#19 Fou(s) d’Irène

Fou(s) d'Irène

Charlie Baileygates est un policier souffrant de troubles de la personnalite. Apres avoir suivi un traitement medical, il se voit confier la mission d’escorter Irene Waters dans un autre Etat, ou elle est recherchee pour une grave violation au code de la route. Mais Charlie entame ce voyage en oubliant ses medicaments, permettant par la-meme a son alter ego derange, Hank, de refaire surface. Et lorsque les deux personnalites commencent a se disputer l’amour de leur belle prisonniere, Irene se rend compte qu’elle est finalement attiree… par les deux. (Allociné)

Souvenir d’une séance parfaite, similaire à celle vécue quelques années plus tard pour l’Amour Extra-Large.
A ce moment-là, au tournant de l’année 2000, les Farrelly ont vraiment la magic touch, ils sont les Beatles de la comédie. Tout ce qu’ils font est osé, drôle, intelligent et couronné de succès. Le début du film, qui constitue le préambule à la véritable intrigue purée… Le premier pétage de plomb de Jim Carrey… Idée de génie absolu : ses enfants sont noirs, mastoc ET tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le génie drolatique et humaniste des Farrelly dans cette seule idée. Ils reproduiront d’ailleurs le même schéma dans Deux en un, leur possible chef d’œuvre : Matt Damon et Greg Kinnear sont siamois mais ils vivent comme 2 personnes totalement distinctes sans que ça soit jamais bizarre ou incongru.

Une pensée enfin pour Renée Zellweger qui est ici à croquer et qui est désormais à pleurer.

#18 La Fille du 14 Juillet

la fille du 14 juillet
Hector qui a rencontré Truquette au Louvre le 14 juillet, n’a qu’une préoccupation : séduire cette fille qui l’obsède. Le meilleur moyen c’est encore de foncer l’emmener voir la mer et Pator ne saurait lui donner tort, surtout si elle est accompagnée de sa copine Charlotte…
Flanqués de l’inévitable Bertier, ils empruntent les petites routes de France dont les caisses sont vides. Car c’est la crise ! Il faut remettre la France au boulot et, en plein été, le gouvernement décide d’avancer la rentrée d’un mois.
Un chamboule-tout et quelques liasses de billets plus tard, le groupe se disloque à l’image d’une France coupée en deux, entre juillettistes et aoûtiens jaloux. Mais rouler en sens inverse du travail n’effraie pas le trio restant, bien décidé à retrouver La Fille du 14 juillet et à vivre un été débraillé. (Allociné)

Là normalement, j’aurais dû mettre La famille Tenembaum. Je n’ai pas remis en cause ses qualités ni l’affection que je lui porte, ça s’est joué sur la définition du top que je suis en train d’établir : jusqu’ici, même si certains films sont plus ou moins subtils, c’est quand même de la grosse rigolade. Les films de Wes Anderson peuvent être estampillés « comédies »: on y rit parfois, même si on y sourit plutôt, on est touché, ému, attendri, que sais-je encore et surtout, ils se terminent de manière positive pour le ou les personnages principaux, ce sont donc bien des comédies au sens étymologique du terme. Mais c’est pas les Farrelly quoi. C’est même pas Cuisine et Dépendances, dont l’humour est sans doute plus nuancé mais assez franc.
Dans ce registre de comédies plus douces-amères disons, La famille Tenenbaum et les films de Wes Anderson en général  sont des modèles. Mais j’ai pris le parti de la rigoulade donc exit ce type de films, tant pis (enfin, presque…). Parce qu’à ce moment là, faut que je mette aussi des Wylder (au moins un : La garçonnière), les Resnais écrits par BacriJaoui, Rozier, que sais-je encore… Quel pataquès !

La fille du 14 juillet est un film-coup de foudre, un truc auquel je ne m’attendais pas du tout et qui m’a totalement emporté. Je ne savais rien de l’intrigue, du style, du registre, des acteurs même, je l’ai donc découvert dans des conditions optimales, vierge de tout a priori (je savais simplement qu’il avait de très bonnes critiques). Pas en salle malheureusement mais c’est dire si le film m’a marqué. J’ai trouvé ça totalement fou, neuf, vivant, libre. J’avais tout simplement jamais vu ça dans un film : le côté libertaire ok, le côté Zidi ok, le côté Nouvelle Vague ok, mais alors les 3 ensemble, j’avais jamais vu ça. Dans le cas contraire, merci de vite me rencarder parce que ça m’intéresse. En tout cas j’avais pas autant ri devant un film français depuis très très longtemps. La Loi de la Jungle a ô combien confirmé le talent d’Antonin Peratjatko dans un registre détonnant ZAZ meets Pécas meets Rozier mais c’est La Fille du 14 juillet que je retiens, parce que j’ai un petit peu plus de recul sur lui et parce qu’il m’a fait l’effet d’une déflagration, d’un single fulgurant de punk rock.

#17 Dumb and Dumber

Dumb and Dumber
Après un malentendu à l’aéroport, deux amis, Lloyd et Harry, spécialistes de l’élevage de lombrics, partent à la recherche de Mary qui semble y avoir oubliée sa valise. Mais, ils se retrouvent au centre d’un complot.(Allocine)

« Spécialistes de l’élevage de lombrics » : le génie des types, déjà.

J’ai évoqué le choc, le mot n’est pas trop fort, qu’a constitué pour moi la découverte de ce film, lorsque j’ai parlé de sa suite, Dumb et Dumber De. J’ai pas grand-chose à ajouter : c’est un moment équivalent à la découverte de l’intro de This Charming Man des Smiths par exemple, une sorte d’épiphanie et de point de non retour à partir duquel tu prends perpète. Avec du ketchup/moutarde et du caca à la place des fleurs.

#10 La Chèvre

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La fille du Grand PDG Bens est tellement malchanceuse qu’elle se fait enlever alors qu’elle est en vacances au Mexique. Pour la retrouver, son père engage le détective privé Campana qu’il associe à un gaffeur invétéré dans l’espoir qu’il le rapproche de sa fille…(Allocine)

Je pourrais faire à peu près les mêmes commentaires que pour Les Bronzés font du ski. Et un peu de la même manière, je retiens celui-ci plutôt que Les Compères ou Les Fugitifs parce que dans ces 2 derniers, il y a une volonté un peu maladroite de faire davantage que de la comédie en créant de l’émotion cette fois, qui ne fonctionne pas toujours sur moi. Bon, après, quand la gamine des Fugitifs prononce ses premières paroles, (« t’en va pas »), de sa toute petite voix minuscule de moinillon malingre, évidemment…
La Chèvre c’est vraiment un modèle de comédie pure selon moi, qui fonctionne à merveille en utilisant des ressorts éprouvés mais éternels (le duo dissemblable et incompatible, la plongée dans un monde qu’ils ne maîtrisent pas etc.) que Francis Veber a part la suite usé jusqu’à la corde.

Le film est sorti en 1981, j’avais 8 ans. Pour une raison que j’ignore et qui était peut-être tout simplement due aux horaires des séances (enfin, le singulier, « horaire de la séance », serait plus juste je pense : le Pays Basque rural… 1981.. y avait pas 4 séances par jour quoi), incompatibles avec ceux d’un enfant de cet âge, je ne suis pas allé le voir au cinéma. Alors qu’à cet âge là, j’avais déjà vu Le bon, la brute et le truand par exemple. Et j’avais vraiment les boules, j’étais vert : tout le monde en parlait, mes frères et sœurs plus âgés qui l’avaient vu, les émissions de télé, même le journal de M. Yves Mourousi ! J’étais dégoûté, j’avais l’impression qu’on me privait d’un truc inestimable (même topo avec les Sous-doués passent le bac quelques mois plus tard). Du coup j’attendais le film comme un dingue, beaucoup plus que… Star Wars par exemple, pour citer un film qui aurait dû me passionner davantage.
Quand je l’ai finalement vu à la télé quelques années plus tard, j’ai vraiment pas été déçu (même topo pour les Sous-Doués passent le bac). Et je le suis toujours pas : rien que d’avoir posté l’affiche là, j’ai envie de le revoir !

#9 Bienvenue au gîte

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Couple en proie au stress de la vie urbaine, Caroline et Bertrand décident de tout quitter et de partir reprendre le gîte de leur amie Sophie en Provence. Une nouvelle vie commence : le soleil, les cigales, les oliviers, les clients et les villageois. Ils découvrent la joie d’avoir tourné une page, mais ne l’auraient-ils pas tournée trop vite ? (Allocine)

Personnage atypique dans le monde du cinéma français (auquel on ne peut pas dire qu’il appartienne vraiment de toutes façons), Claude Duty a réalisé son premier long-métrage à… 56 ans ! C’est celui pour lequel il a gagné une certaine notoriété, et sans doute celui pour lequel on se souviendra de lui : Filles perdues, cheveux gras, premier « grand » rôle au cinéma de Marina Foïs, jusque là uniquement connue comme membre des Robins des Bois. Avant ça, il avait essentiellement réalisé des courts-métrages, ce qui l’a amené à prendre en charge le département des programmes courts de Canal Plus dans la seconde moitié des années 90.

Filles perdues, cheveux gras a donc eu pas mal de succès en 2002 dans un registre souvent qualifié de « comédie musicale décalée ». En fait les personnages y interprètent simplement des chansons, ça n’est pas vraiment une comédie musicale. Je ne l’aime pas beaucoup : je le trouve trop volontariste dans sa volonté justement de se démarquer, et un peu trop cynique.

Il a dans la foulée réalisé un 2ème film, Bienvenue au gîte, plus traditionnel mais également nettement plus réussi selon moi.
Plus traditionnel car il est dans la lignée de ces comédies « sociologiques » ou « sociologisantes » françaises à la Bronzés, avec ici, comme cas d’école, les trentenaires urbains et aisés en quête d’authenticité et de quiétude rurales. Les bobos néo-urbains quoi, sauf qu’à l’époque on ne les désignait pas de cette manière. Plus concrètement, le couple Marina Foïs/Philippe Harrel qui décide de quitter Paris pour reprendre un gîte rural dans le Lubéron. Traditionnel également (et pas uniquement propre aux comédies françaises évidemment), le procédé qui consiste à plonger des personnages dans un univers qui leur est totalement étranger: ce que les anglo-saxons nomment « fish out of water », mot à mot « le poisson hors de l’eau » i.e. le héros hors de son milieu habituel. Les exemples sont légion mais pour situer, le film se rapproche pas mal des Randonneurs si on veut (citadins vs ruralité, pour faire court).

Bon, tout ça pour dire que Bienvenue au gîte n’invente absolument rien mais que ce qu’il fait, il le fait très bien. La préparation de la fête médiévale du village par une Marina Foïs trop heureuse d’endosser à nouveau son costume de working girl ultra-compétitive après des semaines de frustration par exemple, est un grand moment. Quant à l’indispensable petit plus, celui qui me fait choisir ce film plutôt qu’un autre, c’est sans doute son traitement, dépourvu de manichéisme (elle a du mal à s’adapter mais lui se sent au contraire comme un poisson dans l’eau) et sa conclusion, à la fois maline et touchante. J’ai beaucoup de tendresse pour ce film, je ne peux pas expliquer pourquoi exactement mais ça explique en tout cas sa présence dans mon classement.

Duty a par la suite réalisé un 3ème long-métrage, Chez nous c’est trois (pas vu)… 10 ans après celui-ci. Il a aujourd’hui 76 ans et tient un blog où il parle semble-t-il de tout et de rien: http://www.claudeduty.com/. Un personnage atypique oui, et attachant.

#8 Les Bronzés font du ski

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Lydia et Giovanni sont mariés, mais leur amour est à l’agonie. Après une nuit mouvementée, où chacun va aller de rencontres en séductions, ils se retrouveront pour une dernière étreinte…(Allocine)

Je préfère celui-ci aux Bronzés car il est davantage loufoque et modeste: on sent trop dans Les Bronzés la volonté d’épingler une tendance, d’avoir un pseudo-discours vaguement sociologique sur le Club Med, les post-soixante-huitards, la libération sexuelle blablabla. Il est chouette évidemment, y compris pour ces raisons là, mais on sent trop le regard condescendant et goguenard à mon goût. Dans celui-ci, rien de tout ça : juste la volonté de se marrer de et avec des personnages désormais bien connus des spectateurs. De « juste » faire une comédie. Seuls Bernard et Nathalie (Jugnot et Balasko) continuent plus ou moins d’être moqués comme les épouvantables nouveaux riches qu’ils sont (l’arrivée dans leur location + délogeage des précédents occupants = grand moment).

J’avais lu un truc lors de sa dernière diffusion télé comme quoi Les Bronzés font du ski enregistrait toujours une des meilleures audiences de l’année malgré ses innombrables passages (une fois par an non? Invariablement sur TF1 en tout cas). Ca tendrait à prouver que le film traverse les générations et qu’il ne joue pas que sur la fibre nostalgique de celles et ceux qui l’ont découvert, et aimé, durant leur enfance ou adolescence.
C’est du moins ce que j’aime à croire car je pense, sincèrement, que ce film est extrêmement drôle, extrêmement précis, extrêmement bien rythmé. Je sais que j’ai tendance à me réfugier dans la nostalgie mais merde, c’est pas Camping, si ?
Si oui, et que dans 15 ans la trilogie d’Onteniente a atteint le même niveau de popularité et de culte, je promets un top Antonioni sur Grande remise.

#7 The Big Lebowski

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Jeff Lebowski, prénommé le Duc, est un paresseux qui passe son temps à boire des coups avec son copain Walter et à jouer au bowling, jeu dont il est fanatique. Un jour deux malfrats le passent à tabac. Il semblerait qu’un certain Jackie Treehorn veuille récupérer une somme d’argent que lui doit la femme de Jeff. Seulement Lebowski n’est pas marié. C’est une méprise, le Lebowski recherché est un millionnaire de Pasadena. Le Duc part alors en quête d’un dédommagement auprès de son richissime homonyme…(Allocine)

« Le Duc ».

Top 5 material. Un des films que j’ai le plus vus de ma vie.
Sinon quoi ? Bah, The Big Lebowski est très vite devenu culte, il est aujourd’hui un classique, tout le monde l’a vu au moins une fois, tout le monde sait qu’il est génial, pas la peine de faire l’article.

No fun fact : en bon gros fan du film qui se respecte, j’ai acheté un magnifique t-shirt à l’effigie du Dude. Je l’ai porté un jour au boulot et récolté les compliments du patron.

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3 semaines plus tard, alors qu’il rentrait d’un weekend prolongé à New-York (oui, il fait partie de ces personnes qui passent « un weekend prolongé à New-York« ), il déboule tout guilleret avec exactement le même t-shirt, même couleur et tout. Le même quoi. Du coup évidemment, impossible pour moi de le porter à nouveau pour aller bosser: sans compter qu’on aurait l’air bien con si on le portait tous les 2 le même jour, il serait tout à fait capable de me reprocher d’avoir acheté le même t-shirt que lui.

Ca me fait chier parce qu’il est vraiment super ce t-shirt et qu’il me va à merveille.

Merci patron.

#6 Les Beaux Gosses

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Hervé, 14 ans, est un ado moyen. Débordé par ses pulsions, ingrat physiquement et moyennement malin, il vit seul avec sa mère.
Au collège, il s’en sort à peu près, entouré par ses bons copains.
Sortir avec une fille, voilà qui mobilise toute sa pensée. Hélas, dans ce domaine, il accumule râteau sur râteau, sans toutefois se démonter.
Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve dans la situation de plaire à Aurore, l’une des plus jolies filles de sa classe.
Malgré des avances de plus en plus évidentes, Hervé, un peu nigaud, ne se rend compte de rien.
Quand enfin il en prend conscience, Aurore refuse de sortir avec lui. Puis, sans prévenir, elle se jette dans ses bras.
Enfin, il sort avec une fille !
Grand amateur de branlettes et de films X, Camel, son meilleur ami, convainc Hervé d’essayer de coucher avec sa copine.
Devant son copain, Hervé se vante de sa virilité, mais quand il est avec Aurore, c’est une autre affaire… (Allocine)

Premier film français de mon top (spoiler : y a que des films américains et français) et un parfait représentant de ce regain de vitalité dans la comédie française dont je parlais dans mon premier billet.

Si le teen movie est ce genre américanissime qui paraît totalement inexportable, Les Beaux Gosses est la géniale exception qui confirme la règle : on parle souvent à son sujet de « Supergrave à la française » et c’est très juste. Les similitudes sont très nombreuses, sans qu’on puisse néanmoins jamais suspecter Sattouf de plagiat.

Car ce qui fait la véritable réussite du film, c’est le « à la française » : loin de vouloir singer les modèles états-uniens donc, Riad Sattouf a l’intelligence de ne garder pour point commun que le fond (les personnages d’ados, l’obsession pour le cul, le bouleversement provoqué par la première romance), la forme étant irrémédiablement made in province (le film a été tourné à Rennes). Ici les ados ne sont pas (tous) cools, pas (tous) beaux, pas (tous) dotés d’une brillante répartie et n’arborent pas tous les marques les plus voyantes de l’american way of life. Hervé, le héros, vit dans une HLM. Camel, son meilleur pote, utilise le catalogue de La Redoute comme support principal de ses fantasmes/branlettes etc. C’est indubitablement français mais ça reste en même temps suffisamment vague. C’est ce qui participe grandement à l’ancrage réaliste du film, et à son pouvoir d’identification : Les Beaux Gosses a été tourné à Rennes mais ça n’est jamais mentionné ni visible : les décors, en dehors du lycée, sont ceux d’une banlieue et d’une ville anonymes. De même, difficile de situer la période : on évoque 50 cents ok (et Jean-Luc Reichmann), mais quelle année exactement, on n’en sait rien. Tout est un peu délavé, un peu grisâtre, un peu glauque. Comme le monde vu à travers les yeux d’un ado, celui que nous voyions lorsque nous avions 15 ans, et ce qu’elle que soit l’époque et la région dans laquelle nous habitions, le monde des Beaux Gosses n’est pas très beau.

Rétrospectivement, on a l’impression que le succès du film à complètement galvanisé Riad Sattouf : il a ensuite réalisé le tout aussi génial Jacky au royaume des filles, dans un registre totalement différent, et il a également sorti les 2 sublimes premiers volumes de L’Arabe du Futur, son magnus opus, qui raconte son enfance et son double héritage culturel (la Bretagne de sa mère, la Syrie de son père). Le 3ème tome (il y en aura 5 en tout) sort d’ailleurs dans pile-poil un mois.

Pour en revenir au cinéma, c’est peu dire qu’après 2 premiers films aussi drôles, subversifs et réussis, j’attends la suite avec impatience.

#5 Austin Powers 2, l’espion qui m’a tirée – The Spy Who Shagged Me

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Austin Powers s’est très bien adapté aux années 90. Il a repris son activité de photographe de mode et vit avec sa femme Vanessa. Mais le sinistre docteur Denfer rêve toujours de l’éliminer. Il construit pour cela une machine à explorer le temps et remonte en 1969 pour extraire la libido du corps congelé d’Austin Powers, le « mojo ». Le super espion ne pouvant rester dépourvu de son pouvoir d’attraction, il fait lui aussi le voyage et retrouve son ennemi mortel sur la Lune. Escorté par l’agent Felicity Bonnebez, Austin Powers va une fois de plus faire échouer ses plans diaboliques.
(Allocine)

Ca parait sans doute dingue maintenant, notamment pour les plus jeunes qui ne voient peut-être pas du tout de qui il s’agit, mais à l’époque de la sortie de ce deuxième volet, Mike Myers était un peu le roi du monde de la comédie : il sortait d’une brillante carrière au Saturday Night Live, puis du succès des 2 volets de Wayne’s World, puis de celui du premier volet des aventures d’Austin Powers. Celui-ci a marché encore plus fort, à tel point que le 3 allait encore plus loin : plus de moyens, de promo, de stars… pour un résultat un peu décevant. Mais quand même très chouette : j’avais été assez déçu à l’époque et en le revoyant, ben c’est vraiment pas mal, notamment grâce au personnage de Goldmember, excentrique rouquin néerlandais amateur de peaux mortes (rien que ça…).

Bon, toujours est-il que j’ai vraiment hésité entre le 1 et le 2 et c’est finalement celui-ci qui l’emporte d’une courte tête en raison de tout ce qui gravite autour du Dr Evil : ses sbires, son fils (Seth Green en caricature d’ado mal dans sa peau et en rébellion contre son géniteur) et bien sûr Mini Moi. Nom de Dieu, ça va loin avec lui quand même !

Ce que j’aime dans cette franchise, c’est qu’outre les gags et situations qui me font mourir de rire, on sent en permanence la tendresse de Myers pour son personnage et tout ce qu’il représente (l’amour libre, l’esprit des années 60 et du swinging London pour faire court). Ca transparaît également à travers le featuring de Burt Bacharach dans les 2 premiers volets. C’est con mais ce sont 2 passages qui m’émeuvent à chaque fois car c’est quelqu’un pour qui j’ai une énorme admiration et qu’il en va manifestement de même pour Myers. Et puis si on grossit évidemment le trait niveau costumes et décors (mais c’est la règle du jeu dans une parodie), il ne fait pas n’importe quoi, au contraire : Burt Bacharach en guest-star donc mais aussi Elvis Costello, des références en veux-tu en voilà à James Bond bien sûr mais aussi Danger Diabolik, Notre Homme Flint etc. Enfin, on reconnaît dans le groupe qui joue sur les brefs jingles qui parsèment le film, les excellents Susanna Hoffs et Matthew Sweet. C’est précis quand même !
Ce sont des films que j’avais adoré à leur sortie et je pensais qu’ils avaient pris un petit coup de vieux mais pas du tout, ils restent tout aussi drôles, rythmés, attachants. C’est une très bonne surprise.

Et donc, pour en revenir à ce que je disais en introduction, c’est un peu dingue cette trajectoire du principal intéressé puisque Mike Myers a aujourd’hui totalement disparu des radars. Il a fait la voix de Shrek puis écrit, produit et interprété Love Guru qui s’est bien planté et puis plus rien (hormis une apparition étonnante dans Inglorious Basterds). Je me demande si ce retrait est un choix personnel ou s’il est tout simplement jugé has been. Je sais pas.

Dans le même registre, je recommande donc :

Austin Powers (le 1)
Austin Powers dans Goldmember (le 3)

#4 Anchorman – Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy

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Dans les années 70, Ron Burgundy est présentateur vedette à la télévision locale de San Diego. Quand le féminisme entre à la rédaction sous la forme de la présentatrice ambitieuse Veronica Corningstone, Ron se montre tolérant tant que cette dernière reste à sa place. Mais quand celle-ci se campe derrière le bureau des actualités, une véritable guerre se déclenche entre les deux journalistes… (Allocine)

Tu sais quoi ? Parfois les choses sont bien faites. Ainsi, ce top 4 figurerait certainement dans le top 5. Il s’agit en outre d’une comédie avec Will Ferrell, mon héros et maître absolu en la matière, et acteur le plus représenté dans ma sélection.

Anchorman est un film génial car

– il réunit plusieurs piliers de la neo-comédie : Ferrell donc mais aussi Paul Rudd, Steve Carrell, Vince Vaughn et David Koechner aka le-chauve-un-peu-vulgaire-qu-on-sait-jamais-comment-il-s-appelle.

– Son action se situe dans les années 70, terreau fertile pour la comédie (moumoutes, postiches, décalages sociétaux et tout le tintouin) et dans le milieu de la télévision (dont le cinéma aime toujours gentiment se moquer).

– Y a plein de guests très cools dans une séquence mémorable.

– Y a Christina Applegate pour laquelle j’avoue avoir un petit faible, et qui est une super actrice de comédie.

Will Ferrell évidemment, qui trouve dans le personnage de Ron Burgundy le vecteur parfait pour le personnage qu’il a créé et perfectionné au fil des années et qu’il interprète mieux que personne, celui du type très con et sûr de lui.

Je connais ce film par cœur, ses répliques me viennent en tête n’importe où, n’importe quand, dans la rue, chez moi, en réunion. Je peux le revoir à l’infini. « Hey, lady in the red hat, yeah! »

Ca y est, j’ai envie de le revoir…

Dans le même registre, je recommande :

Ricky Bobby, roi du circuit
Anchorman 2
à un degré moindre Very Bad Cops
soit les autres collaborations de Will Ferrell avec son binôme, le réalisateur Adam MacKay.
J’omets volontairement leur chef d’oeuvre, Frangins Malgré Eux, j’y reviendrai plus en détail.