Money – critique

Fatigués de leurs fins de mois difficiles, trois jeunes sans avenir voient l’opportunité de gagner beaucoup d’argent en volant une mallette à un notable du Havre. Sans le savoir, ils viennent de braquer un secrétaire d’État corrompu et de voler l’argent d’une entreprise criminelle. Débute alors, une spirale qui les dépasse complètement. (Allociné)

Tiens si je parlais d’un film que j’ai aimé ? Oh ça va, pour une fois…

J’en parle parce qu’il m’a plu mais aussi parce qu’il est facile de passer à côté : parce que moins bien distribué que Blade Runner 2049 par exemple, parce que son titre hyper générique (mauvais titre, vraiment, même s’il prend son sens quand on voit le film), et parce que son affiche pas très lisible (là aussi, elle s’éclaire après visionnage mais pour les spectateurs qui choisissent quel film aller voir devant la façade du cinéma… Un truc qui m’a toujours interpellé d’ailleurs mais bon, apparemment y a plein de gens qui se disent « tiens si on allait au cinéma? » et qui décident de ce qu’ils vont aller voir une fois sur place).

C’est dommage parce que c’est vraiment bien. Je suis pas super convaincu par tout mais les réserves que je peux avoir participent en fait de la réussite du film: un trop plein scénaristique par exemple, qui frise la surchauffe mais se révèle surtout généreux, ajoutant à la frénésie et à l’absurde de cette nuit de folie; une direction d’acteurs un peu lâche qui donne en fait un côté série B. Et… c’est tout en fait. Money déroule par ailleurs sa mécanique de film (très) noir avec une science, une énergie, et forcément, une inéluctabilité qui forcent le respect et emportent l’adhésion.

On peut penser à plein de monde : les Coen pour l’enchaînement parfois improbable et absurde d’avanies, pour le côté effet boule de neige infernale et inarrêtable, De Palma pour un certain sens du baroque (le tableau final dans la maison de Louis-Do de Lencquesaing) mais, et ça n’est pas le moindre de ses charmes et de ses qualités, il renvoie surtout aux drames sociaux dont le cinéma français d’avant-guerre s’était fait une spécialité: l’action se déroule au Havre, riante cité s’il en est, et les 3 personnages principaux dont on peut dire sans trop s’avancer qu’ils sont en galère, voient simplement une opportunité de s’inventer des jours meilleurs.

On peut penser à plein de films et de réalisateurs mais à aucun en particulier, c’est aussi ça qui est chouette: Money est un genre de one shot, une grosse décharge d’adrénaline qui fonctionne de manière autonome et ne ressemble à rien de ce que le cinéma français produit en ce moment (y compris les productions à la marge type Rester vertical ou Petit paysan).

Y a vraiment un chouette côté série B au sens le plus noble du terme, dans le sens où le film investit un genre (le polar ou le film noir)  qui lui autorise des choses, visuellement et dans le propos, un peu transgressives, qu’on n’imaginerait en tout cas jamais dans un film plus « huppé ». Je pense par exemple à la scène du bébé dans le train ou à la conclusion… j’allais la qualifier mais je voudrais pas spoiler.

Je m’arrête là: j’ai rédigé ce billet à la va-vite avant tout pour t’inciter à aller le voir ce weekend car il ne va pas jouer encore bien longtemps je suppose (il n’est resté qu’une semaine dans « mon » Gaumont). C’est bon, t’iras voir Blade Runner plus tard, il va rester à l’affiche pendant 2 mois.

Une mention quand même pour le casting wtf et impeccable (Anouk Grinberg ?!?!?!) et donc pour un Benoît Magimel à l’apparence physique complètement folle: le corps de son Paul Lederman dans Cloclo, la tête de Johnny Halliday. Je sais toujours pas s’il est génial ou s’il fait n’importe quoi mais je pourrais revoir le film rien que pour lui.

Un beau soleil intérieur – critique

Isabelle, divorcée, un enfant, cherche un amour. Enfin un vrai amour.
(Allociné)

Je sais pas pourquoi je suis allé voir ce truc alors qu’en tombant sur l’affiche dans la rue, le titre, la tronche de Binoche et la longue liste d’acteurs autour d’elle je me suis dit « popopopo c’est quoi cette horreur? »

Et en fait c’est pas si terrible que ça. C’est à la fois insupportable et juste, parfois drôle, volontairement et involontairement, parfois touchant, parfois gênant.

A un moment, la Binoche est dans son lit, elle a manifestement pleuré. Elle se redresse un peu, suffisamment pour dévoiler son oreiller taché de larmes et de bave-du-coin-des-lèvres.

A un autre moment, elle et quelques confrères du monde de l’art contemporain (elle est artiste) se rendent dans la Creuse pour un festival. Ils se baladent dans la nature et commencent à pérorer à tour de rôle sur la vraie campagne, ses paysages de rien pourtant magnifiques etc etc (parmi les pédants,  Bruno Podalydès et Bertrand Burgalat notamment). La Binoche explose alors, excédée et les renvoie à leur vanité / fatuité.

Tout ça pour dire qu’Un beau soleil intérieur prête souvent le flanc à la caricature mais qu’il semble en avoir conscience et c’est ce qui le rend intéressant: on a l’impression d’une tension et d’une recherche permanentes du ton juste, de la distance juste, difficile mais tenace, de la même manière qu’Isabelle, le personnage interprété par Juliette Binoche, cherche l’amour, le vrai.

« On a ri mais on a ri ! »

C’est assez courageux quelque part de réaliser un film aussi français, c’est à dire qui place la parole et les atermoiements amoureux au centre des enjeux (je synthétise), tout en en ayant conscience et en essayant donc de proposer quelque chose d’un peu nouveau ou, au moins, d’un peu différent. Pas toujours facile de trouver des variations autour du champ-contre champ, Claire Denis y parvient en scrutant les visages de très près, notamment celui de son actrice principale dont le film pourrait être un portrait en réalité (ce que tendrait à confirmer l’amorce de l’étonnant générique de fin).

Un beau soleil intérieur se termine nettement mieux qu’il n’a débuté, avec un enchaînement de scènes remarquables: d’abord drôle grâce au toujours génial Bruno Podalydès puis touchante avec l’énième confrontation d’Isabelle avec l’un de ses amants et enfin quasiment mythique grâce au gros Gégé, le seul, l’unique, ici dans le rôle pas du tout innocent du révélateur.

A voir donc je pense.
Après évidemment, il faut être capable
1. de se cogner un film qui s’intitule « un beau soleil intérieur ». C’est pas donné à tout le monde.
2. aussi belle soit-elle, et elle est vraiment très belle, de supporter des scènes où la Binoche pleurniche sur fond de jazz chiant. Ca aussi c’est costaud.
Parenthèse: le jazz chiant est signé, comme quasiment toujours chez Claire Denis, Stuart Staples des Tindersticks ici en mode non-mais-sans-déconner : j’ai toujours tenu les Tindersticks pour un des groupes les plus surestimés qui soient mais alors là le mec se surpasse dans l’indigence.

Et c’était pas vraiment une parenthèse car j’ai fini.

Ôtez-moi d’un doute – critique

Erwan, inébranlable démineur breton, perd soudain pied lorsqu’il apprend que son père n’est pas son père.
Malgré toute la tendresse qu’il éprouve pour l’homme qui l’a élevé, Erwan enquête discrètement et retrouve son géniteur : Joseph, un vieil homme des plus attachants, pour qui il se prend d’affection.
Comme un bonheur n’arrive jamais seul, Erwan croise en chemin l’insaisissable Anna, qu’il entreprend de séduire. Mais un jour qu’il rend visite à Joseph, Erwan réalise qu’Anna n’est rien de moins que sa demi-sœur. Une bombe d’autant plus difficile à désamorcer que son père d’adoption soupçonne désormais Erwan de lui cacher quelque chose…(Allociné)

Tiens si je parlais d’un film que j’ai pas aimé ? Oh ça va, pour une fois… En plus il est sorti y a un petit moment déjà, c’est dire si on s’en cogne. Seulement, y a un truc qui me chiffonne et faut que ça sorte.

J’y suis allé sur la foi de la bande-annonce et de mon « affection » pour Cécile de France. J’use de guillemets car le mot est sans doute un peu fort. Disons que je la considère très bonne actrice et que j’aime bien le personnage, l’image qu’elle renvoie. Je garde en tout cas un souvenir fort de ses prestations dans Au-delà et Le Gamin au vélo (entre autres).

J’essaie pas de me justifier d’avoir vu cette merde mais bon… C’est pas vraiment une merde d’ailleurs, c’est surtout un gentil téléfilm du samedi soir sur France 3 (ou du vendredi soir sur Arte: Ceux Qui N’ont Pas De Vie savent). Y a vraiment tous les ingrédients, à commencer par le plus important, le contexte provincial très « Reflets de France »: le Morbihan, ses petits ports sympas, sa douceur de vivre à l’aise breizh, ses… démineurs? Ah ok. Tu remplaces Cécile de France et François Damiens par Cristina Reali et Bruno Wolkowich et on est bons. Ôtez-moi d’un doute est tellement confortable en vérité qu’on devrait distribuer des plaids à chaque spectateur à l’entrée de la salle.
On y remarque aussi très rapidement l’absence tout autant essentielle de certains ingrédients, à commencer par le cinéma. Ceci dit y a une petite qualité d’écriture ici et là… Ca pantoufle sévère mais on s’ennuie pas vraiment. Jusqu’à la conclusion, que je trouve incroyablement faux-cul et glauque.

Il a déjà fait un vrai bon film François Damiens ? (question purement rhétorique, j’ai déjà ma petite idée)

Spoilers à gogo: les personnages principaux interprétés par Philippe Caroit et Ingrid Chauvin, qui sont très attirés l’un par l’autre, pourraient avoir le même père. OK. Ils font donc un test de paternité, ou un test ADN, je sais plus et on s’en fout et en gros, au moment où ils ouvrent l’enveloppe pour découvrir les résultats, soit ils se sautent dessus, soit ils repartent la queue entre les jambes (oui je suis vulgaire mais c’est ce que dit et montre littéralement la scène en question).

Évidemment, les résultats sont négatifs: ils n’ont pas le même père, ils peuvent niquer en toute impunité. Normal, on est au cinéma, on est là pour montrer des gens qui s’aiment et niquent, pas des gens de la même famille qui s’aiment mais ne niquent pas.
Mais alors que ce serait-il passé si les résultats s’étaient révélés positifs? Parce que le film joue énormément là dessus en réalité. On nous montre les 2 personnages la langue pendante, le regard de braise pour elle, le bout tout rouge pour lui, putain, ils ont même réservé une chambre d’hôtel en prévision de l’issue qu’ils souhaitent tous les deux ardemment ! La réalisatrice joue sur un suspense sacrément tordu, à tel point qu’on pense pendant tout le film, mieux, au cours même de la fameuse scène de la révélation, qu’ils sont bien (demi)frère et sœur.

Je sais pas, évidemment on est pas dans Game of Thrones, et j’aurais pas souhaité que l’issue soit différente et qu’ils vivent un amour incestueux mais je trouve ça hyper glauque de nous les montrer en train de se consumer de désir tout en nous laissant imaginer qu’ils aient le même père. Tout ça dans un feelgood movie de base, une sorte de chronique familiale qui vire à la comédie romantique. Tranquille.

Bon après, de quoi je parle là ? Ôtez-moi d’un doute est évidemment tout naze et parfaitement dispensable, c’était juste une réflexion comme ça, pour dire rien du tout.

Mother ! – critique

Un couple voit sa relation remise en question par l’arrivée d’invités imprévus, perturbant leur tranquillité. (Allociné)

Je situe Darren Aronofsky au même niveau que David Fincher, Christopher Nolan ou Luc Besson: le plus bas. Pour situer.

Et pourtant j’avais bien envie de le voir ce film: je dois avouer que la bande-annonce m’a intrigué et que les visuels hommages à Rosemary’s Baby aka le film qui m’a le plus terrifié de ma vie, m’ont également attiré. Je tiens Aronofsky pour une tâche mais je le pense quand même pas assez con pour ne pas sciemment et avec un but bien précis citer ainsi le chef d’oeuvre de Polanski.

Et de fait, il le cite oui. Tout comme il cite Répulsion, Le Locataire pourquoi pas. J’ai pourtant surtout pensé à La Vénus à la fourrure, cet auto-portrait à peine déguisé (?) de Polanski (sous les traits de Mathieu Amalric) et de sa relation avec Emmanuelle Seigner, qui interprétait son propre rôle (?).

Du coup dans Mother! c’est Jennifer Lawrence – plaquiste, compagne d’Aronofsky à la ville, qui s’y colle, Javier Bardem jouant le rôle d’un écrivain à succès en panne d’inspiration (très bien tous les deux). SI VOUS VOYEZ OU ON VEUT EN VENIR. Je vais m’arrêter là même si j’en ai déjà trop dit en réalité.

Hmmm là je verrais bien l’Xpro3 satin de Ripolin

Evidemment, j’imagine que ça s’excite pas mal chez les geeks ou les critiques sur le mode « rhalala bonjour l’image qu’il donne de son couple avec Jennifer Lawrence – démolition / ravalement de façade / gros oeuvre ». Pourtant c’est clairement pas ce qu’il y a de plus intéressant dans le film.

Non, ce qui est vraiment réussi dans Mother! c’est tout le volet home invasion. Le home invasion, c’est un sous-genre du film d’horreur et dans lequel, comme le nom l’indique, des étrangers s’incrustent chez des gens bien tranquilles pour manger la dernière part de pizza, poser les pieds sur la table basse, finir le rouleau de papier toilette et ne pas le remplacer, bref, mettre un beau bordel. Dernièrement par exemple, Knock Knock d’Eli Roth avec Keanu Reeves était pas mal. Là dessus, Mother! est même assez irréprochable puisque le crescendo est implacable et qu’on souffre, littéralement, en voyant ce que subit le personnage interprété par la pauvre Jennifer Lawrence – charpente / ébénisterie / menuiserie.

On va pas se mentir : j’ai cherché une photo du plan où on lui voit les nichons mais j’ai pas trouvé.

Je parle de « crescendo » mais c’est plus que ça puisque le film explose tout en vérité: c’est davantage que de la surenchère, il y a dans Mother! un sens du grotesque totalement assumé et je dois bien l’avouer, assez réjouissant.

Le problème c’est qu’Aronofsky, à l’image de Nolan, Fincher ou Alfonso Cuaron avec Gravity par exemple, se prend pour un penseur. Bon, lui il se prend même carrément pour Dieu, ni plus ni moins, et ses films sont le Messie donc faut pouvoir se coltiner avec ça. Et le problème c’est que lui et ses petits copains n’ont pas les épaules. D’ailleurs c’est pas un hasard si Nolan a réussi son meilleur film avec Dunkerque, qui est son film le plus direct, celui dans lequel il ne se sent pas obligé de nous asséner ses théories philosophico-existentialistes à 2 balles. Mother! aurait pu, aurait dû lui aussi en rester à son « simple » volet tapageur mais sa conclusion, après le grotesque jouissif de la partie home invasion, devient grotesque tout court. Ridicule. Je suis pas contre le symbolisme, pourquoi pas mais putain la lourdeur du mec…

Au bout du compte, quand le film se termine et qu’on repense à ce qu’on vient de voir (oh pas bien longtemps : le film s’oublie très vite), on se dit qu’on a trouvé ça pas mal, que ça a le mérite d’aller jusqu’au bout de ses idées, que ça a un certain panache même mais la conclusion est sans appel : tout ça manque cruellement d’intelligence.

Song to Song – critique

Une histoire d’amour moderne, sur la scène musicale d’Austin au Texas, deux couples – d’un côté Faye et le chanteur BV, et de l’autre un magnat de l’industrie musicale et une serveuse – voient leurs destins et leurs amours se mêler, alors que chacun cherche le succès dans cet univers rock’n’roll fait de séduction et de trahison. (Allociné)

Je pensais faire un break mais là c’est pas possible, ça me démangeait trop.

D’un côté Rooney Mara et Ryan Gosling, de l’autre Michael Fassbender et Natalie Portman. Les 2 premiers sont des artistes: elle gratouille sur scène avec les Black Lips (sans déconner), lui a des chaussures complètement pourries. Elle a même un énorme portrait d’Arthur Rimbaud chez elle, c’est pour te dire. Fassbender en revanche est un gros enculé: ses chaussures sont impeccables. Il a du bagout, des fringues super classe, du pognon à plus savoir quoi en faire.

La Portman apparaît seulement au bout d’une grosse demi-heure et Fassbender tombe immédiatement sous le charme. Elle dit être instit mais ne pas avoir trouvé de boulot (ah bon), donc elle est serveuse. Fassbender fait tout pour qu’elle se fasse virer car il veut s’occuper d’elle, il est complètement libre dans sa tête le mec.
En réalité c’est un producteur méphistophélique et il veux travailler avec Ryan Gosling. Qui sort avec Rooney Mara qui elle couche en même temps avec Fassbender (ou couchait? Je sais pas et je m’en fous).
A un moment on les voit tous les 3 durant un voyage au Mexique. C’est super le Mexique, les gens y sont tellement plus authentiques, tellement plus proches des vraies valeurs. Et puis la tequila y est tellement pas chère, franchement, c’est abusé comment c’est pas cher de se mettre une race là bas !

Bon, c’est horrible. Mais vraiment. Horrible à un point tel, et c’est bien ça le plus horrible, que t’en viens à douter de la beauté et de la fulgurance des premiers films de Malick (les 4 premiers, jusqu’au Nouveau Monde inclus). Je te jure, j’ai presque peur de revoir Les Moissons du ciel maintenant…

On retrouve donc tout ce qui fait son cinéma depuis Tree of life: la voix off quasi exclusive, le montage, les « moments », plus que les séquences ou même les scènes, les peaux, les mains, les nuques (nom de Dieu de bordel de merde, j’ai jamais vu autant de nuques dans un seul film) et les pseudo-aphorismes atterrants mi-poésie (de merde) mi-discours signifiant de pubard (de merde) :

« I love your soul » évidemment, la base (« beautiful soul », équivalent anglo-saxon de notre « belle personne »)
« Mama, you gave us so much »
« Scare me… come closer »
etc etc etc. Y a que ça en fait, toujours en voix off donc.
A un moment, Rooney Mara minaude et se roule dans un rideau, on jurerait une pub. Ces pubs qui s’inspirent du cinéma de Malick, et qu’il a fini par réaliser lui-même (le truc avec Angelina Jolie là, qui a dû coûter plus cher que La Ligne rouge et Le Nouveau monde réunis). Ca pourrait durer 10 minutes ou 4 heures, ça serait pareil.
Un peu après la scène du rideau, Rooney Mara, toujours elle, ou plutôt sa voix off, dit « I love pain. It means life ». J’ai éclaté de rire. Oui, ça pourrait durer encore 4h comme ça: ça faisait 45 minutes environ, j’ai estimé que c’était déjà trop, j’ai quitté la salle. Pour la 2ème fois de ma vie seulement. Pour un film de Terrence Malick. La tristesse putain…

Top 50 comédies

Et hop, la liste complète et les liens ci-dessous.

Petit break estival pour Grande remise, bonnes vacances à toutes et à tous.

#1 40 ans, toujours puceau – The 40-year old virgin

#2 American Pie

#3 L’Amour Extra-Large – Shallow Hal

#4 Anchorman – Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy

#5 Austin Powers 2, l’espion qui m’a tirée – The Spy Who Shagged Me

#6 Les Beaux Gosses

#7 The Big Lebowski

#8 Les Bronzés font du ski

#9 Bienvenue au gîte

#10 La Chèvre

#11 La Cité de la Peur

#12 …Comme la lune

#13 Cuisine et Dépendances

#14 Didier

#15 La Dilettante

#16 Dodgeball

#17 Dumb and Dumber

#18 La Fille du 14 Juillet

#19 Fou(s) d’Irène

#20 Frangins malgré eux

#21 Les Gamins

#22 Harold et Kumar chassent le burger

#23 Jacky au royaume des filles

#24 Un jour sans fin

#25 Liberté-Oléron

#26 Mars Attacks!

#27 Mary à tout prix

#28 Mes meilleures amies

#29 Mes meilleurs copains

#30 Mon beau-père et moi

#31 OSS 117, Rio ne répond plus

#32 Palais Royal!

#33 Papy fait de la résistance

#34 Un poisson nommé Wanda

#35 Pour un garçon

#36 Les Randonneurs à Saint-Tropez

#37 Retour à la fac

#38 Rushmore

#39 Monty Python : Sacré Graal !

#40 Steak

#41 Les sous-doués passent le bac

#42 SuperGrave

#43 Top secret!

#44 Vampires en toute intimité

#45 La vérité si je mens! 2

#46 Very Bad Trip

#47 Wayne’s World 2

#48 Rien que pour vos cheveux

#49 Comédies dramatiques

#50 Séries

#50 Séries

Et pour conclure ce top consacré à la rigolade, quelques mots sur mes séries comiques préférées :

Flight of the Conchords

Les parodies/chansons comiques, je suis vraiment pas fan : soit la musique n’est qu’un prétexte et elle est pourrie, soit les textes sont pas drôles. Souvent les 2 à la fois (= la catastrophe).
La première réussite de Flight of the Conchords, c’est que les parodies tiennent la route (elles tendent donc davantage vers le pastiche), les chansons s’écoutent bien, voire très bien. En sus, elles sont toujours très bien intégrées aux différentes intrigues. Rien que ça, ça assure 50% de la réussite du show (même s’il n’y a généralement que 2 courtes chansons par épisode).
Après, le show en lui-même joue évidemment pas mal sur le classique registre des différences culturelles et du fish-out-of-the-water (2 néo-zélandais largués dans New-York) mais il le fait sur un mode subtil, low-key, presque minimaliste, aidé en cela par le jeu très atone des 2 acteurs et plus particulièrement de Jemaine Clement. Y a peu de vannes au final, ou même de gags, ou alors des gags pas-drôles-mais-drôles-en-fait et c’est ce qui fait sa singularité.

Curb Your Enthusiasm – Larry et son nombril

J’ai déjà parlé en détail de la série ici et ici.

Seinfeld

Etre fan de Curb Your Enthusiasm et pas de Seinfeld serait absurde : c’est la matrice, la Genèse, l’Ancien Testament. Indépassable.

The League

Un des innombrables shows estampillés « nouveau Seinfeld » en raison principalement de son absence de véritable intrigue (ou de l’inintérêt fondamental de celle-ci), d’une attention portée aux détails du quotidiens et aux petits travers des comportements humains et enfin d’un mauvais esprit confinant à la misanthropie.
J’ai lâché l’affaire parce que je trouvais plus les épisodes en cours de saison… 5 je crois ? Je sais plus, et ça devrait pas être très bon signe, d’autant que j’ai pas l’intention de reprendre mais les 3 premières saisons sont parmi les trucs les plus grossiers, scandaleux et drôles que j’ai jamais vus. Pour situer, on va dire que ça serait le versant le plus trash et décomplexé de la neo-comédie, et qu’il n’est pas étonnant d’y retrouver un Seth Rogen en roue libre dans un petit rôle intermittent. Vraiment très crade et très drôle – j’insiste car il vaut mieux savoir où on va, c’est pas pour tout le monde.

The Office

Sur le coup ça a été un choc. Le sentiment à la fois d’être face à un truc totalement nouveau et que j’attendais depuis toujours. Le rire, le vrai, le malaise, le vrai aussi, et souvent les 2 ensemble évidemment.
Rétrospectivement, c’est non seulement un jalon, qui ouvre la porte à plein de trucs fantastiques, et à un registre humoristique nouveau, mais on réalise que rien ne va aussi loin que The Office. C’est un coup de génie qu’a réussi Ricky Gervais, un truc rare, parfait de A à Z, comme la plupart des auteurs et créateurs se contentent d’en caresser le souhait et peuvent s’estimer heureux de seulement s’en approcher.
Si la suite a prouvé qu’il avait de la ressource (Extras et Life’s too short, toutes 2 excellentes), elle a aussi démontré que lui non plus n’ira jamais aussi loin et ne fera jamais aussi bien. Mais quand on a pondu un truc pareil, on peut s’arrêter tranquilou, on a fait son travail.
Par ailleurs, c’est bien sûr la meilleure fiction imaginable sur cet enfer à peine déguisé qu’est le monde de l’open space.

Eastbound and Down – Kenny Powers

Voilà par exemple une série qui doit pas mal à The Office. J’ignore si elle a été une source d’inspiration et la filiation n’est pas évidente (si tant est qu’elle existe même) mais disons que The Office a préparé le terrain.
Héros détestable, aussi sûr de lui que pathétique, terriblement humain avant tout évidemment, Kenny Powers serait un genre de David Brent testostéroné, aussi américain que Brent est anglais. Là aussi, je n’en croyais pas mes yeux quand je suis tombé sur cette série et la saison 2 (celle qui se déroule au Mexique) m’a valu des éclats de rire mémorables.

#49 Comédies dramatiques

Ca m’embêtait de mettre les films ci-dessous dans le classement car c’est pas des comédies-hihi à proprement parler mais c’est des comédies quand même, et surtout des films de chevet donc voilà une petite sélection de films que Télé 7 Jours qualifierait de « comédies dramatiques » et Télérama de « comédies douces-amères » :

La Famille Tenembaum

Comme tous les films de Wes Anderson, un film marqué par la mort et le deuil. Il débute par la mort du couple avec une scène au cours de laquelle un père annonce à ses enfants que lui et son épouse vont divorcer; on découvre ensuite que l’un d’eux, interprété par Ben Stiller, élève ses 2 enfants seul suite au décès de son épouse; plus tard son frère interprété par Luke Wilson tente de se suicider en s’ouvrant les veines. Je pourrais citer d’autres événements mais pour faire bonne mesure, le film s’achève sur un enterrement : cette manière de rire ou sourire, d’adopter un certain détachement par rapport à des faits ou des caractéristiques dont on tire les drames voire les mélodrames est évidemment ce qui fait tout le sel et tout le charme de La Famille Tenenbaum et de tout le cinéma de Wes Anderson.

Kennedy et moi

Je suis malgré tout un énorme fan de Jean-Pierre Bacri (malgré la répétition des rôles et de leur interprétation je veux dire) et Kennedy et moi représente sans doute l’apogée du bacrisme, cette misanthropie de façade résultant d’une trop grande sensibilité (je résume).
Je suis également un grand fan de Jean-Paul Dubois, romancier certes reconnu mais encore sous-estimé selon moi, et la rencontre des 2, Bacri et Dubois, tombe sous le sens (le film est l’adaptation du roman éponyme).
Ceci étant, Kennedy et moi est signé Sam Karmann, surtout connu pour son second rôle auprès de Roger Hanin dans Navarro mais aussi réalisateur de quelques films humbles, bien troussés, et sensibles là encore.
Ici donc l’histoire d’un écrivain dépressif qui se soustrait peu à peu au monde qui l’entoure (son travail, sa femme qui le trompe, ses enfants) et qui graduellement là aussi, retrouve l’envie d’avoir envie, notamment en se focalisant sur la montre de son thérapeute (le génial et trop rare François Chattot) qui aurait appartenu à JFK.
Le film échappe au ronron potentiel du drame familial franco-français grâce, comme toujours dans l’écriture de Jean-Paul Dubois, à une grande lucidité du personnage principal, à un recul salvateur mais aussi grâce à la cocasserie des manifestations de sa dépression (il sympathise avec l’amant de sa femme, attrape les mouches au vol, casse la gueule de son dentiste etc) et son intérêt réside évidemment dans son casting, impeccable (Nicole Garcia, Patrick Chesnais, Sam Karmann, François Chattot donc, et Bacri). C’est une histoire (pas vraiment d’histoire d’ailleurs) qui me touche, elle est simplement racontée, excellemment écrite et interprétée. C’est à l’instar de The Big Lebowski ou des films de Wes Anderson par exemple, un des films que je revois régulièrement. Par ailleurs, il se déroule à Saint Jean de Luz et sur la côte basque, autrement dit et comme chacun sait, dans Le Plus Beau Pays du Monde. Ca joue aussi.

Ghost World

Celui-là aussi je le revois très régulièrement depuis des années, disons 1 fois par an en moyenne. Un film doudou. Sans doute dans le top 5 de mes films préférés en vérité.
C’est marrant parce qu’à sa sortie, j’étais encore suffisamment jeune pour m’identifier au personnage interprété par Thora Birch (enfin, disons que les souvenirs du lycée étaient encore relativement frais) et en vieillissant, j’en suis venu à pencher du côté de celui interprété par Steve Buscemi, normal. On est d’accord que c’est pas forcément une bonne nouvelle pour moi.
Sinon, Ghost World c’est tout simplement avec Supergrave et Rushmore le meilleur film jamais réalisé sur l’adolescence et l’entrée dans l’âge adulte, y a pas débat.

Funny People

Sans doute objectivement le meilleur film de Judd Apatow, celui qui réussit la synthèse parfaite entre sa veine comique et ses aspirations quasi bergmaniennes. « Entre Woody Allen et Blake Edwards » dit l’affiche et pour une fois, elle dit juste ».
Apatow y revisite ses débuts en tant que comédien de stand up en compagnie de celui avec qui il les a effectué, Adam Sandler, et de celui qu’il a révélé et mis à plusieurs reprises au premier plan, Seth Rogen. C’est un portrait sans concession des « funny people », professionnels de la rigolade jusqu’à la nausée, jusqu’à devenir des « funny people », des drôles de personnes, handicapées de la vie. On y rit beaucoup mais jamais vraiment de bon coeur, constamment gêné aux entournures par le malaise, l’aigreur, la frustration, la tristesse voire le désespoir sous-jacents. Un film aussi émouvant qu’impressionnant.

#48 Rien que pour vos cheveux

Agent d’élite du Mossad et véritable star dans son pays, Zohan a un secret : il rêve de devenir coiffeur en Amérique. Profitant d’un combat contre son pire ennemi, un terroriste connu sous le nom de Fantôme, Zohan se fait passer pour mort et s’envole pour New York armé uniquement de ses ciseaux et de son sèche-cheveux.
Malgré son inexpérience, il est engagé par la patronne d’un salon de coiffure, une jeune et jolie Palestinienne. Très vite, Zohan va se faire un nom dans la coiffure et attirer dans le modeste salon une clientèle toujours plus nombreuse.
Alors que son passé d’agent semble loin derrière lui, Zohan est repéré par le Fantôme, qui compte bien en finir avec lui une bonne fois pour toutes… (Allociné)

Me suis planté dans l’ordre de ma liste: j’aurais dû parler de ce film avant mais j’avais pris en compte son titre original qui commence par un Y (You don’t mess with the Zohan) donc voilà.

Il y a ceux qui ne comprendront jamais que les Farrelly, c’est pas QUE des types qui font de l’humour pipi-caca. Il y a ceux qui font des Farrelly et de Judd Apatow des auteurs à part entière. Et puis il y a ceux qui vont encore au-delà et qui vouent un culte à Rien que pour vos cheveux (produit par Apatow, dans sa veine la plus ZAZ, à l’instar de Walk Hard: The Dewey Cox Story, sa parodie des biopics musicaux à la Walk The Line). Rien que pour vos cheveux, c’est un peu le Metal Machine Music de la neo-comédie, ça va très, très loin.

Inutile de préciser que si tu fais partie de la 1ère catégorie, c’est même pas la peine d’envisager de tenter de le regarder. Et je pense, sincèrement, qu’il te manque une importante grille de lecture du monde qui t’entoure. Désolé, j’ai bien conscience que c’est extrêmement puant et prétentieux de dire ça mais je le pense. C’est la fin du top, peut-être aussi de Grande remise, je sais pas encore, j’en ai plus rien à foutre de rien, j’ai plus de filtres.

Putain mais rien que l’affiche sans déconner : les claquettes blanches, le short en jean, le t-shirt Mariah Carey, le bouc… LE GENIE DE CES TYPES NOM DE DIEU!

#47 Wayne’s World 2

On retrouve nos deux étudiants rockers en Angleterre, où ils sont venus réaliser un rêve : monter le plus grand concert rock de la décennie. (Allocine)

Pour moi, Wayne’s World marque un peu le début de l’âge d’or récent de la comédie américaine car juste après, on a les premiers Farrelly, Jim Carrey, Ben Stiller, et très vite ça enchaîne sur le Frat Pack, Judd Apatow, la bande à Seth Rogen etc. Gros coup de mou depuis quelques années d’ailleurs mais ça aura bien duré une grosse quinzaine d’années, c’est beaucoup.

Bref, je dis ça mais je choisis le 2 qui, comme avec Austin Powers, constitue un modèle de second volet d’après moi: les personnages sont bien identifiés, les acteurs et auteurs plus à l’aise, le budget est plus conséquent donc tout le monde se lâche davantage et c’est la grosse régalade: l’entraînement des roadies, le combat de kung fu, les rêves/rencontres avec Jim Morrison, Garth et Kim Basinger etc., que des moments forts.

Il me semble que les 2 compères, Mike Myers et Dana Carvey, se sont brouillés peu après la sortie du film, ce qui explique que contre toute attente nous n’ayons pas eu droit au 3ème volet qui s’imposait. Mike Myers a bifurqué sur Austin Powers, Dana Carvey a lui sombré dans l’oubli.