Top cinéma 2018 – OUI !

Toujours dans le désordre, des films qui m’ont plutôt enthousiasmé. Les daubes, ici, les semi-daubes, ici, les ça-passe, ici.

Hérédité

Palme Grande remise de la flippe 2018. Et comme je dis toujours, la flippe, c’est comme la rigoulade : ce qui marche sur moi marchera pas forcément sur toi, et inversement. En l’occurrence, les histoires de démon, de possession, de sorcière, de sabbat, je marche à fond. Au delà de ça, je trouve le film intéressant, quoiqu’un peu trop volontariste, dans sa volonté d’adopter une forme un peu plus auteuriste (que le tout-venant du genre horrifique). Mais putain, la dernière scène (dans la cabane en bois) m’a valu 3-4 réveils nocturnes pas hyper rassurés.

 

Astérix: Le Secret de la potion magique

J’ai presqu’envie de dire que c’est un petit miracle. Sur la forme, c’est une réussite : l’animation trouve un bel équilibre entre volumes ronds et moelleux et « simples » aplats de couleurs. Très joli. Sur le fond, en l’occurrence l’histoire, les gags, les vannes, puisque c’est là-dessus qu’on va juger un volet d’Astérix (film ou BD), c’est TRÈS réussi. Un peu comme Chabat avec son Mission Cléopâtre, Astier (et Clichy) réussi(ssen)t à respecter l’esprit de Goscinny tout en apportant sa(leur) touche personnelle. Mieux : il s’agit ici d’une histoire originale, aux allures de modèle du genre, qui coche toutes les bonnes cases.

 

Un Amour impossible

C’est un peu trop littéral, voire un peu trop téléfilmesque, et la nana qui joue Christine Angot adulte est un peu trop dans l’imitation scolaire (= on a l’impression à chaque instant qu’elle va dégoupiller, sortir de l’écran et nous coller une baffe). Mais la fidélité au texte trouve toute sa justification puisque c’est précisément de la verbalisation que viennent la « révélation » et l’analyse. Bon, et puis je ne connaissais pas le bouquin, la « révélation » donc, m’a complètement surpris et un peu retourné. Ca sent le César pour Virgine Efira, au moins la nomination.

 

Tout le monde debout

Ca fait des années que je répète que Franck Dubosc est un comédien formidable et qu’il n’a pas les rôles qu’il mérite. Preuve qu’il est pas con, il doit en avoir conscience donc il a fini par écrire et réaliser son propre film. Et c’est un bon film, à la fois drôle (parfois très) et touchant, dans lequel il fait ce qu’il sait faire le mieux : le séducteur meloneux tourné en ridicule. Futur film idéal du dimanche soir sur TF1, à voir et à revoir.

 

Pentagon Papers

Ca pantoufle sévère mais dans de la vraie bonne charentaise : contrairement à Ready Player One, Pentagon Papers appartient à la veine Fordienne de Spielberg. Limpidité de la narration + (fluidité de la mise en scène – virtuosité tape-à-l’oeil)  x ensemble cast en acier trempé + humanisme inattaquable = du velours. Côtelé.

 

Wonder Wheel

J’aime beaucoup ce que dit Jean-Michel Frodon sur le film, mais aussi sur la façon dont nous sommes désormais amenés à recevoir les films de Woody Allen. C’est ici. Ma critique à moi à la sortie du film, c’est ici.

 

Dans la brume

Belle tentative de film catastrophe à la française, avec Romain Duris dans le rôle du sauveur à la place de Tom Cruise. Ca manque cruellement de moyens et l’ingéniosité déployée pour masquer cet état de faits montre vite ses limites. Car on n’est pas dans un vrai petit film à la La Nuit a dévoré le monde, qui fait délibérément le choix du minimalisme: on est ici dans un récit populaire et fédérateur, avec des scènes au caractère spectaculaire assumé… qui font parfois un peu pschitt. Mais l’énergie et le talent du duo d’acteurs (Romain Duris donc et Olga « bonjour Madame » Kurylenko) porte le film de belle manière.

 

Death Wish

Une des bonnes surprises de cette année et le prototype du film que je reverrai avec beaucoup de plaisir quand je tomberai dessus par hasard sur W9 ou C8. Ici.

 

Overlord

Série B toujours, quoique de luxe. On prend des acteurs inconnus, ou presque, et on met tout le pognon-de-dingue dans les décors/costumes/effets spéciaux/etc. Maling. Et ça marche, comprendre, ça l’effectue niveau décors/costumes/effets spéciaux/etc. Outre le côté jouissif de l’entreprise, ce qui est appréciable dans Overlord c’est qu’on ne peut jamais remettre en cause le regard porté par les auteurs et le réalisateur sur le nazisme et ses atrocités : dangereux a priori de faire une série B, un truc « fun » a priori aussi, avec des Nazis et au sujet des expériences pratiquées par ceux-ci sur le corps humain… C’est ce qui me faisait un peu peur en tout cas en entrant dans la salle. Mais non, les Nazis sont toujours d’immondes fdp et si le film est bien fun il ne flirte jamais ni d’aucune manière que ce soit avec la légèreté sur cet aspect là.

 

Jurassic World

Bonne surprise, puisque je n’avais pas du tout aimé le précédent volet, tout en scènes d’actions sans âme et mollets disgracieux (ceux de Bryce Dallas Howard). Pas con, Juan Antonio Bayona lui a 1. demandé de mettre un fute 2. fait le forcing pour parvenir à injecter sa touche personnelle dans ce qui aurait pu rester une grosse machine digitalisée. Ce qui nous vaut un dernier acte magnifique, au cours duquel le méchant dino se mue en grand méchant loup des terreurs nocturnes, chassant ses proies enfantines jusque dans leur lit dans un vaste manoir gothique.

 

Volontaire

Qu’est-ce qui a poussé Hélène Fillières à réaliser un tel film, ayant pour cadre la Marine Nationale, et pour héroïne une jeune fille sur-diplômée qui décide du jour au lendemain, et contre l’avis de sa famille, de s’y engager ? Curieux choix… Et curieux film, qui sous un vernis téléfilmesque, aborde plusieurs sujets graves voire potentiellement explosifs (l’identité sexuelle, le déterminisme social et de genre, le patriotisme) mais le fait de manière subtile. D’aucuns diraient superficielle : peut-être mais ça me va car j’aime pas les films à message ou à thèse. Belle écriture donc pour un film froid en surface, mais seulement en surface, à l’image du personnage interprété avec la rigidité (et l’élégance) idoine par Lambert Wilson. Belle performance également de la jolie Diane Rouxel toute en insolence tranquille… et en volonté farouche.

 

La Prière

Cédric Kahn fait partie de ces cinéastes français un peu à part, affiliés à aucune chapelle en particulier (celle de Pialat s’il fallait vraiment lui en attribuer une), associés à aucun acteur ou actrice fétiche, malgré le fait qu’il réalise depuis près de 30 ans. La Prière ne déroge pas à la (sa) règle : il prend à nouveau le risque de changer de registre, en s’intéressant cette fois à une petite communauté religieuse d’anciens toxicos-délinquants-personnes en marge, décrite à travers la trajectoire de l’un d’eux. Son habituel naturalisme brutal se teinte cette fois d’une certaine sagesse, d’une sérénité nouvelle. Un beau film, tout simplement, qui évite avec élégance pathos, prosélytisme, angélisme et complaisance. Tous les écueils dans lesquels il aurait pu tomber en somme. C’est fort l’air de rien.

 

Ant Man et la Guêpe

Le film s’est fait descendre par un peu tout le monde et je ne comprends pas pourquoi: c’est la copie conforme du premier. Qu’on le trouve paresseux, à la limite… Je crois qu’il y a pas mal de snobisme geek là dedans (du snogeesme? Je tente de lancer des trucs): le 1er a été écrit et devait être réalisé par Edgar Wright, héros de la geekosphère. Wright s’est fait débarquer assez rapidement mais le film a gardé l’aura de son auteur maudit. Ici, aucune trace de Wright: le film se fait descendre. Pourtant c’est toujours aussi drôle, enlevé, joyeux. Émouvant: un Marvel qui fait primer les enjeux intimes avant la survie de l’humanité, ça fait du bien. Paul Rudd est toujours le mec le plus sympa du monde. Michael Peña l’un des plus redoutables scene stealers actuels. Walton Goggins le fdp le plus suave au Sud de Savannah. Michael Douglas = la classe hollywoodienne. Y a une blague sur Morrissey et sa fan base mexicaine. Y a Evangeline Lilly. Y a Evangeline Lilly ET Michelle Pfeiffer. Non mais oh, sans déconner, il vous faut quoi de plus ?!?!

 

Paul Sanchez est revenu !

L’un des OVNI français de l’année. C’est d’ailleurs peut-être sa limite: c’est un film prévisible dans son imprévisibilité, dans ce mélange des genres a priori impossible mais naturel et décomplexé. En ce sens, c’est un film très 2018, peut-être trop, mais il est l’oeuvre d’une précurseur en la matière, la géniale Patricia Mazuy. Cinéaste aussi singulière que rare, elle y démontre à nouveau qu’il y a elle et les autres: western, burlesque, polar, elle ne choisit pas et fait en permanence s’accoupler les 3 genres avec une audace un peu espiègle, et surtout, je me répète, très naturelle.

 

Un couteau dans le coeur

Beau film, imparfait, mais beau parce qu’imparfait, et un vrai OVNI pour le coup. Lettre d’amour aux artisans du cinéma, notamment bis et au giallo en particulier, il est troué de fulgurances romantico-gore que le bon goût qualifierait de kitsch. Même la prestation calamiteuse de la toujours calamiteuse Vanessa Paradis n’est pas parvenue à gâcher mon plaisir, ce qui n’est pas peu dire. Nicolas Maury est génial en acteur-réalisateur de pornos gay.

 

Au poste !

Sur le coup, ça m’a déçu: le « twist » de fin (faute d’un meilleur terme, et je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler) m’a paru très convenu, un peu facile en tout cas de la part de Quentin Dupieux, qui nous l’avait déjà servi (motus). Mais avec le recul… bah, c’est ce qui au cœur de son cinéma finalement donc ok, ça marche. Et puis avec le recul, c’est tout simplement un des films qui me restera cette année et je n’en retiens, sans me forcer, que les aspects positifs: les brillants dialogues et situations, la photo derrickienne, la direction artistique retro-sans forcer etc.

 

Nos Batailles

Un film assez irréprochable dans le genre (social/naturaliste/humaniste, le genre qu’on aime dézinguer quand on dit qu’on n’aime pas le cinéma français), et même assez audacieux dans sa manière d’entremêler, et de traiter avec la même justesse, le drame social et le drame familial. Tous les acteurs sont formidables, Romain Duris en tête. Ca sent la consécration aux Césars pour lui.

 

A genoux les gars

Un genre d’Esquive radical, de marivaudage extrême, dans lequel une petite beurette grande gueule et rigolote (et un peu fatigante aussi) doit trouver le moyen de se venger des 2 lascars qui les ont (très) salement manipulées elle et sa sœur. Un film éminemment 2018 donc, co-écrit par des auteurs en herbe (les 2 actrices) et interprété par des… acteurs en herbe également. Il faut donc composer avec un certain amateurisme, qui nous le rend au centuple niveau énergie et fraîcheur, pour porter un « discours » (j’utilise des guillemets car on est heureusement pas dans un film à thèse ni ouvertement militant) espiègle, intelligent et, donc, nécessaire.

 

Dogman

Un film un peu passé inaperçu j’ai l’impression, sans doute desservi par une sortie estivale. Comme dans Gomorra, c’est d’abord le décor qui saisit: incroyable de se dire que cette station balnéaire aux allures d’immense squat délabré ou de ville fantôme se trouve dans l’un des plus beaux pays du monde, et l’un des plus riches d’Europe (malgré tout). Dogman, c’est ensuite une galerie de gueules/personnages hauts en couleur avec en tête le dogman lui-même et son invraisemblable tronche d’olvidado napolitain. Moins documentaire et donc moins saisissant que Gomorra (même si tiré d’un fait divers), Dogman séduit essentiellement via ce personnage pathétique au sens propre du terme, forcément touchant. Et donc, son interprète, Marcello Fonte, est génial.

 

Mademoiselle de Joncquières

C’était marrant de voir ce film après Shéhérazade: je ne les ai pas vu directement l’un après l’autre ni le même weekend, c’eut été trop brutal, mais je les ai enchaînés en salle. Quoiqu’il en soit dans les 2, le langage tient un rôle essentiel. Il est même central dans celui de Mouret puisque c’est lui qui dicte les actions des personnages, les gestes des acteurs, leurs mouvements dans le cadre et le cadre en lui-même. C’est un film exemplaire à ce niveau-là, et un délice de tous les instants, porté par un duo d’acteurs magnifique. Il frise le top 10 de très près celui-là.

 

En liberté !

Ici

 

Guy

Si on m’avait dit que ma comédie française préférée et même l’un des meilleurs films de l’année, en tout cas l’un des plus touchants, serait signé Alex Lutz… Palme Grande remise 2018 de la chiale.

Flop cinéma 2018

J’ai vu plus de merdes que d’habitude cette année… Mais j’ai également vu plus de films: ça sera donc un looooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooong

bilan ciné.

 

Brillantissime

Le choc de l’année quelque part. Ici.

 

Les municipaux

Moins horrible car 1. au moins les gags sont (un peu) construits et clairement identifiés 2. le film n’a pas été crowdfundé. Mais c’est triste putain… Le plus triste c’est qu’ils sont pas méchants Les Chevaliers du Fiel (puisqu’il s’agit de leur film), ils sont même plutôt bienveillants je pense mais leur film est tellement et caricaturalement anti-fonctionnaires qu’il en devient un véritable objet de propagande réactionnaire, pour ne pas dire pire. Sans compter qu’en purs termes d’humour, le film a 50 ans de retard, c’est dingue. Fernand Raynaud, ne revient pas, ils sont devenus toi !

Le 2 a déjà été tourné, avant le mouvement des gilets jaunes. C’est con, on aurait pu avoir droit à une farandole de bonnes blagues sur le sujet.

 

L’Homme qui tua Don Quichotte

Une horreur. Séance très éprouvante, je regrette encore de pas être sorti au bout de 20 minutes. Ici.

 

Le Retour du héros

Le film fonctionne, en gros, sur le principe de l’anachronisme ou du décalage langagier : les personnages s’expriment comme en 2018 alors que l’action se déroule début XIXème. J’ai trouvé ça affreusement paresseux et ringard, comme souvent avec Laurent Tirard. Et puis Mélanie Laurent. Bilan, pour la 4ème fois seulement en près de 40 ans de fréquentation des salles de cinéma, je me suis barré avant la fin (au bout de 45 minutes).

Fausse moustache et faux sourire de toutes beautés.

 

Moi, Tonya

Il y avait sans doute de quoi faire un film autour de la bêtise ordinaire, de la misère intellectuelle, des ravages de l’ambition excessive, et des tas d’autres sujets ou questions soulevées par « l’affaire Tonya Harding » mais le réal a préférer opter pour une sous-Scorseserie cynique et pseudo-cool. Dès lors, comparer ce film au cinéma des frères Coen comme j’ai pu le lire à plusieurs reprises/endroits, c’est vraiment ne rien avoir compris à ce dernier tant Moi, Tonya est dépourvu du moindre sens de l’absurde ou de la moindre empathie. Séance très éprouvante par conséquent, que j’aurais dû abréger dès le premier quart d’heure là aussi tant les premières (mauvaises) impressions n’ont fait que se confirmer.

 

Climax

« Ouais alors le pitch c’est un groupe de danseurs tu vois. Y a des ckeblas, des reubeus, des pédés, des gouines, et ils font une grosse teuf de fin d’atelier. Y a des bonnes vibes et tout mais y a quelqu’un, on sé pa cé ki, ki met du LSD dans la sangria et là mais truc de ouf quoi ça part en couille mais genre vraiment quoi. Le gros, GROS bad trip. » Gaspar, 15 ans 55 ans. AU SECOURS.

C’est plus ce que c’était les chorégraphies de Kamel Ouali

 

Beast

Elle est frustrée, bridée par une mère castratrice et un milieu conservateur. Elle tombe donc rapidement sous le charme de cet homme des bois qui vit en marge de la société et de sa petite communauté de l’île de Wight (« qu’est-ce que tu lui trouves ? » lui demande sa sœur, « il sent la bête »  qu’elle lui répond. Vraiment.). Donc ils s’aiment : sur des falaises, sous la pluie, au ralenti, avec passion. Elle pleure, elle souffre, au ralenti, toujours. Ca clashe, pas au ralenti cette fois mais le film a l’air de défiler au ralenti lui tellement il est lourd et pénible. L’homme des bois,, évidemment très séduisant, vit en marge : parce qu’il est indomptâble mais surtout parce qu’il est soupçonné d’avoir violé et tué plusieurs adolescentes. Alors, c’est lui le coupable ? C’est pas lui ? Quand le film finit par trancher, on se dit c’est le truc le plus moralement et cinématographiquement douteux qu’on ait vu depuis un bail.

 

3 Billboards

« Ils sont cons ces ricains » épisode 45879. Non mais sans déconner, c’est ça le film audacieux-politiquement-incorrect-coup-de-poing de l’année ? Pfffff… C’est d’une laideur en plus. Aucun intérêt.

Rien compris en plus: c’est « les gilets jaunes », pas « les bleus de travail ».

Taxi 5

Ici.

 

Sale Temps à l’hôtel El Royale

Vu pour des raisons essentiellement extra-cinématographiques voire exclusivement liées au p’tit cul de Dakota Johnson. 2h20 quand même cette plaisanterie: si c’est pas de l’abnégation… Bon, autant je m’attendais pas à un chef d’oeuvre autant on a affaire à une vraie grosse bouse: une espèce de Tarantinade d’une ringardise absolue qu’on croirait issue du pire des années 90. Violence gratuite censément cool,  personnages marionnettes, vacuité absolue du propos (d’ailleurs je le cherche encore), rien ne manque. Le pire : de longs, interminables tunnels de dialogues d’une platitude hallucinante. On fustige souvent, et à raison, la paresse doublée de cynisme des argentiers du cinéma français qui dépensent un pognon-de-dingue dans des projets inutiles uniquement montés autour d’une ou plusieurs stars bankables mais ce film se pose là dans le genre.

Second Petit chou 2018

 

How to talk to girls at parties

J’en ai parlé brièvement dans un de mes comptes-rendus pour la coupe du monde de foot. C’est dire si ça m’a passionné. Ici.

 

En guerre

Le film qui m’a le plus énervé cette année. D’abord simplement nul (« Les Dardenne pour les nuls » pour être plus précis, comme dans le précédent La loi du marché) puis franchement scandaleux dans son épilogue. J’en dis pas plus pour pas spoiler mais je trouve ce film dégueulasse en vérité.

« Le cinéma français, c’est moi !!! »

 

24h Limit

Peut-on faire confiance à un réalisateur dont le nom ne comporte aucune voyelle ? Manifestement non puisque 24h Limit, réalisé par le dénommé Brian Smrz (j’ai décidé de le prononcer « Schmurtz »), un ancien cascadeur (déjà…), part d’énormes clichés pour dérouler une intrigue cousue de fil blanc qui s’achève très exactement comme on l’avait deviné 10 mns après le début du film. Costaud. A un moment, juste avant LE moment de vérité, le bad guy avance vers le bar pour se servir un verre, genre goûtons-une-dernière-fois-à-la-liqueur-des-Dieux-avant-que-la-foudre-ne-s’abatte-sur-nous. Un bar luxueux, qu’on imagine bien fourni. Il scanne du regard les nombreuses bouteilles à sa disposition (gin, whisky, cognac, y a vraiment de tout) marque un temps d’hésitation et finit par saisir… une bouteille de Johnny Walker. Ca résume parfaitement la cheaperie de ce film.

 

Place Publique

Comédie de vieux, par des vieux, pour des vieux. Tristesse absolue. A côté, Le Sens de la fête, dont il se rapproche énormément, c’est chef d’oeuvre.

Bah oui, désolé, c’est une merde.

 

La Belle et la belle

Une certaine tendance du cinéma français ces dernières années : la comédie d’auteur. Pour le meilleur (Victoria par exemple, même si c’est paaaaaaaaaas non pluuuuuuuuuuuus) et plus souvent pour le pire, comme avec ce film horripilant, ni fait, ni fait à faire, qui n’a même pas le plus élémentaire souci de cohérence, puisque on s’en fout de la cohérence n’est-ce pas lorsqu’on des choses plus importantes à dire sur la Vie, l’Amour blablabla. Tu parles… Ni drôle ni touchant ni pertinent, La Belle et la belle est un pauvre téléfilm cheap et nul qui ne dit pas son nom.

 

Fleuve Noir

Je me suis un peu laissé prendre par l’intrigue dans un premier temps : un adolescent qui disparaît, une enquête, un flic à la dérive. Du classique, allons y. Rapidement, 2 gros problèmes: la complaisance, qui confine à la fascination, avec laquelle Erik Zoncka déroule et filme une trame, des personnages, qu’on découvre peu à peu glauquissimes, jusqu’à un final plus que douteux. Beurk. 2ème problème: Vincent Cassel, absolument grotesque en flic aux penchants auto-destructeur (nouveau: l’alcoolique aux abdos de capoieriste). A ce niveau là, c’est pas « en faire de caisses » ou « surjouer », faut trouver autre chose. En vérité, le film serait pas aussi pénible sur la longueur, il mériterait presque un visionnage pour la pire performance d’acteur que j’ai vue depuis très longtemps: un genre de catastrophe industrielle, une sortie de piste hallucinante. Un modèle du genre.

Belle technique de camouflage en revanche

 

Sans un bruit

Le film court interminable de l’année: ça dure 1h20 seulement mais qu’est ce que je me suis fait chier nom de Dieu ! Surtout, la confirmation qu’un bon pitch est le meilleur ennemi d’un bon film. « Dans un monde décimé par des créatures meurtrières venues d’on ne sait où, la survie passe par le silence complet, les créatures, aveugles, étant attirées par le bruit ». Plutôt cool hein ? Ouais, sauf que concrètement, ça signifie pas de dialogues, ok, normal, mais aussi des personnages qui prennent 45 minutes pour dresser la table ou enlever leur pull. Puisqu’il faut pas faire le MOINDRE bruit on t’a dit nom de Dieu. Super. Sans oublier l’idée la plus conne de l’année, haut la main, (enfin, après la décision de généraliser l’utilisation de l’arbitrage video dans le foot je veux dire) : c’est la fin du monde, la population est décimée, chacun se débrouille comme il peut dans son coin, SANS UN BRUIT, mais notre couple de héros décide de faire un gosse. Tkl.

C’est ça, ta gueule.

Are you my main man ?*

Une belle année chez les acteurs aussi, dominée par les 2 premières entrées.

 

Daniel Day-Lewis dans Phantom Thread

Super film + performance top notch + beau mec + élégance naturelle + garde robe idéale = le champion 2018.

 

Armie Hammer dans Call me by your name

La définition même de l’Apollon. Avec en sus un côté aristocrate américain : de fait, il est l’arrière petit fils d’un industriel et magnat du pétrole, leur noblesse à eux. En vérité, j’étais à ça de le mettre dans mon top bonnasses tellement je le trouve beau.

 

Roma Zver dans Leto

Charismatique sur scène, touchant en dehors, lorsqu’il est peu à peu relégué sur la touche : beau personnage avant tout.

 

Andrew Garfield dans Under the Silver Lake

Dans mon flop mecs l’an dernier, dans le top cette année: la routourne a tourné. C’est évidemment en grande partie dû à mon appréciation du film mais force est de constater que passée la surprise de voir ce grand garçon sage et poli enfiler un slim, des Converse et des pupilles dilatées, il est parfait dans ce rôle.

 

Jake Gyllenhaal dans Wildlife et Les Frères Soeurs

Toujours apprécié ce mec qui semble avoir voulu fuir une carrière toute tracée de jeune premier, sans pour autant jouer aux pseudo-rebelles. Il est très bien dans ses 2 films de l »année. Et il est évidemment, et comme tout le monde, better with beard.

 

Tom Cruise dans Mission: Impossible – Fallout

Le Cristiano Ronaldo du cinéma : quand on pense qu’il est fini/trop vieux, il nous sort une performance stratosphérique qui calme tout le monde et qui prouve pour la énième fois qu’il y a lui, et les autres. Ceci étant, et pour la 1ère fois, les rides commencent à se voir.

 

Romain Duris dans Dans la brume / Fleuve noir / Nos batailles

A force de dire que je l’aime pas mais de trouver chacune de ses prestations épatantes, maintenant j’assume: j’aime Romain Duris et je vais voir chacun de ses films les yeux fermés. Il est super dans Nos Batailles et Dans la brume, il est le seul point positif de l’horrible Fleuve Noir.

 

Javier Bardem dans Everybody Knows

Un peu à contre-emploi, enfin, dans un rôle posé d’homme sensible rattrapé par le destin. Et puis il m’est sympathique. Et puis il est habilité à faire des bisous à l’une des plus belles femmes du monde, on lui doit le respect.

 

Bradley Cooper dans A Star is Born

Un poil too much sa panoplie de country-rocker alcoolo mais c’est le film, lui-même too much, qui veut ça. Il faut reconnaître qu’il a de l’allure et, surtout, qu’il est très crédible sur scène, avec ou sans guitare. Une surprise en fait : ok, il est plutôt beau mec mais je l’aurais plutôt rangé dans la catégorie des fadasses.

 

Pio Marmaï dans En liberté !

Un gars sûr de mon top acteurs.

 

Philippe Katerine dans Le Grand bain, Le Monde est à toi et Le Poulain

Héros granderemisque absolu, il a encore franchi un palier dans la notoriété grâce au carton du Grand bain. Un rôle taillé sur mesure, un poil too much, certes, mais dans lequel il se glisse avec une facilité déconcertante. Mais enfin, j’en reviens toujours à ça car j’en reviens pas : pour les gens qui l’ont connu à ses tout débuts, avec sa petite guitare et ses petites mélodies bossa, quelle trajectoire, c’est fou…

 

Bill Heck dans The Ballad of Buster Scruggs

L’archétype du cow-boy hollywoodien, à la fois eastwoodien dans toute sa stature physique et fordien dans toute sa grandeur d’âme. Servi par un magnifique rôle évidemment, dans le plus beau segment du chouette vrai-faux nouveau film des Coen bros.

 

Gaspard Ulliel dans Eva, Un peuple et son roi, Les Confins du monde

Je trouve qu’il fait des choix intéressants et qu’en vieillissant, son visage et son jeu deviennent plus intéressants eux aussi. Il est à la fois physique et cérébral, c’est bieng.

 

Paul Rudd dans Ant Man et la Guêpe

L’Homme le Plus Sympa du Monde (c’est officiel) fait encore craquer tout le monde dans ce chouette film. Lui, le jour où on apprendra qu’il va chasser l’éléphant en Afrique ou qu’il a pour habitude de demander une baguette bien cuite à son boulanger, on saura que tout est foutu.

 

*

Une nouvelle amie – critique

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À la suite du décès de sa meilleure amie, Claire fait une profonde dépression, mais une découverte surprenante au sujet du mari de son amie va lui redonner goût à la vie. (Allocine.com)

Le nouveau Ozon donc. Je me suis dit aussi souvent que j’arrêtais d’aller voir ses films (Swimming Pool, 8×2, Dans la maison) que « merde, il est quand même fort ce con » (Sous le sable, Ricky, Jeune et jolie).

Mais à bien y réfléchir, même quand je n’aime pas ses films, je ne peux me résoudre à les trouver complètements nuls comme je trouve nuls un Besson ou un Carax par exemple : ils me mettent en colère car je le sais capable de très bien faire. Si je fais le bilan, ses films m’intriguent toujours (même quand j’ai décidé de ne plus me faire avoir) et certains ont imprimé ma rétine et mon cerveau très durablement (Sous le sable, encore)

Celui-ci, je sais pas pourquoi, je le sentais bien d’emblée. Et j’avais raison : Une nouvelle amie fait sans doute partie de ses plus belles réussites, avec en sus, une émotion inédite, une sincérité nouvelle chez lui il me semble. Il semble enfin s’y livrer sans fard (et sans jeu de mots…), sans cette distance ironique ou carrément clinique qu’il affectionne la plupart du temps.

Une nouvelle amie est l’adaptation d’un roman de Ruth Rendell dont les œuvres ont déjà été portées à l’écran par Chabrol (La cérémonie, La demoiselle d’honneur) et Almodovar (En chair et en os). On pense énormément au second ici et si le lien avec Chacha est en revanche plus difficile à établir, on pourrait dire qu’il réside dans la « Francitude » des personnages, l’environnement bourgeois dans lequel ils évoluent. Mais je me rends compte que si le lien avec Almodovar est évident et pertinent, c’est complètement absurde d’essayer d’en établir un avec Chabrol également. Oublie.

Que dire de plus ? Pas grand chose en vérité, je préfère que tu le découvres toi-même. La bande-annonce, très habile, semble dévoiler la grande majorité de l’intrigue mais c’est un leurre, elle ne montre en fait quasiment rien de véritablement important.
En tout cas Ozon est en train de devenir un grand cinéaste du deuil, qu’il aborde ici par son versant le plus optimiste et positif. Souvent à la lisière du ridicule (y compris dans l’interprétation de Romain Duris, absolument impeccable), il emporte TOUJOURS le morceau, dans absolument TOUTES les scènes et dans TOUS les volets qu’il aborde seulement ou développe de manière plus approfondie (le deuil donc, l’amitié avec ce début condensant en quelques minutes l’histoire des 2 amies de manière à la fois cheesy et hyper touchante, la vie de couple, la sexualité, l’homosexualité, les nouveaux codes de la famille etc).

J’en dis pas plus, je vais me faire le best of de Nicole Croisille.