#23 Jacky au royaume des filles

Jacky au royaume des filles

En république démocratique et populaire de Bubunne, les femmes ont le pouvoir, commandent et font la guerre, et les hommes portent le voile et s’occupent de leur foyer. Parmi eux, Jacky, un garçon de vingt ans, a le même fantasme inaccessible que tous les célibataires de son pays : épouser la Colonelle, fille de la dictatrice, et avoir plein de petites filles avec elle. Mais quand la Générale décide enfin d’organiser un grand bal pour trouver un mari à sa fille, les choses empirent pour Jacky : maltraité par sa belle-famille, il voit son rêve peu à peu lui échapper… (Allociné)

La critique du film ici.

#67 Plush – More You Becomes You

Plush - More You Becomes You
Je t’essplique: j’avais pris pas mal d’avance en rédigeant tout plein d’articles pendants mes congés et weekends précédents mais là j’ai presque plus rien mon vieux, je suis sec.
Et le problème c’est que je me suis astreint à poster 1 article par jour ouvrable donc je garantie pas que dans les jours qui viennent ça se limite pas occasionnellement à une pochette de disque/affiche de film accompagnée de 3 lignes balancées n’importe comment et racontant n’importe quoi (le premier/la première qui pense « ça changera pas beaucoup » est condamné(e) à aller voter à la primaire des Républicains pieds nus, en sarouel et avec un keffieh autour du cou). C’est dommage quand il s’agit comme ici d’un disque/artiste qui me tient particulièrement à cœur mais j’ai pas le temps, j’ai pas le temps hein c’est comme ça.

Du coup je te renvoie à mon compte-rendu du concert de Liam Hayes l’an dernier.

Bon, quelques mots quand même: ce disque enregistré à la va-vite pendant la conception lente voire interminable de ce qui devait être le premier album de Plush (Fed, dont je parlerai dans mon prochain billet) est pour moi un chef d’oeuvre absolu dans un genre dont j’ignore s’il existe véritablement et que je qualifierais de « piano-voix » : il est 2h du matin, y a plus personne ou presque dans la salle, exiguë et faiblement éclairée, Liam Hayes s’installe derrière le piano et balance une petite dizaine de morceaux à la mélancolie et aux mélodies fulgurantes. Interdiction formelle d’écouter More you becomes you avant 23h, minimum.

Et lorsqu’un cor de chasse fait une irruption aussi brève qu’inattendue sur l’avant -dernier morceau, Instrumental , c’est comme si les premiers rayons du soleil venaient éclairer la pièce de leur lumière encore incertaine. D’ailleurs, l’un des pics de l’album, situé en bout de course lui aussi, s’intitule (See it in the) Early Morning. A l’issue du dernier morceau, on entend Hayes se lever et s’éloigner.

Enfin, toi qui n’a probablement jamais entendu parler de Liam Hayes/Plush et encore moins de cet album, il se trouve qu’en fait si, il est possible que tu l’aies déjà vu/entendu sans que tu le sache : il fait un cameo dans Haute-Fidélité de Stephen Frears.

#22 Harold et Kumar chassent le burger

Harold et Kumar chassent le burger Harold et Kumar, deux colocataires amateurs de ganja, tombent sur une publicité du fast-food de luxe White castle, et décident de tout entreprendre pour manger ces délicieux burgers. Sur le chemin, ils seront confrontés à la police, à des rednecks et à encore beaucoup d’autre épreuves tout en cherchant de quoi fumer. (Allociné)

J’ai hésité à faire figurer plus haut Eh mec, elle est où ma caisse ? du même réalisateur et dans le même sous-genre mais je lui préfère celui-ci.

Harold et Kumar chassent le burger (et Eh mec… donc) appartient en effet à un sous-genre de la comédie, celui du stoner movie, mot à mot « film de défoncé » : les protagonistes sont d’invétérés fumeurs de beuh, les intrigues ou situations tournent souvent autour de la beuh et les scenarios eux-mêmes résultent probablement d’une forte consommation de beuh. Plus ou moins recommandables dans le (sous)genre, Jay et Bob Contre-attaquent, How High, Smiley Face, Fast Times at Ridgement High. TRES recommandable et dans les films récents, le génial Délire ExpressPineapple Express, réalisé par David Gordon Green, avec Seth Rogen et James Franco, qui lui aussi mériterait sa place dans ce classement. En France, on a fait La Beuze. Bon.

Evidemment, dans les plus belles réussites du (sous)genre, la beuh n’est qu’un prétexte : le film est drôle, point. C’est le cas ici, où les situations plus loufoques les unes que les autres, sont toutes merveilleusement exploitées: on peut ne pas trouver ça drôle mais les mecs savent construire un gag et une scène. Exemple : le duo s’arrête en rase campagne pour pisser > Kumar tombe sur un mec hyper chelou dans les buissons > entre temps un raton-laveur entre dans la voiture sans qu’Harold le remarque > Kumar revient, les mecs reprennent la route et paniquent en découvrant le raton-laveur > ils ont un accident > ils finissent chez l’immonde redneck aux cloques purulentes, bim, ça repart sur un nouvel enchaînement de situations, une nouvelle séquence. Et on voit les seins de Malin Ackerman.
La réussite du film tient aussi au duo bien sûr : c’est en ça que je préfère le film à Eh mec, dans lequel je trouve qu’Ashton Kutcher et Sean William Scott manquent un peu de finesse et de complicité. Ici c’est du classique (l’opposition-complémentarité entre le branleur je m’enfoutitste, Kumar et le bon garçon un peu rigide, Harold) mais très bien exploité, avec en prime, un discours (très léger, certes, mais quand même) sur les minorités et leur place dans la société américaine (Kumar est d’origine indienne, Harold, coréenne).
Mais c’est avant tout à mourir de rire. Et on voit les seins de Malin Ackerman.

Dans le même registre, je recommande donc :

Eh mec, elle est où ma caisse ? en vo Dude, where’s my car?

Harold et Kumar s’évadent de Guantanamo a de bons gags et de bons passages mais il possède également les défauts habituels de ce type de suites : surenchère, hystérie etc. Il se regarde pas mal quand même.

#66 Pixies – Trompe le Monde

Pixies - Trompe le Monde
C’est sans doute un choix étonnant pour un fan des Pixies mais je me considère pas comme un fan des Pixies, simplement de ce disque. Et des 2 premiers albums de Frank Black. D’ailleurs je me demandais : qui aujourd’hui écoute encore ce groupe/ce mec ? A part les superviseurs musicaux paresseux qui continuent à utiliser Where is my mind pour illustrer la séquence où le héros/l’héroïne perd pied je veux dire? Bon, c’est pas la question.

J’aime vraiment beaucoup cet album et notamment sa face A : bizarrement, je l’avais acheté en K7 alors que le CD avait déjà supplanté le vinyle, Trompe le monde reste donc pour moi un album « à l’ancienne », face A-face B bien distinctes. Et cette face A donc, est toujours pour moi un summum dans le genre uppercut-électrique-dans-ta-gueule. Sa conclusion notamment, avec l’enchaînement fondu-enchaîné U-Mass/Palace of the Brine/Letter to Memphis me laisse toujours KO par son énergie et son romantisme… électrique encore. Je me répète mais c’est vraiment l’adjectif qui me vient immédiatement à l’esprit lorsque j’écoute ou pense à cet album.

#21 Les Gamins

les_gamins

Tout juste fiancé, Thomas rencontre son futur beau-père Gilbert, marié depuis 30 ans à Suzanne. Gilbert, désabusé, est convaincu d’être passé à côté de sa vie à cause de son couple. Il dissuade Thomas d’épouser sa fille Lola et le pousse à tout plaquer à ses côtés. Ils se lancent alors dans une nouvelle vie de gamins pleine de péripéties, persuadés que la liberté est ailleurs.
Mais à quel prix retrouve t-on ses rêves d’ado ?… (Allocine)

J’en parle ici.

Ca peut paraître dingue de hisser ce film aussi haut, d’autant qu’il n’a que 2 ans, mais je l’ai revu il y a peu et malgré quelques grosses maladresses, je l’aime vraiment beaucoup. Je le trouve extrêmement drôle, tout simplement. Il réussit à jeter un pont entre comédie américaine et comédie française comme je le dis dans mon billet originel (dans le registre humoristique mais aussi avec la problématique globale de l’enfulte, ou de l’adulescent, pour résumer) mais aussi entre 2 générations de comiques français: Chabat, vraiment excellent pour une fois (en tant qu’acteur je veux dire), semble passer le relais à Boublil.
Et puis quand on voit ce qu’est devenue la comédie d’ici ces dernières années (ce weekend j’ai vu Camping 3 par exemple. Et il faut le voir pour le croire), à l’exception notable des films d’Antonin Peretjatko ou Riad Sattouf, Les Gamins prend d’autant plus de valeur donc voilà.

#65 Phoenix – United

Phoenix - United
Ca ça fait partie de mes dernières grosses claques dans la gueule : Honeymoon figurait sur une compil des Inrocks, à l’époque où on écoutait encore celles-ci avec délectation car elles alternaient extraits des grosses sorties attendues depuis longtemps et révélations/futurs grands (comme ici). Je revoie parfaitement le moment où j’ai entendu le morceau pour la toutoute première fois, et je m’en souviens d’autant mieux que, chose rarissime, je l’ai réécouté en suivant tellement ça m’a scotché (je n’écoute jamais ou quasiment jamais donc le même morceau/album 2 fois de suite). En tout cas je n’avais jamais entendu ça, encore moins de la part d’un groupe français : Phoenix et United ont anticipé de quelques années le retour de hype du soft rock et de la pop californienne. Voir également l’esthétique hardos et un peu vulgos de la pochette : c’était pas encore cool d’arborer un t-shirt Motorhead ou Iron Maiden en 2000.
Enfin, c’est selon moi leur album le plus varié et celui qui contient en germe tous les suivants : un modèle de 1
er album donc. Et malgré les réussites éclatantes qui ont suivi, et notamment Wolfgang Amadeus Phoenix qui se pose quand même un peu là en matière de perfection pop, c’est pour United que j’ai le plus d’affection.

#20 Frangins malgré eux

frangins-malgre-eux

A 39 ans, Brennan Huff n’a toujours pas de job sérieux et vit chez sa mère, Nancy. De son côté, Dale Doback est un éternel chômeur de 40 ans qui vit encore avec son père, Robert.
Lorsque Robert et Nancy se marient et emménagent sous le même toit, Brennan et Dale deviennent frères malgré eux et se retrouvent à vivre ensemble. Quand leurs querelles infantiles et leur incorrigible paresse menacent de faire exploser leur toute nouvelle famille, ces deux quarantenaires immatures imaginent un plan insensé pour réconcilier leurs parents. Mais pour y parvenir, ils vont devoir faire équipe, et peut-être même quitter la maison… (Allociné)

S’il fallait résumer le concept de neo-comédie à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler, sachant évidemment que celle-ci désigne finalement quelque chose d’assez vague et qu’elle rassemble des acteurs/auteur/réalisateurs très hétéroclites, je dirais sans doute que ses films racontent essentiellement des histoires d’hommes qui essaient tant bien que mal de concilier leur vie d’adulte et leur nature profondément adolescente (oui cette phrase est beaucoup trop longue mais je suis crevé). Et s’il fallait choisir un film et un seul pour illustrer cette idée, ça serait Frangins malgré eux puisqu’il applique ce théorème à la lettre : Will Ferrell et John C. Reilly ont 40 ans mais agissent et réagissent comme les adolescents d’une famille recomposée. Et ils vont devoir non seulement apprendre à cohabiter mais surtout à évoluer : le changement sans le reniement, LE grand sujet de la neo-comédie, conséquence de son axiome de base.
Que ça soit d’une drôlerie sans nom, c’est une chose (le premier repas de famille au cours duquel Ferrell finit par craquer sous les moqueries de Reilly, un seul exemple parmi tant d’autres), que le film se permette par la suite de viser juste dans un registre plus émouvant le hisse au niveau des meilleurs films des Farrelly. A vrai dire, je considère Frangins malgré eux comme le chef d’œuvre de la comédie de ces 10-15 dernières années.

J’en dis pas plus parce que je suis crevé je te dis. Mais sache que même crevé, si tu l’as toujours pas vu, je te juge.

Dans le même registre, je recommande :

I Love You, Man : épitomé de la bromance cinématographique, il n’est pas du même niveau que le film d’Adam MacKay mais très réussi quand même. De toute façon, Paul Rudd, on peut pas lutter.

#64 Gram Parsons – GP / Grievous Angel

GP / Grievous Angel
Je rapproche toujours Gram Parsons de Big Star car j’ai découvert les 2 via un CD réunissant leurs 2 premiers albums respectifs. Par ailleurs, ils sont selon moi les exemples types d’artistes cultes longtemps restés dans l’ombre et redécouverts sur le tard (première moitié des années 90 en gros) par toute une génération de music nerds qui n’avaient pu jusque-là que les fantasmer, faute d’y avoir accès. Les comparaisons s’arrêtent évidemment là.

J’ai du mal à parler de ce disque car, alors que je l’écoutais et l’appréciais déjà depuis longtemps, je l’ai pleinement compris et assimilé au cours d’un épisode personnel où j’en menais pas large. En voiture comme il se doit, sur la highway. Du coup difficile pour moi de le dissocier de ce moment intime. Mais de toute façon, si tu veux en savoir davantage, l’oeuvre de Gram Parsons a suscité des palanquées de commentaires que tu n’auras aucun mal à trouver. Après, s’il fallait vraiment choisir, ça serait le premier, GP (tout comme j’ai une petite préférence pour le premier album de Big Star).

#19 Fou(s) d’Irène

Fou(s) d'Irène

Charlie Baileygates est un policier souffrant de troubles de la personnalite. Apres avoir suivi un traitement medical, il se voit confier la mission d’escorter Irene Waters dans un autre Etat, ou elle est recherchee pour une grave violation au code de la route. Mais Charlie entame ce voyage en oubliant ses medicaments, permettant par la-meme a son alter ego derange, Hank, de refaire surface. Et lorsque les deux personnalites commencent a se disputer l’amour de leur belle prisonniere, Irene se rend compte qu’elle est finalement attiree… par les deux. (Allociné)

Souvenir d’une séance parfaite, similaire à celle vécue quelques années plus tard pour l’Amour Extra-Large.
A ce moment-là, au tournant de l’année 2000, les Farrelly ont vraiment la magic touch, ils sont les Beatles de la comédie. Tout ce qu’ils font est osé, drôle, intelligent et couronné de succès. Le début du film, qui constitue le préambule à la véritable intrigue purée… Le premier pétage de plomb de Jim Carrey… Idée de génie absolu : ses enfants sont noirs, mastoc ET tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le génie drolatique et humaniste des Farrelly dans cette seule idée. Ils reproduiront d’ailleurs le même schéma dans Deux en un, leur possible chef d’œuvre : Matt Damon et Greg Kinnear sont siamois mais ils vivent comme 2 personnes totalement distinctes sans que ça soit jamais bizarre ou incongru.

Une pensée enfin pour Renée Zellweger qui est ici à croquer et qui est désormais à pleurer.

#63 The Olivia Tremor Control – Music from the Unrealized Film Script: Dusk at Cubist Castle

duskatcubistcastle

The Olivia Tremor Control est apparu dans la seconde moitié des années 90 comme une émanation supplémentaire du collectif Elephant 6 recordings : ses 2 leaders, Bill Doss et Will Cullen Hart, font partie de ses membres fondateurs avec Robert Schneider des Apples in Stereo et Jeff Mangum de Neutral Milk Hotel.

C’est sans doute ce dernier groupe qui restera dans l’Histoire grâce à son album culte (notamment aux Etats-Unis), In the Aeroplane Over the Sea mais The Olivia Tremor Control était pour moi le meilleur groupe du lot, et celui qui incarnait le mieux la philosophie à la fois rétro, lo-fi et psychédélique du collectif. Je retiendrai également Beulah, The Ladybug Transistor, Elf Power, Circulatory System, The Sunshine Fix et The Essex Green, tous auteurs de remarquables disques de pop sous intense perfusion late-60s. Of Montreal est quant à lui le groupe qui a connu le plus de succès, il est toujours en activité.

Mais The Olivia Tremor Control est vraiment le groupe qui a produit la musique la plus débridée, inspirée et foisonnante pour moi. Alternant fulgurances popissimes d’une pureté bluffante et trouées lysergiques tantôt féériques tantôt anxiogènes, déployant une débauche d’instruments, intervenants et effets sonores assez dingue, ils ont incarné mieux que personne une utopie, un fantasme psyché-pop assez incongru dans les années 96-2000 .

Music from… est l’exemple type d’album probablement conçu sous influence et dont l’écoute dispense en revanche de consommation de drogue tellement le trip est sonore : ça démarre de manière euphorique et kaléidoscopique, ça s’assombrit peu à peu pour bader méchamment (le long tunnel anxiogène de 15 minutes intitulé Green Typewriters). Puis ça redescend doucement (« when you’re ready to come back down, I’ll be waiting here, all your friends will be around »), ça remonte la pente (« I spring up from the ground »), ça chope un retour d’acide (Dusk at cubist castle le morceau) pour finir dans la lumière avec le superbe NYC-25. Limpide.

Le groupe s’est séparé assez vite après un 2ème album presque aussi remarquable (Black Foliage). Il s’est reformé (en même temps que le collectif Elephant 6) à la fin des années 2000, à la demande du festival londonien All Tomorrow’s Parties. Il a sorti un nouveau single en 2011, il semblait avoir repris une activité régulière et puis en 2012 Bill Doss, un de ses 2 leaders, est mort. La cause du décès est aujourd’hui encore inconnue.

Ca m’a rendu très triste. Dans l’absolu mais aussi parce qu’un concert était prévu à Toulouse, annulé évidemment suite au décès de Doss. Égoïstement, j’aurai toujours ce regret de ne jamais avoir vu sur scène un de mes groupes fétiches. Et je le regrette d’autant plus que les quelques enregistrements live que j’ai pu entendre sont absolument fabuleux. Je conseille par exemple la Peel session disponible sur Spotify et qui prouve que le groupe parvenait à allier avec maestria énergie brute et psychédélisme.