J’aime beaucoup Bulgari mais c’est un peu cher

Dans le wagon IDTGV Toulouse-Paris (IDTGV dans lesquels les employés du wagon restaurant sont désormais des « baristas »). A Agen, deux grandes bourgeoises s’installent juste devant moi. L’une d’elles a carrément fait péter le trois rangs : je me demande même ce qu’elles foutent là au milieu de la plèbe.

– Cette fois j’ai pris Marie-Claire, ça ne t’ennuie pas?
– Non c’est parfait
Elle aussi j’aime bien, y a des recettes de cuisine
– Oui, Elle ça va. Ce que je supporte pas c’est Biba. C’est mal écrit, c’est… vulgaire.
– Oui, Elle tu sens quand même une certaine ligne éditoriale
Elle Décoration est très joli aussi
– Oui, très joli, Elle Cuisine aussi, je vais m’abonner je crois.

Bon, elles s’installent après moult atermoiements liés au rangement des valises, manteaux, écharpes etc, « et j’ai pris des fruits, tiens, je me suis dit, c’est bien les fruits, je vais les sortir ».
Ensuite elles lisent donc le Marie-Claire ensemble, en roue libre, commentant tout et n’importe quoi, ne s’écoutant pas toujours.

– Oh c’est joli ça!
– J’ai acheté une très jolie veste. Parce que bon je…
– Ce que j’aimerais faire rapidement c’est aller à Londres pour aller à la Tate tu vois…
– Ah ça c’est des très bons chocolats mais un peu acides.
– Oui comme le café qu’on avait pris tu sais…
– Oui non mais je comprends qu’il y ait des gens qui aiment d’autres saveurs hein.
– C’est une belle femme ça…
– Et une belle personne me suis-je laissé dire!
– Tiens ça me rappelle une séance photo qu’avait faite Marion. Elle avait mis des talons vernis, un peu hauts, un peu… sexy tu vois, et son talon était enfoncé dans un éclair haha
– Ah oui ouh la c’était un peu… Un peu… quand même…
– Tu vois, j’aime beaucoup Bulgari mais c’est un peu cher
– Oh la la Trump… J’en ai ras la casquette de cette histoire !

Là je me dis qu’on en a encore pour 4h et que c’est trop beau, que ça va être la grosse régalade. Que c’est pas un billet que je vais pouvoir écrire mais une saga.
C’est alors que déboule un contrôleur qui leur demande de la mettre en veilleuse parce que nous sommes dans le wagon IDTGV qui est « réservé au calme et aux voyageurs qui souhaitent préserver une atmosphère tranquille ».

Salaud.

#69 The Polyphonic Spree – Together We’re Heavy

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Ca parait déjà loin mais The Polyphonic Spree a soufflé un énorme vent frais sur la pop de la 1ère moitié des années 2000. Le groupe est un peu rentré dans le rang depuis, de manière à la fois un peu injuste (les gens se sont lassés du gimmick troupe-de-babas-en-toge) et logique (les disques sont devenus moins bons).

Mais de 2001 à 2005, en gros, il a su transmettre un fort sentiment de joie, d’exaltation même et surtout transcender son gimmick donc, par des compositions et des interprétations véritablement bluffantes.
Parce que oui, évidemment, une trentaine de mecs et de nanas en toges multicolores, menées par une sorte de gourou survolté aux côté duquel Wayne Coyne passerait pour un moine janséniste, et qui pratiquent ce qu’ils nomment eux-même du « choral symphonic rock », ça interpelle et ça marque les esprits, quitte à ne pas chercher ce qui se passe au-delà.
La comparaison avec Coyne et les Flaming Lips n’est évidemment pas innocente: les 2 groupes sont selon moi parmi les seuls groupes contemporains à avoir su retranscrire musicalement et à transmettre dans leurs performances des sentiments aussi purs et essentiels que la joie ou la tristesse, tels qu’on pouvait les ressentir durant l’enfance par exemple.

The Polyphonic Spree cela dit, s’est uniquement concentré sur la joie, que dis-je, l’euphorie : c’est là qu’il ne faut plus parler de gimmick puisque c’est précisément la force du nombre qui crée cette lame de fond qui emporte tout sur son passage par la simple grâce d’un refrain repris à plein poumons.

On a évidemment le droit de trouver ça too much ou ridicule, c’est la règle du jeu et ils en sont conscients. Mais quand les astres sont alignés comme sur les premières années de leur existence, et donc, ce 2ème album véritablement peplumesque (le premier, The Beginning Stages of… est également super; il contient notamment leur morceau le plus connu, Light and Day), c’est, pour moi, l’alliance parfaite de la sunshine pop la plus extravertie et du psychédélisme post-moderne tel que pratiqué par Mercury Rev, Grandaddy ou encore eux, les Flaming Lips. Irrésistible.

#24 Un jour sans fin

UN JOUR SANS FIN
Phil Connors, journaliste à la télévision et responsable de la météo part faire son reportage annuel dans la bourgade de Punxsutawney où l’on fête le « Groundhog Day » : « Jour de la marmotte ». Dans l’impossibilité de rentrer chez lui ensuite à Pittsburgh pour cause d’intempéries il se voit forcé de passer une nuit de plus dans cette ville perdue. Réveillé très tôt le lendemain il constate que tout se produit exactement comme la veille et réalise qu’il est condamné à revivre indéfiniment la même journée, celle du 2 février…
(Allocine)

J’ai l’impression que ce film est devenu un classique avec le temps alors qu’il était passé relativement inaperçu à sa sortie en 1993. Mais je peux me tromper.
Quoiqu’il en soit, même si on peut évidemment ne pas trouver le film très drôle, ses qualités objectives me paraissent difficilement discutables : pitch au minimum « original » (je dirais plutôt « génial » en ce qui me concerne), développement de haut niveau, « message » universel et fédérateur approuvé par l’ONU, le WWF et l’AIGG (Association Interplanétaire des Gens Gentils). Et au-dessus de tout ça, royal, un Bill Murray en état de grâce dans le rôle du cynique au grand coeur qui passe par tous les états (sidération, panique, euphorie, dépression, bienveillance etc.). L’hiver est là, c’est la saison idéale pour découvrir ou revoir pour la énième fois cette merveille.

The Divine Comedy – Le Bikini, Toulouse

Quelques mots sur le très beau concert donné par Neil Hannon et The Divine Comedy hier soir à Toulouse.

La première partie était assurée par Lisa O’Neill. Rien vu, ou presque, je m’abstiendrai donc de tout commentaire. Elle a ensuite joliment donné la réplique à Neil Hannon sur le charmant Funny Peculiar.

J’ai vu The Divine Comedy en concert l’an dernier au festival This Is Not a Love Song. C’était un grand moment, un moment très émouvant en tout cas, j’en parle ici.

Avant ça, je l’avais vu il y a presque 20 ans, en mars 1997 pour être précis, dans l’ancien Bikini, avec le Brunel Ensemble, impressionnant orchestre symphonique qui accompagnait à l’époque ses ambitions bigger than life (précision : « l’ancien Bikini » c’est le Bikini, le vrai, l’unique, qui a été détruit par l’explosion de l’usine AZF en 2001. Il a été entièrement reconstruit sur un autre site: c’est l’actuel Bikini).

Bon, c’était super, vraiment. Très proche de son set à Nîmes (même formation, mêmes arrangements), seule la setlist différait sensiblement : à Nîmes, il était en dehors de toute promo, son concert était une sorte de best of. Hier, forte représentation du dernier et excellent album Foreverland, et surtout du précédent, le sous estimé Bang Goes the Knighthood (6 titres). Aucun titre en revanche des 2 premiers albums, Liberation et Promenade.

Ouverture en uniforme napoléonien !
Ouverture en uniforme napoléonien !
Sur une sublime version de Charmed Life
Sur une sublime version de Charmed Life

Quelques réserves sur les passages les plus Breliens et Scott Walkeriens (Sweden, Bang Goes The Knighthood) mais c’est un détail: Neil Hannon est un personnage tellement fin, chaleureux, humble, spirituel et attachant, qu’il finit toujours par emporter le morceau. Sa carrière n’intéresse plus grand monde sinon les personnes de ma génération qui l’ont découvert dans les années 90 j’ai l’impression, et c’est bien dommage : A Lady of a Certain Age, Down on the Street Below, The Complete Banker ou Our Mutual Friend, titres relativement récents, sont des merveilles de songwriting au sens propre du terme, avec un sens du détail et de la narration assez bluffants et qui devraient interpeler quiconque s’intéresse à cet art désuet qui est celui de la chanson.

Et alors qu’on avait déjà passé un très beau moment, il met la salle définitivement à genoux avec un final des plus enlevés dont je retiendrai notamment un superbe Becoming More Like Alfie, qu’il a dédié à celles et ceux qui étaient là il y a 20 ans (reprazent!!) et un euphorisant I Like. Le véritable final (du 2ème rappel) se fera évidemment sur son hymne, sans doute la chanson qui restera à l’heure du grand bilan, Tonight We Fly, lyrique et émouvante à souhait.

Très beau concert donc encore une fois.

The Revenant – critique

Dans une Amérique profondément sauvage, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir. Seul, armé de sa volonté et porté par l’amour qu’il voue à sa femme et à leur fils, Glass entreprend un voyage de plus de 300 km dans un environnement hostile, sur la piste de l’homme qui l’a trahi. Sa soif de vengeance va se transformer en une lutte héroïque pour braver tous les obstacles, revenir chez lui et trouver la rédemption. (Allocine)

Fort du succès incompréhensible de Birdman (public, critiques, Oscars), Iñarritu, qui avait déjà un bon gros melon, se prend désormais pour Dieu le père et nous inflige 2h30 de rollercoaster numérico-sanguinolo-salivo-Di Caprio absolument insupportable. Du « cinéma rollercoaster », je trouve que l’expression correspond bien à The Revenant, qui n’a d’autre finalité que d’en mettre plein la vue.

En vérité c’est bien simple, The Revenant c’est pas du cinéma, c’est le Puy du Fou avec des trappeurs et en Alaska (ou dans l’Oregon, on s’en cogne). En ce sens, y a aucune différence avec un Transformers par exemple, ou un San Andreas. Et pour quoi pas évidemment, si c’est fait honnêtement. Sauf que les 2 films sus-cités ont le mérite de pas se prendre pour ce qu’il ne sont pas. Dans The Revenant, Iñarritu parsème son histoire de trouées contemplativo-oniriques à la Terence Malick, censées élever son film au-dessus de la vulgate blockbuster pour l’élever au rang de film d’auteur. Sauf que non car il n’a strictement rien à dire, bouffi de son orgueil de petit démiurge trop occupé à faire dézinguer 6 indiens, 4 chevaux, 8 grizzlis et 2 hamsters dans le même plan séquence.

Outre cette prétention et, en creux ce mépris pour le cinéma-spectacle au sens strict et noble du terme, ce qui me dérange, c’est qu’il est extrêmement malhonnête le mec : il prétend à la vraisemblance, au réalisme, et s’en vante (« ouais trop cool, quand la caméra s’approche trop près des acteurs, y a de la buée sur l’écran »), mais bourre son film d’effets numériques, partout, tout le temps.

Bave probablement numérique, donc.
Bave probablement numérique, donc.

Et puis faut qu’il arrête avec ses courtes focales… Qu’est-ce que c’est laid nom de Dieu ! Le mec a des paysages absolument sublimes à disposition (ceux de l’Oregon donc) mais il sait pas quoi en faire sinon les saloper avec ses grands angles de merde.

Bon, après, ça dure 2h30 donc pendant tout ce temps j’ai pu manger, débarrasser, plier le linge, répondre à des sms. Et regarder un autre film. Je plaisante évidemment mais putain que c’est long…

Pour conclure, on l’a lu à peu près partout mais je le redis car c’est tout à fait juste : donner l’Oscar du meilleur acteur à Di Caprio pour ce rôle là, c’est vraiment une grosse blague tant sa « performance », bien réelle, et respectable, voire admirable sur un aspect strictement « physique », se rapproche davantage de celle d’un décathlonien que d’un comédien.

#68 Plush – Fed

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Je crois que si Liam Hayes, l’homme à la tête de Plush, me fascine autant (parce que c’est bien de ça qu’il s’agit), c’est parce qu’il est le dernier vestige d’une époque sans doute révolue. Une époque au cours de laquelle les artistes/groupes étaient tous plus ou moins mystérieux, plus ou moins insaisissables, plus ou moins fascinants, encore, pour la simple et bonne raison qu’on ne savait plus ou moins rien d’eux.
Du coup, on pouvait fantasmer.

En 2016, c’est génial, vraiment, de pouvoir d’un simple clic voir à quoi ressemble ce songwriter misnathrope enregistrant au fin fond du Kentucky et dont on a découvert la démo en ligne 3 minutes auparavant. Le voir et l’entendre ou le lire raconter le pourquoi du comment de son album, de son parcours, que sais-je encore. C’est super. Mais le fait est qu’on a perdu cette faculté d’émerveillement liée à l’absence pure et simple d’information, de support photographique ou écrit. Et en gros, aujourd’hui, y a Daft Punk et Liam Hayes. Je grossis à peine le trait, ça concerne évidemment d’autres artistes mais pas tant que ça au bout du compte. Sachant que pour l’un des 2 que j’ai cités, le mystère est savamment entretenu et orchestré, sans doute à coups de plans marketings derniers cris.

On pouvait croire il y a 1 an/1 an et demi que ça y était, Liam Hayes allait enfin décoller, bénéficiant à la fois d’une exposition intéressante (il avait signé la bo d’un film de Roman Coppola, Dans la tête de Charles Swan III), et jouant le jeu du music business traditionnel : album / promo / clip (réalisé par le même Roman Coppola) / tournée. Mais là, bim, ça va faire bientôt 2 ans que le mec est retourné dans sa tanière : pas une info, pas un indice, rien. Autant qu’on sache, il peut tout aussi bien être en train d’écrire son nouvel album que de glander, élever ses enfants (s’il en a, on en sait rien) ou être retourné à son métier de plombier-chauffagiste (si ça se trouve, on en sait rien). Vie personnelle, projets discographiques ou autre, Liam Hayes est un mystère total, on ne sait RIEN. Et c’est très bien comme ça.

Cette « posture » (j’utilise des guillemets car j’ai vraiment du mal à envisager qu’il y ait quelque chose de délibéré, calculé ou cynique derrière) trouve sa matérialisation la plus parfaite dans Fed, album sans visage dont l’enregistrement a duré plusieurs années et créé/entretenu le mythe de son créateur :  « tu te rends compte, il a coûté une blinde ce disque, ça a mené son label à la banqueroute ! » « il est encore en train de rembourser lui-même les traites » etc etc.
Evidemment, tout ça ne serait que folklore et anecdotes sans la musique : Fed est bien l’album véritablement unique que la légende a construit, un disque à la fois immédiat et profondément tordu, opulent et étrangement sec. Fascinant, c’est le mot je pense.

#23 Jacky au royaume des filles

Jacky au royaume des filles

En république démocratique et populaire de Bubunne, les femmes ont le pouvoir, commandent et font la guerre, et les hommes portent le voile et s’occupent de leur foyer. Parmi eux, Jacky, un garçon de vingt ans, a le même fantasme inaccessible que tous les célibataires de son pays : épouser la Colonelle, fille de la dictatrice, et avoir plein de petites filles avec elle. Mais quand la Générale décide enfin d’organiser un grand bal pour trouver un mari à sa fille, les choses empirent pour Jacky : maltraité par sa belle-famille, il voit son rêve peu à peu lui échapper… (Allociné)

La critique du film ici.

#67 Plush – More You Becomes You

Plush - More You Becomes You
Je t’essplique: j’avais pris pas mal d’avance en rédigeant tout plein d’articles pendants mes congés et weekends précédents mais là j’ai presque plus rien mon vieux, je suis sec.
Et le problème c’est que je me suis astreint à poster 1 article par jour ouvrable donc je garantie pas que dans les jours qui viennent ça se limite pas occasionnellement à une pochette de disque/affiche de film accompagnée de 3 lignes balancées n’importe comment et racontant n’importe quoi (le premier/la première qui pense « ça changera pas beaucoup » est condamné(e) à aller voter à la primaire des Républicains pieds nus, en sarouel et avec un keffieh autour du cou). C’est dommage quand il s’agit comme ici d’un disque/artiste qui me tient particulièrement à cœur mais j’ai pas le temps, j’ai pas le temps hein c’est comme ça.

Du coup je te renvoie à mon compte-rendu du concert de Liam Hayes l’an dernier.

Bon, quelques mots quand même: ce disque enregistré à la va-vite pendant la conception lente voire interminable de ce qui devait être le premier album de Plush (Fed, dont je parlerai dans mon prochain billet) est pour moi un chef d’oeuvre absolu dans un genre dont j’ignore s’il existe véritablement et que je qualifierais de « piano-voix » : il est 2h du matin, y a plus personne ou presque dans la salle, exiguë et faiblement éclairée, Liam Hayes s’installe derrière le piano et balance une petite dizaine de morceaux à la mélancolie et aux mélodies fulgurantes. Interdiction formelle d’écouter More you becomes you avant 23h, minimum.

Et lorsqu’un cor de chasse fait une irruption aussi brève qu’inattendue sur l’avant -dernier morceau, Instrumental , c’est comme si les premiers rayons du soleil venaient éclairer la pièce de leur lumière encore incertaine. D’ailleurs, l’un des pics de l’album, situé en bout de course lui aussi, s’intitule (See it in the) Early Morning. A l’issue du dernier morceau, on entend Hayes se lever et s’éloigner.

Enfin, toi qui n’a probablement jamais entendu parler de Liam Hayes/Plush et encore moins de cet album, il se trouve qu’en fait si, il est possible que tu l’aies déjà vu/entendu sans que tu le sache : il fait un cameo dans Haute-Fidélité de Stephen Frears.

#22 Harold et Kumar chassent le burger

Harold et Kumar chassent le burger Harold et Kumar, deux colocataires amateurs de ganja, tombent sur une publicité du fast-food de luxe White castle, et décident de tout entreprendre pour manger ces délicieux burgers. Sur le chemin, ils seront confrontés à la police, à des rednecks et à encore beaucoup d’autre épreuves tout en cherchant de quoi fumer. (Allociné)

J’ai hésité à faire figurer plus haut Eh mec, elle est où ma caisse ? du même réalisateur et dans le même sous-genre mais je lui préfère celui-ci.

Harold et Kumar chassent le burger (et Eh mec… donc) appartient en effet à un sous-genre de la comédie, celui du stoner movie, mot à mot « film de défoncé » : les protagonistes sont d’invétérés fumeurs de beuh, les intrigues ou situations tournent souvent autour de la beuh et les scenarios eux-mêmes résultent probablement d’une forte consommation de beuh. Plus ou moins recommandables dans le (sous)genre, Jay et Bob Contre-attaquent, How High, Smiley Face, Fast Times at Ridgement High. TRES recommandable et dans les films récents, le génial Délire ExpressPineapple Express, réalisé par David Gordon Green, avec Seth Rogen et James Franco, qui lui aussi mériterait sa place dans ce classement. En France, on a fait La Beuze. Bon.

Evidemment, dans les plus belles réussites du (sous)genre, la beuh n’est qu’un prétexte : le film est drôle, point. C’est le cas ici, où les situations plus loufoques les unes que les autres, sont toutes merveilleusement exploitées: on peut ne pas trouver ça drôle mais les mecs savent construire un gag et une scène. Exemple : le duo s’arrête en rase campagne pour pisser > Kumar tombe sur un mec hyper chelou dans les buissons > entre temps un raton-laveur entre dans la voiture sans qu’Harold le remarque > Kumar revient, les mecs reprennent la route et paniquent en découvrant le raton-laveur > ils ont un accident > ils finissent chez l’immonde redneck aux cloques purulentes, bim, ça repart sur un nouvel enchaînement de situations, une nouvelle séquence. Et on voit les seins de Malin Ackerman.
La réussite du film tient aussi au duo bien sûr : c’est en ça que je préfère le film à Eh mec, dans lequel je trouve qu’Ashton Kutcher et Sean William Scott manquent un peu de finesse et de complicité. Ici c’est du classique (l’opposition-complémentarité entre le branleur je m’enfoutitste, Kumar et le bon garçon un peu rigide, Harold) mais très bien exploité, avec en prime, un discours (très léger, certes, mais quand même) sur les minorités et leur place dans la société américaine (Kumar est d’origine indienne, Harold, coréenne).
Mais c’est avant tout à mourir de rire. Et on voit les seins de Malin Ackerman.

Dans le même registre, je recommande donc :

Eh mec, elle est où ma caisse ? en vo Dude, where’s my car?

Harold et Kumar s’évadent de Guantanamo a de bons gags et de bons passages mais il possède également les défauts habituels de ce type de suites : surenchère, hystérie etc. Il se regarde pas mal quand même.

#66 Pixies – Trompe le Monde

Pixies - Trompe le Monde
C’est sans doute un choix étonnant pour un fan des Pixies mais je me considère pas comme un fan des Pixies, simplement de ce disque. Et des 2 premiers albums de Frank Black. D’ailleurs je me demandais : qui aujourd’hui écoute encore ce groupe/ce mec ? A part les superviseurs musicaux paresseux qui continuent à utiliser Where is my mind pour illustrer la séquence où le héros/l’héroïne perd pied je veux dire? Bon, c’est pas la question.

J’aime vraiment beaucoup cet album et notamment sa face A : bizarrement, je l’avais acheté en K7 alors que le CD avait déjà supplanté le vinyle, Trompe le monde reste donc pour moi un album « à l’ancienne », face A-face B bien distinctes. Et cette face A donc, est toujours pour moi un summum dans le genre uppercut-électrique-dans-ta-gueule. Sa conclusion notamment, avec l’enchaînement fondu-enchaîné U-Mass/Palace of the Brine/Letter to Memphis me laisse toujours KO par son énergie et son romantisme… électrique encore. Je me répète mais c’est vraiment l’adjectif qui me vient immédiatement à l’esprit lorsque j’écoute ou pense à cet album.