Santiago Bernabeu

Il m’a fallu un petit peu plus de 30 ans mais le weekend dernier, je suis enfin allé voir un match de mi Madrid au Santiago Bernabeu. Le Real et moi, j’en ai parlé dans cet article.

Ce qui m’a frappé en sortant du métro, c’est que le stade est tellement intégré au paysage urbain qu’on ne le remarque pas vraiment. Ma première impression a été celle d’un immense immeuble entouré d’autres immenses immeubles, pas celle d’un stade. Ou alors il faut débarquer d’un autre endroit pour en saisir pleinement la nature de stade. Ou encore j’étais trop excité/ému pour avoir la vue claire, c’est possible aussi.
Parce que bon, après tout ce temps, tous ces matches, toute cette souffrance consentie, si ce n’est chérie, toutes ses joies aussi, quand même (j’ai vécu 6 victoires en Ligue des Champions bordel !) se retrouver enfin là devant… Grosse émotion.

Alors il faut être honnête, tout n’est pas rose (ou plutôt blanc) :

– quand on arrive bien à l’avance comme tout bon novice qui se respecte (j’étais excité), on réalise pleinement que Santiago Bernabeu/le Real Madrid aujourd’hui, c’est un peu (beaucoup) Disneyland, avec les hordes de fans/touristes étrangers venus instagramer leur Real Madrid experience et laisser leur pognon dans tous les goodies possibles et imaginables (et on t’en vend des merdes je te prie de croire). Bravo Florentino, t’as fait du bon boulot.
Bon, c’est le lot de tous les plus grands clubs j’imagine, et le mes que un club, malgré la mesqueunclubitude dont il se vante tant, n’y échappe pas lui non plus. Mais le Real Madrid, institution universaliste s’il en est, doit, j’imagine, exploser tous les records à ce niveau-là. Ainsi, beaucoup de Russes et de Chinois notamment, sans trop de surprise, traînent autour du stade mais aussi beaucoup de Sud-Américains. Pas mal de Britanniques floqués « Bale« aussi (il joue pas puisqu’il est évidemment encore blessé). Les maillots des Espagnols quant à eux portent majoritairement les noms de Ramos, d’Isco et d’Asensio, la nouvelle idole (blessé lui aussi).

– Il faut dire en outre que c’est compliqué de choper une place. Il faut passer par un prestataire intermédiaire qui ne l’obtient (la place) qu’au dernier moment: je l’ai eue la veille au soir seulement et il n’est pas rare de la recevoir en mains propres le jour même du match.
En fait ces places là (celles que les pékins comme toi ou moi peuvent parfois acheter) sont celles d’abonnés qui ne se rendront pas au stade. D’où mon ciblage d’une affiche moins intéressante (Malaga, 19ème avant la rencontre): pour un match contre l’Atletico, le Barca ou le Bayern, il doit falloir passer par le roi d’Espagne si on est pas abonné.

– Conséquence logique et directe du point ci-dessus: ça coûte une blinde. Pour un ToulouseGuingamp, c’est limite si on te paie pas. Là non, clairement. Bim.

Ramos est blessé (Lucas Hernandez lui a pété le nez lors du derby contre l’Atletico le weekend précédent).

Modric sur le banc. Ca ça me fait vraiment chier, davantage que les absences de Ramos ou Asensio car c’est mon joueur préféré dans l’effectif de ces dernières années.

MAIS MAIS MAIS

Le Real ça n’est pas QUE Disneyland évidemment. C’est un club plus que centenaire dont la légende n’est plus à écrire depuis plus d’un demi-siècle et dont bon nombre de traditions ont été maintenues malgré tout.

Et c’est mon club, tout simplement.

Du coup, je laisse tout ça facilement de côté lorsque je pénètre enfin dans l’enceinte (je suis arrivé une bonne demie-heure avant l’ouverture des portes. J’étais excité) :

– Le stade est magnifique, à la fois gigantesque et étrangement accessible. C’est aussi dû au fait que je suis placé pas loin d’un poteau de corner, donc relativement près de la pelouse. Mais curieusement, j’ai eu du mal à concevoir qu’il pouvait accueillir plus de 80 000 personnes, ce qui est pourtant le cas. Pour situer, Santiago Bernabeu peut donc accueillir la population de Béziers, Antibes, La Rochelle ou Pau. Avec un peu de marge. C’est pas le plus grand stade du monde évidemment (le Camp Nou a une capacité supérieure pour ne citer que lui) mais c’est con, je l’avais jamais envisagé de cette manière. Sans doute parce que je n’y avais jamais mis les pieds.

– Il est entièrement blanc et bleu, soit les couleurs du club: les aberrations chromatiques des tenues away et third de ces dernières années ne l’ont pas encore contaminé, ça fait plaisir. Tout comme on ne parle plus de naming pour l’instant, même si je ne me fais pas d’illusion.

– Les joueurs sont venus s’échauffer de mon côté. Non seulement sur « mon » but mais près du poteau de corner devant lequel j’étais installé ! Ca c’était vraiment super cool car bien sûr inattendu, n’ayant pas pu choisir l’endroit où je serais assis exactement:

Sans surprise, Marcelo a été le seul joueur, avec Isco, à saluer les supporters présents lors de l’échauffement
Les 10 joueurs de champ du jour, de gauche à droite (Kiko Casilla était gardien ce jour-là, Keylor Navas revenant à peine de blessure): Benzema, Isco, Marcelo, Ronaldo, Casemiro, Varane, Carvajal, Lucas Vazquez, Kroos, Vallejo. En survet noir au milieu des joueurs, David Bettoni, fidèle bras droit de Zidane.

– Le stade est à moitié vide 5 mns avant le coup d’envoi, puis tout à coup presque plein (75 000 spectateurs pour recevoir l’avant-dernier au classement quand même!)

Tout le monde n’est pas encore installé lorsque les 2 équipes entrent sur le terrain

– Un stade qui siffle pas mal CR7 à l’annonce de la composition des équipes. Petit plaisir perso. Benzema a droit à quelques sifflets également, Zidane à des applaudissements nourris. Belle ovation enfin pour Michel, ancienne gloire de la casa blanca (et accessoirement mon idole footballistique éternelle), c’était prévisible: il fait partie de ces anciens joueurs dont la fidélité au Real n’a jamais été démentie.

– Un stade de 80 000 personnes qui ronronne gentiment la plupart du temps et rugit tout à coup pour un enchaînement de Marcelo, un crochet d’Isco ou un tacle de Carvajal. C’est la réputation de Santiago Bernabeu et ce à quoi je m’attendais (un public de gâtés pourris qui ne s’enflamme pas à le demande mais choisit ses moments), je n’ai pas été déçu: rarement « vu » autant de monde rassemblé dans un si petit espace faire si peu de bruit. Mais quand ça se réveille, c’est impressionnant. J’ose pas imaginer ce que c’est lors des grosses affiches européennes contre la Juve ou le Bayern.

– Et pour cause: les spectateurs occasionnels tels que moi sont malgré tout minoritaires. Le club compte près de 80 000 abonnés dont plein de vieux socios qui débarquent avec leur coussin et leur paquet de pipas, qui discutent de tout et de rien, débrifent la semaine (l’actualité du club mais aussi la leur) donnent l’impression de se foutre de ce qui se passe sur le terrain mais n’en loupent pas une et réagissent au quart de tour dès qu’il se passe quelque chose de notable (surtout côté arbitral évidemment).

Toni Kroos, numéro 3 de mon top 3 joueurs préférés de l’effectif 2017 (1. Modric 2. Marcelo 3. Kroos) est venu taper un corner de mon côté. Du coup j’ai dérogé à ma règle de ne pas prendre de photo pendant le mach

– Le Real a été nul et le match moyen mais y a eu du suspense et j’ai vu 5 buts. Ca s’annonçait facile après l’ouverture du score rapide de Benzema mais Malaga est revenu 2 fois au score et aurait même pu espérer mieux. La libération est survenue de « mon » côté sur un penalty raté par CR7 qu’il a lui même repris après que Roberto, le gardien de Malaga l’a repoussé dans ses pieds. J’ai donc vu CR7 rater un péno ET marquer un but, double plaisir.

– Et pour couronner le tout, Modric est entré en jeu en milieu de 2ème mi-temps: j’ai pu assister à 2-3 accélérations-orientations bien senties, tout comme à un enchaînement de Marcelo (auteur d’un très mauvais match par ailleurs), des interventions bien tranchantes de Varane et Carvajal (le premier a joué en patron en l’absence de Ramos, il m’a fait forte impression), un petit festival technique de Benzema et quelques autres sucreries.

C’était génial quoi même si c’est passé super vite… Mais je reviendrai, c’était trop bon!
J’ai essayé de rester sobre dans ce compte-rendu, tout comme j’ai tâché de pas trop montrer mon émotion/excitation au milieu des socios m’entourant et qui en ont vu d’autres mais ce fut un très, très grand moment et une intense émotion.

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So Foot n°150

Pour son numéro 150, So Foot a décidé de sortir un thématique dont il a le secret (après le spécial « n°10 » pour les 10 ans du magazine par exemple), en posant la même question à 150 joueurs, artistes, écrivains, personnalités diverses (la liste, non exhaustive, est sur la couve ci-dessus): « pourquoi aimez-vous le football? » Quelques surprises parmi les témoignages: qui aurait cru que Tonie Marshall ou Anna Karina (Anna Karina!) se retrouveraient un jour, et de manière tout à fait légitime, dans So Foot ?

Les réponses vont de la punchline à la réflexion plus ou moins élaborée/étendue en passant par la mini-interview ou la tribune libre (pour Katerine ou François Bégaudeau par exemple).
On réalise assez vite qu’on pourrait les classer en 3-4  grandes catégories:

Il y a les un-peu-bateau-mais-en-même-temps-c-est-vrai qui expliquent que le foot c’est un condensé d’émotions multiples, un raccourci de la vie en 90 minutes, blablabla. On connait bien cet argument: « aucune oeuvre de fiction n’est capable de recréer le scenario ou l’ascenseur émotionnel du match de foot le plus dingue! » dixit n’importe quel réalisateur/écrivain un peu concon type Lelouch ou Besson. A la fois, c’est pas faux.

Il y a ceux, touchants, qui expliquent qu’ils aiment le foot parce que ça leur a sauvé la vie ou offert une existence, ni plus ni moins.

Il y a les consensuels comme Platoche (« le foot c’est un jeu simple où les hommes sont égaux » blablabla).

Et il y a les réponses qui paraissent simplistes mais tapent dans le mille: « Pour continuer à aimer le football, il suffit de le regarder » (Clarence Seedorf) ou « Ce que j’aime dans le foot, c’est le foot justement » (Raul).
J’aime particulièrement ces 2 là, pas seulement parce que l’une d’elles est prononcée par un de mes joueurs préférés de tout l’étang mais parce qu’elles sont chaque jour plus juste: ce qui nous lave des affaires, de la corruption, des sponsors omniprésents, du marketing roi, des sommes délirantes, des enjeux-qui-tuent-le-jeu, c’est précisément le jeu. C’est d’ailleurs peu ou prou ce que dit l’édito.

En un mot, ce numéro se lit tout seul.
Et surtout, lire ce numéro, c’est en arriver, inévitablement, à se poser la même question: mais bordel, pourquoi j’aime autant le foot finalement ?

Une question à laquelle nombre de personnalités interrogées se disent incapables de répondre tant ça remonte à loin et la passion est désormais ancrée en eux.
Ca remonte tellement loin dit Guy Roux (et je sais plus qui, Menotti peut-être? Tu vérifieras) que si on aime le foot, c’est parce que le ballon, une sphère, renvoie au soleil, à la lune, à la Terre, au 1er habitat de l’être humain, le ventre de la mère et que notre 1er geste, dans ce ventre justement, fut de donner des coups de pied.

C’est peut-être un peu con, ou très, je sais pas, mais j’aime bien. Cette « explication » renvoie de manière plus générale à l’enfance, un thème souvent évoqué et que j’aurais tendance moi aussi à convoquer tant je suis intimement persuadé que c’est là que ça se joue. Quand j’ai découvert le foot et que je me suis mis à sérieusement m’y intéresser et à y jouer, tout d’un coup il n’y avait plus que ça et rien d’autre. Continuer à aimer le foot, près de 40 ans après, c’est évidemment un moyen de se reconnecter à cet état d’esprit là, fait d’abandon total et d’émotions pures et brutes qu’on a probablement du mal à trouver par ailleurs. Tu vas me répondre qu’il y a l’amour, évidemment… Mais c’est précisément de ça dont on est en train de parler non?

Alors pourquoi on aime le foot, oui, c’est une bonne question et c’est pas évident d’y répondre… C’es d’autant moins évident selon moi que lorsqu’on aime passionnément le foot, on finit tôt ou tard par devenir supporter. Dès lors, on aime passionnément son équipe et on peut être amené à perdre de vue ce qui est à l’origine de tout le bordel. Déjà que c’est pas toujours évident de savoir pourquoi on est devenu supporter de telle équipe plutôt que de telle autre…

Et toi alors, pourquoi t’aimes le foot ?

Cantona, le rebelle qui voulut être roi – critique

Je sais pas ce que j’ai en ce moment, je ne lis QUE des bouquins de foot.

J’avoue, j’ai souvent pas une grosse disponibilité intellectuelle en fin de journée donc ça fait très bien l’affaire évidemment mais y a pas que ça : je me suis rendu compte qu’il y avait une vraie littérature du foot, avec des ouvrages vraiment intéressants et stimulants, écrits par de vrais auteurs (i.e. pas des journalistes sportifs un peu « limités » pour parler cruellement).

Cantona, le rebelle qui voulut être roi entre ô combien dans cette catégorie. Il est d’autant plus remarquable qu’il s’agit d’une biographie et que les biographies de sportifs en général, et de footballeurs en particulier, sont d’un conformisme et d’une platitude désespérantes.

Cantona, le rebelle qui voulut être roi

Un mot sur l’auteur tout d’abord : Philippe Auclair est aujourd’hui bien connu des amateurs de foot en tant que correspondant Premier League pour France Football et RMC Info.
Mais pour quelques personnes dont je fais partie, Philippe Auclair est et sera toujours Louis Philippe, songwriter dandy et délicat, membre régulier de l’écurie Tricatel et auteur de quelques albums remarquables (notamment Delta Kiss).
Même si sa carrière musicale a été mise entre parenthèses au profit de sa carrière de journaliste, elle est évidemment d’une grande importance puisqu’il apporte la même délicatesse, sensibilité et intelligence à ses analyses qu’à ses compositions.

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Autre détail d’importance : Philippe Auclair vit en Angleterre depuis près de 30 ans (il me semble). Son ouvrage a donc été rédigé en anglais, pour le public britannique et il fait preuve de la rigueur et de la sobriété dont les journalistes anglo-saxons sont coutumiers : il digresse peu, ne se regarde pas écrire, a effectué un travail de fourmi (pour revoir les matches, éplucher la presse), apporte une grande importance à la vérification des faits. Pas de rumeurs ici, pas de ragots, de détails croustillants (même si 2 gros « scoops », j’y reviendrai), tout a été vérifié, revérifié, confirmé par les principaux acteurs et témoins. Un travail et une rigueur d’autant plus remarquables que si les exploits de Cantona sont encore relativement frais dans la mémoire de pas mal de personnes, ils appartiennent à une époque pré-Youtube et pré-Internet en général qui rend ce travail de recherche, consultation, vérification véritablement fastidieux. On ne juge pas la qualité d’un ouvrage à la seule quantité d’heures que son auteur a passé dessus mais quand cette quantité atteint de telles proportions, c’est à souligner je pense.

Il s’attache ainsi uniquement à la carrière de footballeur de Cantona, laissant de côté sa vie privée (même si elle est évidemment parfois évoquée puisqu’elle éclaire ou explique aussi certains choix de carrière). C’est par exemple l’occasion de revenir sur des épisodes qu’on connait finalement peu puisqu’à l’époque, il fallait donc se contenter de quelques images 1 ou 2 fois par semaine dans Téléfoot et/ou l’Equipe du Dimanche. Son passage à Bordeaux par exemple, je l’avais complètement zappé. Ou son départ houleux de Leeds pour Manchester United. Auclair s’attache également à décrire avec beaucoup de précision quelques prestations voire des actions bien précises : encore une fois, difficile de trouver toutes les images, il fait donc autant appel à sa mémoire qu’à un véritable travail de fourmi pour retrouver les archives de l’époque.

Et 2 scoops donc, ou en tout cas, 2 épisodes clés de la carrière de Canto, auxquels il apporte un éclairage nouveau.

Tout d’abord sa non-sélection pour l’Euro 1996.
Cet épisode est hyper important car il marque sa rupture définitive et irrévocable avec une équipe de France à laquelle il a été jusque là d’une loyauté sans failles (coucou Henri Michel), au moment où celle-ci s’apprête à vivre ses plus belles heures en compagnie d’une nouvelle génération (celle qui remportera la coupe du monde 2 ans plus tard). Il est acquis pour tout le monde que c’est Aimé Jacquet, saint Aimé priez pour nous, qui, sévère mais juste, inflexible, a décidé de se passer de Cantona (et Ginola), alors au meilleur de sa (leur) forme, pour laisser la place au duo émergeant ZidaneDjorkaeff. Or la vérité est sensiblement différente : en février (1996 donc, quelques moins avant l’Euro qui se tiendra en Angleterre), Jacquet se rend à Manchester pour tenter de convaincre Cantona de revenir en équipe de France. Et celui-ci refuse. Auclair raconte que ni lui ni Jacquet ne reviendront jamais sur cet épisode qui fait un peu figure de trou noir : Cantona a refusé de manière instinctive, sans donner d’explications et Jacquet, qui accuse le coup sur le moment, n’est pas allé plus avant et n’évoquera plus jamais ce moment lui non plus. C’est Henri Emile, intendant historique de l’EDF, et figure bien connue des amateurs de football, présent lui aussi ce jour-là, qui raconte cet épisode hyper cantonesque, qui ajoute à la mythologie du personnage.

Second épisode donc, lié à son high kick sur un spectateur de Crystal Palace. Là aussi, j’avais un peu oublié la gravité de la situation puisque s’il a évidemment écopé d’une lourde sanction sportive, Cantona aurait également pu subir une (très) lourde sanction juridique (le spectateur en question avait porté plainte).
La veille du verdict de la cour à Londres, Guy Roux, qui était resté proche de Cantona et de sa famille, reçoit un coup de fil de la mère du joueur, très inquiète. « Et vous vous rendez compte, c’est très grave, il s’en remettra jamais, c’est peut-être la fin de sa carrière » etc etc. Guy Roux est évidemment sensible à sa détresse et se souvient alors d’un contact à l’Elysée (une des proches collaboratrices de Mitterand), avec qui il avait sympathisé et qui lui avait promis lors d’une réception quelconque de lui filer un coup de main en cas de coup dur. Il passe donc un coup de fil à ce contact, bien conscient que la personne en question a sans doute d’autres chats à fouetter mais arguant du fait que les relations franco-britanniques pâtiraient d’un verdict trop sévère blablabla.
Lendemain, verdict donc, Canto échappe au pire… Guy Roux le raconte lui-même très honnêtement à Philippe Auclair : il ne dit pas que c’est son coup de fil qui a « sauvé » Cantona car il n’a jamais eu la preuve que l’Elysée avait joué un rôle dans cette histoire, autrement dit et pour dire les choses, que Mitterand avait appelé la reine d’Angleterre, John Major (alors Premier Ministre) ou James Bond… mais il n’a jamais eu la preuve qu’il n’avait joué aucun rôle non plus !
Troublant donc, et là aussi, une preuve supplémentaire que Cantona était un joueur à part, bigger than football pourrait-on dire.

Super bouquin en tout cas, et super lecture, vivement conseillée aux amateurs de football, qu’il apprécient le joueur ou non.

Sélectionneurs

Bon ben voilà, c’est déjà la fin.

On va pas se mentir : c’était décevant, surtout après une coupe du monde 2014 spectaculaire. Un haut du tableau vraiment haut (Allemagne, Italie, Espagne, France), un bas du tableau vraiment bas (Hongrie, Pays de Galles, Portugal, Belgique), avec les différences de niveau technique, tactique et d’intensité qui vont avec. On l’a dit et répété, avant et pendant la compétition : passer de 16 à 24 équipes, c’était pas une bonne idée sur un plan purement footballistique… Bien sûr, c’est super pour le Pays de Galles, pour l’Irlande, l’Islande, pour leurs supporters qui se sont souvent déplacé en masse et ont mis de superbes ambiances dans les stades et dans les villes, j’dis pas, c’est bien pour eux mais bon…

Et puis faut pas rêver : les « grands » joueurs sont arrivés rincés. Je me souviens d’un temps ou la période de préparation durait 1 mois. On le sait, le football de clubs a tué le football de sélections depuis longtemps mais malgré ça, on continue d’avoir avec ces dernières le même niveau d’exigence. Or cette année, la finale de la Ligue des Champions avait lieu 10 jours avant le début de la compétition…

Avant la grande finale, coup de projecteur comme on dit chez les professionnels de la profession, sur quelques-uns des entrainôrs les plus marquants de la compétition (pour Grande remise). En commençant par les 2 principaux concernés :

Fernando Santos

Si on considère que le Portugal est ce pays essentiellement peuplé de petits hommes poilus au regard triste, Fernando Santos est l’homme de la situation : cet homme transpire le travail, l’humilité, le profil bas, les économies pour la villa de fin de vie à Paredes de Coura. Touchant.

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Didier Deschamps

Stress? Excès d’Haribos? D’acide? Il faudrait quand même un jour résoudre le mystère de ces dents de plus en plus rachitiques chaque année…

Hardcore
Hardcore

Joachim Löw

Evidemment LA star des bancs de touche de cet Euro avec Antonio Conte. Je ne reviendrai pas sur ses perversions olfactives, on en a désormais soupé. Je noterai simplement qu’après la chemise blanche et le pull col en V bleu clair, c’est le pull col en V noir qui a eu sa préférence cette année.

J'insiste pas mais cette séquence quand même
J’insiste pas mais cette séquence quand même…

Antonio Conte

La Squadra Azzura 2016 s’est révélée italienne jusqu’à la caricature : son sélectionneur incarnait son leader à la perfection. Gesticulant et vociférant de la 1ère à la dernière seconde, il est donc l’autre sélectionneur star de cet Euro et il a fait le bonheur de tous ceux qui sont enclins à penser que ah-la-la-ces-italiens-faut-toujours-qu-ils-en-fassent-des-tonnes. En même temps, 32ème minute du premier match : le mec se fait quasiment péter le nez sur la célébration du premier but de ses protégés. Et dire que certains doutaient de son implication quand ils ont appris qu’il rejoindrait Chelsea dès la fin de l’Euro. Costard impeccable pour lui, ça va sans dire.

Les yeux-revolvers-qui-disent-vaffanculo
Les yeux-revolvers-qui-disent-vaffanculo

Vicente Del Bosque

Toujours plus effacé et placide, sa proverbiale sérénité a fini par davantage ressembler à de la résignation qu’à de la force tranquille. Il a annoncé qu’il quittait son poste de sélectionneur. C’est sans doute la meilleure décision pour lui et pour la Roja mais il faut désormais se souvenir que Vincent Du Bois, c’est 1 Ligue des Champions, 1 Coupe du Monde, 1 Euro : respect éternel, joder.

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Adios mister

Roy Hodgson

Idem: le regard perdu du lapin pris dans la lumière des phares, quasiment choqué, il a personnifié à merveille une sélection anglaise pleine de certitudes mais en réalité totalement et irrémédiablement larguée. Fin de parcours également pour cet autre grand monsieur du football mondial.

Respect là aussi
Respect là aussi

Marc Wilmots

Marrant comme chaque sélectionneur reflète parfaitement son équipe au bout du compte. Boudiné dans sa chemise blanche cintrée, Marc Wilmots est le prototype de l’ancien joueur qui s’est bien bien relâché mais ne veut pas se l’avouer. Et de la même manière, il continue à claironner qu’il n’est pour rien dans la faillite de sa sélection de prétendus cadors (voir également à ce sujet l’hallucinante interview post-élimination de Meunier, qui compare la sélection belge aux Galactiques du Real).

Trop de fricadelle
Excès de fricadelle

Adam Nawalka

Avec son visage fermé, voire polonais, ses lunettes moyennement fun et ses vêtements bien repassés, il m’a constamment fait penser à un prof de physique ou d’économie. Vraiment, j’arrivais pas à me défaire de l’image de ce type, droit dans ses bottes pendant le conseil de classe, alors que le proviseur essaie de lui faire monter la note du petit Bryan Rodriguez.

"Kevin, au tableau"
« Bryan, au tableau »

Ay, ay, ay, ay, canta y no llores

Puisque le Football est mort lundi à 19h50, vêtu d’un maillot blanc maculé de tâches triangulaires jaunasses-orangeasses-rougeasses,
Puisque désormais ça rigole plus (la compétition, la vraie, a enfin débuté),
et puisque lorsque le niveau s’élève, je préfère laisser la parole aux spécialistes (comme ceux de l’excellent Faute tactique, un exemple parmi d’autres),

je fais aujourd’hui un point commentateurs, autre marotte des footeux avec les maillots, les coupes de cheveux et, pour les plus faibles d’entre nous, les femmes de joueurs.

Grégoire Margotton – Bixente Lizarazu

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Le transfert surprise de l’Euro, puisqu’annoncé à peine un mois avant la compétition. On pensait Christian Jeanpierre en place pour un bon moment, on imaginait aussi Margotton lié « à vie » à Canal Plus (il faisait partie des rares qui n’avaient pas quitté le navire pour Bein sport) mais la direction de TF1 a dû se dire  que CJP commentant les matchs de l’EDF pour un Euro se déroulant en France, ça serait un peu too much.
Bon, je l’aime bien Margotton, c’est un mec cultivé, qui s’exprime bien et reste sobre même s’il a une tendance un peu agaçante à SEXCITERTOUTDUNCOUPCOMMEUNMALADEAVEC UNEVOIXUNPEUCHELOUQUIDESCENDDANSLESGRAVESSURLESMOMENTSCHAUDS. Puis à redescendre (et remonter jusqu’à son timbre naturel) comme si de rien n’était. Mais franchement, après CJP, c’est du velours. Il rend même presque supportable Lizarazu et sa propension très France 98 à constamment nous remémorer la grandeur de ses faits d’armes passés. Presque.

Christian Jeanpierre – Rudi Garcia

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De CJP, on a déjà tout dit. Son enthousiasme de ravi de la crèche  (« Ha ha, regardez Arsène, ce joueur a un sparadrap Mickey sur le front, c’est formidable! J’adore ces images ! »), sa passion pour les fun facts débiles (« Figurez-vous Bitch-and-thé, que Gregor Pistorniak possède une particularité des plus étonnantes : il boit l’urine du joueur qui partage sa chambre tous les soirs avant de se coucher ». Bon ok, mauvais exemple, ça serait plutôt génial d’entendre ça un jour), ses analyses proches du néant ( le désormais légendaire « corner intéressant »).
Privé du Graal du commentateur de football (les matchs de l’Equipe de France), en même temps que de son consultant habituel (Lizarazu donc mais aussi Wenger, débauché par Bein sport je crois) on lui a également attribué un nouveau partenaire : l’ancien entraîneur de Lille et de la Roma, Rudi Garcia. C’est toujours bien d’avoir un consultant entraîneur évidemment (un entraîneur qui ne soit pas Luis Fernandez je veux dire) : le mec explique les phases de jeu bien sûr mais parvient également à interpréter et/ou décrypter des situations parce qu’il connait les joueurs, leur psychologie, leurs réactions dans tel ou tel cas de figure. Là dessus, très bien le Rudi. Il me plaît. Mais bordel, qu’est-ce qu’il est bavard ! Il a des choses à dire et il les dit plutôt bien mais putain, heureusement pour nous parce qu’il s’arrête jamais le mec ! Un match, c’est aussi des temps morts, des silences, pour laisser entendre les tribunes, le jeu même, si je puis dire. Je pinaille parce que c’était une première pour lui je pense, et il est apparu très à l’aise mais ça m’a vraiment gêné. J’ai même senti CJP un peu agacé par moments, c’est un comble !

Christian Jeanpierre – Franck Leboeuf

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Grammaire/syntaxe/vocabulaire hasardeux + rien d’intéressant à dire + humour de merde + beaucoup trop à l’aise : lui, c’est Leboeuf.

Christophe Hutteau – Alain Boghossian

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Christophe Hutteau : pas vraiment d’opinion, le mec ne m’a ni choqué ni emballé. Il fait son boulot.
Étonnamment, j’ai trouvé Boghossian plutôt pas mal : à l’aise mais moins ramenard que ses collègues de France 98 (Lizarazu, Leboeuf, Desailly, Dugarry mais c’est normal: il n’était « que » remplaçant), prenant la parole à bon escient, livrant régulièrement des réflexions pertinentes. Ok, c’est pas Reynald Denoueix sur le plan de l’analyse du jeu mais ça va quoi. En revanche, cet accent tapenade-aïoli, c’est pas possible : « Soixanteu et dixième sélectiong pour JérAUme Bo-atengueu ». Le tue-le-foot absolu.

Benjamin Da Silva – Omar Da Fonseca

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Mon duo favori, et de loin. Marrant cette similarité dans leur nom; c’est un hasard bien sûr mais c’est marrant. La star, c’est évidemment Da Fonseca : c’est lui le plus bavard, lui qui fait le show et Da Silva semble parfaitement s’en accommoder. Ce dernier possède un truc rarement souligné quand on parle des commentateurs : une voix et un timbre très agréables, qu’il module parfaitement. Reposant. Mais Da Fonseca, je l’adore, vraiment. Il exemplifie à merveille ma thèse selon laquelle on s’en fout au final de la syntaxe, de la grammaire, du vocabulaire : ce qui compte, c’est d’avoir des choses intéressantes à dire. Non parce que lui, en ce qui concerne le vocabulaire, il invente carrément des mots à chaque match quand il ne trouve pas les bons (je rappelle que même s’il vit en France depuis très longtemps, il est argentin) ! Et à chaque fois, il sort des barbarismes très justes, très imagés, presque poétiques parfois, qui définissent parfaitement ce qu’on vient de voir et qu’il voulait transmettre. C’est fort ça. Et puis cet enthousiasme bien sûr, 100% sud-américain. C’est con mais il me colle le sourire à chaque fois. Son compère se marre régulièrement lui aussi, le chambre gentiment : les 2 font preuve d’une complicité qui paraît non feinte et qui fait plaisir à entendre.

et last but not least

Denis Balbir – Jean-Marc Ferreri

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Mon duo détesté, et de loin. Entre Balbir, le commentateur péremptoire qui crie « but!!! » à la moindre frappe et nous récite sa litanie de statistiques imprimées à la va-vite 1h avant la prise d’antenne, et Ferreri, le type tout aussi péremptoire qui va sans ciller sortir des conneries plus grosses que lui avec une assurance édifiante, mon cœur balance (c’est ballot: j’ai beau me creuser la tête, j’ai pas d’exemple qui me vient là. Mais il sort vraiment, tranquilou, sûr de lui, 2-3 grosses conneries facilement vérifiables par match).
En plus, mais ça ça me fait plutôt marrer, les 2 ont l’air de pas très bien s’entendre. Ça se manifeste par un non-dialogue permanent : chacun commente le match de son côté, personne ne rebondit jamais sur ce que l’autre vient de dire. A part, à de rares reprises, Ferreri, qui laisse à ce moment-là une porte ouverte, une invitation à l’approbation, à l’échange, que l’autre ignore toujours souverainement. Il me fait un peu de peine, du coup.

Hen Wlad fy Nhadau

Sentiments mitigés au sujet de la 3ème journée de poules : des confrontations décisives et excitantes parfois mais aussi moins de matchs (puisque les 4 équipes de la poule jouent en même temps afin de respecter un maximum d’équité) i.e. le début de la fin de la compétition i.e. le retour à la normale. Et pour couronner le tout, la semaine prochaine, c’est le finale de la saison 6 de Game of Thrones. Mais qu’est-ce qu’on va devenir nom de Dieu ?!?!

Groupe A

Suisse 0-0 France

37ème minute : Pogba s’accroche au maillot de Xhaka et le déchire (bis repetita après Sagna sur Mehmedi dans le 1er quart d’heure). Denis Balbir : « Va falloir revoir la qualité de la lessive (???)… voire même du textile ». Et arrêter de tirer sur leurs maillots, ça pourrait pas aider ? Ceci dit, on a vu sur la toute dernière action que les maillots n’étaient pas si fragiles que ça (gros ouf de soulagement au département conception de Puma) et que de toutes façons l’arbitre en avait rien à cirer #totemdimmunitejusquaupoteaux. Nom de Dieu de bordel de merde, cette équipe en bois va se retrouver en demis sans avoir jamais rencontré de véritable opposition, ça me gonfle !

Foutez-moi ça en taule!
Foutez-moi ça en taule!

Groupe B

Russie 0-3 Pays de Galles

Affiche sur laquelle je vais un peu m’attarder puisque j’ai eu la chance d’assister au match au Stadium de Toulouse.
Arrivés dès le samedi, les supporters gallois avaient déjà mis le feu au concert des Super Furry Animals le soir même. Le dimanche ils étaient un peu partout en ville (enfin, « partout »… Dans les bars quoi), à chanter (et boire) sans relâche. Pas vu de Russes en revanche, ou alors ils se cachaient. Sales rouges.
Au Stadium du coup, y avait vraiment pas photo : une bonne moitié je pense était galloise, contre un gros quart de virage pour les Russes. J’étais hyper bien placé : tribune centrale (côté buts gallois en 1ère mi-temps), suffisamment près de la pelouse pour être proche des joueurs, suffisamment haut pour bien voir le jeu. Impeccab’.

J'étais bien placé.
Hyper bien placé.

Côté match, je sais pas de quoi ça avait l’air à la télé mais y en a pas eu (de match) : les Gallois ont fait ce qu’ils ont voulu du début à la fin face à des Russes totalement apathiques (c’en était presque suspect). Très impressionné par l’activité de Joe Allen, la justesse d’Aaron Ramsey. Et par Gareth Bale du seigneur évidemment, la star de l’équipe. Impressionnant physiquement (i.e. : super bien gaulé le salaud), il a écrasé le match à chacune de ses courses et de ses prises de balle. Impressionnant, y a pas d’autre mots. Et puis un leader technique, un vrai, qui sait prendre le jeu à son compte, mais également s’appuyer et mettre en valeur ses coéquipiers.
Côté tribunes… Bah, c’était fantastique… J’étais pas dans le virage tout rouge mais néanmoins entouré de Gallois (quelques Russes étaient perdus dans ma zone, dont un avec un incroyable t-shirt à l’effigie de Poutine. Je voulais essayer de le choper sur une photo mais sa tronche à accomplir des basses œuvres dans les rues interlopes de Novossibirsk m’en a dissuadé) et les mecs ont mis le feu de la première à la dernière seconde. Sur les buts, fallait faire attention à soi quand même. Ambiance Buzzcocks 1977. Mais gentil : sur le 2ème but, mon voisin m’a pris dans ses bras et m’a claqué une grosse bise sur la joue.
Et ces chants bon sang… J’ai toujours voulu aller voir un mach de foot dans un stade anglais, je pense que c’est ce qui s’en rapprochait le plus.
Du coup je les connais tous maintenant : « Gimme hope Joe Allen » (sur l’air de Gimme hope Joanna), « There’s only one Gary Speed » (à la gloire de l’ancien grand joueur/sélectionneur qui s’est suicidé chez lui et sans raison apparente à seulement 42 ans; cf le chouette papier qui lui est consacré dans le So Foot spécial Euro 2016) et LE tube, repris à plusieurs reprises au cours du match:

« Please don’t take me home
Just don’t wanna go to work
Wanna stay here
Drink all the beer
Please don’t please don’t take me home »

Efficace.
Sans oublier l’hymne national évidemment, qui donne son titre à ce billet, repris une fois par mi-temps. Je suis pas très sensible aux symboles/démonstrations patriotiques ou nationalistes (euphémisme) mais putain… Frissons.
Soirée inoubliable, vraiment.

Groupe D

Croatie 2-1 Espagne

– Bon alors t’as le choix mon vieux. A gauche, c’est tout droit. Tu vas rencontrer des chatons, manger du caviar et à l’arrivée y a Charlize Theron. Elle t’attend. A droite en revanche c’est boueux, ça grimpe pas mal, y a rien à bouffer et il caille. A l’arrivée, y a Rossy de Palma. Ah oui j’oubliais : tu devras aussi porter ce maillot dégueulasse.
– Je vais réfléchir.
– Sérieux ?
– 2 secondes.
– Comme tu veux mais magne-toi.
– …
– Dépêche !
– Euh, je crois que je vais prendre à g…
– Trop tard : tu prends à droite, le mec au maillot Lustucru vient de te passer devant.

Groupe F

Hongrie 3-3 Portugal

Ce que j’aime pas non plus dans les 3èmes journées de poule, c’est qu’il faut faire un choix. J’aime pas faire des choix. Là j’ai donc opté pour cette affiche (l’autre était Islande 2-1 Autriche) et ma foi, je crois que c’était pas ma plus mauvaise décision. Quel match mes aïeux ! LE match pour l’instant, avec 20 minutes, à l’entame de la 2ème mi-temps, totalement folles (4 buts, 8 occasions par minute. De chaque côté). Les célébrations buteurs/supporters hongrois font toujours autant plaisir à voir. J’espère quand même qu’il n’y a pas trop de fachos dans leurs rangs…

Groupe E

Suède 0-1 Belgique

Isaksson, Kallstrom, Ibrahimovic: j’ai l’impression que la sélection suédoise n’a pas bougé depuis 25 ans. Note que ça s’est un peu senti au cours de cet Euro. Moins au cours de ce match, je le concède.

Allez, bye bye, tu me manqueras pas.
Allez, bye bye, tu me manqueras pas.

Tenu éloigné du niveau des pros, je reviens agile comme Bebeto

Guette ma technique
Je suis physique
Numéro 1 au class’ment des tcha-tcheurs.

Toutes les sélections ont joué 2 fois. On attaque aujourd’hui les derniers matchs de poule.

Groupe A

Roumanie 1-1 Suisse

Je me demandais : le surnom de Gerard Piqué, c’est « Shakiro ». Mais si c’est Shaqiri qui sortait avec Shakira, il pourrait pas avoir le même surnom, ça serait moins « drôle » non? Et puis Shaqiri de toutes façons, c’est presque le pluriel de « Shakiro ». Je me demandais ça.

France 2-0 Albanie

Pogba et Griezmann remplaçants à l’entame donc. Complètement guedin le DD : depuis qu’il doit mâcher sa viande avec des chicots, il en a plus rien à foutre de rien. Il est fort quand même le bougre, on a l’impression qu’il a changé son système uniquement pour être conforté dans son choix initial.
Bien aimé le maillot albanais, qui est leur maillot away, sobrement original. Dur pour eux, et pour la seconde fois…

Groupe B

Angleterre 2-1 Pays de Galles

Les mecs nous collent l’une des plus belles affiches du 1er tour un jeudi à 15h… Je sais bien qu’on peut pas contenter tout le monde, qu’il y a les hasards du tirage au sort, les impératifs télévisuels blablabla mais y avait pas moyen d’inverser avec Ukraine-Irlande du Nord par exemple? Et si c’est la télévision qui dicte sa loi, Angleterre-Pays de Galles, c’est vraiment moins intéressant qu’Allemagne-Pologne pour un prime time ? Tsssss… Bah du coup j’ai rien à en dire parce que j’étais au bureau et que j’ai pu le suivre qu’en pointillé.

Groupe C

Allemagne 0-0 Pologne

L’affiche préférée des profs d’Histoire, des humoristes pseudo-polémiques et des amateurs de Scrabble (« Bla-szczy-kows-ki. Voilà, mot compte triple: 864 points »). Vraiment pas mal cette équipe polonaise. Je crois même que c’est celle qui m’a le plus plu jusqu’ici avec la Croatie.
Chez les Allemands, un peu agacé par Toni Kroos: je l’adore hein, c’est pas le problème, c’est l’un des joueurs les plus classieux à l’heure actuelle. Mais si ces prestations avec le Real sont toujours satisfaisantes (Kroos, c’est le mec qui n’est JAMAIS mauvais), j’ai toujours le sentiment qu’il est un peu en dedans, qu’il pourrait donner davantage (Kroos, c’est le mec qui n’est JAMAIS décisif). Ce qu’il fait avec la Mannschaft, avec laquelle il crève l’écran à chaque prestation. A un moment, je crois que c’est Götze qui fait un centre en retrait un peu aveugle dans la surface, et Kroos arrive comme un mort de faim pour tenter de reprendre le ballon en le taclant. Je suis pas sûr que la position et le rôle dans l’équipe, un peu différents, expliquent tout… Hey Toni, j’aimerais te voir reprendre des ballons dans la surface adverse avec le Real aussi, merde !

Groupe E

Italie 1-0 Suède

C’est rigolo cette équipe italienne caricaturalement italienne mais faudrait pas que ça dure trop longtemps quand même.

Groupe D

République Tchèque 2-2 Croatie

Pendant 70 minutes je me suis régalé, vraiment et j’ai espéré encore plus fort que l’Espagne tape la Turquie ensuite, pensant que dans le cas contraire, ça serait vraiment coton de jouer sa qualification contre les Croates. Quels joueurs bordel… Ces mecs puent le foot, c’est incroyable. Et puis ils nous ont fait la spéciale Yougo : Modric qui sort à la 60ème comme s’il restait que 5 minutes et qu’ils menaient 4-0 (ok, il a préféré prévenir une blessure plus grave mais quand même), des supporters débiles qui se croient au stade Maksimir, un mental en mousse et hop, 2 buts de remontés. Mais c’est aussi pour ça qu’on les aime.

Perisic et sa carte de la Croatie. Qu'il a rasée.
Perisic et sa carte de la Croatie. Qu’il a rasée.

Espagne 3-0 Turquie

RE-GA-LADE. La cacamiseta Desigual contre la Croatie donc, puisque c’est cette dernière qui « recevra ».

Groupe E

Belgique 3-0 Irlande

Je me demande si les Belges ne sont pas tout simplement un peu nuls, en fait. Et c’est pas la branlée infligée à des Irlandais d’une faiblesse insigne qui me fera écrire le contraire. Sur le plan de l’expression collective, c’est d’une pauvreté… En tout cas j’ai complètement revu mon opinion sur cette sélection, qui faisait partie de mes favorites avant le début de la compétition.

Groupe F

Islande 1-1 Hongrie

Ca c’était vraiment une affiche de pervers… Du genre dont on ne retrouve le résumé que sur le darknet. Mais c’était pas mal, principalement en raison du public, très chaud et enthousiaste des 2 côtés, qui a su faire vivre le match.

Portugal 0-0 Autriche

Le Portugal, c’est un peu l’Espagne d’avant 2008, l’Espagne d’avant la gagne. Des individualités confirmées (on les connaît), des joueurs intéressants qui se révèlent à chaque nouvelle compétition internationale (André Gomes, William Carvalho ici), une grande qualité technique, de la cohésion, de la volonté… et aussi de la maladresse, de la malchance, des manques. Cette sélection a besoin d’un déclic et le problème c’est qu’on le sent pas venir.