#13 Cuisine et Dépendances

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Jacques et Martine s’apprêtent à recevoir une ribambelle d’amis à dîner. Tous ne se sont pas revus depuis dix ans et entre temps, certains ont réussi quand d’autres ont eu moins de succès. L’invité d’honneur est l’ex de Martine, devenu un écrivain très prisé des médias, accompagné de son épouse, une talentueuse journaliste. (Allociné)

D’un point de vue cinématographique, y a rien, ou pas grand chose: c’est le prototype du film dont on dit qu’il s’agit de « théâtre filmé ». Qui est une forme de cinéma en soi comme l’ont prouvé aussi bien Hitchcock que Resnais, mais là n’est pas le débat que je n’ai ni le courage ni les compétences d’affronter. Disons que la réalisation est très fonctionnelle.

Restent donc le texte et les acteurs. Et l’air de rien, rétrospectivement, on se rend compte que Cuisine et Dépendances constitue un petit jalon de la comédie française : il s’agit du premier film co-écrit par le tandem BacriJaoui, dont l’influence sur le cinéma français des années fin 90-début 2000, aux résultats certes variables, me paraît indéniable.
Leurs films à eux (Le Goût des Autres, Au bout du conte, le-truc-avec-Marilou-Berry-et-la-nana-de-Premiers-Baisers-qui-vit-à-Toulouse-et-que-je-croisais-régulièrement-à-une-époque) mettent en valeur leurs moralisme, voire leur côté donneur de leçons assez désagréable. Les films qu’ils ont écrit pour Resnais en revanche (Smoking, No Smoking, On connaît la chanson) font ressortir ce qu’ils ont de meilleur : le talent pour la dissection des relations humaines, leur côté entomologiste. Disons pour schématiser que leurs propres films explicitent un peu trop là où ceux de Resnais suggèrent avec subtilité.

Cuisine et Dépendances penche du bon côté avec la mise en scène sobre (« fonctionnelle » même) d’un petit théâtre de la lâcheté, de la flagornerie et des illusions perdues à la fois réjouissant et touchant. Le couple Zabou BreitmanSam Karmann, elle dans la bonhomie surjouée et borderline, lui dans la rondeur confinant à la veulerie, est irrésistible. Bacri interprète pour la première fois (que je sache en tout cas), LE personnage auquel il est désormais pour toujours associé, celui du râleur-bougon au grand coeur. A noter également l’un des premiers rôles importants de Jean-Claude Darroussin, excellent lui aussi (on est en 1993 là l’air de rien, il y a 23 ans donc…).

J’aime ce film un peu facile de manière un peu facile aussi, parce qu’il renvoie avec justesse tout un chacun à des situations vécues, aux petits ou grands travers des relations humaines auxquelles on peut au minimum s’identifier.

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