Avengers: Infinity War – critique

Les Avengers et leurs alliés devront être prêts à tout sacrifier pour neutraliser le redoutable Thanos avant que son attaque éclair ne conduise à la destruction complète de l’univers. (Allociné)

J’allais commencer en posant une question légitime selon moi (« est-ce encore du cinéma? ») et je constate que le pitch « officiel » i.e. celui disponible sur Allociné, fait 2 lignes. Bon.

Et à la fois, le pitch est juste, il dit tout, y a pas tromperie sur la marchandise.

Bon, et donc: est-ce qu’on peut encore parler de cinéma devant un film tel que Avengers: Infinity War ? Si on considère que le cinéma n’est qu’artifice, alors oui, évidemment. On serait même devant un genre d’épitomé… du genre (y a-t-il un seul décor « naturel » dans ce film i.e. autre chose que des fonds verts? Même Édimbourg a l’air étrangement factice.)

Et j’ai aucun problème avec ça, ni avec le tout-spectaculaire dont la série des Avengers (et les films Marvel en général dans une moindre mesure) s’est faite le nouveau parangon. J’ai suffisamment vanté les mérites de certains blockbusters ici-même et puis oh, j’ai pas à me justifier non plus, t’es pas ma mère.

Mon problème avec Avengers: Infinity War est autre mais il est inévitable en un sens, consubstantiel à ce que Marvel construit depuis plus de 10 ans: j’ai eu l’impression de me retrouver devant un gigantesque épisode de série. En effet, le film fait suite aux 2 premiers volets bien sûr, mais également aux autres « épisodes » (tu vois…) de la saga Marvel. Il reprend ainsi les choses très exactement là où Thor: Ragnarok les avaient laissées, il en constitue la suite directe et immédiate.

Mieux : avec sa durée plus-longue-que-la-tienne (2h30 cette plaisanterie quand même), j’ai eu le sentiment de visionner la saison d’une série. Genre 5 épisodes de 30 minutes chacun, bien scandés. Alors ouais du coup, bof bof cette nouvelle saison des Avengers: j’ai bien aimé les 2 premiers épisodes, le dernier aussi mais entre les 2 je me suis un peu fait chier. Comprendre: j’aurais bien sabré 1h ou pas loin…

Après oui, je dis pas, c’est relativement fluide, tout le monde a sa place, son petit moment de bravoure, sa petite réplique qui fait mouche. Et c’est spectaculaire évidemment mais ça c’est quand même le minimum syndical non ? Quoiqu’il en soit, le crossover promis, vendu et priapisé par la geekosphère l’effectue relativement. Nom de Dieu, y a même Peter Dinklage dans un rôle de nain géant (mouarf). Peter Dinklage, de cette série là… Cette série qui depuis 2-3 saisons nous livre régulièrement des épisodes absolument épiques qui n’ont rien à envier aux blockbusters les plus spectaculaires…

Je sais pas, c’est peut-être un débat de vieux con et j’imagine que la grande majorité des spectateurs qui vont prendre un plaisir sincère devant Avengers: Infinity War n’en ont rien à cirer mais des séries qui ressemblent à des films et des films qui ressemblent à des séries, moi ça me chagrine un peu. L’impression que la geekosphère, après la revendication légitime d’une reconnaissance accrue, avait engendré un monstre, mi-cinéma, mi-série donc, mi-noble, mi-impur, qui fait que tout se ressemble, tout se vaut. Peut-être suis-je trop vieux pour ces conneries, tout simplement.

Pour en revenir au film lui-même, la 1ère demie-heure est donc assez cool, entre scènes d’action qui défouraillent bien et dialogues percutants. Dans la lignée de Thor: Ragnarok encore, pour moi la meilleure séquence du film est de loin celle du sauvetage de Thor par les Gardiens de la Galaxie, avec des passes d’armes Chris Hemsworth/Chris Pratt vraiment très drôles.

A vrai dire, je regrette que le film ne se soit pas cantonné à ce registre car après ce cette longue mise en place réussie donc, Avengers: Infinity War se sent comme obligé de densifier son propos, de le rendre plus adulte. C’est ce que je nommerais la « tentation shakespearienne » avec de loooooooongues scènes consacrées à des dilemmes existentialo-familiaux qui pour moi ne fonctionnent pas du tout: les caractères/personnages ne sont pas assez fouillés (et les dialogues pas assez brillants là pour le coup) pour susciter mon intérêt, à défaut de mon émotion. Que BIP soit obligé de tuer BIP pour obtenir BIP et que ça le torture et blablabla, pffffff… Je m’en cogne.

Ce long tunnel adulte et aux aspirations plus classiques est plus ou moins rattrapé par une fin relativement inattendue et j’en dirais pas plus car je me suis promis de pas spoiler. Mais après l’inévitable et attendue pastille post-générique (un générique de 10 mns montre en main, sans déconner…), j’ai quand même envie de conclure sur un « tout ça pour ça ».

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