Mon rêve 16

Aujourd’hui, je reçois Michel Polnareff.

Je le reçois dans mon vrai chez moi actuel. Je crois bien que c’est la 1ère fois que je rêve de mon nouvel appart (j’y suis depuis 7 mois), c’est une date !

C’est le Polnareff actuel: âgé et pas en grande forme. Il est assis tout penaud sur mon canapé, il dit rien, comme shooté aux medocs ou comme un enfant qui aurait peur de se faire engueuler s’il ne se tient pas bien.

Car il est pas venu seul Michel: il est accompagné de son assistante, une caricature d’assistante comme je n’en ai vu/lu que dans les fictions puisque je ne fais pas partie du chobizenesse. Elle arrête pas de déblatérer sur tout et rien, elle répond à sa place, elle se la raconte, elle raconte Michel, elle est affectée, désagréable. En un mot, elle est insupportable.

Bon, je prends sur moi parce que je suis quand même dans mes petits souliers: même s’il me fait aujourd’hui plus de peine qu’autre chose, Polnareff, merde, c’est quelqu’un dont j’affectionne, admire même, beaucoup de titres. Je fais ce qu’on fait en 2018 quand on reçoit quelqu’un : je lui propose un Nespresso.

J’en propose pas à son assistante note, et elle m’en demande pas non plus. Bon. « Un court ou un long? » C’est évidemment elle qui répond: elle me sort tout un laïus imbitable (et dont je ne me souviens pas vraiment) sur les mérites de tel ou tel arôme blablabla. Du coup, faut qu’à mon tour je lui fasse l’article et lui détaille tout ce que je peux lui proposer en court, en long, en fort, en moins fort etc etc, j’en peux plus.

« Un long », finalement. OK, je prépare un long. Je l’apporte sans trop de cérémonial: je vais pas non plus sortir toute l’argenterie familiale que je ne possède de toutes façons pas. Je tends la tasse à Michel, toujours catatonique le pauvre. Son assistante intercepte: « vous permettez? » Elle veut goûter avant que Son Altesse Le Roi des Fourmis n’y trempe ses lèvres siliconées. Elle goûte donc et recrache illico. « Non mais j’hallucine trop, c’est une blague?!?! » Elle est inarrêtable: et c’est vraiment dégueulasse, mais ça va pas de servir un truc comme ça, c’est Monsieur Polnareff quand même etc etc.

Ni une ni deux, je lui prends la tasse des mains pour verser le café sur ses chaussures de créateur à 4000 boules. Elle bronche pas. Et pour cause: quand je baisse les yeux pour constater les dégâts, je vois que ce ne sont pas ses pompes qui sont souillées mais les mocassins blancs de Polnareff. Toujours stoïque et silencieux, il se lève et sort de l’appartement.

Et je me réveille.

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