Top 2014 – cinéma – j’ai aimé – 2ème partie

1ère partie de mes « j’ai aimé » ici

23. Arrête ou je continue

C’est un beau film, beau et dur à la fois, sur la fin d’un couple qu’on imagine, où plutôt dont on imagine, que son entourage le jugeait indestructible. La réalisatrice, Sophie Fillières, vise toujours juste, que ça soit dans les scènes de couple justement ou les scènes où chacun se retrouve de son côté. Mais de toutes façons la partie était gagnée dès le choix des comédiens : non seulement les acteurs les plus emblématiques de la QFA (Qualité Française Auteuriste) mais surtout les inoubliables Esther et Paul d’Arnaud Desplechin dans Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle). Difficile de ne pas y penser, et de ne pas être ému, en voyant Emmanuelle Devos et Mathieu Amalric évoluer à nouveau ensemble 20 ans plus tard.

Le tournant du match
Le tournant du match


22. Abus de faiblesse

Pas le meilleur Breillat, loin s’en faut mais cette histoire vraie (ou plutôt vécue par la réalisatrice) me fascine assez et j’ai beaucoup de sympathie pour Kool Shen (alors que Joey Starr et sa nouvelle respectabilité cinématographique me débectent). Ici.

 

21. Tristesse club

Ca aurait sans doute pu être encore mieux mais en l’état c’est déjà très chouette. Ici.

 

20. La prochaine fois je viserai le coeur

Trop froid pour prétendre à davantage mais impressionnant à tous les niveaux. Ici.

 

19. La ritournelle

Voilà le prototype même du film QFA (Qualité Française Auteuriste) parfois connu sous l’appellation jumelle de FT (Film Télérama). Soit un réalisateur « indé » ou auteur donc (Marc Fitoussi) qui, après des débuts à la marge, s’embourgeoise au fil de ses nouveaux projets pour finir par pondre ce genre de comédie du remariage proto-pantouflarde, starring 2 comédiens bien établis et reconnus, 2 comédiens bourgeois (Isabelle Huppert et Jean Pierre Darroussin). Tout pour se faire dézinguer donc mais c’est fait avec extrêmement de pudeur, de justesse, de tendresse et d’intelligence. Et Isabelle Huppert m’y a rappelé pourquoi elle a longtemps été un de mes crush :  je l’ai trouvé à croquer. Bim. Prend cet argument dans ta gueule la critique cinématographique.

En plus elle a une garde robe im-pe-cca-ble <3
En plus elle a une garde robe im-pe-cca-ble ❤


18. Hippocrate

Le FT se démarque du film QFA (voir ci-dessus) en cela qu’il est enrobé d’un vernis sociologisant ou d’une conscience sociale, appelle ça comme tu veux (Ken Loach est ainsi, et sans surprise, le Dieu du FT). Ici, le quotidien des urgences d’un grand hôpital parisien. J’ai en général horreur des FT mais comme tu le sais, j’ai cette énorme qualité (entre autres) de perpétuellement me remettre en cause, d’être prêt à ébranler mes certitudes, à foutre en l’air mes a priori : Hippocrate est un film qui évite tous les écueils (de la sensiblerie ou, à l’opposé, du cynisme ou de l’humour noir forcené) avec un certain brio et en tout cas beaucoup d’intelligence. C’est bien fait, c’est drôle, c’est émouvant, c’est édifiant : aucune raison de bouder son plaisir.

 

17. Night Moves

Je lui préfère sans doute La dernière piste mais c’est quand même sacrément bien fichu. J’ai eu peur qu’à un moment le « message » (sur l’engagement radical, ses implications et ses possibles conséquences) prenne le pas sur le cinéma mais non. Brillant.

Ils sont forts ces ricains : même leurs crevards sont plus cools que les notres.
Ils sont forts ces ricains : même leurs crevards sont plus cools que les nôtres.


16. Edge of tomorrow

Là aussi, ça aurait pu être encore mieux, ça aurait même pu être un chef d’oeuvre (ça se contente de les citer en référence) mais quel pied ! Ici.

 

15. Bird People

Alors là… LE film casse-gueule par excellence, qui essaie non seulement de capter « l’air du temps » (les portables, Skype, les business travel à travers le monde, les aéroports, les lecteurs MP3 et autres vecteurs de notre ultra-moderne solitude), devenant de fait et illico totalement démodé  mais il ose en son milieu un twist scénaristique d’un culot assez incroyable (je comprends tout à fait qu’on trouve ça ridicule, risible, grotesque, que sais-je encore). Chez moi les 2 volets ont parfaitement fonctionné : la peinture de ce personnage et de cette société modernes trop modernes et, dans sa 2ème partie, de ce besoin naïf peut-être, d’un espace de liberté hors de toutes contingences matérielles et prosaïques. C’est en outre un film qu’on n’attendait certainement pas de la part d’une cinéaste telle que Pascale Ferran, ça me rend le film d’autant plus estimable. Enfin, et là c’est très perso, j’adore les films qui se déroulent dans ces lieux de transit que sont les hôtels, les aéroports, les gares etc (j’adore d’ailleurs ces lieux tout court :  rien ne me satisfait davantage qu’une nuit à l’hôtel après un long voyage en train par exemple). Second bonus « petit chou » de mon top pour Anaïs Demoustier après Situation amoureuse : c’est compliqué.

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Toute légende est un risque de spoiler, je ne dirai donc rien.


14. Jersey Boys

Ca commence comme les Affranchis, petites frappes italo-américaines un peu lose, un peu attachantes. Ca ronronne gentiment, c’est pas désagréable, c’est même plutôt bien fichu mais on se demande à quoi ça sert au fond puisqu’on déjà vu ce film ou ce téléfilm 100 fois. On se demande si Eastwood n’avait que ça à foutre, s’il aurait pas du arrêter il y a longtemps. Et puis à un moment (impossible de dire quand : ce moment n’a aucune réalité tangible dans le film, il a l’élégance de ne jamais être désigné puisqu’il dépendra de tout un chacun. Il arrive juste à un moment ou un autre), on se dit que merde, c’est quoi ce film, j’ai jamais vu ça, jamais vu cette histoire traitée comme ça : exit donc les habituelles séquences d’euphorie absolue (lorsque le groupe rencontre le succès) ou de déchéance totale (lorsque le groupe commence à sentir la lose), puisque tout est traité sur le même mode, tranquille, mélancolique, résigné même. Chronique d’une histoire foutue d’avance pour cause d’amitié foireuse et de loyauté, Jersey Boys impose sans forcer sa petite musique douce-amère, happy-sad. Il n’y avait sans doute qu’Eastwood pour raconter cette histoire de cette manière. C’est à ce moment-là, encore, que je me souviens qu’il est l’un de mes héros absolus.

Frankie Valli and the Four Seasons
Frankie Valli and the Four Seasons


13. Under the Skin

Là aussi, comme pour Bird People, je comprendrais qu’on balaie ça d’un revers de la main : c’est l’exemple même du film « ça passe ou ça casse » même s’il est, au fond, un peu tiède, pas suffisamment expérimental ni radical pour véritablement imposer le respect et pas très finaud lorsqu’il essaie de dire quelque chose. Mais son ambiance oppressante a parfaitement fonctionné sur moi (c’est un film où, paradoxalement, je me suis senti « bien », comprendre parfaitement à l’aise) et certaines séquences, très belles et impressionnantes sur un pur plan esthétique et plastique, impressionnent justement, durablement la rétine. Et puis Scarlett évidemment, seul et unique choix possible à l’heure actuelle dans ce rôle.

Bonjour Madame.
Bonjour Madame.


12. La grande aventure Lego

Tout le monde te dit que c’est super mais à toi on te la fait pas alors tu le regardes pas, t’es pas comme tout le monde, tu vas pas te faire avoir toi, « mais siiiiiiiiiiiiiiiii c’est vraiment super (lol) ! » alors ok ok, tu vas le regarder, ok mais bon,, tu parles, c’est pas possible que TOUT LE MONDE trouve ça super sans déconner, y a un problème quelque part, c’est sûr, mais bon, ok, tu finis par le regarder et là tu trouves ça tellement super et euphorisant que tu penses même plus à te trouver con d’avoir pu douter aussi fort. C’est super quoi. « SPACESHIP!!! »

Super.
Super.


11. Le vent se lève

Un très beau film. Un peu trop « dur » pour moi peut-être… Ici.

Top 2014 – cinéma – j’ai aimé – 1ère partie

J’ai aimé nettement plus de films en fait. Numbers don’t lie (37 vs. 14). Et après on dit que je suis méchant, aigri et j’en passe. C’est vous les méchants. Vous, les ronds de cuir.

Ici donc, des films parfois plus mauvais que ceux de mon billet précédent mais que j’ai aimés. A l’inverse, certains sont peut-être meilleurs que ceux de mont top 10 mais je les ai « juste » aimés.
Je découpe en 2 parties sinon ça va faire un gros pavé indigeste. Comme ça ça fera 2 petits pavés indigestes. Plus le top 10.

37. Fiston

Mauvais bien sûr (Kev Adams + Frank Dubosc, un genre de cauchemar absolu) mais pas catastrophique. Disons qu’y a 2-3 vannes… Disons que j’étais bien luné… Disons que jesuistropbonclientpourcegenredefilms. A noter Helena Noguerra dans un rôle de pure MILF, preuve que le temps passe pour tout le monde.

 

36. Prêt à tout

Je garde un très bon souvenir des Gamins, le « premier » film de Max Boublil. J’étais donc relativement motivé (au sens où j’avais davantage envie de le voir que, mettons, Winter Sleep). C’est pas nul mais c’est beaucoup plus sage, avec des situations, des gags plus convenus et traités de manière nettement moins audacieuse. Y a de bons passages quand même, c’est sympathique. Je dis toujours la même chose, d’ailleurs je l’ai redit pas plus tard que juste au-dessus mais c’est tellement ça que je vais le reredire encore une fois : je suis trop bon client pour ce genre de films.

Sooouuuuuuuuuuuuus le sol-ei-ei-ei-ei-ei-eil
Sooouuuuuuuuuuuuus le sol-ei-ei-ei-ei-ei-eil


35. Le crocodile du Botswanga

Bah ouais : vu un peu en désespoir de cause sur la foi d’un simili pseudo avis vaguement positif et en fait je me suis bien marré. N’Gijol, que je trouve médiocre en stand up, a quand même un abattage assez formidable dans son rôle de dictateur de république bananière. Nan sérieux, c’est pas mal…

 

34. Fast Life

Et du coup je suis allé voir son film à lui (à Thomas N’Gijol). C’est pas un « bon » film non plus évidemment mais ça se démarque clairement des comédies que le cinéma français nous pond au kilomètre (et dont je suis parfois client, voir ci-dessus mais c’est pas le problème). N’Gijol a une grosse qualité selon moi, LA qualité essentielle à un bon comique même: il n’a pas peur du ridicule, ni d’endosser le mauvais rôle. Pas dans une posture auto-dépréciative « sacrificielle » et narcissique qui créerait l’empathie : non, ici il joue un vrai connard, irrécupérable. Ca me fait penser à ces mots très justes du grand Chris Esquerre qui disait que la majorité des comiques français se donnaient toujours le beau rôle au fond, ne voulaient pas passer pour des blaireaux, qu’ils se prenaient pour des rocks stars alors que l’essence même du comique, c’est le ridicule (et ne pas en avoir peur donc). Eh bien Thomas N’Gijol a au moins ce mérite de pratiquer son art sans se brosser ni lui ni son public dans le sens du poil pour s’attirer ses faveurs (au public). Je me suis perdu dans cette dernière phrase.

Là pour le coup il est pas mal Olivier Marchal
Là pour le coup il est pas mal Olivier Marchal

 

33. Dragons 2

Très fan du 1er, que j’ai d’ailleurs revu avec grand plaisir. Celui-ci tombe dans le piège classique des suites en rajoutant beaucoup trop de tout : de spectaculaire, de personnages, de blagues, de sentiments et enfin de minutes (une grosse vingtaine à sabrer ici). A mi-parcours néanmoins, il se passe un truc assez étonnant (que je ne dévoilerai évidemment pas) et consécutivement, le traitement appliqué à la description du couple et de la cellule familiale prouve que les auteurs sont quand même un peu au-dessus de la mêlée. Visuellement et plastiquement, c’est une merveille.

 

32. Des lendemains qui chantent

Très sympathique ce film. Ici.

 

31. Situation amoureuse : c’est compliqué

J’ai dit et redit tout le bien que je pensais, que je pense toujours d’ailleurs, de Radiostars, petit jalon de la neo-comédie française. On a ici affaire à la même équipe, à la différence que Romain Lévy, son réalisateur, se contente de l’écriture et d’un bref second rôle, Manu Payet assumant un vrai premier rôle (Radiostars était un film de bande) ainsi que la réalisation. Et c’est vraiment pas mal. Moins potache, plus mélancolique, avec de vrais bons passages de comédie et de « romance » à la fois. Et surtout, surtout, le génial Jean-François Cayret (le mec qui veut être surclassé dans la pub Volkswagen) dans un rôle bien écrit à la base mais dans lequel il crève l’écran.

 

30. Sin City 2

Pas du tout envie de le voir à la base et puis je l’ai chopé un peu par hasard et finalement j’ai passé un très bon moment. Une pure série B, ni plus ni moins, qui connait ses limites mais remplit parfaitement son cahier des charges. Eva Green y est biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip, ce qui ne gâche rien.

Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip
Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip

 

29. Anchorman 2

Si un jour je fais un top comédies sur le modèle de mon top 100 musique (faudrait que je me retrouve au chômage pour ça mais bon), Anchorman (Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy) sera très très haut. C’est avec Dumb and Dumber, Supergrave et 40 ans, toujours puceau, une de mes comédies préférées de ces 20 dernières années et un des sommets de la geste willferrellienne, ce génie absolue de l’humour. J’étais bien sûr hyper content qu’une suite lui soit donnée même si un peu craintif en même temps. Pas de surprise :  j’ai ri, beaucoup parfois, mais c’est nettement moins bien que le 1er volet. C’est beaucoup trop long surtout : passée la 1ère heure, extra, ça s’étire beaucoup, beaucoup trop. Évidemment, le challenge était de taille : comment donner une suite digne de ce nom à une comédie culte ? La réponse plus loin dans mon top.

 

28. Les contes de la princesse Kagoya

Je vois que le film est très bien classé dans pas mal de tops de fins d’année et c’est mérité. Formellement c’est une merveille et quelques séquences impriment durablement la rétine. L’histoire, basée sur une légende populaire, est touchante. « Alors quoi ? » Alors je m’y suis un peu fait chier…

C'est beau.
C’est beau.


27. L’Homme qu’on aimait trop

Du Téchiné pur jus : à la fois cossu et singulier, bourgeois et personnel. Le fait divers qui préside au film aurait pu être traité de manière totalement différente, en se focalisant uniquement sur l’un ou l’autre des 2 personnages principaux :  Téchiné y ajoute même un 3ème (celui de Catherine Deneuve) et parvient à ménager un espace à tout le monde sans que son film paraisse jamais bancal ni tiède. Je le redis là aussi encore une fois : dans un rôle bien écrit, Guillaume Canet est un putain de bon acteur.

 

26. Saint Laurent

Je suis pas totalement convaincu mais la 1ère partie, avec les scènes de boîte et les tubes de Northern Soul, ainsi que la fin, avec cette idée géniale d’utiliser Helmut Berger pour jouer Saint Laurent vieux, m’ont emballé. On peut légitimement trouver ça poseur, prétentieux, que sais-je encore mais il me parait difficile de ne pas concéder que Bonnello fait du cinéma.

 

25. Pas son genre

Ca frise le très bon FF (Film Français) mais c’est pas tout ça fait ça : la faute au désormais habituel didactisme de Lucas Belvaux. Il a l’air adorable ce garçon, très intelligent, très sensible mais il doit être un tout petit peu chiant quand même. Le genre, au cours d’une soirée, à te coincer pendant 2h dans un coin de la pièce pour une discussion interminable sur la fin des idéaux de gauche, quand tout le monde est en train de se mettre minable sur Big Bisou. Bon, c’est quand même un très JF (Joli Film, j’essaierai d’en donner la définition à l’occasion) à la fois très léger et très grave puisque ça laisse un sale goût amer dans la bouche. Difficile enfin de ne pas avoir un mot pour Emilie Dequenne qui emporte tout et tout le monde sur son passage, et ce mot c’est « irrésistible ».

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Petit chou ❤


24. La chambre bleue

J’ai l’impression qu’à moins de s’appeler Luc Besson, il est très difficile de rater l’adaptation d’un récit de Simenon. Alors quand on s’appelle Mathieu Amalric forcément… Non pas que je le considère comme un génie mais bon, tu vois l’idée. C’est donc une réussite, proche de ce qu’à pu faire Chabrol dans ses dernières années, avec un soupçon d’érotisme estival en plus.

Top 2014 – cinéma – j’ai pas aimé

Première salve de mon top cinéma 2014 : les films que je n’ai pas aimés, sans ordre particulier.

Les Francis

Pourquoi je me suis lancé là dedans ? Mystère… C’est, selon une une expression que j’affectionne particulièrement, « ni fait, ni à faire ». C’est simplement très mauvais, jamais drôle, monté et réalisé avec les pieds etc. Ca a dû coûter une blinde en plus (pas mal de décors naturels différents, superbes évidemment puisque l’action se déroule en Corse, seconds rôles « prestigieux » de Claudia Cardinale et Jacques Dutronc). Je ne sais plus qui disait qu’il y avait des films longs courts et des films courts longs : Les Francis est un film très court interminable.

 

Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu ?

Eeeeeeeeeeevidemment que c’est nul et que je le savais. Mais j’aime bien me rendre compte par moi-même de la nature exacte de ces « phénomènes de société » (ceci étant, j’ai toujours pas vu Intouchables ni Avatar). Là j’ai pas été déçu : mal branlé, mal dialogué, bourré de clichés alors qu’il est supposé les combattre, le film a au moins le mérite de démontrer une nouvelle fois (malgré lui bien sûr) que les 3 religions monothéistes sont aussi rétrogrades et misogynes l’une que l’autre. Juifs, chrétiens et musulmans sont d’accord sur un point :  une femme ça ferme sa gueule, ça reste en cuisine et ça sourit tendrement devant la puérilité de ces gros bêtas de maris. Un film à montrer à tous ceux pour qui les scores stratosphériques du FN sont un sujet de questionnement. Sur un simple plan cinématographique, c’est le plus mauvais truc que j’ai vu depuis des années. Pire que Les Francis, ce qui n’est pas peu dire. PIRE QU’HOLY MOTORS. Capisce?

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J’ai chopé cette photo réunissant tous les protagonistes dans une église catholique donc, sur le site du Figaro. C’est génial.


Belle comme la femme d’un autre

Presqu’aussi puant idéologiquement parlant. Ca démarre comme une comédie du remariage à la Framçaise, pantouflarde mais parfois drôle/mignonne. Et puis le film déroule peu à peu son propos et il est gerbant. Le mec, évidemment vieillissant (Olivier Marchal, toujours sur les bons coups lorsqu’il s’agit de jouer les gros beaufs) veut donner une bonne leçon à sa future femme jalouse et évidemment vieillissante qui au départ voulait tester sa fidélité (Zabou Breitman, toujours très bien) en se tapant une jeune bombasse (Audrey Fleurot, ni bien ni mal : sans intérêt). Il se la tape, il lui donne donc une bonne leçon à cette conne un peu trop jalouse et pas assez sûre d’elle (et trop vieille), et finit avec la bombasse. Tout ça est probablement supposé se voir exonéré d’une quelconque misogynie par le simple fait d’être mis en scène par une femme. Dégueulasse.

 

Joe

J’en démords pas : ce film est complètement con. Vite, Pineapple Express 2 !

 

Godzilla

Les 2 seuls « vrais » acteurs du film sont dégagés passée la 1ère demie-heure. C’est con parce que du coup on se retrouve avec 2 endives adolescentes qui ont bien du mal à nous faire croire qu’ils sont déjà parents. Bilan :  les scènes avec que des monstres = pas mal; les scènes avec des humains dedans = très embarrassantes.

C'est quand même très très con d'avoir construit le film autour du plus mauvais acteur des 2
C’est quand même très très con d’avoir construit le film autour du plus mauvais acteur des 2


La vie rêvée de Walter Mitty

Il y a 10 ans, Ben Stiller aurait fait de ce film une parodie. Tristesse.

 

X men : days of future past

L’exemple parfait de la fausse bonne idée. Le 1er X-Men (réalisé par Bryan Singer) était super et il a cartonné. Le X-Men Origins sorti il y a 2-3 ans (réalisé par Matthew Vaughn) était super et il a cartonné. « Hey, on va mélanger les 2, on va faire bosser ensemble Singer et Vaughn et on va faire un film super qui va cartonner ! » Sauf qu’évidemment, ça n’est pas aussi simple que ça : intrigue trop tarabiscotée et surtout beaucoup trop de personnages et de stars. On imagine sans mal les avocats et agents sur le plateau et dans la salle de projection test, chronomètre en main, en train de vérifier que Jennifer Lawrence n’est pas lésée dans son temps d’apparition à l’écran par rapport à Hugh Jackman, ce dernier par rapport à Michael Fassbender, ce dernier par rapport à Omar Sy. Ah non merde ça marche pas là. Quoi qu’il en soit, même si c’est pas désagréable, c’est ni fait ni à faire là encore.

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Starring James Mesut Ozil Mc Avoy


L’amour est un crime parfait

Très enthousiaste à la sortie, beaucoup moins maintenant. J’ai voulu le revoir et je l’ai donc revu mais le problème c’est qu’au milieu, j’ai lu le roman de Philippe Djian… Et s’il n’est pas exempt de défauts, il a néanmoins révélé que les Larrieu s’étaient pas vraiment foulés sur le coup voire même qu’ils avaient sabré/édulcoré pas mal de choses intéressantes. Second visionnage très décevant donc puisque je passe de jaiaimé à jaipaaimé.

 

Her

Le film figurait dans une liste des « 20 films sur la solitude à voir » au milieu de titres de très bonne tenue. Comprends pas : c’est quand même super léger théoriquement parlant. Après… c’est pas déplaisant non et c’est bien réalisé. Juste joliment chiant et joliment inconséquent. J’en parle davantage ici. En relisant je me rends compte que j’avais nettement plus aimé que je le pensais mais avec le recul il ne m’en reste que les pantalons taille haute de Roaquine.

 

Deux jours une nuit

Bon c’est très bien en fait, y a pas de problèmes. Enfin, si, justement. UN problème. Je peux pas. C’est plus fort que moi, je peux pas. J’y arrive pas. Elle me gâche tout. Je prie pour qu’elle joue jamais dans un film de Wes Anderson.

Ca devait bien finir par arriver : elle regrette d'avoir appelé son fils Marcel.
Ca devait bien finir par arriver : elle regrette amèrement d’avoir appelé son fils Marcel.

 

Interstellar

Pas inintéressant mais beaucoup trop long et une résolution grotesque qui ruine ce que je me forçais déjà à sauver. Hey les mecs, sérieusement, revoyez 2001 avant de vous palucher sur ce prétendu nouveau Kubrick ! Non mais sans déconner…

 

The Homesman

J’ai pas trouvé ça mauvais à proprement parler mais le film a toujours le cul entre 2 chaises : entre ses 2 personnages principaux, entre Eastwood et Peckinpah, entre sécheresse et profonde humanité mais sans jamais choisir son camp ni, à l’inverse, embrasser tout ça dans un même élan romanesque. Faute de talent sans doute. Tommy Lee Jones est pas un mauvais gars mais bon… Ca fait quand même plaisir de revoir Hilary Swank, j’ai l’impression qu’elle avait complètement disparu.

Avec une actrice qui a débuté dans Beverly Hills et le papa de Betty Draper
Avec une actrice qui a débuté dans Beverly Hills et le papa de Betty Draper


Aimer boire chanter

Un « bon » film là aussi mais malgré tout le respect, l’admiration et l’affection que je peux avoir pour Alain Resnais, c’est vraiment l’exemple type de film de vieux monsieur… Clins d’oeil appuyés, mise en abyme pataude, rien ne manque. J’ai eu du mal à aller jusqu’au bout.

 

Nos pires voisins

Tu commences à connaître la maison, tu te doutes donc que c’est un film que j’attendais particulièrement. Je suis très déçu : quelques bons passages, quelques bons gags mais trop peu. Manquent également l’habituel vernis humaniste, le regard empathique. La « morale » de l’histoire est quand même d’une platitude assez désespérante et surtout inhabituelle chez des gars qui justement nous ont habitué à beaucoup de finesse et de justesse dans la peinture du couple et des rapports humains en général. J’espère qu’ils (les rejetons de la « famille » Apatow) ne sont pas en train de se reposer sur leurs lauriers parce que là c’est vraiment l’impression que ça donne.

Une des bonnes scènes (la Guigne ! )
Une des bonnes scènes (la Guigne ! )

La prochaine fois je viserai le coeur – critique

Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes.
Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent. (Allocine)

Première qualité du film, qui saute aux yeux et à laquelle je suis très sensible quand l’action se déroule dans les années 70/80 : sa reconstitution. Y a des Renault 5, des Diane (Ugliest. Car. Ever.), des moustaches, des bottines à talon, des papier peints marronnasses. Dehors c’est plat, c’est gris, c’est morne, c’est humide, c’est froid : pas de doute, c’est la France provinciale de Giscard. Là dessus, le film est 100 coudées au dessus de Des lendemains qui chantent ou de L’Homme qu’on aimait trop par exemple (que j’avais pourtant bien aimé tous les 2) pour donner des éléments de comparaison un peu pertinents.

Deuxième qualité, son interprète principal. Il valait mieux, il est de tous les plans ou presque. Et il est excellent, déjouant le piège de l’interprétation « sobre » (« je fais rien mais je suggère un maelstrom intérieur ») qui peut vite se muer en interprétation « pantouflarde » (« je fais rien »).

 

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Du coup on se pose la question : comment ce mec, (Guillaume Canet donc), peut il faire de si bons choix (L’Homme qu’on aimait trop de Téchiné, sorti cette année également), comment peut-il être aussi bon dans quasiment tous ses rôles, et comment peut-il dans le même temps être un si mauvais réalisateur ? Je n’évoquerai pas, par crainte de me voir retirer ma carte de blogueur international, sa relation avec Marion Cotillard. C’est un véritable mystère. Ca serait marrant que Laurent Delahousse lui pose la question un jour : « Guillaume Canet, monsoir. Vos films sont pas terribles, pour être poli, mais ils ont beaucoup de succès. Vos interprétations en revanche, de plus en plus fines, forcent le respect. En un mot, tout va bien. Une grosse ombre au tableau néanmoins : pouvez-vous nous en dire davantage quant au pourquoi et à la durée de cette incompréhensible relation sentimentale avec Marion Cotillard ? Je veux dire, vous avez eu un enfant avec l’interprète de La Môme et vous l’avez prénommé Marcel… Alors ? »

Troisième qualité : sa mise en scène. Froide voire glaciale, elle tire merveilleusement parti de ses décors pour peindre le portrait d’un psychopathe qui n’est pourtant jamais ou presque montré comme tel. Policier brillant mais être humain dramatiquement inadapté, il apparait davantage comme un être dysfonctionnel qui aurait bugué à un moment M de son existence (l’adolescence ? Cf la terrible scène du repas chez les parents). On pense à Melville, on pense à Corneau (celui de Série Noire), on pense à la France là encore.

C’est beaucoup n’est-ce pas ? Et pourtant, si j’ai trouvé le film excellent, il me manque quelque chose pour être totalement emballé. Une carence (en émotion ?) ou au contraire un trop plein (de froideur, de distance) qui m’empêchent d’adhérer à 100%. M’enfin, je pinaille, c’est « de la belle ouvrage » (tiens encore une expression que je déteste) et je te le conseille chaudement. En parlant de ça, n’oublie pas de prendre une petite laine pour réchauffer ton petit cœur, il caille salement dans ce film.

Speciesism – critique

Une fois n’est pas coutume, je vais parler d’un sujet important, d’un vrai sujet en somme. Si ça se trouve j’ouvre la porte à des articles sur le gouvernement Hollande, le retour de Sarkozy, le succès d’Eric Zemmour ou pire, LA DETTE (T’as remarqué ? On dit simplement « la dette » et tout le monde comprend qu’il s’agit là de l’enjeu le plus crucial de la France de 2014. « – Ca va, t’as passé un bon weekend ? – Bah non, horrible, j’ai pas arrêté de penser à la dette. »). Grande remise, le blog qui passe à l’âge adulte.

Non je déconne.

Mais j’ai quand même envie de parler rapidement de ce documentaire car il m’a semblé intéressant aussi bien sur le fond que sur la forme.

Speciesism,_The_Movie
Pour faire court, le réalisateur, qui se met en scène à la Michael Moore (on pense à lui plus d’une fois) lors de ses rencontres avec les différentes personnes interrogées, entend éveiller les consciences quant aux souffrances infligées au règne animal à l’intérieur notamment des factory farms, ces terribles fermes industrielles ou d’élevage intensif (je résume hein, ça va bien plus loin).

La 1ère partie consiste ainsi en une longue introduction/passage obligé au cours duquel le réalisateur et sa petite équipe tentent de visiter ces fameuses fermes, se heurtent évidemment au personnel/propriétaires, mettent un brin en scène les barrières auxquelles ils font face, enquêtent sur les néfastes conséquences sur l’environnement, sur les terribles conditions de « vie » des animaux eux-mêmes bien sûr etc. Du classique donc.

Un peu plus malin que la moyenne quand même puisque Mark Devries, le réalisateur, entend exposer les méfaits du « factory farming » en prenant le problème à l’envers : il essaie de démontrer en quoi les adversaires du factory farming ont tort. Il n’y parvient évidemment pas et aboutit à une démonstration par l’absurde des plus parfaites puisque la seule personne estimant qu’il est juste ou tout du moins normal de traiter les animaux comme quantité négligeable est… un membre du parti nazi américain (en uniforme le mec, flippant).
De même lorsqu’il recueille des témoignages sur les conséquences, notamment des élevages porcins, sur l’environnement, ils proviennent non pas seulement des babos, écolos et autres alter attendus mais de bons gros républicains bon teint, qui rejoignent ici leurs non-camarades gauchistes dans la défense d’un american way of life « local » et sain en voie de disparition.

Devries se retrouve donc comme il le dit lui même dans une impasse (il narre en voix off) : si rien, absolument rien ne justifie le traitement que nous infligeons aux poules, lapins, porcs et autres bovins afin de remplir nos assiettes (nous savons depuis longtemps que les animaux éprouvent eux aussi de la joie, du chagrin, de la peur, sont dotés d’un sens moral, peuvent faire preuve d’équité ou d’injustice etc), qu’est ce que ça signifie au fond ? Il peut alors se saisir de ce qui constitue le noyau de son film : le concept de « spécisme », encore largement méconnu en Europe il me semble. Allez hop, ça ira très bien ça : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sp%C3%A9cisme

C’est à partir de là que le film franchit un palier et dépasse son statut de salutaire et maligne démonstration militante : Devries creuse à fond le concept de spécisme (et d’anti-spécisme bien entendu), s’appuyant sur les thèses et propos de chercheurs et universitaires, déroulant patiemment et implacablement la façon dont l’Humanité dans son intégralité se rend coupable chaque jour de… crimes contre l’Humanité. Je n’en dirai pas plus : si la conclusion de la réflexion, de l’enquête et du film en lui-même ne manquera pas de faire grincer quelques dents voire soulèvera une véritable indignation (justifiée ou pas, chacun jugera), elle a au moins le mérite d’aller avec un certain courage au bout de sa logique.

Speciesism est ainsi un documentaire un peu à part, au radicalisme patient et patiemment construit qui fait parfois sourire, effraie souvent, remue toujours.

La projection était suivie d’une discussion publique : comme souvent dans ces cas là, des points de vue pertinents, d’autres moins, des raccourcis simplistes, des témoignages signifiants etc.
En début et fin de projection, l’organisatrice (à la tête, si j’ai bien compris, du Mouvement pour la Cause Animale) se félicitait de ce que la salle fut constituée à part quasi égale de végétariens et/ou défenseurs des animaux et de simples curieux « omnivores » (dont je fais partie) mais lorsqu’un jeune mec, assez courageux j’ai trouvé, a fait part de son grand intérêt pour le film mais également d’un certain scepticisme quant aux changements de comportements qu’il appelle finalement de ses vœux, de la difficulté en tout cas qu’il éprouverait lui à adopter des habitudes alimentaires radicalement différentes, il a évidemment commencé à se faire un peu allumer. En gros, ça commençait à partir un peu dans tous les sens (oui, comme la phrase qui précède), je me suis donc cassé.

Mais je conseille vivement ce documentaire à toutes celles et ceux que les questions et enjeux autour de la cause animale et en corollaire de la malbouffe, interpellent.
Attention enfin : contrairement à ce qui est annoncé, il comporte bien quelques images difficiles.

Une nouvelle amie – critique

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À la suite du décès de sa meilleure amie, Claire fait une profonde dépression, mais une découverte surprenante au sujet du mari de son amie va lui redonner goût à la vie. (Allocine.com)

Le nouveau Ozon donc. Je me suis dit aussi souvent que j’arrêtais d’aller voir ses films (Swimming Pool, 8×2, Dans la maison) que « merde, il est quand même fort ce con » (Sous le sable, Ricky, Jeune et jolie).

Mais à bien y réfléchir, même quand je n’aime pas ses films, je ne peux me résoudre à les trouver complètements nuls comme je trouve nuls un Besson ou un Carax par exemple : ils me mettent en colère car je le sais capable de très bien faire. Si je fais le bilan, ses films m’intriguent toujours (même quand j’ai décidé de ne plus me faire avoir) et certains ont imprimé ma rétine et mon cerveau très durablement (Sous le sable, encore)

Celui-ci, je sais pas pourquoi, je le sentais bien d’emblée. Et j’avais raison : Une nouvelle amie fait sans doute partie de ses plus belles réussites, avec en sus, une émotion inédite, une sincérité nouvelle chez lui il me semble. Il semble enfin s’y livrer sans fard (et sans jeu de mots…), sans cette distance ironique ou carrément clinique qu’il affectionne la plupart du temps.

Une nouvelle amie est l’adaptation d’un roman de Ruth Rendell dont les œuvres ont déjà été portées à l’écran par Chabrol (La cérémonie, La demoiselle d’honneur) et Almodovar (En chair et en os). On pense énormément au second ici et si le lien avec Chacha est en revanche plus difficile à établir, on pourrait dire qu’il réside dans la « Francitude » des personnages, l’environnement bourgeois dans lequel ils évoluent. Mais je me rends compte que si le lien avec Almodovar est évident et pertinent, c’est complètement absurde d’essayer d’en établir un avec Chabrol également. Oublie.

Que dire de plus ? Pas grand chose en vérité, je préfère que tu le découvres toi-même. La bande-annonce, très habile, semble dévoiler la grande majorité de l’intrigue mais c’est un leurre, elle ne montre en fait quasiment rien de véritablement important.
En tout cas Ozon est en train de devenir un grand cinéaste du deuil, qu’il aborde ici par son versant le plus optimiste et positif. Souvent à la lisière du ridicule (y compris dans l’interprétation de Romain Duris, absolument impeccable), il emporte TOUJOURS le morceau, dans absolument TOUTES les scènes et dans TOUS les volets qu’il aborde seulement ou développe de manière plus approfondie (le deuil donc, l’amitié avec ce début condensant en quelques minutes l’histoire des 2 amies de manière à la fois cheesy et hyper touchante, la vie de couple, la sexualité, l’homosexualité, les nouveaux codes de la famille etc).

J’en dis pas plus, je vais me faire le best of de Nicole Croisille.

Des lendemains qui chantent – critique

Olivier et Léon, deux frères qui sont montés à Paris et que la vie a éloigné… Si le premier se voit comme un journaliste sans concessions, le second est un communicant ambitieux et opportuniste. Noémie, une charmante conseillère présidentielle, n’arrive pas, au fil des ans, à choisir entre eux. Sous le regard amusé de Sylvain, leur ami d’enfance, qui a fait fortune dans le minitel rose, leurs destins se croisent sur 20 ans, s’entremêlent, au cours d’une épopée drôle, tendre et nostalgique, dans les années 80/90. (Allocine.fr)

J’avais 8 ans en 1981 : je me souviens parfaitement du 10 mai et des cris de joie qui résonnèrent dans la maison familiale lorsqu’apparut le visage minitélisé de François Mitterrand sur l’écran de télévision. C’est donc autant par nostalgie pour la période retranscrite que par curiosité ou véritable intérêt pour le film que je suis allé voir Des lendemains qui chantent, le premier film de Nicolas Castro (8 ans en 81 lui aussi).

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Ca démarre comme un téléfilm de France 2 : manque de moyens dans la reconstitution (manque de figurants notamment), pas vraiment d’identité visuelle, ça ronronne pépère. Et puis je suis peut-être un peu maniaque là-dessus mais je les ai vécues ces années-là donc je sais de quoi je parle (même s’il ne t’aura pas échappé depuis le temps que je sais TOUJOURS de quoi je parle) : plus que de moyens (ça c’est pas vraiment la faute du réalisateur le pauvre) ça manque vraiment de précision dans la reconstitution. J’entends par là que les personnages ont l’air déguisés : on leur change vaguement la coupe de douilles, on les affuble d’une fausse barbe, d’un sous-pull acrylique, d’un blouson en skaï et hop le tour est joué. Ben non, faut être un peu plus rigoureux car là on n’y croit pas vraiment, au sens où on y croit tout de suite devant Munich de Spielberg par exemple. Je cite ce film car il est selon moi un modèle du genre : c’est vraiment bluffant, on jurerait que même les bâtiments en prise réelle sont tous marqués par la patine des 70s. Mais après tout, ça n’est peut-être qu’une histoire de moyens, je ne sais pas (les moyens dont dispose Spielberg comparés aux moyens dont dispose Nicolas Castro forcément..). Plus agaçant ceci dit, le film est truffé d’anachronismes : un sandwich de La mie câline en 81? Des post-it en 85 ? Des Coco girls dans les années 90 ? Allons allons… Moi ça me gêne ce genre d’approximations ou d’arrangements avec la réalité, d’autant plus dans un film dont l’ambition est de retranscrire une période et des évènements bien identifiés, une réalité précisément.

C’est dommage car Des lendemains qui chantent est par ailleurs assez plaisant : personnages bien croqués, avec beaucoup de tendresse, dialogues bien écrits, scénario nous faisant revivre tous les jalons, notamment ceux de la culture populaire et/ou de la « Génération Mitterrand », de ces années d’abord pleines d’espoir puis de désillusion.
Et là Nicolas Castro se montre assez malin : il s’arrange pour faire des 2 héros du film (interprétés par Pio Marmai et Gaspard Proust, tous 2 très bons avec une petite préférence pour le second) des protagonistes importants sinon essentiels de certains évènements parmi les plus marquants des années 80-90 : création du slogan et du logo « Touche pas à mon pote », interviews de Bernard Tapie, Bernard-Henri Lévy, de François Mitterrand lorsqu’il s’offusque d’être interrogé sur les écoutes téléphoniques effectuées par l’Elysée etc. C’est bien vu et ça s’insère parfaitement dans la « petite » histoire du film, celle de ces 2 frères que ces mêmes évènements vont peu à peu éloigner. Les clins d’œil générationnels servent l’intrigue du film, ne se bornent pas à des clins d’œil justement et ça fait mouche. Mention spéciale également au personnage et à l’interprétation de Ramzy, drôle et touchant.

Un bon moment au final : c’est approximatif, souvent naïf et caricatural mais paradoxalement, les nombreux défauts s’effacent devant les quelques qualités et devant la sincérité du propos. Le film a de plus le mérite de s’achever de manière abrupte et sans concession, ne prêtant là encore le flanc à aucune nostalgie facile, c’est bieng. Certes, on a aujourd’hui suffisamment de recul pour ne plus être tenté d’idéaliser ces 14 années de présidence socialiste mais encore fallait-il trouver le juste milieu et ne pas à l’inverse tomber dans le dézinguage systématique. Si les lendemains n’ont peut-être pas chanté, ils ont néanmoins parfois joliment fredonné ( ← poésie/émotion/sourire un peu triste/le temps des cerises). Là-dessus en tout cas, le film est assez irréprochable à mon sens.

Je me demande néanmoins à qui il s’adresse, ce qui a bien pu motiver les investisseurs même : difficile, très difficile pour les moins de 30 ans (ceux qui vont le plus souvent au cinéma donc) de s’y retrouver dans cet océan de références à une période et des évènements politiques, culturels et télévisuels qu’ils n’ont pas vécus. C’est courageux quelque part, suicidaire presque et ça aussi ça me rend le film sympathique.

Oh Brothers ! – critique

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Je suis déception.
Je suis frustration.
Je suis limite colère.

Je vais pas y aller par 4 chemins : Oh Brothers ! de Marc Cerisuelo et Claire Debru est nul. Sans intérêt en tout cas et j’en suis le premier surpris. Chouette éditeur, belle collection, auteurs compétents : j’étais certain d’y trouver mon compte d’autant que je cherchais un bon bouquin sur les Coen depuis un moment.

Qu’est-ce qui ne va pas alors ?

Première surprise : de langage cinématographique il n’est pratiquement jamais question. Dans un bouquin consacré à des cinéastes aussi formalistes que les Coen (voire « maniéristes » pour leurs détracteurs), c’est surprenant et un peu dommage mais soit, c’était en quelque sorte annoncé d’emblée.
Les auteurs prennent en effet pour postulat que les Coen sont de grands cinéastes américains populaires, au sens où leur oeuvre s’inscrit en référence aux grandes figures de la culture populaire américaine. Et qu’ils en sont par conséquent eux-mêmes parmi les plus dignes représentants actuels. OK, pourquoi pas. Sauf que le plus souvent, Cerisuelo et Debru se contentent de dénicher les références, souvent obscures et tordues certes, qui président à certaines scènes, personnages ou lieux dans chaque film. Ca contextualise, ça décrypte mais ça ne fait que citer et ça se rapproche du catalogue au final.

Peu, très peu d’idées fortes rejaillissent. Au détour d’un chapitre (le bouquin est construit suivant le principe d’un chapitre par film, dans l’ordre chronologique), les auteurs prennent soin de rejeter l’étiquette de « postmodernes » souvent accolée aux cinéastes, au profit de celle de « postclassiques ». Pourquoi pas là encore, ça semble même intéressant mais d’analyse ou d’explication à ce sujet, que dalle. Dans les pages consacrées à The Barber, ils relèvent le montage du film, très godardien, voire « renaisien », avec en sus les longs travellings avant à la Marienbad et puis… ils se mettent à raconter le film, tout simplement. Vraiment frustrant…

C’est bien ça le pire : on a trop souvent à faire à des pages qui s’apparentent à de la simple paraphrase. Le chapitre consacré à Burn After Reading est à ce titre proprement édifiant. Les auteurs expliquent purement et simplement ce que font les personnages, ce que tout un chacun a pu voir (le scénario et la psychologie des protagonistes n’est pourtant pas d’une profondeur folle…) :  ils racontent le film avec force détails, encore. Damned.

J’arrête là, je ne pourrais moi aussi que paraphraser ou citer le bouquin inutilement. Encore une fois, je suis très déçu. Je l’ai d’ailleurs déjà mis en vente.

Le point positif c’est qu’il m’aura fourni l’occasion de revoir et reconsidérer certains films que je n’avais pas visionnés depuis longtemps.
Leur tout premier, Sang pour sang, m’est ainsi apparu comme incroyablement mollasson et prétentieux alors que je l’ai longtemps tenu pour un modèle de film noir. De même, Arizona Junior, qui m’avait là aussi grandement impressionné quand je l’avais vu pour la 1ère fois, m’a paru souffrir d’un rythme quasiment arthritique (c’est fâcheux quand le qualificatif de « cartoonesque » lui est souvent appliqué).

Miller’s Crossing en revanche, toujours aussi magistral et surtout beaucoup plus drôle et moins guindé que l’impression que j’en avais gardé. Ladykillers mauvais mais pas autant que dans mon souvenir. Surtout, sa bo, pendant gospel à celle folk et country de O Brother, est absolument superbe. Burn After Reading très anecdotique mais également très plaisant (parfaitement conforme à ce que j’en avais pensé à sa sortie) : une récréation, une potacherie inconséquente certes mais rondement menée et c’est déjà beaucoup. The Barber : sublime, vraiment, un des sommets Coeniens pour la forme, les thèmes abordés, l’ambiance proposée, les références convoquées (l’univers du romancier James Cain auteur notamment du Facteur sonne toujours deux fois et Mildred Pierce).

La grosse surprise est venue du Grand saut, le seul Coen bros que je n’avais jamais vu. J’ai toujours pensé, suivant la ligne du parti, que c’était un énorme ratage : eh bien pas du tout, c’est une excellente comédie, parfaitement écrite et réalisée, très drôle et surtout (c’est là la vraie surprise), très touchante. Un bémol concernant l’interprétation des 2 acteurs principaux, notamment Jennifer Jason Leigh mais sinon c’est vraiment un super film, décrié à tort. C’est un des préférés des auteurs d’ O Brothers !  qui mettent un point d’honneur à le réhabiliter : ils y parviennent, je dois bien leur accorder celà. Mais c’est bien tout.

Donc, de façon générale, en définitive et très globalement
Oh Brothers ! de Marc Cerisuelo et Claire Debru : une lecture très dispensable pour ne pas dire plus
– Les films des frères Coen : à voir et à revoir sans aucunes réserves ou presque.

Gentlemen Broncos – critique

Benjamin, 17 ans, n’a pas d’autre atout que son imagination débridée. Il adore écrire des histoires qui l’entraînent loin de sa petite vie morne. Quand il apprend que son idole, le légendaire auteur de science-fiction Ronald Chevalier, donnera un cours au Cletus Festival, il y voit la chance de sa vie. Il emporte son meilleur manuscrit, « Yeast Lords : The Bronco Years » et part à la rencontre de son destin.
Sur place, Benjamin fait la connaissance d’autres originaux comme lui, dont la jeune romancière Tabatha, et Lonnie, un cinéaste adolescent qui a déjà plus de 80 « films » à son actif […]. (Allocine.fr)

Ce film est passé totalement inaperçu à sa sortie en 2009. J’ignore s’il a même joué en salles en France.
En tout cas j’avais très envie de le voir à l’époque, avant de l’oublier. Il m’est revenu à l’esprit pour je ne sais quelle raison et je l’ai regardé il y a quelques jours. J’ai adoré.

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Jared Hess est le réalisateur d’un film culte aux Etats-Unis et à un degré moindre en Grande-Bretagne, Napoleon Dynamite. Un film à part dans la (longue) série des (grandes) comédies américaines des années 2000-2010 : esthétique white trash à son paroxysme, peu voire pas de gags, pas d’intrigue, un personnage principal peu aimable voire parfaitement désagréable. Il a également réalisé le moins réussi mais très sympathique Super Nacho avec Jack Black en moine-catcheur au grand coeur. Après ce film là, sa carrière comme son inspiration ont décliné, il n’a rien créé de réellement intéressant.

Son truc à Jared Hess, c’est les nerds. Attention, j’ai bien dit les nerds et non les geeks. On retrouve ces derniers absolument partout désormais, ils sont quasiment devenus la norme : le terme est utilisé avec désinvolture dans tous les repas de famille, preuve qu’il est désormais dépassé.
Les nerds, c’est autre chose. Plus ringards, plus obsessionnels, moins exubérants, plus introvertis, plus portés sur les sciences, moins immédiatement attachants. Et peu représentés à l’écran finalement.

Les nerds donc et l’Amérique white trash. Attation là aussi: ne pas comprendre l’Amérique profonde telle qu’on la voit chez Jeff Nichols pour citer un exemple récent, tendance americana mélancolique et stylée du Texas ou du Kentucky. Non, le white trash, le vrai, celui qui ne sera jamais cool, c’est l’Idaho (dont Hess est originaire), l’Utah, l’Iowa, les jeans taille haute, les sweat à imprimés invraisemblables, les vestes à épaulettes, les mullets de la mort, les centre-commerciaux glauquissimes, les déserts culturels.

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Partant de là, Jared Hess développe une esthétique extrêmement forte et précise, très immersive, qui serait un pendant minimaliste et plutôt 80s de celle, foisonnante, élégante et fondamentalement 60s de Wes Anderson. Chez les 2, le même souci du détail, la même attention portée à la direction artistique qui vire à la maniaquerie et se fait véritable manifeste.

Les films de Jared Hess sont également intéressants et attachants parce qu’il connait parfaitement l’univers qu’il décrit, ça se sent. Aussi édifiants et ridicules ses personnages soient-ils, il a toujours pour eux une affection non dissimulée. Cette absence totale de cynisme ou de condescendance est évidemment cruciale.

Gentlemen Broncos a ceci de particulier dans sa filmographie qu’il comporte de nombreuses trouées de fiction au cœur de la fiction, au sein desquelles les récits de SF du jeune Benjamin et de son idole Ronald Chevalier sont représentés à l’écran. Des récits totalement délirants, à la poésie purulente et déviante, à la fois ridicules et très inventifs. Ils sont regroupés sous le nom de Yeast Lords et lorsqu’on sait que « yeast » en anglais signifie « levure » mais aussi « champignon » ou « mycose », tout est dit.

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La caractérisation des ados est super : Benjamin, le héros, orphelin de père et se coltinant une mère totalement larguée; Tabatha, la girlfriend enthousiaste et craquante qui aidera la héros à s’épanouir; Lonnie, créature latino, sorte de version freak du Pedro de Napoleon Dynamite.

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Le reste est à l’avenant. Je retiens surtout Jemaine Clement (membre des géniaux Flight of the Conchords) dans le rôle de Ronald Chevalier, auteur de science-fiction insupportable de prétention et de pédanterie.

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Et l’immense Sam Rockwell qui interprète Bronco, le héros des fictions de Benjamin. Ce mec est génial à chacune de ses apparitions, je comprends pas qu’on le voit pas davantage. Ici il incarne une sorte de justicier heroic-fantasy hyper viril et à l’accent redneck totalement incongru dans pareil contexte.

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Jared Hess n’a donc rien écrit ni réalisé de notable/valable depuis. Il faut néanmoins (re)voir ses films, et notamment celui-ci, le plus barré, drôle, foisonnant et touchant parmi ses 3 premiers.

Edge of Tomorrow – critique

Dans un futur proche, des hordes d’extraterrestres ont livré une bataille acharnée contre la Terre et semblent désormais invincibles: aucune armée au monde n’a réussi à les vaincre. Le commandant William Cage, qui n’a jamais combattu de sa vie, est envoyé, sans la moindre explication, dans ce qui ressemble à une mission-suicide. Il meurt en l’espace de quelques minutes et se retrouve projeté dans une boucle temporelle, condamné à revivre le même combat et à mourir de nouveau indéfiniment… (Allocine.fr)

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Attention spoilers

Je me fiais uniquement à l’affiche et à sa promesse de « survival SF post-apocalypse » (en gros), j’ai donc été très fortement surpris lorsqu’au bout d’un quart d’heure j’ai compris à quoi j’aurai à faire : une sorte de mix entre Un jour sans fin, Starship Troopers et La Guerre des Mondes (avec une lichette de Soldat Ryan en sus).

Yeeeeeeeeeeeeeeeeehaaaaaaaaaaaaaaaaaa!!!!! Bon, c’est pas aussi grandiose que ça mais c’est vraiment super.

« Vivre, mourir, recommencer » : pour une fois la tagline ne ment pas. A partir de là, on peut choisir sa grille de lecture du film selon sa propre sensibilité:

– Jeu video grandeur nature (la plus évidente) : tu meurs mais il te reste plein de vies donc tu recommences depuis le début et tu vas un peu plus loin dans le jeu à chaque fois. Jusqu’à ce qu’il ne te reste plus qu’une vie donc faut pas te louper… C’est la lecture la plus évidente et la plus ludique d’Edge of Tomorrow.

– Exercice de mise en scène : comment ne pas lasser le spectateur et donc filmer de manière différente exactement la même scène ? Gentil faiseur inégal (La mémoire dans la peau = super cool; Mr and Mrs Smith = super pas cool ), Doug Liman n’est ni Paul Verhoeven, ni Steven Spielberg, Ni même Harold Ramis. Il s’en sort néanmoins plutôt bien en jouant la sécurité (je change le point de vue, j’élargis le champ etc) et en introduisant un humour à la fois potache et second degré qui fait mouche à tous les coups. On rit vraiment beaucoup au cours de la 1ère demie-heure.

– Émouvante histoire d’amour : et même un peu plus que ça… L’histoire des personnages interprétés par Tom Cruise et d’Emily Blunt se prolonge à chaque fois un peu plus : lui tombe à chaque fois un peu plus amoureux d’elle et au bout d’un moment, s’il se bat, ça n’est plus pour prolonger sa propre vie mais ce qu’il vit avec elle. C’est très beau. Cependant, c’est aussi là que le film aurait mérité un réalisateur un peu plus fin, un peu plus profond que Liman, pour que cet aspect quasiment métaphysique, cette approche ontologique de ce qu’est une histoire d’amour soit véritablement creusé et mené à son terme. Mais bon, pour continuer à filer la métaphore du film comme trajectoire de vie, on peut pas tout avoir et Edge of Tomorrow est déjà très bien comme ça.

En somme, avec un « grand » réalisateur aux manettes, c’eut été un chef d’oeuvre de SF, voire un chef d’oeuvre tout court. En l’état c’est « juste » un très bon moment : passé une première heure jubilatoire, le scénario se doit d’avancer en même temps que les personnages, et comme souvent dans ce type de films, on se cogne un peu de la résolution de l’intrigue en elle-même.

Quelle que soit ta sensibilité et ton approche du film, tu ne peux que t’incliner devant le talent de Môssieur Tom Cruise, aussi à l’aise en warrior qu’en smartass flippé ou amoureux plombé par le destin.