Tous les matins 2

J’ai déménagé il y a un peu moins d’un an. Nouvel itinéraire (en partie), « nouveaux » horaires (je vis plus près du bureau mais comme je suis prêt à partir à la même heure, je fais mon trajet plus tôt), donc nouvelles personnes croisées sur le chemin:

Il y a les mamans qui accompagnent leur(s) enfant(s) à l’école qui se trouve juste à côté de chez moi. Les mamans car très (très) rarement les papas : école privée catholique qui m’a l’air bien gratinée. Quand elles ne sont pas à pied, c’est un défilé de Fiat 500, Austin Mini mais aussi de 4×4, pardon de SUVs comme on dit désormais, EXTRÊMEMENT UTILES en centre ville.

Il y a cette maman en particulier, qui galère avec son petit, la pauvre… Au début de l’année (scolaire, en septembre donc), il faisait sa toute première rentrée j’imagine car elle devait littéralement le traîner par la main sur le trottoir ou le porter alors qu’il se débattait, hurlant qu’il voulait pas y aller. Ca a duré super longtemps cette histoire. Mais maintenant il a pris la confiance, il pète le feu: il fonce à toutes berzingues sur son petit vélo à petites roues et elle doit lui courir après, essoufflée. C’est la seule maman « normale » que j’ai pu voir jusqu’à présent (pas super apprêtée, voire sentant encore la dormite) au milieu d’un contingent de bourgeoises toulousaines sans doute fraîches et dispos dès 7h du matin après leur cours de pilates.

Il y a ce type très mince toujours habillé en noir et souvent en polo manches courtes que je croise à différents endroits de mon trajet (parfois près du bureau, parfois dans ma rue) et j’ai toujours pas réussi à comprendre où il se rendait, quel pouvait bien être son boulot et ça m’énerve. Je vais finir par le suivre un jour.

Il y a le propriétaire du bar L’Autan, un des bars historiques de Toulouse, notamment pour la scène et le public punk. Il balade son chien, un énorme bouledogue anglais qui a du mal à se déplacer tellement il est énorme (probablement un peu âgé aussi). Lui est imposant, tatoué (y compris sur le visage et le crâne qu’il a évidemment entièrement rasé), renfrogné, un peu âgé aussi et ils forment à eux 2 le plus parfait exemple du cliché qui veut qu’un animal domestique et son propriétaire se ressemblent.

Il y a ce moment où je rentre dans le parc situé juste avant le bureau et que j’aime bien

Il y a ce type qui vient probablement de déposer son enfant à la crèche près du bureau (ou alors sa trottinette est beaucoup trop petite pour lui) et qui arbore toujours d’invraisemblables combinaisons de couleur. Je pense immédiatement et systématiquement aux Teletubbies en le voyant.

Il y a toujours cette femme d’âge moyen qui s’habille de manière légère quelle que soit la saison et dont j’ai déjà parlé dans mon premier billet. Aujourd’hui par exemple, je porte un polo, un pull, une veste et je regrette de pas avoir pris mon foulard. Elle marchait tranquilou en débardeur et nus-pieds.

Il y a ce petit mec avec qui je prenais souvent le métro et que je ne croisais plus depuis que j’ai arrêté de le prendre. Je le revois assez régulièrement maintenant. Je dis « petit mec » parce qu’il est vraiment très petit. Je sais que c’est con et condescendant mais les mecs vraiment très petits me font toujours un peu de peine. Lui avait l’air toujours triste de surcroît, même si j’ai bien conscience que ça n’avait sans doute rien à voir avec ça. D’ailleurs il n’était peut-être pas triste, c’était juste son expression visagale. Quoiqu’il en soit, ça faisait un bon moment que je l’avais pas recroisé: pour nos « retrouvailles », il menait un petit groupe de types en costume qui sortaient d’une banque. Il était transformé, à tel point que j’ai mis du temps à le reconnaître mais c’était bien lui : cheveux gominés et coiffés en arrière, beau costume, très sûr de lui cette fois, mais pas dans le bon sens du terme. Si ça se trouve c’est un connard en fait et Randy Newman a raison :

Il y a cette jeune fille qui porte tous les jours une robe plutôt courte, unie ou à imprimé. Tous les jours, été comme hiver. Un jour qu’elle marchait avec une amie, et alors que je l’imaginais volontiers en héroïne rohmerienne, je l’ai entendue parler droit des entreprises avec beaucoup d’entrain.

Il y a ce type à la gueule incroyable, taillée à la serpe, l’œil noir, entre ex-junkie, ex-SDF et ex-exécuteur de basses œuvres dans un pays de l’Est. Toujours vêtu comme un régisseur en charge d’événements et structures complexes (chaussures de randonnée hyper techniques, cargo pants aux nombreuses poches visiblement bien remplies, sac à dos j’ai-fait-le-K2-l’été-dernier) il a l’air super vif, super fit, et marche d’un pas nerveux. Il me fait un peu peur.

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