#41 Les sous-doués passent le bac


Bébel et ses petits camarades du Cours Louis XIV, sont réputés pour être des fainéants et d’invétérés farceurs. Leur lycée est même dernier du classement au baccalauréat avec 100% de recalés à l’examen! Après une plaisanterie qui tourne mal, les trublions se retrouvent obligés d’obtenir leur bac à tout prix, tout en rusant et trichant, s’ils ne veulent pas finir en prison…
(Allociné)

Comme La Chèvre, Les Bronzés font du ski ou Papy fait de la résistance, un film-de-quand-j-étais-petit qui, à ce titre, défie et rend inutile toute analyse critique ou objective : je l’ai vu un nombre incalculable de fois et je le revois encore à chaque diffusion télé, je m’en lasse pas. Je rappelle que Daniel Auteuil avait 30 ans quand le film est sorti : 12 ans de différence entre le rôle et l’interprète, ça doit être un genre de record du monde de foutage de gueule dans le genre.

#40 Steak

En 2016, la mode et les critères de beauté ont beaucoup changé. Une nouvelle tendance fait des ravages chez les jeunes : le lifting du visage. Georges, un jeune diplômé récemment lifté, profite des vacances d’été pour s’intégrer aux « Chivers », une bande de caïds liftés à l’extrême. Blaise, un loser rejeté et ex ami d’enfance de Georges, aimerait lui aussi faire parti de la bande… (Allociné)

Et là, en lisant le résumé d’Allociné, je réalise avec stupeur que le film est censé se dérouler en 2016…
Son aspect « dystopique » est un des trucs qui me fascine le plus : c’est le futur, clairement (plus maintenant donc…), c’est une société occidentale, clairement aussi, mais si ça ressemble à une France hyper américanisée, ça ne l’est peut-être pas non plus. En réalité le film a été tourné au Canada.

Je déteste utiliser cette expression souvent galvaudée mais je n’en vois pas d’autres : Steak est un véritable OVNI cinématographique, un truc rarement vu sur un écran en France, encore moins dans le registre de la comédie. Difficile même avec du recul de situer le film ou de le rattacher à des références bien précises : ça commence par une scène qui pourrait être tirée de La 7ème compagnie et tout de suite… ça dévie. Finalement, et c’est ce qui fait de Steak une aussi belle réussite évidemment et un film aussi génial, on s’en fout : il est suffisamment fort pour qu’il soit inutile de devoir le rattacher à quoi que ce soit.

Gros, gros bide évidemment, mais on est quand même un certain nombre à avoir été durablement conquis et marqués par ce qui reste le meilleur film de Quentin Dupieux et une des meilleures comédies françaises de ces 10-15 dernières années: la discussion sur le nouvel humour, les Chivers, « le dernier arrivé est fan de Phil Collins« , cette scène incroyable au cours de laquelle les Chivers s’adonnent à une activité aussi absurde que mystérieuse mêlant base-ball et calcul mental… Pour utiliser à nouveau un qualificatif galvaudé, Steak est le prototype du film culte.

Ceux, nombreux, qui n’ont pas accroché, n’y vont pas non plus de main morte. Extraits (via Allociné encore; je cite pas les auteurs, ils peuvent aisément être retrouvés sur la fiche du film):

« J’ai rarement vu un film aussi mauvais ! Mettons de côté le profond ennui qu’il a provoqué chez moi. Le scénario est mauvais, l’interprétation également, bref, une horreur ! Je le déconseille à tous, sans exception ! »

« Ce film marque vraiment à vie,pas pour son succès,bien au contraire,pour sa qualité qui en un mot se résume à : CATASTROPHIQUE. J’ai eu la malchance d’aller voir ce film étant petite,je n’ai absolument rien compris ni du sens du film ni de son scénario ( s’il y’en a vraiment un…).Ce film fait penser,aux nombreux films surréalistes que l’on peut nous montrer en cours d’art,à la différence qu’ici il n’y a rien d’artistique.On devrait nominé ce film comme un des pires de l’histoire du film français,c’est une honte à l’histoire du cinéma.On se demande si le réalisateur n’aurait pas été sous l’emprise d’alcool ou de drogues fortes lors de sa réalisation tellement c’est absurde.Je m’étonne même de voir comment certains ont pu donner plus de une étoile à ce film. En quelques mots: A VRAIMENT EVITER! »

« faut-il avoir un QI de 20 pour aimé ce film ? ou peut être juste avoir 5 ans et demi… c’est nul et sans intérêt destiné a un publique de débile profond ,on dit que les meilleurs blagues sont les plus courtes et bien dans le genre ce film en est une vraiment trop longue qui fait perdre sont temps au spectateurs.Un navet ,je dirais même un concombre…pour faire dans le style du film,si vous avez de l’argent a jeter par les fenêtres,jetez- le par les fenêtres sa vaudra toujours mieux que de regarder ce genre d’insulte au cinéma comique français. »

« Oh mon dieu, j’adore ces 2 la, je suis fan de leurs films mais la… Cause indefandable, peut etre le pire film que j’ai jamais vu, incroyable ! Je recommanderais meme aux gens d’aller le voir, car c’est hallucination, sans doute un film pour extra terrestre, je ne vois pas d’autre explication. »

Ce dernier a raison : il faut voir Steak, un film « extra-terrestre ».

#39 Monty Python : Sacré Graal !

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Le roi Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde se lancent à la conquête du Graal, chevauchant de fantômatiques montures dans un bruitage de noix de coco cognées. La petite troupe va devoir passer mille épreuves, dont un chevalier à trois têtes, des jouvencelles en chaleur, voire même un terrible lapin tueur. (Allociné)

Je parlais au sujet de La cité de la peur du fil des influences qu’on remonte lorsqu’on se prend de passion pour un groupe, un acteur, un réalisateur ou autre : avec les Nuls, j’en suis logiquement et très vite venu aux Monty Pythons. Parce qu’évidemment, en termes de parodies et d’humour absurde, ils sont non seulement aux sources mais sans doute les meilleurs.

Et Sacré Graal ! parce que c’est celui qui me fait le plus rire, tout simplement, et parce qu’avec le recul, et même si ça n’était évidemment pas son objectif principal, sa vision et description du Moyen-Age, tout en grisaille, boue, végétation anarchique, est d’une étonnante vraisemblance. C’est pas le Nom de la Rose mais ça l’effectue je trouve.

Aussi parce que c’est un super souvenir de découverte en salles. Je m’étais exceptionnellement rendu « à la ville » (Bayonne en l’occurrence) pour d’autres raisons, j’ignorais que le film y jouait. Première bonne surprise. Et alors que j’étais tout seul dans la salle, voilà-t-y pas que débarque mon meilleur pote de l’époque. On savait pas qu’on s’y retrouverait, il savait même pas que j’étais dans sa ville : pas de portables évidemment à l’époque, et il avait pas le téléphone chez lui donc c’était un peu compliqué pour caler une rencontre. On a donc découvert le film ensemble et absolument seuls dans une grande salle, c’était un super moment.

#38 Rushmore

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Les mésaventures de Max Fischer, élève de la Rushmore Academy. Personnage hors normes, génie fougueux et brouillon, Max ne peut fournir qu’un minimum d’efforts à ses études et s’est résigné à devenir l’un des pires cancres de son établissement. En dépit de ses échecs scolaires et des admonestations répétées de son directeur, Rushmore n’en reste pas moins à ses yeux un paradis et un sanctuaire idéal pour exercer en toute liberté son inlassable créativité. (Allociné)

Si tous les films de Wes Anderson sont généralement considérés comme des comédies, on ne peut évidemment pas les mettre sur le même plan que Mary à tout prix ou Anchorman. Ils tirent davantage vers ce que Télé 7 jours désignait sous les termes de « comédies dramatiques » (j’utilise l’imparfait car ça fait des années que j’ai pas lu Télé 7 jours donc j’ignore s’ils utilisent encore ce qualificatif). Rushmore est sans doute celui qui se rapproche le plus d’une comédie au sens où on l’entend généralement : c’est son film le plus drôle avec Le Grand Hôtel Budapest.

Comme tous ses autres films, je l’ai vu un grand nombre de fois (une petite dizaine je dirais) mais je me souviens parfaitement de la toute première au cinéma (un samedi gris d’automne : parfait) : je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, j’ai trouvé le pitch génial (un garçon brillant mais élève médiocre veut passer sa vie dans son école) et j’ai été tout de suite cueilli par l’originalité du ton, de la caractérisation des personnages, de la forme. J’avais là un film auquel je pouvais immédiatement m’identifier et m’attacher pour plein de raisons (la bo et la direction artistique très pop et anglophiles, la thématique de la recherche du père, la romance contrariée, la mélancolie) et qui était en même temps suffisamment fuyant pour créer du mystère, donner envie de creuser : si rien ne ressemble plus à un film de Wes Anderson qu’un autre film de Wes Anderson, bien malin celui qui peut citer ses influences profondes ou les références directes derrière chacun de ses films.

Ainsi, le film derrière Rushmore et notamment derrière le personnage principal interprété par Jason Schwartzman c’est Les 400 coups et donc le très jeune Antoine Doinel. Ca me paraît évident maintenant et pourtant, même si je connais bien le film de Truffaut, je ne l’avais pas du tout perçu avant qu’Anderson lui-même l’explique dans l’excellent livre d’entretiens avec l’excellent Matt Zoller Sein, The Wes Anderson Collection.
Ou alors c’est juste moi qui suis un peu con de pas l’avoir compris avant, c’est possible aussi.

#37 Retour à la fac

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Mitch, Frank et Bernard, trois adultes mécontents de leur vie personnelle, décident de retrouver l’ambiance de leurs années de fac en reformant une confrérie. Délaissant leurs compagnes respectives, ils renouent avec les joies du campus. (Allociné)

Comme je le disais à propose de Frangins malgré eux, le concept un peu fourre-tout de neo-comédie pourrait se résumer par le questionnement suivant : comment concilier âge adulte, voire mûr (les protagonistes sont souvent des trentenaires voire quarantenaires) et aspirations adolescentes ?

Avant le génial film d’Adam McKay, Retour à la fac, Old School en vo, se posait la même question et tentait d’y répondre sur un mode plus potache, voire même plus bourrin voire même un peu hétéro-beauf sur les bords (c’est le problème avec Todd Phillips, j’y reviendrai). Mais putain que c’est drôle !

Le film réunit en outre un trio de Frat Packers de haute volée avec Luke Wilson, Vince Vaughn et bien sûr Will Ferrell dans un de ses rôles les plus mémorables. Du coup:

Dans le même registre je recommande :

Starsky & Hutch, autre comédie signée Todd Philips, avec le duo Ben Stiller et Owen Wilson (Vince Vaughn dans le rôle du méchant). Vraiment chouette, à la fois drôle, malin, respectueux de l’original et le remettant bien au goût du jour, c’est un film rarement cité comme une réussite et je ne comprends pas pourquoi. Génial petit rôle pour Will Ferrell en taulard-indic pervers.

Ce qui m’amène à

Les Rois du patin et Semi-pro : pas dans les plus grandes réussites du genre mais rendus indispensables par les interprétations totalement dingues de Will Ferrell.

Ce qui m’amène à

Serial Noceurs : film que je trouve assez moyen pour ne pas dire plus (ou moins en l’occurrence) mais dans lequel Ferrell vole la vedette en quelques minutes:

A la limite, là, t’as vu tout ce qu’il y a à voir dans ce film.

#36 Les Randonneurs à Saint-Tropez

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Nous avons quitté Cora, Nadine, Mathieu et son frère Louis, ceux que nous appelons dorénavant  » Les randonneurs « , il y a dix ans en Corse. Aujourd’hui, ils ont la quarantaine. Ils sont toujours très liés et ont décidé de repartir une nouvelle fois en vacances ensemble, juste tous les quatre, comme avant. La randonnée, il faut bien l’avouer, ça n’était pas vraiment leur truc. Mais à l’époque, c’était la mode des vacances sportives. Alors, ils avaient essayé. Cet été, c’est décidé, ce sera Saint-Tropez. Après tout, qui n’y va pas une fois dans sa vie ? Mais c’était sans compter qu’à Saint-Tropez, tout peut arriver. Même retrouver Eric, leur guide sur le GR20 Corse. Celui qu’ils s’étaient jurés de ne plus jamais fréquenter… Sauf qu’Eric a évolué ; il a même beaucoup changé. Et il a des arguments de poids pour endosser à nouveau le rôle du guide… (Allociné)

J’ai l’impression que Les Randonneurs est un film un peu culte. J’aime bien voire beaucoup mais, sans aucun snobisme, je préfère celui-ci qui est semble-t-il aussi, nettement moins apprécié.
Je le préfère car il fonctionne à plusieurs niveaux : comédie de vacances au premier degré, comme le 1er volet, avec cette fois l’enfer de la Côte d’Azur qui se substitue à celui du GR 20 ; comédie « suite », avec des gags, répliques, développements qui répondent au film précédent ; relecture à la fois amusée et tendre des nanars de Max Pécas même si ils sont davantage évoqués (à travers notamment le personnage interprétée par Cyrielle Claire, habituée des comédies françaises 70s-80s, par exemple) que réellement réinterprétés.

Et ça c’est valable pour le 1er volet également et c’est un élément crucial dans ce type de film qui fonctionne énormément sur l’énergie et la dynamique de groupe, je trouve que le groupe justement, d’acteurs, fait preuve d’une super complicité. Difficile dans ces cas-là de savoir si elle est réelle ou si les gars/filles sont vraiment de très bons acteurs et qu’ils la simulent totalement mais je trouve qu’on croit vraiment aux relations et interactions qui se nouent au sein de ce groupe d’amis de longues dates interprétés par Karin Viard, Géraldine Pailhas, Vincent Elbaz et Philippe Harrel. Et Poelvoorde évidemment, dans le rôle de l’élément extérieur/perturbateur.

J’ai vraiment beaucoup de tendresse pour ce film qui me fait beaucoup rire et que j’ai déjà vu à plusieurs reprises sans aucun sentiment de lassitude. J’ai l’impression encore une fois qu’il est non seulement totalement méprisé mais également rejeté par les fans des Randonneurs et je ne comprends pas pourquoi.

Enfin, vu la manière dont il s’achève, on est en droit d’attendre un 3ème volet, ça me ferait très plaisir.

#35 Pour un garçon

affiche-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxWill Freeman est un trentenaire londonien et un célibataire endurci. Vivant allègrement grâce aux droits d’auteur qu’il perçoit sur une chanson de Noël écrite par son père, il s’invente un fils pour draguer des mères célibataires.
Un jour, il fait la connaissance de Marcus, un garçon de douze ans, fils de Fiona, hippie et végétarienne, et tête de Turc de l’école. Will et Marcus deviennent amis, et pendant que Will apprend à Marcus l’art d’être cool, Marcus apprend à Will l’art d’être… adulte. (Allociné)

Dans le duo d’adaptations des 2 meilleurs bouquins de Nick Hornby (Haute-Fidélité et A propos d’un gamin), j’ai une préférence pour celle-ci car Paul Weitz l’américain a judicieusement choisi de rester à Londres, là où Stephen Frears le britannique a choisi de transposer l’action à Chicago (et d’utiliser un casting quasi exclusivement américain). C’est paradoxal, et c’est surtout une petite trahison qui ne passe pas pour moi tant les romans de Nick Hornby, quoiqu’imprégnés de son amour pour la soul, le folk et la country américaines,  restent profondément anglais. Tu me diras qu’il s’agit d’une adaptation et que les meilleures d’entre elles « trahissent »  plus ou moins l’oeuvre originale et je te répondrai que certes mais aussi que transposer l’action de Haute-Fidélité de Londres à Chicago ne change absolument rien. A ce moment là, pourquoi ? Ca a dû rassurer les producteurs que le film se déroule aux Etats-Unis j’imagine mais c’est dommage à mon sens.

Du coup, Pour un garçon est selon moi le fleuron de ce qui est devenu un genre à part entière suite au succès de films tels que 4 mariages et 1 enterrement, Coup de foudre à Notting Hill ou Le journal de Bridget Jones : la comédie britannique. Mieux, puisqu’il ne t’aura pas échappé que le gars est présent dans chacune d’entre elle, il est le fleuron du Hugh Grant movie.

Mais évidemment, Pour un garçon va plus loin puisqu’il joue précisément de l’image-cliché du Hugh Grant spirituel, charmant et maladroit, maladroitement charmant, charmamment maladroit auquel on a systématiquement droit. De spirituel, il devient ici sarcastique, cynique même et très sûr de lui. Au début… Contre toute attente, Hugh Grant incarne ainsi le parfait héros hornbien, désabusé mais confortable, qui va tout à coup devoir se remettre en question. J’en dirais pas plus pour pas spoiler même si le film est aujourd’hui devenu un petit classique multi-diffusé sur les chaînes de la TNT.

Enfin, argument de poids dans mon affection pour ce film, la géniale bande originale signée Badly Drawn Boy qui n’a tout simplement rien fait de mieux selon moi.

Là aussi, un choix audacieux de la part du réalisateur Paul Weitz et des producteurs du film : il avait certes le vent en poupe à l’époque (on parlait de « Beck anglais » même s’il était plus proche d’Elliott Smith en réalité mais passons) mais on peut pas dire qu’il constituait le choix le plus commercialement évident. Chapeau à eux donc encore une fois.

Dans le même registre, je conseille aussi :

Haute-Fidélité bien sûr, avec un excellent John Cusack et un génial Jack Black.

Deux autres comédies signées Paul Weitz, réalisateur d’American Pie je le rappelle, qui prouve qu’il a décidément l’œil pour finement croquer les personnages et les relations humaines : En bonne compagnie, film étonnamment franc et juste sur le monde de l’entreprise et American Dreamz (avec encore Hugh Grant) sur l’univers de la télé-réalité… et du terrorisme.

#34 Un poisson nommé Wanda

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Un avocat fort coincé, Archie Leach, flanqué d’une épouse snob, une belle americaine sexy, Wanda, aux jambes qui n’en finissent pas, son fougueux « latin lover » Otto, ex-agent de la CIA, un grand timide et ami des bêtes, Ken Pile, un poisson exotique nomme Wanda qui finit tristement dans l’estomac d’Otto et, enfin, George, minable gangster dans l’esprit duquel germe le enième hold-up du siècle. Tel est l’équipe de gagnants qui composent cette comédie policière, dans laquelle chacun d’entre eux va essayer de tirer profit de l’autre.
(Allociné)

Encore une comédie de toujours, c’est à dire une comédie que j’ai découverte enfant et qui continue à me suivre encore aujourd’hui.

A l’époque, je savais à peine qui étaient les Monty Pythons et je n’avais donc pas conscience que finalement, même si 2 membres du groupe sont dans le film (John Cleese et Michael Palin), le registre humoristique d’Un poisson nommé Wanda ne leur doit pas tant que ça. On serait davantage du côté de Fawlty Towers s’il fallait vraiment situer…

Ce sont les différences et l’antagonisme entre l’Angleterre et les Etats-Unis, entre le Vieux et le Nouveau Monde qui nourrissent la grande majorité des gags du film. Et là il faut évidemment évoquer la géniale interprétation de Kevin Kline, complètement déchaîné en ex-agent de la CIA (?) décérébré et susceptible (« Ne me traite jamais… jamais… jamais ! De débile… »).
Il y a quelque chose de profondément joyeux et euphorisant dans ce film: il parvient à se mettre au diapason de l’expérience vécue par le personnage interprété par John Cleese, avocat anglais jusqu’à la caricature, qui se libère totalement au contact de l’américaine Jamie Lee Curtis. J’ai encore revu le film il y a quelques semaines et c’est vraiment un délice.

#33 Papy fait de la résistance

papy-fait-de-la-resistanceEn 1943, les Bourdelle se voient eux aussi envahis par les Allemands, et se retrouvent logés à la cave. Le fils, GuyHubert, dissimulé derrière les traits d’un coiffeur homosexuel, est en fait Super-Résistant, sorte de Zorro du moment, et qui complote contre les nazis. (Allociné)

Sans doute la comédie, voire le film que j’ai le plus vu de ma vie. Il serait inutile de répertorier toutes les répliques et expressions que j’en ai gardé dans mon langage quotidien, il y en a beaucoup trop. J’ai vraiment fait chier beaucoup de monde et pendant très longtemps avec ce film (série en cours).

Avec le recul critique de l’âge adulte, et presque 35 ans après sa sortie et son premier visionnage, j’en suis toujours extrêmement fan. Je pense que c’est une vraie bonne comédie, bien foutue, bien rythmée, avec un parfait équilibre entre ancrage réaliste (disons plutôt « vraisemblable ») et fantaisie débridée (pour ne pas dire « portnawak complet »).

Et puis c’est assez osé : le final, parodie d’un numéro des Dossiers de l’écran, qui démystifie et écorne le mythe des résistants, fallait… oser, précisément. « De plus je sais que c’est Super Résistant qui a étranglé froidement de ses mains le nain Enrique parce qu’il couchait avec Colette sa sœur !!! » Fantastique Gérard Jugnot dans le rôle d’Adolfo Ramirez Jr, fils de collabo exilé en Colombie. Quand on voit ce film, son énergie, son inventivité, et son iconoclasme donc, on se demande plus que jamais comment ces mecs (et ces filles) là ont pu devenir aussi conformistes voire, pour certains, puants (entre ici, Christian Clavier)…

Quoiqu’il en soit, Papy fait de la résistance représente une sorte d’apogée pour eux, en même temps qu’un point de non retour : le film allie leur habituel esprit corrosif à celui d’une « grosse » (eine grösseu) comédie populaire française à la Gérard Oury. Gros budget, casting « Cérémonie des Césars« , acteurs patrimoniaux (Maillan, Galabru, et on aurait même dû avoir De Funès), je me souviens que le film était présenté comme un énorme événement à l’époque et qu’il avait quasiment fait de l’ombre au Retour du Jedi qui sortait au même moment.
Mais après Papy…, c’est fini pour le Splendid : Michel Blanc (déjà à peine présent ici) se barre avec Patrice Leconte et Jean-Marie Poiré collabore de plus en plus étroitement avec Clavier seul pour des projets de plus en plus hystériques, et de moins en moins réussis. Le génial Mes meilleurs copains fait figure d’exception.

#32 Palais Royal!

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Une orthophoniste toute simple, mais mariée au fils cadet du roi, devient reine malgré elle à la mort du monarque… Et ça rigole pas tous les jours sous les couronnes… Ou alors si. (Allociné)

L’histoire c’est évidemment celle de Diana Spencer / Lady Di. On s’amuse à chercher les similitudes mais plus que leur catalogue, c’est leur transposition et leur réinterprétation qui crée les gags et situations comiques. Avec un super casting: Lemercier évidemment, aussi effacée puis progressivement agaçante et enfin insupportable que son alter ego, Lambert Wilson, d’une impeccable vulgarité d’aristo, dans le rôle du prince Charles, la reine Catherine (Deneuve) dans celui de la reine Elisabeth, et j’en passe (Mathilde Seigner, Denis Podalydès, Michel Vuillermoz, Michel Aumont). Et, trouvaille géniale, Maurane dans le rôle d’Elton John,  soit l’amie, confidente et interprète de la chanson-hommage lors des funérailles de la princesse.

Valérie Lemercier est une grande bourgeoise : elle seule sans doute pouvait  s’attaquer à la satire d’une monarchie d’opérette (c’est l’histoire de Lady Di mais on trouve aussi dans Palais royal! de gros morceaux de Principauté de Monaco) avec la bonne distance : vacharde mais pas vulgaire (c’est les personnages qui le sont), avec élégance voire une certaine bienveillance mais sans concession.

Bon après… Je trouve tout simplement ce film extrêmement drôle et bien fichu, bien monté, bien rythmé et dégageant, enfin, une joie et un enthousiasme communicatifs.

Dans le même registre je recommande:

Le derrière, premier film réalisé par Valérie Lemercier, avec un super Claude Rich dans le rôle d’un insupportable mandarin mitterandien, et un génial, comme toujours, Dieudonné, dans le rôle de son petit ami, gobeur compulsif de minis Babybel en période de stress.