Fred Pallem & le Sacre du Tympan + Forever Pavot – Le Metronum, Toulouse

Affiche de rêve, on peut le dire, pour le Disquaire Day 2018 de Toulouse, dont le « thème » était François de Roubaix Fred Pallem & le Sacre du Tympan lui ont consacré un album, Forever Pavot en est l’un des plus dignes héritiers. A 5€80 le billet d’entrée, on croit même rêver…

Du coup, je suis très surpris de me joindre à une assistance relativement clairsemée là où je m’attendais à devoir jouer des coudes. Surpris et un peu désabusé, ou résigné : que cette double affiche, à ce prix là, dans ce qui est sans doute la salle la plus confortable de Toulouse (inaugurée en 2014, donc encore neuve pour ainsi dire, acoustique parfaite, ligne de métro qui mène directement à 200m de la salle etc.) attire aussi peu de monde… Je sais bien que le rock (au sens large) est le nouveau jazz mais putain… Bon, ça signifie qu’on peut s’installer tranquillement à l’avant de la salle, sans jouer des coudes encore une fois.

C’est Fred Pallem qui attaque. Si elle compte en son sein quelques fidèles, son Sacre du Tympan est une formation à composition variable : ce soir par exemple, on remarque notamment le clavier Vincent Taurelle que j’avais pu voir aux côtés de Air pour leur tournée 20 years et le Housse de Racket Victor Le Masne à la batterie. New Balance aux pieds, t-shirt Bitches Brew, Pallem est, de même que tout son groupe, en mode casual; davantage en tout cas que lors de pas mal de leurs prestations.

Ils attaquent à 5 « seulement » et malgré une salle à moitié vide à leur entrée en scène (ça va correctement se garnir petit à petit) on comprend tout de suite qu’ils sont pas venus pour beurrer les tartines : hyper en place d’emblée, ils balancent 2 premiers morceaux qui constituent une sorte de fantasme personnel, tout en claviers vintage et basse au médiator, entre Air, Burgalat… et de Roubaix évidemment, puisque la setlist est entièrement constituée de ses compositions. On peut dire que ça joue. Que ça joue TRES BIEN, et c’est un euphémisme. Régalade.

Manque un clavier sur la photo, Vincent Taurelle, il était un peu isolé sur la gauche. Et surtout, je sais pas cadrer.

Pallem introduit ensuite les 3 cuivres qui rejoignent le groupe sur scène et, logiquement, le concert passe encore la vitesse supérieure. Même si j’ai une petite préférence pour ce que le groupe propose en formation réduite, difficile de ne pas s’incliner devant tant de maîtrise, de musicalité… de talent, tout simplement. C’est même assez énorme en vérité, c’est pas tous les 4 matins qu’on a l’occasion d’assister à un concert de ce type et de cette qualité… Il y a quelque chose de profondément généreux dans la démarche de cet homme et de sa formation, qui s’attachent à mettre en valeur la musique des autres mais également à abattre les barrières entre rock, jazz, funk, soul etc. C’est beau.
Simple préférence personnelle là encore, je retiendrai notamment le génial medley de L’Homme orchestre, une de mes bo favorites de François de Roubaix. Piti piti pa.

Idem

Avant de quitter la scène sous des applaudissements très nourris, pour ne pas dire une véritable ovation bien méritée, Fred Pallem annonce Forever Pavot, « sans doute le meilleur groupe en France actuellement » pour reprendre ses propres mots.

Un gros quart d’heure plus tard, le quintet d’Emile Sornin doit donc doublement se montrer à la hauteur : du compliment, et d’une première partie pour le moins impressionnante.

Et comme précédemment, on comprend très vite que les gars ont parfaitement saisi le message : ça joue bien, TRES bien là aussi. Si la filiation avec de Roubaix, et la parenté avec le Sacre du Tympan sont évidents, Forever Pavot se situe dans un créneau plus « rock » (à défaut d’un meilleur terme), plus ouvertement psyché également : les morceaux (très majoritairement ceux du 2ème album, La Pantoufle) sont étirés jusqu’à l’absurde (la dimension Katerinesque de ce même 2ème album) et surtout joués de manière très agressive. Ca joue bien donc, mais surtout, ça joue méchant (quel son de guitare incroyable !). Super bassiste également, à la sympathique tête de rôliste, comme si l’un des potes nerds d’Hervé dans Les Beaux gosses, était devenu musicien. Petit plaisir perso de music nerd justement, il jouait sur la même Fender verte que Nicolas Godin de Air, ça fait plaisir, tsé.

Super prestation donc là aussi, agressive donc mais toujours souple et sur un mode très détendu: s’ils s’amusent à un moment d’avoir eu la pression de devoir passer après leurs talentueux aînés, ils n’ont jamais fait ressentir une quelconque tension ni concentration inhabituelles.  Juste énormément de talent là encore.
Le dernier morceau, Miguel El Salam (tiré du 1er album lui) , s’achève sur une longue jam assez dingue nous menant vers des rivages Airiens, voire Tame Impalaesques : loin de l’image de revivalistes pompidoliens à laquelle on les cantonne parfois, les gars de Forever Pavot sont avant tout des musiciens supérieurement doués et inspirés qui ne se fixent, eux non plus, aucune limite de style, de genre ou de format. Ca calme en tout cas.

Une bien belle soirée donc pour employer un nouvel euphémisme, et surtout le sentiment d’avoir été chanceux d’assister à un telle affiche.

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Juliette Armanet – Le Bikini, Toulouse

2ème passage à Toulouse en moins de 4 mois à peine pour la nouvelle Petite amie de la chanson française. Après le Metronum (salle moyenne) et le Bikini (salle moyenne + ), prochaine étape le Zenith sans doute. Elle aurait d’ailleurs très bien pu y jouer je pense : le Bikini affichait complet une semaine avant le concert et il a été malgré tout décidé de mettre quelques places supplémentaires en vente le jour même. Inédit en ce qui me concerne… Inédit aussi, de mémoire, les portes de la salle ont été laissées ouvertes pour qu’un maximum de personnes puissent assister au spectacle : de fait, pas mal se tenaient dans le sas séparant la salle du hall d’entrée… Tout ça pour dire que les Victoires de la Musique ont évidemment boosté le succès d’un album qui se portait déjà très bien.

Alors c’est pas du tout pour me justifier parce que j’aime vraiment beaucoup certains titres de l’album et que je comprends pas trop le backlash snobinard dont Juliette Armanet fait l’objet depuis quelques mois mais si j’ai choisi d’aller à ce concert, c’est aussi voire surtout parce que j’espérais y voir Ricky Hollywood en 1ère partie. Ricky Hollywood aka Stéphane Bellity, ma révélation française et un de mes albums favoris de l’an dernier, est batteur sur sa tournée et il en assure parfois la 1ère partie.

Mais pas ce soir à mon grand dam : apparemment un concours a été organisé et c’est un gus seul avec sa guitare et quelques effets qui apparaît sous mes yeux lorsque je pénètre dans un Bikini déjà bondé. De loin je trouve qu’il ressemble à Amir et c’est évidemment pas de bon augure. D’ailleurs le type reprend Dormir dehors de Daran et les chaises, c’est dire si on s’en cogne. Il remercie ensuite les organisateurs, Armanet, le Bikini, « surtout après l’explosion d’AZF, c’était pas facile de repartir sur un nouveau projet, c’est pas facile de reconstruire de la chaleur humaine ». Non, c’est pas facile. Un autre truc qui est pas facile : se produire sur scène.

L’entracte dure pratiquement trois quarts d’heure… C’est pourtant pas le genre de concert au cours duquel le bar va pouvoir écouler moult fûts : le public est plutôt jus de pomme. Très féminin évidemment, ça (me) change. Très Grazia. Ca n’empêche pas des odeurs corporelles pas très Petite amie de parvenir à mes narines pourtant pas très sensibles : quelqu’un profite de la forte densité et de la promiscuité pour se laisser aller. A plusieurs reprises. « I can taste it. On my tongue. »

Après quasiment 45 mns donc, le noir se fait et un morceau de Prince retentit (j’ignore lequel, je maîtrise mal le dossier) : le groupe entre en scène et se lance dans un instrumental funky/soft rock des plus moelleux. Les silhouettes des 4 musiciens se découpent sur un beau rideau lamé qui prendra des couleurs tantôt rouges, tantôt bleutées ou dorées : c’est tout simple et très réussi.

La védette les rejoint au bout de quelques mesures, en costume lamé elle aussi, sous une belle ovation. Après avoir salué, elle s’assied derrière son piano et se lance dans Manque d’amour, un de mes morceaux favoris de l’album. Balance approximative (ça sera vite corrigé) mais ça l’effectue. Le groupe est très compétent (euphémisme), bien rôdé (itou) et Juliette Armanet chante parfaitement dès les premières notes.

Ca restera sur ce mode pendant pratiquement 1h30 : incroyable qu’elle joue aussi longtemps avec un répertoire composé d’un seul album, plutôt court qui plus est. C’est bien. C’est tout ? Oui… C’est un peu le problème : c’est bien mais c’est seulement bien. Pas transcendant… Je suis sans doute pas assez fan pour être véritablement transporté j’imagine.

Sur Alexandre, elle fait monter sur scène un type prénommé Alexandre.

Bon, y a un petit truc qui me tient un peu à distance : c’est la distance précisément, qu’elle met parfois lors de sa prestation. Je ne parle pas de son stage banter, qui joue régulièrement sur l’auto-dérision mais de la dérision, du second degré qu’elle introduit dans son interprétation de certains morceaux: sur le superbe Star triste ou sur Samedi soir dans l’histoire, c’est comme si elle se sentait obligée d’en rajouter dans la gestuelle, les attitudes, les intonations, le jeu avec le public pour signifier que oui-ok-c’est-un-peu-cheesy-mais-c’est-un-peu-pour-rire-hein-attention.

C’est dommage selon moi. Sur l’album, on n’a pas cette distance justement, et pour cause, et c’est en partie ce qui fait sa réussite: les plans les plus retro, les morceaux les plus disco et les moins intimes a priori ne s’excusent jamais de l’être et c’est précisément parce qu’ils sont eux aussi exécutés avec la plus grande sincérité qu’ils fonctionnent. Je pinaille et c’est peut-être un sentiment tout personnel mais ça m’a empêché d’être pleinement « dedans » à plusieurs reprises.

Le groupe a quitté la scène sur une belle reprise du I feel it coming de The WeekndDaft Punk, francisée en « Je te sens venir (en moi) » (ça je suis moins sûr). La soirée s’est définitivement close sur une belle version piano-voix de A la folie, autre moment fort de Petite amie. Et c’était une belle soirée malgré tout.

Franz Ferdinand – Le Zénith, Toulouse

Une première en concert pour ce groupe que j’ai, non pas découvert évidemment, mais apprécié sur le tard, à l’occasion de son précédent album, Right Thoughts, Right Words, Right Actions (le 4ème).

Jusque là j’aimais bien mais sans plus. Les tubes quoi, viteuf.
En me penchant d’un peu plus près sur leur discographie (je suis tombé raide dingue du morceau Evil Eye, et de l’album qui l’accompagnait Right Thoughts etc donc), j’ai réalisé que des tubes, ils savaient faire que ça justement. Une efficacité redoutable, une science du riff et de la compo accrocheuse, accompagnés d’un sens visuel vraiment terrible : clips, pochettes, les mecs savent clairement ce qu’ils font, ils ont beaucoup de goût (un détour au stand de merchandising le confirme: tous les t-shirts et posters arborent de superbes visuels/graphismes). J’en suis arrivé à la conclusion que c’était un groupe assez sous-estimé, dont le seul tort est d’avoir obtenu 2-3 gros succès qui lui ont valu de se voir méprisé par les branchagas. Enfin, rien de nouveau.

La première partie est assurée par les excellents François and the Atlas Mountains. J’arrive 15 mns après qu’ils sont montés sur scène, ils la quittent 15 mns plus tard : 30 minutes de concert ?!?!? Putain, vive les grosses affiches dans les grandes salles… Heureusement je les avais déjà vus il y a quelques années (ici) mais j’en aurais bien repris une 2ème fois.

Et donc voilà le « problème »: le concert a lieu au Zenith et tout est calibré au possible. Ca se ressent également dans le public: très sage, limite familial, même si je suis agréablement surpris de voir beaucoup de jeunes, pas simplement des 30-40 ans (pas mal de très jeunes accompagnés par leurs parents aussi). Mais après la 1ère partie, 45 minutes d’attente : faut bien écouler bière et goodies… Et le public qui attend sagement (une majorité est installée dans les gradins), ne s’impatiente jamais, ne réclame pas l’arrivée de ses favoris. C’est pas un concert des Cramps mais merde… D’ailleurs y a des publicités RTL2 un peu partout.

J’arrête de faire mon connard, rien de nouveau là non plus. Je sais bien que c’est la règle du jeu et au fond je suis ravi qu’un groupe aussi créatif et intègre touche un si large public, très hétéroclite: la salle est vraiment bien garnie, je pensais pourtant le groupe un peu moins populaire depuis quelques années. Mais voilà, je suis pas trop habitué aux gros concerts dans les grandes salles, tout ce que ça implique me refroidit toujours un peu.

Après 45 minutes d’entracte donc, Alex Kapranos (cheveux peroxydés bof bof, costume noir cintré/chemise noire/bolo tie très classe) et ses acolytes arrivent enfin. D’entrée, le light show et le dispositif scénique sont superbes.

Ils sont 5: les 3 membres originaux (Kapranos et la section rythmique) plus 2 nouveaux censés remplacer le guitariste-lâcheur Nick McCarthy (parti peu après la tournée avec les Sparks).

Premier morceau: Always Ascending, ouverture impeccable et meilleur titre du nouvel album. Suivent The Dark of the Matinee et Do you want to ? histoire d’enfoncer le clou et de bien faire monter la sauce d’entrée : c’est peine perdue, le public est vraiment très sage… Puis 2 titres du nouvel album (-1 et -1) et le tubesque No You Girls (+3).

C’est un peu le schéma et le problème du concert : c’est terrible sur les tous les morceaux les plus anciens, assez plat sur les titres du nouvel album, leur moins bon. Pas mauvais non mais un peu plat, manque de mordant et d’inspiration. Et sur scène ça pardonne pas évidemment.

Après, la prestation est irréprochable : le groupe donne le change, avec notamment une belle énergie des 2 nouveaux, Kapranos fait le show et chante superbement et, je me répète, le dispositif scénique est vraiment superbe.

 

Sur le très énergique Michael, le public se réveille enfin et ça fait clairement décoller le concert même si l’excitation retombe encore sur les nouveaux morceaux. Take me out hystérique et superbe final sur le doublé Love Illumination/Ulysses. En rappel, le groupe joue Jacqueline qui n’était manifestement pas prévu mais réclamé par des fans. Sympâ. Il nous laisse, définitivement cette fois, sur This Fire.

Au final, c’était bieng. Pas génial, pas mémorable, conforme à ce à quoi je m’attendais pour un tel groupe dans une telle configuration mais bieng et c’est déjà pas mal.

Top albums 2017 – 2ème partie – Top 10

La 1ère partie du top ici.

10 Baxter Dury – Prince of Tears

Je n’avais été que partiellement convaincu par ses précédents albums (hormis le tout premier que j’aime beaucoup mais qui est dans un style assez différent de ce qu’il a adopté par la suite) mais ici j’aime tout, ou presque, et ce que j’aime, je l’aime très fort. Ca l’effectue toujours les albums de rupture…

 

9 Nev Cottee – Broken Flowers

Angleterre et coeurs brisés toujours avec une révélation en ce qui me concerne: tel un Richard Hawley qui aurait fait une fixette sur Gainsbourg, Nev Cottee écrit et interprète des chansons-vampires i.e. qu’il est formellement déconseillé d’écouter à Palavas en plein cagnard au mois d’août. Pense plutôt « fin de journée sombre et pluvieuses à Manchester« . C’est noir donc, mais c’est beau. Très beau même.

 

8 King Gizzard and the Lizard Wizard – Flying Microtonal Banana

Y a quelques années, Le Rock était incarné par Ty Segall, et avant lui par Thee Oh Sees qui eux-mêmes prenaient le relais des Queens of the Stone Age, White Stripes etc etc, à chaque époque son incarnation fulgurante et plus ou moins fugace. En 2017, y a pas, c’est King Gizzard and The Lizard Wizard les plus habités, les plus furieux et les plus talentueux. Ils ont donc sorti 5 albums cette année, tous excellents et tous, ou presque, différents les uns des autres. J’ai choisi celui-ci, le second paru cette année, car il représente selon moi une bonne porte d’entrée à leur garage-psych-prog-rock et que c’est celui que j’ai le plus écouté, tout simplement.

7 The Proper Ornaments – Foxhole

 

L’album de guitar-pop de l’année, trancoolos, et peut-être même l’album le plus évident de l’année. On peut penser que c’est pas très original et on aura pas forcément tort. On peut aussi penser que c’est une gageure de réaliser un tel album près de 50 ans après le Velvet, avec une telle fraîcheur, comme si le genre venait d’être inventé. En réalité je pense que c’est très fort. Pour info c’est les mêmes branlous qui sont derrière les chansons tout aussi impeccables d’Ultimate Painting.

 

6 Pugwash – Silverlake

L’invité de la dernière heure de 2017, y en a toujours un. Pugwash rentre en prime dans la catégorie je-connais-ça-me-plait-mais-j-ai-jamais-creusé-pourquoi-je-l-ai-pas-fait-avant-c-est-vraiment-génial-je-suis-trop-con. Je connaissais bien, et appréciais le travail de Thomas Walsh, leader irlandais de Pugwash, avec Neil Hannon au sein de The Duckworth Lewis Method, leur projet commun, mais je ne m’étais jamais jusqu’ici sérieusement intéressé à son propre travail. Et c’est fantastique, une orgie de classic pop inspirée et euphorisante, entre XTC et Jellyfish. D’ailleurs c’est produit par Jason Falkner. J’ai pas grand chose à dire de plus, c’est d’une telle évidence… Indispensable pour tout amateur de pop, tout simplement. Pochette dégueulasse en revanche, on est d’accord.

 

5 Ricky Hollywood – Le Modeste Album

Ricky Hollywood aka Stéphane Bellity est un personnage un peu insaisissable, auteur d’une production un peu anarchique et pas toujours facile à suivre (parue chez les intégristes de La Souterraine), actuellement batteur sur la tournée de Juliette Armanet. Pour situer. Son album s’essouffle un poil sur la seconde moitié je trouve mais la 1ère est vraiment formidable. Un modèle de pop française contemporaine, élégante, exigeante et populaire à la fois, faussement légère, digne héritière de 2 modèles assez évidents, Katerine et Bertrand Burgalat. D’ailleurs ce dernier prête sa voix à l’un des tubes de l’album et de l’année, L’Amour (peut-être).

 

4 Bertrand Burgalat – Les Choses qu’on ne peut dire à personne

Héros granderemisesque absolu (je rappelle que le blog tire son nom de l’une des innombrables merveilles qu’il a composées), Bertrand Burgalat jouit aujourd’hui, et enfin, d’une certaine reconnaissance : son influence est palpable chez de nombreux jeunes auteurs-compositeurs français (pas plus loin que le gars juste au-dessus dans ce top) et surtout, il est l’auteur de Diabétiquement vôtre, « un livre paru en 2015 qui a soufflé un vent de fraîcheur dans l’univers propret du diabète » selon le Huffington Post, et qui lui a valu d’être invité sur de nombreux plateaux télé. Reconnaissance par la bande donc mais reconnaissance quand même.
J’ai mis beaucoup de temps à apprécier son dernier album à sa juste valeur: je le trouvais bien mais « juste » bien, rien de particulier par rapport à tout ce qu’il avait fait auparavant. Y avait peut-être un peu de ce ressentiment idiot qu’ont les fans lorsqu’un de leurs artistes favoris accède à la notoriété après des années de vache maigre durant lesquelles ils faisaient partie des happy few. Je sais pas. Quoiqu’il en soit, si Les choses qu’on ne peut dire à personne n’apporte « objectivement » rien de neuf à ce que Bertrand Burgalat a enregistré jusqu’ici (comprendre: il s’est pas mis au death metal), il représente une synthèse absolument remarquable et très inspirée d’une carrière qui court désormais sur 25 ans. Mais il faut s’y plonger, s’y immerger pour se laisser doucement submerger par sa tendre mélancolie: sa durée (68 minutes) prend elle aussi le contre-pied de l’époque, c’est un album qui se mérite. Et qui le rend au centuple.

 

3 Phoenix – Ti Amo

J’y croyais plus trop honnêtement, je pensais même que c’était fini Phoenix… Qu’ils continueraient à sortir des albums et à tourner bien sûr mais sans génie, en ronronnant gentiment. Et puis en allant chercher leur inspiration du côté de l’Italie pré-Berlusconi (italo-disco, gelati, plages de Rimini, festival de San Remo, Illona Staller et tutti quanti), ils sortent un album quasiment aussi irrésistible que Wolfgang Amadeus Phoenix : que des tubes, dansant ou enjôleurs, avec une délicieuse et minuscule once de vulgarité, oh pas grand chose, juste ce qu’il faut pour les rendre gentiment subversifs.

 

1 Dent May – Across the Multiverse / Forever Pavot – La Pantoufle

Impossible de les départager, comme en 2014, d’autant que je les trouve là aussi complémentaires.

Je m’attarde un peu sur Dent May car il est encore largement méconnu en France.

C’est un auteur-compositeur originaire du Mississippi (2 s, 2 s, 2 p, c’est facile) et aujourd’hui installé à Los Angeles. Il s’est fait connaître il y a une dizaine d’années avec son 1er album entièrement joué au ukulele qu’il a sorti sous le nom de Dent May and His Magnificent Ukulele. Il s’est vite démodé et c’est dommage car c’est un excellent album. La vague ukulele s’étant fort heureusement échouée aussi vite qu’elle avait enflé, c’est un album qui s’écoute aujourd’hui encore super bien car il y a l’essentiel: les chansons.
Ne voulant pas être catalogué « dandy rigolo », Dent May a très rapidement changé son fusil d’épaule avec un album nettement plus electro, puis un 3ème plus classiquement pop.
C’est la tendance que confirme cet Across the multiverse qui est en réalité un véritable best of de pop californienne qui fait songer à la fois à Randy Newman, Harry Nilsson ou au yacht rock le plus classieux. C’est son album le plus « organique » et ça lui va très bien.
Il a changé de style pour quasiment tous ses albums mais il y a bien une constante chez Dent May, outre son talent pour trousser des petits tubes imparables, c’est sa personnalité de dandy 2.0 et d’observateur pince-sans-rire des mœurs de son époque.
Si on additionne tous ces éléments, on obtient un type et un artiste que j’apprécie énormément, à la fois ironique, détaché, élégant, drôle mais aussi très émouvant lorsqu’il fend l’armure. J’adore ce mec, vraiment et j’adore cet album, son meilleur et le plus indiqué si on veut découvrir son travail.

Forever Pavot commence lui à être plus connu, son dernier album a bénéficié de pas mal d’exposition.

On retrouve dans La Pantoufle ce qui a fait de Rhapsode, son premier album, une aussi belle réussite : une musique foncièrement cinématographique, dans le fond et dans la forme, puisque Emile Sornin se pose délibérément en héritier des grands compositeurs français des années 60-70, François de Roubaix en tête. Ici, c’est encore plus prononcé puisque le disque déroule quasiment un récit type film noir, autour de la disparition de cette fameuse pantoufle. Ca lui permet d’évoquer son enfance en Charente et ça le rapproche aussi, sur le fond et sur la forme, de Katerine. C’est donc à la fois beau, virtuose, drôle et un peu étrange voire inquiétant. Ca vole très haut en tout cas.

Bonne fêtes de fin d’année à toutes et à tous, rendez-vous après les vacances pour le top cinéma.

Top albums 2017 – 1ère partie

Des valeurs sûres, des confirmations, des révélations.

Sur le banc des remplaçants, prêts à enlever leur survêt et à entrer à tout moment:

Ty Segall

 

 

 

 

 

 

 

Un petit Ty Segall mais un petit regain de forme malgré tout et une de mes chansons préférées de l’année, Orange Color Queen.

LCD SoundsystemAmerican Dream

 

 

 

 

 

 

Un des albums plébiscités cette année et c’est mérité. Pas grand chose à dire de plus, c’est une évidence et c’est esstra.

Real EstateIn Mind

 

 

 

 

 

 

 

Jamais très bien compris toute la hype autour de ce groupe (je comprends d’ailleurs toujours pas vraiment) mais cet album-ci me plaît beaucoup.

The War on DrugsA Deeper Understanding

 

 

 

 

 

 

 

Toujours aussi beau mais toujours aussi claustro. Quand le disque se termine, j’ai envie d’aller voir la mer, comme si je sortais de taule.

Lana Del ReyLust For Life

 

 

 

 

 

Cette fille est vraiment sous-estimée et pâtit de la surexposition de ses débuts. C’est dommage et injuste car elle a beaucoup de talent et tous ses albums sont excellents.

C’est parti pour le top 20:

20 Beck – Colors

Evidemment, faut faire son deuil du Beck qu’on a connu dans les années 90 mais c’est fait depuis longtemps maintenant. Evidemment, y a 2-3 titres un peu embarrassants mais je trouve le reste super bien foutu et super accrocheur (Dreams, Colors, Dear Life notamment). Ca me suffit.

 

19 Juliette Armanet – Petite Amie

Ca démarre fort, très fort, trop fort sans doute, avec L’amour en solitaire, un classique instantané. Ca démérite pas par la suite mais c’est moins brillant. Carton mérité en tout cas même si avec de bons avocats, Véronique Sanson pourrait sans doute gratter quelques royalties. Enfin, je chipote, ça fait plaisir de constater que ce type de chanson française, aussi précise que populaire, trouve encore un écho.

 

18 Nick Power – Caravan

Un membre de The Coral, également romancier et poète, pour son 1er album en solo. Ca s’appelle Caravan car il l’a enregistré tout seul dans une caravane paumée dans le Nord du Pays de Galles. Du coup, c’est assez minimaliste voire famélique mais comme il fait partie de The Coral, il sait ce que c’est que d’écrire des chansons, mélodiques de préférence. Très joli donc.

 

17 Serpent Power – Electric Looneyland

Deux membres de The Coral pour leur 2ème album. Autant ci-dessus ça se démarque sensiblement, malgré un même goût pour les mélodies mélancoliques, autant ici ça pourrait être une suite à Distance Inbetween, l’album paru l’an dernier. En plus psyché mais c’est très proche. Et très bon.

 

16 Zombie Zombie – Livity

Psychédélisme toujours mais instrumental cette fois, tendance electro-kraut. Poisseux et planant à la fois, clinique et organique, immédiat et labyrinthique. Mystique. Fantastique. OK, j’arrête. Le duo (Etienne Jaumet et Cosmic Neman, ex-Herman Dune) a muté en trio avec l’addition du bon Docteur Schönberg. Ca ne change foncièrement pas grand chose depuis leurs débuts sur A Land for Renegades il y a bientôt 10 ans, et c’est tant mieux.

 

15 Grizzly Bear – Painted Ruins

Tu les avais oublié eux pas vrai ? Voire même tu ignorais qu’ils avaient sorti un album cette année, je me trompe ? J’ai la nette impression que Painted Ruins est passé complètement inaperçu, un peu comme le Crack-Up de leurs potes de Fleet Foxes d’ailleurs. C’est dommage… (pour Grizzly Bear, le Fleet Foxes m’ennuie profondément). Painted Ruins est un album qui me bluffe un peu plus à chaque fois que je l’écoute. Le problème c’est qu’à chaque écoute également, j’ai un peu de mal à aller jusqu’au bout… Les new-yorkais ont peut-être opté pour un son plus musclé, voire pêchu, ils n’ont rien cédé concernant leur penchant pour les harmonies, rythmiques et mélodies complexes et leur pop cérébrale m’ennuie un peu sur la longueur. Mais c’est quand même très brillant tout ça…

 

14 Kelley Stoltz – Que aura

Héros granderemisesque s’il en est, Kelley Stoltz m’avait un peu déçu avec son précédent album (In Triangle Time), sur lequel il renouait de manière un peu maladroite à mon goût avec ses amours new wave. Que aura est beaucoup plus fluide et abouti, une synthèse impeccable de ses 2 influences majeures: la new wave donc, et la pop des années 60. Echo and the BunnyKinks.

 

13 Orval Carlos Sibelius – Ordre et Progrès

Membre de la talentueuse écurie Born Bad Records à l’instar de Forever Pavot ou Dorian Pimpernel, 2 autres de mes chouchous French pop actuels, Orval Carlos Sibelius est lui aussi un esthète pop à la fois aimable et déviant, et son dernier album un objet aussi confortable que malaisant (ça parle quand même pas mal de dépression et de suicide tout du long). Ca sinue, ça chausse-trappe, ça coq à l’âne de manière toujours très ludique et inventive. Ca me fait beaucoup penser, dans la démarche sinon dans la forme, à Fed de Plush, autre avatar d’une pop orchestrale à guitare (si si, ça existe) aussi évidente qu’étrange.

 

12 Wesley Gonzalez – Excellent Musician

Déjà, le mec a un patronyme qui claque : il pourrait être surfer californien ou gitan. Mais non, il est anglais (il y a des gitans anglais bien sûr, c’est pas la question). Ce qui le prédispose à brillamment raconter son quotidien, ses vacances en Espagne, sa virée à Amsterdam, ou encore la fois où il a défoncé un serpent trouvé dans le jardin de la maison de ses parents. L’Angleterre. Biberonné à la mélodie qui tue comme tout bon sujet de sa majesté qui se respecte, Wesley Gonzalez souffle avec fougue et fraîcheur sur les cendres à peine refroidies du post punk et de la new wave à guitare (pense Elvis Costello, pense Madness, pense Joe Jackson). Et il les ravive. Les cendres.

 

11 Foxygen – Hang

Album sorti en début d’année = album négligé. Si on ajoute à ça le fait que Foxygen fatigue déjà un peu tout le monde par son hystérie et son jemenfoutisme caractérisés… C’est dommage, Hang est un bel album dans le genre pop opulente et camp. Pour situer. C’est produit par Matthew E. White.

Ty Segall + Destination Lonely + Slift + Les Soldes – Le Bikini, Toulouse

4ème concert de Ty Segall en 3 ans, c’est pas mal. Evidemment, quand on sort en moyenne et au minimum 1 album par an, on tourne beaucoup. Et Ty Segall tourne beaucoup. Et je l’aime beaucoup.

Cette fois c’était dans le cadre d’un mini festival garage qui se tient chaque année au Bikini.

Les Soldes pour démarrer la soirée, pas vus. J’arrive sur Destination Lonely qui remplace Yonatan Gat. Je suis pas en super forme et le son m’agresse littéralement, je sors boire un verre illico. Ce qui m’arrive aux oreilles depuis l’extérieur me donne pas franchement envie de retourner dans la salle.

Puis c’est au tour de Slift de prendre la scène.

Ce que j’ai entendu d’eux, entre Thee Oh Sees et King Gizzard m’a bien plu, je suis curieux de voir ce que ça donne sur scène. Et là, la grosse baffe : un power trio à l’ancienne, hyper en place, hyper précis, qui déroule pendant 45 minutes un garage-psyche certes pas bien original (Thee Oh Sees/King Gizzard encore une fois) mais super prenant et super efficace. Les compos sont pas toujours au rendez-vous mais le groove est là, tendance kraut, et le guitariste joue merveilleusement de tous les effets dont il dispose. Limite ils pourraient jouer que des instrus pendant 1h sans que ça gênerait personne. Ca headbangue, ça slamme, ça ovationne: les mecs ont fait un gros carton auprès du public et c’était foutrement mérité.

Ty Segall était évidemment la tête d’affiche. Il jouait pour soutenir son album sobrement intitulé Ty Segall sorti en début d’année, en compagnie d’une « nouvelle » formation nommée The Freedom Band. J’utilise des guillemets car on y retrouve 2 de ses plus fidèles acolytes: le beau Mikal Cronin à la basse comme toujours, et le très chevelu Charles Moothart, à la batterie cette fois (il est habituellement guitariste). La seconde guitare était tenue par le trop méconnu Emmett Kelly, un type qui mène habituellement l’excellent Cairo Gang, formation acoustique ayant notamment accompagné Bonnie ‘Prince’ Billy (versatile le mec donc). Au clavier, le dénommé Ben Boye qui a également joué avec Will Oldham ou Riley Walker par exemple.

« The Freedom Band », ça ressemble à un nom de groupe américain late 60s et les 20 premières minutes du concert, géniales, le confirment : Ty Segall n’a pas son pareil pour incarner le rock le plus électrique et l’enchaînement des 5 premiers titres, dont 2 nouveaux (Alta et Fanny), laissent entrevoir un grand concert de rock américain encore, qui balaierait aussi bien les Stooges que le Grateful Dead, le Jimi Hendrix Experience ou MC5.

Mais après un Finger d’une violence assez dingue, ça se délite sérieusement et ça prend les travers… du rock américain late 60s: The Warm Hand, long morceau déjà un peu pénible sur l’album sorti cette année est ici carrément insupportable. Une longue jam complaisante où chacun y va de sa petite impro, pffff… C’est d’un chiant. Pas mal de gens reculent dans la salle voire se barrent. Carrément. Ca continue un moment sur ce mode là: le groupe est très détendu, il a l’air de bien s’amuser, nous un peu moins.

Le concert reprend un peu de tenue grâce à des morceaux plus anciens type Caesar mais c’est pas ça… Je suis vraiment pas en grande forme, ça joue beaucoup mais tout ça est bien trop auto-complaisant encore une fois. Feel, l’un des moments forts des concerts de Ty Segall depuis 3-4 ans, sinon LE moment fort, est ré-arrangé dans une version plus lente et syncopée qui le vide de toute sa sauvagerie. Sur son final, il change d’instrument avec Moothart et passe donc derrière la batterie, l’autre empoignant une guitare. Et on s’en fout.

J’ai l’impression que Ty Segall se cherche depuis Manipulator ou plutôt qu’il cherche à proposer autre chose que ce qui l’a mis sur le devant de la scène. Il ne veut pas s’enfermer dans le créneau garage-glam-pop qu’il a investi et dans lequel son talent s’épanouit le mieux selon moi, et c’est tout à son honneur mais le fait est que ce qu’il enregistre depuis est moins abouti, moins intéressant. On a l’impression qu’il se force à saloper ses chansons, qu’il fait tout son possible pour les rendre moins évidentes alors que précisément, lorsqu’il les peaufine, ça donne des classiques tel que le sublime Orange Colour Queen de ce début d’année. Qui démontre qu’il a suffisamment de ressources et surtout de talent pour qu’on ne s’en fasse pas à son sujet.

Top 100 albums

La liste complète, pour les plus psychopathes archivistes d’entre vous. Evidemment, aujourd’hui i.e. 4 ans et demi après avoir lancé le truc, j’en changerais un bon quart m’enfin… Comme dirait Michel, « et qu’on n’en parle plus« .

#1 18 Wheeler – Twin Action

#2 Air – The Virgin Suicides OST

#3 Alfie – Do You Imagine Things?

#4 The Best of Badfinger

#5 The Beach Boys – Pet Sounds

#6 Beachwood Sparks

#7 The Beatles – Rubber Soul

#8 The Beatles – Revolver

#9 The Beatles – Abbey Road

#10 Beck – Odelay

#11 Belle and Sebastian – If You’re Feeling Sinister

#12 Big Star – #1 Record/Radio City

#13 Black Mountain – In the Future

#14 Bonnie « Prince » Billy – Lie Down in the Light

#15 David Bowie – Hunky Dory

#16 Bertrand Burgalat – Meets AS Dragon

#17 The Byrds – Sweetheart of the Rodeo

#18 Cardinal

#19 Gene Clark – No Other

#20 The Coral – Magic and Medicine

#21 Creedence Clearwater Revival – Green River

#22 John Cunningham – Homeless House

#23 Richard Davies – Telegraph

#24 The Delgados – Hate

#25 Denim – Back in Denim

#26 The Diggers – Mount Everest

#27 The Divine Comedy – Liberation

#28 Nick Drake – Five Leaves Left

#29 Jason Falkner – Presents Author Unknown

#30 The Flaming Lips – Yoshimi Battles the Pink Robots

#31 Flotation Toy Warning – Bluffer’s Guide to the Flight Deck

#32 The Flying Burrito Bros – The Gilded Palace of Sin

#33 Serge Gainsbourg – Histoire de Melody Nelson

#34 Gorky’s Zygotic Mynci – How I Long to Feel That Summer in My Heart

#35 Richard Hawley

#36 The Heavy Blinkers – The Night and I Are Still So Young

#37 The High Llamas – Hawaii

#38 High Llamas – Buzzle Bee

#39 The High Llamas – Beet, Maize and Corn

#40 Michel Houellebecq – Présence Humaine

#41 The Jayhawks – Tomorrow The Green Grass

#42 Jean-Louis Murat, Fred Jimenez, Jennifer Charles – A Bird on a Poire

#43 Antonio Carlos Jobim – The Composer of Desafinado, Plays

#44 Katerine – 8ème ciel

#45 The Keys

#46 The Kingsbury Manx

#47 The Kinks – Are the Village Green Preservation Society

#48 The Kinks – Lola versus Powerman and the Moneygoround

#49 Sondre Lerche – Faces Down

#50 Linus of Hollywood – Your Favorite Record

#51 April March – Triggers

#52 Eric Matthews – The Lateness of the Hour

#53 Mellow – Dragonfly

#54 Mercury Rev – Deserter’s Song

#55 The Millennium – Begin

#56 Mogwai – Government Commissions

#57 The Moog Cookbook – Ye Olde Space Band

#58 Roger Nichols and the Small Circle of Friends

#59 Harry Nilsson – Aerial Ballet

#60 Harry Nilsson – Harry

#61 Harry Nilsson – Nilsson Sings Newman

#62 Jim Noir

#63 The Olivia Tremor Control – Music from the Unrealized Film Script: Dusk at Cubist Castle

#64 Gram Parsons – GP / Grievous Angel

#65 Phoenix – United

#66 Pixies – Trompe le Monde

#67 Plush – More You Becomes You

#68 Plush – Fed

#69 The Polyphonic Spree – Together We’re Heavy

#70 Pulp – We Love Life

#71 The Raspberries – Collectors Series

#72 Emitt Rhodes

#73 Rob – Don’t Kill

#74 Todd Rundgren – Something/Anything?

#75 Sagittarius – Present Tense

#76 The Sleepy Jackson – Lovers

#77 Sloan – Between the Bridges

#78 Elliott Smith – Figure 8

#79 The Smiths – Strangeways, Here We Come

#80 Smog – A River Ain’t Too Much to Love

#81 The Sneetches – Sometimes That’s All We Have

#82 Spiritualized – Let It Come Down

#83 Steely Dan – Can’t Buy a Thrill

#84 Stereolab – Dots and Loops

#85 Kelley Stoltz – Circular Sounds

#86 The Stone Roses

#87 Super Furry Animals – Radiator

#88 Super Furry Animals – Phantom Power

#89 Supergrass – In It for the Money

#90 T-Rex: The Slider

#91 Teenage Fanclub – Bandwagonesque

#92 Teenage Fanclub – Songs From Northern Britain

#93 Sébastien Tellier – Sexuality

#94 Van Dyke Parks – Idiosyncratic Path: The Best Of Van Dyke Parks

#95 Dionne Warwick – Sings the Bacharach & David Songbook

#96 Ween – Chocolate and Cheese

#97 Wilco – A Ghost Is Born

#98 Neil Young – Everybody Knows This Is Nowhere

#99 Neil Young – Zuma

#100 The Zombies – Odessey and Oracle