Top cinéma 2018 – Non

Suite du top ciné avec des films dont certains auraient pu, voire dû, figurer dans le flop. Consultable ici.

The Passenger

Prototype du film-du-dimanche-soir-sur-TF1. C’est nul sur tous les plans (scénario, action, dialogues) mais on passerait presqu’un bon moment pour peu qu’on sache dès le départ où on a mis les pieds. Ou LE pied, de préférence le gauche. C’est presque un nanar en fait. De là à le mettre dans la catégorie des « oui », faut quand même pas déconner non plus.

J’espère qu’ils lui ont filé un peu plus que ça car il paie de sa personne.

 

Le Grand jeu

Sur le coup, nul mais plaisant (j’en parle ici). Avec quelques mois de recul, simplement nul. Un peu péteux en plus alors que le film n’a rien à dire et le dit mal. C’était quand son dernier bon film à la Chastain ?

 

Predator

Celui-là j’ai vraiment hésité à le mettre dans mon flop tellement je l’ai trouvé naze. De Shane Black, scénariste bénéficiant d’une aura, voire d’un culte totalement incompréhensible voire injustifié selon moi, je n’aime vraiment que Last Action Hero au final. Et comme par hasard, il raconte que c’est son scenario qui lui a le plus échappé… Bon, tout ça pour dire que dans les années 80, passe encore, quand t’as 12 ans, pourquoi pas, mais en 2018, et passé 12 ans donc, un type qui trouve super cool, au premier degré, de montrer des mecs bien burnés qui s’appellent Nebraska enchaîner les clopes et balancer des répliques nanardesques en pensant qu’elles sont super cool: NON. C’est mal branlé en plus, comme si le film avait été remonté 15 fois pour essayer de le faire tenir debout (il me semble avoir lu que c’était le cas en fait).

Violents les gilets jaunes ricains.

 

Red Sparrow

Ici.

 

Carnage chez les Muppets

Je le sentais plutôt bien dans un registre post-neo-comédie trash (sic) mais c’est raté. C’est pas catastrophique non plus, ça se regarde (d’autant que c’est très court, 1h15) mais ça a le défaut classique de ce type de comédies : ça cherche à choquer avec de chercher à faire rire. C’est même pas vulgaire (c’est grossier en revanche, très même, c’est donc pas DU TOUT pour les enfants), c’est juste qu’on a vraiment le sentiment un peu triste que les mecs (auteurs) s’imaginent que plus de drogue, de sexe, de foutre, de tout, vont suffire à déclencher l’hilarité. C’est dommage car le pitch est plutôt pas mal (les humains et les muppets vivent ensemble, les muppets étant souvent considérés comme des citoyens de seconde catégorie) et que le film réunit 2 des meilleurs talents comiques féminins actuels, Melissa MacCarthy et Maya Rudolph. Sans surprise, leurs scènes sont les meilleures. Enfin, preuve ultime qu’on a à faire à une comédie poussive qui a conscience de l’être : on a droit en conclusion à 10 minutes de générique/making of/bêtisier. Triste.

La réponse est: oui, on lui voit la touffe.

 

Game Night

Ici.

 

Blackkklansman

On s’ennuie pas, c’est bien fichu (même si assez hénaurme passée la base de faits réels dont le film s’inspire) mais qu’est-ce que c’est lourd et didactique nom de Dieu… Est-ce qu’on voit trop le film avec notre regard d’Européen, forcément plus distanc(i)é ? Je sais pas: si on compare avec un film comme Detroit par exemple, qui lui aussi « défend » la cause noire (je synthétise volontairement), ça fait vraiment mal pour Blackkklansman. Et pour Spike Lee.

Et pour John David Washington qui souffre de la comparaison avec les autres acteurs du film.

 

Ready Player One

Hyper jouissif pendant une demie-heure puis je me suis franchement fait chier. J’en garde rien du tout et je sais pas quoi en dire de plus.

 

En eaux troubles

C’est nul mais c’est gentiment nul : c’est un nanar. Avec un scenario cousu de fil blanc : le trauma initial, le héros-spécialiste-meilleur-au-monde-vous-trouverez-pas-mieux-que-ce-sale-fils-de-pute qui lâche l’affaire et préfère aller siffler des binouzes en Thaïlande, la mission-suicide-que-lui-seul-peut-réussir-vous-trouverez-pas-mieux-que-ce-sale-fils-de-pute, des punchlines débiles (« t’es p’têtre un fils de pute mais t’es pas un trouillard »). Et des « cascades » abracadabrantesques: vous n’allez pas croire ce qui arrive à cet homme confronté à un requin (spoiler: on n’y croit pas en effet). Jason Statham joue comme un pied (qui sent mauvais en plus), la bo devient orientalisante lorsque Li Bingbing ou son père apparaissent, bref, tout va pour le mieux dans le plus manichéen des mondes. Dommage que le studio ait affadi le film après les premières projections tests, on aurait pu avoir droit à un truc beaucoup plus gore et donc jubilatoire. Ou, à l’inverse, avec un peu plus de jem’enfoutisme, à un nanar bien fendard.

« We’re gonna need a bigger chopper »

 

Veronica

J’ai pas passé un mauvais moment mais c’est trop plat, trop conventionnel. Le film ne décolle jamais du scenario qui lui-même colle au plus près au fait divers à l’origine du film. C’est louable car l’histoire est troublante mais c’est aussi sa limite. Après, le contexte, l’environnement sont bien transposés: les cinéastes espagnols (comédies, polars, drames, peu importe) ont toujours un truc pour filmer et retranscrire le quotidien de la classe moyenne ou populaire, via la direction artistique et le registre de langage.

 

Don’t worry, he won’t get far on foot

On s’est beaucoup aimés. Alors quand ça a commencé à se gâter, j’ai essayé de m’accrocher, j’ai voulu continuer à y croire. J’arrivais pas à m’y résoudre alors j’ai passé l’éponge quand la raison me commandais de la jeter (Nos Souvenirs, que je me suis forcé à sauver un tant soit peu malgré l’évidence de sa nullité). Mais là, plus d’excuses, il faut se rendre à l’évidence : RIP Gus Van Sant.

Jonah Hill est très bien en revanche, comme toujours

 

Le 15h17 pour Paris

L’un des films qui s’est fait dézinguer le plus violemment cette année, tous azimuts. Alors oui, c’est nul, évidemment mais 1. vous avez pas vu Brillantissime 2. non mais je déconne pas, vous avez pas vu Brillantissime. Je crois qu’il faut prendre ce film pour ce qu’il est : une manière pour Clint d’aller au bout du bout de la démarche empruntée ces dernières années, qui consiste à filmer des histoires vraies au plus près. Ici donc, en faisant jouer leur propre rôle aux 4 gus qui ont réussi à déjouer une tuerie dans l’Eurostar. Le reste, soit le film qu’il doit élaborer à partir de ça, il s’en cogne, et ça se voit. C’est bien là le problème évidemment, sachant, en sus, que les 4 gus en question ne sont pas des acteurs et jouent comme des patates. Bon, c’est pas grave, il a toujours fonctionné comme ça Clint : des films traités par dessus la jambe et d’autres où il se sort vraiment les doigts. Si on en juge par son intense bande-annonce, son prochain, The Mule, s’annonce grandiose.

 

Comme des rois

Ca fait du bien parfois de voir des films simples, sans prétention, humbles, intelligents etc etc. Des jolis films. Mais ça fait parfois bien chier aussi : qu’est-ce que c’est plat, lisse, sage…Envie de secouer tout ça, ces personnages, ces dialogues, envie un peu bête certes d’entendre des « putain », « merde », « enculé » pour, peut-être, hisser le film au-delà du niveau d’un téléfilm appliqué.

J’espère qu’ils leur ont filé encore moins que ça

 

Cro Man

Déception. Voire grosse déception, tant je suis fan de toutes les productions Aardman. Techniquement irréprochable évidemment, le film est moins « joli » que d’ordinaire. Bon, ça c’est normal : il se déroule comme son nom le suggère durant la Préhistoire. Exit donc la traditionnelle débauche de détails pour anglophiles dont je suis très friand. Non, c’est surtout l’intrigue et son développement, beaucoup trop convenus, qui déçoivent : une banale histoire de parias défiés par les nantis, et qui vont se révéler, se transcender etc etc. Trop facile: ces gars là sont capables de tellement mieux…

 

Les Heures sombres

Un téléfilm BBC de luxe, sans intérêt. Ou un seul: tenter de reconnaître Gary Oldman sous les kilos de maquillage avec lesquels on a plâtré son visage. Pas facile. Dans le genre, mieux vaut mater la série The Crown, aussi cossue et meringuée mais vraiment belle, elle.

Sans déconner, c’est vraiment pas facile.

 

La Forme de l’eau

Encensé de manière assez incompréhensible par la critique (et primé à Venise, on croit rêver), le film a été, par un phénomène de balancier assez naturel, ou en tout cas compréhensible lui, exagérément descendu par l’Internationale Geek. OK, c’est nul mais ça va, pas de quoi s’énerver non plus. Vous avez vu Brillantissime ?

Coucou. Tu veux voir ma bite ?*

Une année ESSEPTIONNELLE, n’ayons pas peur des mots : j’ai carrément un top 20 cette fois-ci. Difficile, TRES difficile à arrêter : j’ai dû laisser pas mal de beau monde sur la touche (Zita Hanrot dans Paul Sanchez est revenu!, par exemple, ou encore pour ne parler que des actrices françaises, la jolie Diane Rouxel dans Mes Provinciales et Volontaire).

Allez, c’est parti. Sans classement bien sûr car y a pas de hiérarchie dans mon big cœur, bébé.

Irina Starshenbaum dans Leto

Coeur avec les doigts, avec la bite, avec le coeur pour la sublime Irina que je découvrais évidemment. La photo ci-dessus ne lui rend pas totalement justice en voici 2 autres:

Genre de Mary Elizabeth Winstead slave, je la préfère nettement dans le film qu’IRL (j’ai creusé, normal) où elle est beaucoup plus juvénile. Pas de classement dans ce top mais c’est à elle que j’ai pensé en premier.

 

Dakota Johnson dans Suspiria

Grosse révélation. Du coup j’étais à ça de me taper 50 shades of grey, faut le savoir, mais je me respecte un minimum. J’ai quand même vu l’immmmmooooonde Sale temps à l’hôtel El Royale: prestation très décevante si on prend en compte les critères en vigueur pour figurer dans ce top (des critères artistico-cinématographiques MAIS PAS QUE). Elle doit donc sa présence au remake de Suspiria, qui a été diversement accueilli, certains criant même au nanar. Ca s’entend mais ils sont passés à côté du vrai scandale du film : on voit jamais ses nichons.

 

Rebecca Ferguson dans Mission: Impossible – Fallout

Une valeur sûre. Elle est belle, elle est classe, elle joue bien : elle a tout bon. Attention donc, elle est à ça de devenir chiante.

 

Vanessa Kirby dans The Crown et Mission: Impossible – Fallout

Elle est un peu coquine dans Mission: Impossible – Fallout. Elle est un peu coquine dans The Crown (dans le rôle de Margaret, la soeur quasiment punk d’Elizabeth). J’aime à croire qu’elle est un peu coquine tout court.

 

Claire Foy dans The Crown / Paranoïa / First Man

Mais surtout dans The Crown. Pas très punk, tout en brushing sage, 3 rangs et petits cardigans en cachemire. Les Vrais savent. Encore une fois, pas de classement mais elle est élue à l’unanimité et au premier tour Petit chou 2018 de Grande remise.

 

Cécile de France dans Mademoiselle de Joncquières

Je l’ai toujours bien aimée (à tous les niveaux), je l’apprécie encore plus avec l’âge (le sien, et le mien). Et puis encore un film magnifique à son actif, elle fait souvent les bons choix.

 

Vera Farmiga dans The Passenger

Beauté un peu atypique, voire chelou. Super actrice aussi je trouve, qui n’a pas la carrière ni la notoriété qu’elle mérite. Pour cause de beauté un peu atypique, voire chelou, je suppose.

 

Michelle Pfeiffer dans Ant Man et la Guêpe

Aussi belle à 20, 30, 40, 50 ou 60 ans: championne du monde donc. Pas trouvé de photo d’elle seule dans le film mais c’est pas grave, ça permet de voir le tout aussi beau et classe Michael Douglas.

 

Evangeline Lilly dans Ant Man et la Guêpe

AESD pour Kate Austen de Lost.

 

Isabelle Huppert dans Isabelle Huppert

AESD pour Isa malgré une chétivité de plus en plus prononcée.

 

Kate Winslet dans Wonder Wheel

Jurisprudence Cate Blanchett: elle m’indifférait voire m’agaçait, à tous les niveaux, et puis avec l’âge (le sien et le mien là encore), grâce à un ou plusieurs rôles marquants (dans son cas la mini-série Mildred Pierce de Todd Haynes ou celui-ci), j’ai fini par succomber, à tous les niveaux.

 

Jennifer Lawrence dans Red Sparrow

Érotisée à l’extrême et de manière totalement ridicule par son homonyme de réalisateur (Francis Lawrence, aucun lien). Mais je la trouve jolie, que veux tu…

 

Olga Kurylenko dans Dans la brume et L’Empereur de Paris

Beauté slave dans toute sa splendeur. Rien à dire de plus, c’est une évidence pour moi. En revanche j’ai l’impression qu’elle a du mal côté fringues (cf ci-dessus ou lors de la dernière cérémonie des Césars). Olga, si tu me lis, n’hésite pas à me contacter : je peux te venir en aide.

 

Laura Harrier dans Blackkklansman

L’un des rares points positifs de l’une des baudruches de l’année.

 

Florence Loiret-Caille dans Le Bureau des légendes

Ou comment un rôle, une interprétation, une oeuvre peuvent radicalement changer notre perception d’un acteur/d’une actrice. Florence Loiret Caille, elle me laissait jusqu’ici plutôt indifférent, voire elle m’agaçait un peu (je me souviens d’elle notamment dans J’attends quelqu’un de Jérôme Bonnell). Mais ça c’était avant Le Bureau des légendes: je suis tombé complètement amoureux de Marie-Jeanne, de son côté pète-sec, de son humanité difficilement contenue, de son intelligence, de sa relation avec Sisteron, de ses tailleurs-pantalon informes. Et de sa petite bouche de travers.

 

Virginie Efira dans Un Amour impossible

Autre valeur sûre de mon top kiki, à l’instar de Rebecca Ferguson. Un grand oui pour sa frange au début du film.

 

Barbara Lennie dans Everybody Knows

Pas trouvé de photo satisfaisante d’elle dans le film. Elle ne m’avait pas du tout marqué dans La Niña de fuego dans lequel elle tenait un rôle plus important, mais faut dire que le film m’avait passablement agacé. J’ai aimé Everybody Knows en revanche, j’ai aimé le beau personnage qu’elle y interprète et j’ai aimé la façon dont elle l’interprète.

 

Elastigirl dans Les Indestructibles 2

Il y a une scène géniale dans le 1er Wayne’s World, au cours de laquelle Garth demande à Wayne, en le confessant de manière détournée, s’il a jamais été troublé par Bugs Bunny lorsqu’il était déguisé en lapine. Donc bon, ça va hein.

 

Rosamund Pike dans Hostiles

Pâleur et blondeur English rose + gros seins. Je suis vulgaire ? Je viens de toper un personnage de dessin animé, j’en ai plus rien à foutre de rien.

 

Lady Gaga dans A Star Is Born

Pfiou, ça va loin là… Signe probable que je suis au bout du rouleau (de Sopalin).

 

*En référence à ce chef d’oeuvre du reportage télé:

Red Sparrow – critique

Une jeune ballerine, dont la carrière est brisée nette après une chute, est recrutée contre sa volonté par les services secrets russes. Entraînée à utiliser ses charmes et son corps comme des armes, elle découvre l’ampleur de son nouveau pouvoir et devient rapidement l’un de leurs meilleurs agents.
Sa première cible est un agent infiltré de la CIA en Russie. Entre manipulation et séduction, un jeu dangereux s’installe entre eux. (Allociné)

Ca fait, ou ça va faire 40 ans que je vais très régulièrement au cinéma: mon tout premier film en salles était Bernard et Bianca et je n’ai pas la date exacte mais c’était en 1978 donc voilà. Et depuis 40 ans donc, si je n’ai pas le chiffre ni la moyenne exacte là non plus, je pense que je vais au cinéma au moins 1 fois par semaine. L’arrivée des cartes illimitées, auxquelles j’ai souscrit dès leur apparition, a évidemment contribué à compenser les semaines de disette mais enfin, j’ai le souvenir d’y être toujours allé très régulièrement.

Et depuis 40 ans donc, ou plutôt devrais-je dire « malgré ces 40 ans », j’ai toujours un petit pincement de plaisir lorsque je rentre dans une salle. C’est pas grand chose, et je le vis pas toujours de manière consciente mais même lorsque je ne le réalise pas pleinement sur le moment, je sais que c’est là. Et que c’est bon: ce moment où tu ouvres la porte de la salle et que tu te retrouves dans une sorte de sas de quelques mètres à peine qui te sépare des rangées de sièges, de l’écran, comme une capsule à la fois sombre et silencieuse qui te permet d’opérer la transition entre la vraie vie et ce monde de fiction qui contribue à la rendre plus intense, plus triste, plus joyeuse, plus drôle. Plus belle. Et ça, que j’aille voir Mulholland Drive, Bienvenue chez les Ch’tis ou Red Sparrow, ça ne change pas.

Moins souvent, je me retrouve dans la rue après une séance, je marche, pour rentrer chez moi en général, je pense à mille choses et aucune en particulier, mais  pas au film que je viens de voir. Puis j’ai comme un flash très bref : « ah mais je sors du ciné là en fait ». C’est tout juste si je ne dois pas faire un effort pour me souvenir du titre du film qui vient pourtant à peine de s’achever. Ca, ça m’est arrivé hier soir en sortant de Red Sparrow.

Formulé autrement, mes derniers films vus en salle sont Taxi 5, Place Publique et Red Sparrow donc et ils seront tous les 3 dans mon flop de l’année.

Alors c’est pas horrible, contrairement aux 2 autres, on s’ennuie pas malgré les 2h20 mais un film d’espionnage centré sur la manipulation, la déception, les faux-semblants etc. aussi dépourvu de tension psychologique, sexuelle (malgré la multiplication de ridicules scènes Sopalin autour de Jennifer Lawrence), de suspense, de surprise etc. c’est un genre d’exploit. Un film nul et con, tout simplement.

Mother ! – critique

Un couple voit sa relation remise en question par l’arrivée d’invités imprévus, perturbant leur tranquillité. (Allociné)

Je situe Darren Aronofsky au même niveau que David Fincher, Christopher Nolan ou Luc Besson: le plus bas. Pour situer.

Et pourtant j’avais bien envie de le voir ce film: je dois avouer que la bande-annonce m’a intrigué et que les visuels hommages à Rosemary’s Baby aka le film qui m’a le plus terrifié de ma vie, m’ont également attiré. Je tiens Aronofsky pour une tâche mais je le pense quand même pas assez con pour ne pas sciemment et avec un but bien précis citer ainsi le chef d’oeuvre de Polanski.

Et de fait, il le cite oui. Tout comme il cite Répulsion, Le Locataire pourquoi pas. J’ai pourtant surtout pensé à La Vénus à la fourrure, cet auto-portrait à peine déguisé (?) de Polanski (sous les traits de Mathieu Amalric) et de sa relation avec Emmanuelle Seigner, qui interprétait son propre rôle (?).

Du coup dans Mother! c’est Jennifer Lawrence – plaquiste, compagne d’Aronofsky à la ville, qui s’y colle, Javier Bardem jouant le rôle d’un écrivain à succès en panne d’inspiration (très bien tous les deux). SI VOUS VOYEZ OU ON VEUT EN VENIR. Je vais m’arrêter là même si j’en ai déjà trop dit en réalité.

Hmmm là je verrais bien l’Xpro3 satin de Ripolin

Evidemment, j’imagine que ça s’excite pas mal chez les geeks ou les critiques sur le mode « rhalala bonjour l’image qu’il donne de son couple avec Jennifer Lawrence – démolition / ravalement de façade / gros oeuvre ». Pourtant c’est clairement pas ce qu’il y a de plus intéressant dans le film.

Non, ce qui est vraiment réussi dans Mother! c’est tout le volet home invasion. Le home invasion, c’est un sous-genre du film d’horreur et dans lequel, comme le nom l’indique, des étrangers s’incrustent chez des gens bien tranquilles pour manger la dernière part de pizza, poser les pieds sur la table basse, finir le rouleau de papier toilette et ne pas le remplacer, bref, mettre un beau bordel. Dernièrement par exemple, Knock Knock d’Eli Roth avec Keanu Reeves était pas mal. Là dessus, Mother! est même assez irréprochable puisque le crescendo est implacable et qu’on souffre, littéralement, en voyant ce que subit le personnage interprété par la pauvre Jennifer Lawrence – charpente / ébénisterie / menuiserie.

On va pas se mentir : j’ai cherché une photo du plan où on lui voit les nichons mais j’ai pas trouvé.

Je parle de « crescendo » mais c’est plus que ça puisque le film explose tout en vérité: c’est davantage que de la surenchère, il y a dans Mother! un sens du grotesque totalement assumé et je dois bien l’avouer, assez réjouissant.

Le problème c’est qu’Aronofsky, à l’image de Nolan, Fincher ou Alfonso Cuaron avec Gravity par exemple, se prend pour un penseur. Bon, lui il se prend même carrément pour Dieu, ni plus ni moins, et ses films sont le Messie donc faut pouvoir se coltiner avec ça. Et le problème c’est que lui et ses petits copains n’ont pas les épaules. D’ailleurs c’est pas un hasard si Nolan a réussi son meilleur film avec Dunkerque, qui est son film le plus direct, celui dans lequel il ne se sent pas obligé de nous asséner ses théories philosophico-existentialistes à 2 balles. Mother! aurait pu, aurait dû lui aussi en rester à son « simple » volet tapageur mais sa conclusion, après le grotesque jouissif de la partie home invasion, devient grotesque tout court. Ridicule. Je suis pas contre le symbolisme, pourquoi pas mais putain la lourdeur du mec…

Au bout du compte, quand le film se termine et qu’on repense à ce qu’on vient de voir (oh pas bien longtemps : le film s’oublie très vite), on se dit qu’on a trouvé ça pas mal, que ça a le mérite d’aller jusqu’au bout de ses idées, que ça a un certain panache même mais la conclusion est sans appel : tout ça manque cruellement d’intelligence.

Top 2013 – cinéma – les losers

J’ai vu encore moins de films en salles cette année qu’en 2012. Peut-être je vais arrêter le cinéma. On sait pas.

Voici en tout cas la 1ère moitié de mon top : les films que je n’ai pas aimés /que j’ai trouvés mauvais. Y en a nettement moins que dans la seconde à venir demain, ce qui prouve bien que je ne suis pas un mauvais bougre et que je dis « oui » à la vie.

Avec des liens vers les critiques de films publiées pendant l’année, quelques lignes sur les autres. Il est peut-être encore temps de poser une RTT si tu veux tout lire.

# 47 Tip Top

Plus qu’un mauvais film, un film profondément agaçant. Il avait pourtant tout pour me plaire (humour pas drôle/à froid, comique de situation, aplats de couleurs et ambiance blafarde à la Kaurismaki, mélange des genres). Problème : tout sent la pose, le volontarisme forcené. Et ça n’est pas le casting de stars venues s’encanailler (Kiberlain, Huppert) et de guests forcément inattendues (Sami Nacery chez Bozon !  Ouais mais c’est trop cool tu vois !) qui arrangent l’affaire. L’exact opposé de La fille du 14 juillet, au hasard, qui lui respire vraiment la liberté et le geste gratuit.

En fait, il est assez surestimé François Damiens.
En fait, il est assez surestimé François Damiens.

# 46 Albator

Ca ne m’a jamais intéressé et j’ai trouvé ça  visuellement moche et cacophonique. J’ai même eu un gros trou d’un bon quart d’heure au milieu, sans même avoir dormi. Costaud dans le genre.

# 45 Very Bad Trip 3

Aussi mauvais que le 1er est inépuisable.

# 44 Star Trek Into Darkness

J’ai de la sympathie pour JJ Abrams (j’adore Lost, j’ai beaucoup aimé Super 8, j’avais bien aimé le 1er volet) mais là c’est le prototype du blockbuster qui révulse les lecteurs de Télérama : une débauche indécente de moyens, un étalage hallucinant de pognon, au service de rien.

# 43 Machete Kills

Dans le premier volet, Rodriguez réalisait un vrai film de série Z, jubilatoire, violent, drôle, politique même, sous la grosse farce. Avec en argument Sopalin une starlette déchue et trash, Lindsay Lohan. Ici, il bénéficie d’un budget nettement plus conséquent et le montre à chaque plan. Résultat : moins de punchlines débiles, plus d’effets spéciaux inutiles. Avec cette fois Amber Heard, starlette montante et aseptisée. CQFD.

# 42 Quai d’Orsay

La bd a une telle réputation que je me suis laissé tenter. Au final, un film de vieux, pour les vieux : des gags d’un autre temps et d’un autre monde, un rythme arthritique, un propos dépassé. Les gens dans la salle, âgés en grande majorité, avaient l’air satisfaits. CQFD.

# 41 Happiness Therapy

Je sauverai la dernière séquence et la mignoncité de Jennifer Lawrence (davantage IRL que grimée façon middle class biatch) mais qu’est ce que c’est lourdingue nom de Dieu… La bipolarité pour les nuls. C’est toujours l’horreur absolue lorsqu’Hollywood essaie de digérer le cinéma d’auteur (ici Cassavetes, oui oui, sans charres) pour le recracher, pardon, le gerber, via un casting oscarisable et un scénario bien balisé. Et, ça va sans dire, une belle morale en guise de cerise sur le gâteau: c’est OK d’être fragile voire déséquilibré et tout et tout du moment que les billets verts sont au rendez-vous. God Bless America.

Cette photo n'a absolument pas été choisie au hasard.
Cette photo n’a absolument pas été choisie au hasard.

# 40 Lincoln

Über chiant.

# 39 Oblivion

Nuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuul.

# 38 Ma meilleure amie, ma soeur et moi

Frédéric Lopez likes this.

# 37 The Immigrant

Certes, j’ai vu peu de films et peut-être pas les meilleurs mais ça n’aurait pas changé la donne : je suis pas loin de trouver ça à chier. Un peu pub Shalimar, un peu saga télévisée type L’Amour en héritage (l’émotion en moins) et un peu trop Marion Cotillard. Non mais sans déconner… C’est pas possible cette fille. No can do. No es posible. Er det ikke muligt*. Je ne comprends pas. I don’t understand. Etc.

"T'es une belle personne, t'es vraiment une belle personne Ludo". Marion Cotillard in Les petits mouchoirs. Never forget.
« T’es une belle personne, t’es vraiment une belle personne Ludo ». Marion Cotillard in Les petits mouchoirs. Never forget.

# 36 Frances Ha

La version longue, moins tête à claques mais également moins intrigante, d’un épisode de Girls.

# 35 Passion

J’ai lu des choses passionnantes sur ce film mais je crois sincèrement qu’elles ne relèvent que de l’auto-persuasion. Alors oui, évidemment ce dernier quart d’heure remet un peu les pendules à l’heure avec du vrai, du grand cinéma. Mais jusque là, pfiou… Pas compliqué : jusqu’à ce qu’il décide de reprendre un peu les choses en main et dévier du scenario originel, Passion suit à la trace le Crime d’amour d’Alain Corneau (dont il est le remake). Et c’est d’une fadeur assez décourageante. Brian, je t’aime d’amour, bon nombre de tes films figurent dans mon panthéon personnel mais il faut bien s’y résoudre : désormais tu bandes mou.

# 34 Les stagiaires

Je pensais aimer, j’aurais aimé aimer, d’autant que le film m’a été puissamment vendu à plusieurs reprises mais non. Je ne dis pas que je n’ai pas trouvé ça parfois mignon (notamment dans le rapport entretenu par 2 générations contraintes de se comprendre pour réussir). Je ne dis pas que je n’ai pas aimé les constantes références de Vince Vaughn à Flashdance. Je ne dis pas qu’Owen Wilson n’a pas des cheveux super soyeux. Je ne dis pas que je ne suis pas amoureux de Rose Byrne. Mais je ne n’ai pas ri ou même souri à une seule reprise (bon, si, ok, durant la scène de Will Ferrell évidemment) ce qui est quand même un petit peu problématique. Shawn Levy, réalisateur notamment des 2 fadasses volets de La nuit au musée, est décidément un cinéaste horriblement… fadasse. Pas étonnant finalement de le voir diriger ce long et parfois édifiant spot de pub pour Google.

Lol ?
Lol ?


# 33 La vie d’Adèle

Trop de morve (manifestement une tendance Actor’s Studio en 2013, cf The Immigrant), de bolognese, d’huîtres, de préjugés débiles sur l’art et son univers. Je m’attendais à un tremblement de terre, j’ai eu droit à un pétard mouillé. Après, évidemment, c’est bien fichu, je dis pas.

# 32 The Bling Ring

Jeune et joli. Et un peu nul aussi, malheureusement.

# 31 Gravity

Aurait effectivement pu être mémorable si Cuaron avait un peu moins le melon.

# 30 Le Temps de l’Aventure

Moui… mais non.

# 29 40 ans, mode d’emploi

Grosse, très grosse, énorme déception puisque je suis un incommensurable fan de Judd Apatow. 2 gros problèmes ici selon moi: les dialogues manquent terriblement de ce mordant auquel le maître nous avait habitué. Encéphalogramme plat. Et surtout, terrible problème de réalisme/vraisemblance, appelle ça comme tu veux. C’est pourtant l’un des points forts d’Apatow. Ici, on marche sur la tête : la famille est endettée mais vit dans une maison-château avec immense jardin et piscine (il est quand même question de la vendre, ouf…), se vautre dans les I-pads, I-phones et autres gadgets technologiques, roule dans un énorme 4×4, organise une fête d’anniversaire à 50 000$, se tape un weekend dans un resort hyper luxueux (et commande TOUT ce qu’il y a de disponible sur la carte en room service, véridique !). Ca peut paraitre superficiel de s’arrêter à ce type de détails mais ils sont ici trop nombreux pour qu’ils soient laissés de côté. Après, évidemment, de belles scènes, très étirées comme toujours chez Apatow, de beaux seconds rôles (les 2 pères) et une scène de comédie géniale (celle ou Melissa McCarthy pète les plombs) mais c’est trop peu.

Apatow, Paul Rudd, un t-shirt Ween :  c'était pourtant gagné d'avance
Judd Apatow, Paul Rudd, un t-shirt Ween : c’était pourtant gagné d’avance
*C’est pas possible.