La La Land – critique

Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. 
De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. 
Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ? (Allociné)

Chaque année, un film récolte tous les suffrages, côté critique et public. Souvent, ce même film récolte aussi la majorité des récompenses aux Oscars ou aux Césars. L’an dernier, j’ai l’impression qu’il s’agissait de The Revenant. J’ai pas (du tout) aimé, mais j’ai dans l’idée qu’on était pas très nombreux dans ce cas.

Et parfois, un petit miracle survient : un film fait la quasi-unanimité, sans restriction ou presque. Il y a bien ce billet ci mais on a l’impression que la nana s’échine à trouver quelques défauts à un film auquel elle prête plein de qualités. Et puis apparemment, ces toutes dernières semaines, un début de backlash aux États-Unis, sur le thème «encore un film où c’est un Blanc qui veut sauver un élément culturel des Noirs» (en l’occurrence, le jazz). N’importe quoi si tu veux mon avis mais là n’est pas la question.

La La Land est donc le film-Beatles de l’année, à savoir un film universel et fédérateur qui emballe aussi bien ceux qui vont au cinéma 1 fois tous les 6 mois que les critiques qui en sont à leur 35ème festival de Cannes. Un film qui emballe même les vieux cons qui font les malins sur leur blog et qui entraient dans la salle la baïonnette bien affûtée au bout du fusil, fatigués qu’ils étaient par le battage médiatique et perplexes devant l’unanimité forcément suspecte (l’unanimité est soit « quasi » soit « forcément suspecte »)

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J’ai des réserves : cette fameuse et spectaculaire scène d’introduction ne m’a pas du tout emballé, je la trouve trop forcée dans sa volonté de crier sur tous les toits (de voiture) qu’on va voir une comédie musicale vraiment esstraordinaire. Les numéros de danse et les chansons en général ne m’ont pas bouleversé non plus (mis à part City of Stars) mais bon, pour être honnête, je suis pas un inconditionnel des comédies musicales. Et les chansons, les textes notamment, sont plutôt bien sentis et bien intégrés à l’intrigue.
Voilà, j’en ai terminé avec les réserves, c’était pas grand-chose…

Je ne vais pas lister point par point ce qui m’a en revanche emballé : c’est ce qu’on retrouve dans toutes les critiques dithyrambiques qu’on peut lire partout. Mais j’aime particulièrement que le film parle aussi bien au cerveau, via une mise en scène à la fois forte et intelligente, qu’au cœur, à travers une histoire d’amour bouleversante : la dernière séquence est évidemment exemplaire à ce titre puisqu’elle met la virtuosité du montage et de la réalisation au service de l’émotion la plus fulgurante.

Quant aux hommages, multiples voire innombrables, ils ne sont jamais étouffants ni clivants : j’imagine que bien peu parmi les jeunes gens qui plébiscitent le film ont vu ne serait-ce que Les Demoiselles de Rochefort et Les Parapluies de Cherbourg, 2 des références les plus visibles et revendiquées de La La Land, et pourtant ça ne les empêche de s’enthousiasmer pour le film. Et c’est tant mieux évidemment (même si j’espère que ça donnera envie aux jeunes spectateurs de voir 2 des plus beaux films du monde), c’est encore à mettre au crédit du film puisque ça prouve que Damien Chazelle ne s’est pas contenté de mettre en place un catalogue appliqué de belles références.

Là aussi, une séquence me parait particulièrement bien sentie, qui donne le la (pouf pouf) de tout le film, et pourrait même s’ériger en principe, c’est celle de l’hommage à La Fureur de Vivre : le film de Nicholas Ray est un jalon pour les 2 protagonistes, leur premier rendez-vous à lieu durant une projection du film. Or celui-ci est interrompu (la pellicule prend feu) juste avant l’emblématique scène de l’observatoire : qu’à cela ne tienne, ils vont y remédier en se rendant sur place. C’est super mignon bien sûr, et c’est en même temps une idée de mise en scène brillante, une façon très intelligente de transcender le modèle pour en faire quelque chose d’inédit, tout en signifiant, en élargissant encore le propos que l’Age d’Or d’Hollywood sera toujours vivace pour qui saura lui ré-injecter de la vie. Et en élargissant encore, on constate que c’est de cette manière que Sebastian, passionné de jazz pur, parviendra à maintenir ce dernier en vie : non pas en essayant de recréer le passé mais en l’incarnant véritablement au temps présent. Ce que fait Chazelle avec la comédie musicale.

Premier grand film de 2017 donc et razzia attendue aux Oscars : Hollywood n’aime rien tant que les films qui le célèbrent.

 

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