John Wick 2 – critique

John Wick est forcé de sortir de sa retraite volontaire par un de ses ex-associés qui cherche à prendre le contrôle d’une mystérieuse confrérie de tueurs internationaux. Parce qu’il est lié à cet homme par un serment, John se rend à Rome, où il va devoir affronter certains des tueurs les plus dangereux du monde. (Allociné)

Avant d’aller voir celui-ci en salle, j’ai regardé ce weekend le 1er volet qui, aussi incroyable que ça puisse paraître, s’intitule John Wick.

John Wick, c’est pas bien compliqué. Il s’agit d’une classique histoire de hit man rangé de la ferraille qui reprend du service parce qu’un petit con a osé toucher à ce qu’il avait de plus précieux : sa voiture (une sublime Ford Mustang 1969) et surtout son chien, cadeau posthume de sa femme décédée. Le petit con en question c’est Alfie « Theon Greyjoy » Allen, qui a donc le chic pour interpréter les têtes à claques expiatoires.

John Wick excelle à 2 niveaux selon moi : il parvient tout d’abord en quelques minutes, si ce n’est quelques plans, à créer toute une mythologie non seulement autour de son principal protagoniste (qui, aussi étonnant cela soit-il, se nomme John Wick), tueur à gages légendaire et invincible dont les bad guys se racontent les prouesses pour se faire peur, mais également sur tout cet univers de malfrats, mafieux, tueurs en tout genres etc, qui semblent vivre dans un véritable univers parallèle au notre : ils ont leur hôtel/bar/restaurant/night club au coeur de New-York, leur monnaie (de mystérieuses et magnifiques pièces d’or), leurs « gens » (garagiste, nettoyeurs), leurs règles et code d’honneur etc. C’est là où le film rappelle un poil Matrix (ce sont 2 anciens de la franchise qui l’ont créé) mais ça s’arrête heureusement là. Ce monde souterrain est tellement bien évoqué en vérité, il a une telle épaisseur, que j’avais la certitude que le film était l’adaptation d’une bd : pas du tout, il s’agit d’une création pure pour le cinéma, ce qui soit dit en passant, à l’heure où quasiment tous les films d’action et blockbusters sont des remakes, suites ou prequels, est déjà notable.

Si j’avais le sentiment que le film était adapté d’une bd, c’est qu’il est également très codifié graphiquement et formellement : un fort parfum de série B, avec des bad guys qui évoluent dans tout le décorum tape à l’œil qu’on leur prête volontiers, et en face,  untueur repenti et classieux, taciturne, méthodique, qui vit dans une maison très contemporaine, type maison d’architecte.
C’est ici qu’il faut évoquer son interprète : acteur limité au visage étrangement lisse voire lissé (au sens propre), Keanu Reeves dégage également une certaine coolitude qui sied parfaitement au personnage de John Wick. Il a très peu de dialogues et s’exprime essentiellement à travers ses flingues, sans pour autant singer l’Homme Sans Nom de Sergio Leone (puisqu’il en a un de nom: John Wick. C’est aussi le titre du film). Je n’irai pas jusqu’à dire que Reeves incarne avec brio un nouveau type de héros, puisque ce dernier est extrêmement archétypal, mais il s’acquitte parfaitement de la tâche qu’on lui demande d’accomplir. Contre toute attente suis-je tenté d’ajouter puisque je l’aurais jamais imaginé dans ce rôle (ni dans aucun autre en fait mais c’est un autre problème).

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Ce qui distingue également et surtout le film du tout venant shoot them up, c’est sa mise en scène : si le scenario est, encore une fois, d’une simplicité biblique (plusieurs scènes de canardage qui vont crescendo et où il convient de liquider tout le monde avant d’affronter le boss de fin), le filmage est franc, élégant. Il doit autant à John Woo qu’aux jeux videos et pas du tout aux canons aujourd’hui en vigueur du 15 plans/15 angles différents à la seconde (coucou Paul Greengrass).
Il n’est ainsi pas rare que la plus spectaculaire scène d’action soit uniquement découpée en 3 plans, voire 2 voire même en plan séquence. Et ça c’est évidemment un énooooooooooooooorme kif : malgré la profusion de coups portés et d’hommes de main à abattre (tous extrêmement expendables, ça va de soi) tout est extrêmement lisible, limpide (on peut légitimement parler de chorégraphie), ce qui en outre ajoute au réalisme de la violence graphique.

Tout ça est valable pour le 1er volet (je rappelle ici qu’il s’intitule John Wick) mais également pour le second (souviens toi : John Wick 2) qui constitue une suite modèle. A savoir plus de moyens, plus de décors, plus de bad guys, plus de second degré : le film est construit sur des archétypes et des clichés, il en a constamment conscience et il en joue intelligemment, sans jamais verser dans l’auto-dérision forcenée ou pire, dans la parodie.

Je ne suis pas toujours convaincu par le besoin, bien compréhensible, d’apporter un souffle nouveau à la recette du 1 : John Wick 2 prend le risque de faire pencher son héros du côté de James Bond et ça n’est pas très utile, le film n’étant jamais aussi jouissif et intéressant que lorsqu’il colle au plus près à son cahier des charges minimaliste.

Mais peu importe, ce sont des détails : dans une grande salle, sur un grand écran, c’est un film d’action popcorn et un plaisir même pas coupable comme je n’en avais pas connu depuis très longtemps. A tel point que je suis déjà impatient de voir le 3ème volet (plus que prévisible : inévitable). Au risque de m’avancer un tantinet, je miserais bien une piécette sur un titre du genre John Wick 3.

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