#53 Mellow – Dragonfly

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Parmi les artistes/groupes plus ou moins estampillés French touch et plus ou moins rétro-futuristes apparus au tournant de l’an 2000 et dans le sillage du Moon Safari de Air, les parisiens de Mellow sont les seuls à avoir disparu un peu brutalement, alors que les autres (Rob, Phoenix, Sébastien Tellier) s’en sont tous bien tiré.

Mellow est né sous l’impulsion de Patrick Woodcock (un briton cousin de Raoul Bitembois ?), étudiant en architecture en compagnie de Nicolas Godin de Air. Logiquement, on l’entend sur les 1ers enregistrements des Versaillais : le sublime tuba de Ce matin là ou Casanova 70, c’est lui. Logiquement, toujours, il crée rapidement son propre groupe en compagnie du dénommé Pierre Bégon-Lours. Qui, logiquement encore, sonne comme un juke-box parfait des années 66-73. Dont tout un chacun sait qu’il s’agit des meilleures. Logiquement.

Dragonfly est le deuxième album de Mellow. Il s’agit de la bande-originale du film CQ de Roman Coppola. L’intrigue du film se situe durant le tournage d’un film, Dragonfly, genre de Danger Diabolik ou de Barbarella bis, une fantaisie 60s-pop donc, parasitée par les événements de mai 68 (le tournage a lieu en France). On pourrait croire que le groupe s’est un peu noyé dans le projet et qu’il n’a pas totalement eu la main (puisqu’il s’agit d’une commande) mais je pense au contraire que c’est ici qu’on entend le meilleur de Mellow : leur son patiné et rétro qui nécessite instruments et matériel d’époque a sans doute bénéficié d’un budget assez confortable (ça paie pas mal de composer des bo…).

Du coup, Drangonfly, le disque, est un véritable festival d’effets électroniques vintages, de cordes, sitars, choeurs planants, qui s’allient pour rendre hommage aux bo de l’époque : celles des séries B italiennes type Danger Diabolik donc mais aussi celles composées par François de Roubaix, Henri Mancini ou Burt Bacharach. En un mot comment en cent, ça vintage sec, ça vintage dur, et ça vintage très, très bien: au-delà d’un exercice de pastiche amoureux, Mellow parvient à insuffler sa patte, avec des lignes mélodiques caractéristiques et très identifiables qu’on retrouve sur ses 2 autres albums (le premier, Another Mellow Winter et le 3ème, Perfect Colors).

Le groupe a sorti un EP en 2014, City Lights, son premier enregistrement depuis 10 ans. Très chouette. Il était censé annoncer un 4ème album prévu pour 2015. Bon. On est plus à un 1 ou 2 ans près remarque.
C’est en tout cas un retour qui me fera très plaisir, j’adore ce groupe que je croyais définitivement disparu.

#8 Les Bronzés font du ski

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Lydia et Giovanni sont mariés, mais leur amour est à l’agonie. Après une nuit mouvementée, où chacun va aller de rencontres en séductions, ils se retrouveront pour une dernière étreinte…(Allocine)

Je préfère celui-ci aux Bronzés car il est davantage loufoque et modeste: on sent trop dans Les Bronzés la volonté d’épingler une tendance, d’avoir un pseudo-discours vaguement sociologique sur le Club Med, les post-soixante-huitards, la libération sexuelle blablabla. Il est chouette évidemment, y compris pour ces raisons là, mais on sent trop le regard condescendant et goguenard à mon goût. Dans celui-ci, rien de tout ça : juste la volonté de se marrer de et avec des personnages désormais bien connus des spectateurs. De « juste » faire une comédie. Seuls Bernard et Nathalie (Jugnot et Balasko) continuent plus ou moins d’être moqués comme les épouvantables nouveaux riches qu’ils sont (l’arrivée dans leur location + délogeage des précédents occupants = grand moment).

J’avais lu un truc lors de sa dernière diffusion télé comme quoi Les Bronzés font du ski enregistrait toujours une des meilleures audiences de l’année malgré ses innombrables passages (une fois par an non? Invariablement sur TF1 en tout cas). Ca tendrait à prouver que le film traverse les générations et qu’il ne joue pas que sur la fibre nostalgique de celles et ceux qui l’ont découvert, et aimé, durant leur enfance ou adolescence.
C’est du moins ce que j’aime à croire car je pense, sincèrement, que ce film est extrêmement drôle, extrêmement précis, extrêmement bien rythmé. Je sais que j’ai tendance à me réfugier dans la nostalgie mais merde, c’est pas Camping, si ?
Si oui, et que dans 15 ans la trilogie d’Onteniente a atteint le même niveau de popularité et de culte, je promets un top Antonioni sur Grande remise.

#52 Eric Matthews – The Lateness of the Hour

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Eric Matthews est déjà présent dans ce classement via le disque de Cardinal. Peu après ce coup de maître (1995), il a sorti son premier album solo, It’s Heavy in Here, suivi de près par celui-ci (en 1997).
La 2ème moitié des années 90, c’est un peu son apogée : à la même époque, on entend sa trompette chez les Dandy Warhols ou chez Tahiti 80, qu’il produit également. Après ça… C’est devenu moins bien tout simplement, même si toujours très écoutable (c’est le moins qu’on puisse dire). C’est pas grave : 4-5 grandes années, c’est déjà très bien pour un groupe/musicien, tout le monde n’est pas Neil Young ou David Bowie.

Quoiqu’il en soit, sur The Lateness of the Hour, Eric Matthews est au top de ses capacités de songwriter et de producteur. Son art, quoiqu’issu de la tradition pop des années 60 de manière assez évidente, reste selon moi assez unique en son genre : difficile de le rattacher à un groupe/artiste en particulier, et difficile de lui attribuer une quelconque descendance. A l’image de sa belle voix douce, ses mélodies sont un peu voilées mais toujours sinueuses, très sophistiquées: ile cherche pas vraiment la facilité, c’est le moins qu’on puisse dire. Paradoxalement pour un type avec un tel bagage de musicien classique, il n’hésite pas à mettre les guitares en avant : la pièce maîtresse de l’album est ainsi pour moi The Pleasant Kind, qui bénéficie d’un riff prodigieux joué par le grand Jason Falkner, cet autre esthète pop (je ne trouve pas de lien audio, désolé). Ce riff, qui tient et traverse toute la chanson telle une colonne vertébrale élastique, m’obsède littéralement depuis des années, je le trouve d’une virtuosité et d’une originalité folles.

#44 Katerine – 8ème ciel

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Encore un énorme et incompréhensible oubli dans mon top. Je reviens donc un tout petit peu en arrière avant de repartir sur la véritable suite demain.

Katerine est un artiste avec lequel j’entretiens un lien très fort, au même titre qu’un Sébastien Tellier par exemple, mais plus encore. Sans doute pour la simple et bonne raison qu’il m’est cher depuis plus longtemps. J’en parle ici par exemple. Ce lien fort confine parfois à l’absurdité, à la stupidité pure et simple : je supporte pas qu’il soit avec Julie Depardieu par exemple. Bon…

Katerine, je l’écoute depuis ses débuts:  comme Dominique A, je l’ai découvert, et avec moi les gens de ma génération, chez Bernard Lenoir sur France Inter. J’ai donc suivi, et aimé, son évolution jusqu’à aujourd’hui et son superbe dernier album, Katerine: le film. La pop « bêbête » des débuts, celle plus tricatelienne des Mauvaises fréquentations, le lâchage salutaire des Créatures, le pétage de plombs electro de Robots après tout et le succès commercial qui s’en est suivi, l’absurde enfantin et post-moderne de Philippe Katerine (absolument génial cet album, complètement sous-estimé; pour resituer, c’est celui où il apparaît avec ses parents sur la pochette): j’aime tout, tout, tout. J’ai pu avoir des petits accès de désamour parfois mais ça n’a jamais duré très longtemps. Même Magnum, je l’aime au fond, je lui trouve plein de qualités.

Le Katerine que je préfère, c’est celui de 8ème Ciel : souple, détendu, solaire, inspiré, il y est selon moi à son apogée, ayant trouvé un parfait équilibre entre son talent, immense, d’auteur-compositeur et de musicien, et ses velléités de poète un peu surréaliste, créateur d’images fortes et libres. C’est aussi l’album où transparaît le plus son amour pour Helena Noguera, avec qui il était à l’époque : c’était un beau couple à tous les niveaux et artistiquement, 8ème Ciel est un album que j’aime à croire à l’image de cette relation, que j’imagine donc apaisée, harmonieuse, hédoniste, pleine de douceur et de fantaisie. Et d’amour, donc.

J’ai également vu Katerine en concert à chacune de ses périodes, et cette tournée 8ème Ciel, en 2002 il me semble, restera pour moi la meilleure : il s’y produisait avec les Recyclers, formation moelleuse et funky des plus élégantes. Lui-même apparaissait à son meilleur, dandy cool doucement affable et spirituel, esquissant même ça et là un timide pas de danse. C’était la fin de l’été, il faisait beau et bon, il y avait du monde mais pas trop, la musique était belle, je l’écoutais avec des gens que j’aime. C’était un moment parfait et un de mes meilleurs souvenirs de concert.

#7 The Big Lebowski

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Jeff Lebowski, prénommé le Duc, est un paresseux qui passe son temps à boire des coups avec son copain Walter et à jouer au bowling, jeu dont il est fanatique. Un jour deux malfrats le passent à tabac. Il semblerait qu’un certain Jackie Treehorn veuille récupérer une somme d’argent que lui doit la femme de Jeff. Seulement Lebowski n’est pas marié. C’est une méprise, le Lebowski recherché est un millionnaire de Pasadena. Le Duc part alors en quête d’un dédommagement auprès de son richissime homonyme…(Allocine)

« Le Duc ».

Top 5 material. Un des films que j’ai le plus vus de ma vie.
Sinon quoi ? Bah, The Big Lebowski est très vite devenu culte, il est aujourd’hui un classique, tout le monde l’a vu au moins une fois, tout le monde sait qu’il est génial, pas la peine de faire l’article.

No fun fact : en bon gros fan du film qui se respecte, j’ai acheté un magnifique t-shirt à l’effigie du Dude. Je l’ai porté un jour au boulot et récolté les compliments du patron.

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3 semaines plus tard, alors qu’il rentrait d’un weekend prolongé à New-York (oui, il fait partie de ces personnes qui passent « un weekend prolongé à New-York« ), il déboule tout guilleret avec exactement le même t-shirt, même couleur et tout. Le même quoi. Du coup évidemment, impossible pour moi de le porter à nouveau pour aller bosser: sans compter qu’on aurait l’air bien con si on le portait tous les 2 le même jour, il serait tout à fait capable de me reprocher d’avoir acheté le même t-shirt que lui.

Ca me fait chier parce qu’il est vraiment super ce t-shirt et qu’il me va à merveille.

Merci patron.

#6 Les Beaux Gosses

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Hervé, 14 ans, est un ado moyen. Débordé par ses pulsions, ingrat physiquement et moyennement malin, il vit seul avec sa mère.
Au collège, il s’en sort à peu près, entouré par ses bons copains.
Sortir avec une fille, voilà qui mobilise toute sa pensée. Hélas, dans ce domaine, il accumule râteau sur râteau, sans toutefois se démonter.
Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve dans la situation de plaire à Aurore, l’une des plus jolies filles de sa classe.
Malgré des avances de plus en plus évidentes, Hervé, un peu nigaud, ne se rend compte de rien.
Quand enfin il en prend conscience, Aurore refuse de sortir avec lui. Puis, sans prévenir, elle se jette dans ses bras.
Enfin, il sort avec une fille !
Grand amateur de branlettes et de films X, Camel, son meilleur ami, convainc Hervé d’essayer de coucher avec sa copine.
Devant son copain, Hervé se vante de sa virilité, mais quand il est avec Aurore, c’est une autre affaire… (Allocine)

Premier film français de mon top (spoiler : y a que des films américains et français) et un parfait représentant de ce regain de vitalité dans la comédie française dont je parlais dans mon premier billet.

Si le teen movie est ce genre américanissime qui paraît totalement inexportable, Les Beaux Gosses est la géniale exception qui confirme la règle : on parle souvent à son sujet de « Supergrave à la française » et c’est très juste. Les similitudes sont très nombreuses, sans qu’on puisse néanmoins jamais suspecter Sattouf de plagiat.

Car ce qui fait la véritable réussite du film, c’est le « à la française » : loin de vouloir singer les modèles états-uniens donc, Riad Sattouf a l’intelligence de ne garder pour point commun que le fond (les personnages d’ados, l’obsession pour le cul, le bouleversement provoqué par la première romance), la forme étant irrémédiablement made in province (le film a été tourné à Rennes). Ici les ados ne sont pas (tous) cools, pas (tous) beaux, pas (tous) dotés d’une brillante répartie et n’arborent pas tous les marques les plus voyantes de l’american way of life. Hervé, le héros, vit dans une HLM. Camel, son meilleur pote, utilise le catalogue de La Redoute comme support principal de ses fantasmes/branlettes etc. C’est indubitablement français mais ça reste en même temps suffisamment vague. C’est ce qui participe grandement à l’ancrage réaliste du film, et à son pouvoir d’identification : Les Beaux Gosses a été tourné à Rennes mais ça n’est jamais mentionné ni visible : les décors, en dehors du lycée, sont ceux d’une banlieue et d’une ville anonymes. De même, difficile de situer la période : on évoque 50 cents ok (et Jean-Luc Reichmann), mais quelle année exactement, on n’en sait rien. Tout est un peu délavé, un peu grisâtre, un peu glauque. Comme le monde vu à travers les yeux d’un ado, celui que nous voyions lorsque nous avions 15 ans, et ce qu’elle que soit l’époque et la région dans laquelle nous habitions, le monde des Beaux Gosses n’est pas très beau.

Rétrospectivement, on a l’impression que le succès du film à complètement galvanisé Riad Sattouf : il a ensuite réalisé le tout aussi génial Jacky au royaume des filles, dans un registre totalement différent, et il a également sorti les 2 sublimes premiers volumes de L’Arabe du Futur, son magnus opus, qui raconte son enfance et son double héritage culturel (la Bretagne de sa mère, la Syrie de son père). Le 3ème tome (il y en aura 5 en tout) sort d’ailleurs dans pile-poil un mois.

Pour en revenir au cinéma, c’est peu dire qu’après 2 premiers films aussi drôles, subversifs et réussis, j’attends la suite avec impatience.

#5 Austin Powers 2, l’espion qui m’a tirée – The Spy Who Shagged Me

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Austin Powers s’est très bien adapté aux années 90. Il a repris son activité de photographe de mode et vit avec sa femme Vanessa. Mais le sinistre docteur Denfer rêve toujours de l’éliminer. Il construit pour cela une machine à explorer le temps et remonte en 1969 pour extraire la libido du corps congelé d’Austin Powers, le « mojo ». Le super espion ne pouvant rester dépourvu de son pouvoir d’attraction, il fait lui aussi le voyage et retrouve son ennemi mortel sur la Lune. Escorté par l’agent Felicity Bonnebez, Austin Powers va une fois de plus faire échouer ses plans diaboliques.
(Allocine)

Ca parait sans doute dingue maintenant, notamment pour les plus jeunes qui ne voient peut-être pas du tout de qui il s’agit, mais à l’époque de la sortie de ce deuxième volet, Mike Myers était un peu le roi du monde de la comédie : il sortait d’une brillante carrière au Saturday Night Live, puis du succès des 2 volets de Wayne’s World, puis de celui du premier volet des aventures d’Austin Powers. Celui-ci a marché encore plus fort, à tel point que le 3 allait encore plus loin : plus de moyens, de promo, de stars… pour un résultat un peu décevant. Mais quand même très chouette : j’avais été assez déçu à l’époque et en le revoyant, ben c’est vraiment pas mal, notamment grâce au personnage de Goldmember, excentrique rouquin néerlandais amateur de peaux mortes (rien que ça…).

Bon, toujours est-il que j’ai vraiment hésité entre le 1 et le 2 et c’est finalement celui-ci qui l’emporte d’une courte tête en raison de tout ce qui gravite autour du Dr Evil : ses sbires, son fils (Seth Green en caricature d’ado mal dans sa peau et en rébellion contre son géniteur) et bien sûr Mini Moi. Nom de Dieu, ça va loin avec lui quand même !

Ce que j’aime dans cette franchise, c’est qu’outre les gags et situations qui me font mourir de rire, on sent en permanence la tendresse de Myers pour son personnage et tout ce qu’il représente (l’amour libre, l’esprit des années 60 et du swinging London pour faire court). Ca transparaît également à travers le featuring de Burt Bacharach dans les 2 premiers volets. C’est con mais ce sont 2 passages qui m’émeuvent à chaque fois car c’est quelqu’un pour qui j’ai une énorme admiration et qu’il en va manifestement de même pour Myers. Et puis si on grossit évidemment le trait niveau costumes et décors (mais c’est la règle du jeu dans une parodie), il ne fait pas n’importe quoi, au contraire : Burt Bacharach en guest-star donc mais aussi Elvis Costello, des références en veux-tu en voilà à James Bond bien sûr mais aussi Danger Diabolik, Notre Homme Flint etc. Enfin, on reconnaît dans le groupe qui joue sur les brefs jingles qui parsèment le film, les excellents Susanna Hoffs et Matthew Sweet. C’est précis quand même !
Ce sont des films que j’avais adoré à leur sortie et je pensais qu’ils avaient pris un petit coup de vieux mais pas du tout, ils restent tout aussi drôles, rythmés, attachants. C’est une très bonne surprise.

Et donc, pour en revenir à ce que je disais en introduction, c’est un peu dingue cette trajectoire du principal intéressé puisque Mike Myers a aujourd’hui totalement disparu des radars. Il a fait la voix de Shrek puis écrit, produit et interprété Love Guru qui s’est bien planté et puis plus rien (hormis une apparition étonnante dans Inglorious Basterds). Je me demande si ce retrait est un choix personnel ou s’il est tout simplement jugé has been. Je sais pas.

Dans le même registre, je recommande donc :

Austin Powers (le 1)
Austin Powers dans Goldmember (le 3)

#4 Anchorman – Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy

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Dans les années 70, Ron Burgundy est présentateur vedette à la télévision locale de San Diego. Quand le féminisme entre à la rédaction sous la forme de la présentatrice ambitieuse Veronica Corningstone, Ron se montre tolérant tant que cette dernière reste à sa place. Mais quand celle-ci se campe derrière le bureau des actualités, une véritable guerre se déclenche entre les deux journalistes… (Allocine)

Tu sais quoi ? Parfois les choses sont bien faites. Ainsi, ce top 4 figurerait certainement dans le top 5. Il s’agit en outre d’une comédie avec Will Ferrell, mon héros et maître absolu en la matière, et acteur le plus représenté dans ma sélection.

Anchorman est un film génial car

– il réunit plusieurs piliers de la neo-comédie : Ferrell donc mais aussi Paul Rudd, Steve Carrell, Vince Vaughn et David Koechner aka le-chauve-un-peu-vulgaire-qu-on-sait-jamais-comment-il-s-appelle.

– Son action se situe dans les années 70, terreau fertile pour la comédie (moumoutes, postiches, décalages sociétaux et tout le tintouin) et dans le milieu de la télévision (dont le cinéma aime toujours gentiment se moquer).

– Y a plein de guests très cools dans une séquence mémorable.

– Y a Christina Applegate pour laquelle j’avoue avoir un petit faible, et qui est une super actrice de comédie.

Will Ferrell évidemment, qui trouve dans le personnage de Ron Burgundy le vecteur parfait pour le personnage qu’il a créé et perfectionné au fil des années et qu’il interprète mieux que personne, celui du type très con et sûr de lui.

Je connais ce film par cœur, ses répliques me viennent en tête n’importe où, n’importe quand, dans la rue, chez moi, en réunion. Je peux le revoir à l’infini. « Hey, lady in the red hat, yeah! »

Ca y est, j’ai envie de le revoir…

Dans le même registre, je recommande :

Ricky Bobby, roi du circuit
Anchorman 2
à un degré moindre Very Bad Cops
soit les autres collaborations de Will Ferrell avec son binôme, le réalisateur Adam MacKay.
J’omets volontairement leur chef d’oeuvre, Frangins Malgré Eux, j’y reviendrai plus en détail.

#3 L’Amour Extra-Large – Shallow Hal

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A l’âge de neuf ans, Hal Larsen se voit conseiller par son père mourant de toujours fréquenter de jolies jeunes filles au corps mince et parfait. A l’aube de son trentième anniversaire, Hal n’a toujours pas trouvé le grand amour, et pour cause, il est resté superficiel. Seul compte pour lui la beauté physique, le reste chez une femme n’a aucune importance à ses yeux.

Dans un ascenseur, il fait la connaissance de Tony Robbins, un gourou qui l’hypnotise et lui permet de discerner la beauté intérieure d’autrui. Hal voit alors en Rosemary Shanahan, qui pèse plus de 135 kilos et travaille dans l’humanitaire, la femme la plus belle du monde. Il tombe aussitôt amoureux d’elle.
Lorsque le sort prend fin, il découvre que celle-ci est obèse. Il doit alors choisir entre la renier pour son apparence physique et l’aimer pour ce qu’elle est vraiment. (Allocine)

Les choses étant VRAIMENT bien faites, la 3ème entrée est un film des frères Farrelly, que je place très, très haut dans mon panthéon personnel (mon panthéon tout court, pas seulement pour les comédies).
J’ai le souvenir d’une séance parfaite (c’était déjà le cas pour Fou(s) d’Irène) : j’attendais le film avec impatience et il est allé au-delà de mes espérances. Le duo formé par Jack Black et Jason Alexander est absolument génial, presque douloureux de justesse pour nous, les hommes et LA plus-valu du film pour parler vulgairement, c’est son message bien sûr, d’une subtilité et d’une humanité incroyables : il n’y a qu’eux pour délivrer une variation aussi fine et subversive sur le thème de la beauté intérieure.

Je l’ai revu un nombre incalculable de fois depuis, je le connais par cœur. La séquence de la danse sur Too Young de Phoenix (déjà…) est une de mes préférées toutes comédies confondues. Jack Black nom de Dieu !

Dans le même registre, je recommande :

Deux en un, peut-être le meilleur film des Farrelly . Et tous leurs films en vérité. J’y reviendrai.

#2 American Pie

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Mortifié pour avoir été surpris par ses parents devant un film X, Jim, élève de terminale, fait un pacte avec sa bande de copains : ils doivent devenir des hommes avant leur entrée à la fac. Il leur reste trois semaines pour utiliser toutes les techniques possibles de séduction. Tous les moyens sont bons, même les plus inattendus, car chaque jour compte. Une chose est sûre, Jim ne regardera plus jamais une tarte aux pommes de la même façon ! (Allociné)

Les choses étant vraiment bien faites, la 2ème entrée du top est une comédie conforme à la ligne éditoriale parfois je-te-fais-recracher-tes-Chocapics de Grande remise.

Mais le fait est que j’adore ce film. A tel point que je le connais vraiment par cœur et que certaines répliques font désormais partie de mon « lexique » personnel.
Ca n’a pas toujours été le cas : je l’avais même trouvé non seulement nul mais assez détestable la toutoute première fois en salles. Je me souviens qu’à l’époque, prof dans un collège, mes élèves me suppliaient de le leur diffuser lorsque, le programme bouclé et les conseils de classe derrière nous, nous passions les dernières heures de cours à regarder des films. Je me souviens m’être dit que merde, on est mal barré avec de pareils apprentis cinéphiles : j’ai l’air malin maintenant.

C’est en discutant ardemment sur le forum cinéma d’Allociné avec un de ses brillants défenseurs, un internaute très érudit et raffiné, que j’ai envisagé de lui donner une 2ème chance et que son génie (son GENIE) m’est apparu évident.
Même si le « message » (pour utiliser un trop grand mot pour un film aussi premier degré) est tout à fait respectable, on est pas chez Apatow ou les Farrelly ici: l’objectif, c’est avant tout la marrade. Et là évidemment, rien de plus subjectif (avec la frousse: ce qui me fait rire/peur te laissera peut-être indifférent et inversement, et ça s’explique rarement de façon rationnelle). Mais il y a un vrai regard plein de tendresse sur chacun des héros du film, ça aussi ça a fini par me toucher. Et ma propre tendresse pour ce film m’a amené, au bout du compte, à me faire sourire jusque lors de la scène la moins drôle du film, celle qui lui donne son titre.

Au final et rétrospectivement, American Pie restera un spécimen assez unique dans le paysage de la comédie américaine : ni rejeton du Saturday Night Live, ni neo-comédie à la Apatow, il est un teen movie humble et sans prétention qui n’a lui même pas vraiment fait école ni porté chance à ses principaux acteurs. Je n’ai ainsi aucun film à recommander dans la même veine : Porky’s, son « modèle », a quand même vachement vieilli, et ses différentes suites ne sont pas du même niveau.

Les plus sceptiques noteront enfin que son co-créateur et co-réalisateur, Paul Weitz (qui a co-signé le film avec son co-frère, Chris Weitz) a par la suite signé plusieurs comédies adultes et subtiles des plus recommandables. J’y reviendrai dans un futur billet.