Mon rêve 17

Aujourd’hui… bah n’importe quoi, comme toujours.

Je me trouve à une sorte de soirée de lancement de boisson alcoolisée, pour de la Smirnoff on va dire.
Un événement tout ce qu’il y a de distingué donc, avec ados buveurs de Redbull en rut (ou plutôt « ados en rut buveurs de Redbull »), musique qualitative à fond les bpms dans les enceintes et hôtesses accortes. Je me sens un brin pas à ma place et m’amuse de tant de bon goût et de cérémonial : tout le monde s’agite dans tous les sens et avec un sérieux disproportionné pour installer des tapis rouges, des genres de trônes cheapos aux dorures… cheapos, des cordons rouges eux aussi, pour contenir la foule attendue face aux védettes manifestement attendues elles aussi. Certaines personnes totalement surexcitées décident même de patienter assises en lotus dos à la scène pour préserver la surprise de la découverte de l’installation. En un mot : c’est n’importe quoi.

Moi c’est comme si j’assistais à tout ça depuis les coulisses, en tout cas depuis « l’organisation » car je réalise tout à coup que j’ai accès à la sono. Je décide donc de faire un happening situationniste et de détourner la playlist à coups de

ou de

On est d’accord que c’est davantage une blague potache mais dans ma tête (dans ma tête dans mon rêve, man, inception), c’est un vrai happening situationniste, un geste politique fort. Che Grande remise.

Quoiqu’il en soit, le ton monte dans l’organisation dont les membres commencent à me houspiller avec une certaine véhémence. Ils se mettent même à me courser en vérité, je dois m’enfuir.

Bim, le truc i.e. l’ « évènement », a tout à coup débuté. C’est vraiment un truc énorme, avec une foule considérable, et une scénographie monumentale : j’arrive donc à me fondre dans la masse, à jouer avec le décor et à échapper à mes poursuivants. Je me pense tiré d’affaire (ils étaient vraiment très remontés contre moi) lorsque je vois fondre sur moi Kate Winslet, visiblement résolue à me mettre le grappin dessus. Et quand je dis « mettre le grappin », je dis mettre le grappin.

« Bonjour Grande remise »

Bon, a priori, j’ai rien contre et je serais même complètement OK, on va pas se mentir mais là on est dans un rêve tordu et si elle est bien en mode red carpet, elle ressemble pas vraiment à la photo ci-dessus : il faut plutôt l’imaginer maquillée comme un camion volé, grimée en vérité, comme une vieille diseuse de bonne aventure de fête foraine. Comme si elle s’était fait la tronche d’Elie Semoun dans une de ses petites annonces en compagnie de Franck Dubosc, dent en moins inclue.

Ca se voit pas là mais il a une dent en moins dans ce sketch.

Je tente de lui échapper, et j’y parviens, alors que je m’enfonce dans la pénombre et dans une sorte d’escalier en colimaçon extrêmement large, emprunté par énormément de monde et censé déboucher je ne sais où.

Mais alors que je me crois (à nouveau) tiré d’affaire et que je m’arrête pour reprendre mon souffle, la voilà qui réapparaît sans crier gare et qui s’approche de moi, tout sourire, en mode séduction et dévoilant une immonde dentition.

Et je me réveille.

Mon rêve 16

Aujourd’hui, je reçois Michel Polnareff.

Je le reçois dans mon vrai chez moi actuel. Je crois bien que c’est la 1ère fois que je rêve de mon nouvel appart (j’y suis depuis 7 mois), c’est une date !

C’est le Polnareff actuel: âgé et pas en grande forme. Il est assis tout penaud sur mon canapé, il dit rien, comme shooté aux medocs ou comme un enfant qui aurait peur de se faire engueuler s’il ne se tient pas bien.

Car il est pas venu seul Michel: il est accompagné de son assistante, une caricature d’assistante comme je n’en ai vu/lu que dans les fictions puisque je ne fais pas partie du chobizenesse. Elle arrête pas de déblatérer sur tout et rien, elle répond à sa place, elle se la raconte, elle raconte Michel, elle est affectée, désagréable. En un mot, elle est insupportable.

Bon, je prends sur moi parce que je suis quand même dans mes petits souliers: même s’il me fait aujourd’hui plus de peine qu’autre chose, Polnareff, merde, c’est quelqu’un dont j’affectionne, admire même, beaucoup de titres. Je fais ce qu’on fait en 2018 quand on reçoit quelqu’un : je lui propose un Nespresso.

J’en propose pas à son assistante note, et elle m’en demande pas non plus. Bon. « Un court ou un long? » C’est évidemment elle qui répond: elle me sort tout un laïus imbitable (et dont je ne me souviens pas vraiment) sur les mérites de tel ou tel arôme blablabla. Du coup, faut qu’à mon tour je lui fasse l’article et lui détaille tout ce que je peux lui proposer en court, en long, en fort, en moins fort etc etc, j’en peux plus.

« Un long », finalement. OK, je prépare un long. Je l’apporte sans trop de cérémonial: je vais pas non plus sortir toute l’argenterie familiale que je ne possède de toutes façons pas. Je tends la tasse à Michel, toujours catatonique le pauvre. Son assistante intercepte: « vous permettez? » Elle veut goûter avant que Son Altesse Le Roi des Fourmis n’y trempe ses lèvres siliconées. Elle goûte donc et recrache illico. « Non mais j’hallucine trop, c’est une blague?!?! » Elle est inarrêtable: et c’est vraiment dégueulasse, mais ça va pas de servir un truc comme ça, c’est Monsieur Polnareff quand même etc etc.

Ni une ni deux, je lui prends la tasse des mains pour verser le café sur ses chaussures de créateur à 4000 boules. Elle bronche pas. Et pour cause: quand je baisse les yeux pour constater les dégâts, je vois que ce ne sont pas ses pompes qui sont souillées mais les mocassins blancs de Polnareff. Toujours stoïque et silencieux, il se lève et sort de l’appartement.

Et je me réveille.

Dans ma rue

(C’est « dans mon quartier » en réalité mais c’était pour reprendre le titre d’une chanson.)

J’ai déménagé il y a quelques mois. J’ai quitté un quartier plutôt populaire quoiqu’en forte voie de gentrification (enfin, comme partout), vivant, avec beaucoup de bars, restaurants, étudiants (le quartier Saint-Aubin) pour un quartier beaucoup plus tranquille, résidentiel et bourgeois (Les Chalets). Pour résumer ça en termes d’accessoires, je suis passé du djembé au trois rangs.

Historiquement, Les Chalets est le quartier de la Résistance à Toulouse: les noms de rues et plaques disséminées ici et là le rappellent encore aujourd’hui. C’est aussi un des quartiers qui a la plus préservé son esprit « village ». Cette singularité pour un quartier situé en plein centre-ville, et l’attachement de ses habitants à son égard est renforcé par le fait que les commerces bénéficient d’une certaine exclusivité: on trouve UN bar, UN restaurant, UNE supérette, UNE pharmacie, UN boulanger (quand j’en comptais 5 par exemple à maximum 200m de mon ancien domicile…).

Peu de commerces, beaucoup d’habitations = peu de monde dans les rues. Je croise quand même quelques personnes intéressantes :

Il y a Yoann Huget

Il joue au Stade Toulousain et en équipe de France (de rugby donc). Il est pas super grand ni super costaud (en même temps il joue arrière ou ailier) mais tu sens le mec bien tonique quand même. C’est pas Chabal mais t’as pas trop envie de le faire chier quoi. Il vit dans ma rue lui, à 2 ou 3 numéros de mon immeuble. Faut que je lui demande une photo un jour, ça fera plaisir à mon frère qui supporte le ST.

Il y a cette vieille dame qui se trimballe toujours 2-3 sacs à main bien remplis, je me demande ce qu’elle peut bien y fourrer. Un jour que je déjeunais avec une amie et son enfant à la boulangerie du quartier (la boulangerie fait aussi des salades, tartes, plat du jour le midi), elle a engagé la conversation au sujet du petit, « et comme il est mignon, et comme il est bien élevé » etc etc. Elle a insisté pour lui offrir le gâteau de son choix au dessert, j’ai trouvé ça incroyablement généreux. J’y repense à chaque fois que je la croise.

Il y a Clément Poitrenaud

Ancien joueur du Stade Toulousain et de l’équipe de France (de rugby aussi). Beau mec : il a gardé la ligne et avec les années, ses traits adolescents se sont un peu estompés, il a gagné en masculinité si je puis dire. Je crois qu’il « fait de la photo » maintenant. Comme c’est original.

Il y a ce grand type toujours tiré à 4 épingles que je croisais parfois dans le quartier où je travaille ou ailleurs en ville. Il a les cheveux très longs, très bien peignés (toujours lâchés), un style vaguement sartorial, il ne passe pas inaperçu avec sa taille et sa démarche caractéristiques (il fait de très grands pas). J’ai été bêtement et inexplicablement content de découvrir qu’il habitait dans ma rue. Et tout aussi bêtement et inexplicablement déçu quand je l’ai croisé il y a quelques semaines: il s’était fait couper les cheveux.

Il y a ces 2 soeurs (jumelles?) un peu hirsutes et au physique un peu ingrat qui me font penser aux 2 soeurs un peu hirsutes et au physique un peu ingrat de Marge Simpson (elles ont quand même l’air un peu plus aimable).

Il y a Jean-Pierre Mader

A la terrasse du bar du quartier

Oui, LE Jean-Pierre Mader. La soixantaine fringante, il est plutôt beau mec. Un jour, à la terrasse du restaurant du quartier, il déjeunait avec le type de Cookie Dingler qui lui disait, très sérieux: « Sabrina, c’est Sabrina« . Lui aussi faut que je lui demande une photo un jour.

Il y a un jeune type toujours à la terrasse du café du quartier (parenthèse: un des plus vieux cafés de Toulouse, une institution). Les premières fois que je le croisais, il était très propre sur lui, cheveux courts, tiré à quatre épingles etc. Et quelques mois plus tard, la métamorphose: les cheveux longs, grisonnants, parfois retenus dans un catogan filasse, un vieux manteau fatigué sur le dos, des chaussures pourraves etc. Il est pas en voie de clochardisation (enfin, je pense et l’espère en tout cas pour lui), il a davantage une allure d’intellectuel/littéreux de l’extrême, qui écrirait ou chercherait l’inspiration au café. Il en est pas à boire de l’absinthe ceci dit, il a toujours une tasse de café devant lui et il vapote. Je le vois en terrasse A CHAQUE FOIS que je passe devant, c’est à dire quasiment tous les jours, été comme hiver, matin, midi ou soir.

Il y a un Chevalier du Fiel

Eric Carrière de son nom. La soixantaine moins fringante lui. En plus il s’habille comme un ado, avec des slims et des t-shirts hyper échancrés en été, il est un peu ridicule. Un jour que je marchais une dizaine de mètres derrière lui, j’ai entendu ce qu’a dit un mec à sa copine juste après qu’il est passé devant eux: « si si je t’assure, je sais plus lequel des 2 c’est mais c’est Chevallier ou Laspalès, l’un ou l’autre ». Faut pas que je lui demande une photo à lui.

Il y a les employées de la boulangerie (que j’adore. La boulangerie. Le pain, les viennoiseries, les tartes, les gâteaux, les sandwiches même, j’aime tout là bas): le boulanger, qui a une bonne tête de boulanger qui aime son métier malgré l’épuisement, les traits tirés et les épaules voûtées; les vendeuses, que ça soit la cagole toulousaine (« quatrevingdjicengtchimes sivouplaieu ») ou la entre-deux-âges (elle pourrait tout aussi bien avoir 32 ans que 46), efficace, toujours aimable sans obséquiosité, pro.
Et puis il y a la petite nouvelle : boulotte, lunettes rondes, incroyablement molle, elle me fait penser à Christophe Bourseiller dans Un éléphant ça trompe énormément. Elle a évidemment et immédiatement gagné toute ma sympathie.

Mon rêve 15

Aujourd’hui, Faites entrer l’accusé.

Je suis dans la maison familiale (celle dans laquelle j’ai grandi) et l’ambiance est lourde: un meurtre a été commis. J’ignore qui a été tué mais je mène l’enquête en compagnie de l’immense Riad Sattouf, un de mes héros.

J’ignore s’il est mon supérieur hiérarchique, ou l’inverse, j’ai plutôt l’impression qu’on est coéquipiers et que la répartition des rôles du jour veut qu’il interroge le suspect pendant que je passe la maison au peigne fin.

Car il y a un suspect ! Il s’agit du minuscule Samuel Benchetrit, une de mes têtes de turc.

Ouh que je peux pas le saquer lui… Bon, c’est pas la question. Enfin, si, un peu: pas un hasard j’imagine si c’est lui le suspect et pas Sattouf.

Benchetrit est donc le suspect numéro 1. Et il est particulièrement tête à claques là: il n’a pas son habituel regard triste de poète maudit de la life trop déglingos, il est au contraire très sûr de lui, tout en arrogance et petit sourire en coin. Il porte une sorte de costume en cuir marron, façon peau de serpent mais marron clair, particulièrement ridicule.

Riad Sattouf (en costume sobre, sans cravate) et lui s’installent sur 2 chaises face à face, et Riad me fait signe d’aller voir ailleurs : je suis super énervé, j’ai envie de casser la gueule à Benchetrit. Déjà que j’ai envie de le tarter tout court, si en plus il s’avère qu’il a commis un meurtre, tu m’as compris.

Je m’exécute donc pendant qu’ils se lancent dans une sorte de joute verbale, façon Garde à vue. Je n’entends pas ce qu’ils se disent mais j’ai vraiment le sentiment d’assister à un combat à fleurets mouchetés, tout en bons mots et petites piques, alors que personne n’est dupe, surtout pas Sattouf.

De mon côté, je commence donc à fouiller la maison à la recherche d’indices. Je passe d’une pièce à l’autre et au moment d’entrer dans mon ancienne chambre, mon téléphone se met à sonner: je ne l’ai pas sur moi, il est posé sur le bureau (mon bureau à moi que j’utilisais quand j’étais enfant/ado).
Je m’en saisis donc et me mets à hurler lorsque je découvre que mon fond d’écran a (été) changé: en lieu et place des magnifiques armoiries du Royaume-Uni, mon fonds d’écran actuel (je suis esthétiquement royaliste), une cheminée. Une pauvre cheminée sans feu, vide, sale, comme celle-ci:

Je continue à hurler comme un possédé: la faim dans le monde, les enfants-soldats, Marion Cotillard, la loi Travail, un meurtre dans la maison familiale passe encore mais pas mon téléphone, merde !

Et je me réveille.

Mon rêve 14

Aujourd’hui, un happy end.

Je suis embarqué dans une sorte de périple autour du monde avec mes frères et sœurs, un truc de baroudeur qui me ressemble pas du tout (aussi incroyable que ça puisse paraître, j’ai assez peu de points communs avec Indiana Jones) mais voilà, c’est comme ça, on m’a pas demandé mon avis j’ai l’impression (« on » c’est mon subconscient évidemment).

On arrive à notre gîte pour la soirée et on se sépare en 2 : les garçons d’un côté, les filles de l’autre. Bon.
Je perds de vue mes 3 frères et me retrouve au beau milieu d’un dortoir immense dans lequel je suis censé me démerder pour trouver un lit. C’est en tout cas ce que m’a dit le rasta blanc qui faisait office de réceptionniste.

« Mais ouais mais bienvenue man, tu fais comme chez toi tu vois »

Je commence donc à déambuler avec ma valise à roulettes (en mode routard donc), à la recherche d’un endroit pas trop dégueulasse où me poser. Le confort est sommaire et les meilleurs lits sont déjà pris (en mode Les bronzés font du ski).

L’endroit est vraiment immense: ça s’étale sur plusieurs étages mais uniquement accessibles via des échelles ou des escaliers sommaires.
Je me balade et commence à désespérer car il ne reste plus que des lits aux matelas tâchés et sur lesquels on ne trouve qu’une couverture crasseuse. En plus il faut enjamber d’autres lits déjà occupés par des routards pour y accéder, ça me saoule.

A un moment je tombe sur un de mes frères (j’en ai 3) déjà bien installé et qui semble émerger d’une petite sieste, tranquille le type. Il s’étonne que je sois encore là ma valise à la main.

Là j’en ai ras le cul: je me plante au milieu du truc et je m’entends dire « bon, je vois vraiment pas pourquoi je me fais chier » avant de me saisir de mon téléphone pour réserver une chambre dans un hôtel.

Ce que j’ai visiblement fait, et pas qu’à moitié puisque paf, je me retrouve tout d’un coup dans le vaste hall d’un établissement de luxe. Apaisé par le calme et la volupté de l’endroit, je me dirige vers la réception, derrière laquelle se trouve Carice Van Houten, tout sourire.

Et je me réveille.

Le râteau

Au cinéma, avant le début de la séance, un couple juste derrière moi:

Thor, le dernier, c’est pas du grand cinéma mais dans une grande salle comme la grande salle à côté là, c’est terrible…
– Ah tu vois, un film que j’attends pour l’an prochain c’est Jurassic Park.
– …
– Oui le nouveau là, ils en refont un, ça a l’air super.
– J’en ai pas entendu parler du tout.
– Ah mais si on a vu l’affiche dans le hall en arrivant !
Jumanji, pas Jurassic Park.
– Ah oui voilà, Jumanji Park !
Jumanji.
– Ca aussi, les Jumanji Park, c’est du grand cinéma…
– …
– Oh en plus j’imagine qu’ils vont faire un hommage à l’acteur décédé là, Robbie Williams.
Ro-BIN Williams.
– Grand acteur, grand acteur…
– …
– Et les enfants du film, ils sont devenus célèbres non ?
– Oui, le gamin je sais pas mais la petite c’est Kirsten Dunst.
– Ah oui voilà, Christine Dust.
Kirsten… Bon, ils sont à la bourre non? Ils avaient dit 20h30.

Vu leur façon de se comporter et de se parler, ça m’avait tout l’air d’un premier rencard Tinder ou Meetic. Et je pense également pouvoir affirmer qu’y en aura pas un deuxième.

Mon rêve 13

Aujourd’hui, l’Apocalypse.

Je suis chez moi. Je regarde les infos à la télé et je vois un type qui s’avance sur une vaste plage, à dos de cheval, pour découvrir, sidéré, le haut de la Statue de la Liberté qui dépasse de sous le sable. Le type ressemble comme deux gouttes d’eau à Charlton Heston mais c’est pas une rediff de La Planète des Singes, c’est bien les infos et elles sont sans ambiguïté : c’est la fin du monde.

C’est la fin du monde mais c’est manifestement pas une grosse surprise: tout le monde prépare gentiment ses bagages pour se barrer sur une autre planète. Bisous les rageux, on avait tout prévu lol.

Bon, je prépare donc mes bagages et je me rends au point de rendez-vous qui se trouve être un stand d’auto-tamponneuses.

Lorsque j’arrive, plusieurs personnes sont déjà présentes et attendent sagement à côté d’une pile de sacs et valises divers: les membres du casting de The Office (UK bien sûr). Y a donc Ricky Gervais, Martin Freeman, Lucy Davis (la réceptionniste blonde) etc. Y a aussi Dylan Moran, un acteur anglais qui jouait pas dans The Office mais tenait le rôle principal d’une autre sitcom, Black Books. J’aime pas des masses cette série ni ce mec mais c’est pas grave, je me dis chouette, le voyage va être cool. Je pose mes bagages avec tous les autres, me présente, on commence à discuter etc. C’est cool. (Putain, c’est cool en fait la fin du monde!)

Là dessus débarquent Noel et Liam Gallagher. Inquiétude: ils vont se foutre sur la gueule et nous gâcher le voyage-pour-échapper-à-la-fin-du-monde ces cons.

En effet, ça sent pas bon: ils débarquent séparément et de 2 endroits différents, avançant l’un vers l’autre comme dans un western, au milieu de la piste d’auto-tamponneuses (elles sont toutes rangées dans un coin). Noel est tranquille, sûr de lui mais déterminé. Liam a sa démarche bravache habituelle (et une grosse parka zippée jusqu’en haut, comme il se doit).

Ni une ni 2, l’une des personnes présentes se rue sur Noel pour lui faire entendre raison (me souvient pas qui), je fais de même avec Liam.

Je sais pas ce que je lui dis exactement mais je parviens à le calmer et à le raisonner sur le mode mais c’est ton frère quand même, c’est évident que vous vous aimez malgré tout ce que vous vous balancez blablabla. Du coup il baisse la garde et s’avance vers son frère façon main tendue, on efface tout et on repart à zéro etc.
Ils se serrent la main et commencent à rigoler, tout va bien. Soulagement dans les rangs, et surtout chez Liam qui craque un peu: « mais tu te rends compte, on a été trop cons, t’es mon frère, je t’aime » etc.

Il craque même complètement et se met à pleurnicher. Noel le prend alors dans ses bras et là il ouvre les vannes le Liam: il sanglote, exprime ses regrets, serre fort son frère etc. Tout le monde est un peu ému quand même et se regarde en souriant comme dans les grandes scènes de happy end des films américains… Merde, on a pas résolu le conflit israelo-palestinien mais on a œuvré à la réconciliation des frères Gallagher, c’est pas rien!
C’est à ce moment là que Noel, qui a toujours son frère dans ses bras, me fait signe en se marrant, l’air de dire « non mais regarde le ce con, c’est vraiment une mauviette. »

Et je me réveille.

Mon rêve 12

Aujourd’hui, une prophétie auto-réalisatrice.

J’ai rêvé que je me baladais dans Toulouse. Il faisait beau, j’étais bien, d’autant mieux que j’étais pas en vacances, comme si j’avais séché le bureau. « Il faisait bon et c’était cool » aurait dit Katerine même si j’avais pas spécialement envie de baiser et là, bim, place Capitole, devant la Fondation Ecureuil pour être précis et pour ceux qui connaîtraient l’endroit, je tombe sur Carice Van Houten.

Et je me réveille.

Mon rêve 11

Aujourd’hui, les sous-doués au festival de Cannes.

Je suis donc sur la Croisette, même si ça ressemble beaucoup plus à la campagne qu’à la Croisette mais passons, et je dois interviewer Nicolas Winding Refn, réalisateur de Drive et Neon Demon (entre autres).

Je m’installe dans un fauteuil. Refn débarque assez rapidement. Il est un peu froid, un peu meloneux, exactement comme je l’imagine mais c’est pas grave, I’m a professional.

Je sors un genre de carnet de notes que je fais semblant de consulter car en réalité j’ai aucune question: j’arrive sans avoir rien préparé du tout, en roue libre, sur le modèle d’une rubrique de feu Technikart (?) qui s’intitulait « une interview mal préparée donne toujours un mauvais papier ».

Je continue à faire semblant quelques instants. Je fronce les sourcils, fais mine de cocher ou rayer des trucs mais il est pas con, il flaire un truc pas net. Je décide de jouer franc-jeu : « alors voilà, pour être honnête j’ai rien préparé, je me suis dit que ça serait plus intéressant d’improviser et d’avoir une discussion plutôt qu’une véritable interview » blablabla. Là le mec monte dans les tours comme une balle. Il est scandalisé « mais qu’est ce que c’est que cette mascarade, c’est une plaisanterie, je vais pas en rester là croyez-moi, vous retravaillerez plus jamais » etc etc. Pas content.

Il se lève (mais il me bouscule pas) et entre dans la maison sous le porche de laquelle on était installés mais sans fermer la porte (un détail qui aura son importance).

Moi je bouge pas, je me la joue casual, rilax. Je fais comme si tout ça était normal et que ça me perturbait pas du tout, j’en ai vu d’autres. Je consulte mes fausses notes, mon téléphone etc. Je me retourne quand même discrétos de temps en temps pour voir ce qui se passe et je vois Refn qui s’agite dans l’entrée, expliquant probablement ce qui vient de se passer avec force gestes emphatiques. Je bouge pas.

Là dessus débarque Jean-Marc Barr.

Il me salue et s’installe sur le fauteuil en face de moi même si je suis pas censé l’interviewer, lui. Il est très cool, très souriant, on discute tranquillement. Je me retourne encore une fois pour vérifier où ça en est avec le Refn (il continue à palabrer avec une attachée de presse ou autre) et là je vois Jean-Marc Barr qui s’était donc levé sans que je m’en rende compte, en train de déposer ou ramasser un truc sur le paillasson de la villa, je comprends pas très bien.

Je le regarde et il me fait un petit signe de la main comme pour dire au revoir et se barre précipitamment, presque en courant. Je suis un peu interdit, je rejette donc un oeil au paillasson pour tâcher de comprendre: je constate que Barr vient d’y déposer une boule puante sur le point d’exploser alors que Refn se dirige vers la sortie.

Ni une ni deux, je me lève et je me barre moi aussi en courant, dans le sillage de Jean-Marc.

Et je me réveille.

Mon rêve 10

Aujourd’hui, du rififi dans la work place.

J’ai déjà évoqué (enfin, il me semble) ma passion pour tout le lexique et la « novlangue » liée aux entreprises 2.0, tout ce vocabulaire marketing-franglais-nawak de merde. J’en ai appris une bonne récemment: dans une société toulousaine, les chargés de relation commerciale (déjà une périphrase inutile pour désigner des commerciaux) sont nommés, tiens toi bien, « customer lover ». Ca m’a complètement déprimé et probablement inspiré ce qui suit.

Je suis donc au bureau quoique pas au même endroit dans lequel je me rends chaque jour mais c’est bien mon lieu de travail. Il s’agit ici d’une grande salle avec une grande table entourée de chaises, genre salle du conseil d’administration d’une grande entreprise. Bon.

J’ai préparé une liste de points pour la refonte du site internet d’un client, je m’apprête à la leur adresser (c’est mon boulot dans la vraie vie réelle). Là dessus, mon patron débarque et me lance sans trop de ménagement « assieds toi, on va la regarder ensemble ». Bon.

Je m’installe donc à côté de lui, pose mon document sur la grande table et là y a un grand type qui débarque sans crier gare, la bonne cinquantaine, des lunettes, un costard un peu ringard. J’ai immédiatement pensé à Robert Bourgi, le mec qui a offert des costumes à François Fillon.

Le patron me le présente sans trop de détails comme « M. X (me souviens plus de son nom), c’est un consultant synergie qu’on a pris pour checker nos backlogs et optimiser les points d’achoppement ». J’ai envie de lever les yeux au ciel mais je réponds simplement « ok » tout en me disant « c’est curieux ce mec un peu vieux, c’est pas un connard en Stan Smith mais bon, ok ».

Il porte peut-être pas des Stan Smith mais c’est quand même un connard: il s’installe de manière à m’éjecter de la table avec l’air affairé et pénétré de ceux qui ont l’intime conviction d’avoir plus d’importance que toi. Je me lève (et je le bouscule pas) et je me tiens debout derrière eux pendant qu’ils jettent un œil à mon document. Je vois que le type met des petites marques de validation ou des points d’interrogation pendant que mon patron acquiesce sans rien dire.

Puis une phrase semble lui poser problème. Il s’attarde dessus avec son stylo, fronce les sourcils. Il finit par noter une remarque qu’il souligne vigoureusement à deux reprises: « il faudré esspliqué ça 1 peu mieux ». Là je me dis « putain mais sans déconner c’est qui ce mec qu’on a dû payer une blinde pour écrire de la merde?!?! ». Sauf que je l’ai pas pensé, je l’ai dit à haute voix: mon patron et lui lèvent les yeux vers moi et me fusillent du regard. En fait, toute la salle se fige (elle est pleine et assez bruyante, des collègues, des personnes non identifiées) et me fusille du regard. Je me retrouve évidemment bien con et un peu désemparé lorsqu’une collègue, bien identifiée elle, me lance en rigolant « mais qu’est ce que t’es con. Oh la la t’es con… T’es vraiment trop con. Con con con ».

Je me marre et je me réveille. D’ailleurs je continue à me marrer une fois réveillé.