Top cinéma 2018 – OUI !

Toujours dans le désordre, des films qui m’ont plutôt enthousiasmé. Les daubes, ici, les semi-daubes, ici, les ça-passe, ici.

Hérédité

Palme Grande remise de la flippe 2018. Et comme je dis toujours, la flippe, c’est comme la rigoulade : ce qui marche sur moi marchera pas forcément sur toi, et inversement. En l’occurrence, les histoires de démon, de possession, de sorcière, de sabbat, je marche à fond. Au delà de ça, je trouve le film intéressant, quoiqu’un peu trop volontariste, dans sa volonté d’adopter une forme un peu plus auteuriste (que le tout-venant du genre horrifique). Mais putain, la dernière scène (dans la cabane en bois) m’a valu 3-4 réveils nocturnes pas hyper rassurés.

 

Astérix: Le Secret de la potion magique

J’ai presqu’envie de dire que c’est un petit miracle. Sur la forme, c’est une réussite : l’animation trouve un bel équilibre entre volumes ronds et moelleux et « simples » aplats de couleurs. Très joli. Sur le fond, en l’occurrence l’histoire, les gags, les vannes, puisque c’est là-dessus qu’on va juger un volet d’Astérix (film ou BD), c’est TRÈS réussi. Un peu comme Chabat avec son Mission Cléopâtre, Astier (et Clichy) réussi(ssen)t à respecter l’esprit de Goscinny tout en apportant sa(leur) touche personnelle. Mieux : il s’agit ici d’une histoire originale, aux allures de modèle du genre, qui coche toutes les bonnes cases.

 

Un Amour impossible

C’est un peu trop littéral, voire un peu trop téléfilmesque, et la nana qui joue Christine Angot adulte est un peu trop dans l’imitation scolaire (= on a l’impression à chaque instant qu’elle va dégoupiller, sortir de l’écran et nous coller une baffe). Mais la fidélité au texte trouve toute sa justification puisque c’est précisément de la verbalisation que viennent la « révélation » et l’analyse. Bon, et puis je ne connaissais pas le bouquin, la « révélation » donc, m’a complètement surpris et un peu retourné. Ca sent le César pour Virgine Efira, au moins la nomination.

 

Tout le monde debout

Ca fait des années que je répète que Franck Dubosc est un comédien formidable et qu’il n’a pas les rôles qu’il mérite. Preuve qu’il est pas con, il doit en avoir conscience donc il a fini par écrire et réaliser son propre film. Et c’est un bon film, à la fois drôle (parfois très) et touchant, dans lequel il fait ce qu’il sait faire le mieux : le séducteur meloneux tourné en ridicule. Futur film idéal du dimanche soir sur TF1, à voir et à revoir.

 

Pentagon Papers

Ca pantoufle sévère mais dans de la vraie bonne charentaise : contrairement à Ready Player One, Pentagon Papers appartient à la veine Fordienne de Spielberg. Limpidité de la narration + (fluidité de la mise en scène – virtuosité tape-à-l’oeil)  x ensemble cast en acier trempé + humanisme inattaquable = du velours. Côtelé.

 

Wonder Wheel

J’aime beaucoup ce que dit Jean-Michel Frodon sur le film, mais aussi sur la façon dont nous sommes désormais amenés à recevoir les films de Woody Allen. C’est ici. Ma critique à moi à la sortie du film, c’est ici.

 

Dans la brume

Belle tentative de film catastrophe à la française, avec Romain Duris dans le rôle du sauveur à la place de Tom Cruise. Ca manque cruellement de moyens et l’ingéniosité déployée pour masquer cet état de faits montre vite ses limites. Car on n’est pas dans un vrai petit film à la La Nuit a dévoré le monde, qui fait délibérément le choix du minimalisme: on est ici dans un récit populaire et fédérateur, avec des scènes au caractère spectaculaire assumé… qui font parfois un peu pschitt. Mais l’énergie et le talent du duo d’acteurs (Romain Duris donc et Olga « bonjour Madame » Kurylenko) porte le film de belle manière.

 

Death Wish

Une des bonnes surprises de cette année et le prototype du film que je reverrai avec beaucoup de plaisir quand je tomberai dessus par hasard sur W9 ou C8. Ici.

 

Overlord

Série B toujours, quoique de luxe. On prend des acteurs inconnus, ou presque, et on met tout le pognon-de-dingue dans les décors/costumes/effets spéciaux/etc. Maling. Et ça marche, comprendre, ça l’effectue niveau décors/costumes/effets spéciaux/etc. Outre le côté jouissif de l’entreprise, ce qui est appréciable dans Overlord c’est qu’on ne peut jamais remettre en cause le regard porté par les auteurs et le réalisateur sur le nazisme et ses atrocités : dangereux a priori de faire une série B, un truc « fun » a priori aussi, avec des Nazis et au sujet des expériences pratiquées par ceux-ci sur le corps humain… C’est ce qui me faisait un peu peur en tout cas en entrant dans la salle. Mais non, les Nazis sont toujours d’immondes fdp et si le film est bien fun il ne flirte jamais ni d’aucune manière que ce soit avec la légèreté sur cet aspect là.

 

Jurassic World

Bonne surprise, puisque je n’avais pas du tout aimé le précédent volet, tout en scènes d’actions sans âme et mollets disgracieux (ceux de Bryce Dallas Howard). Pas con, Juan Antonio Bayona lui a 1. demandé de mettre un fute 2. fait le forcing pour parvenir à injecter sa touche personnelle dans ce qui aurait pu rester une grosse machine digitalisée. Ce qui nous vaut un dernier acte magnifique, au cours duquel le méchant dino se mue en grand méchant loup des terreurs nocturnes, chassant ses proies enfantines jusque dans leur lit dans un vaste manoir gothique.

 

Volontaire

Qu’est-ce qui a poussé Hélène Fillières à réaliser un tel film, ayant pour cadre la Marine Nationale, et pour héroïne une jeune fille sur-diplômée qui décide du jour au lendemain, et contre l’avis de sa famille, de s’y engager ? Curieux choix… Et curieux film, qui sous un vernis téléfilmesque, aborde plusieurs sujets graves voire potentiellement explosifs (l’identité sexuelle, le déterminisme social et de genre, le patriotisme) mais le fait de manière subtile. D’aucuns diraient superficielle : peut-être mais ça me va car j’aime pas les films à message ou à thèse. Belle écriture donc pour un film froid en surface, mais seulement en surface, à l’image du personnage interprété avec la rigidité (et l’élégance) idoine par Lambert Wilson. Belle performance également de la jolie Diane Rouxel toute en insolence tranquille… et en volonté farouche.

 

La Prière

Cédric Kahn fait partie de ces cinéastes français un peu à part, affiliés à aucune chapelle en particulier (celle de Pialat s’il fallait vraiment lui en attribuer une), associés à aucun acteur ou actrice fétiche, malgré le fait qu’il réalise depuis près de 30 ans. La Prière ne déroge pas à la (sa) règle : il prend à nouveau le risque de changer de registre, en s’intéressant cette fois à une petite communauté religieuse d’anciens toxicos-délinquants-personnes en marge, décrite à travers la trajectoire de l’un d’eux. Son habituel naturalisme brutal se teinte cette fois d’une certaine sagesse, d’une sérénité nouvelle. Un beau film, tout simplement, qui évite avec élégance pathos, prosélytisme, angélisme et complaisance. Tous les écueils dans lesquels il aurait pu tomber en somme. C’est fort l’air de rien.

 

Ant Man et la Guêpe

Le film s’est fait descendre par un peu tout le monde et je ne comprends pas pourquoi: c’est la copie conforme du premier. Qu’on le trouve paresseux, à la limite… Je crois qu’il y a pas mal de snobisme geek là dedans (du snogeesme? Je tente de lancer des trucs): le 1er a été écrit et devait être réalisé par Edgar Wright, héros de la geekosphère. Wright s’est fait débarquer assez rapidement mais le film a gardé l’aura de son auteur maudit. Ici, aucune trace de Wright: le film se fait descendre. Pourtant c’est toujours aussi drôle, enlevé, joyeux. Émouvant: un Marvel qui fait primer les enjeux intimes avant la survie de l’humanité, ça fait du bien. Paul Rudd est toujours le mec le plus sympa du monde. Michael Peña l’un des plus redoutables scene stealers actuels. Walton Goggins le fdp le plus suave au Sud de Savannah. Michael Douglas = la classe hollywoodienne. Y a une blague sur Morrissey et sa fan base mexicaine. Y a Evangeline Lilly. Y a Evangeline Lilly ET Michelle Pfeiffer. Non mais oh, sans déconner, il vous faut quoi de plus ?!?!

 

Paul Sanchez est revenu !

L’un des OVNI français de l’année. C’est d’ailleurs peut-être sa limite: c’est un film prévisible dans son imprévisibilité, dans ce mélange des genres a priori impossible mais naturel et décomplexé. En ce sens, c’est un film très 2018, peut-être trop, mais il est l’oeuvre d’une précurseur en la matière, la géniale Patricia Mazuy. Cinéaste aussi singulière que rare, elle y démontre à nouveau qu’il y a elle et les autres: western, burlesque, polar, elle ne choisit pas et fait en permanence s’accoupler les 3 genres avec une audace un peu espiègle, et surtout, je me répète, très naturelle.

 

Un couteau dans le coeur

Beau film, imparfait, mais beau parce qu’imparfait, et un vrai OVNI pour le coup. Lettre d’amour aux artisans du cinéma, notamment bis et au giallo en particulier, il est troué de fulgurances romantico-gore que le bon goût qualifierait de kitsch. Même la prestation calamiteuse de la toujours calamiteuse Vanessa Paradis n’est pas parvenue à gâcher mon plaisir, ce qui n’est pas peu dire. Nicolas Maury est génial en acteur-réalisateur de pornos gay.

 

Au poste !

Sur le coup, ça m’a déçu: le « twist » de fin (faute d’un meilleur terme, et je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler) m’a paru très convenu, un peu facile en tout cas de la part de Quentin Dupieux, qui nous l’avait déjà servi (motus). Mais avec le recul… bah, c’est ce qui au cœur de son cinéma finalement donc ok, ça marche. Et puis avec le recul, c’est tout simplement un des films qui me restera cette année et je n’en retiens, sans me forcer, que les aspects positifs: les brillants dialogues et situations, la photo derrickienne, la direction artistique retro-sans forcer etc.

 

Nos Batailles

Un film assez irréprochable dans le genre (social/naturaliste/humaniste, le genre qu’on aime dézinguer quand on dit qu’on n’aime pas le cinéma français), et même assez audacieux dans sa manière d’entremêler, et de traiter avec la même justesse, le drame social et le drame familial. Tous les acteurs sont formidables, Romain Duris en tête. Ca sent la consécration aux Césars pour lui.

 

A genoux les gars

Un genre d’Esquive radical, de marivaudage extrême, dans lequel une petite beurette grande gueule et rigolote (et un peu fatigante aussi) doit trouver le moyen de se venger des 2 lascars qui les ont (très) salement manipulées elle et sa sœur. Un film éminemment 2018 donc, co-écrit par des auteurs en herbe (les 2 actrices) et interprété par des… acteurs en herbe également. Il faut donc composer avec un certain amateurisme, qui nous le rend au centuple niveau énergie et fraîcheur, pour porter un « discours » (j’utilise des guillemets car on est heureusement pas dans un film à thèse ni ouvertement militant) espiègle, intelligent et, donc, nécessaire.

 

Dogman

Un film un peu passé inaperçu j’ai l’impression, sans doute desservi par une sortie estivale. Comme dans Gomorra, c’est d’abord le décor qui saisit: incroyable de se dire que cette station balnéaire aux allures d’immense squat délabré ou de ville fantôme se trouve dans l’un des plus beaux pays du monde, et l’un des plus riches d’Europe (malgré tout). Dogman, c’est ensuite une galerie de gueules/personnages hauts en couleur avec en tête le dogman lui-même et son invraisemblable tronche d’olvidado napolitain. Moins documentaire et donc moins saisissant que Gomorra (même si tiré d’un fait divers), Dogman séduit essentiellement via ce personnage pathétique au sens propre du terme, forcément touchant. Et donc, son interprète, Marcello Fonte, est génial.

 

Mademoiselle de Joncquières

C’était marrant de voir ce film après Shéhérazade: je ne les ai pas vu directement l’un après l’autre ni le même weekend, c’eut été trop brutal, mais je les ai enchaînés en salle. Quoiqu’il en soit dans les 2, le langage tient un rôle essentiel. Il est même central dans celui de Mouret puisque c’est lui qui dicte les actions des personnages, les gestes des acteurs, leurs mouvements dans le cadre et le cadre en lui-même. C’est un film exemplaire à ce niveau-là, et un délice de tous les instants, porté par un duo d’acteurs magnifique. Il frise le top 10 de très près celui-là.

 

En liberté !

Ici

 

Guy

Si on m’avait dit que ma comédie française préférée et même l’un des meilleurs films de l’année, en tout cas l’un des plus touchants, serait signé Alex Lutz… Palme Grande remise 2018 de la chiale.

Are you my main man ?*

Une belle année chez les acteurs aussi, dominée par les 2 premières entrées.

 

Daniel Day-Lewis dans Phantom Thread

Super film + performance top notch + beau mec + élégance naturelle + garde robe idéale = le champion 2018.

 

Armie Hammer dans Call me by your name

La définition même de l’Apollon. Avec en sus un côté aristocrate américain : de fait, il est l’arrière petit fils d’un industriel et magnat du pétrole, leur noblesse à eux. En vérité, j’étais à ça de le mettre dans mon top bonnasses tellement je le trouve beau.

 

Roma Zver dans Leto

Charismatique sur scène, touchant en dehors, lorsqu’il est peu à peu relégué sur la touche : beau personnage avant tout.

 

Andrew Garfield dans Under the Silver Lake

Dans mon flop mecs l’an dernier, dans le top cette année: la routourne a tourné. C’est évidemment en grande partie dû à mon appréciation du film mais force est de constater que passée la surprise de voir ce grand garçon sage et poli enfiler un slim, des Converse et des pupilles dilatées, il est parfait dans ce rôle.

 

Jake Gyllenhaal dans Wildlife et Les Frères Soeurs

Toujours apprécié ce mec qui semble avoir voulu fuir une carrière toute tracée de jeune premier, sans pour autant jouer aux pseudo-rebelles. Il est très bien dans ses 2 films de l »année. Et il est évidemment, et comme tout le monde, better with beard.

 

Tom Cruise dans Mission: Impossible – Fallout

Le Cristiano Ronaldo du cinéma : quand on pense qu’il est fini/trop vieux, il nous sort une performance stratosphérique qui calme tout le monde et qui prouve pour la énième fois qu’il y a lui, et les autres. Ceci étant, et pour la 1ère fois, les rides commencent à se voir.

 

Romain Duris dans Dans la brume / Fleuve noir / Nos batailles

A force de dire que je l’aime pas mais de trouver chacune de ses prestations épatantes, maintenant j’assume: j’aime Romain Duris et je vais voir chacun de ses films les yeux fermés. Il est super dans Nos Batailles et Dans la brume, il est le seul point positif de l’horrible Fleuve Noir.

 

Javier Bardem dans Everybody Knows

Un peu à contre-emploi, enfin, dans un rôle posé d’homme sensible rattrapé par le destin. Et puis il m’est sympathique. Et puis il est habilité à faire des bisous à l’une des plus belles femmes du monde, on lui doit le respect.

 

Bradley Cooper dans A Star is Born

Un poil too much sa panoplie de country-rocker alcoolo mais c’est le film, lui-même too much, qui veut ça. Il faut reconnaître qu’il a de l’allure et, surtout, qu’il est très crédible sur scène, avec ou sans guitare. Une surprise en fait : ok, il est plutôt beau mec mais je l’aurais plutôt rangé dans la catégorie des fadasses.

 

Pio Marmaï dans En liberté !

Un gars sûr de mon top acteurs.

 

Philippe Katerine dans Le Grand bain, Le Monde est à toi et Le Poulain

Héros granderemisque absolu, il a encore franchi un palier dans la notoriété grâce au carton du Grand bain. Un rôle taillé sur mesure, un poil too much, certes, mais dans lequel il se glisse avec une facilité déconcertante. Mais enfin, j’en reviens toujours à ça car j’en reviens pas : pour les gens qui l’ont connu à ses tout débuts, avec sa petite guitare et ses petites mélodies bossa, quelle trajectoire, c’est fou…

 

Bill Heck dans The Ballad of Buster Scruggs

L’archétype du cow-boy hollywoodien, à la fois eastwoodien dans toute sa stature physique et fordien dans toute sa grandeur d’âme. Servi par un magnifique rôle évidemment, dans le plus beau segment du chouette vrai-faux nouveau film des Coen bros.

 

Gaspard Ulliel dans Eva, Un peuple et son roi, Les Confins du monde

Je trouve qu’il fait des choix intéressants et qu’en vieillissant, son visage et son jeu deviennent plus intéressants eux aussi. Il est à la fois physique et cérébral, c’est bieng.

 

Paul Rudd dans Ant Man et la Guêpe

L’Homme le Plus Sympa du Monde (c’est officiel) fait encore craquer tout le monde dans ce chouette film. Lui, le jour où on apprendra qu’il va chasser l’éléphant en Afrique ou qu’il a pour habitude de demander une baguette bien cuite à son boulanger, on saura que tout est foutu.

 

*

En Liberté ! – critique

Yvonne jeune inspectrice de police, découvre que son mari, le capitaine Santi, héros local tombé au combat, n’était pas le flic courageux et intègre qu’elle croyait mais un véritable ripou. Déterminée à réparer les torts commis par ce dernier, elle va croiser le chemin d’Antoine injustement incarcéré par Santi pendant huit longues années. Une rencontre inattendue et folle qui va dynamiter leurs vies à tous les deux. (Allociné)

 

Je crois qu’ils ont oublié « Une farandole de rigolade ! » et « Un festival de bonne humeur ».
Sérieusement, ça attire les gens ce genre d’affiches? Ca parasite complètement le visuel en plus, voire, on cherche le titre du film. Et puis « Un public hilare sonné par des uppercuts de rire », sans déconner…

Bon, que ça ne nous détourne pas de l’essentiel: on aurait envie de balayer ces insupportables injonctions, de dézinguer le film ou au moins de faire la fine bouche par pur esprit de contradiction, mais non, il faut le dire: En Liberté !  est bien une des meilleures comédies de l’année, et représente un souffle d’air frais salutaire dans le monde mortifère de la comédie française.

La mort, il en est pourtant beaucoup question dans le film: tout part d’un défunt (Vincent Elbaz, extra dans le rôle d’un flic toc-toc-badaboum), qui a pourri la vie d’un innocent (Pio Marmaï, qui a pris 8 ans de prison à tort), le condamnant à errer comme un mort-vivant dans une vie à laquelle il n’appartient plus. Ce défunt a également laissé une veuve (Adèle Haenel) et un petit garçon de 8 ans.

Il serait pas un peu sous-estimé ce mec?

Mais il n’y a pas de bonne comédie sans drame préalable n’est-ce pas? Pierre Salvadori le sait bien, lui qui en connaît tous les rouages, tous les registres, toutes les ficelles et qui a visiblement décidé, dans son dernier film, de faire feu de tout bois: burlesque, slapstick, comique de situation, comédie romantique, satire, screwball comedy, comédie de remariage, j’en passe, il y a tout dans En Liberté ! Rarement vu une comédie, française de surcroît, jouer sur autant de registres à la fois.

Meux : Pierre Salvadori réussit tout, ou presque. Quel que soit le registre, on rit mais on rit! OK, pas toujours: le running gag du serial killer qui n’arrive pas à se signaler au commissariat, ou tout ce qui à trait au SM: bof. Simples détails, casualties of war: quand on décide de faire feu de tout bois à ce point, d’enchaîner les trouvailles, les gags, les répliques qui font mouche à un rythme si effréné, on a  le droit de se manquer de temps en temps.

Ce qui nous amène logiquement au rythme du film : Salvadori parvient donc à jongler avec différents registres comiques avec une dextérité et un savoir-faire dingue, sans que jamais l’homogénéité du film en pâtisse.

Donc, En liberté !, « comédie de l’année », ok, pourquoi pas, mais c’est aussi un film sensible et émouvant, et là encore, Salvadori multiplie les pistes et ménage à merveille ses effets: vraie-fausse romance à 3, film de remariage, sur le deuil, le mensonge etc. Un point noir quand même selon moi: le film débute et se clôt sur cet enfant désormais sans père, et qui a grandi dans son idolâtrie, dont on apprend rapidement qu’elle était fondée sur un mensonge. Or cet enfant, essentiel donc sur le pur plan narratif… est un peu délaissé pourrait-on dire (difficile d’en dire plus sans spoiler).

Sur le fond, le film est tout aussi stimulant : Salvadori se fait l’avocat de la fiction dans la réel, une fiction qui panserait les plaies, nous aiderait à nous reconstruire et à nous remettre de nos traumatismes. Ne pas hésiter à inventer, affabuler donc, (se) mettre en scène même: le personnage interprété par Damien Bonnard remet son masque de Zorro juste avant d’embrasser sa belle. Ainsi, encore, la scène clé, celle qui contient à elle seule tout le film en quelque sorte, serait celle des retrouvailles de Pio Marmaï et Audrey Tautou : il est sorti un peu prématurément de prison (quelques heures) et la surprend donc à leur domicile, en plein ménage, afin que tout soit parfait pour son retour. Elle n’aime pas ces retrouvailles « inattendues »: elle lui demande donc de rejouer son arrivée, à plusieurs reprises, afin de les goûter comme elle en avait rêvé depuis si longtemps. La scène, véritable mise en abyme et déclaration d’intention de la part du cinéaste, se déroule en outre sous les yeux d’Adèle Haenel, comme pour lui signifier, en douceur, un modèle à suivre. C’est très beau en plus d’être très intelligent.

Un mot enfin sur le casting. Impeccable, il atteste là aussi du savoir-faire, de la science du dosage de Pierre Salvadori dans la direction d’acteurs, l’écriture des personnages, le montage. Si Adèle Haenel a bien le premier rôle, les 4 autres acteurs (Pio Marmaï, Damien Bonnard, vu notamment dans le génial Rester Vertical d’Alain Guiraudie, Audrey Tautou et Vincent Elbaz), dont on dira pour simplifier qu’ils sont tous des seconds rôles, sont traités sur un pied d’égalité et tous croqués avec le même soin : voir par exemple le personnage d’Audrey Tatou, relativement secondaire dans l’intrigue, et qui se voit attribuer quelques très belles scènes (dont une, cruciale, décrite juste au-dessus), ou encore celui de Vincent Elbaz, flic ripou, mari menteur et père idolâtré, qui réussit en quelques scènes fictives (racontées au coucher par Adèle Haenel à leur enfant) à créer une vraie présence Bébelienne

Comme pour Le Grand bain, j’ai quelques grosses réserves (les running gags sur le SM ou les scènes de commissariat donc, mais aussi la scène de la crique, pourtant cruciale), mais je n’ai envie de garder que le positif : l’énergie du film, son écriture et sa mise en scène pleins de panache et d’originalité. Pierre Salvadori a la réputation d’être une sommité en matière de comédie, un fin connaisseur aussi bien de l’oeuvre de Lubitsch ou Wilder que d’Apatow , Oury ou Rappeneau. Ca m’a toujours interrogé tant ses films me laissaient souvent sur ma faim. Avec En liberté ! je comprends pour la 1ère fois le pourquoi du concert de louanges qu’il reçoit très régulièrement. Je pense même qu’il s’agit de son meilleur film depuis Les Apprentis.

Santa & Cie – Avant-Première Gaumont Toulouse

Rien ne va plus à l’approche du réveillon : les 92 000 lutins chargés de fabriquer les cadeaux des enfants tombent tous malades en même temps ! C’est un coup dur pour Santa (Claus), plus connu sous le nom de Père Noël… il n’a pas le choix : il doit se rendre d’urgence sur Terre avec ses rennes pour chercher un remède. À son arrivée, il devra trouver des alliés pour l’aider à sauver la magie de Noël. (Allocine)

Au bout du compte, et même si tout ce qu’il a fait ne restera pas dans les annales, je réalise qu’Alain Chabat fait partie des membres de la périlleuse catégorie « héros de mes jeunes années » qui ont très bien vieilli. Peut-être pas aussi bien que Clint Eastwood mais mieux que Morrissey par exemple.

Même si on comprend bien qu’il s’agit d’un « film pour enfants », j’avoue, j’ai ri en voyant la bande-annonce de son nouveau film, Santa & Cie. Du coup, j’ai pas hésité quand j’ai vu qu’il venait le présenter à Toulouse en compagnie de son interprète principal, Pio Marmaï, un type/acteur que j’apprécie également beaucoup. Le type qui vous parle lui, est quand même un type qui fait partie des premiers téléspectateurs/fans d’Objectif: Nul et qui tire encore une fierté un peu conne du souvenir de sa participation en tant que candidat au dernier projet collectif des Nuls, le Zouzouk, sur Europe 1. Les Nuls et moi, j’en ai parlé ici.

J’arrive 20 bonnes minutes avant le début de la séance et la salle est déjà quasiment pleine. Mais les organisateurs ont triché: d’abord prévue dans la plus grande salle du complexe, la séance a été transférée dans une autre nettement plus modeste.

Santa & Cie, le film d’abord : tout à fait conforme à ce que suggère la bande-annonce, c’est une chouette comédie familiale, plutôt destinée aux enfants/jeunes ados, mais avec un quota de bonnes vannes suffisant pour que les parents/fans historiques des Nuls y trouvent leur compte.

J’avoue, encore, j’ai eu très peur au début : chez le Père Noël (interprété par Chabat donc), dans des décors très Grinch/Elf/Charlie et la Chocolaterie, on a droit à un festival de répliques/jeu de mots un peu bébé sur le thème de Noël, du genre « faut se sortir les doigts de la hotte », « t’es beau comme un traîneau », « vous me faites tous skier!! », « lutin! » à la place de « putain » etc. J’avais du mal d’autant que la salle surjouait l’enthousiasme (un peu la règle dans les avants-premières) : une salle qui rit fort lorsque s’affiche « D’après une histoire vraie » après le générique d’intro, elle surjoue, y a pas débat.

Et puis suite à une tuile susceptible de remettre en cause la livraison de jouets à tous les nenfants, le Père Noël se retrouve à Paris, rencontre le personnage de Thomas (Pio Marmaï) et sa petite famille, et là le film décolle. Il est bien fichu, bien rythmé, malin, mignon et surtout, ne s’adresse plus qu’aux seuls enfants.
Toujours aussi généreux, Chabat laisse beaucoup de place à ses comparses (Marmai mais aussi Golshifteh Farahani, interprète de son épouse, ou Johann Dionnet, qui joue son frère) et à des cameos ou seconds rôles plus que sympathiques: le fidèle Jean-Pierre Bacri, Patrick TimsitThomas VDB mais surtout David Marsais et Grégoire Ludig aka le Palmashow, qui, non contents de voler toutes les scènes dans lesquelles ils apparaissent, volent quasiment le film.
Chouette comédie donc, qui devrait faire un petit carton.

Santa & Cie, la rencontre ensuite : à l’issue de la projection, Alain Chabat et Pio Marmaï se sont donc prêté au petit jeu des questions-réponses avec le public. Accueillis très chaleureusement, ils ont assuré le spectacle avec un professionnalisme jamais visible et une bonne humeur manifeste, notamment Pio Marmaï, très en verve et très drôle.

Alain Chabat nous a ainsi appris que le film que nous venions de voir n’était en réalité pas la version définitive (il l’a estimée à 95%), en raison de petits ajustements nécessaires sur les effets spéciaux (rien remarqué) et le mixage (là en revanche oui, mais rien de gênant). Il a l’air vraiment cool ce mec, il m’a fait la même impression que lorsque je l’avais rencontré pour l’émission de radio des Nuls: doux et attentif. En plus d’être naturellement drôle évidemment.

Pio Marmaï lui nous a confessé, à ma grande surprise et déception je dois bien l’avouer, que Cédric Klapisch faisait partie de son top 3 des meilleurs réalisateurs avec lesquels il avait travaillé (en compagnie de Chabat, évidemment, il allait pas le laisser de côté, et de Pierre Salvadori, pour un film à sortir en mars 2018). Il s’est vraiment mis le public dans la poche (si tant est que ça fut nécessaire) avec des interventions très drôles et pleines d’à propos. Il est un peu râblé mais beau et charmant, il doit choper le salaud: y avait gros moyen avec ma voisine qui a fait tout son possible pour se faire remarquer (on était plein centre au 2ème rang), qui en a fait des caisses quand elle a posé une question et qui s’est ruée sur lui pour une photo à l’issue de la rencontre.

Sinon, il faut croire que le public de l’AP de Marie-Francine faisait exception car comme pour le film de Klapisch, on a eu droit à des questions pertinentes et/ou sympathiques pendant une généreuse demie-heure.

L’inévitable fun fact de la soirée est survenu en conclusion lorsqu’un spectateur s’est tcharrément levé pour poser sa question, puis s’est tcharrément invité sur scène, puis a tcharrément pris Chabat dans ses bras, puis tcharrément Pio Marmaï, dans ce qui était tcharrément (?) une espèce de sketch très gênant et très pas drôle destiné à le mettre en valeur (il a dit être comédien). Personne savait trop où se foutre et là encore, Marmaï, qui en menait pas large devant une stage invasion manifestement pas prévue, a fait preuve de ses qualités de showman pour désamorcer la situation.

Très bonne et sympathique soirée donc, je pense qu’on est pas nombreux à avoir pensé le contraire. Y a même moyen que j’aille revoir le film à sa sortie le 6 décembre. Tcharrément.

 

La session de rattrapage 4

Suite de mes visionnages sous paracétamol donc, avec des films que j’avais davantage envie de voir : normal, je me sentais un petit peu mieux au fil des jours.
Pour plus de détails techniques sur ma grippe en elle-même (températures diurnes moyennes, composition et consistance des glaires etc.), merci de contacter mon secrétariat.

Le sens de l’humour

Au début ça fait très très peur car ça ressemble comme 2 gouttes d’eau à l’idée du film-d’auteur-français que doivent s’en faire les gens qui détestent les films-d’auteurs-français. You get the picture. Et puis ça se met doucement en place et on s’attache à chacun des personnages : à cette mère revêche et libre avant tout, à cet amoureux de la dernière chance, à ce gamin en mal de figure paternelle. Les gens qui détestent les films-d’auteurs-français n’auront aucun mal à caricaturer tout ça jusqu’à la dernière seconde mais pour les autres, Le sens de l’humour impose patiemment et au forceps une tendresse et une chaleur singulières qui n’est pas sans rappeler, toutes proportions gardées, le cinéma de Maurice Pialat. Joli flim donc. Réalisé par son actrice principale, Maryline Canto.

J'aime bien Antoine Chappey
J’aime bien Antoine Chappey


Je suis supporter du Standard

Ca c’est vraiment très mauvais…
J’ai beau (comme tout le monde) avoir beaucoup de sympathie pour Riton Liebman et Léa Drucker (irréprochable, comme d’hab’. Lui en revanche a du mal à soutenir la comparaison dans les scènes à 2) y a rien à sauver ou presque. Le « presque » c’est la b.o. de Rob, superbe, qui est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai eu envie de regarder ce film. Qui, outre une musique composée par un de mes chouchous donc, avait tout pour me plaire puisque le pitch reprend un peu celui du Terrain d’entente des Farrelly : un mec rencontre une nana et la possibilité d’une histoire commune se heurte à sa passion dévorante pour un club de foot (le Standard de Liège). A la différence du film des Farrelly (outre qu’il s’agit de foot et non plus de base ball) le mec s’en rend compte très vite et ne cherche pas à s’en accommoder, il veut soigner son addiction (il se dit lui-même « footballique »). Tout ça ça me parle évidemment, j’étais une montagne d’indulgence a priori mais tout est raté : la comédie comme la romance ou le « drame » familial. Ca me fait mal de le dire mais c’est à éviter.

J'aime bien Léa Drucker
J’aime bien Léa Drucker


La vie domestique

Excellent ça ! Certes, c’était gagné d’avance car je suis très client des films/livres décrivant l’aliénation et le cauchemar soft des classes moyennes/banlieues chic. Mais c’est pas parce que c’est gagné d’avance que c’est gagné à la fin, voir le film ci-dessus.
Ici donc, les 24h, très précisément, de la vie d’une femme (Emmanuelle Devos, géniale) dans son quotidien de femme au foyer entre préparation du petit-déjeuner, accompagnement des enfants à l’école, remplissage du caddie, obligations mondaines etc etc. Rien d’autre. Le cauchemar. Soft, mais le cauchemar. Avec en filigrane, comme une scorie potentielle de ce tableau pseudo-idyllique, un fait divers suivi de loin en loin mais qui vient se rappeler au bon souvenir de tout le monde avec une douloureuse régularité. Et en arrière-plan, les hommes, petit maîtres trop conscients de leurs rôles mais pas de leurs privilèges, absents mais dont la présence se fait ressentir à chaque plan, à chacune des actions de leurs épouses. Une mise en scène au diapason de cet univers feutré, aseptisé et finalement étouffant, photo léchée, montage harmonieux, mouvements de caméra élégants. Tout dans les détails (d’un plan, d’une ligne de dialogue, d’un accessoire). Super film, j’ai vraiment adoré.

J'aime bien Laurent Poitrenaux (et beaucoup Emmanuelle Devos)
J’aime bien Laurent Poitrenaux (et beaucoup Emmanuelle Devos)


D’amour et d’eau fraîche

Et du coup j’ai enchaîné direct (vive le futur, c’est quand même génial ça) avec le précédent film de la réalisatrice, Isabelle Czajka. Belle versatilité de sa part : si dans La Vie Domestique sa mise en scène colle parfaitement à cet univers feutré et neo-bourgeois, elle s’adapte ici aussi parfaitement à son sujet d’étude, une jeune fille de 23 ans (Anaïs Demoustier), avec un filmage beaucoup plus brut et heurté. Il est ainsi très intéressant d’enquiller les 2 films à la suite, à la fois parce qu’ils représentent chacun une radiographie de la femme moderne à 2 âges différents (la petite vingtaine / la petite quarantaine) et parce que leur mise en scène colle parfaitement à leur sujet respectif. Sans qu’on soit jamais du côté de l’exercice de style, plutôt de celui de la totale empathie. A noter, argument important pour mon lectorat féminin je le sais, un Pio Marmaï hyper baisable.

J'aime bien... "oh ta gueule!!!"
J’aime bien… « oh ta gueule!!! »


Un beau dimanche

Pffffffffff…
C’est pas mauvais mais qu’est-ce que je m’y suis fait chier nom de Dieu. Interminabe. Le sentiment de voir un film incroyablement daté. Et la sensation que Nicole Garcia n’a pas beaucoup évolué/progressé depuis ses bons débuts : des problèmes d’argents, des relations familiales compliquées, des non-dits, des silences, des dialogues surécrits (qui parle comme ça sans déconner ?). De la sensibilité mais de la lourdeur aussi. Louise Bourgoin fait tout son possible pour faire popu (elle joue une serveuse en galère, pour faire court) mais elle a trop d’élégance naturelle pour le rôle. Quant à Pierre Rochefort (fils de Jean Rochefort et Nicole Garcia) on va dire que ça tombe bien qu’il ait le rôle du mec taiseux au lourd passé sans beaucoup de lignes de dialogue…

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J’aime pas les fils de.

 

Enfin, comme la grippe c’est pas rigolo-rigolo et qu’il faut se mettre du baume au cœur de temps en temps, j’ai également revu :

Jacky au royaume des filles

Vraiment génial. Cette fois c’est le casting qui m’a semblé parfait, des attendus Vincent Lacoste, Noémie Lvovsky ou Valérie Bonneton aux plus surprenants Michel Hazanavicius (qui n’avait jamais fait l’acteur à bien y réfléchir) ou Didier Bourdon, qui semble pour l’occasion retrouver sa verve des années La télé des Inconnus.

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Moonrise Kingdom

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A bord du Darjeeling Limited

I guess I still got some more healing to do
Un jour j’essaierai de trouver le temps d’écrire quelque chose d’un peu consistant sur les films de Wes Anderson. Un jour.


Le Nom de la Rose

Ca faisait très longtemps que j’avais pas revu ce classique absolu de quand j’étais petit. En vf bien sûr pour une expérience 100% madeleine. C’est sans doute mon inconscient qui m’a commandé de le revoir maintenant (et pas il y a, ou dans 3 mois) car c’est dingue comme il colle à la dramatique actualité récente et aux débats qui s’en sont suivis sur la liberté d’expression et de représentation des figures religieuses : « Le rire tue la peur, et sans la peur il n’est pas de foi. Car sans la peur du diable, il n’y a plus besoin de Dieu » dit le coupable lorsqu’il est confondu. A part ça, ça fonctionne toujours impec et le casting de gueules dégénérées impressionne toujours autant.

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