La Nuit a dévoré le monde – critique

En se réveillant ce matin dans cet appartement où la veille encore la fête battait son plein Sam doit se rendre à l’évidence : il est tout seul et des morts vivants ont envahi les rues de Paris. Terrorisé, il va devoir se protéger et s’organiser pour continuer à vivre. Mais Sam est-il vraiment le seul survivant ? (Allociné)

Quelques mots rapido, comme j’en prends l’habitude, pour conseiller d’aller voir un film qui ne restera pas longtemps à l’affiche. Un film de zombies. Un film français de zombies.

Tout est là évidemment: c’est clairement pas The Walking Dead. Mais si La Nuit a dévoré le monde ne mise pas tout sur la carte horrifique/suspense/gore, cet aspect là est quand même bien traité. Comprendre: le film n’est pas seulement une rumination minimaliste parisianisto-Femis, il est également crédible dans ses quelques séquences/passages obligés du genre (les zombies eux-mêmes, un Paris vidé de ses habitants et livré à ces mêmes zombies, les attaques de zombies, le dégommage de zombies etc).

Cependant, j’y viens, le véritable intérêt du film est ailleurs : Sam est « bloqué » dans un appartement parisien et on va passer 1h30 en sa seule compagnie, ou presque. Parti-pris minimaliste donc, intimiste, voire austère, fort quoiqu’il en soit, qui fait de La Nuit a dévoré le monde un drame psychologique davantage qu’un survival.

Quand t’as bien l’intention de te faire la personne qui a choisi les rideaux

S’il fait le pari de ne pas singer ni marcher dans les pas d’Hollywood, une gageure mine de rien lorsqu’on réalise un film de genre, c’est pourtant bien à 2 films américains que La Nuit a dévoré le monde fait le plus penser. En premier lieu Seul au monde : les enjeux sont exactement les mêmes pour les personnages interprétés par Tom Hanks et Anders Danielsen Lie. Une fois la panique et la sidération sinon évacués, du moins sous contrôle, il faut survivre et surtout, organiser sa survie (trouver la nourriture, la rationner, s’aménager un cocon, se laver, s’occuper, tâcher de ne pas devenir fou, envisager un futur peut-être? etc). Mais comme on est en France et qu’on est pas des forcenés du placement de produit, c’est Denis Lavant, The Actor, qui interprète Wilson.

On pense aussi à cet autre beau film post-apocalypse, Je suis une légende, qui est quasiment cité par le personnage de Sam (avec cette fois un chat à la place du chien).
On peut penser à pas mal d’autres œuvres je suppose mais aucune ne s’impose comme une influence ou une référence majeure et ça c’est toujours une bonne chose: La Nuit a dévoré le monde se révèle peu à peu comme un film singulier, à la fois film de zombies donc, méditation existentielle, étude de caractère, parabole sur le protectionnisme et la peur de l’Autre, que sais-je encore.

Il vaut mieux le savoir avant d’aller voir le film: vu leurs réactions pendant et après la séance, pas mal de personnes dans la salle ont manifestement été surprises par la lenteur, la dimension contemplative et relativement anti-spectaculaire du film. Mais sachant cela, il faut aller voir La Nuit a dévoré le monde car il offre une vraie proposition de cinéma, qui se déploie sur la longueur, avec cohérence et conviction.

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2 réflexions sur “La Nuit a dévoré le monde – critique

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte. blog très intéressant. Je reviendrai. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir

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