plus, mais qui suscite un tant soit peu d’intérêt. Rien. Nib. Nada. Ca se résume à une succession de scènes mal écrites, mal filmées, mal jouées (putain, les mecs, les acteurs je veux dire, Kad Merad, Gérard Darmon et Pascal Elbé, ne font AUCUN effort, c’est dingue) qui tombent irrémédiablement à plat. A tel point que c’est ce qui m’a tenu en éveil: « ah c’est fini là, c’était la chute? » « Non mais c’est pas le climax de la scène ça quand même?!  » etc etc.
A un moment, sur les conseils de sa gynéco, ou de sa sexologue, je sais plus, j’ai commencé à plier mon linge à ce moment là parce que faut quand même pas déconner même si ça dure seulement 1h20, elle va s’acheter des sex toys dans un sex shop. Cocasse ! Elle a honte évidemment, alors elle porte un imper avec le col relevé, des lunettes de soleil pour passer inaperçue. Et quand elle arrive à la caisse, elle dit que c’est pour faire une blague à une collègue. Voilà, c’est une scène du film et c’est le gag de cette scène.

Cette scène est particulièrement embarrassante. En vérité, j’ai absolument rien compris à ce qu’elle avait essayé d’y faire.

Je passe sur les incroyables facilités scénaristiques ou les largesses prises avec la vraisemblance: j’en suis pas un forcené et je m’accommode aisément de la convention du grand-appart-sur-l’île-Saint-Louis-payé-avec-un-salaire-de-prof dans les comédies, d’autant plus lorsqu’elles sont réussies. Mais là, non seulement la nana vit dans un T56 à Nice avec vue sur la Méditerranée mais lorsque son mari la quitte (c’est ça le pitch du film: elle se fait larguer à 50 ans, elle doit se reconstruire)… ben rien,  tranquilou, elle a pas besoin de bosser, ou de se remettre à bosser, ou à trouver du pognon, tout roule sans qu’il soit jamais fait la moindre mention des contraintes matérielles. OK, à ce niveau de nullité, c’est un détail mais à ce niveau de nullité, c’est aussi une circonstance aggravante.

Sa fille, qui joue le rôle de sa fille. Auto-fiction ! Et un joli pyjama qu’elle porte A MERVEILLE.

Taxi 5, que j’ai trouvé absolument immonde et devant lequel j’ai rapidement jeté l’éponge, je peux comprendre: y a des nains, des gros, du caca, Gastambide touille tout ça a minima, pour flatter les plus bas instincts de son public mais y a au moins quelques ingrédients, des gags/répliques clairement identifiables, dont on voit bien qu’ils sont censés êtres drôles. Qu’est ce que j’ai fait au bon Dieu ? je ne comprends que trop bien… Mais ici: rien, encore une fois. J’insiste: le néant total ! Bordel, à qui s’adresse ce film ? Qui peut bien trouver ça sympa, mignon, drôle (puisque c’est manifestement ce que cherche à atteindre Laroque)? Qui a aimé ce film ? Sérieusement, à ce stade là, ça m’intéresse. En même temps, après ce que je viens de dire, je comprendrais que vous vous manifestiez pas. Mais si, svp, prenez un pseudo et confiez-vous, racontez-moi ce que vous avez aimé dans ce film. Vous verrez, vous vous sentirez beaucoup mieux après vous être libérés de ce poids.

Françoise Fabian. Ma nuit chez Maud (soupir).

Cerise sur le gâteau: alors que j’étais déjà scandalisé, révolté que des producteurs aient pu accepter de financer un truc pareil (non mais sans déconner hein, ça m’a mis hors de moi !), j’apprends que le film a été (en partie) crowdfundé
Mais putain les gens, merde quoi ! Vous avez filé du pognon à Laroque pour qu’elle puisse monter son ego trip de merde puis vous raquez à nouveau pour aller voir le film ? (puisqu’en contrepartie, y a juste le nom des contributeurs au générique du film). « J’avais envie de créer une communauté de gens qui ne font pas ce métier et les embarquer sur la planète cinéma. J’avais envie de partager ça » a déclaré Michèle Laroque. « La planète cinéma »… Putain, les gens…

Sa fille joue dans un groupe de rock qui ferait passer Calogero pour Iggy Pop. D’ailleurs les gens sont assis dans la salle de concert (véridique).

Avec tout ça, c’est un des films que je retiendrai cette année, avec Phantom Thread, Under the Silver Lake, Mes Provinciales. Mieux : c’est sans doute le pire truc que j’ai vu depuis des années.
Il est possible que j’ai piqué ta curiosité et que tu aies envie de le voir maintenant mais il faut pas : c’est pas Taxi 5 ou Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu (pour citer à nouveau 2 exemples de comédies édifiantes selon moi), 2 films qu’on peut juger intéressants pour ce qu’ils révèlent de notre époque, de l’humour actuel, de la société française même, pourquoi pas. C’est juste terriblement nul et triste, un long spot d’auto-promo vide et complaisant.

Under the Silver Lake – critique

À Los Angeles, Sam, 33 ans, sans emploi, rêve de célébrité. Lorsque Sarah, une jeune et énigmatique voisine, se volatilise brusquement, Sam se lance à sa recherche et entreprend alors une enquête obsessionnelle surréaliste à travers la ville. Elle le fera plonger jusque dans les profondeurs les plus ténébreuses de la Cité des Anges, où il devra élucider disparitions et meurtres mystérieux sur fond de scandales et de conspirations. (Allocine)

A chaud (je l’ai vu hier), et sachant que c’est un film-labyrinthe, ou un film-oignon, dont il faut (ou plutôt dont « on peut », si on le souhaite), enlever pas mal de couches avant d’atteindre son cœur, ou son essence, mais, encore une fois, libre à chacun de le faire puisqu’on peut tout aussi bien se laisser porter sans chercher à comprendre le pourquoi du comment, un film dense en tout cas, un film qu’il faut laisser décanter un minimum, à chaud donc, petite calotte. Calotette. Plus belle mise en scène de l’année en tout cas, avec le Phantom Thread de Paul Thomas Anderson, qui a dû quitter son Los Angeles natal et fétiche pour lâcher un peu la bride à son cinéma de petit maître.

Tout juste sorti du succès critique (mérité) de It Follows, David Robert Mitchell s’est lui à l’inverse jeté à corps perdu dans Los Angeles, sa mythologie, sa topographie, sa faune. Comme sur l’affiche, il accompagne son personnage sous les eaux mystérieuses du Silver Lake (dans le district du même nom, résidence actuelle de hipsters, célébrités et membres de la communauté LGBT) pour toucher non pas le fond mais les palmiers emblématiques de la ville. Il/elle coule, et nous avec, vers le cœur de Los Angeles en quelque sorte…
Dès les premières minutes, Under the Silver Lake s’impose donc comme un nouveau film-somme et emblématique de la cité des anges, à l’image de ceux auxquels il se réfère constamment. Et que je ne citerai pas tellement la liste serait interminable…

C’est sans doute ce qui m’a le plus impressionné dans le film: j’ai rarement vu une oeuvre alignant aussi consciencieusement les références et les citations, les accumulant soit par la bande, soit par du name-dropping pur et dur, parvenir malgré tout à trouver son propre ton, absolument singulier. Non mais merde, je vais quand même le dire: le mec (David Robert Mitchell donc) parvient à créer un espèce de gigantesque mash up hitchocko-de palmo-polansko-altmano-lynchien (et j’en passe énormément donc) avec une aisance et une fluidité hallucinantes (le rythme est nonchalant, enveloppant). Un film de fétichiste, pour les fétichistes, qui réussit pourtant à créer un nombre incalculable d’images fortes, à la puissance d’évocation assez dingue. Allez, je vais le dire: à ce niveau là (la puissance d’évocation, la croyance dans l’image), ces dernières années, je retiendrai ce film et la saison 3 de Twin Peaks (je les mets pas sur un pied d’égalité, calme toi, je parle simplement de cet aspect là bien précis).

Under the Silver Lake remplit donc pleinement son cahier des charges « film de pop culture sur la pop culture ». La pop (culture), cet immense entreprise de recyclage permanent, cet éternel champ d’emprunts et de répétition, qui réussit pourtant comme par enchantement à se renouveler et à investir de nouveaux domaines, à trouver de nouvelles formes singulières ou de nouveaux chantres, de nouveaux souffles. Le film saisit et retranscrit ça de manière remarquable.

Mais ce film, aussi beau ou aussi pop soit-il, n’est pas qu’un imagier pour geek ou cinéphile hardcore.
En effet, Under the Silver Lake… bah rien du tout, je préfère ne rien dire. Ou pas grand chose : tu auras lu, peut-être, ou deviné, d’après la bande annonce, que l’intrigue est, peu ou prou, celle d’une enquête qui mène son héros de cercle interlope en personnage excentrique (Andrew Garfield, qu’on a d’abord un peu de mal à imaginer en glandeur t-shirt/slim/Converse mais qui se révèle impeccable, comme toujours), le plongeant dans un Los Angeles qui tiendrait à la fois du Grand Nulle Part (Ellroy) et de Mulholland Drive, du Hollywood de l’Âge d’or et de celui plus azimuté de notre époque. Voir à ce titre la fantastique bande originale de Richard Vreeland aka Disasterpeace, qui elle aussi parvient à conjuguer classicisme et modernité, nous emportant dans des océans de corde tantôt romanesques, tantôt angoissants (coucou Bernard Herrmann). Tout ça est vrai, mais c’est plus que ça (heureusement).

Éminemment contemporain dans sa capacité à la fois à formaliser et à théoriser la pop culture donc, Under the Silver Lake parvient également à saisir le monde de 2018 dans sa dimension à la fois ultra-technologique mais également païenne et décadente, voire apocalyptique: lors d’une soirée un personnage mentionne , une auteur de série prodige (elle a 12 ans…) qui selon lui, est celle qui saisit le mieux le zeitgeist, l’air du temps. David Robert Mitchell n’a plus 12 ans depuis longtemps mais il reste un jeune cinéaste (c’est son 3ème film seulement) et le clin d’oeil m’a paru évident. Difficile d’en dire plus là aussi, je préfère que tu vois le film vierge de tout.

J’étais à la fois très excité, très désireux de le voir ce film mais j’y croyais pas complètement: je pensais la marche trop haute pour David Robert Mitchell (Fenêtre sur cour + Le privé + Le grand sommeil + Mulholland Drive +… +…+ ad lib, vraiment?). Mais non, il est bon le con…
A chaud, encore, il me manque une pointe de romantisme, de romanesque, d’émotion tout simplement pour hisser Under the Silver Lake tout en haut de mon top 2018 mais le film parvient à fasciner, à imprimer durablement la rétine. Qu’est ce que ça fait du bien une telle croyance dans le Cinéma…

Budapest – avant-première Gaumont Wilson, Toulouse

Vincent et Arnaud ont beau avoir fait la plus grande école de commerce française, ils s’ennuient ferme dans leur travail. 
L’un, Vincent, travaille avec acharnement pour une multinationale sans aucune reconnaissance. L’autre, Arnaud, stagne dans la société du père de sa femme, Audrey. A l’occasion de l’enterrement de vie de garçon d’un de leurs amis, qui est un vrai échec, ils font la rencontre d’une strip-teaseuse qui leur parle de Budapest. Vincent a alors une idée qui va changer leur vie : créer une entreprise qui organise des enterrements de vie de garçon dans cette ville de débauche, où les boîtes de nuit pullulent, l’alcool coule à flots et la démesure est au rendez-vous.
Après avoir abandonné leur emploi, et emprunté beaucoup d’argent, Vincent et Arnaud se lancent. Avec l’aide de Georgio, un expatrié qui leur a fait découvrir les « trésors cachés » de Budapest, ils créent l’agence de voyage « Crazy Trips ».
Après des débuts hésitants, « Crazy Trips » envoie de plus en plus de clients à Budapest, pour y faire la fête arrosée à la palinka, danser enchaînés à des stripteaseuses, mais aussi profiter de certaines activités offertes par ce pays d’ex-URSS comme conduire des tanks et tirer à la kalachnikov sur des cibles. Mais cette aventure entrepreneuriale va bouleverser l’existence de Vincent et Arnaud. Car cette nouvelle vie entre Paris et Budapest mettra à l’épreuve à la fois leur amitié fraternelle, mais aussi leur couple. Et ils vont se confronter aux risques du métier…(Allociné)

Trop long ce pitch…

En quelques mots pour les impatients : Budapest raconte l’histoire (vraie) de 2 amis qui décident d’organiser des séjours-EVG à Budapest parce que c’est moins cher et donc plus rentable qu’à Paris, Londres ou même Berlin (« c’est Berlin mais gratos! » dit à un moment le personnage interprété par Jonathan Cohen).

On va pas se mentir : malgré toute la sympathie que peuvent inspirer ses 3 interprètes principaux, elle fait peur cette bande-annonce. Genre de Very Bad Trip à la française tro délir, elle laisse en outre craindre sinon une apologie, du moins une utilisation/mise en scène légère de l’un des trucs les plus beaufs et cons devenus à la mode ces dernières années : les « packs » EVG (séjours enterrement de vie de garçon incluant vol, hôtel, activités, beuverie etc etc). Bonus glauquerie si organisé dans un pays de l’Est, avec tout ce que ça implique en termes de fantasmes cheap et malsains.

Mais, justement, il est là le truc : les 3 interprètes principaux. Manu Payet, Monsieur Poulpe, Jonathan Cohen, soit 3 des meilleurs keumiques/acteurs de comédie apparus ces dernières années en France. C’est évidemment pour eux avant tout que je me suis rendu à l’avant-première de Budapest, avec malgré tout l’espoir également que le film ne serait pas

exactement conforme à sa bande-annonce.

Eh ben j’ai pas été déçu : sans être exempte de lourdeurs, longueurs, facilités voire complaisances, Budapest est une comédie qui réserve régulièrement de très bons gags/moments/répliques. Pas tout à fait le véhicule hétéro-beauf redouté donc.

Pas tout à fait mais un peu quand même : Payet (qui a co-écrit le film et devait le réaliser à la base; c’est finalement, et étonnamment Xavier Gens, réalisateur notamment de Hitman, qui s’y est collé) explique à son issue avoir voulu raconter une success story française et ça n’est évidemment pas un hasard s’il a choisi l’histoire des 2 fondateurs de Crazy Nights (rebaptisé en « Crazy Trips » dans le film) plutôt que celle de Michel et Augustin (comme il lui a été suggéré par une spectatrice). Il l’a dit lui-même avec humour et honnêteté, les conflits et enjeux au centre du projet de 2 gars qui montent ce type d’entreprise sont un poil plus intéressants que ceux de 2 types qui se demandent avant tout s’il faut rajouter du beurre ou du chocolat dans leurs cookies.

Donc Budapest se met en mode success story et ne remet pas vraiment en cause le fait que les mecs se fassent du blé en alimentant les fantasmes à base de putes de l’Est (disons les choses comme elles sont) de jeunes mecs en mal de sensation fortes ( ?) … mais un peu malgré tout : c’est là que le film se montre plus fin que ce qu’on peut légitimement craindre à la lecture de son pitch et en voyant sa bande annonce. En effet, cette dernière occulte notamment les personnages des 2 compagnes des héros (excellentes Alice Belaidi et Alix Poisson, interprètes des épouses de Manu Payet et Jonathan Cohen respectivement). Elles apportent constamment un contrepoint aussi salutaire que pertinent, révélateur du fait que les auteurs et le réalisateur ne sont pas dupes ni complices. D’ailleurs, au bout du compte, Budapest ne joue finalement pas tant que ça sur les clichés des bonnasses-du-Danube et c’est évidemment à mettre à son crédit. Voir également la peinture assez fine de l’évolution, en parallèle des 2 couples (même si celle du couple Cohen/Poisson n’échappe pas à certains clichés justement).

J’aurais bien aimé leur poser la question ceci dit, pour avoir le fin mot de l’histoire (au-delà du fait que c’est sans doute un bon terreau pour une comédie, ils en pensent quoi au fond des EVGs de ce genre?), j’étais dans les starting-blocks mais j’étais évidemment pas le seul, tous les spectateurs qui le souhaitaient n’ont pas pu avoir la parole, loin s’en faut.

Ceci étant, fin de la parenthèse fond-du-film: ça reste une pure comédie et dans ce registre seul, Budapest réserve de très bons moments dus notamment à l’abattage, à la complicité évidente et au talent de ses 3 interprètes principaux, encore eux. Comme dans Radiostars ou Situation amoureuse c’est compliqué, autres comédies auxquelles Payet a largement contribué et dans le registre desquelles Budapest se situe par bien des aspects, on sent le mec vraiment à l’aise dans les scènes à 2 ou 3 qui racontent l’amitié, la complicité, à base de petits détails anodins, de petites annotations qui mises bout à bout créent un ton et font la valeur de son écriture. Enfin, tout ça pour dire que le mec a du talent, c’est évident, et qu’il a trouvé en Jonathan Cohen et Monsieur Poulpe (dans un registre davantage électron libre) des partenaires de jeu idéaux.

Bonne surprise donc même si je conseillerais pas le film à tout le monde: c’est parfois très cru, de manière très naturelle d’ailleurs, encore un bon point, mais du coup ça plaira évidemment pas à tout le monde.

Après la séance, Manu Payet et Monsieur Poulpe se sont livrés au traditionnel exercice des questions-réponses avec le public : malgré la lassitude de fin de tournée (qu’ils ont eux-mêmes confessée), ils n’en ont rien laissé paraître et se sont montrés égaux à l’image qu’on peut avoir d’eux à savoir disponibles, drôles, alertes. Ils nous ont même gratifié d’un mini-sketch sur le mode vrai-faux incident en direct live, très drôle. Questions sur le film pour faire gagner quelques cadeaux, vannage des spectateurs, auto-vannage, ils ont fait le show et c’était aussi réussi qu’agréable.

Après 45 bonnes minutes, ils se sont livrés au désormais traditionnel exercice des selfies avec le public. Très pros sans en avoir l’air là aussi.
Chouette soirée donc.