Tristesse Club – critique

Si vous aimez les jeux de pistes, les vieilles Porsche, les soeurs qui n’en sont pas, les pères pas vraiment morts, les lacs et leurs secrets: bienvenue au club. (Allocine.fr)

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L’histoire c’est plus précisément celle de Léon (Laurent Lafitte) et Bruno (Vincent Macaigne) 2 frères qui ont la surprise de faire la connaissance de Chloé, celle qui prétend être leur demie-soeur (Ludivine Sagnier), aux funérailles de leur père.

Il ne t’aura pas échappé que je n’ai pas parlé cinéma depuis un moment. J’ai bien vu quelques flims mais je n’avais aucune envie d’en dire quoi que ce soit : parce qu’ils n’étaient pas très bons (Godzilla, The Homesman) ou parce qu’ils ne m’inspirent pas grand chose malgré leurs nombreuses qualités (La Chambre Bleue, Pas Son Genre).
Tristesse club est sans doute celui qui m’a le plus enthousiasmé. C’est aussi le plus granderemisesque, il fallait que j’en dise quelques mots.

L’intrigue/le décor du film puise de manière assez transparente dans 2 films qui me sont chers, 2 films qui eux aussi traitent de la quête d’un père absent ou défaillant : La Famille Tenembaum de Wes Anderson d’un côté, Tout feu, tout flamme de Jean-Paul Rappeneau de l’autre.
Dans les 2, un père flamboyant, plein de panache, coureur de jupons, magouilleur, menteur, absent, défaillant donc. Le film de Wes Anderson semble être l’influence la plus évidente: Tristesse Club parle ainsi d’une fratrie aux liens distendus par la faute d’un géniteur avec lequel il va falloir renouer d’une manière ou d’une autre. Par ailleurs, Laurent Lafitte interprète un ex-champion de tennis à la carrière stoppée en plein vol, exactement comme Ritchie Tenembaum.
L’influence de Tout feu tout flamme semble peut-être un peu moins évidente mais Vincent Mariette, le réalisateur, situe le coeur de son intrigue (et la grande majorité de ses scènes) dans un hôtel abandonné en bord de lac, comme dans le final du film de Rappeneau.

Bon, c’est juste pour donner une idée et si ça se trouve ces similitudes ont été relevées par tout le monde mais je ne lis plus les critiques de films depuis un bail.
Quoi qu’il en soit Tristesse Club se démarque très bien de ces 2 films et trouve rapidement son ton : celui, en train de s’affirmer, d’une néo-comédie française ambitieuse, lettrée sans être élitiste, populaire sans pour autant faire de concessions. Normal dès lors d’y retrouver un Vincent Macaigne toujours aussi impeccable ou un Laurent Lafitte vraiment tout terrain, aussi bon dans des comédies plus grand publics (le mignon De l’autre côté du périph’) qu’ici donc. L’alchimie entre les 2 acteurs, indispensable puisqu’ils interprètent 2 frères aux relations qu’on devine très vite compliquées, saute aux yeux. Ludivine Sagnier, un peu en retrait, est très bien elle aussi.

Le film n’est pas exempt de quelques petites longueurs ou maladresses (notamment l’histoire de la machine fabriquée par le père, dont on sent bien que Mariette hésite à en faire quelque chose de symbolique mais sans trop l’appuyer par peur d’être trop lourd, et qui donc au final n’en fait rien) mais l’ensemble est très drôle, touchant et malin (les potentielles et évidentes péripéties de l’intrigue rapidement désamorcées).

Encore une bonne comédie française donc et ça fait bien plaisir ma foi.

Joe – critique

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Dans une petite ville du Texas, l’ex-taulard Joe Ransom essaie d’oublier son passé en ayant la vie de monsieur tout-le-monde : le jour, il travaille pour une société d’abattage de bois. La nuit, il boit. Mais le jour où Gary, un gamin de 15 ans arrive en ville, cherchant désespérément un travail pour faire vivre sa famille, Joe voit là l’occasion d’expier ses péchés et de devenir, pour une fois dans sa vie, important pour quelqu’un. Cherchant la rédemption, il va prendre Gary sous son aile… (Allocine.fr)

J’ai trouvé ça très mauvais pour ne pas dire plus.

David Gordon Green s’est fait connaître au début des années 2000 avec une trilogie dont le film le plus remarquable (L’Autre Rive) l’a installé comme numéro 1 indiscutable au classement des wannabe/futurs Terrence Malick. Très beau film âpre et naturaliste. Puis virage à 180° : il s’est acoquiné avec les barons de la neo-comédie US pour une paire de films absolument géniaux (Pineapple Express avec Seth Rogen et James Franco, The Sitter avec Jonah Hill) un ratage total (Votre majesté, très très lourd, malgré Danny McBride et Zooey Deschanel en esclave sexuelle) et de nombreux épisodes de la grandiose série Eastbound and Down (avec Danny McBride encore, sans doute la meilleure comédie vue à la TV depuis The Office UK, pas moins).

Il a opéré une sorte de retour aux sources l’an dernier avec Prince Avalanche (pas folichon mais pas mal. Mais pas folichon), il revient totalement à ses premières amours avec Joe.

Joe avait, sur le papier, absolument tout pour me plaire : la flemme de faire l’article mais en gros, tout ce qui composait également Mud.
Mais ici, rien ne fonctionne selon moi : l’intrigue est trop distendue, manque de romanesque et surtout, surtout, le film semble accumuler absolument tous les clichés de l’americana de manière grotesque. A ce stade, la question de la vraisemblance ou du réalisme n’a plus vraiment de pertinence. Tout ici respire la glauquitude, la crasse, les bas fonds de l’humanité. Aucune respiration. Pourquoi pas, n’est-ce pas ? C’est un choix. Le problème c’est que David Gordon Green filme tout ça sans aucun recul, avec une certaine complaisance même. La scène où Joe (un Nicolas Cage tout en implants capillaires ET visagaux) se rend furibard au bordel, mon Dieu… Comment peut-on écrire et filmer une telle scène au premier degré ? Inadmissib’.

La relation filiale que Joe tisse avec Gary (un Tye Sheridan moins poupon et plus hormonal que dans Mud) ne suscite aucune émotion. Et cette conclusion sur le mode « the circle of life »…

J’espère que David Gordon Green va rapidement refaire une incursion du côté de la comédie, ça lui va finalement beaucoup mieux.

Her – critique

Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l’acquisition d’un programme informatique ultramoderne, capable de s’adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de ‘Samantha’, une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux… (Allociné.fr)

Joaquin Phoenix - Her - Spike Jonze
Une fois n’est pas coutume, je suis un peu à sec pour parler d’un film que je n’ai que modérément apprécié. Grande remise ramollit-il ? Devient-il adulte ? Merde, je vais à peine fêter mes 22 ans cette année… Je le dis depuis longtemps : ce blog file un mauvais coton.

Du coton, il y en a beaucoup et tout le temps dans le film de Spike Jonze. Du coton, du tweed, du velours : le futur chez lui est fondamentalement confort et hipster (donc moustachu). Soit. Car c’est assez juste : un monde déshumanisé mais également déshumanisant de douceur, de bon goût, de chaleur. Sublime photo comme toujours chez lui, qui retranscrit ici au plus près l’idée que l’on peut se faire de cet endless summer californien anesthésiant.

Non, vraiment, je ne sais pas quoi dire… Her est plutôt un bon film, il a quelque chose mais il lui manque également quelque chose pour me convaincre sans entrave. Il dit des choses très justes, parfois terrassantes sur l’ultra-moderne solitude, sur l’amour, sur le mâle occidentale contemporain. Il assène également parfois des clichés. Il peine à décoller surtout et à retranscrire la temporalité de cette histoire d’amour que l’on ne fait que deviner : elle semble durer un certain temps mais combien au juste? D’un autre côté, elle n’est pas suffisamment fulgurante ni passionnelle non plus pour que sa conclusion suscite davantage qu’une relative indifférence. Ca manque de chair en somme (sans mauvais jeu de mots) et c’est finalement assez conventionnel. Ca pêche par excès de cohérence et de maîtrise. C’est presque trop bien.
Et au final, ce que je retiendrai de Her, c’est Me, sa géniale parodie réalisée par le Saturday Night Live. Tellement géniale qu’elle se permet le luxe d’être une parodie ET un remake. Jonah Hill, je t’aime.

Abus de faiblesse – critique

Même si elle s’en défend, l’histoire c’est celle de Catherine Breillat elle-même, victime d’un AVC, puis, lors de sa convalescence, de Christophe Rocancourt, arnaqueur de pseudos stars à Hollywood.
Huppert interprète Maud Schoenberg/Breillat, une réalisatrice. Kool Shen joue Vilko Piran/Rocancourt, un arnaqueur donc, ayant purgé sa peine et choisi par Schoenberg pour son prochain film sur la foi d’une apparition dans une émission de télévision.

Abus de faiblesse - Breillat
Pour la petite histoire, Breillat avait choisi Rocancourt pour jouer dans un projet intitulé Bad Love en compagnie de Naomi Campbell.
J’aime beaucoup Catherine Breillat. Je trouve que c’est une artiste brillante et courageuse, vectrice d’un féminisme audacieux et moderne. Je veille bien à ne pas me prétendre « féministe » pour autant : comme le dit très justement Riad Sattouf dans So Film, un mec qui se prétend féministe, ça fait un peu Michel Sardou.

Le fait divers m’a tout de suite intrigué et un peu fasciné. Je me souviens avoir été extrêmement surpris que Rocancourt, escroc minable et vulgaire, érigé un temps en parangon d’un nouveau chic masculin décomplexé (on rêve), intéresse, séduise et finalement arnaque une femme telle que Catherine BreillatFaites entrer l’accusé meets Romance X.

Huppert dans le premier rôle, c’est assez convenu (même si elle est très bien). Mais en choisissant Kool Shen pour incarner Rocancourt, Breillat a encore marqué des points. Choisir Kool Shen, c’est évidemment et avant tout ne pas choisir Joey Starr, et ça c’est parfait. Joey Starr, qui joue désormais dans des films tels que celui d’Emmanuel Mouret. Très bien, faisons comme si c’était normal. Joey Starr, bientôt chez Danièle Thompson et Arnaud Desplechin ? Ca m’étonnerait qu’à moitié.
Kool Shen lui m’a toujours été très sympathique. Débuter une éventuelle carrière au cinéma par un rôle chez Breillat, c’est quand même la grosse classe. Et s’il s’avérait qu’il s’agissait de son unique film, ça serait encore plus beau.

Le film d’ailleurs : bien, très bien même. Quand on connait un peu le fait divers, on peut s’amuser avec un brin de voyeurisme à constater la façon dont Breillat a choisi de retranscrire à l’écran son expérience. Exit la relation sentimentale/charnelle par exemple. Dans le rôle de Sonia Rolland, ex-Miss France et compagne de Rocancourt à l’époque des faits, une sorte de lookalike un peu cheap, choix que j’ai interprété comme étant une petite vengeance personnelle un peu mesquine mais de bon aloi de sa part. Dans le rôle du producteur de la cinéaste du film, Jean-François Lepetit, le propre producteur de Breillat. Elle a beau dire que ce film n’est pas davantage autobiographique que les autres… Tu m’as compris.
Ne pas croire qu’Abus de faiblesse est à charge pour autant, que la réalisatrice y règle ses comptes :  le regard qu’elle porte sur elle-même via le personnage de Maud Schoenberg est d’une grande honnêteté. Élitiste, bourgeoise et parfois franchement désagréable, elle n’élude pas non plus sa fascination pour ce « personnage » aux antipodes de ce qu’elle est et de ce qu’elle représente.

Ainsi le film révèle quand même ses grandes qualités si on ne sait rien du fait divers à son origine. La sécheresse du propos, le mystère finalement entier de cette relation pour le moins surprenante. La description, surtout, de l’AVC, de la convalescence et des difficultés au quotidien vécues par Huppert :  on retrouve là pleinement le regard sans fard et sans concessions de Breillat. La précision du cadre, le minimalisme de sa composition, notamment dans le 1er quart d’heure, impressionnent.

Beaucoup aimé donc.

Jacky au royaume des filles – critique

Je poste le pitch même si tout le monde sait de quoi ça parle maintenant:

En république démocratique et populaire de Bubunne, les femmes ont le pouvoir, commandent et font la guerre, et les hommes portent le voile et s’occupent de leur foyer. Parmi eux, Jacky, un garçon de vingt ans, a le même fantasme inaccessible que tous les célibataires de son pays : épouser la Colonelle, fille de la dictatrice, et avoir plein de petites filles avec elle. Mais quand la Générale décide enfin d’organiser un grand bal pour trouver un mari à sa fille, les choses empirent pour Jacky : maltraité par sa belle-famille, il voit son rêve peu à peu lui échapper… (Allocine.fr)

Jacky au royaume des filles
Je ne vais pas m’attarder sur l’aspect fable, le « message » du film, il a été largement évoqué un peu partout. Juste dire qu’effectivement, ça fonctionne super bien, à la fois drôle et édifiant. Édifiant parce que si on remet les choses à l’endroit (si toutefois je puis m’exprimer rainsi), tout est véridique. Et aussi parce que Riad Sattouf a fait attention à des détails qu’on ne remarquera pas toujours mais qui participent beaucoup à la réussite de sa démonstration : le sourire constant et forcé des garçons, le regard blasé, exaspéré et condescendant des filles lorsque les garçons fêtent l’annonce du bal etc.

En gros, si ça fonctionne aussi bien, c’est que Riad Sattouf est un type extrêmement fin, intelligent et doué.
Il ne se contente pas, comme beaucoup l’auraient fait, d’inverser les rôles. Il construit autour de sa parabole tout un univers d’une cohérence esthétique absolument géniale. Au bout de 5 minutes, voire moins, en quelques plans, on y est : les maisonnettes malingres et identiques, les intérieurs faméliques, la grisaille, la boue, les écrans diffusant le message du gouvernement partout et en permanence, on EST, tout de suite, en République de Bubunne. Un univers à la fois légèrement futuriste (les écrans plats présents partout) et salement proche de nous dans sa glauquitude qui m’a rappelé celui qu’il a élaboré autour de son personnage de bd Pascal Brutal.

Ca serait déjà super mais c’est pas tout. Sattouf ajoute un sens de l’absurde proche de celui de Quentin Dupieux : la bouillie, infâme… bouillie qui tient lieu de nourriture officielle (et qui ressemble ni plus ni moins qu’à du sperme); des scènes impeccablement borderline (les 2 viols); une bo à la fois sèche et atmosphérique, évidemment peu commune dans ce qui reste malgré tout une comédie; un sens du rythme et du cadre légèrement déviants; des dialogues à la fois truffés de barbarismes bubunniens (les voileries, les chevalins, les blasphèmeries etc) mais un ton proche de notre quotidien. Tout cela confère à Jacky au royaume des filles une atmosphère quasiment fantastique, d’autant plus remarquable que le film joue majoritairement sur son réalisme dans la description des dictatures totalitaires les plus radicales.

« Radical », c’est le mot que je retiendrai au final pour qualifier le film: c’est drôle mais toujours sur des situations inconfortables, c’est inquiétant, subversif, esthétiquement hyper précis (la scène du bal, ridicule bien sûr mais également très belle), c’est une très belle réussite. Qui sort à un moment propice, alors que le retour à l’ordre moral et au conservatisme le plus bas du front font un retour (?) en force.
Le casting est top de A à Z : Vincent Lacoste est génial, Didier Bourdon super à l’aise de même que Charlotte Gainsbourg ou Noemie Lvovski. Quelques réserves sur le jeu et le phrasé de Michel Hazanasidvicius mais c’est une super idée de lui avoir confié ce rôle.
Bravo Sattouf donc : je lui en aurais pas voulu de me servir Les Beaux Gosses 2 mais il est décidément beaucoup plus doué et talentueux que ça.

Tonnerre – critique

Un rocker trop sentimental, une jeune femme indécise, un vieux père fantasque. Dans la petite ville de Tonnerre, les joies de l’amour ne durent qu’un temps. Une disparition aussi soudaine qu’inexpliquée et voici que la passion cède place à l’obsession. (Allociné.fr)

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J’attendais ce film avec grande impatience depuis la découverte du magnifique moyen-métrage Un monde sans femmes.

Tonnerre appartient à une veine dont j’ai peu parlé jusqu’à présent sur Grande remise mais qui n’en est pas moins granderemisque que les comédies de Jonah Hill, l’americana ou la pop de Bertrand Burgalat. Sans doute le genre se fait-il plus rare, c’est tout. Je nommerai ça le FF, le Film Français. Les coquillettes, la Fille du 14 juillet ou 2 automnes, 3 hivers, films granderemisques s’il en est (et films de nationalité française comme il ne t’aura pas échappé), n’appartiennent pourtant pas au genre.

Le FF est plus conventionnel, plus immédiatement accessible. Voire même plus bourgeois parfois (ça n’est pas du tout un reproche : j’aime l’argent). Il se déroule généralement en province, dans un lieu où l’on se sent bien d’emblée. Un lieu très français (ici la Bourgogne par exemple). Le ton est réaliste ou plutôt vraisemblable. Des gens proches de nous, un univers familier, des dialogues vrais même si indéniablement très écrits. Province est ici un mot clé. Le FF est souvent une comédie dramatique, il brouille un peu les pistes.

Tonnerre a ceci de particulier qu’il est un FF irrigué par cette nouvelle vague de films français cités plus hauts, via la présence de Vincent Macaigne.

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Evidemment, il marque encore plus de points du coup.
Toujours aussi touchant et générationnel (j’ai rarement vu un acteur aussi en adéquation avec son époque), Macaigne y montre davantage sa folie et la violence sourde décelable sous son regard de gros ours touchant et maladroit. Il est génial encore une fois.

Car le film de Guillaume Brac opère un changement de ton brutal en son milieu : confortable, chaleureux, voire débonnaire (les scènes avec Bernard Menez, avec le « viticulteur farceur » comme il est désigné dans le générique de fin), il vire subitement au drame (géniale scène avec le frère du « viticulteur farceur » justement, qui annonce la suite). Tonnerre creuse une veine romantique très franco-française (décidément) : un poème d’Alfred de Musset est récité dès les premières minutes. Tonnerre creuse beaucoup de veines en vérité, ce qui n’est pas la moindre de ces qualités : on songe ici aussi bien et aussi légitimement à Rohmer qu’à Chabrol, Pialat, Lang voire même Lynch.

Polar, film  noir, comédie, drame, chronique provinciale, familiale etc, Tonnerre est donc un peu tout cela à la fois. On pourrait dire de lui qu’il est une version expressionniste d’Un monde sans femmes, tant il semble en reprendre les motifs pour les exacerber et pousser certaines situations jusqu’à l’extrême.
Il appartient également à un genre que j’affectionne tout particulièrement et que je nommerai « film du retour aux sources ». J’entends par là un film où le héros, exilé dans la grande métropole, revient dans la ville ou le village qui l’a vu grandir. J’adore ça. Les américains s’en sont fait les spécialistes, c’est un genre prolifique là bas. Ici, Macaigne arrive de Paris avec ses habits de rocker, blouson de cuir et santiags. Une fois à Tonnerre, il les abandonne graduellement au profit de grosses chaussures de travail et d’une parka.

Je n’en dirai pas plus, j’ai d’ailleurs l’impression d’en avoir déjà trop dévoilé. Mais contrairement à ce qu’on pourrait peut-être penser à la lecture de ces lignes, le film ne se perd jamais dans ses diverses influences et dans les nombreuses pistes qu’il aborde : de la première à la dernière seconde, Tonnerre fait preuve de la même justesse, maîtrise et audace. C’est brillant sans être ostentatoire, ça dit et montre des choses bouleversantes sans avoir l’air d’y toucher, sous un vernis faussement téléfilmesque (une caractéristique essentielle du FF). Avec en prime la meilleure interprétation animale depuis un bail.

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Ca faisait longtemps que je n’avais pas vu un aussi beau FF : le Larrieu était beaucoup plus fantaisiste et inégal (ce qui fait d’ailleurs son intérêt). Y a même du foot, avec des caméos d’Olivier Kapo et Cédric Hengbart de l’AJA, ce qui confère au film un petit côté Coup de tête (pas vraiment de rapport mais bon, c’était pour citer un exemple parfait de FF).
Pour conclure, 2 détails granderemisques de la mort qui ont fini de m’achever : Macaigne porte un t-shirt Superbad (MacLovin entouré des 2 flics, le moment où ils l’ont « cockblocked ») et Bernard Ménez regarde sur Internet la finale LendlMcEnroe de Roland-Garros en 1984.

Je n’en dirai pas plus, il faut simplement aller voir ce très beau film. Allez file.

Le vent se lève – critique

Inspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde.
Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle. (Allocine.fr)

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Je savais que le film appartenait à la veine la plus « réaliste » de Miyazaki mais j’ignorais qu’il l’était à ce point. Réaliste. De fait, il est totalement dépourvu de quelque monde parallèle, créature fantastique ou autre (hormis les séquences de rêves) auxquelles on est habitué chez lui et pourrait être classé dans la catégorie biopic.

Quoiqu’il en soit, c’est magnifique.
Il faut saluer le courage de l’artiste qui nous laisse pour ultime geste une œuvre d’une noirceur abyssale :  le film débute par le rêve plein d’entrain d’un garçonnet qui se voit pilote d’avion. Mais très vite, le rêve tourne au cauchemar. Peu après, de retour à la réalité, il ne peut contempler les étoiles filantes au côté de sa petite sœur en raison de sa trop forte myopie :  le Vent se lève, c’est l’histoire d’un petit garçon qui doit trop tôt renoncer à son rêve et qui s’aveugle totalement, jusqu’à l’obsession, pour accomplir celui qu’il s’est choisi par défaut (devenir ingénieur aéronautique). Et qui n’ouvre les yeux (son éveil passe d’ailleurs par l’ouïe, pas par le regard) que lorsqu’il est trop tard.

Visuellement, c’est une splendeur : l’infinie subtilité et variété des couleurs, les paysages impressionnistes (confinant même au pointillisme), tout semble magnifié pour rappeler à Jiro que la vie doit être vécue ici et maintenant. On se dit au final que sur un tel canevas, pour de telles intentions, seule l’animation est adaptée : comment mettre en scène autrement les différents moments unissant les 2 amoureux (le vent, toujours le vent) ? Comment à l’inverse ne pas sombrer dans le mélo le plus kitchissime avec de vrais acteurs?

Bon y aurait plein d’autres choses à dire mais je n’ai pas envie de trop en dévoiler non plus.
Il va rester encore un petit moment à l’affiche donc va le voir : Le Vent se lève est un film sans doute moins évident que la majorité des réussites de Miyazaki (que je lui préfère), plus rigoureux, voire austère, et où la mélancolie habituelle vire à la tristesse pure et dure mais c’est beau.

L’amour est un crime parfait – critique

Professeur de littérature à l’université de Lausanne, Marc a la réputation de collectionner les aventures amoureuses avec ses étudiantes. Quelques jours après la disparition de la plus brillante d’entre elles qui était sa dernière conquête, il rencontre Anna qui cherche à en savoir plus sur sa belle-fille disparue… (Allocine.fr)

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J’avais peur, après le four d’un film aussi coûteux et personnel que les Dernier Jours du Monde, que les Larrieu aient cédé au film de commande, passage obligé pour se racheter auprès des financiers avant de pouvoir à nouveau mener à bien un projet plus personnel. C’est ce que la bande-annonce laissait craindre. Un peu de nichons, un peu de meurtres, un peu de stars, un film plus sage, plus classique, plus Télérama-friendly et hop, c’est reparti.

L’Amour est un crime parfait remplit ce cahier des charges là. Partiellement : il est un film des Larrieu avant tout et c’est évidemment une très bonne nouvelle.

Ca démarre comme un Chabrol des familles : famille, justement, torve, opaque, bourgeoise, provinciale (ou Suisse, ce qui pour nous français équivaut à la même chose), ça ronronne gentiment. Des dialogues brillants laissent néanmoins poindre un potentiel déraillement ainsi que la singularité de l’entreprise.
Qui dévie donc, après une introduction un peu longuette. On se retrouve enfin en plein territoire Larrieu, avec un scénario qui évacue la dimension polar pour se concentrer sur son personnage principal, un homme, Mathieu Amalric de préférence, à la recherche de l’amour fou.
C’est la meilleur partie du film, celle, en son milieu, toute en dialogues/situations à la fois prosaïques et surréalistes, qui relie L’Amour est un crime parfait aux plus belles réussites des frangins, Un homme, un vrai ou Les Derniers jours du monde. On frise même le fantastique (Bunuel, l’Age d’Or, André Breton sont explicitement convoqués). J’aime beaucoup enfin la façon dont les Larrieu « utilisent » Almaric, leur acteur fétiche: séducteur, séduisant mais aussi fragile, lâche, « trop humain », vieillissant (le tour de rein qu’il se fait de manière ridicule avec Sara Forestier). L’acteur, parfois agaçant par son omniprésence ces dernières années, est ici magnifique. Et les dialogues, encore une fois, élégants, fins, drôles, sont un délice.

La résolution, en nécessaire raccrochage de wagons à une intrigue criminelle pour laquelle ils n’ont que peu d’intérêt, serait bâclée ? Oui, peut-être. Elle est en tout cas cohérente avec ce qui a été abordé juste avant, et avec ce qui les motive depuis toujours.

Je ne suis pas très inspiré pour en dire davantage. C’est un film dans lequel je me suis senti à l’aise, un univers familier, comme peuvent l’être les disques de Tellier, Katerine ou Burgalat, que l’on qualifiera volontiers de « décalé » je suppose. Et puis on est toujours plus indulgent lorsqu’on a finalement affaire à une bonne surprise alors qu’on s’attendait, sinon au pire, du moins à être déçu.

Un mot quand même sur le casting puisque c’est lui qui me faisait craindre le pire. Maïwenn est supportable, Sara Forestier encore mieux que ça. Karin Viard, déjà très à son aise dans Les Derniers jours… est parfaite. Podalydès apporte le savoir-faire bonhomme qu’on lui connait, en contre-point terre à terre de l’étrangeté environnante.

J’ai vu Le Loup de Wall Street aussi ce weekend. Je n’en parlerai pas en détail car j’arrive après la bataille et des tonnes de papiers très intéressants je suppose mais j’ai trouvé ça aussi drôle qu’effrayant. Un regard cruel, plus moral et moins ambigu que dans Les Affranchis et Casino. Beaucoup aimé.

La Vie Rêvée de Walter Mitty – critique

Walter Mitty est un homme ordinaire, enfermé dans son quotidien, qui n’ose s’évader qu’à travers des rêves à la fois drôles et extravagants. Mais confronté à une difficulté dans sa vie professionnelle, Walter doit trouver le courage de passer à l’action dans le monde réel. Il embarque alors dans un périple incroyable, pour vivre une aventure bien plus riche que tout ce qu’il aurait pu imaginer jusqu’ici. Et qui devrait changer sa vie à jamais. (Allocine.fr)

Bon, je serai bref : Ben Stiller a jumpé le shark. Ca fait mal mais faut être honnête. C’est pas son Tchao Pantin non plus car le film n’est pas un drame : il reste sur le terrain de la fantaisie sentimentale mais il nous assène durant 2 heures une leçon de vie qu’il aurait parodiée il n’y a pas si longtemps.

Ben Stiller est donc plus grand que Kristen Wiig. OK.
Ben Stiller est donc plus grand que Kristen Wiig. OK.

Et encore, ça n’est pas tant le « message » délivré qui est gênant, plutôt la manière dont il est délivré. Long, sans aucun rythme, balourd, cliché, pompeux, Walter Mitty échoue dans à peu près tout ce qu’il tente – les scènes de comédie, les scènes sentimentales, les scènes fantasmées. Au début, on se force un peu à sourire, c’est Ben Stiller, merde… On se force à trouver ça mignon, c’est Kristen Wiig, merde… Mais on comprend assez vite que ça ne va pas l’effectuer. Et ça fait de la peine parce que c’est Ben Stiller/Kristen Wiig, merde…

Pire : ça agace. Ca monte crescendo, lentement mais sûrement, et ça trouve son apothéose dans la conclusion hautement prévisible mais pas moins édifiante pour autant du pseudo Mac Guffin (la découverte de la photo manquante) : Walter Mitty est d’une prétention assez détestable. Sans doute l’aurait-il moins été si Ben Stiller ne s’était pas attribué le rôle principal. En l’état c’est donc nul ET agaçant.

Mauvaise pioche donc pour mon premier film de 2014. Je compte sur les Larrieu bros pour rectifier le tir, malgré Maïwenn et Sara Forestier (L’Amour est un crime parfait). Il va falloir qu’ils fassent trrrrrrèèèès fort mais ils en sont capables.

Top 2013 – cinéma – les winners

Les films que j’ai aimés donc. A partir du numéro 8 je les aime vraiment beaucoup, difficile de les départager, à part le number one.

Petit aparté pour signaler que les dernières saisons de Breaking Bad et Eastbound and Down font clairement partie du très haut du panier des fictions audiovisuelles de cette année (Mad Men un ton en dessous en revanche mais je suis sûr que la dernière saison va tout péter).

Tu connais désormais le principe : des liens vers les critiques de ceux dont j’ai déjà parlé, quelques explications sur les autres.

#28 Le grand méchant loup

Oui, t’as raison, on peut dire que côté message, c’est pas le top du top même si je suis disposé à laisser aux auteurs le bénéfice du doute.
Il est bien là le problème : « les auteurs », Nicolas & Bruno, dont je suis extrêmement client. Pour resituer, ils sont les immortels créateurs du Message à caractère informatif dont je continue à citer très régulièrement et subrepticement des répliques au quotidien.  La Cogip, les cravate-moustache, le sosie de Francis Cabrel, les plans comptable prévisionnels débriefés autour d’un super potage à la machine à café, Jean-Patrick Ranu, les gros poutous, je m’en lasse pas même après toutes ces années. Là évidemment, on en est loin… Mais justement j’ai trouvé intéressant de chercher Nicolas & Bruno dans cette espèce de grosse comédie bourgeoise un peu malade, à la misanthropie suspecte. Ils sont dans certains choix (Valérie Donzelli dans un rôle important) dans les détails, parfois insignifiants, d’un dialogue ou d’une réplique, ou dans la direction artistique (une BO délicieusement pompidolienne, qui inclue par exemple la reprise du générique de 30 millions d’amis par Air, un caméo d’Arnaud Fleurent-Didier etc) plus que dans une intrigue plan-plan et une « morale » un peu désagréable (ok, « assez désagréable »). Je n’arrive pas à trouver ça mauvais, et j’ai bien ri à plusieurs reprises, tout simplement.

L'excellente Léa Drucker et un Fred Testot étonnamment moins catastrophique que d'ordinaire.
L’excellente Léa Drucker et un Fred Testot étonnamment moins catastrophique que d’ordinaire.


#27 100% cachemire

C’est à peu près la même chose :  je tiens Valérie Lemercier pour l’un des plus grands talents comiques français, sinon le plus grand et malgré un montage hasardeux, bancal, voire jem’enfoutiste, malgré Gilles Lelouche, malgré le happy end amené avec trop peu de subtilité, je ne veux retenir que les quelques très bons gags/répliques/situations.

#26 Effets secondaires

Un sympatoche quasi-nanard.

#25 Pacific Rim

Idem, dans un tout autre registre.

#24 After Earth

Will Smith est insupportable de rigidité compassée, son fils joue comme une patate et on est loin des plus belles réussites shyamalesques mais c’est évidemment sans comparaison avec le scandaleux Dernier maître de l’air. Déjà c’est une grosse machine hollywoodienne qui tient sur la présence de seulement 2 personnages, séparés l’un de l’autre pendant les 3/4 du film, rien que pour ça… Ca manque des fulgurances, aussi bien stylistiques qu’émotionnelles, auxquelles on a longtemps été habitués par le réalisateur mais ça fait du bien de le voir retrouver ses esprits. Et ça finit mieux que ça ne débute ce qui est toujours bon signe.

Bon alors évidemment, il faut être assez solide pour encaisser ce type d'esthétique...
Bon alors évidemment, il faut être assez solide pour encaisser ce type d’esthétique…


#23 Prince of Texas

Finalement, David Gordon Green, un temps neo-Terence Malick, semble nettement plus à son aise dans le registre comique accompagné par les barons actuels (Délire Express avec Seth Rogen et James Franco, Babysitter malgré lui avec Jonah Hill, Eastbound and Down, dont il a réalisé pas mal d’épisodes, avec Danny McBride). Ici, malgré Paul Rudd aka le-type-le-plus-sympa-du-monde©, on est davantage dans la chronique douce-amère. C’est moyen mais plutôt agréable. Emile Hirsch est excellent en revanche : à chaque fois je me dis que ce mec n’a rien et qu’il me gonfle, et à chaque fois je le trouve excellent (Into the Wild, Killer Joe, ici). Il y a beaucoup de gras dans ces quelques lignes.

#22 Elysium

Gentiment bourrin.

#21 Monstres Academy

Un peu trop sage peut-être mais bien.

#20 Les Miller, une famille en herbe

Que j’aime ces films…
Celui-ci n’est certes pas un indispensable du genre : sa résolution est un peu trop paresseuse et pas assez maligne mais le casting est impeccable, les situations bien propices aux dérapages (qui surviennent toujours) et les dialogues hilarants. Je trouve également touchant ce film gentiment trash qui apparait déjà un peu old school comparé aux géniales fulgurances de la génération Seth Rogen/Jonah Hill. Devant C’est la fin , Délire Express ou Observe and Report, on a l’impression de voir le nouvel humour, un humour 4.0, encore totalement inédit. Ici on est bien sûr devant un humour frère (ou plutôt « père » pour être précis) mais qui tournerait un peu au ralenti, qui aurait déjà quelques rhumatismes. Ca me touche. Comédien du milieu (plus vieux que ceux précédemment cités mais plus jeune que la génération des Stiller/Ferrell and co), Jason Sudeikis y trouve un véhicule parfait pour son talent humble et encore trop peu reconnu. A noter que le méchant est interprété par Tomer Sisley. Et que, c’est encore plus notable, ça roule passé l’effet de surprise.

Featuring Ron fucking Swanson et cette nana dont on sait jamais comment elle s'appelle
Featuring Ron fucking Swanson et cette nana dont on sait jamais comment elle s’appelle et qu’on s’en cogne


#19 Imogène

Chouette comédie indé.

#18 Le dernier pub avant la fin du monde

Frise le chef d’oeuvre granderemisesque avant de s’aplatir devant l’autel de la geekerie mais c’est déjà pas mal.

#17 Ma vie avec Liberace

Soderbergh au top de ses capacités.

#16 Jeune et jolie

Vaut beaucoup mieux que son enrobage pseudo-provoc le laisse entendre. Fait même partie des plus belles réussites d’Ozon (ce qui ne veut pas dire grand chose, on est d’accord).

#15 Spring Breakers

Film de petit malin tellement malin qu’il parvient à être plus brillant que malin mais film de petit malin quand même. Mais brillant.

#14 Les gamins

Inégal mais très sympathique et régulièrement très drôle. Je serai content de le revoir quand il sera diffusé un lundi soir sur M6.

#13 La reine des glaces

La très bonne surprise de la fin d’année. Visuellement, c’est une merveille absolue : quand la technologie et le talent parviennent à se mettre au service de l’inspiration, de l’élégance et du bon goût. Vraiment splendide. Après, ça parle de solitude, de notre place dans le monde, de fratrie, d’amour, de vie, de mort sur un mode léger mais jamais benêt, ça prend des tours inattendus, c’est malin, super mignon évidemment, c’est vraiment extra. On en oublie même l’inévitable médiocrité des chansons, c’est dire.

#12 20 ans d’écart

Super rom com à la française. Encore un film que j’aurai plaisir à revoir.

#11 16 ans ou presque

Un film cousin de Radiostarz ou Les gamins ie un film qui réussit à greffer la comédie US contemporaine sur un contexte très franco-français (ici la gauche caviar et intello-chiante). Un film proche du génial Old School – Retour à la fac, une de mes comédies favorites de tous les temps, qui dit que l’adolescence n’est jamais aussi belle que lorsqu’elle est vécue avec le recul et la complétude de l’âge adulte. Un faux-film pour ados donc mais un vrai film de trentenaires (d’ailleurs les ados présents dans la salle ne riaient pas du tout). C’est mal écrit, mal monté mais c’est vraiment très, très drôle et Laurent Lafitte confirme qu’il est un comédien à suivre de près. Il est évidemment beaucoup trop bien classé mais que veux tu, j’aime l’humour. A la passion.

Quand il a débarqué il y a quelques années, je pensais que Laurent Lafitte était le fils de Michel Leeb.
Quand il a débarqué il y a quelques années, je pensais que Laurent Lafitte était le fils de Michel Leeb.

#10 Michael Kohlaas

Un poil empesé peut-être mais fort et beau.

#9 L’inconnu du lac

C’est beau, voire très beau. Limpide dans ses intentions et son exécution. J’aime notamment le décor unique découpé en 4 (le lac, la plage, le bois, le parking). Il me manque pourtant quelque chose pour être aussi emballé que la critique. Mais je crois surtout que j’ai de plus en plus de mal avec les films parfaits.

#8 Möbius

Je suis très fan des Patriotes (comme tout le monde), j’ai beaucoup de sympathie pour Eric Rochant (comme tout le monde) mais malgré les quelques bonnes critiques, je n’y croyais pas plus que ça. Et j’avais tort car c’est vraiment très réussi. Un film d’espionnage sans action, tout en rapports tours à tours tendus et sensuels, qui réussit la prouesse d’être à la fois cérébral et touchant. Dujardin est excellent mais il a le beau rôle :  le mec viril, minéral et taciturne qui fait la gueule en permanence (ou presque…), on peut pas se rater. Cécile de France en revanche m’a bluffé : passer de coiffeuse popu chez les Dardenne à trader sophistiquée ici, avec en plus une telle nuances de comportements et d’émotions, eh ben bravo, tout simplement. Très beau film.

Qu'est-ce qu'ils deviennent les autres Nous C Nous ?
Qu’est-ce qu’ils deviennent les autres Nous C Nous ?


#7 Django Unchained

J’aimerais bien le revoir car il est sorti en tout début d’année mais c’était quand même assez génial.

#6 La fille du 14 juillet

Ca c’est vraiment formidable aussi. Un mix de Moullet, Rozier, Godard mais également Zidi et Pécas qui, surtout, ne force jamais aucune porte. De la même façon que les looks ou accessoires vintage s’intègrent parfaitement à l’époque (la notre), tout ici est naturel, semble aller de soi. C’est d’une liberté, d’une fantaisie, d’une énergie et d’une drôlerie oubliées par le cinéma français. Ca m’a également rappelé certains numéros de La grosse boule, l’émission animée à leurs tout débuts sur Canal Plus par le duo Edouard Baer/Ariel Wizman. En (beaucoup) plus fou et (beaucoup) moins poseur. Malgré la culture, évidente, et la précision des références, des costumes, des accessoires donc, tout semble gratuit, rien n’est calculé, c’est ça qui est formidable dans ce film… Il faut le voir !

Joyeusement anar, sexy et précis.


#5 2 automnes, 3 hivers

Difficile, très difficile de parler d’un film dont on se sent aussi proche. Par son ton, sa forme, ses préoccupations, ses personnages, des détails troublants parfois (souvent…). Le film de la génération-que-l’on-ne-nomme-pas dont je parlais dans un récent billet (la flemme de le retrouver), celle des 30-35 ans. En pendant filmique d’un Sébastien Tellier ou Philippe Katerine, Vincent Macaigne l’incarne à lui seul de manière magistrale. C’est un double de rêve qu’on a à la fois envie de garder pour soi et de faire connaître à tout le monde.

Vincent Macaigne, homme de l’année


#4 Inside Llewyn Davis

Granderemisque à fond.

#3 C’est la fin

Granderemisque fond à.

#2 Les coquillettes

Granderemisesque à donf.

#1 Mud

Rien à ajouter à ce que j’ai pu dire à sa sortie :  un genre de film total et idéal.

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