Arctic Monkeys – AM

Je vais parler d’une sortie récente pour une fois. Faudra que je reprenne mon top 100 ceci dit, j’ai lâché l’affaire, ça va pas du tout.

Bon Arctic Monkeys, AM donc. Ce disque, je l’ai immédiatement aimé. Puissant, fuselé, précis, tubesque : il cartonne. Après déjà de nombreuses écoutes, c’est pourtant l’album des Arctic Monkeys que j’aime le moins et il me rend un peu triste.

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L’album en lui-même n’est absolument pas en cause : il est excellent. Bonne chansons, bonnes paroles, (très) bonne production, il va probablement casser la baraque et ça sera amplement mérité.

Seulement, j’ai l’impression de dire adieu aux Arctic Monkeys tels qu’on les a connus et tels que je les ai aimés jusqu’ici : une bande de petits branleurs anglais typiques, plus malins, doués et lettrés que la moyenne certes mais foncièrement, une bande de petits branleurs anglais. Evidemment, ils sont aujourd’hui des rock stars (Alex Turner assume d’ailleurs très bien le rôle), je ne leur demande pas de toujours raconter ces histoires de plans cul ou dope foireux à base de personnages en survet-mocassins. Des histoires anglaises quoi. Ca j’en ai fait mon deuil. D’ailleurs mon album favori du groupe est sans doute le 3ème, Humbug, celui produit par Josh Homme. Mais justement, dans cet album très américain, on sent toute l’admiration, la fascination et l’émerveillement ressentis par 4 lad’s de Sheffield qui découvrent pour la première fois Los Angeles, le désert de Joshua Tree ou le stoner rock. C’est ce que j’aime sur cet album : le classique certes mais maladroit et touchant va-et-vient entre Vieux et Nouveau Monde/rock, cette sempiternelle histoire des petits britons qui débarquent chez les cousins américains.

Ici j’ai vraiment l’impression d’entendre un groupe 100% américain. Je viens d’ailleurs de lire que le groupe s’était installé à Los Angeles, ça ne me surprend pas le moins du monde. J’ai carrément parfois l’impression d’entendre les Black Keys… C’est très bien, pas de problème mais s’il y a bien un groupe que je n’aurais jamais rapproché d’eux, c’est Arctic Monkeys. Et pourtant, lorsque Turner se lance dans ses falsettos, quand la rythmique se fait funky-élastique (Fireside) j’ai vraiment l’impression d’entendre Auerbach and co. Je suis d’autant plus déçu que Suck it and see leur précédent album était lui très anglais : j’aurais bien entendu ses chansons sur un album de Morrissey par exemple. Morrissey avant qu’il ne s’installe à Los Angeles je veux dire. Lui aussi. Ah ça les anglais, une fois qu’ils découvrent qu’à certains endroits de la planète on peut voir le soleil pendant une journée entière…

Je réalise bien que tout ça n’est que subjectif. Encore une fois, le disque est bourré de très bons moments, certains titres m’euphorisent bien : la doublette d’ouverture, Arabella et son riff à la War Pigs de Black Sabbath, Why d’you only call me when you’re high ?. La paire de balades centrales est sublime et j’y retrouve cette anglicité à laquelle je suis attaché. AM sera peut-être même dans mon top 20 de fin d’année. Mais voilà, je l’écoute en y résistant, je n’arrive pas à me laisser totalement emporter car j’ai en permanence cette petite frustration… Il me manque l’odeur de graillon des fish & chips en somme. Et puis AM nous éloigne encore un peu plus d’un 2ème album des Last Shadow Puppets et ça ça m’emmerde vraiment…

Donc, je résume : super album, je te le conseille mon ami mais je suis déçu.

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