#1 40 ans, toujours puceau – The 40-year old virgin

Motivé par ma phénoménale capacité  à ne jamais aller au bout de ce que j’ai commencé (c’est pour ainsi dire mon super pouvoir), je me suis dit, « mais dis donc Grande remise, ça fait plus de 3 ans que t’as commencé un top 100 musique et t’en es à peine au numéro 50. Est-ce que ça serait pas le moment idéal pour commencer un autre top que tu termineras pas ? ».

La réponse étant évidemment « oui », voilà donc un nouveau work in progress censé nous amener jusqu’en 2059, année au cours de laquelle je m’éteindrai paisiblement après un dernier regard sur la Baia del Silenzio de Sestri Levante : le top 50 de mes comédies préférées.
Par ordre alphabétique, comme pour les disques. Et parce que la marrade, c’est important. Je dirais même que c’est ce qu’il y a de plus important, ou pas loin (« Ach l’humour ! C’est une des choses que je préfère, avec les pieds paquets et l’infanterie ». J’y reviendrai en temps voulu à cette citation). Et puis c’est la rentrée, ou tout comme, pour beaucoup d’entre nous, il m’a semblé que le moment s’y prêtait bien.

Aussi parce que la comédie est mon genre de prédilection au cinéma, et que je pense que c’est le bon moment pour faire une sorte de bilan, même s’il sera évidemment très subjectif: j’ai le sentiment qu’on a vécu un autre âge d’or à partir de 2000 (en gros) et qu’en revanche, ces 3-4 dernières années sont un peu plus poussives (alors qu’il y a du mieux en France avec quelques pépites au milieu d’une production grand public toujours aussi navrante). On a en tout cas désormais un peu de recul sur ces années riches en comédies de qualité.
Je parle évidemment là des comédies américaines, puisqu’elles sont omniprésentes sur nos écrans, avec Judd Apatow en tête de file (aussi bien en tant que réalisateur que producteur) et digne successeur des Howard Hawks, Preston Sturges, Franck Tashlin, Billy Wilder, Blake Edwards, j’en passe, ces autres têtes de proue de la comédie hollywoodienne à travers les décennies.

Les choses étant bien faites, la première entrée de ce top en donne donc le « La » puisqu’il sera (très) riche en ce qu’on a pris coutume de nommer « neo-comédie américaine »: comprendre par là ce que j’évoque ci-dessus, la vague de comédies apparues autour de l’an 2000 dans le sillage des frères Farrelly et sous l’impulsion conjuguée de Judd Apatow, du Frat Pack (Will Ferrell, Ben Stiller, Owen Wilson, Vince Vaughn) et d’une nouvelle génération de comédiens lancés par ce même Judd Apatow dans Freaks and Geeks, la série de Paul Feig (Seth Rogen, Jason Segel, James Franco puis plus tard Jonah Hill). Paul Feig, lui-même réalisateur de quelques-unes des meilleurs comédies de ces dernières années (Mes meilleures amies, Les flingueuses). La neo-comédie américaine repose sur les membres d’une très grande famille, faut arriver à suivre.

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Le lundi matin, lorsque ses collègues décrivent avec force détails leurs exploits libidineux du week-end, Andy Stitzer, 40 ans, se sent bien penaud, car il est encore puceau. Partagés entre hilarité, incrédulité et consternation, ses amis David, Jay et Cal décident de prendre en main sa tardive initiation : de gré ou de force, Andy va devoir franchi le Rubicon… (Allociné)

40 ans, toujours puceau est produit et réalisé par Judd Apatow, co-écrit par Apatow et Steve Carrell, qui en tient le premier rôle. On y retrouve entre autres Paul Rudd, Seth Rogen et Jonah Hill (qui fait ici sa toute première apparition). Sur le fond et sur la forme, le film donne également à merveille le « La » du modus operandi et de la geste apatowienne : en grand admirateur de John Cassavetes, il aime s’entourer de proches, de gens avec qui il se sent en confiance (il fait régulièrement tourner sa femme, Leslie Mann et leurs 2 gamines). De même, ses films se font la voix de ce qu’on a pris l’habitude de nommer « bromance » et qui est devenu un genre à part entière: l’amitié amoureuse entre 2 ou plusieurs hommes. En France on appelle ça des « films de pote ». Genre Les Petits mouchoirs. Genre.

Apatow va néanmoins au-delà de la bromance : sa grande question est celle du couple, des concessions que chacun doit faire pour retrouver l’autre sur un terrain épanouissant pour chacun. Il ira encore plus loin dans son film suivant (En cloque, mode d’emploi) puisqu’il y raconte comment les personnages interprétés par Seth Rogen et Katherine Heigl décident d’apprendre à se connaître, à s’aimer et à vivre ensemble après qu’elle est tombée accidentellement enceinte.
C’est à ce double titre (bromance+love story, pour faire court) que 40 ans, toujours puceau est pour moi un jalon et une réussite totale, un film d’une humanité et d’une sensibilité qui me touchent particulièrement. En plus d’être extrêmement drôle, ça va sans dire.


Dans le même registre, je conseille aussi
:

En cloque, mode d’emploi 
I Love You, Man
et, avec beaucoup plus de réserves, 40 ans, mode d’emploi

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