#33 Papy fait de la résistance

papy-fait-de-la-resistanceEn 1943, les Bourdelle se voient eux aussi envahis par les Allemands, et se retrouvent logés à la cave. Le fils, GuyHubert, dissimulé derrière les traits d’un coiffeur homosexuel, est en fait Super-Résistant, sorte de Zorro du moment, et qui complote contre les nazis. (Allociné)

Sans doute la comédie, voire le film que j’ai le plus vu de ma vie. Il serait inutile de répertorier toutes les répliques et expressions que j’en ai gardé dans mon langage quotidien, il y en a beaucoup trop. J’ai vraiment fait chier beaucoup de monde et pendant très longtemps avec ce film (série en cours).

Avec le recul critique de l’âge adulte, et presque 35 ans après sa sortie et son premier visionnage, j’en suis toujours extrêmement fan. Je pense que c’est une vraie bonne comédie, bien foutue, bien rythmée, avec un parfait équilibre entre ancrage réaliste (disons plutôt « vraisemblable ») et fantaisie débridée (pour ne pas dire « portnawak complet »).

Et puis c’est assez osé : le final, parodie d’un numéro des Dossiers de l’écran, qui démystifie et écorne le mythe des résistants, fallait… oser, précisément. « De plus je sais que c’est Super Résistant qui a étranglé froidement de ses mains le nain Enrique parce qu’il couchait avec Colette sa sœur !!! » Fantastique Gérard Jugnot dans le rôle d’Adolfo Ramirez Jr, fils de collabo exilé en Colombie. Quand on voit ce film, son énergie, son inventivité, et son iconoclasme donc, on se demande plus que jamais comment ces mecs (et ces filles) là ont pu devenir aussi conformistes voire, pour certains, puants (entre ici, Christian Clavier)…

Quoiqu’il en soit, Papy fait de la résistance représente une sorte d’apogée pour eux, en même temps qu’un point de non retour : le film allie leur habituel esprit corrosif à celui d’une « grosse » (eine grösseu) comédie populaire française à la Gérard Oury. Gros budget, casting « Cérémonie des Césars« , acteurs patrimoniaux (Maillan, Galabru, et on aurait même dû avoir De Funès), je me souviens que le film était présenté comme un énorme événement à l’époque et qu’il avait quasiment fait de l’ombre au Retour du Jedi qui sortait au même moment.
Mais après Papy…, c’est fini pour le Splendid : Michel Blanc (déjà à peine présent ici) se barre avec Patrice Leconte et Jean-Marie Poiré collabore de plus en plus étroitement avec Clavier seul pour des projets de plus en plus hystériques, et de moins en moins réussis. Le génial Mes meilleurs copains fait figure d’exception.

#81 The Sneetches – Sometimes That’s All We Have

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Je sais plus à propos de que album/artiste je disais que l’ère de l’Internet avait permis d’innombrables exhumations et réhabilitations, laissant de moins en moins de poches de confidentialité : les Sneetches en font partie. Il faut croire que la pure pop, celle en droite ligne des plus grand orfèvres de la seconde moitié des années 60 (les Zombies, The Left Banke, que le groupe a d’ailleurs tous 2 repris avec brio sinon génie), est condamnée à rester l’apanage de quelques esthètes monomaniaques.

Les Sneetches sont donc un groupe culte, un vrai, à savoir confidentiel et objet de dévotion de la part de ses fans. Sometimes That’s All We Have est leur premier et meilleur album, sans conteste, même si tout ce qu’il ont enregistré est, au minimum, bon. L’écouter c’est l’adopter, je ne sais pas dire mieux : un classique pop immédiat, dans la lignée de ses glorieuses influences donc, mais qui a su coller à son époque (la fin des années 80) via une subtile patine Paisley Underground (ce mouvement de retour aux années 60 ayant pris place en Californie durant les années 80), power pop et new wave.

Un disque de chevet en ce qui me concerne, qui synthétise parfaitement tout ce que j’aime, et un probable album top 10 si je devais me plier à l’exercice. Idem pour la chanson-titre, un de mes morceaux favoris de tous les temps.

Je conseille également tout particulièrement la compilation 1985-1991, qui réunit leur premier EP, Lights Out with the Sneetches! plus quelques inédits et reprises (les Raspberries, le Monochrome Set, si c’est pas la classe absolue ça).

La mécanique de l’ombre – critique

Deux ans après un « burn-out », Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d’affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte sans s’interroger sur la finalité de l’organisation qui l’emploie. Précipité au cœur d’un complot politique, il doit affronter la mécanique brutale du monde souterrain des services secrets. (Allociné)

Premier film de 2017, bonne pioche.

La 1ère moitié est même assez formidable : elle campe bien les personnages, les enjeux (ou plutôt l’invisibilité des enjeux, puisque le mystère est savamment entretenu) à travers une mise en scène tendue, sobre et sans fioriture : des lieux blêmes voire glauques, une tâche monotone et technique (illustrée par les inserts, détails et gros plans du mécanisme de la machine à écrire). C’est le côté kafkaïen du film, qui l’entraîne logiquement du côté des Coen : Cluzet ne sait rien et n’a de prise sur rien, il est entraîné dans un engrenage apparemment inarrêtable.

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Ensuite ça se gâte un peu car évidemment, à un moment, la mécanique parfaitement huilée s’enraye, et le personnage principal (Cluzet donc) doit se transformer en héros. Et c’est à partir de cette mue que ça coince un peu selon moi : l’homme terne, sans relief et manipulé que les circonstances forcent à se dépasser, c’est un ressort connu et toujours efficace, c’est pas le problème. Le problème c’est qu’ici, c’est trop, et trop vite : Cluzet passe en un clin d’œil de victime d’enjeux qui le dépassent à acteur majeur qui prend le contrôle non seulement de son destin mais aussi… des enjeux qui le dépassent. Le personnage principal devient héros un peu trop rapidement/facilement en somme. Pour une femme bien sûr : classique aussi, et efficace, sauf que rien, ou presque, ne laisse supposer jusque-là qu’il soit prêt à prendre autant de risques pour elle (ils se sont même pas fait un petit bisou, rien, que tchi).

C’est dommage parce que c’était vraiment bien parti. Mais en l’état, c’est quand même à voir je pense.

A noter enfin, pour mon lectorat féminin (et pas que évidemment), un Sami Bouajila grisonnant des plus BG.

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#80 Smog – A River Ain’t Too Much to Love

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Alors que je n’écoutais pratiquement plus que ça, depuis 3-4 ans j’ai quasiment là aussi laissé tomber l’americana, pour faire court (tout ce qui est folk ou country, alt-country, passé ou contemporain), au profit d’un recentrage pop et continental (France et Angleterre pour faire court là aussi). L’impression sans doute très présomptueuse d’avoir un peu fait le tour de la chose (pour ce qui est des contemporains en tout cas) mais le sentiment aussi que l’argument de l’authenticité ne tient pas vraiment sachant qu’il y a autant d’artificialité dans la musique de Hiss Golden Messenger que dans celle de Franz Ferdinand (pour prendre 2 exemples totalement au hasard). Bref.

Dans le rôle de l’exception qui confirme la règle, Bill Callahan. Il est devenu pour moi un genre d’icône américaine absolue, une sorte d’équivalent underground à Johnny Cash ou Clint Eastwood. Un type qui impose sa présence quand il débarque, dans une pièce ou entre tes 2 oreilles. Il devient de plus en plus beau en vieillissant en plus, ça ajoute une couche supplémentaire à son charisme de dingue.

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Cet album est selon moi son chef d’œuvre, clôturant à la fois la vie de Smog et amorçant celle qui le voit se produire sous son nom. Ce disque aurait d’ailleurs dû être signé « Bill Callahan » mais il n’a pas pu l’être pour des raisons contractuelles (il devait encore un album sous le nom de Smog).
Toujours est-il qu’à ce moment-là, Bill Callahan n’est pas seulement désireux de donner un nouveau souffle à sa carrière, il change également de vie. Il quitte la grisaille de Chicago pour la douceur d’Austin au Texas et découvre par la même occasion qu’au-delà des limites de la ville, il n’y a pas encore la ville mais la nature, les arbres, les animaux, les rivières (ces dernières forment une métaphore centrale, essentielle sur bon nombre de ses chansons à partir de cet album). Ca s’entend très nettement, l’atmosphère générale est plus chaude qu’auparavant. C’est aussi le moment où il entame une idylle avec Joanna Newsom : elle constituera le cœur de son premier album sous le nom de Bill Callahan (Woke on a whale heart) mais ça s’entend déjà ici. En somme, le misanthrope désabusé de toujours commence à s’ouvrir au monde en même temps qu’à l’amour : quand on a le talent pour retranscrire ce bouleversement et ce nouvel état d’esprit, ça donne un album de ce calibre, un chef d’oeuvre encore une fois.

Avertissement 3

La traditionnelle mise à jour des expressions dont l’utilisation me donne envie d’énucléer des chatons orphelins. Il va sans dire que tout lecteur qui en serait utilisateur, même régulier, est exempté de mon courroux.

Belle personne : la jurisprudence Les petits mouchoirs n’a eu aucun impact sur cette expression désormais utilisée aussi bien par Les anges de la télé-réalité, que ta mère ou ton collègue d’open space. A noter que son contraire (« individu de merde« ) est lui tout à fait acceptable.

Sortir de sa zone de confort : surtout quand ça s’applique à des domaines aussi essentiels que la culture, la mode ou l’alimentation (« je t’assure, tu devrais sortir de ta zone de confort et te mettre au lait de soja »). Variante : se mettre en danger (« et quand j’ai dû choisir une nouvelle écharpe, j’ai senti que c’était le moment de me mettre en danger : je l’ai prise en gris »).

Pousser une info/un mail : à chaque fois, je visualise mon interlocuteur en train de déféquer la dite info/le dit mail.

Proactif : un des innombrables et insupportables vocables du monde de l’entreprise ayant malheureusement dépassé les limites de l’espace photocopieuse. L’honnêteté me pousse à avouer que je l’ai un jour utilisé sans m’en rendre compte et que je le vis très mal.

Valider : idem. Et idem je l’ai déjà utilisé instinctivement, la hchouma.

La hchouma. Et merde…

Ca, c’était avant

J’dis ça, j’dis rien

Continuons à être vigilants.

Top cinéma 2016 – rattrapages

Profitant d’une semaine de programmation d' »incontournables 2016″ à l’UGC, j’ai pu rattraper quelques films ratés, volontairement ou pas, à leur sortie:

Ma vie de courgette

Pas très motivé pour le voir au moment de sa sortie mais les échos, à la fois critiques et dans mon entourage, étaient tellement positifs et unanimes…
Bon, que dire à part ce que tout le monde en dit je suppose, à savoir que c’est fort, sensible, juste, beau et surtout terriblement émouvant ? Pour émettre une remarque moins « émotive », c’est, sur le plan technique et formel, une merveille digne des plus belles réussites des studios Aardman.

Indice toutes-les-larmes-de-mon-corps : 10 sur l'échelle de Sur la route de Madison
Intensité toutes-les-larmes-de-mon-corps : 10 sur l’échelle de Sur la route de Madison

Toni Erdmann

Ici

Indice toutes-les-larmes-de-mon-corps : 8 sur l'échelle de Ma vie de courgette
Intensité toutes-les-larmes-de-mon-corps : 8 sur l’échelle de Ma vie de courgette

Juste la fin du monde

J’y suis finalement allé, à moitié par curiosité malsaine et à moitié par curiosité tout court, suite à des commentaires positifs auxquels j’ai accordé du crédit.
Mais que dire de ce qui a été pour moi une séance très pénible (pas au sens où Dolan l’entendait probablement) ? J’allais lister point par point pourquoi j’ai trouvé ce film tour à tour insupportable, grotesque, ridicule, édifiant et finalement tout simplement mauvais mais à quoi bon? Car finalement ça n’est pas si grave : des mauvais films de ce type y en a eu plein et y en aura encore plein. C’est simplement le cri embarrassant d’un adolescent exalté qui s’adresse à d’autres adolescents exaltés: ils formaient la très grande majorité de l’assistance, ils ne s’y sont pas trompé.  Quant à moi je sais donc désormais et définitivement à quoi m’en tenir avec Xavier Dolan.

Indice frissons de la honte : 10 sur l'échelle d'Un homme à la hauteur
Intensité frissons-de-la-honte : 10 sur l’échelle d’Un homme à la hauteur

#79 The Smiths – Strangeways, Here We Come

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J’ai découvert ce disque en 1989, à 16 ans. J’écoutais déjà pas mal de musique : du classic rock comme on pourrait dire aujourd’hui (les Stones, Pink Floyd etc). J’étais surtout un énorme fan de U2. Bon.
En 89 donc, je suis entré en 1ère littéraire dans un internat (1ère A2 comme on disait à l’époque : lettres et langues). C’était un tout petit lycée du Pays Basque profond, on était pas nombreux, l’ambiance était très familiale. On a rapidement créé des liens forts : je me suis notamment lié d’amitié avec une fille très extravertie, du genre qu’on qualifiait à l’époque d’ « un peu fofolle » (j’ignore si on dit ça encore aujourd’hui de ce type de personnes). Très vite et très logiquement là aussi on s’est mis à partager nos goûts musicaux (« t’écoutes quoi comme musique ? ») : elle connaissait déjà par cœur tout ce que j’écoutais, je connaissais parfois à peine ce qu’elle aimait (Cure, ok, c’était le générique des Enfants du rock, mais XTC, Chameleons, Lloyd Cole etc, j’en avais tout bonnement jamais entendu parler).

Pour m’initier, elle m’a fait une K7 d’un de ses groupes préférés, les Smiths. Face A, Rank, l’album live posthume, face B, Strangeways, here we come, le dernier album. Je mis beaucoup de temps à entrer dedans : c’était du rock sans en être, ça ressemblait pas du tout à ce que j’avais l’habitude d’écouter. Je savais vaguement que ça appartenait à un genre précis (l’indie pop) et qu’il y avait même un magazine français dédié. Je ne comprenais pas bien. Et puis cette voix…
En fait le déclic eut lieu avec une autre K7 achetée d’occase quelques semaines plus tard (Hatful of Hollow), sur l’intro carillonnante de This Charming Man et son beat Motown.
A partir de là, tout a changé. Mais vraiment tout. « Les Smiths ont changé ma vie » comme on dit. C’est-à-dire qu’à partir de ce moment là, j’écoute plus du tout de classic rock (j’y reviendrai bien sûr plus tard), mais c’est aussi ma perception du monde et des autres qui changent en profondeur et celui que je suis au moment où je tape ces lignes est encore hautement redevable de cette découverte, pour le pire et pour le meilleur. Et je suis donc devenu un énorme fan des Smiths et de Morrissey en solo.
J’aurais pu choisir n’importe lequel de leurs autres albums, y compris les super compilations Louder than bombs et The World won’t listen mais celui-ci est le plus varié, le plus délicat, le plus touchant, le plus complexe.

Aujourd’hui, mon amie est toujours mon amie. On a des vies différentes et on habite à 800 kms l’un de l’autre donc on se voit beaucoup moins : une fois par an au mieux mais on garde le contact et on a toujours l’un pour l’autre une grande affection. Je sais que je peux compter sur elle et réciproquement. C’est pareil pour les Smiths.

#78 Elliott Smith – Figure 8

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J’ai déjà parlé d’Elliott Smith ici et ici, lorsque je me suis remémoré ses 2 concerts auxquels j’ai eu la chance d’assister.
Évidemment, j’aurais pu opter pour Either/Or (qui est en général celui qui est choisi dans les classements de ce type) ou XO mais pour être honnête, même si je les adore, j’ai une nette préférence pour celui-ci : j’aime beaucoup quand un artiste se voit enfin confier les moyens de son ambition, et qu’il se montre à la hauteur. Et Figure 8 est selon moi l’exemple type de ce cas de figure (arf) car c’est l’album sur lequel Elliott Smith peut commencer à donner chair à ses fantasmes beatlesiens en termes de production.
Il avait semble-t-il pour objectif d’aller encore plus loin sur son album suivant (From a basement on the hill) mais évidemment, même si le résultat est intéressant, il est également inabouti et on ne saura donc jamais ce que ça aurait réellement pu donner. Lire à ce sujet, et au sujet d’Elliott Smith en général, l’excellent article que Pitchfork lui a consacré à l’occasion du 10ème anniversaire de sa mort.

#32 Palais Royal!

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Une orthophoniste toute simple, mais mariée au fils cadet du roi, devient reine malgré elle à la mort du monarque… Et ça rigole pas tous les jours sous les couronnes… Ou alors si. (Allociné)

L’histoire c’est évidemment celle de Diana Spencer / Lady Di. On s’amuse à chercher les similitudes mais plus que leur catalogue, c’est leur transposition et leur réinterprétation qui crée les gags et situations comiques. Avec un super casting: Lemercier évidemment, aussi effacée puis progressivement agaçante et enfin insupportable que son alter ego, Lambert Wilson, d’une impeccable vulgarité d’aristo, dans le rôle du prince Charles, la reine Catherine (Deneuve) dans celui de la reine Elisabeth, et j’en passe (Mathilde Seigner, Denis Podalydès, Michel Vuillermoz, Michel Aumont). Et, trouvaille géniale, Maurane dans le rôle d’Elton John,  soit l’amie, confidente et interprète de la chanson-hommage lors des funérailles de la princesse.

Valérie Lemercier est une grande bourgeoise : elle seule sans doute pouvait  s’attaquer à la satire d’une monarchie d’opérette (c’est l’histoire de Lady Di mais on trouve aussi dans Palais royal! de gros morceaux de Principauté de Monaco) avec la bonne distance : vacharde mais pas vulgaire (c’est les personnages qui le sont), avec élégance voire une certaine bienveillance mais sans concession.

Bon après… Je trouve tout simplement ce film extrêmement drôle et bien fichu, bien monté, bien rythmé et dégageant, enfin, une joie et un enthousiasme communicatifs.

Dans le même registre je recommande:

Le derrière, premier film réalisé par Valérie Lemercier, avec un super Claude Rich dans le rôle d’un insupportable mandarin mitterandien, et un génial, comme toujours, Dieudonné, dans le rôle de son petit ami, gobeur compulsif de minis Babybel en période de stress.

#77 Sloan – Between the Bridges

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J’ai longuement hésité avec leur album précédent, Navy blues, que voici :

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Parce que c’est une petite usine à tubes, tout simplement. Mais faut faire des choix là, c’est bientôt la fin, ça devient chaud.

Ce que j’aime dans Between the Bridges, c’est qu’il est varié : y a de la power pop évidemment, puisque Sloan est l’un des prototypes des groupes du genre, y a les MacCartneyrades de Jay Ferguson, y a du rock AM 70s, y a un petit mid-tempo countrysant. Tout ça en 12 titres et 45 minutes : c’est pas un album, c’est un cahier des charges parfaitement rempli.
J’aime bien aussi le côté « boucle » de l’album : tous les titres s’enchaînent les uns aux autres et le dernier reprend le riff du premier ce qui fait que lorsqu’il s’achève et qu’on rappuie sur « play », on obtient une sorte de boucle musicale parfaite. Bon, c’est un détail évidemment, un gadget, mais j’aime bien.
Comme tout ce qu’a fait Sloan entre 1994 et 1999 en vérité et qui me semble sinon irréprochable, au minimum digne d’intérêt. Sloan est un peu l’exception qui confirme l’adage qui veut que « nul n’est prophète en son pays » : très populaire au Canada (son pays donc), il reste relativement méconnu en dehors, sinon pour quelques obsessionnels des riffs nerveux et mélodies accroche-coeur. C’est dommage.