Séduis-moi si tu peux ! – critique

Fred, un journaliste au chômage, a été embauché pour écrire les discours de campagne de Charlotte Field, en course pour devenir la prochaine présidente des Etats-Unis et qui n’est autre… que son ancienne baby-sitter ! Avec son allure débraillée, son humour et son franc-parler, Fred fait tâche dans l’entourage ultra codifié de Charlotte. Tout les sépare et pourtant leur complicité est évidente. Mais une femme promise à un si grand avenir peut-elle se laisser séduire par un homme maladroit et touchant ? (Allociné)

En 2005 sortait The 40-year-old virgin/40 ans toujours puceau qui peut légitimement être considéré comme l’acte de naissance symbolique du courant dit de la « néo-comédie ». Ce dernier allait s’étendre sur près de 10 ans et nous valoir une palanquée de films mémorables (voir mon top comédies, il en est truffé). Dans le prolongement des films des frères Farrelly, une véritable nouvelle vague d’auteurs-acteurs-réalisateurs-producteurs gravitant autour de l’astre Judd Apatow a sinon révolutionné, du moins apporté un énorme vent de fraîcheur sur la comédie américaine. Redéfinition d’une masculinité sensible et enfantine, apologie de la bromance (l’amour-amitié entre 2 hommes), love stories à la fois ludiques et ouvertement sentimentales en furent les piliers. Paradoxalement pour un genre aussi attaché à la description des préoccupations masculines, son sommet en fut probablement Mes meilleures amies.

En 2013, le génial et bien nommé This is the end marquait la fin, symboliquement là aussi, de cette bacchanale de la marrade. Sur fond d’apocalypse planétaire, Seth Rogen et son binôme d’écriture/production Evan Goldberg réunissaient leurs potes et acteurs les plus emblématiques de la néo-comédie (Jonah Hill, James Franco, Danny McBride, Craig Robinson etc) pour raconter une énième histoire de bromance mais surtout pour signifier que tout ce beau monde allait désormais passer à autre chose.
De fait, Rogen et Goldberg se sont essayé au film grand public (le sous-estimé et très chouette Green Hornet), à l’animation (Sausage Party), James Franco s’est recentré sur ses projets perso vaguement auteuristes, Jonah Hill est devenu un acteur reconnu et a réalisé son 1er film (dans un registre auteuriste lui aussi), les plus âgés membres du Frat Pack (Will Ferrell, Ben Stiller etc) se sont clairement mis en pré-retraite etc etc. Judd Apatow lui-même a fait une pause, retournant sur les planches et produisant « seulement » l’une des meilleures sitcoms de ces dernières années, la très tendre et douce-amère Love.

Devant Séduis-moi si tu peux !, on se dit que tout ce petit monde a gagné la partie : la bromance, les adultes-geeks, le sentimentalisme trash et assumé sont devenus la norme. Mais on se dit aussi que là où auparavant, dans les comédies les plus réussies, les personnages accomplissaient une trajectoire, on a ici le sentiment que passé les postulats énumérés ci-dessus (bromance etc), les personnages n’évoluent pas. Les geeks gavés de pop culture ont gagné, on les retrouve dans toutes les strates de la société, jusqu’à la Maison Blanche. Sans véritable évolution pour ses personnages, le film ne rime plus à grand-chose : il n’est plus que « simple » comédie.

Il y a en outre quelque chose de triste à voir Seth Rogen, 37 ans désormais, se grimer ainsi, sans la moindre ironie, en hipster-brooklynite à la garde-robe adolescente. Si je voulais être méchant, je dirais que Séduis-moi si tu peux ! ressemble à ces comédies françaises qui s’inspirent de la néo-comédie… Il faut donc se contenter de gags/situations vaguement trash et d’une love story des plus conventionnelles, qu’on pourrait croire issue d’une rom-com des années 90.

Je suis un peu sévère : la narration est fluide, le scenario malin et la conclusion délivre un message féministe à la fois nécessaire, vivifiant et subtil. Je n’ai pas trouvé ça extrêmement drôle (défaut de 95% des comédies actuelles : repousser coûte que coûte les limites de la bienséance + aligner les analogies situations du quotidien/pop culture, de préférence le cinéma des années 90) mais c’est rythmé, bien écrit et surtout, le duo Charlize TheronSeth Rogen fonctionne très bien (soit dit en passant, Charlize Theron nom de Dieu de bordel de merde… Elle a jamais été aussi belle). Mais on a plus que jamais le sentiment devant Séduis-moi si tu peux ! que la comédie américaine a besoin d’une nouvelle (r)évolution.

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Top cinéma 2018 – Oui

Une longue liste de films que j’ai aimés, oui, c’est pas mal mais bon, c’est pas non plus… Enfin, oui, ça va, ça passe, à des degrés divers. Là encore, dans le désordre et sans classement. A la relecture, certains auraient sans doute mérité de figurer dans la catégorie supérieure, d’autres dans la catégorie inférieure. Les daubes, ici, les semi-daubes, ici.

 

Wildlife – Une saison ardente

C’est du bon travail. Un peu scolaire à mon goût, très Sundance (sobriété de tous les instants, plans fixes savamment décadrés) mais c’est sauvé par une belle acuité et une belle sensibilité. Un gros souci néanmoins: je trouve que « ça va trop vite », comprendre que les motivations du personnage interprété par Carey Mulligan, et les actions, le comportement qui en découlent, surviennent un peu trop brutalement, sans crier gare. Ca m’a gêné, ça nuit à la vraisemblance d’une intrigue et d’une trajectoire (celle d’un couple en voie de séparation) par ailleurs bien traités.

 

Suspiria

Ca devrait être un « non » tant je m’y suis fait chier (2h30 !!!) et j’ai trouvé ça raté mais j’aime que le film fasse des choix forts et propose quelque chose de différent (de l’oeuvre originale) et radical. J’ai un peu envie de le revoir en vérité. Ici.

Ne jamais perdre une occasion de poster une photo de Dakota Johnson

 

Le Poulain

Ici.

 

The Disaster Artist

C’est sympathique. Ca donne surtout envie de voir le film en question (le film dont The Disaster Artist relate l’histoire et le tournage, The Roomqui figure dans la liste des « plus mauvais films de l’histoire du cinéma »). Il est désormais disponible sur Youtube. Pas plus, pas moins.

Les frangins Franco

 

Roulez jeunesse

Vaut davantage pour ses intentions que pour son résultat: 2/3 de comédie pure, tendance « nouvelle comédie française », portée par un Eric Judor en pleine forme et paf, on bascule sur un vrai drame social dans le dernier tiers. Pas vraiment réussi, ni dans l’aspect comique, ni dans l’aspect dramatique, mais c’est louable et ça se regarde. Pas plus, pas moins là aussi.

 

Avengers: Infinity War

Ici.

 

Bécassine !

Je suis sans doute un peu sévère car y a des gags absolument formidables ainsi que nombre de situations et dialogues savoureux : le duo Karin Viard/Denis Podalydès fonctionne à merveille et l’arrivée de Bruno (Podalydès) insuffle encore plus de drôlerie à un ensemble qui n’en manquait pas vraiment. Seulement voilà, j’ai souvent ce problème avec les films de Podalydès: quand il s’en tient à la comédie, je suis très client. En revanche quand il va sur le terrain des saltimbanques, de la poésie du spectacle vivant etc etc, j’ai du mal. J’ai néanmoins versé ma larmichette à la fin. A la réflexion, je suis un peu sévère oui, c’est quand même un joli film, une belle adaptation. Et j’insiste, c’est vraiment très drôle par moments.

Alerte poésie.

 

Budapest

Vu en avant-première dans une salle bien garnie et enthousiaste (compte-rendu ici) qui m’a sans doute un peu contaminé. Pas sûr que j’en ai une aussi bonne opinion si je le revois un jour chez moi…

 

Shéhérazade

C’est bien (ou plutôt « bieng » puisque ça se passe à Marseille) dans une veine ultra-naturaliste/caméra au poing/acteurs non-professionnels, mais c’est juste bien. Ca m’a jamais transporté ni ému ni bluffé. « C’est pas toi, c’est moi » : j’ai de plus en plus de mal avec le cinéma naturaliste, pour une raison que j’ignore. Mais dans le genre, Shéhérazade est à voir, c’est une réussite.

« Kesstchufé là, tu veux m’emboucaner ? »

 

Tully

Ca se regarde gentiment mais c’est typiquement le genre de séance qui me fait dire que parfois, je ferais mieux de (re)mater un classique chez moi. Inutile donc.

Les Confins du monde

Englué dans la jungle vietnamienne avec les membres d’une petite garnison de soldats français, le personnage interprété par Gaspard Ulliel se lance à la recherche de l’assassin de son frère et de sa belle-sœur, un général vietnamien sanguinaire à l’aura quasiment mythique (« on l’aurait vu ici il y a 2 jours », « c’est lui qui a fait ça hier », « cet enfant sait où il se trouve » etc). Énième variation basée sur le Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad donc, avec un soupçon de Moby Dick pour faire bonne mesure. Et c’est une variation réussie, qui repose sur une interprétation remarquable d’Ulliel et sur une crudité saisissante (le film est interdit aux moins de 12 ans seulement, là pour le coup, on peut pas dire que la censure ait abusé de son pouvoir). Guillaume Nicloux parvient même à faire oublier quelques facilités. UNE en vérité : le cliché du soldat ténébreux qui fait jouir la pute et en tombe amoureux, faut arrêter…

L’a pas l’air en super forme gros Gégé

 

Les Veuves

Bon petit polar à la fois maniériste et brutal dans lequel Steve MacQueen a l’intelligence de toujours laisser son intrigue au premier plan, se contentant d’ajouter des petites touches de commentaire politique ou soci(ét)al. Après, il m’en restait quasiment rien à peine sorti de la salle…

 

Paranoïa

J’aime bien Soderbergh parce qu’un peu comme Eastwood, il est capable de torcher un film en 2:2 juste parce qu’il a une lubie (ici, tourner son film entièrement avec un Iphone). Du coup c’est mineur voire un peu bâclé mais c’est pas grave, on sait que la fois d’après, ou celle encore d’après si cette fois ça lui prend de tourner un film à partir d’un scenario écrit en une demie-heure, il se sortira davantage les doigts. Ceci dit, en l’état, ça reste un thriller mineur certes, mais efficace, plaisant et prenant. C’est déjà pas mal.

Petit chou 2018 en détresse

 

L’Apparition

J’aime bien les films qui interrogent la foi ou qui se déroulent dans un milieu ecclésiastico-religieux. J’aime bien L’Apparition donc, histoire d’une enquête canonique, i.e. d’une enquête demandée par le Vatican suite aux apparitions (?) de la Vierge à une jeune fille de 18 ans. Ca traîne un peu en longueur mais le dernier acte, opaque, spirituel voire mystique, là où il s’agissait auparavant de tout confronter à la réalité, nous laisse sur une (très) bonne note. Et les étudiants rattrapés par la peau d’une conclusion brillante savent bien que c’est très positif de bien terminer sa copie.

 

Sur la plage de Chesil

Pendant 1h, une gentille caricature de téléfilm produit par la BBC avec tout ce que ça implique en termes de ripolinage (le film se situe au début des années 60) et de théâtralité (dont est issu le réalisateur, Dominic Cooke). Ils savent (bien) faire ça, les Anglais et pour peu qu’on ait rien contre ce genre de truc, ça passe tout seul. Et puis dans la dernière demi-heure, sans qu’on l’ait vraiment vu venir, ça vire au mélo parapluiedecherbourgesque. Sans la flamboyance ni la finesse mais ça m’a quand même cueilli. Ca me cueille toujours ces histoires-là.

Elle a un côté instagrameuse gracile un peu énervant mais elle a un truc quand même cette actrice (Saoirse Ronan)

 

Le monde est à toi

Je mentirais si je disais que je me suis ennuyé ou que je n’ai pas trouvé ça plutôt divertissant mais c’est pas brillant… Romain Gavras était peut-être un peu branché il y a une dizaine d’années (et encore, c’est sujet à caution) le problème c’est qu’il n’a pas vraiment évolué et que son passé de clippeur continue à le suivre (comprendre, il crée davantage des images ou des séquences isolées que du cinéma). M’enfin, on passe un bon moment tant que le film ne se prend pas au sérieux.

 

Un peuple et son roi

Un film sur lequel Positif et les Cahiers du cinéma se seraient écharpé il y a 30 ans. L’oeuvre d’un styliste baroque, assez unique dans le cinéma français (c’est donc un film Positif). Un baroque distancié qui plus est, autant amoureux du style que des mots. Bilan: je m’y suis un peu fait chier, je peux pas dire que ça m’ait plu mais au moins, c’est une vraie proposition de cinéma, audacieuse et singulière et l’air de rien, c’est un des films qui me restent de cette année de cinéma.

Featuring Denis « The Actor » Lavant dans le rôle de Marat.

 

Lady Bird

J’y suis allé un peu le couteau entre les dents (enfin, un petit couteau; le canif entre les dents disons) et de fait, le film cumule tous les mauvais points, ou en tout cas coche toutes les cases du parfait petit film indé agaçant mais il parvient malgré tout à surprendre et à toucher. Parce qu’il est sincère sans doute. Bon, après, j’en ai déjà pratiquement aucun souvenir mais c’est valable pour plusieurs autres films que j’ai aimés cette année. Y compris des films que j’ai davantage appréciés.

 

Eva

Parmi les films quasi-unanimement conspués cette année, pour ma plus grande incompréhension… Il y a ceux qui ont trouvé ça nul et il y a ceux qui ont trouvé ça nul comparé à l’original de Losey. Bon, déjà Losey, je trouve ça assez surestimé et puis j’ai été surpris que tant de gens l’aient vu son film. A croire que c’est un classique absolu… Bref, en soi (puisque je l’ai pas vu l’original moi), je trouve que ce Eva tient bien la route, dans la dynamique qui se crée entre les 2 acteurs (Ulliel et Huppert) et dans le trouble que Benoît Jacquot parvient à créer autour du personnage interprété par Ulliel, vrai-faux écrivain génial par escroquerie, sinon autour de sa relation, assez convenue c’est vrai, avec une escort-girl (Huppert) dont il tombe amoureux. En résumé, et selon l’expression consacrée quand on a pas envie d’argumenter ni grand chose à dire: « j’ai passé un bon moment ».

Cette scène par exemple est très réussie.

 

A Star Is Born

Ici.

 

L’Ombre d’Emily

Quand j’ai vu la bande-annonce, j’ai pensé « c’est quoi cette merde? ». Puis j’ai vu que c’était le nouveau film de Paul Feig (Mes meilleures amies, Spy, Les Flingueuses mais aussi la série Freaks & Geeks) donc j’ai foncé, et je le regrette pas. C’est pas totalement réussi, loin s’en faut mais c’est intéressant: l’idée du film c’est de partir d’un matériau hyper cheesy (en gros, les thrillers à 2 balles diffusés l’après-midi sur TF1 ou M6) et d’en faire quelque chose d’excitant (excitant-exciting, à l’américaine, pas excitant-Sopalin), tout en le parodiant. Premier et second degré en même temps, pas facile donc, et c’est ce qui explique que L’Ombre d’Emily soit à moitié raté – la parodie fonctionne, le premier degré nettement moins. Mais il faut le prendre pour ce que c’est: une blague un peu potache, un genre de Desperate Housewives hysterico-smartass. A noter que la b.o. est exclusivement composée de chansons françaises (surtout yé-yé mais pas que): Orelsan déboule sans crier gare sur le générique de fin, ça fait son petit effet.

Qui est Emily et qui est dans son ombre d’après toi?

 

Leto

Ici.

 

Neuilly sa mère, sa mère

Le premier volet, Neuilly sa mère, avait récolté de bonnes critiques, en même temps qu’un large succès public. Mérité car le film était plutôt drôle, malin, enlevé. On retrouve exactement la même équipe pour cette suite, avec, suite et surenchère obligent, quelques guests célèbres : Maître Dupont-Moretti, Gérard Miller mais surtout Julien Dray ( !) et Arnaud Montebourg ( !!). Dans de vrais rôles hein, avec des répliques et tout. Ils ont que ça à foutre sans déconner ? Ah ben en fait oui, désolé… Bon, ça s’est pas possible. Y a aussi cette grosse tâche de Charline Vanhoenacker dans le rôle d’une juge rouge. Tout ça pour dire que le registre comique est celui de la connivence avec le public (de gauche), à base de clins d’œil à l’actualité politique française. Du genre, quand le personnage principal embrasse fougueusement une collègue noire il lui lance « tu es ma Rama Yade ». Ca non plus c’est pas possible, du coup, j’ai pas beaucoup ri. Et malgré (tout) ça, il se dégage de l’ensemble quelque chose de foncièrement sympathique : parce que c’est très énergique, bien rythmé, que les comédiens prennent du plaisir. Et que ça en fout plein la gueule à Sarkozy et Macron et que ça, ça fait toujours plaisir.

Denis Podalydès en djellaba qui hurle « on ne coupe jamais sa salade avec un couteau!! » = j’ai ri.

 

Hostiles

Ici.

 

Halloween

J’aurais aimé aimer davantage, essentiellement parce que j’ai beaucoup de sympathie, sinon plus, pour le duo David Gordon Green/Danny Mac Bride aux manettes de ce remake. Et je le sentais bien, parce que j’aime leur travail donc mais aussi parce que leur projet a été adoubé par Big John (Carpenter) en personne (qui s’est même fendu du lifting de la mythique bande originale du film). Mais voilà, force est de constater que ce qui est propre au duo (les dialogues et scènes de dialogue, ainsi que tout ce qui a trait aux lycéens) ne fonctionne pas vraiment. Le reste en revanche i.e. les scènes d’action/de meurtre constitue selon moi un bel hommage/une belle relecture du film original. Que j’ai revu du coup, comme beaucoup j’imagine, et qui est vraiment un putain de chef d’œuvre de sa mère à 100 coudées au-dessus de celui-ci, ça va sans dire.

Attention Michael, derrière toi !!!

 

La Nuit a dévoré le monde

Ici.

 

L’Empereur de Paris

C’est mollasson… Ca frise même le téléfilm patrimonial de luxe financé par le service public. De fait, c’est une nouvelle variation autour du personnage de Vidocq, figure du patrimoine français historique et télévisuel. Mais ça se regarde car c’est assez joli, que Vincent Cassel, relativement sobre, donne le change et que j’étais sans doute bien luné.  Les 2 retraitées assises derrière moi gloussaient à chaque apparition d’un Luchini en roue libre, caricatural au possible : elles ont passé un bon moment, comme toute la salle je pense. On sent que Richet tente des trucs, qu’il veut faire un film populaire sans pour autant céder à la facilité. C’est louable on va dire. Totalement dispensable en revanche.

Les costumes masculins sont très réussis par exemple

 

Première année

Ici.

 

Everybody Knows

Le film s’est unanimement fait casser, et là encore, je comprends pas. De 2 choses l’une : soit les précédents films du réalisateur (que je n’ai pas vus) sont des chefs d’œuvre, soit les critiques ne voient que des chefs d’œuvre. Parce que bon, ok, c’est un peu lourd, un peu trop adulte, un peu trop psychologisant m’enfin, ça reste bien écrit, bien exécuté, bien dirigé. Comprends pas.

Guapos.

 

Ami-Ami

Mignonne rom-com sortie en catimini en début d’année, et retirée de l’affiche tout aussi discrètement (et rapidement). C’est très anecdotique, ça manque d’ampleur (et de moyens) mais c’est mignon. Disons que dans le registre de la rom-com française, ça se hisse sans mal au dessus des merdes habituelles. Featuring un excellent Jonathan Cohen en second rôle-scene stealer, comme d’hab.

 

The Guilty

Je trouve la toute fin un peu too much (difficile d’en dire plus sans spoiler) mais difficile également de faire la fine bouche devant un scenario aussi bien ficelé, et devant un film-concept (un mec au téléphone pendant 1h30 sans qu’on voit jamais ses interlocuteurs à l’autre bout du fil) qui parvient très vite à nous le faire oublier. Le concept. A part ça, confirmation que le danois est bien la langue la plus moche du monde après le néerlandais.

« La COGIP, bonjour »

 

Revenge

Suite à la défection de Danny Boyle pour la réalisation du 25ème Bond, le Guardian a listé ses remplaçants potentiels (Joe Wright, etc) et Coralie Fargeat en faisait partie. Faut quand même pas déconner mais ça prouve bien que son film a marqué les esprits, notamment à l’étranger (finalement ça sera Cary Fukunaga). Ici.

 

L’Amour est une fête

Ici.

 

Les Frères Sisters

On peut se dire « tout ça pour ça », toute cette violence, toute cette introspection, tout ce pataquès, pour finir chez maman et dans son lit de quand on était petit. On peut aussi trouver ça touchant, voire essentiel quelque part. Je suis dans le camp des gentils donc je l’ai choisi. Mon camp. Quoiqu’il en soit, un film direct et modeste, presque inespéré de la part de Jacques Audiard.

Les frangins Soeurs

 

Une pluie sans fin

Le prototype du BFC, le Bon Film Chiant: c’est objectivement bien mais on s’y emmerde pas mal (moi en tout cas). Et puis les similitudes sont trop nombreuses avec le génial Memories of Murder. En sa défaveur, donc.

 

First Man

2 mois après, je sais toujours pas quoi en penser en vérité. Mieux, je peux toujours pas dire si j’ai aimé ou pas… Ce qui est plutôt une bonne chose n’est-ce pas ? Sur le coup, j’ai trouvé ça solide, cohérent, maîtrisé, quoiqu’un peu trop doloriste à mon goût: Damien Chazelle a décidément une sorte de culte de l’épreuve morale, une passion pour la souffrance, qui m’agace et à laquelle je n’adhère pas, tout simplement, sur le plan moral et personnel. Et puis il y a la séquence de l’alunissage, superbe et surtout, cette toute dernière séquence entre le couple Armstrong, terrassante de tristesse, qui finit de faire de ce film un long poème noir assez impressionnant mais qui m’a pas mal déprimé. D’où ce classement modeste pour un film qui méritait sans doute mieux.

Spoiler, merde !!!

 

Le Grand bain

Ici.

 

Amanda

A chaud, il était dans la catégorie supérieure. Avec un peu de recul… C’est sans doute un très bon film d’un point de vue purement objectif mais je suis resté un peu à l’écart. Vincent Lacoste me paraît encore un peu « juste » dans l’émotion pure, j’ai l’impression qu’il a du mal (c’est con à dire mais il pleure très mal par exemple). Les dialogues manquent un peu de naturel à mon goût, de même que tout ce qui a trait à l’attentat (très très délicat évidemment, d’autres se seraient planté de manière beaucoup plus embarrassante voire révoltante). Le défilé de guests (Elli Medeiros, Luke Haines des Auteurs, Jarvis Cocker pour la chanson du générique, Marianne Basler et Greta Scacchi en mode retour de hype, et je ne parle même pas de la subtile référence pour happy few aux Go-Betweens, n’en jetez plus) frise l’étalage de bon goût un peu gratuit. Après évidemment, il y a une lumière (au sens propre et figuré) sublime, une grande subtilité, une science de la narration et du montage… La séquence de fin à Wimbledon est magnifique. Anecdotique mais je me suis fait la réflexion: le film donnerait presqu’envie aux indécrottables provinciaux de vivre à Paris. Presque.

La chiale

La session de rattrapage 2

Millenium, les hommes qui n’aimaient pas les femmes

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Alors oui, évidemment, c’est très bien réalisé, c’est fluide, c’est prenant bla bla bla. Mais enfin… Il est quand même sacrément largué plastiquement/esthétiquement Fincher non ? A part Zodiac qui l’oblige par la force des choses à se débarrasser de ses tics habituels, tous ses films se déroulant à notre époque sont d’une laideur… Et vas-y que je te colle des filtres jaunasses (ou verdâtres) partout, que j’appelle Trent Reznor à la rescousse pour glauquifier encore tout ça… Pfffff c’est cliché bon sang… Et puis ce penchant pour le cyber-punk… Oui, c’est bon, t’énerve pas, je sais qu’on dit plus « cyber-punk » depuis la fin des années 90 mais justement, il est bien là le problème : Fincher est resté scotché à l’esthétique 90s. Ca me sort du film moi. Enfin, j’imagine que je réagis à ça comme le ferait un fan de Ministry devant Moonrise Kingdom. Un dernier truc : c’est quoi cette connerie d’anglais à l’accent suédois qu’adoptent les acteurs ? Ils peuvent pas parler anglais normalement ? Ou alors à ce moment-là, pourquoi ne pas prendre des acteurs suédois ? Ca évidemment…

Bon, la scène « clé » dans la maison du tueur est magistrale évidemment et la fin est chouette, je dis pas, et du coup j’ai quand même salement envie de voir la suite. Comme quoi, malgré les 2h30 de tension, investigations, poursuites etc précédant, c’est le volet romance qui l’emporte. En vrai, c’est un petit chaton cette Lisbeth.

Young Adult

young-adult
Parfois je me demande si les gens regardent vraiment les films. Ou s’ils sont pas un peu cons (NB : j’ai ma petite idée).

Là par exemple: je crois que j’ai lu UNE critique (sur une grosse quinzaine) qui a selon moi mis le doigt sur ce qu’était réellement ce film. Toutes les autres, qui avaient presque réussi à me dissuader de le voir, parlent soient d’une comédie gentiment vitriolée (non mais je rêve, genre un truc pour lectrice de Fémina qui voudrait s’encanailler avec un peu de mauvais esprit) soit d’un objet détestable de coolitude condescendante (NON MAIS JE RÊVE). Heureusement, j’ai été bien conseillé et j’ai fini par le voir (merci, bro).

Ne pas se fier donc aux avis communément répandus : ça n’est pas dans la veine de Juno ou de In the air, films de petit malin avec sourire en coin. La bo est super cool (un film qui débute par une de mes chansons préférées de tous les temps et qui lui donne une importance capitale dans l’intrigue ne peut pas être mauvais) mais tout le reste : not so cool. Descente aux enfers. Voie sans issue. La vraie, celle qui prend les oripeaux du film grand public et qui te salope bien tout ça de l’intérieur. Qui te renvoie à tes propres référents et leur file une bonne grosse baffe dans la gueule.

J’arrête là, je vais pas en faire des caisses : c’est pas un chef d’œuvre, c’est pas un must absolu. Y a des défauts, quelques raccourcis ou facilités, ça parlera pas à tout le monde, et je suis clairement dans la cible donc pas super objectif, je suis d’accord.
En revanche, c’est réellement le film le plus noir que j’ai vu depuis longtemps. Vachement plus sombre que le Fincher justement, et de loin. Du cynisme au sens où on ne l’entend plus, du désespoir même. Et à ce titre il mérite le coup d’œil.

#3 Alfie – Do You Imagine Things ?

alfie - do you imagine things?
Ah tu l’avais pas vu venir çui-là hein ? Moi non plus à vrai dire. C’est d’ailleurs le cas à chaque fois que je pense à mon top (eh oui, je fais partie de « ces gens » qui pensent régulièrement à leurs tops. Avec un s, absolument): je me dis que je ne peux décemment pas faire passer cet album devant un Tim Buckley,  un Van Morrison, un Robert Wyatt, que, si tu as suivi mon idée, tu ne trouveras donc pas dans ma sélection (Grande remise, le bon goût décomplexé). Et du coup je le réécoute. Et je suis scotché. 10 ans que ce disque me scotche à chaque fois que je le réécoute alors forcément…

Alfie donc. Groupaillon originaire de Manchester et signé à la fin des années 90 sur le label de Badly Drawn Boy. Ils seront d’ailleurs son groupe de scène avant d’enregistrer leurs propres chansons. Premier album gentillet et totalement ignoré, y compris par moi. Deuxième album, Do You Imagine Things ? Boum. Chansons impeccables. Arrangements chiadés mais justes, jamais ostentatoires. Psychédélisme austère et un peu rugueux, lennonien, définitivement lennonien. Et jusqu’auboutiste : My Blood Smells Like Thunderstorms, quel magnifique titre pour une chanson, déjà.  Un genre de sunshine pop mancunienne enfin, donc soleil voilé, pour le moins. Super disque, vraiment. Bon, ok, le chanteur est un peu faible… Un peu quelconque…

C’est précisément ce que j’aime bien également : les mecs ne sont clairement pas taillés pour ces chansons. On les sent un peu désemparés, pris dans une espèce de tourbillon qu’ils ne maîtrisent pas, en pilotage automatique d’un moment de grâce. Comme si tu te retrouvais à emballer sans difficulté et à ta plus grande surprise Charlize Theron dans une soirée : tu ressembles à rien mais on dirait bien que tu lui plais et tout ce que tu peux dire la fascine ou la fait rire. Et en te réveillant à ses côtés le lendemain matin, t’y crois toujours pas. Du coup t’es plus effrayé qu’autre chose et tu donnes aucune suite (Grande remise, le blog où tu chopes Charlize Theron ET TU LA RAPPELLES PAS). Donc la soirée d’après, tu revois tes ambitions à la baisse. C’est très exactement ce a fait qu’Alfie en livrant un 3ème album assez réussi mais beaucoup plus modeste. Puis le groupe jettera l’éponge, découragé par l’indifférence du public (les critiques elles, sont plutôt très bonnes tout du long).

J’aimerais bien savoir ce qu’ils sont devenus tiens… Ils deviennent quoi ces gars qui ont une petite notoriété, sortent parfois un super album mais se voient contraint d’arrêter faute de ventes décentes ? Comme ces joueurs de foot qui malgré une belle carrière n’ont pas acquis un statut suffisant pour se reconvertir en consultants ou panneaux publicitaires et du coup… bah reprennent une vie « normale ». Nicolas Ouédec, typiquement, est aujourd’hui gérant d’un hôtel Première Classe dans la banlieue de Nantes. Merde, Nicolas Ouédec quand même ! Tristesse…