#70 Pulp – We Love Life

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Marrant que je sois amené à écrire un billet sur cet album et ce groupe au moment où je n’écoute pratiquement que Wilco, dont on peut dire, sans trop s’avancer, qu’ils font une musique assez différente.

Je vais pas adopter l’angle vu et revu qui consiste à forcer le rapprochement de 2 pôles diamétralement opposés (du genre : « les Ramones héritiers indirects de George Brassens ?» ou «Patrick SébastienSuicide : une parenté souterraine») en faisant de Jarvis Cocker le Jeff Tweedy de Sheffield (ou plutôt l’inverse, Tweedy le Cocker de Chicago puisque Jarvis a commencé avant il me semble). Même si les 2 groupes se ressemblent dans leur approche particulièrement intègre et « humaine » de la musique et de son business et que je suis très sensible à ça. Quoiqu’il en soit, Tweedy le rondouillard et Cocker l’asperge sont 2 héros personnels.

Bon, du factuel granderemisesque donc…

Comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai découvert Pulp chez Bernard Lenoir un soir de 1992, lorsqu’il a diffusé le single qui les a sortis de l’ornière dans laquelle ils se trouvaient, My Legendary Girlfriend. Premier titre révolutionnaire du Pulp nouvelle manière (discoïde et pop), il annonçait une décennie spectaculaire et absolument géniale, sans aucune fausse note : quand on pense « britpop » et « 90s » (en Angleterre) on pense généralement Oasis et Blur mais ceux qui savent savent que les vrais bons étaient Pulp et Supergrass.

Du coup j’étais vraiment emmerdé au moment de faire un choix car les 5 albums sortis par le groupe entre 1992 et 2002 (Separations, His’n’hers, Different Class, This Is Hardcore, We Love Life) mériteraient de figurer dans ce top tant je les aime et les considère alternativement et au gré de mon humeur comme LE chef d’oeuvre du groupe. Même si c’est toute leur carrière qui est un chef d’oeuvre en vérité.
Mais voilà, on approche de la fin, je dois faire des choix afin de n’oublier aucun album essentiel à mes yeux et il s’est porté sur celui-ci car c’est le dernier de la série et qu’il s’agit aussi bien d’un chant du cygne que d’un retour aux sources. Et il est produit par Scott Walker, ce qui est quand même la classe absolue. Et enfin, il comprend l’un des plus textes les plus fulgurants de Jarvis, qui a donné naissance à une chanson terrible puis en bout de chaîne à l’un des clips les plus géniaux qui soient.

Quel parolier nom de Dieu… Je pense même que Jarvis Cocker est mon parolier favori. A la fois malin, sexy, prosaïque, sensible et plus profond qu’il n’y paraît, je n’échangerais pas une seule de ses lignes (au hasard « If fashion is your trade, then when you’re naked, I guess you must be unemployed » sur Underwear) contre tout Dylan ou Cohen.
L’an dernier est sorti un magnifique documentaire sur le groupe et son retour triomphal à Sheffield en 2012, j’en parle ici.

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