Game Night – critique

Pour pimenter leur vie de couple, Max et Annie animent un jeu une nuit par semaine. Cette fois ils comptent sur Brooks, le frère charismatique de Max, pour organiser une super soirée à thème autour du polar, avec vrais faux malfrats et agents fédéraux ! Brooks a même prévu de se faire enlever…. sauf qu’il reste introuvable. En tentant de résoudre l’énigme, nos joueurs invétérés commencent à comprendre qu’ils se sont peut-être trompés sur toute la ligne. De fausse piste en rebondissement, ils n’ont plus aucun point de repère et ne savent plus s’il s’agit encore d’un jeu… ou pas. Cette nuit risque bien d’être la plus délirante – et la plus dangereuse – de toute leur carrière de joueurs… (Allociné)

Déception : Game Night est régulièrement vantée comme la meilleure comédie de l’année mais j’ai trouvé pour ma part qu’elle révélait une impasse, celle de la comédie américaine actuelle, après des années fastes.

Le pitch est malin et bien développé, suivant le principe de l’effet boule de neige : une fois la machinerie lancée (Kyle « FILF » Chandler se fait enlever non pas par des gens de l’agence qui organise la game night, mais par de vrais méchants à qui il doit du fric), les scènes et les situations s’enchaînent sans temps mort, bien rythmées, bien montées, parfois réellement surprenantes. Et on sait l’importance du rythme et du montage dans une comédie.

Le hic pour moi c’est que l’humour ne repose quasiment que sur le seul principe du commentaire sarcastique, à tout moment, quelle que soit la situation. Même, voire surtout lorsqu’elle est dramatique. Les personnages, très rapidement croqués et grossièrement caractérisés (le couple de winners forcenés, le dragueur, la cougar etc) ne bénéficient d’aucun développement: ils ont simplement tous une forte propension à se vanner les uns les autres avec le même mordant.

Ce que met en branle et ce que montre Game Night (mais du coup c’est pas inintéressant dans ce que ça révèle sur 2018) c’est un humour, et un monde donc, de smartasses, de gens qui ont toujours la répartie qui tue (ou censée tuer) et qui n’existent qu’à travers leur regard amusé et distancé sur les événements et sur les autres. Un humour dérivé d’internet et des conversations à distance (encore), qui ne connaît pas le drame de l’esprit de l’escalier puisque, séparés des autres par un écran, de téléphone ou d’ordinateur, on bénéficie toujours du confort du temps, du recul, pour la réflexion, la réécriture.

Alors certes, ça fait parfois mouche (ou souvent, selon notre sensibilité), et ce registre humoristique a été popularisé par des gens (Judd Apatow et sa bande) et des œuvres (les séries New Girl et The League sur des modes pourtant très différents) parfois brillantes voire géniales.  Mais lorsqu’il est systématisé comme ici, on (en tout cas « je ») frôle l’overdose et ça révèle selon moi une certaine paresse. D’écriture avant tout, mais aussi de rapport au monde, et aux autres.

J’extrapole peut-être, et je suis sans doute un peu sévère car, encore une fois, c’est vraiment bien fichu en termes de mécanique et régulièrement drôle mais ce constat, celui de personnages et par extension, d’un monde, qui ne sait plus vivre les événements de manière naturelle, constat qui n’est pas nouveau, certes, m’a un peu déprimé.

Top 50 comédies

Et hop, la liste complète et les liens ci-dessous.

Petit break estival pour Grande remise, bonnes vacances à toutes et à tous.

#1 40 ans, toujours puceau – The 40-year old virgin

#2 American Pie

#3 L’Amour Extra-Large – Shallow Hal

#4 Anchorman – Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy

#5 Austin Powers 2, l’espion qui m’a tirée – The Spy Who Shagged Me

#6 Les Beaux Gosses

#7 The Big Lebowski

#8 Les Bronzés font du ski

#9 Bienvenue au gîte

#10 La Chèvre

#11 La Cité de la Peur

#12 …Comme la lune

#13 Cuisine et Dépendances

#14 Didier

#15 La Dilettante

#16 Dodgeball

#17 Dumb and Dumber

#18 La Fille du 14 Juillet

#19 Fou(s) d’Irène

#20 Frangins malgré eux

#21 Les Gamins

#22 Harold et Kumar chassent le burger

#23 Jacky au royaume des filles

#24 Un jour sans fin

#25 Liberté-Oléron

#26 Mars Attacks!

#27 Mary à tout prix

#28 Mes meilleures amies

#29 Mes meilleurs copains

#30 Mon beau-père et moi

#31 OSS 117, Rio ne répond plus

#32 Palais Royal!

#33 Papy fait de la résistance

#34 Un poisson nommé Wanda

#35 Pour un garçon

#36 Les Randonneurs à Saint-Tropez

#37 Retour à la fac

#38 Rushmore

#39 Monty Python : Sacré Graal !

#40 Steak

#41 Les sous-doués passent le bac

#42 SuperGrave

#43 Top secret!

#44 Vampires en toute intimité

#45 La vérité si je mens! 2

#46 Very Bad Trip

#47 Wayne’s World 2

#48 Rien que pour vos cheveux

#49 Comédies dramatiques

#50 Séries

#48 Rien que pour vos cheveux

Agent d’élite du Mossad et véritable star dans son pays, Zohan a un secret : il rêve de devenir coiffeur en Amérique. Profitant d’un combat contre son pire ennemi, un terroriste connu sous le nom de Fantôme, Zohan se fait passer pour mort et s’envole pour New York armé uniquement de ses ciseaux et de son sèche-cheveux.
Malgré son inexpérience, il est engagé par la patronne d’un salon de coiffure, une jeune et jolie Palestinienne. Très vite, Zohan va se faire un nom dans la coiffure et attirer dans le modeste salon une clientèle toujours plus nombreuse.
Alors que son passé d’agent semble loin derrière lui, Zohan est repéré par le Fantôme, qui compte bien en finir avec lui une bonne fois pour toutes… (Allociné)

Me suis planté dans l’ordre de ma liste: j’aurais dû parler de ce film avant mais j’avais pris en compte son titre original qui commence par un Y (You don’t mess with the Zohan) donc voilà.

Il y a ceux qui ne comprendront jamais que les Farrelly, c’est pas QUE des types qui font de l’humour pipi-caca. Il y a ceux qui font des Farrelly et de Judd Apatow des auteurs à part entière. Et puis il y a ceux qui vont encore au-delà et qui vouent un culte à Rien que pour vos cheveux (produit par Apatow, dans sa veine la plus ZAZ, à l’instar de Walk Hard: The Dewey Cox Story, sa parodie des biopics musicaux à la Walk The Line). Rien que pour vos cheveux, c’est un peu le Metal Machine Music de la neo-comédie, ça va très, très loin.

Inutile de préciser que si tu fais partie de la 1ère catégorie, c’est même pas la peine d’envisager de tenter de le regarder. Et je pense, sincèrement, qu’il te manque une importante grille de lecture du monde qui t’entoure. Désolé, j’ai bien conscience que c’est extrêmement puant et prétentieux de dire ça mais je le pense. C’est la fin du top, peut-être aussi de Grande remise, je sais pas encore, j’en ai plus rien à foutre de rien, j’ai plus de filtres.

Putain mais rien que l’affiche sans déconner : les claquettes blanches, le short en jean, le t-shirt Mariah Carey, le bouc… LE GENIE DE CES TYPES NOM DE DIEU!

#42 SuperGrave

Evan et Seth sont deux amis pas très futés qui ne peuvent pas se passer l’un de l’autre. Pourtant, il va bien falloir qu’ils apprennent, parce que cette année, ils sont inscrits dans deux universités différentes ! Evan est craquant, plutôt intelligent et constamment terrifié par la vie – et les filles en particulier. De son côté, Seth parle trop, ne tient pas en place et s’intéresse vraiment beaucoup à tous les aspects de la reproduction humaine… Pour ces deux-là, il est temps d’affronter l’existence, les filles et leur destin, mais pour cela, ils doivent d’abord survivre à cette nuit fatidique, leur première nuit, celle qui vous excite, vous terrifie et dont vous vous souviendrez toute votre vie ! (Allociné)

Il y a souvent 2 films dans les meilleures comédies contemporaines, qui à la fois dialoguent et pourraient faire l’objet de 2 films séparés. C’est un schéma somme toute assez classique (celui de l’arc narratif principal et de l’arc narratif secondaire) mais il est souvent utilisé par Judd Apatow et ses acolytes.

Dans 40 ans toujours puceau, il y a tout ce qui tourne autour du magasin et de ses employés (interprétés par Seth Rogen, Paul Rudd etc) dont Steve Carrell, le héros du film, fait partie. Et il y a sa propre histoire à lui, à partir du moment où il rencontre Catherine Keener. Dans Mes meilleures amies, il y  a d’un côté la préparation du mariage, et de l’autre l’histoire naissante entre Kristen Wiig et Chris O’Dowd. Dans le génial Sans Sarah, rien ne va ! (qui a longtemps fait partie de mon top et que j’ai éjecté in extremis faute de « place »), il y a d’un côté tout ce qui a trait aux vacances et à la vie de l’hôtel hawaiien dans lequel se rend Jason Segel, le héros, (Paul Rudd, encore lui, en prof de surf complètement débile, Jonah Hill en serveur intrusif, le couple de jeunes mariés etc), et de l’autre la trajectoire de Jason Segel à proprement parler (le deuil de son couple avec Kirsten Bell, la naissance de son histoire avec Mila Kunis).

Dans SuperGrave, Superbad en vo (pas mal le titre français, c’est suffisamment rare pour une comédie américaine pour être signalé), on a pas vraiment le même schéma : le film est vraiment centré sur la relation des 2 héros, Mac Lovin/Christopher Mintz-Plasse interprètant le classique sidekick. Et pourtant on a, de fait, pendant une bonne moitié du film, 2 arcs narratifs quasiment indépendants l’un de l’autre, quasiment 2 films séparés en vérité: Seth/Jonah Hill et Evan/Michael Cera d’un côté, Mac Lovin de l’autre. Ils se retrouvent bien à un moment pendant leur folle nuit mais seront à nouveau séparés, jusqu’à la fin. Et ça mine de rien c’est un parti pris fort et un choix de scénario assez risqué. Ca demande une intelligence d’écriture et une science du montage remarquables pour arriver à les gérer et à donner une cohérence à l’ensemble.

Bon, ça n’est qu’une des nombreuses qualités de ce film absolument génial, celle qui m’a sauté aux yeux lors de mon dernier visionnage. SuperGrave, c’est LA comédie définitive sur l’adolescence et l’adieu à l’enfance, traduit à l’écran par cette géniale idée de mise en scène (la caméra embarquée avec Jonah Hill sur l’escalator qui descend et fait petit à petit disparaître l’image de Michael Cera). Ca honnêtement, c’est du même niveau que le bruit du train à la fin de Pet Sounds, c’est aussi juste et poignant…

Seth Rogen et son binôme Evan Goldberg, co-auteurs du scénario, ont évidemment beaucoup mis de leur propre relation et de leurs propres souvenirs dans ce film (les 2 héros se prénomment Seth et Evan faut-il le rappeler), c’est leur création la plus personnelle et la plus aboutie. Mais il faut aussi saluer le travail du subtil Greg Mottola , réalisateur par ailleurs du très mélancolique Adventureland, autre teenage film remarquable, et du chouette Paul avec Simon Pegg et Nick Frost, qui a su traduire leurs partis-pris (les 2 films séparés dont je parlais plus haut) et trouver de brillantes idées de mise en scène (l’escalator).

Même si le film est absolument culte et désormais reconnu comme une réussite majeure de la neo-comédie, je suis sûr que vous êtes encore nombreux à vous arrêter à cette vilaine tag line « On veut du cul ! » sur l’affiche.
C’est dommage car même si elle n’est pas complètement erronée (les héros veulent bien du cul au cours de l’une de leurs dernières soirées de lycéens), elle est réductrice: encore une fois, SuperGrave est l’un des plus beaux films qui soient sur l’amitié et le passage à l’âge adulte. Un film intelligent qui contourne les clichés du teen movie, notamment ceux de la sacro-sainte scène de la première fois, à la quelle il se confronte non pas une mais deux fois, de manière totalement différente dans les deux cas, mais avec la même honnêteté et sensibilité.

Avec, comme dans Les beaux gosses, des adolescents qui ressemblent à de vrais adolescents : capables de parler de cul de manière totalement désinhibée en public (la géniale scène du supermarché au début), absolument terrifiés, au sens propre, lorsqu’ils sont confrontés à l’objet de leur obsession ainsi qu’au monde des adultes (la fête dans laquelle Seth et Evan se retrouvent).
Accessoirement, s’il ne fallait en garder qu’une (comédie), ça serait peut-être celle-là…

#28 Mes meilleures amies

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Annie a la poisse. Son fiancé l’a quittée et son nouvel amant est un goujat. Lillian, sa meilleure amie, file quant à elle le parfait amour. Lorsqu’elle lui annonce son futur mariage, Annie oublie ses soucis pour se consacrer à son rôle de témoin et transformer les préparatifs en un moment magique et privilégié. Mais c’est sans compter sur les autres amies de Lillian, l’insatiable et athlétique dragueuse Megan, la candide Becca,l’ex-beauté Rita et l’ultra-snob Helen… toutes incontrôlables et décidées à donner de la voix pour imposer leurs choix dans l’organisation de l’enterrement de vie de jeune fille. Débute alors une délirante aventure…!
(Allocine)

Même si elle n’est pas aberrante, la référence à Bridget Jones sur l’affiche fait quand même un tout petit peu mal au cul.

A l’origine de Mes meilleures amies (Bridesmaids en vo), il y a Judd Apatow. A l’époque, il est déjà auréolé de plusieurs succès mais 2 choses le chiffonnent : primo, on lui reproche de réaliser des films plutôt « masculins », en ce sens qu’ils s’attacheraient à décrire ou traiter de problématiques essentiellement masculines, et qui font donc la part (trop) belle aux personnages/acteurs masculins. Conjugué à ce reproche formulé par une partie de la critique, il y a le succès de Very Bad Trip, un film qu’Apatow n’affectionne pas vraiment et qu’il juge trop… « mecs » justement. Au sens virée d’une bande de mecs qui font des trucs à Vegas, la ville des virées de bandes de mecs par excellence. Je n’ai jamais vraiment compris l’aversion qu’il pouvait avoir pour ce film, même si la suite de la carrière de Todd Phillips, le réalisateur de la franchise Very Bad Trip, et notamment son horrible War Dogs sorti cette année lui a donné raison. Bon, toujours est-il qu’à ce moment là, Apatow a l’idée de produire une « vraie » comédie de filles, c’est à dire faite par, avec et pour les filles.

Il faut maintenant mettre en valeur le travail de Paul Feig, le réalisateur choisi, déjà aux manettes de la géniale série Freaks and Geeks, la première production de Judd Apatow. Simple exécutant ici (il n’est donc pas à l’initiative du projet et ne participe pas à l’écriture), Feig s’acquitte merveilleusement du cahier des charges de son producteur (film de filles + virée à Vegas) tout en le dynamitant à travers notamment la scène de l’essayage de la robe et du vol vers Las Vegas justement. Paul Feig a trouvé un second souffle grâce à l’énorme succès de ce film: il enchaînera avec les tout aussi drôles Les flingueuses (à voir absolument malgré son titre français débile !) et Spy.  Son remake de SOS Fantômes sorti cette année n’est pas du même niveau mais il est chouette quand même.

Et s’il est chouette ce remake, et si Mes meilleures amiesBridesmaids est un film aussi génial, c’est évidemment grâce au talent d’écriture et d’interprétation de Kristen Wiig. Elle a 38 ans quand sort le film et pas mal d’années de Saturday Night Live derrière elle : c’est sans doute cette maturité, aussi bien personnelle que professionnelle, qui lui permet de viser aussi juste et d’être aussi touchante sur un thème qui résonne pleinement avec son âge au moment de l’écriture et du tournage.
Sans parler de son talent, que dis-je, de son génie comique : des tonnes de sketches du Saturday Night Live sont visibles sur Youtube, il faut les voir et profiter du talent de ces gens-là : Kristen Wiig donc, mais aussi Andy Samberg, Bill Hader, Jason Sudeikis et Fred Armisen avec lesquels elle a travaillé dans le fameux show télévisé. Des génies, je le pense vraiment. Mais pour en revenir à Kristen Wiig seule : sérieusement, comment ne pas tomber amoureux d’elle dans ce film ?

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Et dans tous les autres évidemment.

Sausage Party – critique

Une petite saucisse s’embarque dans une dangereuse quête pour découvrir les origines de son existence…(Allociné)

C’est pas tant pour « découvrir les origines de son existence » que sa finalité. Détail.

Jusqu’à la semaine dernière, ce film était attendu en tant que nouveau projet du duo Seth RogenEvan Goldberg (Supergrave, Le Frelon vert, This Is the End etc etc) réunissant la fine fleur de la comédie américaine contemporaine : Rogen lui-même, Kristen Wiig, James FrancoBill Hader, Jonah Hill, Danny McBride, Paul Rudd, Michael Cera, Nick Kroll (de la série The League, dans laquelle Seth Rogen tient un petit rôle récurrent). Costaud. Avec en prime et en ce qui concerne les extérieurs-à-cette-grande-famille Salma Hayek et Edward Norton par exemple. C’était la promesse à la fois d’un projet différent pour toute cette dream team, puisque Sausage Party est un film d’animation, et d’un film d’animation différent, puisque très clairement destiné aux adultes. En France, il est d’ailleurs interdit aux moins de 12 ans.

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Et c’est là que cette histoire prend elle aussi une tournure différente puisque les dégénérés de la Manif pour tous ont fait de Sausage Party leur nouvelle cible : ils se sont mis en tête de lui faire retirer son visa d’exploitation (via l’association Promouvoir), après La Vie d’Adèle ou Antichrist de Lars Von Trier par exemple.

On voit bien ce qui peut défriser ces abrutis : c’est grossier (très), délirant (très), on voit de la drogue (ça va plus loin que ça encore mais je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler), c’est même sans doute pornographique selon leur grille de lecture.
Ce qu’ils sont trop débiles et coincés pour comprendre évidemment, c’est que le film (qui ne plaira pas à tout le monde, c’est sûr, mais là n’est pas la question) n’est pas simplement une pochade hénaurme et iconoclaste : il diffuse en parallèle un joli message de tolérance, il plaide pour la différence, la jouissance sans entraves, sans l’entrave de croyances infondées surtout (et je passe sur le message anti-consumériste). Et ça évidemment, ça les fait chier. En plus de voir un champignon sucer une betterave (littéralement) ou une saucisse prendre simultanément un bun (enfin, « une » bun, puisqu’il est doublé par Kristen Wiig) et un pain pita je veux dire. Littéralement là aussi.

C’est donc un film à voir en connaissance de cause (pour adultes effectivement), que je conseille vivement aux fans de la neo-comédie américaine, tendance team Apatow, puisqu’il est très drôle en plus d’être malin.
D’ailleurs, c’est drôle là aussi, le film (qui est sorti aux Etats-Unis en août dernier) anticipe avec plusieurs mois d’avance, et en le disant quasiment mot pour mot, la « morale » qui est ressortie de l’échec des Démocrates et de l’élection de Donald Trump, à savoir qu’il ne suffit pas de répéter avec virulence à ses opposants qu’ils ont tort voire qu’ils sont idiots : il faut proposer une alternative « positive », générer de l’espoir. C’est la conclusion à laquelle parvient le héros du film. Une saucisse donc. Créée par des keumiques. Qui ont compris ce qu’Hillary Clinton et son armée de communicants sur-diplômés ont pas été foutus de comprendre.

Jamais entre amis – critique

Ah la la, comme le temps a passé depuis mon dernier billet sur Grande remise. Et il s’en est passé, justement, des choses! On a appris à faire la différence entre un “migrant” et un “réfugié” (ah bon?), Michel Gondry a sorti le meilleur film de l’année sans que personne s’en rende compte, Michel tout court, le seul, l’unique, le grand, mon idole footballistique absolue, est devenu entraînor de l’OM.

Et moi dans tout ça ? Ben écoute, ça va, ça va. J’ai trouvé un boulot à la Banque Postale, je me suis marié, j’ai fait 2 gosses et je me suis mis à l’œnologie.

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Jake et Lainey ont perdu ensemble leur virginité sur un coup de tête à l’université. Quand ils se recroisent 12 ans plus tard à New York, ils réalisent tous les deux qu’ils sont devenus des champions de l’infidélité. Prêts à tout pour trouver des solutions à leur problème, ils s’engagent dans une relation platonique sans tabous afin de s’entraider dans leur quête du véritable amour. (Allocine.fr)

Jamais entre amis (Sleeping with other people en version new-yorkaise) est un peu atypique dans la masse de comédies américaines produites depuis la révolution Apatow.
Un peu Apatow donc, c’est désormais devenu la norme outre-atlantique, un peu séries à la pointe (on y retrouve entre autres Alison Brie de Community et Mad Men, Jason Mantzoukas , le légendaire Cuñado de The League, Adam Scott qu’on a vu un peu partout mais notamment dans Parks & Recreation, Amanda Peet en plein retour de flamme depuis son rôle dans l’excellente Togetherness) et beaucoup comédie new-yorkaise précisément (par comédie new-yorkaise, j’entends « à la Woody Allen« ). C’est produit par la doublette magique Adam Mc Kay / Will Ferrell, ça donne le premier rôle à l’excellent-et-trop-sous-estimé Jason Sudekeis (ex-pilier du Saturday Night Live lui) et ça ressemble donc très très fort à un film que j’aime d’amour avant même de l’avoir vu.

Malheureusement, et comme souvent, l’hybridation ne réussit pas totalement et le résultat ne parvient pas à se hisser à la hauteur de ses diverses influences/références. Ca bavarde beaucoup mais ça n’est pas toujours passionnant. Ca trashe énormément mais pas toujours à bon escient. Et le versant « comédie new-yorkaise », avec ses innombrables références de bon goût (de Georgia O’Keeffe à Wes Anderson en passant par Aaron Sorkin) pêche lui aussi par excès de volontarisme.

Je suis sans doute un peu dur car le film est plutôt bien fichu, plutôt plaisant. Même si la marche est un peu trop haute pour elle, Alison Brie se hisse au niveau de l’excellent-et-trop-sous-estimé Jason Sudeikis et leur alchimie, manifeste, fait plaisir à voir, selon l’expression consacrée. Et Alison Brie fait évidemment plaisir à voir tout court. Surtout lorsqu’on multiplie les plans où son anatomie se dévoile de manière totalement gratuite et injustifiée: kudos pour la scène d’essayage dans le magasin de lingerie, fallait l’oser celle-là.

Je suis un peu dur mais ce film vient après tout ce que j’ai cité dans le premier paragraphe, un peu à la remorque, un peu tard sans doute. Il aurait été beaucoup mieux reçu et meilleur en vérité, il y a 5 ans, mais trop dépendant de ses influences, il n’aurait probablement et très certainement pas existé il y a 5 ans… Et puis je les ai toutes vues, ou presque, ces comédies, je suis exigeant…

Mais c’est mignon. Jamais entre amis dit de jolies choses sur l’amitié justement, sur l’importance d’icelle dans une relation amoureuse, ça ne rechigne pas à parler sexualité de manière frontale. Et si le film peut permettre à l’excellent-et-trop-sous-estimé Jason Sudeikis de trouver de nouveaux rôles principaux, ça serait déjà pas mal. Merci pour lui.

Comédie, mode d’emploi – critique

Comme convenu, quelques mots sur cette lecture récente. Grande remise, le blog qui tient ses promesses de campagne.

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Je ne reviendrai pas sur l’importance qu’à pris Judd Apatow (au sens large : lui, ses productions, celles et ceux qui gravitent autour) pour moi ces 10 dernières années, je crois que c’est suffisamment clair si tu lis un minimum ce blog. Lui et Wes Anderson : en gros, c’est ça le cinéma pour moi aujourd’hui. Absolument.

Lecture très intéressante.
En guise de préambule, Burdeau se fend d’un texte analytique limpide et bien senti. Pas plus, pas moins.
Comédie, mode d’emploi retranscrit en fait son entrevue avec le maître de la neo-comédie américaine. Il porte très bien son titre : l’auteur a bien pris soin de rester concentré sur son sujet ou en tout cas de ne garder que ce qui s’y rattachait directement. Ainsi, la vie personnelle n’est évoquée qu’à travers l’enfance ou les années de formation : Apatow insiste bien sur le fait que l’humour était une passion pas un passe-temps (il est notoirement réputé pour n’avoir manqué aucun épisode de Saturday Night Live et en connaitre certains par cœur).

Pour le reste, pas ou peu de révélations mais une réflexion à la fois pragmatique et instructive sur sa condition de funny man professionnel : producteur et réalisateur de comédies, gag man, découvreur de talents etc. C’est chouette.
A noter néanmoins qu’il précise bien, et c’est tout à son honneur, que s’il y a évidemment apporté sa touche, la série Freaks and Geeks, souvent considérée comme l’acte fondateur de la geste apatowienne (on y voit pour la première fois à l’écran James Franco, Seth Rogen Jason Segel, Martin Starr et bien d’autres, dans une chronique mélancolique des années lycée), est une pure création du très sous-estimé Paul Feig (réalisateur du sublime Mes meilleures amies).

Ca se lit donc tout seul  et si ça n’est pas révolutionnaire, c’est indispensable à qui s’intéresse de près aux comédies américaines de ces 10-15 dernières années.

Ca en revanche :

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je l’ai attaqué mais je l’ai rendu à la bibliothèque : impossible à lire en 2 semaines (pour moi en tout cas). C’est passionnant mais incroyablement dense. Je l’achèterai donc et le dégusterai tranquillement sur une longue période.
Seulement voilà, le truc c’est que si je l’achète, je SAIS que je le laisserai dormir des mois voire des années dans un coin (véridique,  j’ai plein de bouquins comme ça) : c’est maladif, je n’arrive pas à lire un bouquin que j’ai à disposition quand je le souhaite. Reste la solution de l’emprunter à plusieurs reprises et à différentes périodes tu me diras, ça peut marcher ça…

Bon, je lance une évaluation et je fais un graphique pour m’aider à prendre une décision là-dessus, je te tiens au courant. Bisous.

Le fervent lecteur

A la faveur de discussions autour de la littérature aperçues sur Facebook ces derniers jours, j’ai réalisé que je n’avais publié qu’un seul article dans la rubrique « Lectures ». Et pour parler d’une daube encore. C’te lose…

Non mais en vérité, je lis…
Je lis même peut-être trop.

Tous les mois : So Foot, So Film, Uncut, Mojo parfois. De moins en moins ce dernier. C’est à dire qu’au bout de la 46ème couve consacrée à Dylan/aux Beatles, j’en ai eu un tout petit peu ras le cul. Les mecs doivent sacrément regretter que Dylan ne soit pas un groupe d’ailleurs :  ils pourraient y consacrer 4 ou 5 fois plus de couves. En tout cas, malgré des papiers parfois formidables, c’est quand même un magazine de vieux con Mojo, il faut bien dire ce qui est.

Ca a l’air de rien mais ça prend du temps tout ça.

Tous les 3 mois, Schnock. Formidable Schnock ! Revue générationnelle s’il en est, qui réactive les souvenirs du chewing gum Spring Gum, des films de Joël Séria ou de la variété française pur jus. Menée par un transfuge de Tecknikart et par l’excellent Christophe Ernault aka Alister.

Je ne lis pratiquement plus de fiction. Pas le temps mais pas envie non plus. Les dernières en date, 3-4 romans de Nicolas Fargues. Pas génial, pas honteux, agréable en tout cas, sinon je me serais arrêté après le premier. Il se regarde un peu trop écrire mais parvient assez bien à saisir les turpitudes, exaltations, lâchetés et bassesses ordinaires de sa génération, qui se trouve également être la mienne. Notamment dans le bien nommé Roman de l’Eté, qui s’enquille idéalement et sans difficultés durant le pont du 15 août. Ceci dit là j’ai des envies de Balzac mais comme je songe carrément à toute la Comédie Humaine, je n’en lirai probablement aucun.

Dans l’immédiat j’ai quatre bouquins sur le feu. Dans l’ordre :

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Dans l’ordre parce que les 2 premiers sont empruntés à la médiathèque municipale. Oui, je suis communiste.
J’essaierai d’en toucher 2 mots si j’ai le temps, histoire d’alimenter un peu cette rubrique.

Top 2013 – cinéma – les losers

J’ai vu encore moins de films en salles cette année qu’en 2012. Peut-être je vais arrêter le cinéma. On sait pas.

Voici en tout cas la 1ère moitié de mon top : les films que je n’ai pas aimés /que j’ai trouvés mauvais. Y en a nettement moins que dans la seconde à venir demain, ce qui prouve bien que je ne suis pas un mauvais bougre et que je dis « oui » à la vie.

Avec des liens vers les critiques de films publiées pendant l’année, quelques lignes sur les autres. Il est peut-être encore temps de poser une RTT si tu veux tout lire.

# 47 Tip Top

Plus qu’un mauvais film, un film profondément agaçant. Il avait pourtant tout pour me plaire (humour pas drôle/à froid, comique de situation, aplats de couleurs et ambiance blafarde à la Kaurismaki, mélange des genres). Problème : tout sent la pose, le volontarisme forcené. Et ça n’est pas le casting de stars venues s’encanailler (Kiberlain, Huppert) et de guests forcément inattendues (Sami Nacery chez Bozon !  Ouais mais c’est trop cool tu vois !) qui arrangent l’affaire. L’exact opposé de La fille du 14 juillet, au hasard, qui lui respire vraiment la liberté et le geste gratuit.

En fait, il est assez surestimé François Damiens.
En fait, il est assez surestimé François Damiens.

# 46 Albator

Ca ne m’a jamais intéressé et j’ai trouvé ça  visuellement moche et cacophonique. J’ai même eu un gros trou d’un bon quart d’heure au milieu, sans même avoir dormi. Costaud dans le genre.

# 45 Very Bad Trip 3

Aussi mauvais que le 1er est inépuisable.

# 44 Star Trek Into Darkness

J’ai de la sympathie pour JJ Abrams (j’adore Lost, j’ai beaucoup aimé Super 8, j’avais bien aimé le 1er volet) mais là c’est le prototype du blockbuster qui révulse les lecteurs de Télérama : une débauche indécente de moyens, un étalage hallucinant de pognon, au service de rien.

# 43 Machete Kills

Dans le premier volet, Rodriguez réalisait un vrai film de série Z, jubilatoire, violent, drôle, politique même, sous la grosse farce. Avec en argument Sopalin une starlette déchue et trash, Lindsay Lohan. Ici, il bénéficie d’un budget nettement plus conséquent et le montre à chaque plan. Résultat : moins de punchlines débiles, plus d’effets spéciaux inutiles. Avec cette fois Amber Heard, starlette montante et aseptisée. CQFD.

# 42 Quai d’Orsay

La bd a une telle réputation que je me suis laissé tenter. Au final, un film de vieux, pour les vieux : des gags d’un autre temps et d’un autre monde, un rythme arthritique, un propos dépassé. Les gens dans la salle, âgés en grande majorité, avaient l’air satisfaits. CQFD.

# 41 Happiness Therapy

Je sauverai la dernière séquence et la mignoncité de Jennifer Lawrence (davantage IRL que grimée façon middle class biatch) mais qu’est ce que c’est lourdingue nom de Dieu… La bipolarité pour les nuls. C’est toujours l’horreur absolue lorsqu’Hollywood essaie de digérer le cinéma d’auteur (ici Cassavetes, oui oui, sans charres) pour le recracher, pardon, le gerber, via un casting oscarisable et un scénario bien balisé. Et, ça va sans dire, une belle morale en guise de cerise sur le gâteau: c’est OK d’être fragile voire déséquilibré et tout et tout du moment que les billets verts sont au rendez-vous. God Bless America.

Cette photo n'a absolument pas été choisie au hasard.
Cette photo n’a absolument pas été choisie au hasard.

# 40 Lincoln

Über chiant.

# 39 Oblivion

Nuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuul.

# 38 Ma meilleure amie, ma soeur et moi

Frédéric Lopez likes this.

# 37 The Immigrant

Certes, j’ai vu peu de films et peut-être pas les meilleurs mais ça n’aurait pas changé la donne : je suis pas loin de trouver ça à chier. Un peu pub Shalimar, un peu saga télévisée type L’Amour en héritage (l’émotion en moins) et un peu trop Marion Cotillard. Non mais sans déconner… C’est pas possible cette fille. No can do. No es posible. Er det ikke muligt*. Je ne comprends pas. I don’t understand. Etc.

"T'es une belle personne, t'es vraiment une belle personne Ludo". Marion Cotillard in Les petits mouchoirs. Never forget.
« T’es une belle personne, t’es vraiment une belle personne Ludo ». Marion Cotillard in Les petits mouchoirs. Never forget.

# 36 Frances Ha

La version longue, moins tête à claques mais également moins intrigante, d’un épisode de Girls.

# 35 Passion

J’ai lu des choses passionnantes sur ce film mais je crois sincèrement qu’elles ne relèvent que de l’auto-persuasion. Alors oui, évidemment ce dernier quart d’heure remet un peu les pendules à l’heure avec du vrai, du grand cinéma. Mais jusque là, pfiou… Pas compliqué : jusqu’à ce qu’il décide de reprendre un peu les choses en main et dévier du scenario originel, Passion suit à la trace le Crime d’amour d’Alain Corneau (dont il est le remake). Et c’est d’une fadeur assez décourageante. Brian, je t’aime d’amour, bon nombre de tes films figurent dans mon panthéon personnel mais il faut bien s’y résoudre : désormais tu bandes mou.

# 34 Les stagiaires

Je pensais aimer, j’aurais aimé aimer, d’autant que le film m’a été puissamment vendu à plusieurs reprises mais non. Je ne dis pas que je n’ai pas trouvé ça parfois mignon (notamment dans le rapport entretenu par 2 générations contraintes de se comprendre pour réussir). Je ne dis pas que je n’ai pas aimé les constantes références de Vince Vaughn à Flashdance. Je ne dis pas qu’Owen Wilson n’a pas des cheveux super soyeux. Je ne dis pas que je ne suis pas amoureux de Rose Byrne. Mais je ne n’ai pas ri ou même souri à une seule reprise (bon, si, ok, durant la scène de Will Ferrell évidemment) ce qui est quand même un petit peu problématique. Shawn Levy, réalisateur notamment des 2 fadasses volets de La nuit au musée, est décidément un cinéaste horriblement… fadasse. Pas étonnant finalement de le voir diriger ce long et parfois édifiant spot de pub pour Google.

Lol ?
Lol ?


# 33 La vie d’Adèle

Trop de morve (manifestement une tendance Actor’s Studio en 2013, cf The Immigrant), de bolognese, d’huîtres, de préjugés débiles sur l’art et son univers. Je m’attendais à un tremblement de terre, j’ai eu droit à un pétard mouillé. Après, évidemment, c’est bien fichu, je dis pas.

# 32 The Bling Ring

Jeune et joli. Et un peu nul aussi, malheureusement.

# 31 Gravity

Aurait effectivement pu être mémorable si Cuaron avait un peu moins le melon.

# 30 Le Temps de l’Aventure

Moui… mais non.

# 29 40 ans, mode d’emploi

Grosse, très grosse, énorme déception puisque je suis un incommensurable fan de Judd Apatow. 2 gros problèmes ici selon moi: les dialogues manquent terriblement de ce mordant auquel le maître nous avait habitué. Encéphalogramme plat. Et surtout, terrible problème de réalisme/vraisemblance, appelle ça comme tu veux. C’est pourtant l’un des points forts d’Apatow. Ici, on marche sur la tête : la famille est endettée mais vit dans une maison-château avec immense jardin et piscine (il est quand même question de la vendre, ouf…), se vautre dans les I-pads, I-phones et autres gadgets technologiques, roule dans un énorme 4×4, organise une fête d’anniversaire à 50 000$, se tape un weekend dans un resort hyper luxueux (et commande TOUT ce qu’il y a de disponible sur la carte en room service, véridique !). Ca peut paraitre superficiel de s’arrêter à ce type de détails mais ils sont ici trop nombreux pour qu’ils soient laissés de côté. Après, évidemment, de belles scènes, très étirées comme toujours chez Apatow, de beaux seconds rôles (les 2 pères) et une scène de comédie géniale (celle ou Melissa McCarthy pète les plombs) mais c’est trop peu.

Apatow, Paul Rudd, un t-shirt Ween :  c'était pourtant gagné d'avance
Judd Apatow, Paul Rudd, un t-shirt Ween : c’était pourtant gagné d’avance
*C’est pas possible.