Top cinéma 2017 – Non

Des films, nombreux, que j’ai pas aimés sans qu’ils m’aient fait régurgiter mes shortbreads pour autant. Les daubes, c’est ici.

Baby Driver

J’ai trouvé ça plutôt agréable sur le coup, même si le film ne tient pas sa promesse du formidable 1er quart d’heure. Le problème c’est que je n’en retiens rien et que je l’ai même totalement oublié dès le générique de fin. Et puis j’ai un problème avec l’acteur principal que je trouve inintéressant et anti-charismatique au possible. Et puis j’ai pas ri ni même souri une seule fois, c’est embêtant…

Charisma level: Pierre Rochefort.

 

La planète des singes: Suprématie

Énorme déception car j’en attendais beaucoup après des critiques quasiment unanimes et un 2ème volet absolument parfait. A vrai dire je l’ai lui aussi rayé de ma mémoire, je saurais plus expliquer ce qui m’a déplu/gêné ici. Je crois que j’ai jamais été dedans, tout simplement, et que je n’ai pas adhéré à la forme (et au fond) nettement plus universaliste de ce volet.

 

Brimstone

Centré sur la condition des femmes dans le Far West, condition dont on peut dire qu’elle était peu enviable, Brimstone est un western gothique néerlandais (wtf) construit comme une variation sur La Nuit du chasseur : un pasteur maléfique (Guy Pearce) poursuit une jeune femme (Dakota Fanning) sur 4 chapitres modestement intitulés « exode », « genèse » etc. Ça se veut lourd de sens mais c’est prétentieux et emphatique, ça s’imagine gore, c’est surtout sadique voire complaisant. C’est super long en plus. Et l’utilisation, sadique là aussi, qui est faite de Carice Van Houten, qui a par ailleurs rencontré son mari (Guy Pearce) sur le tournage mais bon, passons, je saurai attendre, est proprement scandaleuse : on la voit jamais à poil.

Scandaleux

 

Le sens de la fête

Ici

 

The Square

Quand un film censé créer le malaise (et il se donne du mal pour y arriver) génère plutôt de l’embarras qu’autre chose. Enfin, je suis réducteur, pardon : de l’embarras, de l’ennui, de l’agacement. Et puis comme j’ai une haute opinion de moi, j’aime pas me faire faire la leçon. Mais alors quand je me la fais faire par un type qui n’a rien à m’apprendre… Enfin, c’est pas insupportable, c’est déjà ça je suppose.

Quand tu veux pas faire tourner les serviettes.

 

Thelma

J’ai pas trouvé ça mauvais, je vois mal comment on peut trouver ça mauvais d’ailleurs tant le film s’évertue à avoir tout juste, sur tout, tout le temps, mais précisément, c’est ce qui me gêne et finit par m’agacer : ce côté « ta bite a un goût », « film de genre pour lecteur de Télérama« . C’est trop propre, trop chichiteux, trop aseptisé. Si on compare avec le film dont il se rapproche le plus (Carrie)… C’est vraiment scandinave. Mais ça se regarde plutôt bien. C’est scandinave.

 

Ça

J’ai pas lu le bouquin et j’ai pas vu non plus le célèbre (?) téléfilm multi-diffusé et qui a traumatisé des générations (?) de téléspectateurs. Tout ça pour dire que je suis simplement allé voir un film, sans attentes ni a priori. Bon, je me suis pas ennuyé m’enfin… Ca surfe à mort sur le succès de Stranger Things, qui lui-même est redevable de tout ce que Ca synthétise (Stephen King, les productions Amblin, les enfants martyrs/vengeurs, « les années 80 » pour faire court etc).  On se retrouve donc devant un film qui s’inspire d’une série qui elle-même s’inspire en partie du livre dont il est l’adaptation. L’un des gamins de la bande est carrément l’un des gamins de Stranger Things, c’est dire s’ils se sont cassé le cul les mecs.

 

Le Bonhomme de neige

La critique a massacré le film et c’est un peu exagéré : ça va, c’est pas non plus la catastrophe absolue décrite par beaucoup. C’est simplement très mal branlé, avec un montage bancal qui confère au film un rythme inconfortable: on dirait un cycliste qui change de braquet toutes les 2 minutes sans jamais parvenir à trouver le bon. Pour rappel, la production n’a pas pu filmer tout ce qu’elle voulait faute de budget et devant le résultat, forcément foireux, le studio a complètement remonté le film. C’est dommage car j’aime beaucoup les 2 précédents films d’Alfredson (Morse et surtout La Taupe) et s’il y a bien un mec qui aurait pu sublimer une somme tout classique histoire de serial-killer bien glauque, c’était lui. Malheureusement, on ne verra probablement jamais le film qu’il avait en tête.

Sinon évidemment, y a Rebecca « coeur avec les doigts » Ferguson

 

Les Proies

J’étais à ça de le mettre dans mon flop de l’année mais c’est joli, comme toujours avec Sofia Coppola. Quelle paresse intellectuelle quand même… Y a vraiment rien ici qui n’était déjà dans le film original. Et qu’on ne vienne pas me parler d’un regard féminin/iste, ça aussi c’était dans le film de Siegel.

 

Kingsman 2

J’aurais aimé l’aimer, je l’attendais avec une certaine impatience: j’ai revu le 1 juste avant et j’en sous toujours aussi fan. Malheureusement j’ai l’impression d’y trouver tout ce que certains reprochent au premier volet: puéril, superficiel, vulgaire etc. Et puis c’est loooooooong. Gros coeur avec la bite les doigts pour Julianne Moore en revanche.

Ah la la…

 

Corporate

Ici

 

120 battements par minute

Ca m’a un peu impressionné sur le coup, à défaut de m’emporter mais plus le temps a passé, moins le film m’a laissé un grand souvenir. C’est assez programmatique et convenu en fait cette façon de ne pas céder au pathos, d’être (un peu) radical, de créer malgré tout l’émotion par la bande. C’est prévisible, sur le fond et sur la forme. Je remets pas en doute la sincérité ni l’ « importance » du projet évidemment mais 120 battements par minute matérialise une autre forme de conformisme cinématographique en réalité. Enfin, j’aimais beaucoup Adèle Haenel quand elle a débarqué mais putain, ses éternels yeux ronds grands ouverts et bouche pincée/air interdit, j’en peux plus. Elle était à ça de mon top « dégage ».

 

Rock’n’Roll

Il faut être honnête : ça commence bien. Si si, vraiment. C’est tout pompé sur Platane et donc Ricky Gervais mais c’est drôle. En version un peu édulcorée certes mais drôle quand même. Sauf que ça dure qu’une petite demie-heure. Et qu’après ça, il faut s’enquiller 1h45 de private joke complaisante et plus drôle du tout. M’enfin ça évite le flop car un truc aussi suicidaire, ça force le respect quelque part.

Aujourd’hui 5 janvier 2018, je n’ai aucun commentaire négatif à émettre au sujet de Marion Cotillard

 

Ava

Cahier des charges « premier film français » respecté à la lettre: récit d’apprentissage, éveil à la sexualité, ancrage naturaliste, acteurs amateurs, acteurs films-d’auteur (Laure Calamy) etc etc. Qu’est ce qui fait qu’ici ça m’ennuie alors qu’ailleurs (j’ai pas d’exemple qui me vienne là), avec les mêmes éléments, je peux marcher à fond ? Difficile à dire…

 

Wind River

Le cinéma indé américain a ses poncifs lui aussi : les grands espaces métaphysiques, la violence sèche, les oubliés du rêve américain (l’action se déroule dans une réserve indienne), l’ambiguïté morale, les acteurs bankable/grand public venus s’encanailler (Jeremy Renner et Elizabeth Olsen). Il y a tout ça dans Wind River, et ça se regarde bien car cette forme de mythologie US inversée dont Les Raisins de la colère de Steinbeck seraient le terreau (avec le Nebraska de Springsteen en bande son), ça marche toujours. Mais j’ai trouvé ça un peu forcé, un peu prévisible, notamment dans les touches d’humour censées désamorcer la tragédie… J’ai vu au générique de fin que c’était produit par le lourdingue Peter Berg, qui, après le succès (mérité) de Friday Night Lights, s’est fait le dépositaire de ce registre viril-humain-pathos-sans-être-complètement-pathos-non-plus et ça ne m’a pas du tout surpris.

Petit, moche et jamais marquant mais pourtant toujours casté sur des « gros » films : Jeremy Renner est une énigme totale pour moi

 

Loving

Ici

 

D’après une histoire vraie

Le film s’est fait massacrer, il est resté qu’une semaine à l’affiche dans « mon » ciné. Bon, c’est nul mais ça va, c’est pas du Carax non plus, faut pas déconner. On sent un petit peu la patte du maître au détour d’un plan, d’une ligne de dialogue. Faut chercher évidemment parce que oui, c’est naze mais bon, c’est déjà ça.

 

Chez nous

Complètement oublié ce truc… Je suis bien en peine d’en dire quoique ce soit sinon que je m’y suis puissamment fait chier et que j’ai trouvé ça lourdaud.

Je viens de percuter que le jeune gars là joue aussi dans le film de Xavier Beauvois. Acteur ch’ti donc.

 

Le Redoutable

J’avais envie d’aimer, parce que le film s’est fait démolir un peu par principe j’ai l’impression (alors que le sujet me paraissait intéressant), parce que je suis un énorme fan des 2 volets d’OSS 117 et parce que j’ai beaucoup d’affection pour Michel Hazana(sid)vicius, cinéaste-cinéphile intelligent, humble, cultivé, passionné et par conséquent foncièrement aimable. Je me suis pas ennuyé mais bon… Qu’est-ce qu’on en retient au-delà de la reconstitution fétichiste et bluffante? Pas grand chose j’en ai bien peur. Ceci étant, je n’en démords pas, je trouve ça intéressant et même courageux d’avoir fait ce film alors que Godard est à la fois intouchable (on l’a bien vu avec les réactions critiques) et que plus personne n’en a rien à foutre de lui : fais un sondage autour de toi pour vérifier qui a déjà vu un de ses films, tu vas rire (ou pleurer).

 

Coexister

C’est une déception car j’aime les précédents films de Fabrice Éboué et qu’ici, le film ne va jamais plus loin que son postulat. Alors oui, y a de très bons gags (les parodies de tubes au début par exemple), vraiment terribles mais c’est un peu paresseux/prévisible. C’est en outre un film foncièrement bienveillant, surtout avec l’idée même de religion, c’est peut-être ça qui me gêne au fond. J’imagine que vu le climat ambiant, Eboué a préféré jouer cette carte là mais j’eusse aimé davantage d’iconoclasme, d’irrévérence et de mauvais esprit d’autant qu’il est coutumier du fait.

Jonathan Cohen réclame un vrai premier rôle pour lui tout seul : il le mérite.

 

Jackie

Ici

 

Alibi.com

Bon, c’est nul évidemment… Mais y a quelque chose de sympathique, parce que modeste, chez cette petite bande qui me les rendra jamais détestables. En revanche je suis pas allé voir Épouse moi mon pote, leur autre film sorti cette année, faut quand même pas déconner.

 

It Comes at Night

Encore un film de genre-d’auteur. Et les films de genre… bah c’est bien quand c’est fait par quelqu’un qui aime ça et qui y va à fond quand même. Et puis quand tu te fais chier pendant un film très court…

Quand tu veux pas du tout spoiler le film

 

Le Caire Confidentiel

Je sais plus quelle était la phrase exacte mais j’ai pensé à ce qu’a dit Godard un jour: qu’en gros, on aurait progressé lorsque le public irait voir aussi bien un mauvais film turc qu’un mauvais film américain. En ce sens, le relatif succès de Le Caire Confidentiel (film égyptien), est une bonne nouvelle. Je suis peut-être un peu sévère : c’est pas si mauvais que ça, je me suis simplement ennuyé devant cette histoire de flic corrompu pris d’un sursaut d’amour-propre et d’intégrité lors d’une affaire de meurtre couverte par une hiérarchie encore plus corrompue que lui. Un récit très classique jamais transcendé sur le plan cinématographique, le seul intérêt étant qu’il se déroule dans un décor inédit pour le public occidental.

 

La grande muraille

Là encore un film qui s’est fait massacrer de manière un peu disproportionnée selon moi: c’est nul mais c’est pas non plus hyper nul. Putain les mecs, voyez les comédies signées Farrugia ou Philippe de Chauveron et on reparle. Ici au moins on s’ennuie pas. Mais c’est nul oui, y a pas débat.

Le plus naze dans cette histoire, c’est Matt Damon et ses propos de gros beauf au sujet de l’affaire Weinstein

Flop cinéma 2017

J’ai vu beaucoup de films cette année. Enfin, selon mes standards: en général c’est autour de 50, cette année c’est 89, quasiment tous en salle.

Même si je fais pas de classement (à part le top 10), je liste et parle de tout ce que j’ai vu, avec des liens vers les critiques déjà publiées.

C’est ti-par, avec dans un premier temps et comme de bien entendu, les grosses daubes.

Grand Froid

Je fais pas de classement mais c’est LA purge de l’année pour moi. Au bout de 2h, je regarde où on en est: 10 minutes seulement s’étaient écoulées. 6h plus tard, il restait encore 45 minutes de film. Du coup j’ai fait d’autres trucs en même temps (je l’ai vu chez moi celui-là, heureusement nom de Dieu): sms, mails, vaisselle, lessive, bilan comptable, toiture. Malgré ça je me faisais encore chier donc j’ai fait une chose que je ne fais quasiment jamais: j’ai arrêté pour reprendre le lendemain. Ultime précision: le film dure en réalité 1h20. Une purge.

Cocasse: le film est dans le cercueil.

Mother!

Ici

L’amant double

Après 2 franches et belles réussites ( Une nouvelle amie et Franz) le retour du Ozon le plus détestable: vulgaire, misogyne, grotesque, maladroit. Ridicule.

Les fantômes d’Ismaël

Je sauve vaguement la fiction dans la fiction (le truc avec Louis Garrel) mais je suis en train de passer de « j’aime pas Desplechin » à « c’est complètement naze en fait ». Tout le passage sur Noirmoutier ressemble à un publi-rédactionnel pour un hors-série crossover et cauchemardesque de Elle Déco et Psychologies magazine, c’est dingue d’en être arrivé là. Je parle même pas du combo Charlotte Gainsbourg Marion Cotillard, cauchemardesque lui aussi.

Frisson de la honte absolu

Jeune femme

Ici

Nocturnal Animals

Ici

Silence

Top 1 cheveux-soyeux pour Andrew Garfield en revanche. Sans déconner, le mec (sur)vit dans la campagne japonaise au Moyen-Âge, il doit se laver environ 1 fois tous les 2 ans et demi mais quels beaux cheveux bon sang ! Le film sinon: ça aurait pu n’être « que » long, lent et chiant mais la conclusion, le tout dernier plan en réalité, finissent d’en faire un « objet » au prosélytisme pour le moins gênant.

« 4 Notre Père, 3 Je vous salue Marie et Pantène Pro-V Repair and Protect. Tu me remercieras plus tard. »

 

Orpheline

Sale. En même temps, avec Adèle Exarchopoulos

Gangsterdam

Puuuuuuutain, j’ai vu ce truc, j’avais complètement oublié… J’ai dû sourire à 2 ou 3 reprises mais c’est vraiment pas à mon honneur : au-delà de la polémique, c’est à chier, un énorme ratage, un accident industriel, y a pas grand chose à dire de plus.

Sous le même toit

Dans une année où j’ai finalement vu peu de comédies françaises, et pas les pires apparemment (Bad Buzz, A bras ouverts, Si j’étais un homme unanimement conchiés) j’ai quand même vu cet avatar de la comédie française dans ce qu’elle a de plus détestable: vulgaire, ringarde, bourrée de clichés, faussement subversive, tristement conformiste. Et encore une fois, c’est Dominique Faruggia qui est derrière la caméra. Tristesse.

Pratique: le film est dans le sac poubelle.

 

Song to Song

Ici

Wonder Woman

Alors oui, ok, c’est peut-être un film important, ça renverse un peu la table mais enfin il faut le dire… c’est quand même à chier non ? Quel ennui en tout cas. Interminabe.

« Mais ouvre les yeux bordel, je te dis qu’il est tout nul notre film »

 

Ce qui nous lie

Ici

A Ghost Story

Pendant la scène du mangeage de tarte, je pensais: « American Pie >> ah bah dis donc, j’espère qu’ils ont pas fait 8 prises >> bah, au moins ça va la remplumer un peu >> Stop pitié stop arrêtez ça STOOOOOOOOOOOOOOOP ». A partir de là évidemment…

Ce que vous n’allez pas voir dans 564 minutes ne va pas vous étonner !

A Beautiful Day

L’un des trucs les plus cons qui soient depuis qu’on ne traduit plus systématiquement les titres de films américains/anglo-saxons, c’est de les sortir avec un autre titre en anglais: ici A Beautiful Day à la place de You Were Never Really Here, le titre original. Voir aussi Happy Death Day « traduit » en Happy Birth Dead. C’est vraiment très con ça. Presqu’aussi con que ce film.

Ôtez-moi d’un doute

Ici

Jalouse

Ce soir là y avait la première de Mariés au premier regard sur M6 donc tu penses bien que j’avais prévu de rester chez moi. Sauf que le chauffage du salon avait lâché donc plutôt que de passer la soirée recroquevillé sous 3 couvertures en laine, je me suis dit que je profiterai du confort de « mon » cinéma. Bien mal m’en a pris tant ce film est la quintessence de ce qui cloche dans le cinéma français du milieu (ces films qui ne sont ni des films d’auteur ni des films à gros budget): c’est plat, tiédasse (Karin Viard est détestable mais faut qu’elle attire notre sympathie quand même mais c’est une connasse mais on l’aime bien mais quelle salope etc etc)  bourgeois, bourré de clichés, c’est un mauvais téléfilm en vrai.

Habile: le film est dans le hachis parmentier.

Boys, Boys, Boys

Après les repoussoirs et les actrices, voici une petite liste d’acteurs qui m’ont marqué cette année :

Michael Fassbender dans Le bonhomme de neige et Song to Song

La perfection au masculin. Même en semi-clodo, même en jouant mal, même dans un mauvais film. Même dans une horreur absolue (Song to Song).

 

Mahershala Ali dans Moonlight

J’avais repéré ce type et son visage doux dans la série Les 4400 dont j’avais bien aimé les 2 premières saisons, j’étais étonné qu’on le voit pas davantage. Là, vu le succès du film, c’est sûr, on va le revoir : il va notamment jouer l’un des flics dans la saison 3 de True Detective.

 

Tom Hardy dans Dunkerque

C’est presqu’un gag car on ne découvre son visage qu’à la toute fin mais je le tope car j’aime bien ce mec. Il m’est sympathique et je trouve qu’il a une belle gueule et une belle présence physique qui compensent des qualités d’acteur limitées.

 

Cillian Murphy dans Dunkerque

De là à dire que Dunkerque est un manifeste homo-érotique… Un physique un peu inquiétant pour lui, à la fois beau et bizarre, un peu à la Christopher Walken.

 

Swann Arlaud dans Petit Paysan

Idem. Et puis il interprète avec brio un magnifique personnage dans un de mes films préférés cette année.

 

Pedro Pascal dans La grande muraille

La chorizo touch du top. Il est chilien en réalité mais tu vois l’idée. Beau mec dans le genre.

 

Ryan Gosling dans La La Land

J’assume totalement le fait de le toper lui et pas sa partenaire. Quoiqu’il en soit, je comprends tout à fait qu’il soit l’un des acteurs les plus appréciés actuellement : il est mignon, il est charmant, il joue bien, il choisit bien ses rôles, on le voit ni trop, ni trop peu, il est avec Eva Mendes, un sans faute. Salaud.

 

Pio Marmaï dans Santa et Cie

Le seul de la liste que j’ai « vu en vrai » comme on dit, puisque j’étais assis plein centre au 2ème rang lors de l’avant-première de Santa et Cie qu’il est venu présenter à Toulouse avec Alain Chabat. Il est pas très grand, un peu en surpoids (très en surpoids dans le film de Klapisch sorti cette année également) mais il est très drôle et il a un charme dingue dans le style brun-ténébreux-italiano. Salaud aussi.

 

Adam Driver dans Logan Lucky

Le prototype du moche-beau-hyper talentueux, à la Gainsbourg. Pas vu la dernière saison de Girls (j’ai fini par jeter l’éponge) et pas vu le Star Wars mais je suis à ça d’y aller rien que pour lui. Over-hypé mais super mérité, il est génial et hyper charismatique quoiqu’il fasse.

 

Chris Pine dans Wonder Woman

C’est terrible de ne retenir d’un film loué pour son féminisme que son second rôle masculin mais c’est comme ça… C’est surtout terrible pour le film non ? Bref, quand Chris Pine est apparu, je me suis dit « popopo mais c’est quoi cette caricature de Ken ? ». Et puis au fur et à mesure de ses différent rôles, je me suis rendu compte qu’il jouait bien, très bien même et qu’on avait affaire à un type modeste, sensible, et toujours prêt à défendre la cause des actrices et des femmes en général justement. Un mec bien donc.

 

Billy Crudup dans Jackie et 20th Century Women

Il nous a fait une Matthew McConaughey lui : monté très haut, très vite, il a complètement disparu pendant un bon moment, et bam, alors que tout le monde l’avait oublié, come-back de l’année. Dans les 2 films (on peut y ajouter la série Gypsy), dans un genre et avec une apparence très différents, il apporte sa virilité élégante et tranquille.

 

Laurent Laffite dans KO

La Bébel touch, le charme à la française, à la Dujardin mais en plus classe, plus bourgeois.

 

Channing Tatum dans Logan Lucky

Ce mec ressemble à un vulgaire chippendale (ce qu’il était je le rappelle) mais il est à l’aise partout: en redneck mélancolique chez Soderbergh cette année, en salopard charmeur chez Tarantino l’an dernier, en flic bêta dans 21 et 22 Jump Street précédemment etc. J’adore ce mec.

 

Colin Firth dans Kingsman 2

Il m’était insupportable jusqu’au superbe A Single Man, dans lequel Tom Ford en faisait une icône de l’élégance masculine (entre autres..). Nul doute que c’est ce qui a inspiré son rôle dans Kingsman puisqu’il y incarne cette fois rien moins que l’Elegance Britannique éternelle, tout en style sartorial et montures Cutler and Gross.

Girls on Film

Après les repoussoirs (ici), les actrices qui m’ont convaincu en 2017. Et quand je dis « convaincu », il faut bien entendu comprendre convaincu et convaincu.
Sans ordre particulier là encore:

Naomi Watts dans Twin Peaks, the Return et Gypsy

Pas de classement mais j’ai spontanément pensé à elle au moment de me lancer dans ce top. Soccer mom ultime (Twin Peaks) ou psy sophistiquée (Gypsy, à chier,  et que j’ai abandonnée au bout de quelques épisodes), elle a écrasé la concurrence à tous les niveaux. Convaincu et convaincu donc. Je parle même pas de Mulholland Drive que j’ai revu cette année encore et dans lequel elle est au-delà des mots et des éloges.

 

Carice Van Houten dans Game of Thrones et Brimstone

On la voit à peine dans GoT (et pas à poil), un peu plus dans Brimstone (pas à poil non plus) mais je sais pas, elle m’obsède un peu en ce moment. J’ai même rêvé d’elle 2 fois (ici et ici). Du coup j’ai revu le génialissime Black Book de Paul Verhoeven (beaucoup à poil).

 

Alessandra Mastronardi dans Master of None

Monica Vitti / Sophia Loren / Virna Lisi / Claudia Cardinale / Laura Antonelli / Stefania Sandrelli / Ornella Muti / Ilona Staller / Monica Bellucci / Violante Placido / Alessandra Mastronardi.

 

Rebecca Ferguson dans Le Bonhomme de Neige et Life : origine inconnue

J’ai fait mienne la maxime de Ron Swanson dans Parks & Recreation : “I’m a simple man. I like pretty, dark-haired women and breakfast food.” Entrée fracassante et durable dans mon top filles depuis que je l’ai découverte dans Mission Impossible 5 donc.

 

Julianne Moore dans Kingsman 2

C’est marrant, si j’ai toujours trouvé que c’était une super actrice, j’ai jamais été trop sensible à son charme mais je la trouve de plus en plus belle avec l’âge. Dans Kingsman 2, avec sa garde robe rétro-chic et ses manières désuètes, elle est à tomber.

 

Cate Blanchett dans Thor : Ragnarok

Idem. Pire même : elle avait plutôt tendance à me gonfler, y compris physiquement. J’ai eu un déclic dans Blue Jasmine : j’ai trouvé qu’elle allait à fond dans le grotesque et qu’on voyait bien qu’elle en avait rien à foutre de ce qu’on pouvait penser de sa tronche ou de son personnage (très antipathique dans le cas où t’aurais pas vu le film). J’adore ça chez un acteur/une actrice. Je parle pas de Carol il y a 2 ans, elle y était géniale évidemment  mais dans Thor: Ragnarok c’est un peu pareil : elle s’abandonne complètement dans son rôle d’emo-queen, jusqu’au grotesque (au sens propre là encore : aussi bizarre que ridicule et même risible) et ça m’a impressionné. Du coup, c’est con mais j’ai complètement révisé mon jugement et je la trouve de plus en plus belle elle aussi.

 

Karin Viard dans Jalouse

Toujours eu un faible pour elle. Dans Jalouse c’est un peu paradoxal car à la fois elle a un peu pris (je pense même qu’elle a fait des trucs et ça commence à se voir…) et elle est y très pulpeuse. Elle joue mal en plus… Enfin, elle joue mal : le film est à chier, faut voir ce qu’on lui donne à jouer surtout.

 

Jennifer Lawrence dans Mother!

Petite exception fraîcheur dans mon top. Je disais à propose de Natalie Portman que sa perfection m’insupportait : Jennifer Lawrence possède elle aussi une plastique irréprochable, voire lisse diront à juste titre certains et pourtant elle, je sais pas, elle me plaît. Inessplicab.

 

Anaïs Demoustier dans La villa

Exception fraîcheur bis. Evidemment, c’est pas le film où elle est le plus en valeur mais Anaïs Demoustier, dans n’importe quel film (sauf chez Guédiguian), c’est ta voisine étudiante en lettres classiques fan de Rohmer : tu tombes amoureux illico, c’est scientifique.

 

Laura Smet dans Les Gardiennes

Elle ressemble un peu trop à son père, elle a, comme lui, un léger problème niveau coupe-de-bouche, elle joue un peu comme une patate mais elle a aussi du charisme et elle dégage un certain magnétisme. Comme son père finalement.

 

Juliette Binoche dans Un beau soleil intérieur

Le film a pas mal divisé (il me divise d’ailleurs moi-même puisque je sais toujours pas où je me situe à son sujet) mais s’il y a bien une chose sur laquelle tout le monde s’est entendu, c’est sur son actrice principale qui n’a probablement jamais été aussi belle.

 

Virginie Efira dans Pris de court

Pas le film où elle est le plus en valeur mais je l’ai également vue dans Caprice cette année, et là évidemment, c’est pas la même limonade. En plus je trouve qu’elle joue de mieux en mieux et qu’elle fait de bons choix. En plus.

 

Rachel Weisz dans My Cousin Rachel

Membre à vie de mon top filles. Evidemment, c’est pas sa présence dans un period piece victorien qui allait changer la donne, bien au contraire.

 

Sienna Miller dans The Lost City of Z

Alors je la trouve jolie évidemment, puisqu’elle l’est mais c’est surtout que je l’avais trouvée absolument bluffante dans American Sniper, et qu’elle est encore d’une intensité et d’une justesse remarquables dans le film de James Gray. J’aime bien qu’elle se soit révélée un peu sur le tard aussi puisqu’on ne la connaissait jusqu’au film d’Eastwood qu’en tant que vague it-girl/épouse de Jude Law/actrice de 3ème zone.

Hey ! You ! Get off of my screen !

Pour commencer le bilan ciné de Grande remise par une touche granderemisesque, une sélection des acteurs/actrices qui me sont sortis par les yeux cette année : soit par leur performance ponctuelle, de manière conjoncturelle je dirais, soit de manière plus structurelle. Certain.e.s sont à la limite du je-peux-pas-voir-ce-film-car-il-ou-elle-joue-dedans. J’espère ne jamais en arriver là mais c’est pas facile tous les jours.

Dans le désordre, je commence par les gars:

Andrew Garfield dans Silence

Alors dans le film il est cracra bien sûr, mais TOUJOURS des cheveux impeccables. Le mec, tu lui colles un polo Lacoste bien repassé, un petit short et hop, il te balance des coups droits solides et des revers à 2 mains bien soporifiques sur le central court de Flushing Meadows. Y a des limites au propre-sur-soi, merde.

 

Joaquin Phoenix dans A Beautiful Day

Un membre régulier de mon top mecs (oui, j’ai un top mecs) mais là c’est pas possible. Il a pris 20 kgs, il sent la dormite à 3 kms, y a des limites au négligé, merde.

 

Ansel Elgort dans Baby Driver

J’imagine qu’il plait, beaucoup même sans doute, surtout aux plus jeunes mais je trouve qu’il ne dégage absolument rien. Un charisme d’endive, il m’a quasiment plombé le film. J’arrive jamais à me souvenir de son nom en plus, ça m’énerve.

 

Gilles Lellouche dans Le sens de la fête

Là par exemple c’est structurel: c’est limite si je détourne pas le regard quand il est à l’écran. Je peux pas ce mec, tout simplement. Cheveux hyper chelou non? Des implants probablement mais j’en suis pas sûr à 100%. Hyper chelou. Et je parle même pas de sa voix, de sa beaufitude, de sa filmo de merde, de son frère etc.

 

Jeremy Renner dans Wind River

Je comprends pas : le mec est petit et moche et malgré ça on le voit partout (Avengers, The Immigrant de James Gray etc etc). Je comprends pas. Il ressemble à Sim putain !

 

Will Poulter dans Detroit

Ce type a vraiment un physique de petit fdp des années 50-60, c’est fou. On dirait qu’il sort d’un tableau de Norman Rockwell. Evidemment, ça colle parfaitement à son rôle dans le film et il y est excellent.

 

Je passe aux filles. Y en a plus, tout comme il y aura davantage d’actrices dans mon top filles. Et je suis plus disert à leur sujet: c’est pas de la misogynie ou peut-être que si, je sais pas, même si je le pense et ne l’espère sincèrement pas mais je suis plus sensible aux actrices, en bon hétéro-beauf qui se respecte, tout simplement.

Adèle Exarchopoulos dans Orpheline

J’arrive plus à la visualiser autrement que la bouche pleine de sauce bolognese (cf La vie d’Adèle). Je la trouve extrêmement vulgaire, même quand je la vois en interview, tout simplement.

 

Natalie Portman dans Jackie et Song to Song

Calme toi : évidemment qu’elle est jolie. Très jolie même. Mais justement : sa perfection m’insupporte. Pas dans le sens où j’ai obligatoirement besoin d’un petit défaut, d’une imperfection, que sais-je: y a plein d’actrices que je trouve parfaites et qui me plaisent. Elle non. Après, elle est très bien dans Jackie, je dis pas.

 

Alison Williams dans Get Out

Un rôle de connasse insupportable dans Girls, un rôle de connasse insupportable dans Get Out. Et après on va dire que c’est moi…

 

Elizabeth Moss dans The Square et The Handmaid’s Tale

Alors déjà physiquement, pas mon truc mais bon ça à la limite on s’en fout. Je trouve surtout que son jeu vire à la formule, qu’elle a toujours les mêmes réactions, les mêmes mimiques, les mêmes intonations.

 

Ruth Negga dans Loving

Fragile, pudique, délicate, gracile gnagnagnagnaaaaaaaa: le genre de nana que je trouve physiquement chiante. Un peu comme Audrey Hepburn. Mic drop.

 

Golshifteh Farahani dans Santa et Cie

Idem. Cette affectation permanente, c’est pas possible, ça me rebute complètement.

 

Marion Cotillard dans Les fantômes d’Ismaël

Et pour l’ensemble de son oeuvre. Quand je dis que « certain.e.s sont à la limite du je-peux-pas-voir-ce-film-car-il-ou-elle-joue-dedans », c’est à elle que je pense en premier lieu.

 

Charlotte Gainsbourg dans Les fantômes d’Ismaël et Le bonhomme de neige

Idem. Pourtant je l’aimais bien pendant longtemps..  Mais elle joue toujours de la même manière depuis quelques années, le cou tendu, gracile, la bouche entrouverte. Et cette « carrière » musicale… « Bonjour, je suis la fille d’un génie respecté/adulé dans le monde entier, j’ai envie de faire un disque, tiens je vais appeler BeckAirJarvis CockerSebastiAnDaft PunkDieule Pape etc etc pour m’aider ». Ben tiens, pourquoi s’emmerder ? Putain de fils/filles de.

 

Kristen Stewart dans… bah dans rien, je l’ai pas vue cette année en fait mais je peux tellement pas la blairer que je la tope quand même

Un peu comme pour Jeremy Renner, incompréhension totale. Evidemment, elle est pas moche elle mais je trouve que son physique d’adolescente froide ne dégage absolument rien et qu’elle est très mauvaise actrice. Quand elle sort un peu de son registre habituel, comme dans le Woody Allen l’an dernier (Cafe Society), au secours… Même dans la pub Chanel, AU SECOURS. Je me dis que ça va bien finir par se voir un jour, qu’elle va retourner dans l’oubli, trouver un boulot dans une boutique de fringues et que tout rentrera dans l’ordre.

 

Céline Sallette dans Corporate et Cessez-le-feu

Je vois des dreadlocks. Je vois des chiens à punk. Je vois des djembés, des bâtons du diable, des yeux rougis, des pupilles dilatées. Je sens des odeurs désagréables.

 

Top albums 2017 – 2ème partie – Top 10

La 1ère partie du top ici.

10 Baxter Dury – Prince of Tears

Je n’avais été que partiellement convaincu par ses précédents albums (hormis le tout premier que j’aime beaucoup mais qui est dans un style assez différent de ce qu’il a adopté par la suite) mais ici j’aime tout, ou presque, et ce que j’aime, je l’aime très fort. Ca l’effectue toujours les albums de rupture…

 

9 Nev Cottee – Broken Flowers

Angleterre et coeurs brisés toujours avec une révélation en ce qui me concerne: tel un Richard Hawley qui aurait fait une fixette sur Gainsbourg, Nev Cottee écrit et interprète des chansons-vampires i.e. qu’il est formellement déconseillé d’écouter à Palavas en plein cagnard au mois d’août. Pense plutôt « fin de journée sombre et pluvieuses à Manchester« . C’est noir donc, mais c’est beau. Très beau même.

 

8 King Gizzard and the Lizard Wizard – Flying Microtonal Banana

Y a quelques années, Le Rock était incarné par Ty Segall, et avant lui par Thee Oh Sees qui eux-mêmes prenaient le relais des Queens of the Stone Age, White Stripes etc etc, à chaque époque son incarnation fulgurante et plus ou moins fugace. En 2017, y a pas, c’est King Gizzard and The Lizard Wizard les plus habités, les plus furieux et les plus talentueux. Ils ont donc sorti 5 albums cette année, tous excellents et tous, ou presque, différents les uns des autres. J’ai choisi celui-ci, le second paru cette année, car il représente selon moi une bonne porte d’entrée à leur garage-psych-prog-rock et que c’est celui que j’ai le plus écouté, tout simplement.

7 The Proper Ornaments – Foxhole

 

L’album de guitar-pop de l’année, trancoolos, et peut-être même l’album le plus évident de l’année. On peut penser que c’est pas très original et on aura pas forcément tort. On peut aussi penser que c’est une gageure de réaliser un tel album près de 50 ans après le Velvet, avec une telle fraîcheur, comme si le genre venait d’être inventé. En réalité je pense que c’est très fort. Pour info c’est les mêmes branlous qui sont derrière les chansons tout aussi impeccables d’Ultimate Painting.

 

6 Pugwash – Silverlake

L’invité de la dernière heure de 2017, y en a toujours un. Pugwash rentre en prime dans la catégorie je-connais-ça-me-plait-mais-j-ai-jamais-creusé-pourquoi-je-l-ai-pas-fait-avant-c-est-vraiment-génial-je-suis-trop-con. Je connaissais bien, et appréciais le travail de Thomas Walsh, leader irlandais de Pugwash, avec Neil Hannon au sein de The Duckworth Lewis Method, leur projet commun, mais je ne m’étais jamais jusqu’ici sérieusement intéressé à son propre travail. Et c’est fantastique, une orgie de classic pop inspirée et euphorisante, entre XTC et Jellyfish. D’ailleurs c’est produit par Jason Falkner. J’ai pas grand chose à dire de plus, c’est d’une telle évidence… Indispensable pour tout amateur de pop, tout simplement. Pochette dégueulasse en revanche, on est d’accord.

 

5 Ricky Hollywood – Le Modeste Album

Ricky Hollywood aka Stéphane Bellity est un personnage un peu insaisissable, auteur d’une production un peu anarchique et pas toujours facile à suivre (parue chez les intégristes de La Souterraine), actuellement batteur sur la tournée de Juliette Armanet. Pour situer. Son album s’essouffle un poil sur la seconde moitié je trouve mais la 1ère est vraiment formidable. Un modèle de pop française contemporaine, élégante, exigeante et populaire à la fois, faussement légère, digne héritière de 2 modèles assez évidents, Katerine et Bertrand Burgalat. D’ailleurs ce dernier prête sa voix à l’un des tubes de l’album et de l’année, L’Amour (peut-être).

 

4 Bertrand Burgalat – Les Choses qu’on ne peut dire à personne

Héros granderemisesque absolu (je rappelle que le blog tire son nom de l’une des innombrables merveilles qu’il a composées), Bertrand Burgalat jouit aujourd’hui, et enfin, d’une certaine reconnaissance : son influence est palpable chez de nombreux jeunes auteurs-compositeurs français (pas plus loin que le gars juste au-dessus dans ce top) et surtout, il est l’auteur de Diabétiquement vôtre, « un livre paru en 2015 qui a soufflé un vent de fraîcheur dans l’univers propret du diabète » selon le Huffington Post, et qui lui a valu d’être invité sur de nombreux plateaux télé. Reconnaissance par la bande donc mais reconnaissance quand même.
J’ai mis beaucoup de temps à apprécier son dernier album à sa juste valeur: je le trouvais bien mais « juste » bien, rien de particulier par rapport à tout ce qu’il avait fait auparavant. Y avait peut-être un peu de ce ressentiment idiot qu’ont les fans lorsqu’un de leurs artistes favoris accède à la notoriété après des années de vache maigre durant lesquelles ils faisaient partie des happy few. Je sais pas. Quoiqu’il en soit, si Les choses qu’on ne peut dire à personne n’apporte « objectivement » rien de neuf à ce que Bertrand Burgalat a enregistré jusqu’ici (comprendre: il s’est pas mis au death metal), il représente une synthèse absolument remarquable et très inspirée d’une carrière qui court désormais sur 25 ans. Mais il faut s’y plonger, s’y immerger pour se laisser doucement submerger par sa tendre mélancolie: sa durée (68 minutes) prend elle aussi le contre-pied de l’époque, c’est un album qui se mérite. Et qui le rend au centuple.

 

3 Phoenix – Ti Amo

J’y croyais plus trop honnêtement, je pensais même que c’était fini Phoenix… Qu’ils continueraient à sortir des albums et à tourner bien sûr mais sans génie, en ronronnant gentiment. Et puis en allant chercher leur inspiration du côté de l’Italie pré-Berlusconi (italo-disco, gelati, plages de Rimini, festival de San Remo, Illona Staller et tutti quanti), ils sortent un album quasiment aussi irrésistible que Wolfgang Amadeus Phoenix : que des tubes, dansant ou enjôleurs, avec une délicieuse et minuscule once de vulgarité, oh pas grand chose, juste ce qu’il faut pour les rendre gentiment subversifs.

 

1 Dent May – Across the Multiverse / Forever Pavot – La Pantoufle

Impossible de les départager, comme en 2014, d’autant que je les trouve là aussi complémentaires.

Je m’attarde un peu sur Dent May car il est encore largement méconnu en France.

C’est un auteur-compositeur originaire du Mississippi (2 s, 2 s, 2 p, c’est facile) et aujourd’hui installé à Los Angeles. Il s’est fait connaître il y a une dizaine d’années avec son 1er album entièrement joué au ukulele qu’il a sorti sous le nom de Dent May and His Magnificent Ukulele. Il s’est vite démodé et c’est dommage car c’est un excellent album. La vague ukulele s’étant fort heureusement échouée aussi vite qu’elle avait enflé, c’est un album qui s’écoute aujourd’hui encore super bien car il y a l’essentiel: les chansons.
Ne voulant pas être catalogué « dandy rigolo », Dent May a très rapidement changé son fusil d’épaule avec un album nettement plus electro, puis un 3ème plus classiquement pop.
C’est la tendance que confirme cet Across the multiverse qui est en réalité un véritable best of de pop californienne qui fait songer à la fois à Randy Newman, Harry Nilsson ou au yacht rock le plus classieux. C’est son album le plus « organique » et ça lui va très bien.
Il a changé de style pour quasiment tous ses albums mais il y a bien une constante chez Dent May, outre son talent pour trousser des petits tubes imparables, c’est sa personnalité de dandy 2.0 et d’observateur pince-sans-rire des mœurs de son époque.
Si on additionne tous ces éléments, on obtient un type et un artiste que j’apprécie énormément, à la fois ironique, détaché, élégant, drôle mais aussi très émouvant lorsqu’il fend l’armure. J’adore ce mec, vraiment et j’adore cet album, son meilleur et le plus indiqué si on veut découvrir son travail.

Forever Pavot commence lui à être plus connu, son dernier album a bénéficié de pas mal d’exposition.

On retrouve dans La Pantoufle ce qui a fait de Rhapsode, son premier album, une aussi belle réussite : une musique foncièrement cinématographique, dans le fond et dans la forme, puisque Emile Sornin se pose délibérément en héritier des grands compositeurs français des années 60-70, François de Roubaix en tête. Ici, c’est encore plus prononcé puisque le disque déroule quasiment un récit type film noir, autour de la disparition de cette fameuse pantoufle. Ca lui permet d’évoquer son enfance en Charente et ça le rapproche aussi, sur le fond et sur la forme, de Katerine. C’est donc à la fois beau, virtuose, drôle et un peu étrange voire inquiétant. Ca vole très haut en tout cas.

Bonne fêtes de fin d’année à toutes et à tous, rendez-vous après les vacances pour le top cinéma.

Top albums 2017 – 1ère partie

Des valeurs sûres, des confirmations, des révélations.

Sur le banc des remplaçants, prêts à enlever leur survêt et à entrer à tout moment:

Ty Segall

 

 

 

 

 

 

 

Un petit Ty Segall mais un petit regain de forme malgré tout et une de mes chansons préférées de l’année, Orange Color Queen.

LCD SoundsystemAmerican Dream

 

 

 

 

 

 

Un des albums plébiscités cette année et c’est mérité. Pas grand chose à dire de plus, c’est une évidence et c’est esstra.

Real EstateIn Mind

 

 

 

 

 

 

 

Jamais très bien compris toute la hype autour de ce groupe (je comprends d’ailleurs toujours pas vraiment) mais cet album-ci me plaît beaucoup.

The War on DrugsA Deeper Understanding

 

 

 

 

 

 

 

Toujours aussi beau mais toujours aussi claustro. Quand le disque se termine, j’ai envie d’aller voir la mer, comme si je sortais de taule.

Lana Del ReyLust For Life

 

 

 

 

 

Cette fille est vraiment sous-estimée et pâtit de la surexposition de ses débuts. C’est dommage et injuste car elle a beaucoup de talent et tous ses albums sont excellents.

C’est parti pour le top 20:

20 Beck – Colors

Evidemment, faut faire son deuil du Beck qu’on a connu dans les années 90 mais c’est fait depuis longtemps maintenant. Evidemment, y a 2-3 titres un peu embarrassants mais je trouve le reste super bien foutu et super accrocheur (Dreams, Colors, Dear Life notamment). Ca me suffit.

 

19 Juliette Armanet – Petite Amie

Ca démarre fort, très fort, trop fort sans doute, avec L’amour en solitaire, un classique instantané. Ca démérite pas par la suite mais c’est moins brillant. Carton mérité en tout cas même si avec de bons avocats, Véronique Sanson pourrait sans doute gratter quelques royalties. Enfin, je chipote, ça fait plaisir de constater que ce type de chanson française, aussi précise que populaire, trouve encore un écho.

 

18 Nick Power – Caravan

Un membre de The Coral, également romancier et poète, pour son 1er album en solo. Ca s’appelle Caravan car il l’a enregistré tout seul dans une caravane paumée dans le Nord du Pays de Galles. Du coup, c’est assez minimaliste voire famélique mais comme il fait partie de The Coral, il sait ce que c’est que d’écrire des chansons, mélodiques de préférence. Très joli donc.

 

17 Serpent Power – Electric Looneyland

Deux membres de The Coral pour leur 2ème album. Autant ci-dessus ça se démarque sensiblement, malgré un même goût pour les mélodies mélancoliques, autant ici ça pourrait être une suite à Distance Inbetween, l’album paru l’an dernier. En plus psyché mais c’est très proche. Et très bon.

 

16 Zombie Zombie – Livity

Psychédélisme toujours mais instrumental cette fois, tendance electro-kraut. Poisseux et planant à la fois, clinique et organique, immédiat et labyrinthique. Mystique. Fantastique. OK, j’arrête. Le duo (Etienne Jaumet et Cosmic Neman, ex-Herman Dune) a muté en trio avec l’addition du bon Docteur Schönberg. Ca ne change foncièrement pas grand chose depuis leurs débuts sur A Land for Renegades il y a bientôt 10 ans, et c’est tant mieux.

 

15 Grizzly Bear – Painted Ruins

Tu les avais oublié eux pas vrai ? Voire même tu ignorais qu’ils avaient sorti un album cette année, je me trompe ? J’ai la nette impression que Painted Ruins est passé complètement inaperçu, un peu comme le Crack-Up de leurs potes de Fleet Foxes d’ailleurs. C’est dommage… (pour Grizzly Bear, le Fleet Foxes m’ennuie profondément). Painted Ruins est un album qui me bluffe un peu plus à chaque fois que je l’écoute. Le problème c’est qu’à chaque écoute également, j’ai un peu de mal à aller jusqu’au bout… Les new-yorkais ont peut-être opté pour un son plus musclé, voire pêchu, ils n’ont rien cédé concernant leur penchant pour les harmonies, rythmiques et mélodies complexes et leur pop cérébrale m’ennuie un peu sur la longueur. Mais c’est quand même très brillant tout ça…

 

14 Kelley Stoltz – Que aura

Héros granderemisesque s’il en est, Kelley Stoltz m’avait un peu déçu avec son précédent album (In Triangle Time), sur lequel il renouait de manière un peu maladroite à mon goût avec ses amours new wave. Que aura est beaucoup plus fluide et abouti, une synthèse impeccable de ses 2 influences majeures: la new wave donc, et la pop des années 60. Echo and the BunnyKinks.

 

13 Orval Carlos Sibelius – Ordre et Progrès

Membre de la talentueuse écurie Born Bad Records à l’instar de Forever Pavot ou Dorian Pimpernel, 2 autres de mes chouchous French pop actuels, Orval Carlos Sibelius est lui aussi un esthète pop à la fois aimable et déviant, et son dernier album un objet aussi confortable que malaisant (ça parle quand même pas mal de dépression et de suicide tout du long). Ca sinue, ça chausse-trappe, ça coq à l’âne de manière toujours très ludique et inventive. Ca me fait beaucoup penser, dans la démarche sinon dans la forme, à Fed de Plush, autre avatar d’une pop orchestrale à guitare (si si, ça existe) aussi évidente qu’étrange.

 

12 Wesley Gonzalez – Excellent Musician

Déjà, le mec a un patronyme qui claque : il pourrait être surfer californien ou gitan. Mais non, il est anglais (il y a des gitans anglais bien sûr, c’est pas la question). Ce qui le prédispose à brillamment raconter son quotidien, ses vacances en Espagne, sa virée à Amsterdam, ou encore la fois où il a défoncé un serpent trouvé dans le jardin de la maison de ses parents. L’Angleterre. Biberonné à la mélodie qui tue comme tout bon sujet de sa majesté qui se respecte, Wesley Gonzalez souffle avec fougue et fraîcheur sur les cendres à peine refroidies du post punk et de la new wave à guitare (pense Elvis Costello, pense Madness, pense Joe Jackson). Et il les ravive. Les cendres.

 

11 Foxygen – Hang

Album sorti en début d’année = album négligé. Si on ajoute à ça le fait que Foxygen fatigue déjà un peu tout le monde par son hystérie et son jemenfoutisme caractérisés… C’est dommage, Hang est un bel album dans le genre pop opulente et camp. Pour situer. C’est produit par Matthew E. White.

Mon rêve 14

Aujourd’hui, un happy end.

Je suis embarqué dans une sorte de périple autour du monde avec mes frères et sœurs, un truc de baroudeur qui me ressemble pas du tout (aussi incroyable que ça puisse paraître, j’ai assez peu de points communs avec Indiana Jones) mais voilà, c’est comme ça, on m’a pas demandé mon avis j’ai l’impression (« on » c’est mon subconscient évidemment).

On arrive à notre gîte pour la soirée et on se sépare en 2 : les garçons d’un côté, les filles de l’autre. Bon.
Je perds de vue mes 3 frères et me retrouve au beau milieu d’un dortoir immense dans lequel je suis censé me démerder pour trouver un lit. C’est en tout cas ce que m’a dit le rasta blanc qui faisait office de réceptionniste.

« Mais ouais mais bienvenue man, tu fais comme chez toi tu vois »

Je commence donc à déambuler avec ma valise à roulettes (en mode routard donc), à la recherche d’un endroit pas trop dégueulasse où me poser. Le confort est sommaire et les meilleurs lits sont déjà pris (en mode Les bronzés font du ski).

L’endroit est vraiment immense: ça s’étale sur plusieurs étages mais uniquement accessibles via des échelles ou des escaliers sommaires.
Je me balade et commence à désespérer car il ne reste plus que des lits aux matelas tâchés et sur lesquels on ne trouve qu’une couverture crasseuse. En plus il faut enjamber d’autres lits déjà occupés par des routards pour y accéder, ça me saoule.

A un moment je tombe sur un de mes frères (j’en ai 3) déjà bien installé et qui semble émerger d’une petite sieste, tranquille le type. Il s’étonne que je sois encore là ma valise à la main.

Là j’en ai ras le cul: je me plante au milieu du truc et je m’entends dire « bon, je vois vraiment pas pourquoi je me fais chier » avant de me saisir de mon téléphone pour réserver une chambre dans un hôtel.

Ce que j’ai visiblement fait, et pas qu’à moitié puisque paf, je me retrouve tout d’un coup dans le vaste hall d’un établissement de luxe. Apaisé par le calme et la volupté de l’endroit, je me dirige vers la réception, derrière laquelle se trouve Carice Van Houten, tout sourire.

Et je me réveille.

Top 10 2007-2017

Bertrand Bonello s’est récemment prêté au jeu du top 10 sur la décennie écoulée. Le voici:

Beau top, qui lui ressemble. J’aime beaucoup certains de ces films.
Pas mal de monde lui a emboîté le pas, voici le mien, avec des liens pour les films dont j’ai parlé sur le blog:

SupergraveGreg Mottola (2007)

ici

Frangins malgré euxAdam Mac Kay (2008)

ici

SteakQuentin Dupieux (2007)

ici

2 automnes, 3 hiversSébastien Beitbeder (2013)

ici

Mes meilleures amiesPaul Feig (2011)

ici

Les Beaux GossesRiad Sattouf (2009)

ici

OSS 117 : Rio ne répond plusMichel Hazanavicius (2008)

ici

A bord du Darjeeling limitedWes Anderson (2007)

Un Monde sans femmesGuillaume Brac (2012)

The DescendantsAlexander Payne (2011)

 

J’aime les comédies (et je vois trop peu de films asiatiques).
J’ai volontairement omis des films qui m’ont beaucoup marqué ces dernières années (The Hateful Eight, La Sapienza, The Strangers et quelques autres) par manque de recul: je ne les ai vu qu’une fois. Plusieurs films de 2016 pourraient d’ailleurs entrer dans la liste (The Strangers et The Hateful Eight mais aussi Elle, Julieta et Rester Vertical. 2016 était vraiment une année exceptionnelle pour moi!) mais j’ai besoin d’un minimum de recul pour faire d’un film un classique.

En tout cas y aurait pas de comédie sur ces 3-4 dernières années, ça c’est sûr: l’âge d’or de la neo-comédie est révolu.

Santiago Bernabeu

Il m’a fallu un petit peu plus de 30 ans mais le weekend dernier, je suis enfin allé voir un match de mi Madrid au Santiago Bernabeu. Le Real et moi, j’en ai parlé dans cet article.

Ce qui m’a frappé en sortant du métro, c’est que le stade est tellement intégré au paysage urbain qu’on ne le remarque pas vraiment. Ma première impression a été celle d’un immense immeuble entouré d’autres immenses immeubles, pas celle d’un stade. Ou alors il faut débarquer d’un autre endroit pour en saisir pleinement la nature de stade. Ou encore j’étais trop excité/ému pour avoir la vue claire, c’est possible aussi.
Parce que bon, après tout ce temps, tous ces matches, toute cette souffrance consentie, si ce n’est chérie, toutes ses joies aussi, quand même (j’ai vécu 6 victoires en Ligue des Champions bordel !) se retrouver enfin là devant… Grosse émotion.

Alors il faut être honnête, tout n’est pas rose (ou plutôt blanc) :

– quand on arrive bien à l’avance comme tout bon novice qui se respecte (j’étais excité), on réalise pleinement que Santiago Bernabeu/le Real Madrid aujourd’hui, c’est un peu (beaucoup) Disneyland, avec les hordes de fans/touristes étrangers venus instagramer leur Real Madrid experience et laisser leur pognon dans tous les goodies possibles et imaginables (et on t’en vend des merdes je te prie de croire). Bravo Florentino, t’as fait du bon boulot.
Bon, c’est le lot de tous les plus grands clubs j’imagine, et le mes que un club, malgré la mesqueunclubitude dont il se vante tant, n’y échappe pas lui non plus. Mais le Real Madrid, institution universaliste s’il en est, doit, j’imagine, exploser tous les records à ce niveau-là. Ainsi, beaucoup de Russes et de Chinois notamment, sans trop de surprise, traînent autour du stade mais aussi beaucoup de Sud-Américains. Pas mal de Britanniques floqués « Bale« aussi (il joue pas puisqu’il est évidemment encore blessé). Les maillots des Espagnols quant à eux portent majoritairement les noms de Ramos, d’Isco et d’Asensio, la nouvelle idole (blessé lui aussi).

– Il faut dire en outre que c’est compliqué de choper une place. Il faut passer par un prestataire intermédiaire qui ne l’obtient (la place) qu’au dernier moment: je l’ai eue la veille au soir seulement et il n’est pas rare de la recevoir en mains propres le jour même du match.
En fait ces places là (celles que les pékins comme toi ou moi peuvent parfois acheter) sont celles d’abonnés qui ne se rendront pas au stade. D’où mon ciblage d’une affiche moins intéressante (Malaga, 19ème avant la rencontre): pour un match contre l’Atletico, le Barca ou le Bayern, il doit falloir passer par le roi d’Espagne si on est pas abonné.

– Conséquence logique et directe du point ci-dessus: ça coûte une blinde. Pour un ToulouseGuingamp, c’est limite si on te paie pas. Là non, clairement. Bim.

Ramos est blessé (Lucas Hernandez lui a pété le nez lors du derby contre l’Atletico le weekend précédent).

Modric sur le banc. Ca ça me fait vraiment chier, davantage que les absences de Ramos ou Asensio car c’est mon joueur préféré dans l’effectif de ces dernières années.

MAIS MAIS MAIS

Le Real ça n’est pas QUE Disneyland évidemment. C’est un club plus que centenaire dont la légende n’est plus à écrire depuis plus d’un demi-siècle et dont bon nombre de traditions ont été maintenues malgré tout.

Et c’est mon club, tout simplement.

Du coup, je laisse tout ça facilement de côté lorsque je pénètre enfin dans l’enceinte (je suis arrivé une bonne demie-heure avant l’ouverture des portes. J’étais excité) :

– Le stade est magnifique, à la fois gigantesque et étrangement accessible. C’est aussi dû au fait que je suis placé pas loin d’un poteau de corner, donc relativement près de la pelouse. Mais curieusement, j’ai eu du mal à concevoir qu’il pouvait accueillir plus de 80 000 personnes, ce qui est pourtant le cas. Pour situer, Santiago Bernabeu peut donc accueillir la population de Béziers, Antibes, La Rochelle ou Pau. Avec un peu de marge. C’est pas le plus grand stade du monde évidemment (le Camp Nou a une capacité supérieure pour ne citer que lui) mais c’est con, je l’avais jamais envisagé de cette manière. Sans doute parce que je n’y avais jamais mis les pieds.

– Il est entièrement blanc et bleu, soit les couleurs du club: les aberrations chromatiques des tenues away et third de ces dernières années ne l’ont pas encore contaminé, ça fait plaisir. Tout comme on ne parle plus de naming pour l’instant, même si je ne me fais pas d’illusion.

– Les joueurs sont venus s’échauffer de mon côté. Non seulement sur « mon » but mais près du poteau de corner devant lequel j’étais installé ! Ca c’était vraiment super cool car bien sûr inattendu, n’ayant pas pu choisir l’endroit où je serais assis exactement:

Sans surprise, Marcelo a été le seul joueur, avec Isco, à saluer les supporters présents lors de l’échauffement
Les 10 joueurs de champ du jour, de gauche à droite (Kiko Casilla était gardien ce jour-là, Keylor Navas revenant à peine de blessure): Benzema, Isco, Marcelo, Ronaldo, Casemiro, Varane, Carvajal, Lucas Vazquez, Kroos, Vallejo. En survet noir au milieu des joueurs, David Bettoni, fidèle bras droit de Zidane.

– Le stade est à moitié vide 5 mns avant le coup d’envoi, puis tout à coup presque plein (75 000 spectateurs pour recevoir l’avant-dernier au classement quand même!)

Tout le monde n’est pas encore installé lorsque les 2 équipes entrent sur le terrain

– Un stade qui siffle pas mal CR7 à l’annonce de la composition des équipes. Petit plaisir perso. Benzema a droit à quelques sifflets également, Zidane à des applaudissements nourris. Belle ovation enfin pour Michel, ancienne gloire de la casa blanca (et accessoirement mon idole footballistique éternelle), c’était prévisible: il fait partie de ces anciens joueurs dont la fidélité au Real n’a jamais été démentie.

– Un stade de 80 000 personnes qui ronronne gentiment la plupart du temps et rugit tout à coup pour un enchaînement de Marcelo, un crochet d’Isco ou un tacle de Carvajal. C’est la réputation de Santiago Bernabeu et ce à quoi je m’attendais (un public de gâtés pourris qui ne s’enflamme pas à le demande mais choisit ses moments), je n’ai pas été déçu: rarement « vu » autant de monde rassemblé dans un si petit espace faire si peu de bruit. Mais quand ça se réveille, c’est impressionnant. J’ose pas imaginer ce que c’est lors des grosses affiches européennes contre la Juve ou le Bayern.

– Et pour cause: les spectateurs occasionnels tels que moi sont malgré tout minoritaires. Le club compte près de 80 000 abonnés dont plein de vieux socios qui débarquent avec leur coussin et leur paquet de pipas, qui discutent de tout et de rien, débrifent la semaine (l’actualité du club mais aussi la leur) donnent l’impression de se foutre de ce qui se passe sur le terrain mais n’en loupent pas une et réagissent au quart de tour dès qu’il se passe quelque chose de notable (surtout côté arbitral évidemment).

Toni Kroos, numéro 3 de mon top 3 joueurs préférés de l’effectif 2017 (1. Modric 2. Marcelo 3. Kroos) est venu taper un corner de mon côté. Du coup j’ai dérogé à ma règle de ne pas prendre de photo pendant le mach

– Le Real a été nul et le match moyen mais y a eu du suspense et j’ai vu 5 buts. Ca s’annonçait facile après l’ouverture du score rapide de Benzema mais Malaga est revenu 2 fois au score et aurait même pu espérer mieux. La libération est survenue de « mon » côté sur un penalty raté par CR7 qu’il a lui même repris après que Roberto, le gardien de Malaga l’a repoussé dans ses pieds. J’ai donc vu CR7 rater un péno ET marquer un but, double plaisir.

– Et pour couronner le tout, Modric est entré en jeu en milieu de 2ème mi-temps: j’ai pu assister à 2-3 accélérations-orientations bien senties, tout comme à un enchaînement de Marcelo (auteur d’un très mauvais match par ailleurs), des interventions bien tranchantes de Varane et Carvajal (le premier a joué en patron en l’absence de Ramos, il m’a fait forte impression), un petit festival technique de Benzema et quelques autres sucreries.

C’était génial quoi même si c’est passé super vite… Mais je reviendrai, c’était trop bon!
J’ai essayé de rester sobre dans ce compte-rendu, tout comme j’ai tâché de pas trop montrer mon émotion/excitation au milieu des socios m’entourant et qui en ont vu d’autres mais ce fut un très, très grand moment et une intense émotion.