Toni Erdmann – critique

Quand Ines, femme d’affaire d’une grande société allemande basée à Bucarest, voit son père débarquer sans prévenir, elle ne cache pas son exaspération. Sa vie parfaitement organisée ne souffre pas le moindre désordre mais lorsque son père lui pose la question « es-tu heureuse? », son incapacité à répondre est le début d’un bouleversement profond. Ce père encombrant et dont elle a honte fait tout pour l’aider à retrouver un sens à sa vie en s’inventant un personnage : le facétieux Toni Erdmann… (Allociné)

Une comédie allemande donc… « Ach l’humour ! C’est une des choses que je préfère, avec les pieds paquets et l’infanterie » pour citer les mots du maréchal Von Apfelstrudel. Bon, je vais pas me lancer sur l’humour et les Allemands, ça serait trop convenu mais il faut quand même savoir qu’il y a un coussin péteur dans ce film. Löl.

J’ai mis un peu de temps avant de décanter le film, d’en tirer une analyse ou du moins un avis définitif mais il m’a immédiatement plu. En revanche, même avec du recul, je ne comprends toujours pas très bien pour quelles raisons le film a été à ce point plébiscité par la sphère cinéphile tant il m’apparaît d’une simplicité et d’une lisibilité étonnantes. Je veux dire, comparé à des films tels que Elle, Rester Vertical ou Aquarius par exemple et pour citer d’autres films quasi unanimement salués l’année de sa sortie (y compris sur ce blog). Mais cette simplicité est aussi ce qui fait sa qualité…

Je ne parlerai pas d’humour allemand, et je ne ferai pas non plus de parallèle avec les sempiternelles et proverbiales qualités d’efficacité que l’on prête aux compatriotes de Gerd Müller mais Toni Erdmann est donc un film simple et direct, malgré sa longue durée. Très juste, très sensible, très mordant également, avec une superbe qualité d’écriture. Ce qui distingue Toni Erdmann d’une « simple » comédie de ce type selon moi (un père et son enfant se sont éloignés l’un de l’autre sans véritable raison, et ils vont finir par se rapprocher), c’est à la fois son cadre (les hautes sphères du consulting et des affaires internationales pour faire court) et sa durée (2h45), cette dernière permettant une parfaite exhaustivité à la fois sur la description du cadre et l’analyse des sentiments et relations des 2 personnages principaux. Pour autant, le film ne force jamais rien (sauf peut-être sur la désormais célèbre scène dite « des petits fours », qui fait penser à du Haneke; j’allais dire « à du mauvais Haneke » mais c’eut été un pléonasme): il est parfaitement équilibré et les 2h45 passent en un clin d’oeil.

Après, moi, tu me racontes l’histoire d’un père et de son enfant qui se sont éloignés l’un de l’autre sans véritable raison mais qui finissent par se rapprocher, ça peux s’appeler Fiston avec Franck Dubosc et Kev Adams, ça me touchera. Alors évidemment quand c’est un vrai bon film…

 

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