#63 The Olivia Tremor Control – Music from the Unrealized Film Script: Dusk at Cubist Castle

duskatcubistcastle

The Olivia Tremor Control est apparu dans la seconde moitié des années 90 comme une émanation supplémentaire du collectif Elephant 6 recordings : ses 2 leaders, Bill Doss et Will Cullen Hart, font partie de ses membres fondateurs avec Robert Schneider des Apples in Stereo et Jeff Mangum de Neutral Milk Hotel.

C’est sans doute ce dernier groupe qui restera dans l’Histoire grâce à son album culte (notamment aux Etats-Unis), In the Aeroplane Over the Sea mais The Olivia Tremor Control était pour moi le meilleur groupe du lot, et celui qui incarnait le mieux la philosophie à la fois rétro, lo-fi et psychédélique du collectif. Je retiendrai également Beulah, The Ladybug Transistor, Elf Power, Circulatory System, The Sunshine Fix et The Essex Green, tous auteurs de remarquables disques de pop sous intense perfusion late-60s. Of Montreal est quant à lui le groupe qui a connu le plus de succès, il est toujours en activité.

Mais The Olivia Tremor Control est vraiment le groupe qui a produit la musique la plus débridée, inspirée et foisonnante pour moi. Alternant fulgurances popissimes d’une pureté bluffante et trouées lysergiques tantôt féériques tantôt anxiogènes, déployant une débauche d’instruments, intervenants et effets sonores assez dingue, ils ont incarné mieux que personne une utopie, un fantasme psyché-pop assez incongru dans les années 96-2000 .

Music from… est l’exemple type d’album probablement conçu sous influence et dont l’écoute dispense en revanche de consommation de drogue tellement le trip est sonore : ça démarre de manière euphorique et kaléidoscopique, ça s’assombrit peu à peu pour bader méchamment (le long tunnel anxiogène de 15 minutes intitulé Green Typewriters). Puis ça redescend doucement (« when you’re ready to come back down, I’ll be waiting here, all your friends will be around »), ça remonte la pente (« I spring up from the ground »), ça chope un retour d’acide (Dusk at cubist castle le morceau) pour finir dans la lumière avec le superbe NYC-25. Limpide.

Le groupe s’est séparé assez vite après un 2ème album presque aussi remarquable (Black Foliage). Il s’est reformé (en même temps que le collectif Elephant 6) à la fin des années 2000, à la demande du festival londonien All Tomorrow’s Parties. Il a sorti un nouveau single en 2011, il semblait avoir repris une activité régulière et puis en 2012 Bill Doss, un de ses 2 leaders, est mort. La cause du décès est aujourd’hui encore inconnue.

Ca m’a rendu très triste. Dans l’absolu mais aussi parce qu’un concert était prévu à Toulouse, annulé évidemment suite au décès de Doss. Égoïstement, j’aurai toujours ce regret de ne jamais avoir vu sur scène un de mes groupes fétiches. Et je le regrette d’autant plus que les quelques enregistrements live que j’ai pu entendre sont absolument fabuleux. Je conseille par exemple la Peel session disponible sur Spotify et qui prouve que le groupe parvenait à allier avec maestria énergie brute et psychédélisme.

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