#83 Steely Dan – Can’t Buy a Thrill

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J’ignore ce qu’il en est maintenant mais pour les gens de ma génération, et peut-être la suivante, lorsqu’on commençait à s’intéresser de près à l’indie-pop ou qu’on faisait partie de la génération Inrockuptibles pour faire court (aujourd’hui on dirait plutôt la « génération Pitchfork » j’imagine), Steely Dan comptait parmi les énormes fautes de goût, les groupes absolument tabous. Steely Dan c’était le rock FM dans toute sa vulgarité dégoulinante, des mecs cokés jusqu’à la moelle qui passaient 4 ans en studio pour peaufiner un son de caisse claire, des frères d’armes des Doobie BrothersToto, Asia ou autres formations de la même engeance (quitte à tout mélanger). Donc on y jette même pas une oreille.

Et puis on vieillit, on s’assouplit, on retire peu à peu ses œillères. On élargit son univers musical. On lit des articles, des groupes ou artistes qu’on apprécie parlent de Steely Dan et on découvre que… ben c’est pas vraiment ce qu’on avait imaginé. C’est même un truc assez précis, un truc de connaisseur, d’esthète. Et on écoute, finalement.

J’y suis venu via les High Llamas des 3 premiers albums (jusqu’à Gideon Gaye inclus). Sean O’Hagan citait le groupe comme une influence diffuse mais importante, j’ai donc jeté une oreille. Et ça m’a bien plu; j’ai compris (je crois) en quoi le groupe avait été une influence pour mes favoris et j’ai peu à peu apprécié le groupe, ça a été progressif, il a fallu appréhender cette musique totalement nouvelle pour moi. Et puis j’ai commencé à écouter les paroles, terribles ! mais c’est fou ça, cette musique hyper léchée et ses paroles hyper subversives, ça devrait pas aller ensemble mais si, et c’est ça qui est génial dans Steely Dan bien sûr (entre autres).

Ceci étant, c’est progressif comme je disais : on vient généralement à Steely Dan par Pretzel Logic, leur album le plus accessible, ou par celui-ci, puis on avance pas à pas, tranquillement, on n’arrive pas tout de suite à Gaucho ou Aja.
Mais une fois qu’on est mordu… Quel délice… Avec toujours cette sensation de goûter à quelque chose d’un peu sale, d’un peu déviant. Et maintenant, quand on entend quelqu’un dire que Steely Dan « c’est nul, c’est du rock californien de merde », on répond pas toujours parce que ça serait trop compliqué. On se contente d’un petit sourire en coin : ça viendra, tôt ou tard, et toi aussi tu sauras.

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