A Deadly Adoption / Grossesse sous surveillance – critique

C’est un téléfilm donc je ne l’inclurai pas dans mon bilan cinéma annuel. Mais ça mérite quelques mots car c’est un « objet » vraiment unique.

Le pitch: Un couple s’attache les services d’une jeune femme, afin qu’elle soit la mère porteuse de leur enfant. Ils l’accueillent chez eux, mais l’innocence de la future maman est trompeuse… (Allociné.fr)

Il s’agit en réalité d’une parodie de ces téléfilms comme on peut encore en voir tous les après-midis sur TF1 ou M6 notamment, à base de familles parfaites et parfaitement heureuses, victimes un jour d’un drame terrible (maladie incurable de la maman ou du petit dernier) ou jouets d’une baby sitter maléfique en quête de vengeance.

Mais c’est une parodie d’un genre très particulier puisqu’on serait bien en peine d’y déceler quelque décalage que ce soit. On se situe donc davantage dans le registre du pastiche, mais là aussi, d’un pastiche qui tiendrait carrément du copié-collé.

Tout répond en effet aux canons du genre : A Deadly Adoption aligne les poncifs du genre avec une science consommée et une application remarquable. Rien, absolument rien ne manque : ouverture plan aérien avec la petite musique qui va bien, maison de rêve, couple idéal (lui, auteur à succès, elle, tient un stand de produits bio dans leur petite ville proprette), drame « fondateur » (enceinte de leur 2ème enfant, elle le perd suite à un accident sur le ponton du lac au bord duquel ils vivent; le 1er, une adorable gamine évidemment blonde comme les blés, souffre de diabète, ET JE TE PRIE DE CROIRE QUE CA AURA SON IMPORTANCE A UN MOMENT), arrivée de la mère porteuse forcement suspecte (elle est brune, jeune et bonne, si ça c’est pas suspect), meilleur ami de la mère forcément gay, twist de la mort, répliques entendues mille fois (« How could you do this to our family? », « I’m your new mommy now ») etc etc jusqu’à l’inévitable happy end et l’indispensable carton final « inspiré d’une histoire vraie ». Vu et revu mille fois, hyper prévisible. Zéro gag, zéro second degré.

Alors quoi ? Pourquoi s’intéresser à ce qui ressemble, de près comme de loin, à une grosse daube ? Et surtout, pourquoi ça serait une parodie ?
Parce que les rôles principaux sont tenus par Kristen Wiig et Will Ferrell bien sûr (et que c’est produit par Adam McKay, le binôme de Ferrell).

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Alors évidemment, tout ce qu’on voit à l’écran est à recevoir très différemment… Et là où ils sont décidément très forts, c’est qu’ils jouent le jeu à fond, sans jamais montrer de signe qu’ils s’adonnent à un exercice parodique encore une fois : si quelqu’un regarde A Deadly Adoption sans rien savoir d’eux, il ou elle croira à un véritable téléfilm Lifetime (la chaîne qui les diffuse principalement aux Etats-Unis, et qui l’a diffusé il y a quelques mois; un genre de Téva pour faire court). Ferrell est parfait en père de famille vertueux et successful, Wiig impeccable en housewife comblée puis bafouée mais, mère courage, prête à tout pour sauver sa famille. Tout juste peut-on noter que Ferrell arbore une fausse barbe un peu grossière mais ça aussi ça fait souvent partie du cahier des charges du genre. Wiig déploie quant à elle une garde robe absolument irréprochable de soccer mom 2.0.

Le radicalisme de la démarche amuse donc mais impressionne aussi pas mal : si aucun signe, manifeste ou pas, ne dévoile le caractère factice et parodique de l’entreprise, où est-ce qu’on se situe ? On peut légitimement penser aux happenings d’Andy Kaufman, à une video d’art contemporain même, pourquoi pas ?

A Deadly Adoption offre aussi un aperçu de ce qu’aurait pu être la carrière de ces 2 génies comiques s’ils avaient décidé, comme bon nombre de leurs congénères avant eux, de donner à leur carrière un virage dramatique (connu en France comme « syndrôme Tchao Pantin« ).
A défaut, et en optant à l’opposé pour le franchissement d’un nouveau palier via un geste purement gratuit et théorique, il est une nouvelle preuve que ces 2 là peuvent tout se permettre et qu’ils sont décidément très, très au-dessus de la mêlée.

Jamais entre amis – critique

Ah la la, comme le temps a passé depuis mon dernier billet sur Grande remise. Et il s’en est passé, justement, des choses! On a appris à faire la différence entre un “migrant” et un “réfugié” (ah bon?), Michel Gondry a sorti le meilleur film de l’année sans que personne s’en rende compte, Michel tout court, le seul, l’unique, le grand, mon idole footballistique absolue, est devenu entraînor de l’OM.

Et moi dans tout ça ? Ben écoute, ça va, ça va. J’ai trouvé un boulot à la Banque Postale, je me suis marié, j’ai fait 2 gosses et je me suis mis à l’œnologie.

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Jake et Lainey ont perdu ensemble leur virginité sur un coup de tête à l’université. Quand ils se recroisent 12 ans plus tard à New York, ils réalisent tous les deux qu’ils sont devenus des champions de l’infidélité. Prêts à tout pour trouver des solutions à leur problème, ils s’engagent dans une relation platonique sans tabous afin de s’entraider dans leur quête du véritable amour. (Allocine.fr)

Jamais entre amis (Sleeping with other people en version new-yorkaise) est un peu atypique dans la masse de comédies américaines produites depuis la révolution Apatow.
Un peu Apatow donc, c’est désormais devenu la norme outre-atlantique, un peu séries à la pointe (on y retrouve entre autres Alison Brie de Community et Mad Men, Jason Mantzoukas , le légendaire Cuñado de The League, Adam Scott qu’on a vu un peu partout mais notamment dans Parks & Recreation, Amanda Peet en plein retour de flamme depuis son rôle dans l’excellente Togetherness) et beaucoup comédie new-yorkaise précisément (par comédie new-yorkaise, j’entends « à la Woody Allen« ). C’est produit par la doublette magique Adam Mc Kay / Will Ferrell, ça donne le premier rôle à l’excellent-et-trop-sous-estimé Jason Sudekeis (ex-pilier du Saturday Night Live lui) et ça ressemble donc très très fort à un film que j’aime d’amour avant même de l’avoir vu.

Malheureusement, et comme souvent, l’hybridation ne réussit pas totalement et le résultat ne parvient pas à se hisser à la hauteur de ses diverses influences/références. Ca bavarde beaucoup mais ça n’est pas toujours passionnant. Ca trashe énormément mais pas toujours à bon escient. Et le versant « comédie new-yorkaise », avec ses innombrables références de bon goût (de Georgia O’Keeffe à Wes Anderson en passant par Aaron Sorkin) pêche lui aussi par excès de volontarisme.

Je suis sans doute un peu dur car le film est plutôt bien fichu, plutôt plaisant. Même si la marche est un peu trop haute pour elle, Alison Brie se hisse au niveau de l’excellent-et-trop-sous-estimé Jason Sudeikis et leur alchimie, manifeste, fait plaisir à voir, selon l’expression consacrée. Et Alison Brie fait évidemment plaisir à voir tout court. Surtout lorsqu’on multiplie les plans où son anatomie se dévoile de manière totalement gratuite et injustifiée: kudos pour la scène d’essayage dans le magasin de lingerie, fallait l’oser celle-là.

Je suis un peu dur mais ce film vient après tout ce que j’ai cité dans le premier paragraphe, un peu à la remorque, un peu tard sans doute. Il aurait été beaucoup mieux reçu et meilleur en vérité, il y a 5 ans, mais trop dépendant de ses influences, il n’aurait probablement et très certainement pas existé il y a 5 ans… Et puis je les ai toutes vues, ou presque, ces comédies, je suis exigeant…

Mais c’est mignon. Jamais entre amis dit de jolies choses sur l’amitié justement, sur l’importance d’icelle dans une relation amoureuse, ça ne rechigne pas à parler sexualité de manière frontale. Et si le film peut permettre à l’excellent-et-trop-sous-estimé Jason Sudeikis de trouver de nouveaux rôles principaux, ça serait déjà pas mal. Merci pour lui.

Vie sauvage – critique

Philippe Fournier, dit Paco, décide de ne pas ramener ses fils de 6 et 7 ans à leur mère qui en avait obtenu la garde.
Enfants puis adolescents, Okyesa et Tsali Fournier vont rester cachés sous différentes identités. Greniers, mas, caravanes, communautés sont autant de refuges qui leur permettront de vivre avec leur père, en communion avec la nature et les animaux.
Traqués par la police et recherchés sans relâche par leur mère, ils découvrent le danger, la peur et le manque mais aussi la solidarité des amis rencontrés sur leur chemin, le bonheur d’une vie hors système : nomades et libres.
Une cavale de onze ans à travers la France qui va forger leur identité. (Allociné)

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Je reviens brièvement sur ce film que j’ai raté en salle, comme pas mal de monde j’ai l’impression. C’est dommage car il est très intéressant et confirme le retour en forme de Cédric Kahn après l’excellent Une vie meilleure.

Le réalisateur est à son meilleur lorsqu’il filme des personnages en mouvement malgré eux, en cavale ou lancés dans une fuite en avant (comme dans Roberto Succo , Feux rouges ou Une vie meilleure donc). On comprend très vite que Vie Sauvage leur emboîte le pas via une ouverture impressionnante qui laisse entendre qu’on ne va pas respirer très confortablement pendant un bon moment. Et c’est le cas : Vie Sauvage est bien un film de cavale, et c’est sur cet aspect là qu’il convainc le plus.

Lorsque ce père en fuite et ses 2 garçons parviennent finalement à se poser, ou lorsque Kahn cède à la tentation « transcendantaliste » (communion avec la nature, rupture idéalisée avec la société corrompue-corruptrice, le côté Walden du film en somme), c’est un peu naïf.

Un peu seulement, et pas longtemps : une ellipse absolument géniale (quoi de plus symbolique et concret à la fois qu’une coupe de cheveux pour signifier le temps qui passe ?) retend le film comme dans ses premières minutes : ce père rebelle, anarcho-crevard (il se rêve en indien des campagnes gerso-normandes) a, le plus logiquement du monde, élevé 2 rebelles. C’est à la fois implacable mais également très beau car cette rébellion trouve finalement sa source dans les sentiments, qui, semble nous dire Cédric Kahn, prendront toujours le pas sur les convictions, la détermination, la force de caractère.

Dans sa dernière partie, le réalisateur se permet à nouveau un génial coup de force narratif en laissant totalement de côté un Mathieu Kassovitz jusque là omniprésent (et excellent, comme souvent) pour retrouver le personnage de la mère (Céline Salette, très bien également même si un peu trop jeune pour le rôle) dans un dernier quart d’heure huis clos assez ébouriffant où la sécheresse côtoie à nouveau les sentiments les plus violents (les Dardenne co-produisent le film, c’est pas une surprise).

Je ne saurais donc trop conseiller une petite séance de rattrapage pour ce film à la fois âpre et profondément émouvant.

American Sniper – critique

Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de « La Légende ». Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : « Pas de quartier ! » Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale.(Allocine.com)

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Je savais, pertinemment, mais ça me troue quand même un tout petit peu le cul. Je savais qu’il n’en était rien, que les critiques, la pseudo-polémique autour du film n’avaient aucune raison d’être. Mais quand même… Du coup, je vais pas y aller par 4 chemins : comment peut-on voir dans American Sniper un hymne patriotique, un tract pour l’intervention américaine en Irak, un film réactionnaire et dangereusement militariste, autrement qu’avec de la merde ou de la mauvaise foi dans les yeux ? Désolé si tu es dans ce cas hein, c’est pas contre toi (contre tes yeux à la limite) mais mince…

« Who’s The Legend now ? » demande, rigolard, un vétéran en chaise roulante après avoir effectué un carton lors d’une séance d’entraînement au tir, à celui qu’on surnomme réellement The Legend. « You don’t want that name, trust me » répond ce dernier. Cet échange résume tout le film : American Sniper est l’histoire d’un homme qui pense avoir trouvé sa place et son rôle dans le monde, qui devient une légende pour de mauvaises raisons et qui va finir par se rendre compte qu’il s’est fourvoyé et qu’il porte ce surnom comme un fardeau.

Acte 1 : le Texas, ses armes à feu et sa Bible dès le berceau, ses cowboys bas du front, son insouciance aussi. Chris Kyle (Bradley Cooper, très bien) est un mec heureux. Un soir de biture avec son frangin, il se persuade, devant les images d’un attentat anti-US sur le sol africain, que son but sera désormais de servir et protéger son pays. Il s’engage alors dans les Navy SEALS, troupes d’élite de l’armée américaine. Il trouve sa place donc, en même temps que l’amour un soir de virée entre potes (Sienna Miller, très bien aussi).

Acte 2 : l’Irak. Chris Kyle y devient rapidement un sniper d’exception, ce qui lui vaudra le surnom de The Legend donc, en tuant des vies (irakiennes) pour en sauver d’autres (américaines). Tout va bien : pour un texan bas du front à qui on a appris dès le plus jeune qu’on a le droit d’user de la violence pour protéger les siens, tuer un enfant dans le cadre de sa mission ne génère que peu d’états d’âmes. Mais, et c’est là que Clint réussit remarquablement son film, si Kyle va pour le mieux, tout, et tout le monde autour de lui, s’évertue à remettre sa mission en perspective.
Sa femme bien sûr, qui voit bien lorsqu’il rentre au pays entre 2 missions, que son mari n’est plus le même. Son binôme de patrouille, qui se demande si ce qu’ils font est réellement justifié. Son frère, en poste en Irak également, mais totalement brisé lui, qui rentre au pays hagard sur un éloquent « fuck all this ». Etc. Et Eastwood lui-même bien sûr, trop intelligent, et trop confiant en l’intelligence de son public, qui préfère rester à échelle humaine plutôt que de se lancer dans un discours anti-militariste trop évident. La façon dont il laisse la parole à ses personnages, sans conditions, sans filtre, mais sans pour autant épouser leur point de vue non plus, m’a énormément fait penser à ce qu’accomplit Michael Cimino dans Voyage au bout de l’enfer, autre film que certains ont hâtivement et bêtement taxé de patriotique en son temps.

Acte 3 : de retour au pays de manière définitive cette fois suite à une dernière mission qu’il aura vécue comme une épiphanie (métaphore un peu lourde peut-être, mais très efficace, de la tempête de sable de laquelle il va falloir s’extirper), Kyle ne va pas bien. Il a compris : que tout ça était absurde, que ça lui a laissé des marques indélébiles (effrayante scène où il reste assis devant l’écran de téléviseur éteint alors que la bande son donne à entendre des scènes de combat), qu’il n’est pas « une légende ». Le titre, très certainement ironique connaissant Eastwood et son anti-militarisme forcené, peut alors légitimement faire froid dans le dos : quelle différence entre ce sniper américain qui tue à tour de bras avec l’approbation des puissances occidentales et ce sniper irakien, méchant officiel de l’h(H)istoire ?

Il faut donc voir American Sniper non pas comme l’hagiographie d’un assassin mais comme le portrait d’un destin brisé dès le départ, dès l’enfance, sans que le principal intéressé s’en rende compte. Ou trop tard…
Le film se situe ainsi dans le prolongement direct du trop sous-estimé Jersey Boys, le précédent film d’Eastwood sorti l’an dernier : fausse success-story, vrai tragédie humaine. Avec une petite couche de noirceur supplémentaire : Kyle a beau avoir pris du recul, il n’est pas encore prêt à briser le cercle de la violence avec sa progéniture. Triste et terrifiant… Encore bravo et merci Clint.

Kingsman : services secrets – critique

KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique en costumes trois pièces, est à la recherche de sang neuf. Pour recruter leur nouvel agent secret, elle doit faire subir un entrainement de haut vol à de jeunes privilégiés aspirant au job rêvé. L’un d’eux semble être le candidat « imparfaitement idéal » : un jeune homme impertinent de la banlieue londonienne nommé Eggsy. Ces super-espions parviendront-ils à contrer la terrible menace que fait peser sur le monde l’esprit torturé du criminel Richmond Valentine, génie de la technologie? (Allocine)

Kingsman
Je n’ai pas grand chose à dire sur ce petit bonbon assez mineur mais je tiens quand même à le dire car il ne t’aura pas échappé que 1. j’aime bien parler pour ne rien dire 2. j’ai lu des choses qui m’ont parues totalement à côté de la plaque et d’une grande mauvaise foi. Grande remise, le blog qui remet les pendules à l’heure (du thé).

Drôle, violent et cool, Kingsman, c’est un peu le fantasme de cinéma d’un adolescent de 15 ans en 2015. Enfin, j’en sais rien évidemment puisque majeur depuis quelques années maintenant, j’ai quelque peu perdu contact avec « les jeunes ». Mais j’imagine.
En tout cas, voici ce que ses détracteurs reprochent à Matthew Vaughn, son réalisateur : « sous Tarantino« , « misogyne », « irresponsable », « superficiel », soit autant de qualificatifs qu’ils substituent à ceux, plus flatteurs, qu’un ado utiliserait. C’est selon moi très injuste.

« Sous Tarantino » d’abord : mais c’est quoi au juste le style Tarantino ? Celui de Jackie Brown ? Celui de Kill Bill ? De Django Unchained ? J’ai l’impression qu’on en est resté à l’acception post Pulp Fiction du terme. Il y a plus de 20 ans donc… En tout cas Kingsman n’a rien à voir avec la mayonnaise, même Bénédicta comme dirait Seth Gueko.

« Misogyne » : oui, OK, le film se conclue sur une blague un peu grasse mais oh, ça va, pas de quoi alerter les Femen non plus. Et ce qui se noue précédemment, on en parle ? Le héros, jeune homme issu des quartiers défavorisés de Londres et accueilli avec animosité par les autres élèves de l’académie Kingsman issus eux, des classes très favorisés, ne trouve en effet appui et réconfort qu’auprès d’une fille (avec qui il n’aura pour autant pas d’histoire d’amour, c’est malin comme tout car c’eut été trop facile). Une fille qui, sans trop dévoiler de détails quant à l’intrigue, sera son alter ego, son égale. Bref : next.

« Irresponsable » : lors de la principale scène incriminée, Colin Firth, kingsman émérite, y dézingue une centaine de rednecks dans une église. Or, son personnage se trouve à ce moment précis sous l’emprise d’ondes meurtrières : ça a l’air couillon dit comme ça mais faut voir le film pour comprendre qu’on est pas vraiment dans une scène de violence exutoire et cool.

« Superficiel » : oui, là d’accord, évidemment. C’est pas Le Genou de ClaireLe Septième sceau ou Soy Cuba, c’est sûr. C’est « teen friendly » oui, on le comprend très vite. Et alors, du moment que c’est fait avec savoir-faire justement, et sincérité? Réalisateur du sympathique Kick-Ass (le 1er hein, le 2 est à chier) et de l’excellent 1er volet de la nouvelle franchise de prequels X-Men (tu suis?), Matthew Vaughn, jeune quarantenaire, est probablement en parfaite adéquation avec son public, où à l’idée que tout le monde s’en fait : gamer, gavé de séries, de séries B, BDs et pop culture en général.
Avec un petit atout non négligeable dans sa manche quand même par rapport à la masse de réalisateurs issus peu ou prou du même moule : Matthew Vaughn est anglais. Comprendre : élégant, ironique, pince sans rire. Élégant : voilà qui a son importance puisque bien entendu, les Kingsmen, ces disciples 2.0 de James Bond, soignent autant leur artillerie que leur apparence. Superbe défilé de montures Cutler & Gross et de costumes sur mesure des meilleurs tailleurs de Savile Row donc.

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Kingsman a du style, tout simplement, et le style, c’est important sur Grande remise. Tu devrais le savoir maintenant nom d’une pipe Peterson.

Et puis l’air de rien, le film nous fait gentiment exploser les élites de la planète dans une chorégraphie aussi psychédélique que subversive qui a fini de me convaincre. Kingsman, c’est drôle, violent, cool ET pas si con que ça en a l’air. J’ai dit.

Birdman – critique

À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego…
S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir… (Allocine.com)

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Eh bah putain…

Je pourrais m’arrêter là en fait puisque ça s’applique à pratiquement tout ce qui m’est passé par la tête à l’issue du film : « eh bah putain, tout ça pour ça »; « eh bah putain, 4 Oscars pour ce truc?! »; « eh bah putain, quel personnage antipathique ce Iñarritu« ; « eh bah putain, elle a vraiment des yeux flippants en fait Emma Stone« . Etc.

Plus sérieusement (enfin…), je m’attendais pas à un film aussi cynique et désagréable.
Iñarritu veut-il en venir au fond ? Je pose légitimement et le plus sincèrement du monde la question puisque au vu de son dernier film, rien ni personne ne trouve grâce à ses yeux, et je ne sais réellement pas ce qu’il a voulu dire à part : les films de super-héros ? Tout justes bons à engraisser les nababs hollywoodiens et abrutir les masses. Les acteurs hollywoodiens ? Des pantins incultes dopés à l’admiration des foules (débiles les foules, bien entendu) et en quête de reconnaissance artistique. Les comédiens de théâtre alors peut-être ? Des divas hystériques et puériles en manque d’amour elles aussi. Les critiques? Des artistes frustrés, que dis-je, des êtres humains de la pire lâcheté qui préfèrent se réfugier derrière leur calepin plutôt que d’avoir le courage de monter sur une scène ou évoluer devant une caméra.

Je rappelle pour mémoire que le réalisateur mexicain est l’auteur d’œuvres aussi impérissables que le pontifiant 21 grammes ou la saga mondialo-fromagère Ba(by)bel. Ici, il se surpasse vraiment : cynique, aigri, condescendant, donneur de leçons (sa petite morale à 2 balles sur notre dépendance aux réseaux sociaux, mon Dieu…), Iñarritu nous fait la totale et j’ai peine à me souvenir de la dernière fois où j’ai assisté à un tel déversement de bile et d’ondes négatives. Pendant 2h, on se demande qui il va bien « sauver » de sa caméra vengeresse, ou au moins qui il va consentir, dans sa grande miséricorde, à pourvoir d’un semblant d’humanité.

On y croit, où on veut y croire, avec le personnage d’Edward Norton qui apporte un peu de légèreté, de verve, et oui, d’humanité. Mais ça ne dure pas et le réalisateur expédie son personnage avec un je m’en foutisme (au mieux) et un mépris (au pire) assez hallucinants.

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« J’ai bien vu que t’avais essayé de me niquer pendant le 4 à la suite, me refait plus jamais ça »

Merci quand même Edward, tu m’as fait regarder l’écran avec davantage d’intensité à chacune de tes apparitions.

En parlant de ça : première mention « petit chou Grande remise » de 2015 pour Naomi Watts ❤ Fallait que ça soit dit.

« C’est tout ? » C’est tout : je ne me fais évidemment plus d’illusions sur l’Académie des Oscars (ou des Césars) depuis bien longtemps et de toutes façons, la « concurrence » était tout aussi insignifiante. Mais couronner un film et un réalisateur qui portent un regard aussi méprisant sur le métier d’acteurs et l’industrie du spectacle, c’est vraiment n’importe quoi. Ca a du le faire jubiler en plus à ce con: « ha ha ils sont trop nazes, ils voient pas que je me fous de leur gueule ». La boucle est bouclée, tout va pour le mieux.

60 réflexions pendant la 40ème cérémonie des Césars

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Le retour d’Edouard Baer à la présentation, le sacre de Timbuktu, l’avènement de la jeune génération (Pierre Niney, Adèle Haenel), le fiasco de Saint Laurent. Tout ça c’est très bien mais les 8 heures de retransmission d’une cérémonie des Césars c’est surtout l’occasion de bitcher bien comme il faut et de penser n’importe quoi, n’importe comment :

– C’est quoi cette robe Juliette Binoche ?

– Un peu empâté et barbu, Edouard Baer, que j’apprécie beaucoup, et que je suis très heureux de retrouver en maître de cérémonie, a des faux airs de mon patron, que j’apprécie moins et que je suis modérément heureux de retrouver tous les jours de la semaine.

Edouard Baer a du écrire son discours lui-même. Très drôle, très Baer.

– C’est marrant, je pensais justement à Jean Rochefort hier, en espérant qu’il aille bien. Me voilà rassuré.

– C’est qui cette magnifique brune derrière lui ?

Dany Boon a dû écrire son discours lui même. Pas drôle, très Boon.

– Putain c’est parti pour le festival La Famille Bélier à tous les coups…

– Bingo (Meilleur espoir féminin).

– Allez c’est bon, finis ton discours maintenant.

– Je rêve ou c’était Martin Freeman là ? Je le saurai jamais, on le reverra pas, lui ou son sosie.

– Toujours un sans faute pour Zabou : coiffure + tenue + discours, elle est trop cool/classe. Punchline de la soirée pour conclure.

– TOUT sauf Fidelio putain : j’ai trouvé ce film tellement naze, tellement prétentieux, tellement vide que j’ai tout bonnement oublié de l’inclure dans mon top 2014.

– Ouf (Meilleur premier film pour Les Combattants). Bonne tête ce Thomas Cailley. Il faut décidément que je voie Les Combattants un de ces 4.

– Donc Abd Al Malik, slammeur, poète du bitume, artiste des técis de la street de l’âme écorchée de la life, est désormais cinéaste. OK.

– Allez c’est bon, finis ton discours maintenant.

– On a systématiquement nommé les 2 films sur Yves Saint Laurent dans chaque catégorie? On ménage la chèvre et le chou mais à tous les coups ils vont tous les 2 repartir broucouilles.

– Ouais, Reda Kateb (meilleur second rôle)! Content là.

– OK mon vieux, éloigne toi un peu du micro quand même (mais beau discours)

– Ouh la, trop courts les cheveux Etienne (Daho).

– Ca serait sympa si, à l’avenir, on évitait de placer les nommés aux Césars techniques sur des strapontins dans l’arrière salle ou à la cave.

– J’ai jamais compris ce culte fiévreux et affecté autour de Romy Schneider.

Jean Pierre Léaud et Dorothée (soupir)

Jean-Pierre Léaud et Claude  Jade (soupir)

– C’est beau là (le quatuor à cordes joue le thème de L’Amour en fuite).

– Putain de bordel de merde, pas lui (M. Chedid). Pourquoi? POURQUOI? Dégueulasse.

Ibrahim Maalouf, c’est Mouloud Achour avec 20 kilos de moins.

– Allez c’est bon, finis ton discours maintenant.

– TRRRREEEEEES bonne vanne Edouard. Bien joué (sur Julie Gayet et Denis Podalydès)

Kevin Azais (meilleur espoir masculin), dans la lignée de Vincent Rottiers (son frère) et de l’inoubliable Gérald Thomassin (Le petit criminel de Jacques Doillon), adorables petites racailles du cinéma français.

Pascal Elbé vient attribuer un César donc. Pascal Elbé. OK. Il a fait quoi dernièrement ? Ces 15 dernières années je veux dire.

– Hey Pascal, c’est « Thomas« , pas « Thomasss » (« Thomasss Cailley, Thomasss Lilti« )

– Va falloir que ça s’arrête bientôt là.

– Ah on me dit que non :  il reste encore 23 récompenses à décerner.

– ALLEZ C’EST BON, FINIS TON DISCOURS MAINTENANT PUTAIN DE BORDEL DE MERDE.

– C’était hyper casse-gueule, c’était vraiment mal barré mais très bien le sketch où ils tournent un film en direct dans la salle. Très bonnes vannes sur Luc Besson et sur la sortie du film en Chine. Edouard, tu commences à faire des vannes de vieux (« je vous demande de vous arrêter ») mais t’as encore le mojo.

– D’ailleurs : qu’est-ce qu’il fout là Luc Besson ? Bien calé dans les 1ers rangs en plus.

– Bon ben je vais voir ce qui se passe sur Facebook.

– Ouh putain Marion Cotillard : ça peut être LE grand moment de la soirée.

– Ca a vraiment de la gueule le théâtre du Châtelet avec ses 4 ou 5 (?) balcons.

– Y a pas à dire : belle carrière Sean Penn.

Cotillard pleure en recevant la personne honorée, monopolise la parole pendant 10 minutes (contre 2 pour Sean Penn) : vive la France

César d’honneur pour Sean Penn : 20 minutes. Hommage à Alain Resnais : 3 minutes. Vive la France

– Qu’est-ce qu’elle est belle Charlize Theron

– Prévisible mais pas mal aussi le petit sketch sur le cinéma français judeo-catholiquo-islamo-sataniste

Marianne « The Joker » Denicourt

Sils Maria, ça me fait systématiquement penser à Silmarils et à cet impérissable tube ardissonien (faut suivre là). « On sort de l’ombre, faites chauffer les amplis ». Ouais gros.

– Ca lui va bien cette coupe à Kristen Stewart (meilleur second rôle féminin). Faut qu’elle ralentisse un peu la coke en revanche, ça commence à se voir.

Joey Starr vient remettre une récompense : non, non, NON. Je ne supporte pas cette respectabilité qu’il est en train de gagner en faisant l’acteur, ce sourire amusé et bienveillant d’absolument tout le monde devant chacune de ses saillies. Un mec qui cogne sur des femmes et des animaux putain…

– J’écoute/je vois plus rien là, je veux juste que ça s’arrête.

– Tiens, Monaco a gagné à Nice. Cool ça avant d’aller à Arsenal. Cool cool cool.

– Manifestement, les actrices françaises ne savent pas marcher avec des talons hauts (Binoche, Cécile de France etc). Fort heureusement Charlize Theron n’était pas conviée sur scène, ça leur a évité une grosse teuhon.

– A chaque fois que j’en vois des images, j’ai l’impression qu’Yves Saint Laurent, c’est Saint Laurent pour les nuls.

– Non mais sérieusement c’est QUOI cette robe Binoche ?

– Bien Pierre Niney (meilleur acteur). J’aurais nettement préféré Duris, Ulliel ou Canet (dans cet ordre) mais chouette discours. C’est très joli d’avoir évoqué l’autre film et l’autre acteur.

– Il a l’air un peu triste Vincent Lacoste, ça me fait de la peine. Allez mon grand, y en aura d’autres, c’est évident ❤

– Non mais en fait c’est un choix cette année d’avoir des discours interminables non ? Un choix voire un ordre.

Guillaume Gallienne qui prend la scène sur Lisztomania de Phoenix. OK.

– Rho trop mimi Adèle Haenel (meilleure actrice). Très classe d’avoir évoqué Téchiné (L’Homme qu’on aimait trop) dans lequel elle est très bien.

– Ah pas mal le discours de clôture de Dany Boon, pas mal du tout…

– Allez Timbuktu (meilleur film), 12ème récompense de la soirée, c’est fini, c’est fini, c’est FI-NI PUTAIN J’EN PEUX PLUS

C’est moi où c’était la plus longue cérémonie depuis un bail ? 4 heures putain ! Mais j’ai passé un bon moment : ça faisait plaisir de retrouver Edouard Baer (oui, je me répète), il a fait de très bonnes vannes et quelques sketches étaient parmi les meilleurs vus ses dernières années. Quant au palmarès… Bah, j’ai vu ni Timbuktu ni Les Combattants donc…

Bon weekend mes petits chatons.

La session de rattrapage 4

Suite de mes visionnages sous paracétamol donc, avec des films que j’avais davantage envie de voir : normal, je me sentais un petit peu mieux au fil des jours.
Pour plus de détails techniques sur ma grippe en elle-même (températures diurnes moyennes, composition et consistance des glaires etc.), merci de contacter mon secrétariat.

Le sens de l’humour

Au début ça fait très très peur car ça ressemble comme 2 gouttes d’eau à l’idée du film-d’auteur-français que doivent s’en faire les gens qui détestent les films-d’auteurs-français. You get the picture. Et puis ça se met doucement en place et on s’attache à chacun des personnages : à cette mère revêche et libre avant tout, à cet amoureux de la dernière chance, à ce gamin en mal de figure paternelle. Les gens qui détestent les films-d’auteurs-français n’auront aucun mal à caricaturer tout ça jusqu’à la dernière seconde mais pour les autres, Le sens de l’humour impose patiemment et au forceps une tendresse et une chaleur singulières qui n’est pas sans rappeler, toutes proportions gardées, le cinéma de Maurice Pialat. Joli flim donc. Réalisé par son actrice principale, Maryline Canto.

J'aime bien Antoine Chappey
J’aime bien Antoine Chappey


Je suis supporter du Standard

Ca c’est vraiment très mauvais…
J’ai beau (comme tout le monde) avoir beaucoup de sympathie pour Riton Liebman et Léa Drucker (irréprochable, comme d’hab’. Lui en revanche a du mal à soutenir la comparaison dans les scènes à 2) y a rien à sauver ou presque. Le « presque » c’est la b.o. de Rob, superbe, qui est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai eu envie de regarder ce film. Qui, outre une musique composée par un de mes chouchous donc, avait tout pour me plaire puisque le pitch reprend un peu celui du Terrain d’entente des Farrelly : un mec rencontre une nana et la possibilité d’une histoire commune se heurte à sa passion dévorante pour un club de foot (le Standard de Liège). A la différence du film des Farrelly (outre qu’il s’agit de foot et non plus de base ball) le mec s’en rend compte très vite et ne cherche pas à s’en accommoder, il veut soigner son addiction (il se dit lui-même « footballique »). Tout ça ça me parle évidemment, j’étais une montagne d’indulgence a priori mais tout est raté : la comédie comme la romance ou le « drame » familial. Ca me fait mal de le dire mais c’est à éviter.

J'aime bien Léa Drucker
J’aime bien Léa Drucker


La vie domestique

Excellent ça ! Certes, c’était gagné d’avance car je suis très client des films/livres décrivant l’aliénation et le cauchemar soft des classes moyennes/banlieues chic. Mais c’est pas parce que c’est gagné d’avance que c’est gagné à la fin, voir le film ci-dessus.
Ici donc, les 24h, très précisément, de la vie d’une femme (Emmanuelle Devos, géniale) dans son quotidien de femme au foyer entre préparation du petit-déjeuner, accompagnement des enfants à l’école, remplissage du caddie, obligations mondaines etc etc. Rien d’autre. Le cauchemar. Soft, mais le cauchemar. Avec en filigrane, comme une scorie potentielle de ce tableau pseudo-idyllique, un fait divers suivi de loin en loin mais qui vient se rappeler au bon souvenir de tout le monde avec une douloureuse régularité. Et en arrière-plan, les hommes, petit maîtres trop conscients de leurs rôles mais pas de leurs privilèges, absents mais dont la présence se fait ressentir à chaque plan, à chacune des actions de leurs épouses. Une mise en scène au diapason de cet univers feutré, aseptisé et finalement étouffant, photo léchée, montage harmonieux, mouvements de caméra élégants. Tout dans les détails (d’un plan, d’une ligne de dialogue, d’un accessoire). Super film, j’ai vraiment adoré.

J'aime bien Laurent Poitrenaux (et beaucoup Emmanuelle Devos)
J’aime bien Laurent Poitrenaux (et beaucoup Emmanuelle Devos)


D’amour et d’eau fraîche

Et du coup j’ai enchaîné direct (vive le futur, c’est quand même génial ça) avec le précédent film de la réalisatrice, Isabelle Czajka. Belle versatilité de sa part : si dans La Vie Domestique sa mise en scène colle parfaitement à cet univers feutré et neo-bourgeois, elle s’adapte ici aussi parfaitement à son sujet d’étude, une jeune fille de 23 ans (Anaïs Demoustier), avec un filmage beaucoup plus brut et heurté. Il est ainsi très intéressant d’enquiller les 2 films à la suite, à la fois parce qu’ils représentent chacun une radiographie de la femme moderne à 2 âges différents (la petite vingtaine / la petite quarantaine) et parce que leur mise en scène colle parfaitement à leur sujet respectif. Sans qu’on soit jamais du côté de l’exercice de style, plutôt de celui de la totale empathie. A noter, argument important pour mon lectorat féminin je le sais, un Pio Marmaï hyper baisable.

J'aime bien... "oh ta gueule!!!"
J’aime bien… « oh ta gueule!!! »


Un beau dimanche

Pffffffffff…
C’est pas mauvais mais qu’est-ce que je m’y suis fait chier nom de Dieu. Interminabe. Le sentiment de voir un film incroyablement daté. Et la sensation que Nicole Garcia n’a pas beaucoup évolué/progressé depuis ses bons débuts : des problèmes d’argents, des relations familiales compliquées, des non-dits, des silences, des dialogues surécrits (qui parle comme ça sans déconner ?). De la sensibilité mais de la lourdeur aussi. Louise Bourgoin fait tout son possible pour faire popu (elle joue une serveuse en galère, pour faire court) mais elle a trop d’élégance naturelle pour le rôle. Quant à Pierre Rochefort (fils de Jean Rochefort et Nicole Garcia) on va dire que ça tombe bien qu’il ait le rôle du mec taiseux au lourd passé sans beaucoup de lignes de dialogue…

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J’aime pas les fils de.

 

Enfin, comme la grippe c’est pas rigolo-rigolo et qu’il faut se mettre du baume au cœur de temps en temps, j’ai également revu :

Jacky au royaume des filles

Vraiment génial. Cette fois c’est le casting qui m’a semblé parfait, des attendus Vincent Lacoste, Noémie Lvovsky ou Valérie Bonneton aux plus surprenants Michel Hazanavicius (qui n’avait jamais fait l’acteur à bien y réfléchir) ou Didier Bourdon, qui semble pour l’occasion retrouver sa verve des années La télé des Inconnus.

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Moonrise Kingdom

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A bord du Darjeeling Limited

I guess I still got some more healing to do
Un jour j’essaierai de trouver le temps d’écrire quelque chose d’un peu consistant sur les films de Wes Anderson. Un jour.


Le Nom de la Rose

Ca faisait très longtemps que j’avais pas revu ce classique absolu de quand j’étais petit. En vf bien sûr pour une expérience 100% madeleine. C’est sans doute mon inconscient qui m’a commandé de le revoir maintenant (et pas il y a, ou dans 3 mois) car c’est dingue comme il colle à la dramatique actualité récente et aux débats qui s’en sont suivis sur la liberté d’expression et de représentation des figures religieuses : « Le rire tue la peur, et sans la peur il n’est pas de foi. Car sans la peur du diable, il n’y a plus besoin de Dieu » dit le coupable lorsqu’il est confondu. A part ça, ça fonctionne toujours impec et le casting de gueules dégénérées impressionne toujours autant.

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La session de rattrapage 3

A la faveur d’une  BVGDM (Bonne Vieille Grippe De Merde), je me suis enquillé plusieurs films dispensables dans la semaine. « Dispensables » ou que je n’étais pas spécialement impatient de voir parce que tu comprends, quand on a la grippe ie qu’on est à l’article de la mort, on est pas dans les meilleures dispositions pour découvrir Citizen Kane ou Pierrot le Fou.
Je vais le faire en 2 fois parce que j’ai été malade toute une semaine, j’ai donc vu plein de flims.

Kick Ass 2

J’avais bien aimé le 1er, sans doute dans un excès d’indulgence. J’en ai un vague souvenir de croisement entre le teen et le vigilante movie, avec suffisamment de recul et d’ambiguïté à la fois pour rendre le truc intéressant. Un film d’action smartass et bien rythmé quoi.
Cette suite est totalement merdique, vulgaire, sale et irresponsable. A oublier, et c’est d’ailleurs déjà fait.

Jim Carrey et son pseudo-accent italo-américain font peine à voir/entendre
Jim Carrey et son pseudo-accent italo-américain font peine à voir/entendre


Prisoners

Ca c’est nettement plus intéressant. Parce que c’est bien foutu, déjà. Ca se suit sans sourciller, la mécanique du thriller tourne de manière harmonieuse même si le film est beaucoup trop long. C’est intéressant aussi de constater comment le réalisateur, Denis Villeneuve, sous couvert d’une intrigue à suspense et à rebondissement donc, fait potentiellement passer des idées douteuses sur la justice et l’auto-justice. « Potentiellement » car on ne sait pas bien si c’est de l’irresponsabilité là encore, de la maladresse où s’il s’agit d’une démarche consciente. Bon, on n’est pas chez Eastwood ou Friedkin non plus hein, ça reste du cinéma hollywoodien calibré pour créer de l’émotion instinctive. Mais c’est pas mal, ça se regarde quoi. Jackman est bien, Gyllenhaal toujours un peu trop juvénile pour le rôle.

Ca se voit pas là mais Gyllenhaal a la coupe de Diego Simeone
Ca se voit pas là mais Gyllenhaal a la coupe de Diego Simeone

Le Prénom

J’avais pas encore vu ce petit phénomène de société car je savais pertinemment à quoi m’attendre et je n’ai pas été déçu : du théâtre filmé où chaque acteur a droit à son moment de bravoure, où chacun attend patiemment que l’autre ait fini de dire sa réplique avant de balancer la sienne. Ca m’a beaucoup fait penser, en beaucoup moins sympathique et beaucoup moins drôle, au mineur mais un peu culte Cuisines et dépendances (l’une des premières créations de BacriJaoui dans les années 90). Sauf  que si ce dernier est évidemment de gauche, jetant un regard tendre sur tous ses protagonistes, même les plus pathétiques, Le Prénom penche clairement à droite. Quel mépris pour les personnages (notamment le couple d’intellectuels de gauche), quel cynisme : le seul moment un peu touchant (la révélation et le récit de l’histoire d’amour cachée) se voit immédiatement flingué, ridiculisé de manière extrêmement violente (y compris diégétiquement bien sûr, pour ceux qui ont vu le film).
Ce passage est d’ailleurs intéressant (je vais spoiler mais tout le monde l’a vu ce film de toutes façons n’est-ce pas?):  lorsque Guillaume de Tonquedec raconte son secret, ménage le suspense et qu’on commence donc à imaginer qu’il se tape la femme de Bruel, des inserts, très brefs, images mentales des autres convives autant que les nôtres, les montrent dans des ébats sauvages et enflammés. Et lorsqu’on apprend que c’est en fait avec Françoise Fabian qu’il vit une histoire secrète, pas d’inserts évidemment, c’eut été jugé trop choquant, déplacé : je suis SÛR que des cinéastes moins frileux, moins tiédasses ne se seraient pas privés d’un tel effet comique et donc de filmer ces quelques plans un peu crades (j’ai pensé très fort aux Farrelly à ce moment là). Pour moi tout le film tient dans ce renoncement : un ton qui se voudrait incisif, sans concession mais qui n’est que conformiste. Au final, un film assez méprisable donc.

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Gone Girl

David Fincher est, avec Christopher Nolan, le cinéaste dont j’ai décidé de ne plus aller voir les films en salle. J’ai craqué pour Nolan : me suis bien fait avoir encore une fois, je serai fort désormais.
Semi-craquage pour Fincher puisque j’ai vu le film chez moi. Et, là aussi, je le regrette amèrement. Je comprends pas. Je. Comprends. Pas. Qu’est-ce que que c’est que ce thriller misogyne de merde? Pardon, pas seulement misogyne : misanthrope aussi. Tant qu’à faire. Complètement con… Je parlais, au sujet d’Effets secondaires de Steven Soderbergh, de version de luxe des téléfilms de la série Hollywood Night. C’est, encore, exactement ça, encore plus même : ça chichite, ça transpire la thune, les « production values » comme disent les professionnels de la profession mais au service de quoi ? De rien. RIEN. Il veut dire quoi Fincher dans ce film? Je n’y ai vu qu’une longue pub ringarde (et misogyne/misanthrope donc). Et on compare ce mec à Kubrick ? Ca m’a mis en colère, tu l’auras compris. C’est toujours aussi moche en plus, avec ces filtres verdâtres de merde, cette fascination complaisante pour une sexualité d’un autre âge : faut il rappeler que ce mec a réalisé ces clips là (entre autres)? Soyons sérieux…

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Top 10 cinéma 2014

Je préfère te prévenir même si tu le remarqueras très bien tout seul : ça sent la fatigue.

10. A most wanted man

Je lui préfère The American, précédent film d’Anton Corbjin également adapté d’un roman de John le Carré, pour son caractère plus intimiste voire minimaliste, pour le côté « italiano » du film, pour les Abruzzes, pour Clooney. Et bien sûr pour la sublime Violante « bonjour madame » Placido. A Most Wanted Man est un film plus « global », plus « mondialisé », plus manifestement ambitieux : son propos est de tenter de cerner en quoi, pour les services d’espionnage des plus grandes puissances occidentales, le 11 septembre 2001 a irrémédiablement changé la donne. Il le fait de très belle manière, très élégante, sans maniérisme ni manichéisme, avec beaucoup de justesse, d’intelligence et d’à propos. Corbijn choisit encore un cadre inhabituel et relativement peu utilisé au cinéma auparavant, la ville de Hambourg, après le petit village de Castelvecchio dans les Abruzzes donc. Et une nouvelle fois, il choisit d’aborder son histoire, aussi potentiellement lourde et ambitieuse soit-elle, sous l’angle de l’histoire d’un homme, seul, de son caractère trop humain justement et de son drame personnel. Que ce personnage soit interprété pour sa dernière apparition à l’écran il me semble, par l’excellent et regretté Philip Seymour Hoffman, le rend bien évidemment encore plus émouvant.

RIP
RIP


9. Wrong cops

Il s’agit a priori d’une « récréation » pour Quentin Dupieux, avant son gros projet, Reality, sur lequel il bosse depuis plusieurs années il me semble. Il s’agit également d’un retour à la « comédie » pure après la tentative meta complètement foirée (détestable même) de Rubber. Et c’est peu dire que c’est jubilatoire : des petits films comme ça, supposément bâclés, tournés à la va-vite, on en redemande. De la part de Quentin Dupieux hein, pas Luc Besson. Super bo aussi, évidemment, genre de best of de Mr Oizo : ses disques, toujours passionnants, sont parfois à la limite du supportable (pour moi en tout cas); celui-ci est irrésistible et fait figure de porte d’entrée idéale.

Marylin Manson joue très bien la comédie.
Marylin Manson joue très bien la comédie.


8. Une nouvelle amie

Bénéficie peut-être de l’atout fraîcheur puisqu’il est sorti en fin d’année mais non, je crois pas : c’est un très JF (Joli Film), un excellent FF (Film Français, tourné à l’étranger de surcroît, en l’occurrence au Canada) et un film QFA (Qualité Française Auteuriste) exemplaire. Le grand chelem. Pas sûr que ce soit un FT en revanche (Film Télérama), je parie qu’ils ont trouvé ça trop kitsch ou trop populaire. J’en parle succinctement ici. Accessoirement, il s’agit du 3ème film featuring Anaïs Demoustier, définitivement le Petit Chou Grande Remise 2014.

Ils sont censés avoir le même âge, c'est quand même un peu gros.
Ils sont censés avoir le même âge, c’est quand même un peu gros.


7. La planète des singes : l’affrontement

Le blockbuster de l’année, tout simplement : spectaculaire et intelligent à la fois, il divertit et fait réfléchir, impressionne et questionne dans un même élan. Techniquement, c’est assez incroyable même si c’est évidemment accessoire : j’ignore si le choix de n’utiliser que des acteurs relativement  peu connus ou « modestes » (le plus célèbre étant Gary Oldman, pas vraiment une superstar hollywoodienne) relève d’un choix purement artistique et/ou économique mais il permet de laisser la vedette aux singes, beaux, émouvants, effrayants, sauvages, humains, bien sûr. Sur le fond, ce que dit le film sur la nature humaine, le pouvoir et son exercice, loin de tout manichéisme, angélisme ou à l’inverse cynisme, simplement avec lucidité et peut-être un certain fatalisme, me semble passionnant.

Un homme, un vrai.
Un homme, un vrai.


6. Gaby Baby Doll

J’ai revu les Coquillettes et j’en suis toujours aussi fan. Gaby Baby Doll, « vrai » film en comparaison (au sens de « plus traditionnel »), perd sans doute en spontanéité et punkitude ce qu’il gagne en ampleur, profondeur et émotion. Mais la manière dont il le gagne est absolument magnifique : il s’agit ni plus ni moins d’une réinvention du conte de fées traditionnel avec cette fois un prince éploré et une princesse charmante. Doucement subversif donc, drôle et émouvant. Très émouvant même.

J'aimerais bien savoir s'il s'agit d'une vraie ou d'une fausse barbe
J’aimerais bien savoir s’il s’agit d’une vraie ou d’une fausse barbe


5. 22 Jump Street

Bon, ça c’est moins émouvant, c’est sûr. Mais quel pied putain… Ces 2 mecs (Phil Lord et Chris Miller) sont vraiment très brillants… C’est eux qui ont réalisé La Grande Aventure Lego aussi cette année, mince ! Costauds les mecs… Si le 1er (Lego movie donc) repose sur une connaissance et une utilisation sans faille de la culture pop la plus pointue et fédératrice à la fois, sans une once de démagogie ni de putasserie, celui-ci fonctionne sur une connaissance et une utilisation sans faille… du 1er volet (21 Jump Street donc), dont il est, au plan près, le remake absolument conscient, délibéré et constamment amusé. Aussi brillant au premier qu’au second degré, le film met également, et à nouveau, en lumière, l’incroyable alchimie entre Jonah Hill, pilier de la neo-comédie US, et Channing Tatum, ex-pilier des Chippendales. Y a une espèce d’osmose improbable entre les 2, assortie d’une émulation, et d’une complicité évidemment, évidentes, qui fait tout bêtement plaisir à voir.

22-Jump-Street-Hill-Tatum
Fucking geniuses


4. Jacky au royaume des filles

J’en parle ici. J’en profite pour signaler que cette année, Riad Sattouf a également publié un nouvel ouvrage, L’Arabe du Futur (ce titre, déjà), absolument génial et indispensable. Cette BD, très différente de ce film, associée à lui, donne l’impression qu’il est en train d’atteindre une sorte de plénitude artistique et surtout, qu’il a encore beaucoup de films et livres grandioses, et différents les uns des autres, en lui. Enfin, j’en sais rien, peut-être que j’interprète complètement mais en tout cas j’ai hâte de découvrir ce qu’il nous réserve pour la suite, quel que soit le support.

L'instant Sopalin
Instant Sopalin


3. Tonnerre

Ici. Très envie de le revoir, ce qui est en général très bon signe. Vincent Macaigne, sorte de Patrick Dewaere de la génération Y (dans ce film en tout cas), y atteint de nouveaux sommets.

Comment ne pas aimer ce mec ?
Comment ne pas aimer ce mec ?


2. Dumb and Dumber De

Je me souviens très bien du jour où j’ai vu pour la 1ère fois Le Mépris. Peau d’Âne, Mulholland Drive aussi. Sueurs Froides, Le bon, la brute et le truand, 2001 l’odyssée de l’espace, Les Moissons du Ciel. Et Dumb and Dumber : un samedi matin, réveillé beaucoup trop tôt à mon goût de ma nuit d’étudiant glandeur et donc déjà posté à 9h du matin devant Canal Plus, en quête d’un film devant lequel prendre mon petit-déjeuner. Et là : Le Mépris. Peau d’Âne. Mulholland Drive, Sueurs Froides, Le bon, la brute et le truand, 2001 l’odyssée de l’espace, Les Moissons du Ciel. Pas moins. Une révélation. Une épiphanie. « Ah mais on peut faire ce genre de films? Avec cet humour là? ». Je m’en suis pas remis : TOUTE la comédie que j’aime aujourd’hui, et tu commences à savoir à quel point j’aime la comédie, vient de là.
Alors très exactement 20 ans après, quoi ? La joie, immense, à l’annonce de la mise en chantier de ce 2ème volet des aventures d’Harry et Lloyd, suivie aussitôt de la crainte évidemment : est-ce qu’ils (les Farrelly, Jim Carrey, Jeff Daniels) sont pas trop vieux maintenant ? Est-ce que cet humour n’a pas été enterré par sa géniale progéniture (la galaxie Apatow) ? Est-ce qu’ils ne vont pas jouer que sur la nostalgie du 1er volet ? Réponse, dans l’ordre : non, non et non. Dumb and Dumber De est tout simplement miraculeux : comme si le projet avait bénéficié d’un alignement de planètes, d’un état de grâce, d’une conjonction optimale d’ondes positives. Je n’en dirai pas plus : j’ai envie de citer 50 gags/répliques mais je n’en ferai rien pour ne rien dévoiler. Simplement, et c’était ma plus grosse crainte, les gags les plus débiles sont vraiment débiles (et drôles), les gags les plus élaborés sont vraiment génialement élaborés (et drôles), les gags les plus trash sont vraiment trash (et drôles), les clins d’oeil au 1er volet, à la fois parcimonieux et jubilatoires, en nombre pile poil suffisant, toujours traités de la plus belle des manières (le coup de la fourgonette-chien nom de Dieu MAIS QUELS PUTAINS DE GENIES). L’émotion, réelle, à la fois orchestrée et pudique, en prime. Émotion de retrouver ces 2 couillons ultimes 20 ans après, émotion de revoir les Farrelly au meilleur de leur forme, émotion de constater avec quel talent et quelle intelligence ils ont traité ce projet sacrément casse-gueule, émotion d’une histoire plus « profonde » qu’il n’y parait (le bonus par rapport au 1er volet) qui ne touchera donc pas uniquement les fans de la 1ère heure. Jim Carrey, totalement déchaîné, (re)trouve là son meilleur rôle depuis un bail. Jeff Daniels, plus en retrait, est génial lui aussi. Peter et Bobby Farrelly, merci, merci, merci. AESD ❤

Toutes les scènes sur la route sont absolument gé-nia-les
Toutes les scènes sur la route sont absolument gé-nia-les


1. The Grand Budapest Hotel

Eh oui, je suis prévisible. Mais j’ai d’autant plus envie d’aimer et défendre ce film qu’il n’a pas fait l’unanimité. En effet, pour beaucoup, de plus en plus nombreux, Wes Anderson ferait TOUJOURS le même film et ça commencerait à bien faire justement. Attention, gros scoop : la réponse est oui, il fait toujours le même film. Dingue. Comme Brian de Palma (pour prendre un exemple contrastant à l’extrême) ou comme les High Llamas, qui eux enregistrent toujours le même disque (pour prendre un exemple un peu plus approprié). Mais comme toujours, ceux qui savent, savent. Qu’il s’agit là de son film le plus raffiné, le plus élégant, le plus précieux. Mon Dieu quelle merveille. Cet homme, Wes Anderson, possède un goût absolument infaillible (et je m’y connais). Non mais quelle élégance encore récemment pour la cérémonie des Golden Globes ! Musique, costumes, décors, accessoires, dialogues : c’est toujours absolument délicieux et c’est l’épitomé du style Grande remise si tant est qu’il y en ait un (enfin, I wish…). Et cette préciosité, ce raffinement, ce souci du détail, n’ont jamais été aussi justifiés qu’ici, dans cette magnifique histoire de transmission (comme TOUJOURS chez lui, oui, tout à fait) et ce manifeste sincère et désabusé à la fois pour un monde plus beau. Dire des choses aussi profondes, aussi essentielles et les dire avec une telle élégance, une telle pudeur, m’a, une nouvelle fois, bouleversé.
« To be frank, I think his world had vanished long before he ever entered it – but, I will say: he certainly sustained the illusion with a marvelous grace ».