Are you my main man ?*

Une belle année chez les acteurs aussi, dominée par les 2 premières entrées.

 

Daniel Day-Lewis dans Phantom Thread

Super film + performance top notch + beau mec + élégance naturelle + garde robe idéale = le champion 2018.

 

Armie Hammer dans Call me by your name

La définition même de l’Apollon. Avec en sus un côté aristocrate américain : de fait, il est l’arrière petit fils d’un industriel et magnat du pétrole, leur noblesse à eux. En vérité, j’étais à ça de le mettre dans mon top bonnasses tellement je le trouve beau.

 

Roma Zver dans Leto

Charismatique sur scène, touchant en dehors, lorsqu’il est peu à peu relégué sur la touche : beau personnage avant tout.

 

Andrew Garfield dans Under the Silver Lake

Dans mon flop mecs l’an dernier, dans le top cette année: la routourne a tourné. C’est évidemment en grande partie dû à mon appréciation du film mais force est de constater que passée la surprise de voir ce grand garçon sage et poli enfiler un slim, des Converse et des pupilles dilatées, il est parfait dans ce rôle.

 

Jake Gyllenhaal dans Wildlife et Les Frères Soeurs

Toujours apprécié ce mec qui semble avoir voulu fuir une carrière toute tracée de jeune premier, sans pour autant jouer aux pseudo-rebelles. Il est très bien dans ses 2 films de l »année. Et il est évidemment, et comme tout le monde, better with beard.

 

Tom Cruise dans Mission: Impossible – Fallout

Le Cristiano Ronaldo du cinéma : quand on pense qu’il est fini/trop vieux, il nous sort une performance stratosphérique qui calme tout le monde et qui prouve pour la énième fois qu’il y a lui, et les autres. Ceci étant, et pour la 1ère fois, les rides commencent à se voir.

 

Romain Duris dans Dans la brume / Fleuve noir / Nos batailles

A force de dire que je l’aime pas mais de trouver chacune de ses prestations épatantes, maintenant j’assume: j’aime Romain Duris et je vais voir chacun de ses films les yeux fermés. Il est super dans Nos Batailles et Dans la brume, il est le seul point positif de l’horrible Fleuve Noir.

 

Javier Bardem dans Everybody Knows

Un peu à contre-emploi, enfin, dans un rôle posé d’homme sensible rattrapé par le destin. Et puis il m’est sympathique. Et puis il est habilité à faire des bisous à l’une des plus belles femmes du monde, on lui doit le respect.

 

Bradley Cooper dans A Star is Born

Un poil too much sa panoplie de country-rocker alcoolo mais c’est le film, lui-même too much, qui veut ça. Il faut reconnaître qu’il a de l’allure et, surtout, qu’il est très crédible sur scène, avec ou sans guitare. Une surprise en fait : ok, il est plutôt beau mec mais je l’aurais plutôt rangé dans la catégorie des fadasses.

 

Pio Marmaï dans En liberté !

Un gars sûr de mon top acteurs.

 

Philippe Katerine dans Le Grand bain, Le Monde est à toi et Le Poulain

Héros granderemisque absolu, il a encore franchi un palier dans la notoriété grâce au carton du Grand bain. Un rôle taillé sur mesure, un poil too much, certes, mais dans lequel il se glisse avec une facilité déconcertante. Mais enfin, j’en reviens toujours à ça car j’en reviens pas : pour les gens qui l’ont connu à ses tout débuts, avec sa petite guitare et ses petites mélodies bossa, quelle trajectoire, c’est fou…

 

Bill Heck dans The Ballad of Buster Scruggs

L’archétype du cow-boy hollywoodien, à la fois eastwoodien dans toute sa stature physique et fordien dans toute sa grandeur d’âme. Servi par un magnifique rôle évidemment, dans le plus beau segment du chouette vrai-faux nouveau film des Coen bros.

 

Gaspard Ulliel dans Eva, Un peuple et son roi, Les Confins du monde

Je trouve qu’il fait des choix intéressants et qu’en vieillissant, son visage et son jeu deviennent plus intéressants eux aussi. Il est à la fois physique et cérébral, c’est bieng.

 

Paul Rudd dans Ant Man et la Guêpe

L’Homme le Plus Sympa du Monde (c’est officiel) fait encore craquer tout le monde dans ce chouette film. Lui, le jour où on apprendra qu’il va chasser l’éléphant en Afrique ou qu’il a pour habitude de demander une baguette bien cuite à son boulanger, on saura que tout est foutu.

 

*

Coucou. Tu veux voir ma bite ?*

Une année ESSEPTIONNELLE, n’ayons pas peur des mots : j’ai carrément un top 20 cette fois-ci. Difficile, TRES difficile à arrêter : j’ai dû laisser pas mal de beau monde sur la touche (Zita Hanrot dans Paul Sanchez est revenu!, par exemple, ou encore pour ne parler que des actrices françaises, la jolie Diane Rouxel dans Mes Provinciales et Volontaire).

Allez, c’est parti. Sans classement bien sûr car y a pas de hiérarchie dans mon big cœur, bébé.

Irina Starshenbaum dans Leto

Coeur avec les doigts, avec la bite, avec le coeur pour la sublime Irina que je découvrais évidemment. La photo ci-dessus ne lui rend pas totalement justice en voici 2 autres:

Genre de Mary Elizabeth Winstead slave, je la préfère nettement dans le film qu’IRL (j’ai creusé, normal) où elle est beaucoup plus juvénile. Pas de classement dans ce top mais c’est à elle que j’ai pensé en premier.

 

Dakota Johnson dans Suspiria

Grosse révélation. Du coup j’étais à ça de me taper 50 shades of grey, faut le savoir, mais je me respecte un minimum. J’ai quand même vu l’immmmmooooonde Sale temps à l’hôtel El Royale: prestation très décevante si on prend en compte les critères en vigueur pour figurer dans ce top (des critères artistico-cinématographiques MAIS PAS QUE). Elle doit donc sa présence au remake de Suspiria, qui a été diversement accueilli, certains criant même au nanar. Ca s’entend mais ils sont passés à côté du vrai scandale du film : on voit jamais ses nichons.

 

Rebecca Ferguson dans Mission: Impossible – Fallout

Une valeur sûre. Elle est belle, elle est classe, elle joue bien : elle a tout bon. Attention donc, elle est à ça de devenir chiante.

 

Vanessa Kirby dans The Crown et Mission: Impossible – Fallout

Elle est un peu coquine dans Mission: Impossible – Fallout. Elle est un peu coquine dans The Crown (dans le rôle de Margaret, la soeur quasiment punk d’Elizabeth). J’aime à croire qu’elle est un peu coquine tout court.

 

Claire Foy dans The Crown / Paranoïa / First Man

Mais surtout dans The Crown. Pas très punk, tout en brushing sage, 3 rangs et petits cardigans en cachemire. Les Vrais savent. Encore une fois, pas de classement mais elle est élue à l’unanimité et au premier tour Petit chou 2018 de Grande remise.

 

Cécile de France dans Mademoiselle de Joncquières

Je l’ai toujours bien aimée (à tous les niveaux), je l’apprécie encore plus avec l’âge (le sien, et le mien). Et puis encore un film magnifique à son actif, elle fait souvent les bons choix.

 

Vera Farmiga dans The Passenger

Beauté un peu atypique, voire chelou. Super actrice aussi je trouve, qui n’a pas la carrière ni la notoriété qu’elle mérite. Pour cause de beauté un peu atypique, voire chelou, je suppose.

 

Michelle Pfeiffer dans Ant Man et la Guêpe

Aussi belle à 20, 30, 40, 50 ou 60 ans: championne du monde donc. Pas trouvé de photo d’elle seule dans le film mais c’est pas grave, ça permet de voir le tout aussi beau et classe Michael Douglas.

 

Evangeline Lilly dans Ant Man et la Guêpe

AESD pour Kate Austen de Lost.

 

Isabelle Huppert dans Isabelle Huppert

AESD pour Isa malgré une chétivité de plus en plus prononcée.

 

Kate Winslet dans Wonder Wheel

Jurisprudence Cate Blanchett: elle m’indifférait voire m’agaçait, à tous les niveaux, et puis avec l’âge (le sien et le mien là encore), grâce à un ou plusieurs rôles marquants (dans son cas la mini-série Mildred Pierce de Todd Haynes ou celui-ci), j’ai fini par succomber, à tous les niveaux.

 

Jennifer Lawrence dans Red Sparrow

Érotisée à l’extrême et de manière totalement ridicule par son homonyme de réalisateur (Francis Lawrence, aucun lien). Mais je la trouve jolie, que veux tu…

 

Olga Kurylenko dans Dans la brume et L’Empereur de Paris

Beauté slave dans toute sa splendeur. Rien à dire de plus, c’est une évidence pour moi. En revanche j’ai l’impression qu’elle a du mal côté fringues (cf ci-dessus ou lors de la dernière cérémonie des Césars). Olga, si tu me lis, n’hésite pas à me contacter : je peux te venir en aide.

 

Laura Harrier dans Blackkklansman

L’un des rares points positifs de l’une des baudruches de l’année.

 

Florence Loiret-Caille dans Le Bureau des légendes

Ou comment un rôle, une interprétation, une oeuvre peuvent radicalement changer notre perception d’un acteur/d’une actrice. Florence Loiret Caille, elle me laissait jusqu’ici plutôt indifférent, voire elle m’agaçait un peu (je me souviens d’elle notamment dans J’attends quelqu’un de Jérôme Bonnell). Mais ça c’était avant Le Bureau des légendes: je suis tombé complètement amoureux de Marie-Jeanne, de son côté pète-sec, de son humanité difficilement contenue, de son intelligence, de sa relation avec Sisteron, de ses tailleurs-pantalon informes. Et de sa petite bouche de travers.

 

Virginie Efira dans Un Amour impossible

Autre valeur sûre de mon top kiki, à l’instar de Rebecca Ferguson. Un grand oui pour sa frange au début du film.

 

Barbara Lennie dans Everybody Knows

Pas trouvé de photo satisfaisante d’elle dans le film. Elle ne m’avait pas du tout marqué dans La Niña de fuego dans lequel elle tenait un rôle plus important, mais faut dire que le film m’avait passablement agacé. J’ai aimé Everybody Knows en revanche, j’ai aimé le beau personnage qu’elle y interprète et j’ai aimé la façon dont elle l’interprète.

 

Elastigirl dans Les Indestructibles 2

Il y a une scène géniale dans le 1er Wayne’s World, au cours de laquelle Garth demande à Wayne, en le confessant de manière détournée, s’il a jamais été troublé par Bugs Bunny lorsqu’il était déguisé en lapine. Donc bon, ça va hein.

 

Rosamund Pike dans Hostiles

Pâleur et blondeur English rose + gros seins. Je suis vulgaire ? Je viens de toper un personnage de dessin animé, j’en ai plus rien à foutre de rien.

 

Lady Gaga dans A Star Is Born

Pfiou, ça va loin là… Signe probable que je suis au bout du rouleau (de Sopalin).

 

*En référence à ce chef d’oeuvre du reportage télé:

L’Homme… l’Homme… l’Homme est laid !*

Comme pour les filles, un classement assez light finalement, au contraire de celui de mes coups de cœur acteurs/actrices. J’avais décidément beaucoup d’amour à donner en 2018.

Jesse Plemons dans Game Night

Pardon mais à un moment il faut dire les choses : il est terriblement moche. La vraie mocheté hein, la Eddy-de-Pretto‘s touch, pas la mocheté il-a-une-gueule-ce-type qui fait que le type en question possède un certain charme, vieillit bien etc. Non non, lui il est simplement moche. C’est même de pire en pire. Ca promet.

 

François Damiens dans Le Monde est à toi

Restons dans le délit de sale gueule pur et dur et la méchanceté gratuite avec un acteur dont l’apparence me révulse littéralement. Si on ajoute le fait que je le trouve très surestimé et rarement drôle… Ceci étant il est pas mal dans le film de Romain Gavras. Pas vu son film à lui (Mon ket), sa présence ici est donc plutôt structurelle.

 

Simon Pegg dans Mission: Impossible – Fallout

J’ai lu un portrait dans The Guardian pour la sortie du film dans lequel il expliquait que c’est lors du tournage du précédent volet qu’il s’était rendu compte qu’il avait un vrai problème d’alcoolisme, qui l’a décidé à se rendre en désintox. Et là ça a fait flass dans mon cerveau: il a une tête d’alcoolique. Même quand il est sobre (puisqu’il l’est désormais depuis 3 ans apparemment). Ca craint.

 

Jason Statham dans En eaux troubles

Une tronche, et des qualités d’interprète, à jouer ad vitam aeternam une petite frappe de l’East End ou un boxeur fatigué du Derbyshire, dont il est originaire. Qu’est ce qu’il est mauvais bon sang…

 

Franck Gastambide dans Taxi 5 (à gauche)

Alors déjà, il a une tronche, et une dégaine d’acteur porno. Déjà. Ensuite, son film est nullach et désagréable, avec ce sentiment hanounien qu’il prend son public pour des abrutis tout juste bons à ingurgiter des gros, des nains, du vomi et de la merde (au sens propre). Enfin, il porte le même nom qu’un ancien merdeux de mon lycée, un vrai petit con qui se la racontait. Je peux pas m’empêcher de penser qu’ils sont de la même famille même si c’est relativement peu probable.

 

Malik Bentalha dans Taxi 5 aussi (à droite)

Doublette infernale donc pour l’un des films les plus horribles de l’année. Bentalha fait en outre partie de la liste de pauvres types révélée par la chaîne YouTube CopyComic Video, soit ces comiques français qui piquent leurs vannes, ou des passages entiers de leurs spectacles, aux comiques américains. Mieux: lui, il a également plagié des comiques français (Jean-Luc Lemoine, Kheiron). Costaud le type. Pour terminer en beauté ce magnifique strike de la médiocrité, un extrait de sa page Wikipedia: « Alors qu’il se promène à Montmartre, il rencontre par hasard Gad Elmaleh et lui confie faire ce métier grâce à lui ainsi qu’à Jamel. Gad, touché, demande à Malik s’il vit à Montmartre, ce dernier lui répond : « Non, mais ça fait classe de se promener ici ! ». Amusé, Elmaleh lui propose de faire le lendemain la première partie de son spectacle au Palais des sports. » N’en jetez plus.

 

Vincent Cassel dans Fleuve Noir

Performance scandaleuse, pas moins. Totalement ridicule. Il est très bien dans Le monde est à toi en revanche mais il n’a pas beaucoup de mérite, tout le monde s’en sort bien quand il s’agit de jouer les débiles. A l’exception de Tugg Speedman évidemment.

 

Didier Deschamps

Champion du monde toutes catégories de l’année. Il s’est enfin fait refaire les dents en fin d’année: c’est une déception, je ne le cacherai pas.

 

*Le titre fait référence à

Pas trouvé le moment précis où il prononce la phrase en question.

Alors le cageot il dit merci et il ferme sa boîte à caca !!!*

7ème bilan ciné pour Grande remise mais le 2ème seulement pour mes actrices/acteurs détestés/favoris de l’année. Je commence par les dames comme il se doit, et par les flops.

Un flop actrices donc, sans Marion CotillardKristen Stewart ni Charlotte Gainsbourg, mes 3 têtes de Turc favorites, est-il encore un flop actrices digne de ce nom ? La question s’est posée car j’ai presque eu du mal à l’établir. M’enfin, en creusant un peu, j’ai quand même trouvé quelques raisons de m’énerver.

 

Elle Fanning dans How to talk to girls at parties

« Oh la la qu’est-ce qu’elle est belle avec son teint diaphane et sa peau d’albâtre et gnagnagna ». Qu’est-ce qu’elle est CHIIIIIIAAAAAANTE oui ! Quand l’expression « à croquer » prend tout son sens: j’aurais envie de croquer à pleines dents dans sa putain de peau d’albâtre pour la déchiqueter et la réduire en miettes. Nicolas Winding Refn, ce visionnaire. C’est bien simple, je me suis abstenu de voir un film (Shelley) qui aurait peut-être pu me plaire uniquement en raison de sa présence dans le rôle principal.

 

Michèle Laroque dans Brillantissime

J’avais rien contre elle jusqu’ici. Elle végétait dans le marécage vaporeux de mon indifférence. Elle n’existait pas à vrai dire. Mais voilà, cette année, Michèle Laroque a réalisé un film, et non des moindres.

 

Agathe Bonitzer dans La Belle et la Belle

C’est difficile d’établir ce top sans trop user d’arguments superficiels voire mesquins voire misogynes. Je dirais donc simplement que, à tous les niveaux, c’est pas possible. A chaque fois que je la vois tenir un rôle dans un film, je me dis que son père (Pascal Bonitzer, réalisateur et scénariste) a décidément une envergure et un poids insoupçonnés dans le cinéma français: c’est pas possible autrement sans déconner…

 

Vanessa Paradis dans Un couteau dans le coeur

Une carrière cinématographique tellement en pointillé que j’avais encore pas eu l’occasion de la mentionner parmi mes têtes de turc éternelles. Mais l’immortelle héroïne d’Un amour de sorcières, Atomik Circus, Sous les jupes des filles, Une chance sur deux, Cornouaille (énorme celui-là) en fait partie: ça commence par le physique, comme Mélanie Laurent par exemple et donc ça s’explique pas de manière rationnelle. En tout cas, c’est pas sa présence dans un des films que je retiendrai cette année qui y changera quoique ce soit : elle y joue tellement mal, as usual, qu’elle me l’a presque gâché par moments.

 

Margot Robbie dans Moi, Tonya

Beauté parfaite de type aryen que je ne goûte guère. Et puis c’est pas de sa faute mais le syndrome Monster  toujours en vigueur  à Hollywood, je supporte pas : on demande à une actrice belle, ou supposée belle, d’exagérément s’enlaidir. Ou quand être moche devient une performance. Et puis elle a été choisie pour interpréter Sharon Tate dans le film consacré à l’année 69 par Tarantino et ça c’est une aberration, c’est proprement scandaleux.

Et bien sûr, l’actrice belle-enlaidie sera toujours plus belle que le vrai personnage vraiment moche.

 

Isabelle Adjani dans Le monde est à toi

A 63 ans, sa peau est plus lisse que celle de ton enfant/petit neveu/petite nièce. Conséquence logique, son visage semble comme paralysé : seuls les yeux, enfin, les globes oculaires, et la mâchoire inférieure paraissent souples, ou en tout cas mobiles. Fascinant, quelque part. Après, et malgré un jeu totalement anachronique, c’est une bonne idée de l’avoir castée dans ce rôle et dans ce film, je dis pas.

 

Oulaya Amamra dans Le monde est à toi

Là on est clairement sur du sale, et je suis pas sûr que ça soit uniquement dû au rôle qui, à sa décharge, est particulièrement ingrat.

 

Sara Giraudeau dans Le Bureau des légendes

Petite exception de ce top: je n’ai rien contre Sara Giraudeau elle-même, c’est son personnage de Marina Loiseau qui m’horripile. Sans déconner, je sais pas mais avec toutes les bricoles qui lui sont arrivées, je comprends pas qu’elle fasse encore partie du BDL. Trop de sentimentalisme dans ce service nom de Dieu, il a raison JJA. Sans compter que vu que tous les services du monde savent tout sur tout le monde, elle devrait être un peu grillée non ? Encore une fois, elle y est pour rien, c’est de la faute des auteurs de la série mais vraiment je comprends pas… Ce service/cette série ne s’est pas séparé des bonnes personnes, voilà c’que j’dis moi.

 

Anna Kendrick dans L’Ombre d’Emily

Quand je la regarde, je la vois pas elle, Anna Kendrick, actrice sympatoche, membre depuis plusieurs années de la catégorie girl-next-door, je vois une petite rate. Avec un petit nez de petite rate et des petites dents de petite rate. Belle lucidité de sa part néanmoins puisque dans ce film, elle interprète une nana complexée et admirative de Blake Lively.

 

et pour terminer, 2 valeurs sûres de ma hate list:

Golshifteh Farahani dans La Nuit a dévoré le monde

Rien que ce regard là, c’est pas possible nom de Dieu… Heureusement qu’elle ne fait qu’une apparition sinon elle me gâchait le film.

 

Mélanie Laurent dans Mélanie Laurent

Sérieusement, j’ai besoin de me justifier ?

 

*Citation tirée du livre V de Kaamelott (Perceval à la femme de Karadoc)

Top albums 2018 – Top 10

Pour la 1ère partie du classement, c’est ici que ça se passe.

10 The Last Detail

C’est une relative déception car je tiens Medhi Zannad pour l’un des (rares) véritables génies pop actuels. Sa précédente manifestation sous son propre nom, avec le trop bref EP L’Architecte de Saint-Gaudens ridiculisait toute tentative de pop au sens classique du terme, et pas seulement en France, en à peine 14 minutes. Donc d’une, je suis déçu qu’il n’ait toujours pas livré de véritable suite à Fugue, son dernier album (7 ans déjà) et de deux… bah je suis tout simplement un peu déçu par cet album en lui-même. Je chipote car c’est remarquable, on est en présence d’un talent de mélodiste et d’arrangeur hors-norme (je pèse mes mots) qui en outre, s’ouvre, probablement grâce à sa comparse américaine Erin Moran, à un registre un peu différent de ce à quoi il nous a habitués jusqu’ici (le songwriting à la Carole King pour faire court). Ma déception est à l’aune de ce dont il est capable.

 

9 L’Éclair – Polymood

Encore un disque de 2ème génération: là où Air s’inspirait de Jean-Claude Vannier, Michel Colombier etc etc, les Suisses de L’Éclair s’inspirent… de Air. Polymood est donc un album elec(re)tro-futuriste très élégant comme il pouvait en sortir pas mal consécutivement au succès du Moon Safari du duo versaillais. Avec ceci de particulier qu’il intègre avec une grande aisance et beaucoup de fluidité, quelques influences jazz et afrobeat. Ca groove vintage donc et ça groove très bien. C’est même assez addictif en vérité : c’est l’un des albums que j’ai le plus écouté cette année.

 

8 Jacco Gardner – Somnium

Il est peut-être là l’homme de l’année finalement, le mien en tout cas. Jacco Gardner a en effet fricoté avec des membres du collectif L’Eclair présent ci-dessus, mais aussi avec ceux d’Altin Gün présents un peu plus bas, dont il a produit le 1er album. Et il sort donc un excellent 3ème album, à la fois très différent et dans la lignée des 2 précédents. Entièrement instrumental, Somnium a également été enregistré seul, sur des claviers analogiques principalement. Ca c’est pour le « différent ». Pour le « dans la lignée », il suffit de s’y plonger pour reconnaître sa patte et son amour d’un psychédélisme doux et doucement inquiet: sur le précédent, Hypnophobia, il évoquait sa peur du sommeil, sur celui-ci il retranscrit en musique ses rêves et ses cauchemars. Belle évolution dans la continuité donc, en même temps qu’un super teaser pour la suite de sa carrière.

 

7 MGMT – Little Dark Age

Bon… J’ai été le 1er, et je suis encore le 1er à m’enflammer sur MGMT, leur talent, leur audace, leur insolente facilité mais là, la question se pose il me semble: où va le groupe? Va-t-il continuer longtemps à sortir des albums « du milieu »? Des albums qui vendent mais pas plus que ça, qui excitent la critique/le public mais pas plus que ça. A jouer dans une certaine indifférence dans les gros festivals du monde entier (on peut dire que live, ils sont assez décevants)? J’ai l’impression qu’ils ronronnent un peu et qu’ils évoluent dans un entre-deux mollasson, ni tout à fait successful ni tout à fait rayé de la carte.
Après évidemment, et en dehors de ces considérations qui n’intéressent peut-être que moi, Little Dark Age est régulièrement brillant(issime), notamment dans sa 1ère moitié qui ridiculise toutes les tentatives de revival 80s qu’on subit depuis maintenant trop longtemps.

 

6 Altin Gün – On

Révélation de l’année pour moi (avec Fitness Forever, je ne le répéterai jamais assez), et pour beaucoup. Un groupe néerlando-turc (je crois), produit par Jacco Gardner et qui reprend, essentiellement, des morceaux issus du courant Turkish psych i.e. le rock turc psychédélique de la fin des années 60-début années 70. Ce courant a bénéficié d’une petite hype ces dernières années, avec quelques rééditions terribles qui l’ont mis en lumière alors qu’il est longtemps resté obscur (pour le public occidental en tout cas). Altin Gün a donc débarqué à point nommé pour profiter de ce petit engouement : rien de cynique dans leur démarche pourtant, simplement la volonté de partager cette musique et ce groove si particuliers à un public occidental plus disposé qu’auparavant à la recevoir. Avec tout ça, j’ai oublié de dire l’essentiel: c’est une tuerie, à la fois planante et dansante, avec un groove, je me répète, vraiment unique et surprenant pour nos oreilles rassasiées voire blasées.

 

5 Gruff Rhys – Babelsberg

Retour en très grande forme pour l’un des héros granderemisesques. Plus que ça: c’est sans doute son meilleur album solo. Une fresque pop orchestrale aux allures définitives, avec des chansons plus belles, amples et accrocheuses les unes que les autres, sur lesquelles il pose sa belle voix grave et douce à la fois. En revanche, je persiste à pense que le mec pâtit de pochettes et d’un sens visuel, en général, catastrophiques. J’exagère un peu: sur ce plan là, Babelsberg n’est pas du niveau des pires horreurs utilisées par les Super Furry Animals mais merde, c’est super moche non ? Il est plutôt beau mec Gruff, il a une bonne tête en tout cas, pourquoi ne pas avoir simplement utilisé le visuel de sa tournée? Comprends pas.

 

4 Fred Pallem & le Sacre du Tympan – L’Odyssée

Comme je le disais dans mon billet au sujet de leur passage à Toulouse au début de l’été, Fred Pallem & le Sacre Tympan développent un genre de musique totale, à la croisée du rock, du jazz, de la pop, de la soul, du funk et de la musique de film dont il serait par conséquent réducteur et non avenu de la taxer de rétro : L’Odyssée a des allures de classique immédiat, à la croisée du rock, du jazz, de la pop etc etc. Un régal de chaque instant et un album qui s’adresse aussi bien aux esthètes les plus exigeants qu’aux mélomanes occasionnels. Apparemment l’album se vend bien, ça fait très plaisir.

 

3 Jeff Tweedy – Warm

Encore un héros de Grande remise. Aussi étrange que ça puisse être,Warm est le premier véritable album solo de Jeff Tweedy, leader-chanteur de Wilco. « Véritable » car il a sorti un premier album solo l’an dernier, Together at last, mais il consistait en des versions acoustiques de titres de Wilco ou Loose Fur(son side-project avec Jim O’Rourke et Glenn Kotche). Warm ne contient que des nouvelles compositions. Bon, ceci étant dit, inutile d’essayer de la faire à l’envers: ça sonne comme un album de Wilco, dans la lignée du dernier, Schmilco, pour être précis. Pas un problème évidemment quand on écrit des chansons d’un tel niveau et qu’on les interprète avec une telle sensibilité et un tel savoir-faire. La différence, car il y en a une bien sûr, c’est que, très logiquement, celles-ci sont plus intimes, plus confessionnelles, et, sur la forme, un poil plus dénudées (logiquement là encore) que celles écrites pour Wilco.
Après, que dire? Jeff Tweedy est sans doute le songwriter qui me touche le plus à l’heure actuelle. Il est revenu de l’enfer (de ses migraines, de sa dépression chronique et des addictions qui y étaient liées), chose qui lui est d’ailleurs reprochée de manière plus ou moins déguisée (les fans qui préféraient le Wilco des années de douleur), et qu’il évoque dans un des titres de l’album (le magnifique Having been is no way to be). Depuis sa « guérison » pourtant (si tant est qu’on puisse guérir tout à fait de tels maux), il écrit des chansons qui parlent à l’auditeur comme peu d’autres. Des chansons pleines d’empathie, de bienveillance, d’honnêteté, sans pour autant verser dans la complaisance ni le sentimentalisme qui disent, soit par les mots, soit par une mélodie, sans aucune putasserie et souvent de manière détournée: « oui, c’est la merde, c’est vrai, mais tu verras, si ça ne s’arrange pas toujours, on finit quand même par s’y faire et par trouver du réconfort ». Ne serait-ce que dans ces chansons-là. « I see dead trees/But the roots have leaves » (dans Having been is no way to be encore).

 

2 Arctic Monkeys – Tranquility Base Hotel and Casino

Qu’il est loin le temps des bombinettes indie-pop, des penny loafers cheap et des survêts Tacchini… Autant, jusqu’ici, on pouvait encore raccrocher les wagons avec leur inusable 1er album, autant on a ici à faire au virage à 180° de l’année, que dis-je, de la décennie, facile. Impossible à voir venir… Facile, aussi, la manière dont le groupe l’opère ce virage psyche-lounge-pop, troquant ses guitares tranchantes, ou plus lourdes comme sur le précédent AM, pour le piano, les basses sinueuses au mediator, une batterie très sobre et tout un decorum rétro-futuriste qu’ils semblent maîtriser sur le bout des doigts et qui ne pouvait que ravir un rétro-fétichiste tel que moi. Avec un Alex Turner qui chante mieux que jamais des paroles elles aussi très différentes de celles qu’il écrivait jusqu’ici, plus elliptiques et cryptiques. Sublime.

 

1 The Lemon Twigs – Go to School

En vérité, je sais pas vraiment si c’est mon album préféré cette année. En tout cas c’est pas mon album préféré des Lemon Twigs puisque je suis davantage convaincu par le précédent, Do Hollywood. Je trouve celui-ci un poil trop long et je suis pas très fan des passages les plus musical (mais ça c’est très perso). Je pinaille évidemment car c’est aussi ces passages-là qui permettent à cet album de sortir du lot et que l’ensemble est bluffant, aussi bien en termes de composition que d’exécution et d’interprétation. Quand on parle de rock, ou de pop, il y a les Lemon Twigs et les autres à l’heure actuelle selon moi.
Ce qui m’a vraiment poussé à mettre cet album en tête de mon bilan annuel, c’est une petite video de 10 minutes à peine, 3 chansons, qui pour moi synthétisent à merveille qui ils sont, ce qu’ils font, et ce qu’est la Pop.

J’ai visionné/écouté cette vidéo un nombre incalculable de fois, je la connais par cœur. Y a tout : la pureté maccartneyesque de Brian D’Addario, la morgue lennonienne de son frère Michael, sa dégaine incroyable et surtout, leur grâce à tous les 2 lorsqu’ils jouent et chantent ensemble. Ca durera ce que ça durera, on verra bien comment ils vont évoluer mais ces 10 petites minutes sont les plus belles minutes de musique que j’ai entendues cette année.

Top albums 2018 – 1ère partie

Pour commencer, je vais en remettre une couche sur ma grande découverte de l’année, celle des merveilleux popeux italiens de Fitness Forever: c’est leurs 3 albums que j’ai le plus écouté cette année. Énorme révélation. J’ai toujours pas compris quand le dernier, Tonight, était sorti exactement, il semblerait que ce soit fin 2017 mais si par hasard je me trompais, il faut considérer que c’est lui que je place tout en haut cette année.

Ceci étant clarifié, sur le banc des remplaçants cette année :

Stephen Malkmus & the JicksSparkle Hard

L’homme le plus cool du monde sort un album aussi cool que son précédent et que son prochain. Avec une pochette très cool elle aussi (c’est Cadaqués sur la Costa Brava).

 

BarbagalloDanse dans les ailleurs

Dans la lignée de son précédent, Grand chien, un genre de post-chanson française qui emprunterait aussi bien à la pop, qu’au folk et à la chanson donc.

 

Father John MistyGod’s Favorite Customer

On va finir par y arriver… A aimer sans réticence un album de Father John Misty je veux dire. Quand il s’oublie un peu, et qu’il oublie de faire le mariole, le mec a quand même un sacré talent.

 

Ty SegallFreedom’s Goblin / Fudge Sandwich

6 albums pour Ty Segall cette année : la routine. Freedom’s Goblin est la concrétisation de son travail depuis 2 ans avec son groupe de scène, le Freedom Band : un genre de rock américain total, qui irait des Stooges au Grateful Dead en passant par Neil Young. Parfois pénible, parfois génial.

Le second, Fudge Sandwich lui, est un album de reprises : court, nerveux, sélection impeccable (Lennon, Sparks, Neil Young, Funkadelic), pochette minimalisto-crade réminiscente de ses premiers enregistrements auquel il renvoie incontestablement, rien à dire, c’est du très bon Ty Segall.

 

20 Kurt Vile – Bottle It In

Retour en forme de notre slacker favori avec un album plus kurtvilien que nature (le mec est devenu un genre à lui tout seul en fait) : des quasi-pop songs ou en tout cas des chansons relativement courtes et accrocheuses alternent avec de longues ruminations acoustiques enfumées. Du Kurt Vile classique donc mais radical, dans un sens comme dans l’autre : les chansons accrocheuses le sont vraiment, les morceaux plus longs/lents sont vraiment très longs/lents aussi (3 titres de 10 minutes quand même). A noter une super reprise de John Prine.

 

19 Flavien Berger – Contre temps

Un peu long peut-être là aussi (pour moi en tout cas) mais c’est bien de s’autoriser ça alors qu’aujourd’hui on donne plutôt dans le 30-35 minutes. Il a des choses à dire/faire ce garçon, c’est évident, et il les dit/fait bien. J’aime particulièrement les titres les plus alanguis (Intersaison, Pamplemousse), sur lesquels il se fait presque crooner electro improbable.

 

18 Foxwarren

C’est le projet « groupe » du talentueux Andy Shauf (à gauche sur la pochette) dont l’album The Party a été justement salué il y a 2 ans. C’est un peu plus musclé, un peu plus « groupe » que ce qu’il fait en solo. Normal. C’est très bien mais je trouve ça un peu trop linéaire, un peu trop sur le même mode hyper-mélancolique, voire morose, et ça finit par me plomber. On compare souvent, et à juste titre, Andy Shauf à Elliott Smith, mais ce dernier savait régulièrement faire entrer la lumière et varier les tempos. Shauf est à la limite de la complaisance selon moi. Ou alors il va vraiment pas bien ce garçon et il faut lui offrir un chien, un abonnement à la salle de sport, l’intégrale Will Ferrell, je sais pas, il faut faire quelque chose.

 

17 Tahiti 80 – The Sunshine Beat, vol. 1

Porté par d’excellents singles, et notamment un irrésistible Sound Museum, un album simple, frais, pop comme sa pochette et son titre l’indiquent. L’air de rien, ça fait 20 ans que ces types sont là et bien là. Encore une fois, ce titre là, quelle merveille nom de Dieu !

 

16 The Coral – Move Through the Dawn

Sans doute l’album le plus accessible et le plus upbeat des 6 de Hoylake. Sans doute le plus faible également : le groupe a quand même perdu en finesse avec le départ de Bill Ryder-Jones, il faut bien l’avouer… Mais il a désormais trouvé un second souffle et une seconde jeunesse semble-t-il, dans un style toujours aussi rétro mais plus psyché, un peu plus heavy également. Ils paraissent revigorés, plein d’énergie. Bilan, y a quand même 3-4 grosses tueries sur cet album.

 

15 Ty Segall and White Fence – Joy

Il y a 6 ans, Ty Segall et Tim Presley aka White Fence, une autre figure de la scène garage-psyché californienne, signaient Hair, une véritable tuerie garage-psyché californienne. Joy, est plus tordu, moins immédiat mais il y a dans ses 15 titres en 30 petites minutes plus d’idées et de fulgurances que dans les discographies complètes de bien des groupes. Sur la pochette, Ty et Tim posent avec leur animal domestique respectif et ça c’est trop mims.

 

14 Richard Swift – The Hex

Pas son meilleur mais cet album posthume est surtout l’occasion d’évoquer un auteur-compositeur-interprète et, de plus en plus, producteur ces dernières années, que j’affectionnais particulièrement et qui nous a quitté début juillet dans une relative indifférence. D’autant qu’il est difficile de juger un album posthume : jusqu’à quel point était-il achevé ? L’artiste concerné aurait-il réellement souhaité qu’il soit publié ? etc. En l’état, The Hex n’est donc sans doute pas le meilleur album de Richard Swift mais il offre un bel aperçu de son immense talent, et de ce qu’il aurait été capable de nous offrir si son alcoolisme et le système de santé américain l’y avaient autorisé (les soins qu’il nécessitait avaient un tel coût qu’il n’a pas pu être soigné comme il aurait dû l’être malgré la campagne de crowdfunding initiée par ses proches; une situation aussi absurde que révoltante malheureusement de plus en plus banale aux Etats-Unis…).

Richard Swift était un multi-instrumentiste accompli mais surtout un mélodiste et un songwriter hors-pair. Volontiers nostalgique et maître dans cet art très anglo-saxon de la self-deprecation (l’autodépréciation). Il était très influencé par les ritournelles du music-hall et par les grands songwriters des années 60 : on a souvent évoqué le souvenir de l’immense Harry Nilsson a son sujet et on avait pas tort. Après 2 albums (entre autres) de pure pop dans ce registre là (The Novelist/Walking Without Effort et Dressed Up for the Letdown), sa musique s’est teintée de soul et s’est faite à la fois plus sensuelle et plus retorse. The Hex dévoile tout cela et ouvre même de nouvelles pistes avec un instrumental très cinématographique sans doute influencé par les maîtres français de la composition de musiques de films. Ce devait être l’album de son retour au premier plan après plusieurs années passées en tant que musicien de tournée (les Shins, les Black Keys) ou producteur (le premier et génial album de Foxygen par exemple, c’est lui). Quel gâchis…

 

13 Parcels

Voici un disque, et plus généralement une musique, que je qualifierais de « 2ème génération »: c’est à peu de choses près la même chose que le suivant (ci-dessous), à savoir du soft/yacht rock über Californien, à la grande différence près que les Parcels ne s’abreuvent pas à la source (Steely Dan, Hall & Oates etc) mais à la réinterprétation qu’ont pu en faire Daft Punk sur Random Access Memory ou Metronomy à ses débuts. Ceci étant, c’est vraiment super efficace et très bien fichu. Il y a en outre une unité, une continuité qui fait de cet album une sorte de voyage (bon, la pochette est suffisamment explicite) et le hisse au-delà de la simple collection de tubes funkysant. Et puis les mecs parviennent à nous faire oublier leurs tronches de hipsters ultimate infinity, et ça c’est costaud.

12 Young Gun Silver Fox – AM Waves

Activiste pop bien connu de ceux qui savent (il est par exemple présent sur la compilation des 20 ans de Tricatel), Shawn Lee a toujours 15 projets en parallèle, dans des styles souvent très différents. Sur ce projet, il s’est allié au jeune Andy Platts (le young gun donc, alors que lui et ses longs cheveux blancs sont le silver fox) pour un album 100% Calif’, 100% yacht rock, 100% plaisir : un « simple » exercice de style diront certains, qui souffle sur les cendres de Steely Dan, Hall & Oates, Robin Dupree etc mais qui 1. le fait de manière bluffante et surtout 2. comme toujours en pareil cas, les chansons, les chansons, LES CHANSONS, qui exonèrent l’entreprise de toute accusation de plagiat, pastiche etc. Grösse, ÉNORME régalade.

 

11 Spiritualized – And Nothing Hurt

Au bout du compte, la grande prouesse de Jason Pierce, de même que sa signature, aura été de créer une musique à la fois minimaliste et maximaliste : minimaliste dans ses inspirations, ses mots, ses thématiques, maximaliste dans sa forme (le plus souvent). Tout ça pour dire que And nothing hurt est une énième variation space-gospel sur la rédemption, l’addiction (aux substances, à l’amour), la foi (au sens large), la Vie, la Mort. Qu’est-ce qui fait de cet album sans doute son meilleur depuis 15 ans: difficile à dire car c’est, je me répète, le même que les précédents…

Tahiti 80 – Connexion café, Toulouse

Très content d’avoir enfin pu revoir sur scène l’un de mes groupes français favoris : ils ont joué plusieurs fois à Toulouse ces 10-15 dernières années bien sûr, mais à chaque fois c’était pas possible pour x raison. La dernière fois que je les ai vus sur scène, ça devait être en 99 ou 2000.

 

Tahiti 80 a sorti cet automne le très réussi The Sunshine Beat Volume 1, un album plein de fraîcheur, de sunshine et de beat en effet, porté par un de leurs tous meilleurs singles, l’irrésistible Sound Museum:

Dans un monde parfait, ou simplement un monde normal, ce truc-là serait un tube absolu. Mais on vit dans un monde où Vianney joue dans un film de Diane Kurys, où la stadium house de The Blaze est encensée et où les adultes roulent en trottinette. Sur les trottoirs. Sans gilet jaune.

Le groupe se présente dans sa formation désormais habituelle : les 3 membres originaux (Xavier Boyer au chant et à la guitare, Pedro Resende à la basse, Médéric Gontier à la guitare) plus l’excellent batteur Raphaël Léger et Hadrien Grange aux claviers/percussions. Ce dernier fait le show, se mêlant même au public durant le rappel. Public étonnamment varié : comprendre, des vieux comme moi qui suivent le groupe depuis ses débuts, mais aussi pas mal de jeunes. Ca fait plaisir de constater que Tahiti 80 continue de séduire des auditeurs (auditrices surtout j’ai l’impression).

Chouette concert, plein d’énergie, d’enthousiasme et de bonnes vibrations (y compris dans le public, d’abord un peu clairsemé et timide, puis finalement assez nombreux et démonstratif). Avec une setlist qui fait la part belle au dernier album, normal, mais qui va piocher à parts égales dans une discographie qui s’étale sur 20 ans : combien de groupes âgés de plus de 20 ans donc, sont capables d’en faire autant i.e. de ne pas se reposer que sur les tubes des 1ères années et d’éviter de de jouer et de faire passer les titres issus du dernier album comme s’il s’agissait d’un simple service après-vente ou une d’une promo obligée ?

 

Seul bémol : après une entame d’une redoutable efficacité (dont notamment Unpredictable / Sound Museum en ouverture, ça calme), ça devient un peu « linéaire »: bien mais juste « bien », sans véritable pic, et avec une balance pas toujours super au point. Mais peut-être suis-je simplement un peu déçu de ne pas avoir entendu davantage de titres issus d’Activity Center et Ballroom, mes 2 albums préférés du groupe.

 

Quoiqu’il en soit, le final et le rappel, avec des titres plus contrastés (Let Me Be Your Story / Crush / Coldest Summer soutenus par une sono enfin au poil), finissent de lever mes menues réserves et d’emporter la mise. Je retiens notamment une géniale version de Big Day et, bien sûr, en conclusion, un super Heartbeat, sans doute leur seul vrai tube (en France en tout cas).

 

Au final, quasiment 1h30 de pop généreuse, mélodique et surtout, dansante. De la guitar pop dansante, avec, certes, des influences soul voire funk, mais de la guitar pop avant tout : qui fait encore ça aujourd’hui ?

Leto – critique

Leningrad. Un été du début des années 80. En amont de la Perestroïka, les disques de Lou Reed et de David Bowie s’échangent en contrebande, et une scène rock émerge. Mike et sa femme la belle Natacha rencontrent le jeune Viktor Tsoï. Entourés d’une nouvelle génération de musiciens, ils vont changer le cours du rock’n’roll en Union Soviétique. (Allociné)

 

Ce que le pitch ne dit pas, c’est que Viktor Tsoï a vraiment existé: il était un musicien culte de la scène rock russe dans les années 80. Il est mort en 1990. Leto n’est pas un biopic pour autant, plutôt une évocation d’un épisode de son existence, et de celle des personnes qui l’ont côtoyé à ce moment là, celui de son émergence.

 

Le film démarre sur une scène géniale et un plan séquence aussi virtuose qu’immersif: 3 groupies s’introduisent en douce dans une salle de concert. Sur scène, un quatuor, Zoopark, joue un rock lourd et arrogant, classique mais efficace, chanté en langue russe. Conclusion du refrain: « t’es une merde ». La salle est pleine, le public conquis… mais assis. Leningrad (actuelle Saint-Pétersbourg), début des années 80, ça rigole pas: des membres de la police (et du KGB?) quadrillent la salle et veillent au grain afin que personne ne se lève ou ne se manifeste de manière trop ostentatoire. Ambiance.

C’est un des aspects traités par Leto: les jeunes gens modernes du film vivent dans ce qui est encore l’URSS et Leonid Brejnev tient le pays d’une main de fer.  Pourtant, Kirill Serebrennikov, le réalisateur qui est d’ailleurs assigné à résidence pour des soupçons apparemment fantaisistes de détournement de fonds, a l’intelligence de ne pas faire de son film un pamphlet politique. Il tend davantage vers la chronique mélancolique.

Ainsi, après une superbe ouverture, mais une 1ère demie-heure franchement flippante (les personnages sont tous pénibles, acteurs gesticulant/grimaçant/beuglant, le sempiternel cliché sur la supposée « hystérie russe » n’est pas très loin), le film trouve peu à peu une belle respiration, à travers une évocation donc, très douce et, encore, mélancolique.

 

Si Viktor Tsoï est la figure centrale du film, et celle à laquelle le réalisateur Kirill Serebrennikov veut rendre hommage, le personnage central est celui d’un autre rocker, Mike, (interprété par un musicien vedette en Russie, Roma Zver).
C’est pour lui que les filles resquillent et prennent des risques dans la 1ère scène, pour lui que le public se retient de s’enflammer. Il est le roitelet de la petite scène rock de Leningrad. Un roitelet entouré d’une cour fidèle et dévouée mais un roitelet sur le déclin: sa musique n’est qu’une déclinaison de celle de ses maîtres (Bowie, Lou Reed, Bolan dont lui et sa clique s’amusent à reproduire les pochettes) alors que Tsoï débarque de nulle part avec un son, et surtout une voix unique, en prise avec la vie quotidienne. Mike est un peu largué en vérité (« le futur c’est la new wave » pense Viktor, ça le fout en rogne), il travaille depuis un certain temps (depuis un temps certain on le devine) sur un 1er album toujours inachevé, et le film nous montre joliment sa prise de conscience, son acceptation et sa passation de pouvoir en quelque sorte en faveur de Viktor. D’abord leader, il devient passeur et s’efface peu à peu. Lui qui fait peu de cas de son propre fils (il n’aime pas s’en occuper dit même sa femme) a trouvé en ce jeune musicien intense et affranchi quelqu’un pour reprendre son flambeau.

 

C’est là que Leto trouve son véritable sujet selon moi, dans cette histoire de transmission, mélancolique sans être amère, magnifiée en ce sens par un beau noir et blanc et par l’utilisation du cinémascope. D’autant que l’effacement de Mike va de pair avec les doutes et les émois que l’arrivée de Viktor fait surgir chez sa femme, la belle Natalia (étrangement rebaptisée Natacha dans le sous-titrage).

 

Ceci étant, pour en arriver là, il faut en passer par une certaine hystérie (les scènes de groupe) et surtout, se cogner des passages musicaux parsemés d’effets visuels nullissimes qui finissent de les rendre complètement ringards. Ca n’est pas la musique elle-même qui est en cause (des réinterprétations de classiques des années 70) : celle-ci témoigne de la manière, maladroite et attachante, dont les fans russes recevaient le rock anglo-saxon avec, on l’imagine, plusieurs années de retard. Le problème c’est que les illustrations de Serebrennikov datent bien de 2018 elles, et elles accusent elles aussi beaucoup de retard, sans le décalage ni l’excuse de la maladresse…

Ca n’est que dans sa conclusion que Leto finit de convaincre en vérité, lorsqu’on peut, à l’image du personnage de Natalia, prendre un peu de recul sur ce qu’il s’est produit/ ce qu’on a vu.

 

Beau film donc mais faut quand même un peu aller le chercher.

Mon rêve 22

Aujourd’hui, un rêve сделано в россии*, richement illustré.

Je me trouve dans une sorte de soirée en Russie : ça parle russe dans tous les coins et les gens ressemblent à des Russes (me demande pas…). Ca parle également anglais donc je suis pas complètement perdu. Y a de quoi boire, de quoi manger, de la bonne musique, c’est pas désagréable. C’est même plutôt cool: je peux dire que je passe une bonne soirée.

Je fais la connaissance d’une nana prénommée Svetlana (évidemment). Elle est plutôt belle (évidemment), dans un style que je qualifierais de slave (évidemment). En fait, elle ressemble à Géraldine Martineau, qu’on a vu notamment dans Le Nouveau ou cette année dans Le Poulain.

En moins juvénile (elle l’est tellement que dans Le Nouveau elle joue une gamine de 13 ou 14 ans alors qu’elle a 30 ans…), elle a mon âge on va dire. Elle porte une robe qu’on qualifierait aujourd’hui de vintage, et qui serait dans ce genre là:

Oui parce que je bloque un peu sur Dakota Johnson depuis Suspiria. Et j’aime bien cette photo.
Donc une robe dans ce genre là mais plus retro. Je vois par exemple un col en dentelle. Difficile de dire si elle est issue d’une garde-robe démodée-retour-de-hype ou simplement démodée-pays-de-l’Est. J’arrête avec la robe non ?

Et donc, on fait connaissance. Et même un peu plus que ça puisque je réalise qu’une fois la soirée s’est achevée, on vit ensemble, Svetlana et moi. Bon bah ok, pourquoi pas. Je parle pas russe mais j’apprends, un peu. On parle anglais entre nous, on rit bêtement etc. Tout va bien.

Puis je sors de la maison (de la datcha?). J’ai la sensation que c’est un petit événement, comme s’il s’agissait de ma toute première sortie après être resté à l’intérieur pendant une durée inhabituellement longue. Je reste d’abord un moment sur le perron, impressionné par un paysage spectaculaire, entre massif alpin verdoyant, Tyrol, Yosemite Park et vision fantasy pure.

Là c’est les Dolomites. Y a de ça aussi.

D’ailleurs je remarque au loin des ours qui semblent vivre en liberté et gambadent près de chevaux, en liberté eux aussi, qui ne paniquent pas le moins du monde. Tout va bien.

Je m’aventure enfin à l’extérieur et me balade sur un pré verdoyant. Le paysage est à couper le souffle, le ciel bleu et le soleil brille. Plusieurs maisons entourent la nôtre (puisque c’est chez moi maintenant, ça ne fait plus de doute), quasiment identiques: d’énormes chalets en bois, type la vision que j’ai du Tyrol là encore.

Je me balade nonchalamment, je prends le soleil et je réalise que les voisins sortent de leur maison pour venir à notre rencontre. Svetlana me rejoint et m’explique qu’ils ont envie de faire ma connaissance: ils ont organisé une sorte d’apéritif de bienvenue dans un chalet situé en peu en contrebas.

On va donc tous dans cette direction. Alors que nous marchons, les gens, essentiellement des types, viennent me saluer de manière assez froide. Ils ressemblent à des caricatures de bad guys russes dans les films d’actions ou mauvaises séries: crâne rasé, mine pas très kawai, veste en cuir 2 fois trop ample etc.

Sans batte de base-ball quand même.

Ceci étant, à mesure qu’on avance, je réalise qu’ils m’escortent davantage qu’ils m’accompagnent : ils sont plusieurs à m’entourer désormais, le visage fermé, voire hostile. Je me retourne et je cherche Svetlana du regard : je ne la vois pas. Je m’arrête, un peu interdit et j’explique en anglais à l’un des gars, le plus proche de moi, que je préfère l’attendre et y aller avec elle. Là le gars me pousse en me disant, en russe, « On a pas le temps, avance. Il t’attend ».

« Il » m’attend? Nom de Dieu… Là je comprends que je me suis fait piéger et que ça pue. Svetlana a complètement disparu COMME PAR HASARD.

On s’apprête à monter les quelques marches qui nous séparent de la porte d’entrée de l’énorme chalet censé nous accueillir. Sauf que tout le monde s’arrête: seuls 2 mecs, bien costauds, bien patibulaires (veste en cuir beaucoup trop large), m’encadrent, m’agrippent de part et d’autre par le bras et montent les marches avec moi. Les autres commencent à tourner le dos et à rebrousser chemin.
Le mec de droite ouvre la porte sans frapper et nous entrons dans une pièce entièrement vide, à l’exception d’un grand bureau orné de 2 petits drapeaux de la Fédération de Russie et derrière lequel « Il » est assis.

Et là je me réveille.

*made in Russia

Suspiria – critique

Susie Bannion, jeune danseuse américaine, débarque à Berlin dans l’espoir d’intégrer la célèbre compagnie de danse Helena Markos. Madame Blanc, sa chorégraphe, impressionnée par son talent, promeut Susie danseuse étoile.
Tandis que les répétitions du ballet final s’intensifient, les deux femmes deviennent de plus en plus proches. C’est alors que Susie commence à faire de terrifiantes découvertes sur la compagnie et celles qui la dirigent… (Allociné)

Sur le coup, je me suis fait chier. Et j’ai trouvé ça à chier. En plus, j’ai eu le temps de me faire chier et de trouver ça à chier car ça dure 2h30. A un moment j’ai essayé de m’assoupir un peu (ça n’a pas marché), j’ai même pensé quitter la salle (comme 5 autres personnes, record absolu en ce qui me concerne).

Pourtant, à peine le générique final achevé, et encore plus 2 jours après, je n’ai envie de retenir du remake de Suspiria signé Luca Guadagnino que le positif. Car il y en a malgré tout.

Par exemple y a Dakota Johnson et ses jolis seins: c’est positif.

LE point positif, et qui est tout à l’honneur de Guadagnino et de son scénariste David Kajganich, c’est que jamais ils n’essaient ni de salir, ni d’honorer, ni même de jouer sur le terrain du chef d’oeuvre de Dario Argento : ils proposent autre chose.

Bien sûr, il y a une école de danse, il y a Berlin, il y a la pluie, il y a l’innocente Susie et il y a des sorcières. Bien sûr, sinon ça ne serait pas un remake de Suspiria. Mais pour le reste, nib, ou presque : là où Argento joue la carte du baroque, des couleurs criardes, eux affichent une palette chromatique en sourdine, Derrickienne. Là où le papa d’Aria fait appel à la frénésie de Goblin pour sa bande son, Guadagnino choisit le prog indé de Thom Yorke. Là où le maître italien suggère l’horreur et l’effroi par ses cadrages baroques, encore, mais suggère plus qu’il ne montre réellement, Guadagnino propose des scènes gore très frontales. Etc etc: la liste des différences, des contre-pieds adoptés par la version 2018 de Suspiria (jusqu’à son final épuisant) pourrait être bien plus longue.

Surtout, et pour résumer 2 démarches diamétralement opposées, là où Argento utilisait avant tout des outils purement cinématographiques (couleurs, cadrages, musique comme énuméré ci-dessus), Guadagnino, malgré quelques zooms et plans spectaculaires, utilise d’abord le verbe et l’écriture, au sens large : malheureusement, c’est là que ça déconne. Et pas qu’un peu.

Sublime plan De Palmesque

Ou alors je suis un peu con parce que je n’ai réussi ni à raccrocher les wagons, ni à comprendre l’utilité de pas mal d’éléments.
Le psy par exemple (interprété, déjà, par Tilda Swinton, qui joue donc 2 rôles. Pourquoi? Mystère. Elle joue une prof de danse et un psy. OK…)  : personnage déjà présent dans le film original mais pourquoi lui donner autant d’importance ici ? Un hommage à Max Von Sydow dans L’Exorciste peut-être ? Pourquoi raconter avec autant de détails son histoire personnelle puisqu’elle n’a absolument aucun lien avec l’intrigue principale ? Pourquoi tous ces flash-backs sur l’enfance de Susie ? Pourquoi tout ce verbiage autour des spectacles de danse, abstraits et über contemporains, de la compagnie ? Pourquoi Sylvie Testud (peut-être le plus gros WTF du film) ? Et enfin, pourquoi avoir développé à ce point le background Fraction Armée Rouge? Certes, l’action du film se déroule en 1977, année mouvementé pour la République Fédérale d’Allemagne mais quel est le rapport avec le reste ? Je cherche encore… Ca m’a rappelé les mentions à la situation des migrants sur l’île de Lampedusa dans A Bigger Splash, un des films précédents de Guadagnino, et remake, déjà, de La Piscine.

Vas y pour démêler tout ça maintenant…

Dans les 2 cas (Suspiria et A Bigger Splash donc), 2 relectures, on a l’impression que Guadagnino cherche à tout prix à s’éloigner de l’original, ou en tout cas à ne pas lui ressembler de trop près, ce qui est une bonne chose. On sent aussi qu’il a des choses à dire, et qu’il essaie de nous les dire. Le problème, c’est qu’il n’y arrive pas ou qu’on ne les comprend pas: on ne voit pas où il veut en venir. Bilan, il donne simplement l’impression d’alourdir son discours, de le contextualiser et de le « psychologiser » de manière inutile. Dommage…

Dommage car en sabrant une bonne heure, en se concentrant sur la compagnie de danse et sur son intrigue horrifique, il y avait bien un nouveau Suspiria à mettre en scène: à base d’Allemagne blafarde et encore hantée par son terrible passé (l’intrigue se déroule 30 ans à peine après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale), à base de gynécée trouble, de démarche féministe pervertie, autant d’éléments qu’une direction artistique très soignée mais subtile, impeccable, mettent parfaitement en valeur. Et à base de scènes gore vraiment crades : voir par exemple la 1ère manifestation des forces occultes à l’oeuvre dans l’école ou le chapitre conclusif. Là encore, si la perplexité (voire l’hilarité) l’emporte de prime abord, cette longue séquence objectivement ridicule emporterait presque le morceau par son courageux jusqu’auboutisme et son étonnante mélancolie.

On va pas se mentir, elle aura une place de choix dans mon top actrices 2018.

Je me répète mais c’est tout à l’honneur des auteurs de ce remake que d’avoir voulu à ce point se démarquer de l’oeuvre originale: c’est ce qu’il fallait faire, et ce qu’il faut toujours faire quelle que soit l’oeuvre à laquelle on s’attaque, d’autant plus lorsqu’elle est aussi marquante sur la forme que le film de Dario Argento peut l’être. Simplement, Guadagnino s’est un peu perdu dans son discours. Et nous avec.