MGMT – critique

La grosse affaire de la rentrée. Enfin, en ce qui me concerne, l’une des 2 grosses affaires de la rentrée avec le nouveau Bill Callahan. Pour schématiser, c’est, à un degré moindre, l’équivalent automnal du Daft Punk.

Eh bien je ne suis pas déçu. Et tu ne devrais pas l’être non plus. MGMT apporte tout ce qu’on attend désormais d’un album de MGMT, y compris, surtout même, ce à quoi on ne s’attendait pas (et qu’on va finir par attendre à chaque fois désormais. OK j’arrête).

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Ca démarre gentiment. Enfin, pour eux: les mecs déroulent sans forcer leur savoir-faire de maîtres de la pop psychédélique, dans la lignée de Congratulations. Pop song psyche-glam parfaite, Alien Days donne à entendre ce qu’on attend a priori désormais de la part de MGMT. Un morceau qui pourrait être programmatique, premier d’une série de pépites virutoses mais on constate très vite qu’il n’en est rien. Pas grave: rien que là dessus, on a la confirmation que les Flaming Lips ont décidément trouvé des mecs qui pourraient leur tenir tête, c’est super (j’utilise le conditionnel car entre 3 albums d’un côté et quasiment 30 ans d’existence de l’autre, faut encore garder son calme…).

Cerise sur le gâteau en ce qui me concerne, on retrouve toujours cette influence sunshine pop dans les mélodies et le traitement des voix (entre ici Curt Boettcher), j’adore. Mais cette impression de facilité surtout ! On sent qu’ils pourraient nous sortir le meilleur album psyché pop de l’année à chaque fois. Seulement, comme je le laisse entendre plus haut, ça ne les intéresse pas (Cool Song No. 2 et son tribalisme au sale teint nous le signale juste après Alien Days). Mais bon, ça reste « du MGMT » comme on a coutume de dire (rhaaaaaa Introspection :smileyquibavedeplaisir: ).

Arrive donc Your life is a lie au beau milieu de l’album. Une irrésistible fantaisie glam-carrolienne, le morceau le plus « bankable » de l’album sans doute et un titre qu’il faut prendre au pied de la lettre : ta vie est un mensonge, donc cet album est un mensonge aussi. Ce que tu as entendu jusqu’ici est peut-être très brillant mais ça n’est pas le véritable nouvel album de MGMT.

Celui-ci arrive juste après en fait, avec 5 derniers titres un peu fous, à la fois logiques dans la progression du groupe et totalement inattendus.

On ne savait pas trop comment prendre les déclarations préalables qui prétendaient le disque influencé par Aphex Twin. Eh bien il fallait les prendre au pied de la lettre: beats vicieux et vrillés, superpositions de textures malaisantes, c’est pas vraiment racoleur tout ça. Mais ça cherche, tout le temps, et ça trouve, souvent. « Je ne cherche pas, je trouve » disait Picasso: on n’en est peut-être pas encore là mais enfin… La production évoque un univers interne grouillant, proliférant et synthétique, inquiétant, toujours. Sur le sublime I love you too, death, on croirait entendre le croisement des Flamings Lips de Embryonic et The Terror. Le morceau enfle, et enfle encore, porté par une mélodie d’une grande mélancolie, c’est vraiment troublant. A ce moment de l’album, la fantaisie Plenty of Girls in the Sea quoique gentiment baisée elle aussi, apporte une bouffée d’air frais. On respire un peu, avant un final en grandes pompes mais d’une grande mélancolie lui aussi. On finit un peu épuisé il faut bien le dire, avec l’impression d’avoir accompli quelque voyage intérieur des plus périlleux.

Grand, très grand groupe, et si Daft Punk n’avait pas annihilé toute la concurrence depuis plusieurs mois, on avait là, de loin, le meilleur album de 2013 pour l’instant.

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