Marie-Francine – avant-première Gaumont Toulouse

Trop vieille pour son mari, de trop dans son boulot, Marie-Francine doit retourner vivre chez ses parents… … à 50 ans ! Infantilisée par eux, c’est pourtant dans la petite boutique de cigarettes électroniques qu’ils vont lui faire tenir, qu’elle va enfin rencontrer Miguel. Miguel, sans oser le lui avouer, est exactement dans la même situation qu’elle. Comment vont faire ces deux-là pour abriter leur nouvel amour sans maison, là est la question… (Allociné)

Le film n’est pas parfait, inégal comme souvent chez Valérie Lemercier, mais traversé de gags, répliques et détails fulgurants. On y évolue dans un contexte grand bourgeois qu’elle affectionne et connaît bien, sa zone de confort pourrait-on dire.

La nouveauté, c’est que Marie-Francine bifurque assez rapidement de la comédie pure vers la comédie romantique, lorsqu’au bout de 20 minutes, le personnage de Miguel, interprété par Patrick Timsit, fait son apparition. Là non plus, tout n’est pas parfait (un petit côté Au théâtre ce soir dans la résolution toute en quiproquos et portes closes qui pourrait être charmant mais se révèle surtout désuet) mais leur couple fonctionne très bien (à la fois leurs personnages et, plus étrangement, les 2 acteurs ensemble). C’est touchant et c’est en grande partie ce qui permet au film de laisser une bonne impression (sans oublier la bo très Schnocko-pompidolienne à base de Michel Legrand/Nana Mouskouri, Moustaki, Aznavour).

La séance était donc suivie d’une rencontre-débat avec Lemercier, Timsit et le producteur du film, Edouard Weil. Une petite demie-heure un peu brusquement écourtée: j’ignore si c’est ce qui était prévu au départ ou si ça a été décidé sur le moment. Parce que bon… Complètement hallucinantes les interventions/questions du public.

Ca démarre avec une personne en chaise roulante et s’exprimant avec difficulté. Elle tient à rendre hommage à Timsit pour ses gags sur les handicapés. Bon. S’en est suivi l’hommage d’une vieille dame à Valérie Lemercier pour sa représentation des retraités dans le film (ses parents, interprétés par les excellents Hélène Vincent et Philippe Laudenbach). C’est peut-être pas très parlant là comme ça mais honnêtement, une telle entrée en matière, sur le coup, j’ai cru à un sketch.

3ème intervention, un type situé à 3 places de moi demande la parole: « Alors Patrick, est-ce que Valérie est bonne au plumard ? » Avèque l’accent cassoulet bien sûr. Grosse gêne chez les principaux intéressés qui se montrent néanmoins de très bonne composition. Quant à moi je suis atterré.

Et ça continue : y a le type qui trouve Timsit (à qu’il il s’adresse d’ailleurs en l’appelant « Timsit » genre « Bonsoir Timsit« ) super en tant qu’acteur mais qui aimerait bien qu’il refasse des one mans shows, il aimerait bien le revoir sur scène, c’est dommage d’avoir arrêté. Bonne pâte là encore, mais un tantinet agacé quand même (on le serait à moins), le comédien lui rappelle gentiment qu’il vient de finir la tournée de son dernier spectacle et qu’il a justement joué à Toulouse en novembre dernier.

Valérie Lemercier, Patrick Timsit, Edouard Weil et un type du Gaumont (le directeur?)

Y a ensuite le gars qui demande à Valérie Lemercier si elle pourrait pas lui faire une petite imitation de son personnage des Visiteurs, vraiment ça lui ferait super plaisir. Fort aimable là aussi malgré un agacement bien légitime, Lemercier esquive élégamment en rappelant que Les Visiteurs c’était quand même il y a 25 ans, qu’elle était seulement actrice et encore, uniquement dans le premier volet. Sans compter que dans le film qu’on venait de voir, un des personnages justement… (je spoile pas).

Y a aussi le gars qui a trouvé le film super et qui aimerait bien savoir quand le DVD sera disponible. Très patiente là aussi, Valérie Lemercier lui fait remarquer qu’il faut quand même que le film sorte d’abord en salles (le 31 mai). Un autre rebondit :

– Avez-vous d’autres projets de film?
– Ben déjà, on va laisser sortir celui là mais sinon, non, j’ai juste l’intention de passer mon permis de conduire.

Bim, un autre prend le micro:

– Alors moi Valérie, j’ai une SUPER idée de film pour la suite, c’est tout simplement « Je passe le permis ».
– Ha ha, oui, pourquoi pas, c’est vrai que ça s’annonce compliqué…
– Non mais vraiment, je crois que ça serait un SUPER film, vous devriez y réfléchir.

Là tu te dis peut-être que j’avais qu’à poser une question plus intelligente puisque je suis si malin que ça mais je laisserai le grand George Costanza te répondre:

Non mais sur le coup, je suis atterré voire embarrassé, de constater à quel point les gens n’ont pas de filtre et prennent la parole n’importe comment pour dire n’importe quoi (non mais sans déconner, le mec qui demande si Lemercier est « bonne au plumard », merde quoi !) mais avec le recul je trouve ça presque touchant quelque part. C’est touchant de les entendre parler avec autant de franchise et de se rendre compte qu’ils ont toujours le réflexe de se raccrocher à ce qui les concerne en premier lieu, de tout ramener à eux (paraît même que certains créent des genres de sites internet où ils racontent ce qu’ils font, ce qu’ils ont vu, rêvé, que sais-je encore).

C’était donc une bonne soirée, je crois que je vais désormais me rendre plus souvent à ce type d’avant-premières.

 

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