Teenage Fanclub – Le Metronum, Toulouse

« She wears denim wherever she goes / Says she’s gonna get some records by the Status Quo / Oh yeah / Oh yeah »

Si toi aussi tu as été musicalement formé au début des années 90s, il y a de fortes chances que les premiers mots de The Concept se soient gravés à jamais dans ta mémoire.

(A 2’01, mon solo de guitare préféré de tous les temps, je l’ai joué un nombre incalculable de fois. A la bouche.)

A partir du moment où j’ai entendu cette intro bruitiste suivie d’une mélodie byrdsienne chez Bernard Lenoir sur France Inter un soir de cité U comme tant d’autres, Teenage Fanclub est devenu un groupe phare, fétiche, un de ceux qui m’accompagnent… depuis toujours ou presque maintenant puisque ça fait 25 ans. Un de ces groupes qui n’a selon moi jamais commis un seul mauvais disque, ni même un disque moyen et qui est capable, près de 30 ans après ses débuts (Everything Flows en 1989), de sortir un de ses meilleurs albums (le sublime Here de l’an dernier). Un groupe qui m’a parlé et qui me parle encore intimement comme peu d’autres parmi les formations contemporaines.

Et un groupe qui s’est logiquement ajouté à ma bucket list de groupes à voir sur scène et auprès duquel j’avais jusqu’à lundi dernier essuyé 2 échecs retentissant (le premier en 1992, le second en 2010) donc autant te dire que j’étais un poil surexcité et qu’à ce stade et à ce niveau d’attachement affectif J’ETAIS UN POIL SUREXCITE.

Le concert avait lieu au Metronum, sorte de mini-Bikini, soit une salle flambant neuve (3 ou 4 ans seulement il me semble) très confortable pour le public et sans doute les musiciens (super acoustique). Affluence… correcte, sans plus. Je m’attendais à davantage mais je suis sans doute aveuglé par mon attachement au groupe qui reste un groupe confidentiel, en France en tout cas. Public de quarantenaires, voire plus, majoritairement.

Après une première partie sur laquelle je préfère ne pas m’attarder afin de ne pas gâcher l’ambiance, Teenage Fanclub attaque de manière prévisible avec Start Again. Peut-être ma chanson préférée du groupe donc une de mes chansons préférées tout court. Pour des raisons qui seraient à la fois trop longues et trop embarrassantes à expliquer.

(A 2’27, second solo favori de tous les temps. A la bouche aussi.)

Ouverture prévisible quoiqu’il en soit (les Stones attaquent avec Start me up, Teenage Fanclub avec Start Again, normal dans les deux cas) mais un poil frustrante car comme souvent sur les 1ers morceaux, la balance est pas au top et c’est le cas ici. « Even though / It’s complicated / We’ve got time / To start again », ça me tuera toujours malgré tout, même via le haut parleur d’un téléphone portable. Et puis dès le départ, malgré la balance un peu hasardeuse donc, c’est vraiment “les harmonies vocales pour les Nuls”. Putain le niveau des mecs, comme ça, à froid…

Les mecs d’ailleurs : Norman Blake, son léger embonpoint et sa dégaine très sage d’étudiant sympatoche. Héros pop absolu. C’est lui qui interprète le plus de morceaux : même si le travail de composition (et d’interprétations puisque chacun chante la chanson qu’il a écrite) se divise équitablement, il reste le leader du groupe. Je suis à la fois surpris et ému : je réalise qu’en live, son timbre, ses intonations, son phrasé se rapprochent énormément de ceux de l’un de ses héros (qui se trouve aussi être l’un des miens), Gene Clark.

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Raymond McGinley (qui restera tout le concert sur sa Jazzmaster) très classe avec ses cheveux presqu’uniformément blancs et son allure longiligne, roi du solo neilyoungien

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Gerard Love et son incroyable dégaine d’éternel étudiant endimanché aux fringues mal taillées. Souvent en retrait (au sens propre), ses compositions humbles et plus impressionnistes que celles de ses 2 partenaires seront toujours très chaleureusement accueillies.

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Plus le désormais fidèle Francis Mac Donald à la batterie et un cinquième gars dont j’ignore le nom aux claviers/guitare.

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Bon, dès le 2ème morceau (Sometimes I Don’t Need to Believe in Anything et ses incroyables harmonies à 5 sur le final), tout va bien côté son et du coup… Bah c’est tout simplement parfait. Simplement : Teenage Fanclub, c’est la quintessence du groupe pop/power pop et l’adjonction d’un clavier (très) discret à la formule canonique guitare-basse-batterie, c’est la seule fantaisie qu’on est en droit d’attendre de leur part.
Car l’essentiel est ailleurs : dans ces compositions canoniques là aussi, à la saveur d’éternité comme j’ai pu le lire dans une bio du groupe,  qui, même quand on les connait un peu moins bien (comme celles du dernier album par exemple), procurent ce sentiment qu’on les connait depuis toujours. Pas au sens « pffffffffff, j’ai entendu ce truc mille fois » mais au sens « nom de Dieu, j’ai l’impression de connaitre cette chanson depuis toujours ». Ce qui vaudra aux titres du dernier album de se fondre à merveille dans une setlist composé de tubes issus de TOUS leurs albums (donc une période couvrant presque 30 ans encore une fois) et à un titre tel que I’m in love, d’être aussi chaleureusement accueilli qu’un classique tel que Sparky’s Dream (au hasard). Merde, je parle là d’un groupe capable de composer ces 2 merveilles absolues à 20 ans d’intervalle :

Je ne vais donc pas citer tous les moments forts puisqu’il n’y a eu que ça : le groupe possède une bonne dizaine, au bas mot, de classiques absolus qu’il interprète avec une maîtrise confondante (ces harmonies nom de Dieu, cette symbiose entre les guitares de Blake et McGinley). Mieux, c’est dingue l’énergie et l’enthousiasme, apparemment sincères si l’on en juge par leur attitude et leurs sourires, dont ils font preuve en interprétant des titres qu’ils jouent probablement à tous leurs concerts depuis parfois 25 ans : The Concept par exemple, ils la jouent absolument à chaque fois je suppose, ça peut pas être autrement puisque c’est sans doute LE morceau qu’on retiendra d’eux et pourtant voilà, ils sont à fond, 25 ans après et c’est ce qui ajoute de l’émotion à ce grand moment.

Je vais pas tout citer, promis, mais des titres des albums « du milieu », comprendre des albums un peu négligés car un poil en dessous de leurs chefs d’oeuvre Bandwagonesque, Grand Prix ou Songs from Northern Britain ( je parle là d’albums tels que Howdy ou Man-Made) ont pris une dimension étonnante (It’s all in my mind, Dumb Dumb Dumb).

Et quel rappel ! Je m’attendais pas du tout à ce qu’ils remontent aussi loin dans le temps et avec une telle ferveur : God Knows It’s True, Radio (de leur très sous-estimé 3ème album, Thirteen) et pour finir, Everything Flows, leur premier single, à 3 guitares, avec de vrais accents de Crazy Horse dedans.

1h45 de perfection pop, tout simplement, avec humilité, élégance et enthousiasme.

mde

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