Game Night – critique

Pour pimenter leur vie de couple, Max et Annie animent un jeu une nuit par semaine. Cette fois ils comptent sur Brooks, le frère charismatique de Max, pour organiser une super soirée à thème autour du polar, avec vrais faux malfrats et agents fédéraux ! Brooks a même prévu de se faire enlever…. sauf qu’il reste introuvable. En tentant de résoudre l’énigme, nos joueurs invétérés commencent à comprendre qu’ils se sont peut-être trompés sur toute la ligne. De fausse piste en rebondissement, ils n’ont plus aucun point de repère et ne savent plus s’il s’agit encore d’un jeu… ou pas. Cette nuit risque bien d’être la plus délirante – et la plus dangereuse – de toute leur carrière de joueurs… (Allociné)

Déception : Game Night est régulièrement vantée comme la meilleure comédie de l’année mais j’ai trouvé pour ma part qu’elle révélait une impasse, celle de la comédie américaine actuelle, après des années fastes.

Le pitch est malin et bien développé, suivant le principe de l’effet boule de neige : une fois la machinerie lancée (Kyle « FILF » Chandler se fait enlever non pas par des gens de l’agence qui organise la game night, mais par de vrais méchants à qui il doit du fric), les scènes et les situations s’enchaînent sans temps mort, bien rythmées, bien montées, parfois réellement surprenantes. Et on sait l’importance du rythme et du montage dans une comédie.

Le hic pour moi c’est que l’humour ne repose quasiment que sur le seul principe du commentaire sarcastique, à tout moment, quelle que soit la situation. Même, voire surtout lorsqu’elle est dramatique. Les personnages, très rapidement croqués et grossièrement caractérisés (le couple de winners forcenés, le dragueur, la cougar etc) ne bénéficient d’aucun développement: ils ont simplement tous une forte propension à se vanner les uns les autres avec le même mordant.

Ce que met en branle et ce que montre Game Night (mais du coup c’est pas inintéressant dans ce que ça révèle sur 2018) c’est un humour, et un monde donc, de smartasses, de gens qui ont toujours la répartie qui tue (ou censée tuer) et qui n’existent qu’à travers leur regard amusé et distancé sur les événements et sur les autres. Un humour dérivé d’internet et des conversations à distance (encore), qui ne connaît pas le drame de l’esprit de l’escalier puisque, séparés des autres par un écran, de téléphone ou d’ordinateur, on bénéficie toujours du confort du temps, du recul, pour la réflexion, la réécriture.

Alors certes, ça fait parfois mouche (ou souvent, selon notre sensibilité), et ce registre humoristique a été popularisé par des gens (Judd Apatow et sa bande) et des œuvres (les séries New Girl et The League sur des modes pourtant très différents) parfois brillantes voire géniales.  Mais lorsqu’il est systématisé comme ici, on (en tout cas « je ») frôle l’overdose et ça révèle selon moi une certaine paresse. D’écriture avant tout, mais aussi de rapport au monde, et aux autres.

J’extrapole peut-être, et je suis sans doute un peu sévère car, encore une fois, c’est vraiment bien fichu en termes de mécanique et régulièrement drôle mais ce constat, celui de personnages et par extension, d’un monde, qui ne sait plus vivre les événements de manière naturelle, constat qui n’est pas nouveau, certes, m’a un peu déprimé.

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