Top albums 2016 – 1ère partie

Le SuperHomard – Maple key / The High Llamas – Here come the rattling trees / Mehdi Zannad – L’architecte de Saint-Gaudens

Ce ne sont pas des albums à proprement parler mais je tenais à les faire figurer dans mon récapitulatif car ils font partie de ce que j’ai entendu de mieux cette année. Je les préfère même à bon nombre des albums de la sélection qui suit.

le-super-homard-maple-keyC’est un album celui-ci en réalité mais il est tellement court (8 morceaux, 23 minutes) que j’ai du mal à l’envisager comme tel. Il s’agit d’un groupe français qu’on pourrait qualifier de rétro-futuristico-sunshine pop, marchant ouvertement sur les talons plein de sable californien des High Llamas. On songe aussi à Stereolab, à Mehdi Zannad / Fugu, au projet Discover d’Olivier Brion il y a quelques années. C’est donc la bo de l’endless summer, c’est granderemisesque à mort, c’est superbe et j’attends impatiemment la suite.

 

the-high-llamas-here-comeLes maîtres donc, et modèles du SuperHomard, pour ce qui n’est pas véritablement un nouvel album puisqu’il s’agit de petites pièces enregistrées pour soutenir une performance théâtrale. Très court lui aussi (à peine 25 minutes), il voit le groupe effectuer un étonnant virage à 180° vers ce qui ressemble parfois à s’y méprendre à du death metal. Hihi, c’est rigolo non? (« Non. »). OK, c’est évidemment du pur High Llamas, c’est à dire une fragile petite bulle de délicatesse et de raffinement.

 

a0476706980_10Encore plus court (5 titres, 15 minutes), la bo du film L’architecte de Saint Gaudens confirme ce que l’on sait depuis les séminaux Fugu 1, As Found ou Fugue : Mehdi Zannad aka Fugu plane très très haut au dessus de la mêlée pop française, se permettant même une petite embardée glitter aussi étonnante que réjouissante. 5 titres de plus et c’était la première place direct, sans même y réfléchir. Mehdi Zannad semble aujourd’hui et de plus en plus se consacrer à son activité d’architecte et dessinateur; j’espère sincèrement qu’il continuera à jouer et enregistrer, ça serait un crève-coeur qu’il laisse la musique de côté et qu’un tel talent reste inexploité. A noter que cet objet-ci réuni ses 2 talents justement (la musique et le dessin) puisqu’au verso du vinyle figure une gravure de la fascinante et odorante usine de papier de Saint Gaudens ornant la pochette.

20 La Femme – Mystère

lafemme1mystC’est bancal, inégal, beaucoup trop long, prévisible dans ses postures provoc (Mycose, sans déconner…) mais y a une poignée de chansons formidables et une énergie assez réjouissante. Bien drivé/produit, La Femme pourrait devenir excellent. En l’état, ça frise quand même la crise d’adolescence permanente. C’est (aussi) ce qui fait leur charme mais ça peut légitimement fatiguer.

19 Car Seat Headrest – Teens of Denial

a2165492760_10L’album d’indie guitar pop de l’année. Pas grand chose à dire de plus, ça n’invente rien, ça évoque plein de trucs (Pixies, Strokes, toute la power pop la plus musclée des années 90) mais c’est très bien écrit, hyper énergique et hyper accrocheur.

18 King Gizzard and the Lizard Wizard – Nonagon Infinity

a1566708845_16Garage rock fou furieux venu d’Australie. Dès le premier morceau, on comprend que les mecs sont pas là pour beurrer les tartines : y en a 9 comme ça, qui s’enchaînent sans temps mort ni transition, durant 41 minutes furibardes, aussi punk que droguées. Hyper jouissif.

17 Steve Gunn – Eyes on the lines

ole-1090_stevegunn_eyesonthelines_copy_2_1466070967Alors c’est évidemment très bien, et Steve Gunn (qui, déjà, s’appelle « Steve Gunn » et ça vous pose un homme) parvient à créer, à partir d’une base folk (pour faire court) un flot guitaristique et une pâte psychédélique hyper séduisants (un peu dans la veine d’un Kurt Vile, pour faire court là aussi). Mais si la dynamique est belle et efficace, je trouve qu’elle vire un peu trop au systématisme, voire à la formule. Mais c’est très bien, très subtil, à la fois cérébral, intuitif.

16 Cate Le Bon – Crab Day

cate_le_bonL’une des marottes de Grande remise. Après son album le plus accessible (Mug Museum), Cate Le Bon livre son disque le plus mal-aimable : le même que les précédents mais moins immédiat, moins « joli ». Je me répète mais cette fille a un talent et une voix (au sens propre comme au sens figuré) vraiment singuliers, il faut l’écouter !

15 M83 – Junk

5ed0c785Allez hop, fini les guitares, tout à fait autre chose. Junk c’est parfois/souvent n’importe quoi, et d’un mauvais goût réjouissant/insupportable suivant où l’on situe le curseur de son seuil de tolérance. Moi-même, qui suis pourtant pas une flipette je te prie de croire, j’ai du mal à aller jusqu’au bout. Mais y a quelques morceaux vraiment formidables et je salue la démarche qui va bien au-delà du ouais-trop-cool-c’est-hyper-kitchos. Ca me rappelle cette scène au début de Ghost World, un de mes films de chevet : un orchestre ultra-ringard, caricature de soft rock 80s, joue pour le bal du lycée. Scarlett Johnasson les trouve tellement nuls que selon elle, ils en deviennent bons. Thora Birch, toujours plus clairvoyante, rétorque qu’ils sont mauvais au point d’être presque cool mais qu’ils n’ont pas su s’arrêter au bon moment donc ils sont juste mauvais. M83 lui, serait ce groupe et Junk cet album allant encore plus loin dans le radicalisme cheesy et qui serait donc parfois sublime. Parfois à côté de la plaque aussi, il faut bien l’avouer mais ça par exemple, c’est parmi les trucs les plus émouvants que j’ai entendu cette année :

Pour être honnête, ça aurait même plutôt tendance à me bouleverser.

14 Sébastien Tellier – BOF Marie et les naufragés

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L’un des héros de Grande remise. Il semble avoir sa petite routine le Séb : un album, une tournée, une bo, un album, une tournée, une bo etc. Ces dernières sont souvent tout aussi passionnantes car s’il aime à se renouveler sur ses « véritables » albums, sur les bo, il donne à entendre du pur Tellier, ou en tout cas ce qu’on s’imagine être du pur Tellier (sur la bo de Narco ou sur Confections). C’est donc le cas ici également, dans un registre plus electro et plus modeste. Le film est très chouette également, j’y reviendrai dans mon récap cinéma.

13 The Last Shadow Puppets – Everything You’ve Come to Expect

the_last_shadow_puppets_-_everything_youve_come_to_expectEn termes de production, de compositions, d’arrangements, c’est superbe. Soyeux, luxuriant, superbe. Surtout, les 2 gars (Alex Turner des Arctic Monkeys et Miles Kane de… Miles Kane), ont eu l’intelligence de ne pas photocopier le pourtant merveilleux premier album, en déportant cette fois son centre de gravité dans les 70s soul, substituant également l’esprit de la Californie à celui du Vieux continent. Après, y a quand même un truc qui me gêne beaucoup dans cet album et dont je n’arrive pas à faire abstraction. Je vais citer la chronique de Pitchfork qui le résume très bien à mon sens : « it makes very clear that frontmen Alex Turner and Miles Kane are sexy men with sexy lives having lots of sexy sex with their sexy girlfriends ». En d’autres termes : le côté lascif-tombeur de ces dames, n’est pas qu’une posture, une mise en scène, un jeu auquel ils jouent, les mecs y croient vraiment. Ce qui vaut des paroles au mieux maladroites, au pire d’un sexisme assez dérangeant. Qui me dérange en tout cas. ExcÛse moi de savoir parler anglais. Mais si on met ça de côté, c’est assez magistral évidemment.

12 Paul Winslow – Tears behind the stars

a3643006391_10J’ai pas très bien compris la genèse de cet album : il me semble qu’il a d’abord vu le jour sur Bandcamp dans une version extended, puis qu’il a été raccourci pour la sortie physique sur Gonzaï records cet automne, alors que dans l’intervalle sortait, toujours sur Bandcamp, un nouvel album intitulé Sueño Playa. Bon, OSEF, ce qui compte c’est évidemment le résultat et son excellence. Sorte de Jim Noir parisien, Paul Winslow compose, joue, interprète et enregistre seul des vignettes pop réminiscentes des années fastes (66-73, en gros). Le genre de type à vénérer Harry Nilsson, Curt Boettcher et à s’évanouir lorsqu’on lui présente Todd Rundgren. Le genre de type que Grande remise accueille à bras ouverts.

11 Teenage Fanclub – Here

teenage-fanclub-hereEncore des héros de ce blog. 45 minutes, 12 titres, autour de 4 minutes chacun, couplet-refrain-couplet-refrain-pont-refrain, basse-batterie-2 guitares, un petit clavier ici ou là, des mélodies, des harmonies, des solos concis : Here est un petit manuel de survie pop à l’usage des jeunes générations. Ah ça évidemment, ça n’invente pas grand-chose… Mais des titres tels que The darkest part of the night ou The first sight font encore mieux : ils aident à mieux supporter une sale journée ou une sale nouvelle. A mieux vivre. Ca fait 25 ans que les chansons de Teenage Fanclub m’aident à mieux vivre alors bon, le renouvellement hein…
J’allais dire que c’est leur meilleur album depuis Songs from Northern Britain mais on s’en fout un peu : à un tel niveau d’excellence et de régularité (de régularité dans l’excellence), on peut dire qu’il s’agit du meilleur Teenage Fanclub depuis le dernier, et jusqu’au prochain.

#75 Sagittarius – Present Tense

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Present Tense est avec Begin LE disque de sunshine pop ultime. Oui, je suis péremptoire mais c’est pas comme si c’était la 1ère fois et (cette fois) je suis sûr de mon assertion. Je vais donc te renvoyer à l’article que j’ai consacré à l’album de The Millenium pour plus de détails.
Cet album est celui par lequel j’ai découvert le genre, ça a été un véritable choc. Aujourd’hui encore, l’enchaînement des 3 premiers titres (Another time / Song to the magic frog / You Know I’ve Found a Way) représente pour moi une source inépuisable de fascination, d’émerveillement et de bien –être, ce qui se rapproche sans doute le plus d’un idéal de plénitude.

#74 Todd Rundgren – Something/Anything?

Todd Rundgren - Something/Anything?
Il y a aurait 1000 pages à écrire sur Todd Rundgren, l’un des personnages les plus intrigants et extravagants de la pop, ainsi que sur son oeuvre foisonnante. Présent partout sans que souvent on le sache (« on » incarnant pourtant ici les amateurs de musique), il a aussi bien joué que composé, interprété ou produit quelques uns des disques majeurs des 45 dernières années. Il est celui, par exemple, qui peut produire aussi bien les New York Dolls qu’XTC sans que ça paraisse incongru. Il est également de ceux pour qui l’utilisation de l’adjectif « culte » semble le plus approprié, à la fois parce qu’il reste, malgré une certaine omniprésence/permanence donc, un artiste relativement confidentiel et un plaisir de connaisseur, et parce que ceux qui l’apprécient lui vouent une indéfectible dévotion (« Todd is God » qu’ils disaient à la grande époque).

Something/Anything? est son album le plus fréquemment cité (avec le plus expérimental A wizard, a true star) et ça me parait normal: il est à la fois le plus accessible, le plus diversifié et le plus abouti. C’est en tout cas mon favori même si j’aurais également pu citer A wizard…, ou The Ballad of Todd Rundgren.

#73 Rob – Don’t Kill

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Parmi les artistes apparus dans le sillage du Moon Safari de Air à la fin des années 90, Rob est sans doute le plus méconnu et le secret le mieux gardé encore aujourd’hui. Il fait partie de mes artistes et musiciens favoris; c’est quelqu’un dont le travail me touche infiniment donc je vais un peu développer.

Rob alias Robin Coudert est aujourd’hui compositeur de musiques de film à succès, ou en tout cas de plus en plus sollicité. Ca va de Radiostars au remake de Maniac en passant par Horns d’Alexandre Aja, le Bureau des légendes, la série d’Eric Rochant, ou Made in France, le film polémique de Nicolas Boukhrief. Sa dernière création est la bo de Planetarium, le film de Rebecca Zlotowski avec la Portman et la fille Depp-Paradis. Il est par ailleurs l’officieux 5ème Phoenix puisqu’il accompagne le groupe sur scène aux claviers depuis une dizaine d’années maintenant.

Mais avant ça, dans ce qui ressemble de plus en plus à une autre vie, Rob a signé 2 albums complètement fous de pop sous haute perfusion soft rock 70s : celui-ci est le premier des 2. Voici le single Power Glove qui était censé le propulser au firmament de la pop française, sinon plus :

Guitares Flying V (parfois doublées, pour un effet des plus honteusement délicieux), chœurs féminins à gogo, mélodies au romantisme échevelé : Rob y apparaît comme un disciple extraverti et made in France de Todd Rundgren. Le genre de type aux côtés duquel Sébastien Tellier (dont il est proche et avec lequel il a collaboré) est un modèle de sobriété. Le genre de type aussi, et pour situer encore, à avoir été traumatisé par la b.o. de Polnareff pour la Folie des Grandeurs, par le Por que te vas ? de Jeanette ou les musiques de Shuki Levy.
Véritable manifeste pour une pop à la fois extravagante et lettrée (ceux qui ne savent pas parleront de mauvais goût, les hérétiques) Don’t Kill fut suivi un an plus tard de Satyred Love, deuxième album peut-être encore plus radical.

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Après ça, Rob a donc commencé à prendre ses distances avec un mode de création « traditionnel ». Pas forcément par choix personnel d’ailleurs, de mon point de vue en tout cas : il a, à ses débuts, bénéficié du label « French touch » et de la manne financière qui allait avec, mais celle-ci s’est vite tarie. Alors il a produit un peu tout et n’importe qu(o)i, parce qu’il fallait bien bouffer j’imagine : Mélissa Mars (de la comédie musicale sur Mozart. Eh ouais…), Zaza Fournier ou encore, moins alimentaire, le très joli et sous-estimé Enfant du siècle d’Alizée conçu en compagnie de Château Marmont, autre sublime cause perdue de la pop française. On le retrouve encore parfois sur des notes de pochette : il a ainsi mixé le très bel album de Julien Barbagallo, Grand chien (j’y reviendrai), en compagnie de son grand complice Jack Lahana.

Il s’est également lancé dans un projet absolument génial et hors-normes, le Dodécalogue : son objectif était de sortir un EP par mois, un par apôtre (format vinyle + mp3). On pouvait acheter chaque volume séparément, les 12 par anticipation pour les recevoir automatiquement (formule qu’on m’a offerte). On pouvait aussi casser sa tirelire pour qu’il compose un morceau spécialement pour soi ou une personne désignée.
Projet intenable à la fois artistiquement et financièrement, le Dodécalogue a carrément contribué à couler le label qui en fut l’instigateur, Institubes. Seuls les 6 premiers volets ont vu le jour : je possède les 5 sortis en vinyle (le 6ème est uniquement disponible en mp3) et je les chéris, ils sont absolument superbes à la fois sur le fond et sur la forme (très belles pochettes qui trônent fièrement dans mon salon). Le plus souvent, ils creusent la veine la plus mystique, planante et expérimentale de la musique de Rob, mais ils comportent également quelques pop-songs instrumentales au romantisme fulgurant voire déchirant (cf les 2 extraits en conclusion). La suite j’en parle au début de mon billet.

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Les 5 exemplaires « physiques » du Dodécalogue de Rob : un projet inachevé donc, et c’est bien dommage.

Il faut écouter la musique et les disques de Rob : c’est un artiste réellement à part, en France mais « à part » tout court. Bien qu’extrêmement référentielle, sa musique ne ressemble à aucune autre. Qu’il adopte la forme electro-acoustique de feu-les grandioses productions des années 70 ou qu’il joue tout sur des claviers analogiques aux sons extravagants (comme sur la bo de Maniac par exemple), elle est d’un romantisme et d’une sincérité incroyable, génératrice d’émotions au sens propre et pur du terme, souvent par la simple puissance d’une ligne mélodique.

#72 Emitt Rhodes

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Lorsqu’on découvre cet album sans rien savoir de son auteur on est généralement estomaqué :

– qu’il ne s’agisse pas de Paul McCartney.
– qu’Emitt Rhodes ne soit pas, sinon aussi célèbre que McCartney, du moins plus célèbre qu’il ne l’est.

Pour reprendre ce que je disais déjà sur ces 2 artistes, entendre Emitt Rhodes pour la 1ère fois, c’est comme entendre Big Star ou Jobim pour la 1ère fois : on est frappé par le caractère évident, profondément essentiel (au sens où ses 3 disques/artistes semblent n’avoir gardé que l’essence du genre qu’ils pratiquent) de cette musique.

Emitt Rhodes a sorti cette année son premier album en… 43 ans. Je ne l’ai pas écouté et je ne le ferai sans doute pas : j’ai peut-être tort mais j’ai envie de « préserver » ce qu’il a produit il y a plus de 40 ans donc. En tout cas si ce nouveau coup de projecteur a pu permettre à certaines personnes de le découvrir et de se pencher sur ces disques du début des années 70 (dont celui-ci), c’est bien.

#71 The Raspberries – Collectors Series

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Sorte de pendant américain de Badfinger, les Raspberries avaient une même passion pour les Beatles mais un penchant peut-être plus prononcé pour le rock’n’roll des origines et les guitares saignantes. Mais ici aussi, en termes d’harmonies et de mélodies, c’est du très, très haut niveau. Et c’est un euphémisme.
J’aurais pu choisir n’importe lequel de leurs 4 albums en vérité, ou même les 4 mais cette compilation en fournit un excellent résumé. Et c’est grâce à elle que j’ai découvert ce merveilleux groupe.

Enfin, si tu crois n’avoir jamais entendu parler de ce groupe, tu connais son leader/chanteur, Eric Carmen (le 1er en partant de la gauche) : il est l’auteur et interprète de l’immortelle scie All by myself. Que je ne déteste pas pour être tout à fait honnête.

Katerine – Odyssud, Blagnac

Quelques mots sur le très beau concert donné par un des grands héros granderemisesques, Katerine (dont j’ai déjà parlé ici, ici et même ici) mardi soir à Blagnac.

Blagnac, c’est la proche banlieue de Toulouse. Banlieue cossue : c’est là que siègent les usines et bureaux d’Airbus et de diverses autres sociétés du secteur aéronautique ou aérospatial. Odyssud, la salle de spectacle de la commune est donc un lieu cossu lui aussi, à l’image de cette neo-bourgeoisie d’ingénieurs, techniciens qualifiés et chefs de projets en tous genre qui forment une bonne partie de la population de la ville. C’est une salle confortable.
Public très hétéroclite : des jeunes, des vieux, des au-milieu, des enfants, des mecs, des filles, c’est très mélangé sans qu’aucune catégorie ne domine de manière écrasante (ok, peut-être celle des au-milieu i.e. celle de la génération de Katerine qui se trouve être aussi la mienne).

La salle et la scène sont plongées dans le noir : Katerine apparaît déambulant dans les premiers rangs, identifiable et repérable à la seule couronne de lumière qu’il a sur la tête. Il monte sur scène, rejoint par la pianiste Dana Ciocarlie. Ils sont tous deux vêtus comme dans un conte de fées un peu loufoque : on peut légitimement penser au Peau d’Âne de Jacques Demy.

J'ai pas trouvé mais fait moi confiance : il y avait du Jean Marais en roi dans Peau d'âne
J’ai pas trouvé mieux comme photo mais fait moi confiance : il y avait du Jean Marais en roi dans Peau d’âne

Tout le concert (piano-voix donc, avec quelques bruitages additionnels sur quelques titres) sera conforme à cette amorce à la fois drôle, absurde, poétique et élégante. Toujours aussi généreux, Katerine se livre avec une grande intensité et la fausse impudeur qu’on lui connait désormais : il donne une vraie performance au sens théâtral du terme et on comprend définitivement qu’il est devenu un vrai et bon comédien (les films dans lesquels il est apparu, Gaz de France et La Tour de contrôle infernale par exemple cette année, le démontraient déjà). Les titres du dernier album (Katerine : le film) prennent chair, ceux du génial Philippe Katerine passent brillamment le test impitoyable du traitement piano-voix. Si j’étais un connard de publicitaire, web-marketeux ou je-bosse-dans-la-comm de merde (coucou si vous me lisez), je dirais qu’il « raconte une histoire, tu vois », toujours plus intime et organique : la paternité, la filiation, l’héritage mais aussi l’aliénation du quotidien, autant de thèmes qui lui sont chers et qui sont ici déroulés via une setlist et une véritable mise en scène des plus précises sous l’apparent dilettantisme.

Le visuel "officiel" de la tournée
Le visuel « officiel » de la tournée

Quel bonheur aussi d’entendre des titres connus par cœur et dont on n’attendait plus rien de nouveau (c’est la 5ème fois que je le voyais sur scène), être réinventés par un traitement inédit et contre toute attente des plus adapté  (Patati Patata!, 20.04.2005 ie « Marine Le Pen« , Poulet N°728120). Superbe.

Enfin, il y a tout simplement Philippe Katerine lui-même, ou Philippe Blanchard, on ne sait plus très bien : drôle, intelligent, sensible, généreux, touchant. Il livre sur cette tournée et pendant près de 2h une sorte de spectacle total, à la fois musical et théâtral, un tour de chant plus qu’un véritable concert, hors normes, avec, je me répète, une vraie performance d’interprète (il chante merveilleusement bien) mais aussi de comédien. Superbe, vraiment.

Le concert s’achève à la seule lueur d’une bougie sur Moment parfait et il l’est véritablement. Bravo Philippe et merci  ❤

#26 Mars Attacks!

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Effervescence sur la planète Terre. Les petits bonshommes verts ont enfin décidé de nous rendre visite. Ils sont sur le point d’atterrir dans leurs rutilantes soucoupes. La fièvre des grands jours s’empare de l’Amerique dans une comédie de science-fiction nostalgique des années cinquante.
(Allocine)

On se souviendra de Tim Burton comme d’un réalisateur de… bah… de euh… « films fantastiques », c’est ça ? Je suppose… Si on se souvient de lui parce que la décennie écoulée purée… Le mec est devenu tellement mauvais qu’on en oublierait presque les bons films qu’il a réalisés dans les années 90.
Bon, quoiqu’il en soit, on se souviendra pas de lui comme d’un réalisateur de comédies. Ce que n’est pas exactement Mars Attacks! mais c’est son film le plus drôle. En tout cas il me fait beaucoup rire.
J’apprécie particulièrement l’énergie du film : je le trouve hyper bien monté et rythmé, petite prouesse compte tenu de la multiplicité des décors, lieux, personnages. Ca frise l’hystérie mais ça la frise seulement : c’est très dynamique, enthousiaste et enthousiasmant. On sent qu’il, et avec lui les acteurs (casting dingue soit dit en passant!), a pris beaucoup de plaisir et qu’ils se sont tous amusés comme des petits fous à créer cette grosse farce qui reste évidemment d’actualité. Cette affirmation des plus convenues ne se base évidemment sur rien de tangible : si ça se trouve le tournage a été un calvaire pour tout le monde. J’aime parler sans savoir.

#70 Pulp – We Love Life

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Marrant que je sois amené à écrire un billet sur cet album et ce groupe au moment où je n’écoute pratiquement que Wilco, dont on peut dire, sans trop s’avancer, qu’ils font une musique assez différente.

Je vais pas adopter l’angle vu et revu qui consiste à forcer le rapprochement de 2 pôles diamétralement opposés (du genre : « les Ramones héritiers indirects de George Brassens ?» ou «Patrick SébastienSuicide : une parenté souterraine») en faisant de Jarvis Cocker le Jeff Tweedy de Sheffield (ou plutôt l’inverse, Tweedy le Cocker de Chicago puisque Jarvis a commencé avant il me semble). Même si les 2 groupes se ressemblent dans leur approche particulièrement intègre et « humaine » de la musique et de son business et que je suis très sensible à ça. Quoiqu’il en soit, Tweedy le rondouillard et Cocker l’asperge sont 2 héros personnels.

Bon, du factuel granderemisesque donc…

Comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai découvert Pulp chez Bernard Lenoir un soir de 1992, lorsqu’il a diffusé le single qui les a sortis de l’ornière dans laquelle ils se trouvaient, My Legendary Girlfriend. Premier titre révolutionnaire du Pulp nouvelle manière (discoïde et pop), il annonçait une décennie spectaculaire et absolument géniale, sans aucune fausse note : quand on pense « britpop » et « 90s » (en Angleterre) on pense généralement Oasis et Blur mais ceux qui savent savent que les vrais bons étaient Pulp et Supergrass.

Du coup j’étais vraiment emmerdé au moment de faire un choix car les 5 albums sortis par le groupe entre 1992 et 2002 (Separations, His’n’hers, Different Class, This Is Hardcore, We Love Life) mériteraient de figurer dans ce top tant je les aime et les considère alternativement et au gré de mon humeur comme LE chef d’oeuvre du groupe. Même si c’est toute leur carrière qui est un chef d’oeuvre en vérité.
Mais voilà, on approche de la fin, je dois faire des choix afin de n’oublier aucun album essentiel à mes yeux et il s’est porté sur celui-ci car c’est le dernier de la série et qu’il s’agit aussi bien d’un chant du cygne que d’un retour aux sources. Et il est produit par Scott Walker, ce qui est quand même la classe absolue. Et enfin, il comprend l’un des plus textes les plus fulgurants de Jarvis, qui a donné naissance à une chanson terrible puis en bout de chaîne à l’un des clips les plus géniaux qui soient.

Quel parolier nom de Dieu… Je pense même que Jarvis Cocker est mon parolier favori. A la fois malin, sexy, prosaïque, sensible et plus profond qu’il n’y paraît, je n’échangerais pas une seule de ses lignes (au hasard « If fashion is your trade, then when you’re naked, I guess you must be unemployed » sur Underwear) contre tout Dylan ou Cohen.
L’an dernier est sorti un magnifique documentaire sur le groupe et son retour triomphal à Sheffield en 2012, j’en parle ici.

Wilco – Casino de Paris, Paris

Wilco figure sans problème parmi mes groupes contemporains favoris et mes groupes favoris tout court. C’est aujourd’hui une belle exception americana alors que je n’écoute pratiquement plus ce genre dont j’ai l’impression d’avoir fait le tour si je dis le choses de manière un peu présomptueuse, ou qui ne me parle en tout cas plus comme il a pu le faire par le passé pour dire les choses plus justement. Mais Wilco c’est précisément bien plus que de l’americana (tout comme Bill Callahan ou Bonnie « Prince » Billy, autres rescapés de mon nettoyage par la pop).

J’ai découvert le groupe via Summerteeth, son album le plus pop justement, et depuis, pas une erreur de parcours pour moi.
J’entends certaines critiques des fans de la 1ere heure (jusqu’à Summerteeth inclus justement, et le renvoi de Jay Bennett), je lis les mots «dad rock», «middle of the road», «pantouflard» ou «Tweedy a pris du bide». J’ai simplement envie de répondre qu’à l’heure ou le leader du groupe, Jeff Tweedy donc, va entrer dans sa 30ème année de carrière, j’aimerais qu’on me cite un autre groupe/artiste qui peut se targuer d’une discographie aussi solide après 3 décennies.
Ok, bien sûr, on ne retrouvera sans doute plus la fièvre ni l’urgence de Being There (encore que, Stars Wars l’an dernier, merde quoi!) : Wilco est aujourd’hui sûr de son talent et déroule plus qu’il ne chamboule mais bordel, les brancards ils ont suffisamment rué dedans comme ça. Quand on écoute des albums relativement mineurs à l’aune de leur discographie, tels que Wilco (The Album) ou The Whole Love, quand on constate leur niveau intrinsèque bordel, quand encore aujourd’hui on écoute un album tel que Schmilco, qui met à l’amende une bonne partie de ce qui est sorti cette année, ben merde alors oh faut pas déconner quand même hein.
C’est aussi mettre un peu vite de côté les avanies personnelles connues par le principal intéressé (migraines, addiction aux anti-douleurs, dépression chronique) : si elles sont pour beaucoup dans les moments les plus déchirants d’un album comme A Ghost Is Born, on va quand même pas lui reprocher de s’en être débarrassé et d’avoir enfin trouvé la sérénité… Depuis la guérison de Tweedy et sa stabilisation dans la formation qu’on lui connait actuellement (un peu plus de 10 ans), Wilco démontre simplement selon moi ce que c’est que de s’épanouir, de mûrir et de bien vieillir dans le rock.
Et oui, Jeff Tweedy a pris du bide.

La photo officielle de 2016
La photo officielle de 2016

J’ajouterai, et c’est très important dans ma relation et mon attachement à ce groupe, que ces mecs sont des mecs bien (comme disent les anglo-saxons « decent people »). Ils sont là, ils font leur truc, tranquille. L’an dernier par exemple, ils offrent un album en téléchargement gratuit (Star Wars), en expliquant qu’ils le font parce qu’ils peuvent le faire, tout simplement; qu’ils ont suffisamment vendu, qu’ils font plein de concerts dans des grandes salles donc voilà, cadeau, si vous voulez acheter un album, piochez plutôt dans cette liste de recommandations. Mince, c’est pas l’élégance absolue ça ? Les mots prononcés par Jeff Tweedy sur scène, leur attitude générale, entre eux, envers leur public confirmera ô combien leur classe et leurs qualités humaines.

Wilco a joué à Paris il y a 4 ans. J’avais longuement hésité à y aller, avant de finalement renoncer (aujourd’hui encore je me demande bien pour quelle raison…). Des échos amis ayant fait part d’une prestation et d’une soirée exceptionnelles, je m’en suis longtemps voulu de ne pas avoir pris la décision de m’y rendre. Donc quand j’ai vu il y a plus d’un an qu’ils repasseraient par Paris, j’ai pas hésité une seule seconde, j’ai pris mes billets plusieurs mois à l’avance.

Le concert avait lieu au Casino de Paris. J’ai raté William Tyler qui n’a joué qu’une demie heure en ouverture, arrivée un gros quart d’heure avant l’entrée en scène de Wilco. Belle salle. Public très majoritairement masculin et trentenaire-quadragenaire. Je vois même des mecs qui pourraient être mon père, ça fait très longtemps que ça m’était pas arrivé.

20h30 pétantes, Nels Cline et sa longue silhouette précédent Jeff Tweedy, plus rondouillard que jamais donc. Il a opté pour sa tenue fétiche : chemise en jean ouverte sur marinière et bien sûr son désormais indispensable chapeau.
Et lève pas les yeux au ciel, c’est important ça mon vieux, trrrrèèès important même parce que cette tenue synthétise et symbolise à merveille ce qu’est Wilco aujourd’hui : la chemise en jean du rock américain, la marinière de la pop et le chapeau pour l’élégance. Il y aurait beaucoup à dire sur ce seul chapeau en vérité: c’est pas un chapeau de cow boy, c’est plus fin et élégant que ça, c’est Wilco à lui tout seul. Oui, j’adore ce chapeau et oui, je tape des séries de mots improbables dans Google pour choper de quel modèle il s’agit, quelle marque etc. J’ai une «tête à chapeau» comme on dit (comprendre : je suis chauve), je suis sûr qu’il m’irait à merveille.

Ca c'est un beau chapeau
Ca c’est un beau chapeau nom de Dieu

Cline et Tweedy prennent donc la scène et attaquent le set avec Normal American Kids. Le son est clair («limpide… comme du cristal»), enveloppant. La scénographie est délicate, ils ont l’air de jouer au cœur d’une belle forêt. C’est, déjà, superbe.
Alors que le morceau s’achève, le reste du groupe à savoir Mikael Jorgensen aux claviers, John Stirratt à la basse, Glenn Kotche à la batterie et Pat Sansone à la guitare/piano/banjo/autres, les rejoignent. Ils enchaînent avec If I Ever Was A Child et Cry All Day du dernier album puis I am trying to break your heart, premier «tube» qui reçoit une belle ovation. Art of Almost, Pickled Finger, ça déroule, c’est irréprochable. Manque un petit truc quand même, on sent le groupe sur des rails, un peu sur la réserve. En maîtrise totale mais seulement en maîtrise.

mde
Un type interpelle Tweedy alors qu’il prononce ses premières paroles, il dit qu’il a des réserves sur Donald Trump. Tweedy s’en amuse et rétorque qu’il a plus que des réserves: «I’m shitting my pants!» conclut-il.

Je sais pas si c’est à partir de là que le groupe se lâche, ça serait peut être un peu facile de l’interpréter de cette manière mais toujours est il qu’à un moment donné, A UN MOMENT DONNÉ… Mon vieux… Le carnage. La boucherie.
Des mecs, musiciens supérieurement doués et sensibles, montrent ce qui fait d’eux des musiciens supérieurement doués et sensibles. Des mecs au dessus de la mêlée. Ensemble, toujours. Cline expérimente constamment avec subtilité et sauvagerie à la fois,  Kotche sue comme un dingue (il finit les 2h de concert comme s’il avait disputé 5 sets sous le cagnard de l’open d’Australie), tire des breaks et sonorités incroyables de son drum kit minimaliste, Sansone passe d’un instrument à l’autre avec souplesse, Jorgensen et Stirratt assurent les arrières. Il y aurait sans doute beaucoup à dire sur l’influence discrète de ce dernier, dont on oublie souvent qu’il est co-créateur du groupe avec Tweedy, et qui est le seul à l’accompagner depuis plus de 20 ans. Il double souvent sa voix, il est celui qui a fait entrer Pat Sansone dans le groupe, l’a ouvert sur le soft rock et un son plus chaud. Tweedy quant à lui, chante et orchestre tout ça avec maestria, amiral d’un vaisseau souverain, complexe et opulent. C’est génial. Ces mecs sont géniaux. Impossible Germany putain… Tout le monde l’attend celle là, tout le monde sait pertinemment que c’est un moment fort des concerts de Wilco en raison du solo fou que Nels Cline y prend… Ce qui s’est passé hier soir sur ce titre là est difficilement descriptible : quand tu crois que le mec vient de créer sous tes yeux la Chapelle Sixtine des solos de guitare modernes, la coda qui suit, avec son riff interprété par les 3 guitaristes à l’unisson te met encore plus à genoux. Immense bonheur purement musical, intense émotion artistique. Tweedy ne s’y trompe pas, qui demande une ovation pour son guitariste en s’inclinant et en ôtant son chapeau pour le saluer.

Je vais pas citer tous les grands moments qui s’enchaînent sans répit jusqu’à la toute fin. Grosse émotion personnelle lorsque résonnent les premières notes d’un Either Way que je ne pensais absolument pas entendre. Je me souviens comme si c’était hier de la première fois que j’ai entendu ce morceau et de l’émotion que ce fut, alors que j’étais pourtant déjà très fan du groupe. Une des chansons qui me touchent le plus, toutes périodes et tous genres confondus. Entendre ses premières notes hier soir c’était clairement l’instant tu-essaies-tant-bien-que-mal-de-pas-passer-pour-une-lopette-au-milieu-de-tous-ces-mecs-sérieux. J’ose pas imaginer ce que ça aurait été s’ils avaient joué One Wing ou Hell Is Chrome.

Comme s’il était enfin totalement à l’aise, les interventions de Jeff Tweedy se mettent au niveau : lorsqu’il demande si on passe un bon moment et qu’après une approbation rugissante de la salle quelqu’un lui retourne la question, il commence par expliquer un peu pince sans rire que oui, ça va sans dire, c’est leur seul moment de bonheur de la journée, avant de confesser avec humour en quoi consiste ces journées justement, pour finir en expliquant que s’il s’adresse à nous en anglais et non en français à son grand regret, c’est parce qu’il s’est fait jeter du cours au lycée. Et de conclure son chaleureux et amusant speech, grand seigneur, en nous remerciant d’avoir été assez assidus en anglais pour lui permettre de se faire comprendre dans sa langue à lui. Qu’est ce que j’aime ce mec nom de Dieu.

Wilco casino de paris
A partir d’un moment donné donc, concert grandiose basé sur une setlist impeccable dont un néophyte aurait peine à différencier les «tubes» anciens (Box Full of Letters bon sang !!), des titres les plus récents : quand on voit l’effet que produit et l’accueil que reçoit un Random Name Generator sorti l’an dernier par exemple, on comprend que Wilco se permette le luxe de nous dispenser de A Shot in the arm, l’un de ses titres les plus populaires et efficaces sur scène depuis de nombreuses années.
Sur le 2ème rappel, Tweedy accueille William Tyler pour une version de California Stars bonne comme le bon pain et prompte à soutirer un sourire bienveillant à la plus immonde crapule. A ce moment précis, tout le Casino de Paris les voit ces california stars.

Et c’est la fin. 2h plus que pleines qui passent comme dans un souffle, à la fois chaleureuses, stimulantes et euphorisantes. Et un groupe qui prouve une fois de plus qu’il est un bon groupe (euphémisme intended) mais surtout un beau groupe (idem).
Grandiose, vraiment et dans le top de mes concerts inoubliables. Pour leur prochain passage en France, je n’hésiterai pas non plus.