Mon rêve 9

Aujourd’hui, un cauchemar. LE cauchemar. L’horreur absolue.

Ca commence dans une grande maison dans laquelle je vis manifestement avec 2-3 personnes de mon entourage (famille, amis, je sais pas trop, elles sont pas clairement identifiées). En bord de mer (ça c’est mon rêve absolu) puisque lorsque je sors faire un tour, je vais me balader sur la plage.

Mais là ça devient vite assez craignos: les gens sont hyper agités, voire paniqués car la mer est très forte. A un moment, je me retrouve même face à une vague qui enfle, enfle, enfle jusqu’à devenir un véritable mur d’eau d’une hauteur effrayante. Ca c’est une de mes phobies: le cauchemar dans le cauchemar, trop puissant man.

La vague finit par s’écraser sur le rivage mais ça va, c’est juste une très grosse vague qui fait à peine plus de dégâts que lorsqu’on est installé au bord de l’eau et que les serviettes sont emportées par une vague un peu plus forte que les autres. Je rentre chez moi.

Et là plein de mecs et de nanas commencent à débarquer de je ne sais où. Pas n’importe qui : des mecs avec des dreadlocks et des djembés et des nanas en sarouel et sacs à miroir. L’horreur absolue je te dis.
Très vite ils s’installent, ils font comme chez eux et ils mettent un beau bordel. Comme quoi, j’ai trouvé Mother! assez naze mais il a fait son petit effet quand même.

Bon, là c’est vraiment le chaos dans la maison: y a des gens qui sourient bêtement et dodelinent de la tête comme des couillons partout, ça pue le shit et la Valstar etc. Moi je suis tellement désespéré que je m’énerve même pas, j’essaie à peine de les contrôler: « non mais faites attention quand même… » etc.
A un moment je vais dans ma chambre et y a 4-5 personnes qui commencent à s’installer sur le lit, genre pour regarder un film sur un PC portable: « non mais essayez quand même d’enlever vos chaussures si vous allez sur le lit ». Je dis ça d’une voix faible et plaintive, personne m’écoute ni ne m’entend probablement.

Et là, la catastrophe, le point de non retour: j’avais mis le 1er album de Curtis Mayfield en fond sonore en rentrant de la plage et là je vois un gars qui s’approche de la chaîne hi-fi et qui vire le disque de la platine. Je le vois très bien le gars: il a un petit chapeau de merde sur la tête, un vieux bédo au coin des lèvres, un petit sourire et les yeux plissés. Il vire Curtis de la platine pour mettre du reggae.

Là c’en est évidemment trop donc je me réveille.

Mon rêve 8

Aujourd’hui, une plongée sans concessions dans mon intimité et mes fluides corporels. Un genre de point de non retour donc.

Ca se passe dans la maison familiale, dont on était pas propriétaires en réalité mais bon, c’est LA maison familiale, celle dans laquelle j’ai grandi. Et j’ai envie de pisser. Mais le truc c’est que j’ai réellement envie de pisser : je suis pas réveillé puisqu’il s’agit bien d’un rêve mais je sais pas, je sens que j’ai envie de pisser.

C’était une grande maison, un immense terrain surtout, isolé dans la campagne donc je me balade pour trouver un coin tranquille : pas moyen, y a toujours quelqu’un, un frère, une soeur, un voisin qui se trouve planté là donc bon, je me retiens. A un moment, un peu en désespoir de cause, je vais dans le jardin (potager) tenu par mon père mais évidemment, il est là, en train de travailler…

Puis tout à coup et sans transition je me retrouve dans le garage, ou ce qui faisait office de garage, avec un sol en terre battue (j’ai grandi à la ferme). Là je me dis, ouf c’est bon, tranquille, mais non, la porte s’ouvre et plein de poules s’y engouffrent, qui commencent à me courser (j’ai grandi à la ferme mais j’ai jamais aimé, voire toujours eu un peu peur des poules et des volatiles en général). Y en a de plusieurs sortes et elles me coursent vraiment ces connes. Une notamment, petite et d’un blanc immaculé, me parait particulièrement agressive: je la vois en train de courir vers moi de sa démarche caractéristique, d’un côté, de l’autre, d’un côté, de l’autre, les ailes collées au corps avec l’oeil du Malin. Ni une ni deux, je me saisis d’un plumeau (un plumeau pour faire la poussière oui) et je l’agite frénétiquement et de manière ridicule devant moi pour les tenir éloignées. Ah faut pas me faire chier moi quand ça dégénère.

Et là je me réveille. Il est 5h du matin, je me lève pour pisser.

Mon rêve 7

Aujourd’hui, du grand n’importe quoi.

Je dois aller passer un examen de maths au Mirail, la fac de lettres de Toulouse. Dans laquelle je n’ai jamais étudié, pas plus que je n’ai étudié les maths après le lycée. J’ai l’âge que j’ai actuellement, soit depuis très longtemps dépassé celui de passer des examens autres que médicaux mais passons, c’est un détail au regard de la suite.

Il pleut, je prends donc le bus pour m’y rendre car je porte des chaussures en daim et la pluie, c’est pas bon pour les chaussures en daim. Sauf que je réalise que je m’éloigne du Mirail, c’est-à-dire que j’ai pris le bus en sens inverse. Je descends donc fissa pour me retrouver dans un quartier peuplé d’asiatiques, des Chinois pour être tout à fait exact ( ???). Bon.

J’entreprends donc de faire le chemin en sens inverse à pied car je me dis que je dois pas être trop loin quand même. Je commence à remonter une longue avenue qu’il me semble bien avoir parcourue mais je reconnais rien du tout, je suis en train de me paumer. Il pleut de plus en plus fort en sus, mes belles chaussures en daim sont complètement ruinées, j’ai les boules.

Je me retrouve au milieu de personnes qui attendent le bus. J’en interroge l’une d’elles, une petite nana dont je me dis qu’elle doit être étudiante. Sauf que la nana me répond pas, elle détourne ostensiblement le regard : elle croit sans doute que je lui fais un plan pourri. Là-dessus, une autre nana qui m’a entendu arrive à ma rescousse, toute souriante et serviable. Elle m’indique le chemin pour aller à la fac. Ca a le mérite de décoincer la 1ère, celle qui voulait pas me répondre, qui du coup s’enflamme, tout sourire : « oh mais passez donc plutôt par là, vous verrez, y a une petite place avec plein de bébés labrador ! ». Ah ben si y a des bébés labrador…

Je me mets en route en suivant leurs indications mais assez vite je me retrouve dans un grand ensemble d’immeubles et… c’est la guerre. Au sens propre : ça bombarde et ça canarde à tout va. Autant te dire que je peux me gratter pour les bébés labrador. Bon, ceci dit, j’ai d’autres soucis là, faut que je me mette à l’abri : j’y parviens sans doute car je me retrouve tout à coup dans un appartement lambda, équipé mais inhabité, à la seule exception de Cyril Lignac. Autant tout le reste me laisse perplexe, autant là… Ca fait des années que je l’ai pas vu lui, je HAIS les émissions de cuisine.

Bon, là, malgré le fait qu’on continue à entendre des explosions à l’extérieur, des bruits d’hélico, des messages en langue des Balkans ( ???), le mec est en mode représentation, et il entreprend de me préparer une « petiteu saladeu de qui-no-a aux légumeus frais, le plat préféré des frangçais ». Là je me dis, putain mais n’importe quoi, le quinoa a détrôné le couscous en tant que plat préféré des français, la gentrification va décidément trop loin.

Puis tout à coup les combats s’intensifient, j’ai la nette impression que ça s’agite dans la cage d’escalier donc je commence à paniquer. Et je me réveille.

L’inégalité sudoripare

J’arrive à la boulangerie, il fait hyper lourd, je suis en nage et pourtant je viens pas de courir un semi-marathon, j’ai fait 10 minutes de vélo pour arriver jusque là ok mais bon, c’est tout plat, je sors du bureau et on a la clim, un peu trop même à mon goût, je dois mettre un pull ou un gilet parfois mais putain il fait super lourd aujourd’hui, je sens bien que mon polo est imprégné de ma sueur, mon front est trempe et là devant moi, ce mec que je croise de temps en temps, il bosse et vit dans le quartier si j’ai bien compris et il est là, impeccable, le petit chino nickel, la chemise seersucker impeccable, la chevelure soyeuse, on dirait qu’il vient de les shampouiner putain, et pourtant il est comme moi, il sort du bureau, il a fait sa journée, je le vois bien, il a ouvert son attaché case devant moi, y a plein de dossiers à l’intérieur et putain, IL SENT BON LE MEC, je te jure c’est pas possible, il sent bon alors qu’on est à la boulangerie, il fait chaud, y a cette odeur de pain et cette chaleur caractéristique des boulangeries mais non, c’est son odeur à lui que je sens, il sent bon, c’est indéniable, il sent le propre, comme s’il sortait de la douche et qu’il venait de prendre des vêtements dans la pile de linge propre alors que moi je suis là, je me sens poisseux, dégueulasse dans mes vêtements pourtant du matin tu vois, je suis tout rouge et tout essoufflé et je comprends pas comment c’est possible qu’il sente bon alors que j’ai qu’une envie c’est de courir chez moi me débarrasser des 2 litres de sueur que mon organisme est en train d’évacuer en temps réel. Je hais l’été mon corps, parfois.

Top of not bad

En écho à mon top of shame i.e. le top des chansons dégueulasses que j’aime de façon un peu inexplicable malgré tout, voici un petit top de tubes qui n’ont pas forcément bonne presse alors qu’il s’agit selon moi de bonnes chansons. J’aurais pu en sélectionner beaucoup plus évidemment mais je me suis limité à 5, les 5 qui me sont venues à l’esprit en premier.

Eric CarmenAll By Myself

J’avoue, j’ai surtout changé d’opinion au sujet de ce morceau lorsque je me suis intéressé de plus près à la carrière d’Eric Carmen et que je suis devenu un énorme fan de son premier groupe, les Raspberries. Quand on devient fan de quelqu’un, on est plus indulgent avec ses erreurs… Bon, indépendamment de ça, c’est pas sa meilleure chanson mais c’est pas non plus la pire et surtout quand on écoute la version originale sans a priori, on réalise qu’All by Myself n’a été rendu insupportable que par celles et ceux qui l’ont reprise. Par Céline Dion, s’il faut dire les choses. Un peu comme le Without You d’Harry Nilsson et sa reprise par Mariah Carey.

Eddy MitchellLa Dernière Séance

Un titre estampillé Radio Nostalgie, et qu’a priori, seule la nostalgie justement, nous fait apprécier (+100 si t’as connu l’émission du même nom sur la 3). Sauf que non : le storytelling, le sentimentalisme, la petite guitare subtilement hispanisante, l’harmonica, le solo-de-pedal-steel que-tu-reproduis-à-la-bouche, les chœurs féminins, tout ça c’est absolument impeccable et la Dernière séance c’est ce qu’on peut faire de mieux dans le genre Nashville à Belleville. Emballé c’est pesé par un M’sieur Eddy dans toute sa bienveillante rondeur.

Katy PerryHot N Cold

En bon vieux con retro-fétichiste qui se respecte, je suis complètement largué en tubes contemporains mais parfois y a un truc qui m’arrive aux oreilles et me fait dire que voilà de la grosse pop dont je me réjouis qu’elle cartonne sur toute la planète. Dans le genre, Hot N Cold se pose un peu là : couplets rentrés, paroles eh-oh-tu-me-gonfles-à-souffler-le-chaud-et-le-froid-à-la-fin pour les filles, refrain un peu bourrin et grosse rythmique pour les garçons. Sans oublier les grosses bulles évidemment, pour les garçons itou. Bon, après, la prod est quand même bien bourrine pour le coup, ça peut fatiguer.

Taylor SwiftShake It Off

Un peu la même que ci-dessus, dans un registre plus mutin et plus subtil (et moins ouvertement sexué). Disons que Shake It Off colle bien au physique WASP et sage de Taylor Swift et que Hot N Cold va très bien lui aussi à celui davantage pupute de Katy Perry. Je trouve ça très efficace en tout cas, le genre de truc qui te fait te lever en soirée pour aller rejoindre les autres sur la piste.

Sheryl CrowAll I Wanna Do

Un titre estampillé « RTL2, le son pop-rock », soit un peu l’horreur absolue sauf que non : ce titre a un petit côté JJ Cale meets Steely Dan et s’il était signé de l’un ou l’autre, on se poserait pas la question, on trouverait ça super. Donc faut pas se poser la question: All I Wanna Do, c’est super, un modèle de morceau refrain-anônné-en-été-en-bagnole-les-vitres-baissées. « This is L.A. », impecc.

20 euros

Au Carrefour express, devant moi, une femme entre deux âges tenant 2 paniers remplis à ras bord de provisions. Lorsque son tour arrive, elle les pose devant la caissière :

– J’ai que 20 euros, vous pourriez prendre de quoi arriver jusqu’à 20 euros s’il vous plaît ?
– Euh… Oui… Euh… OK, je peux essayer mais je sais pas ce dont vous avez besoin moi.
– Non mais c’est pas grave, j’ai que 20 euros, prenez juste pour 20 euros, n’importe quoi. Mais il faut que ça fasse 20 euros !
– OK…

2 paniers pleins à ras bord donc. Ca va des steaks surgelés aux biscuits apéritifs en passant par l’huile d’olive, les serviettes hygiéniques, les bananes, haricots verts, nettoyant javel, ampoules etc.
La caissière s’efforce de faire passer un maximum d’articles : lorsque l’un d’eux se révèle trop onéreux (l’huile d’olive par exemple), elle l’annule et en fait passer un autre. Elle les sélectionne selon leur nature en plus, mélange l’alimentaire et les produits ménagers. Patiente la nana. Patients nous aussi dans la file d’attente qui s’allonge car tout ça prend quand même un certain temps. La caissière finit par annoncer avec une pointe de fierté bien légitime :

– 20 euros 10 !
– Ah oui mais moi j’ai que 20 euros, je vous avais dit qu’il fallait que ça fasse 20 euros.

Elle tend un billet de 20 euros.

– Oui mais c’est compliqué de tomber tout pile quand même…
– Rhalala mais comment on fait alors, j’ai que 20 euros moi j’ai rien d’autre.

Elle tient toujours son PUTAIN DE BILLET DE 20 EUROS à bout de bras.

– Je vais pas tout recommencer Madame, il commence à y avoir du monde là en plus…
– Mais oui mais j’ai que 20 euros moi.

Là j’explose presque :

– Tenez, voilà les 10 centimes, on va pas y passer la journée non plus.

C’est la caissière qui me remercie, soulagée. La bonne femme dit rien, elle a l’air un poil perchée en fait. Mais surtout très conne, je crois.
J’en pouvais plus : j’aurais pas eu les 10 centimes, je crois que je lui fracassais la bouteille d’huile d’olive sur le crâne.

Mon rêve 6

Cette nuit j’ai rêvé que je passais un moment chez Katy Perry.

Oh je te vois venir mais non, c’est comme je te le dis, je passais simplement un moment chez Katy Perry. Elle était très sympathique. Oh je te vois venir mais non, elle était simplement sympathique. Et puis bon, Katy Perry et son physique de Zooey Deschanel grandie dans les strip clubs de Las Vegas plutôt que les studios d’Hollywood, ça va quoi. En revanche j’avoue une passion même pas coupable (j’y reviendrai) pour son morceau Hot’n’Cold que j’avais entendu dans la journée : ceci explique cela.

Donc on est là, tranquilles, chez elle: une villa de star comme on l’imagine et comme on en voit dans les émissions people, toute en marbre blanc et colonnes grecques un peu vulgos. Elle est très joyeuse et de très bonne compagnie (oh je te vois venir etc).

Et là elle décide qu’on va jouer à cache cache. Bon. Je trouve ça un peu incongru et puéril mais elle est un peu surexcitée, je cède à son enthousiasme.

C’est moi qui commence (à me cacher) donc je cours dans les couloirs de la baraque (c’est vraiment très grand) pour trouver une planque et là tout à coup, comme un diable sortant de sa boîte, un mec apparait : c’est Kevin Dunn, un parfait « on ne sait jamais comment ils s’appellent » qui a joué dans plein de films et séries, et que j’avais revu il y a quelques temps dans Hot Shots. D’ailleurs il a exactement la même tête que dans le film, uniforme compris:

Je comprends que lui aussi jouait à cache cache, et que c’est la raison pour laquelle je le retrouve dans une sorte de grand buffet qui s’ouvre par le haut, avec seulement sa tête qui dépasse pour me demander : « c’est bon, je peux sortir maintenant? ».

Là je flippe un peu, j’ai plein de questions qui m’assaillent : « mais bordel, ça fait combien de temps qu’il est caché? », « qu’est ce que cet acteur de seconde zone fout dans la villa de Katy Perry? », « est-ce qu’elle est sympathique avec lui? » etc etc.

Malheureusement j’aurai jamais la réponse car c’est à ce moment précis que je me réveille.

Mon rêve 5

Cette nuit, j’ai fait passer un genre d’entretien d’embauche aux candidats à l’élection présidentielle. Tcharrément.

Ca se passait dans un immense bâtiment très officiel. Genre cossu et qui impose le respect (colonnes, fenêtres XXL, 54m de hauteur sous plafond) mais austère. Soviétique.

On était plusieurs à le faire passer cet entretien, dont 2 de mes sœurs (j’en ai 3), autour d’une immense table très impressionnante et protocolaire là aussi. Les autres personnes n’étaient pas identifiées/ables. Y avait clairement un côté comité de salut public voire tribunal révolutionnaire : ça rigolait pas beaucoup.

Je sais que tous les candidats sont passés devant nous mais le fragment du rêve dont je me souviens le plus clairement était centré sur Fillon.

Don Draper

Il était assis de l’autre côté de la table, avec quelques uns de ses sbires (non identifiés itou).
Dès qu’il arrive, je suis comme une balle, je lui rentre violemment dans le lard. Un remake de l’intervention de Christine Angot. Et là, pire encore que face à elle, Fillon se démonte pas : non seulement il répond mais il contre-attaque et se montre rapidement très condescendant voire méprisant comme il sait l’être. Il fait le malin, il porte beau (j’aime bien cette expression) et arbore son insupportable petit sourire en coin de pseudo nobliau sûr de son bon droit quand il s’agit de te la mettre bien profond. A tel point que je réalise soudain qu’il a changé de place : il est plus de l’autre côté de la table avec les personnes de son équipe, il préside l’assemblée, seul. Il a tombé la veste, défait un peu sa cravate, limite les pieds sur la table le mec, tranquille.

Là c’est trop pour moi, je me lève avec la ferme intention de le remettre à sa place (dans les 2 sens). Il se lève aussi le bougre, si bien qu’on se retrouve face à face, limite front contre front, c’est ridicule. Et là on a ce bref échange qui entre directement dans mon top 5 des interventions-qui-ont-bien-rabattu-son-caquet-à-mon-interlocuteur-(dans ma tête) :

– M. Fillon, veuillez retourner à votre place je vous prie, ce n’est pas vous qui dirigez les débats ici.
– Je… euh… oui, je… je vous prie de bien vouloir m’excuser.

Il est donc retourné s’asseoir à sa place et on l’a plus entendu. Je crois qu’il a pas eu le poste au final.

La bonne observatrice

Au Mac Do relativement bondé, je dois m’installer à côté de 2 jeunes filles mignonettes et sages, prototypes des toulousaines étudiantes à l’école de commerce toute proche.

La première est extrêmement bavarde et donne un peu l’impression de saouler sa copine. Elle examine plusieurs opportunités d’emploi qui s’offrent à elle et elle est très indécise :

– Je sais pas quoi faire du coup tu vois hi hi.
– Ben je sais pas, tu fais ce que tu veux.

Ce genre-là.

Soit dit en passant, il y a donc en France en 2017 des gens qui ont encore le choix dans le poste qu’ils vont occuper et la société qu’ils vont intégrer.

Bon, toujours est-il que l’autre est manifestement déjà en poste dans une entreprise de cosmétologie. L’une des opportunités qui s’offrent à sa copine (dont je commence à douter qu’elle soit vraiment sa copine) requiert d’être « à l’aise avec les chiffres », ce qui l’inquiète voire la refroidit un peu. Elle lui explique donc :

– Non mais ça tu sais, c’est rien à mon avis ça veut juste dire savoir lire les stats. C’est un logiciel qu’on utilise chez SVR et qui te permet de savoir que tel produit a fait tel pourcentage de progression. C’est tout simple et c’est hyper pratique. Mettons tu veux savoir les chiffres de vente de tes produits euh… je sais pas… euh…

Là elle cherche un exemple en agitant un peu les mains et regarde dans ma direction.

– Euh, tes… tes produits anti chute de cheveux par exemple. Ben t’as tous les résultats en 2 clics.

La merdeuse.

Et là tu te dis : « Ha ha il a dû enchaîner avec une brillante répartie qui l’a insidieusement remise à sa place tout en révélant en sourdine ce sens de l’auto-dérision qui fait de lui ce middle-aged man irrésistible ». Et tu as raison, c’est exactement ce qui s’est produit. 10 minutes après, dans ma tête.
Sur le coup je me suis contenté de terminer mon menu Mc City (celui à 4€95) et d’enchaîner avec un Mc Flurry M&M’s. Ce dernier n’était pas prévu mais après cet incident, j’ai eu besoin de me reconstruire.

Tous les matins

Il y a ce couple de jeunes gens un peu enrobés, un peu lourds, qui discutent toujours beaucoup en se souriant mutuellement. Ils avaient tous deux les cheveux assez longs et les ont désormais tous les deux raccourci. Ils ont l’air très complice. Je les aime bien.

Il y a cette femme d’âge moyen, toujours apprêtée, maquillée, qui marche d’un pas lent et robotique, les bras ballants le long du corps, le regard totalement vide. Un jour que j’étais un peu en retard, vers 9h15, je l’ai vue en train de discuter avec un homme à la terrasse d’un café, volubile, l’œil vif. Complètement transformée. Sur la table devant elle, un verre de vin blanc.

Il y a cette autre femme d’âge moyen qui se balade quasiment toujours les bras nus. En hiver, quand je suis frigorifié sous mon bonnet et mes 4 couches de vêtements, elle porte un petit cardigan en laine.

Il y a ce petit monsieur qui a toujours l’air un peu soucieux, les sourcils froncés et le front plissé, il marche toujours d’un bon pas. Lorsque je le croisais au début (il y a quelques années), il ne fumait pas. Maintenant il a une cigarette entre les doigts dès avant 9h. Une ou deux fois par semaine, il porte un sac de sport (tennis), ça me rassure. Un jour que je marchais avec une collègue, ils se sont gentiment dit « bonjour » quand on s’est croisé. Je lui ai demandé si elle le connaissait, elle m’a répondu que non, elle le croisait simplement tous les jours ou presque. Je me suis senti un peu honteux.

Il y a parfois des gens qui font du tai chi

Il y a cette jeune femme au regard un peu triste qui vient de déposer son enfant à la crèche d’à côté. Je me demande si c’est son regard habituel ou si elle a des soucis.

Il y a cette jeune fille qui est systématiquement au téléphone. Avec sa mère ? Sa sœur ? Son copain ? J’aimerais bien savoir. Elle a son téléphone dans la main gauche mais posé sur son oreille droite, c’est pas très pratique. D’autant qu’à son bras droit pendouille un lourd it-bag. A chaque fois je suis à 2 doigts de lui dire que c’est vraiment n’importe quoi mais évidemment je me retiens sans mal.

Il y a cette autre jeune fille toujours très bien habillée, à l’allure distinguée voire un peu hautaine. Un jour qu’elle parlait au téléphone, j’ai entendu son hénaurme accent toulousaing.

Il y a ce jeune papa qui emmène son fils dans sa poussette, je le vois grandir petit à petit. Le papa a toujours un casque sur les oreilles et il semble faire peu de cas de son enfant.

Il y a ce couple très Jeunes Républicains ou En marche !, toujours habillés de façon visiblement un peu dispendieuse et jamais de la même manière. Ils marchent toujours très vite, soucieux de ne pas rater le début de ce que j’imagine être un cours de droit ou d’économie. Ou pire, le début d’une journée de travail dans une banque. Je les aime pas.