Top albums 2014 – 1ère partie

2014 année pop sur Grande remise. Je veux dire, encore plus que d’habitude.

J’ai laissé tomber, ou presque, l’Americana. Lassé… L’impression d’avoir un peu fait le tour de la question même si c’est absurde de dire ça tellement le genre est vaste et diversifié. Mais tout ce que j’ai pu écouter cette année d’approchant (Angel Olsen, War on Drugs pour citer 2 exemples de très bons albums) a fini par me fatiguer.  Du coup, pas écouté non plus une seule fois Bill Callahan par exemple. PAS ECOUTE UNE SEULE FOIS NEIL YOUNG BORDEL. Weird… Ca reviendra certainement mais c’est pas pour tout de suite. Gros gros recentrage pop ces derniers mois. Me suis même remis à des trucs que j’avais laissé de côté depuis un bon moment (Bacharach, Esquivel, Morricone).

Du coup, un top chamarré, mélodique et harmonique à souhait. Et un peu mélancolique aussi. Oui, absolument : un top Grande remise.

20 – The War on Drugs – Lost in a Dream

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Bon, je le mets quand même parce que c’est un très bel album. Il est parmi les plus plébiscités cette année, tout en haut des tops de fin d’année quelle que soit la publication, et c’est très mérité. Pour ceux qui l’auraient pas encore écouté : c’est très beau mais on a quand même envie d’ouvrir la fenêtre en grand après hein.

19 – The Coral – The Curse of Love

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J’ai déjà clamé maintes fois haut et fort mon amour pour ce groupe. Album enregistré en 2008 mais gardé « secret » jusqu’à cette année, The Curse of Love m’a d’abord un peu déçu. Mécréant que je suis : c’est du Coral première mouture (avant le départ de leur guitariste virtuose Bill Ryder-Jones donc) de tout premier ordre : romantique à souhait, avec ce je-ne-sais-quoi de spectral et un peu flippant et cette inimitable ambiance maritime et nocturne. Genre veillée sur la plage de Hoylake (leur ville d’origine) au 19ème siècle.

18 – Nick Waterhouse – Holly

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Un peu trop poli et ripoliné sur disque, Nicolas Maison de l’Eau doit sa place à un concert absolument phénoménal que j’ai relaté ici. M’enfin, même avec ce bémol, c’est la grosse classe et le jour où il arrivera à capter en studio ce dont il est capable en live, ça sera immense. Si je devais classer les albums selon leur pochette uniquement, Holly serait évidemment bien plus haut.

17 – Ariel Pink – Pom Pom

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Le Branleur dans toute sa splendeur. Mais le BD, le Branleur Doué, agaçant donc et pour lequel on a malgré tout une certaine admiration. On sent qu’il en a encore sous la pédale en plus ce petit con.

16 – François & the Atlas Mountains – Piano Ombre

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J’en parle un peu ici. Je n’ai pas grand chose à dire de plus : François & the Atlas Mountains, c’est un genre de Pop totale (comme on peut parler de « football total ») qui investie tous les terrains avec un appétit formidable et contagieux et qui a peu d’équivalents à l’heure actuelle. Pas seulement en France.

15 – Dorian Pimpernel – Allombon

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Ca se confirme d’année en année : la pop française se porte à merveille. Rejetons d’une famille qui irait de Bertrand Burgalat à Fugu/Mehdi Zannad en passant par Aquaserge, les Dorian Pimpernel n’aiment rien tant que d’aller d’un point A à un point B en passant par toutes les autres lettres de l’alphabet. Dans le désordre. Un disque exigeant donc, sous des atours aimables. Très stimulant.

14 – Avi Buffalo – At Best Cuckold

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Du 1er album d’Avi Buffalo, je garde le souvenir d’un disque assez sympathique mais plutôt anecdotique. Là il nous sert l’histoire du mec qui a franchi un palier sans que personne le voie venir et qui se retrouve un peu ailleurs. Vers le Mercury Rev de Deserter’s Song, pas moins. Overwhelmed with pride, un des plus belles chansons de l’année.

13 – Thee Oh Sees – Drop

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Dans mon top pour la 3ème année consécutive : sacrée constance donc y compris dans la laideur des pochettes. Sinon, des chansons toujours aussi hargneuses, vicieuses et accrocheuses à la fois. On sent le groupe qui n’accèdera jamais à la véritable excellence, qui a sans doute atteint ses limites mais c’est quand même très bieng.

12 – Gruff Rhys – American Interior

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Gruff, je l’ai dit à maintes reprises, est un de mes héros absolus et chacun de ses albums, en solo ou avec les Super Furry Animals, c’est top 5 ou top 10 minimum. Ce « mauvais » classement (pour lui) révèle donc une légère déception : je préfère le Gruff Rhys bricolo des 3 premiers albums (et j’aime pas du tout cette pochette). Mais c’est évidemment de la Pop avec un grand P et ce mec est un génie pour lequel j’ai une affection et une admiration intactes.

11 – Molto Groovy Christmas

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Il faut toujours un élu de dernière minute et cette année c’est lui. J’en parle un peu ici. Après… je me rends compte que tous ceux qui ont chroniqué ce disque, même quand ils en disent du bien, le font de manière un peu pincée et ça m’énerve. Putain, c’est hyper bien réalisé, c’est super élégant, ça fourmille d’idées, c’est euphorisant, c’est même émouvant parfois, c’est de la Pop avec un grand P, pourquoi toujours cette légère condescendance envers cette musique ? La même dont on fait preuve envers les comédies. Ca m’énerve !  Je suis énervement là, je suis colère, je suis bitch resting face. Les comédies, la Pop, c’est la vie bordel ! Quel pied ce disque ! Oui ! Avec des points d’exclamation tout partout ! A demain ! Pour le top 10 !

So Foot – Hors série Best of Tactique

L’achat du So Foot mensuel fait partie de mes petits plaisirs. « Grands », pour être totalement honnête. D’ailleurs je me suis toujours pas abonné après toutes ces années (je suis lecteur depuis le numéro 5) car je trouve plus jouissif d’aller l’acheter chez le buraliste que de le recevoir dans ma boîte aux lettres. Et le soir venu, se mettre au lit pour bouquiner le dernier So Foot, mmmmmmh, c’est bon ça.
Au-delà de cette évocation personnelle, je considère que ce magazine a révolutionné non seulement la presse sportive, mais la presse tout court comme ont pu le faire Les Inrockuptibles dans les années 90. J’ai hâte de découvrir leur magazine de société, So Ciety, prévu pour ce printemps.

Chaque fin d’année, So Foot sort un hors série qui, sous un angle thématique, compile mais également enrichit des articles/entrevues déjà parus.
Cet hiver, après le best of « Culture », « Supporters » ou « Faits divers » des années précédentes, on a donc droit à un spécial « Tactique ». Or, si l’on vante souvent, et à juste titre, le « style » So Foot, à la fois pointu et déconnant, passionné et ironique, avec des sujets sur des joueurs un peu looseux, marginaux ou complétement tarés, avec des coming out footballistiques de cultureux justement, c’est lorsque le magazine s’est consacré au jeu lui-même, en s’intéressant à ses principaux théoriciens, qu’il a réellement laissé son empreinte selon moi.
Ainsi, les entretiens avec Coco Suaudeau, Arrigo Sacchi, Jorge Valdano… ou, à l’autre bout de l’échelle, Raymond Domenech, quel pied bordel ! Ah Raymond… Qui nous explique quel joueur de tête phénoménal peut être… Sydney Govou, et qui insiste, catégorique, sur le fait que seule la volonté sépare Jérémy Toulalan de… Xabi Alonso. On retrouve bien entendu ici ces entretiens in extenso, souvent agrémentés de nouvelles photos et de leurs désormais quasiment mythiques légendes rigolotes.

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Parmi les « inédits » de ce best of, quelques extraits de causerie d’avant-match : celle, très dispensable puisque tout le monde la connait par cœur, d’Aimé Jacquet pendant la coupe du monde 98 (celle où il demande à Pirès de « muscler son jeu »), celle de Luis Aragones avant la finale de l’Euro 2008 où il suggère à ses joueurs de faire dégoupiller Schweinteinsger (qui ne prendra même pas un jaune au final), celle, superbe, de Guardiola avant le ArsenalBayern Munich de l’an dernier (2-0 pour les würste).

Et puis il y a celle, totalement hallucinante, de Mourinho avant le BarcaReal de la demi-finale retour de ligue des champions 2011. M’en suis toujours pas remis et je ne résiste pas à l’envie de la retranscrire ici. Pour rappel, le Real a perdu le mach aller 2-0 à Bernabeu :

« On va faire un match tranquille. On va les attendre. Il faut défendre près de la surface et maintenir notre bloc très bas pour faire un 0-0. En finissant le match sur ce score là, on pourra accuser les arbitres d’avoir fait basculer la qualification lors du match aller… A Barcelone, nous avons trois options : il y en a deux qui sont impossibles et une seule qui est possible. L’option possible c’est que nous soyons éliminés sur un score serré. L’une des deux options impossibles serait que l’on encaisse une avalanche de buts. C’est quelque chose qu’il faut éviter à tout prix si on veut rejeter la faute sur les arbitres. Il ne faut pas que ça arrive. l’autre option impossible, c’est la qualification. Il faut qu’on essaie de préserver un 0-0 mais si d’aventure on se qualifiait, ça serait parfait. »

(Ah ben ouais, ça serait pas mal ouais. « Si d’aventure ». NON MAIS J’HALLUCINE. Pardon, je te laisse lire tranquille. Mais putain c’est incroyable ce truc).

« Il faut qu’on finisse le match avec le score le plus serré possible afin de rejeter la faute sur les arbitres : c’est notre priorité. Un 2-1, un 1-0, un nul me vont, pour que je puisse dire que les arbitres nous ont volé au Bernabeu. Le Real Madrid a engagé les meilleurs avocats du monde. Je sais de source sûre qu’après les demi-finales, Alves va prendre deux matches de suspension à cause de tout son théâtre et que Busquets va en prendre cinq pour racisme. Et le grand Pep… Il se croit très grand celui-là… Bah il va prendre deux matches de suspension. Peut-être même qu’il va en prendre trois, juste parce que c’est le chef d’une troupe de théâtre. Je peux vous l’assurer. C’est pour cela qu’il faut réussir à finir le match sur un score serré. Si c’est le cas, j’irai en conférence de presse pour dire que nous avons perdu la qualif au Bernabeu. Tous les medias seront avec moi et véhiculeront l’idée qu’on s’est fait voler. En revanche, s’ils nous mettent une correction, on sera la risée du football mondial parce que le lendemain toute la presse dira : « Où sont les arbitres Mourinho? Où sont les arbitres, joueurs du Real Madrid? » On doit lutter pour montrer à tout le monde le vrai visage d’une troupe qui se targue de produire du beau jeu. Il faut qu’on lutte pour que la terre entière sache que ces beaux garçons du monde du football jouent de manière sale, parce que c’est réellement ce qu’ils font. Regardez Alves, Busquets… Comment peut-on démontrer qu’ils jouent salement? En finissant le match sur un score serré. »

On sait Mourinho paranoïaque et mesquin devant les medias. On pense qu’il joue un rôle, qu’il y a là du second degré, une certaine distance ironique, que c’est en grande partie de la comédie. En fait pas du tout : il est sans doute encore pire en privé et avec ses joueurs.

Carletto, je t’aime.

Le sapin, les guirlandes, les boules… et le groove !

Il n’aura pas échappé aux mieux informés d’entre vous que ça y est, on y est, cette fois c’est sûr, on va pas y couper : c’est Noël.

Ceux qui savent, savent que j’ai déjà rédigé ce billet l’an dernier à la même époque. Il est toujours d’actualité et le bingo de Noël de Topito  (vraiment bien vu ce top) te sauvera peut-être à nouveau, sinon la vie, du moins la journée.

Mais cette année c’est la fête ! Youpi ! Et ce grâce à cette petite merveille qui entre illico dans le top des meilleurs albums de Noël (un billet que j’aurai peut-être le temps de rédiger l’an prochain).

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C’est produit par Roman Coppola et Alessandro Casella et réalisé par le multi-instrumentiste Carlo Poddighe. C’est bourré d’orgues qui glougloutent, de basses au médiator, de guitares qui fuzzent, de breaks de batterie hystériques. Ca sent le jerk, la surf music, les bo italiennes des années 60 ou 70, le freakbeat, la heavy soul, la pop psyché, appelle ça comme tu veux. Un soupçon de jazz pour le côté classieux, une petite lichette de Moog Cookbook pour faire bonne mesure versant cheapos-rigolo et on obtient LE disque de Noël 2014, funky, dansant, festif. Une tuerie de tous les instants.

Molto Natale, Molto buono, Molto Groovy !

The Go! Team

Coup de projecteur, coup de cœur sur un groupe encore trop méconnu. En plus pile poil le jour où le groupe annonce un nouvel album pour 2015, comment c’est bien foutu quand même. Grande remise, le blog qui est trop sur le coup.

The Go! Team
The Go ! Team est un groupe anglais (de Brighton je crois) auteur de 3 albums très similaires sur la forme et de qualité quasiment égale. Il possède une identité sonore très forte, singulière et rapidement identifiable répondant à une philosophie fondamentalement « samples, collages et joyeux bordel ». Rock, hip hop, soul, génériques TV vintage (le premier truc auquel j’ai pensé quand j’ai entendu ce groupe c’est le générique de Hawaii, police d’Etat), J-pop, samples savants (même si pas tant que ça en fait, beaucoup de parties sont jouées live), tout se mélange dans des proportions variables selon les titres pour un résultat invariablement tubesque. Sans oublier, bien sûr, LA trouvaille du groupe, sa distinction la plus évidente, sa marque de fabrique pourrait-on dire : les double-dutch chants, autrement dit ces chants hyper pêchus d’écolières américaines sautant à la corde. Des chants de cours de récré en somme.

The Go ! Team, c’est l’euphorie absolue, la bande-son d’un sentiment d’invincibilité et d’exaltation total. Cette musique que tu entendais dans ta tête lorsque tu obtenais le cadeau que tu n’aurais jamais osé demander pour Noël ou pour ton anniversaire (genre une panoplie de cow-boy incluant notamment 2 flingues et un gilet à franges, je dis ça comme ça hein, c’est un exemple tout à fait au hasard pas du tout du tout basé sur une expérience personnelle), lorsque tu te baladais dans la rue avec tes potes, fiers comme des couillons parce que vous aviez réussi à choper une canette de bière à vous partager à 5 dans un coin ou encore que tu marquais un but de dingue devant les filles pendant une partie de foot à la récré (tu n’as compris que trop tard pour ta dignité que celles qui n’en avaient tout simplement rien à secouer se foutaient plutôt de ta gueule). La pochette de leur 2ème album, Proof of Youth (le titre, déjà) synthétise bien cet esprit fun, fier et casse-cou. Ose me dire qu’après avoir entendu n’importe lequel de leurs titres, tu n’es pas gonflé à bloc pour faire un saut à l’élastique / envoyer chier ton supérieur hiérarchique / verser le lait avant les céréales dans ton bol.

Rien que les titres, déjà : Ladyflash, The Power is on, Junior Kickstart, T.O.R.N.A.D.O., Ready to Go Steady, Titanic Vandalism, voilà qui n’engendre pas la mélancolie ! Même si elle est bien présente : The Go ! Team, c’est la bande-son de la pré-adolescence, de ce moment-clé où tu pressens que tu vas définitivement quitter le monde de l’enfance, que c’est formidablement excitant mais que ça te rend un peu triste en même temps. C’est très beau d’avoir réussi à capter et retranscrire ce moment si précieux je trouve, sur ce morceau par exemple.

Tirage au sort 8ème de finales Ligue des Champions 2015

Ils sont les meilleurs
Sie sind die Besten
These are the champions

Die Meister
Die Besten
Les grandes équipes
The champions

Aaaaaaaaah, c’est bon ça !
Allez, un petit débrief rapido du tirage au sort des 8èmes de finale, tranquilou bilou, ça mange pas de pain.

FC Bâle – FC Porto
Aka l’affiche dont tout le monde se branle aka un quart de finale tranquille pour leur prochain adversaire aka… Rien d’autre. On s’en fout de ce match.

Paris Saint Germain – Chelsea
C’est un grand classique des media français mais c’est toujours aussi cocasse de contempler les anciens exégètes du PSG changer de position du tout au tout en l’espace de quelques heures (même pas 2, soit la durée du match Barcelone-PSG de la semaine dernière) et ne pas avoir de mots assez durs pour l’équipe parisienne. Alors que soyons sérieux 2 minutes : qui a pu croire un seul instant qu’une équipe dont 2 des cadres sont d’anciens remplaçants du Barca (Maxwell et Thiago Motta) pouvait rivaliser face au Real, au Bayern, à l’Atletico, à la Juve, à Man City etc. Et à Chelsea, évidemment, que je tiens pour un demi-finaliste quasi certain. Font peur cette année ces cons…

Manchester City – Barcelone
Man City c’était « el bombo » comme disent les espagnols, soit l’épouvantail du tirage au sort. Une équipe à l’effectif chaque année plus impressionnant, emmenée par un technicien hors pair (Manuel Pellegrini; j’ai encore honte de la manière dégueulasse dont il a été viré du Real) et qui a enfin réussi à passer la phase de poules. Maintenant que la malédiction est brisée, tout est possible. Je suis évidemment RAVI de cette confrontation même si le match retour au Camp Nou risque de peser lourd.

Bayer Leverkusen – Atletico Madrid
Leverkusen c’est quand même un club sponsorisé (voire fondé il me semble) par un mastodonte de l’industrie pharmaceutique et ça, ça m’a toujours fait un peu flipper. Avec un logo d’aspirine sur le maillot, ces aspirines que je prenait diluées dans un peu d’eau et une petite cuillère quand j’étais petit. Brrrr… Atletico donc, tranquille. Belle saison des colchoneros l’air de rien, malgré un effectif pas mal renouvelé.

Juventus Turin – Borussia Dortmund
il faut savoir que la Juve est un club que j’exècre du plus profond de mon âme (top 3 des clubs honnis : 1 Juventus 2 Bayern Munich 3 Manchester United. Le Barca est hors catégorie : c’est la Nemesis.) Tirage a priori hyper favorable pour eux, Dortmund est au fond du trou, de manière assez inexplicable. Mais les matchs auront lieu en février, avec un retour dans un des stades les plus chauds d’Europe… Bah, n’importe quoi :  c’est plié, la Juve est l’un des gros outsiders de cette compétition.

Chakhtior Donetsk – Bayern Munich
Non affrontement total : le Bayern marche sur l’eau en ce moment, continuera de marcher sur l’eau en février, en mars, en avril. En mai ? J’espère pas mais c’est l’un des 3 grands favoris de cette édition pour moi.

Arsenal – Monaco
Intéressant ça… Très intéressant :  une équipe qui n’a pas grand chose pour elle (Monaco) avec son effectif en bois, son public de hooligans en blazers et pulls sur les épaules, son entraîneur portugais au physique de carreleur… portugais, son non-style porté en étendard (« chiant à jouer » c’est pas un style) mais une grosse solidité défensive et une bonne tête d’invité surprise face à une équipe de pseudos cadors au mental en mousse et à la tronche d’éternelles victimes expiatoires. Serré donc selon moi et une confrontation que j’ai hâte de suivre.

Schalke 04 – Real Madrid
« Chalqueunoumfir » comme on dit quand on veut faire comprendre qu’on a fait allemand LV2, face à LE favori de cette édition (avec le Bayern et Chelsea donc). Le Real cette année c’est près de 4 buts par matchs (55 buts marqués en 15 matchs de championnat), 20 victoires d’affilée toutes compétitions confondues (série en cours), 25 buts en 15 journées de Liga pour CR7, une qualité technique hors du commun, des phases de jeu d’un autre monde, un Pepe stratosphérique qui n’a pas pris un seul carton jaune cette saison, un James Rodriguez hyper soyeux, un Isco iniestien, un Toni Kroos taille kommandänt qui a déjà fait oublier Xabi Alonso (attention au burn out quand même), un Benzema super classe etc etc etc. Je me régale. Tout autre « résultat » dans cette compétition qu’une finale serait une énorme déception.

La prochaine fois je viserai le coeur – critique

Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes.
Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent. (Allocine)

Première qualité du film, qui saute aux yeux et à laquelle je suis très sensible quand l’action se déroule dans les années 70/80 : sa reconstitution. Y a des Renault 5, des Diane (Ugliest. Car. Ever.), des moustaches, des bottines à talon, des papier peints marronnasses. Dehors c’est plat, c’est gris, c’est morne, c’est humide, c’est froid : pas de doute, c’est la France provinciale de Giscard. Là dessus, le film est 100 coudées au dessus de Des lendemains qui chantent ou de L’Homme qu’on aimait trop par exemple (que j’avais pourtant bien aimé tous les 2) pour donner des éléments de comparaison un peu pertinents.

Deuxième qualité, son interprète principal. Il valait mieux, il est de tous les plans ou presque. Et il est excellent, déjouant le piège de l’interprétation « sobre » (« je fais rien mais je suggère un maelstrom intérieur ») qui peut vite se muer en interprétation « pantouflarde » (« je fais rien »).

 

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Du coup on se pose la question : comment ce mec, (Guillaume Canet donc), peut il faire de si bons choix (L’Homme qu’on aimait trop de Téchiné, sorti cette année également), comment peut-il être aussi bon dans quasiment tous ses rôles, et comment peut-il dans le même temps être un si mauvais réalisateur ? Je n’évoquerai pas, par crainte de me voir retirer ma carte de blogueur international, sa relation avec Marion Cotillard. C’est un véritable mystère. Ca serait marrant que Laurent Delahousse lui pose la question un jour : « Guillaume Canet, monsoir. Vos films sont pas terribles, pour être poli, mais ils ont beaucoup de succès. Vos interprétations en revanche, de plus en plus fines, forcent le respect. En un mot, tout va bien. Une grosse ombre au tableau néanmoins : pouvez-vous nous en dire davantage quant au pourquoi et à la durée de cette incompréhensible relation sentimentale avec Marion Cotillard ? Je veux dire, vous avez eu un enfant avec l’interprète de La Môme et vous l’avez prénommé Marcel… Alors ? »

Troisième qualité : sa mise en scène. Froide voire glaciale, elle tire merveilleusement parti de ses décors pour peindre le portrait d’un psychopathe qui n’est pourtant jamais ou presque montré comme tel. Policier brillant mais être humain dramatiquement inadapté, il apparait davantage comme un être dysfonctionnel qui aurait bugué à un moment M de son existence (l’adolescence ? Cf la terrible scène du repas chez les parents). On pense à Melville, on pense à Corneau (celui de Série Noire), on pense à la France là encore.

C’est beaucoup n’est-ce pas ? Et pourtant, si j’ai trouvé le film excellent, il me manque quelque chose pour être totalement emballé. Une carence (en émotion ?) ou au contraire un trop plein (de froideur, de distance) qui m’empêchent d’adhérer à 100%. M’enfin, je pinaille, c’est « de la belle ouvrage » (tiens encore une expression que je déteste) et je te le conseille chaudement. En parlant de ça, n’oublie pas de prendre une petite laine pour réchauffer ton petit cœur, il caille salement dans ce film.

Ma réservation

Dimanche matin, un peu avant 11h.

– La Belle Verte, bonjour.
–  Oui, bonjour, je voudrais faire une réservation pour 13h.
– Pour combien de personnes ?
–  2 personnes.
–  Non mais d’accord mais pour quel jour?
– Euh… pour aujourd’hui….

Limite je me fais engueuler parce que je réponds pas à la question qu’elle a pas posé. Ca commence bien.

– Ah non là ce que je peux vous proposer c’est 15h15.
– …
– Ou alors on a des menus à emporter. Là oui, ça peut être prêt pour 13h
– Ben je sais pas trop parce que je…
– Ou alors attendez, ce que je peux vous proposer comme il pleut pas c’est de vous mettre en terrasse. Ca vous irait ça? Parce qu’on a une petite terrasse sur le trottoir, je sais pas si vous voyez. Vous êtes déjà venu?
– Oui, j’habite dans le quartier.
– Ah mais attendez. Euh… Oui, alors voilà, si vous voulez, je peux vous proposer 14h. Ou attendez, 13h45 même. Oui, je pense que ça serait bon.

Putain, habiter dans le quartier me donne droit à des privilèges insoupçonnés.

– C’est gentil mais en fait je sais pas si…
– Vous vouliez vraiment manger à 13h? Non parce que voilà ce qu’on va faire :  je vais prendre votre numéro de téléphone. Parce que si vous vouliez vraiment manger à 13h, y a pas mal de gens qui réservent et puis en fait ils viennent pas. Donc ils prennent leur menus à emporter, et au final ça libère de la place vous voyez ? On peut faire ça, je vous appelle si j’ai un désistement. Je vais prendre votre numéro.

En fait elle me tient la jambe bien plus longtemps que ça en a l’air. Trop longtemps : j’ai plus trop envie de bruncher dans son resto là.
Je lui laisse quand même mon numéro de téléphone, je raccroche enfin. J’appelle immédiatement la personne avec qui je dois déjeuner pour savoir si 14h lui convient. « Oui ». Je rappelle donc le restaurant dans la foulée.

– La Belle Verte, bonjour.
– Oui, bonjour, enfin, re-bonjour, on vient de se parler pour une réservation ce midi.
– …
– Euh, je voulais réserver pour 13h mais c’était pas possible, je vous ai laissé mon numéro…
– Ah oui d’accord !  Et donc ?
– Ben 14h c’est bien si c’est toujours ok pour vous.
– Oui oui, pas de problème, je note, 14h donc.
– Je vous l’ai pas précisé mais ça serait pour un brunch.
– Un brunch… Vous voulez dire que vous comptez vous partager un brunch à 2 ?
– Euh non, ça serait pour bruncher quoi. Donc 2 formules brunchs. Une pour chacun en somme.
– Ah oui d’accord, c’est bien ce que j’avais cru comprendre.

OK.
OK OK.
Elle en a pas fini avec moi.

– Des allergies particulières ? Gluten, soja, sésame… ?
– Pas que je sache… Pas en ce qui me concerne en tout cas.
– Très bien. Est-ce que l’un de vous est végétarien ?
– Pas moi mais la personne qui m’accompagne optera plutôt pour une formule végétarienne je pense.
– Très bien. Trèsbientrèsbien. Bon de toutes façons, la formule brunch est végétarienne pour tout le monde.

Kill me.
Now.

Bon, on y est quand même allé à La Belle Verte et on a pas été déçu : arrivés à 14h, servis à 15h (montre en main). Sachant, a-t-on appris une fois sur place, que le dimanche ils ne servent que des assiettes brunch (les mêmes pour tout le monde donc) et que le choix des boissons se résume à « jus de pomme ou smoothie lait végétal banane ». Ca paraît gérable non ? Eh bien non manifestement.
Certaines personnes ont du attendre une demie-heure que leur table soit installée. Je veux dire : les tables étaient vides mais il a fallu une demie-heure à la serveuse pour les débarrasser, nettoyer et dresser à nouveau. Montre en main. D’autres se sont barrées alors qu’elles étaient installées depuis une demie-heure au bas mot également : pas très cool de leur part mais la serveuse les a poursuivies jusque dans la rue pour les retenir… Alors que les 4 assiettes lancées pour elles, elle pouvait parfaitement les servir à la demie-douzaine de personnes qui poireautait dans l’attente qu’une table se libère… Brrrrrrrrrrreeeeeeeeeef.

Tout ça pour dire que si par hasard tu passes par Toulouse :  La Belle Verte, brunch copieux à base de produits bio bien préparés (c’était vraiment très bon) mais service calamiteux.
Ah et puis évite de réserver par téléphone aussi, sauf si tu tiens vraiment à mal commencer ton dimanche.

François and the Atlas Mountains – Connexion café, Toulouse

Rapidement, quelques mots sur une très belle soirée.

3 groupes au programme : Babe, Petit Fantôme et François etc donc.
Je rate sciemment les premiers, because life. Je pense que c’est dommage mais c’est comme ça. Life.

J’arrive sur le 1er morceau de Petit Fantôme aka Pierre Loustaunau.

Il avait les cheveux bien plus courts en réalité.
Il avait les cheveux bien plus courts en réalité.

Un basque : autant dire tout de suite qu’il part avec un très gros avantage. Sur scène, il se produit avec quelques membres de François etc. dont François lui-même à la guitare. Dans chaque papier ou presque qui leur est consacré, on relève la cohésion des membres de François and the Atlas Mountains, leur générosité, leur don total et absolu à leur art et les uns avec les autres. Ca se confirme d’entrée, c’est assez spectaculaire et ça met tout de suite dans de bonne dispositions.
Comme celle de son ami, la musique de Petit Fantôme est assez indéfinissable : ses compositions fragiles et ouvragées peuvent aussi bien évoquer Robert Wyatt que Grandaddy ou encore plein d’autres groupes/artistes mais aucun en particulier pour être honnête et c’est très bien comme ça. C’est rafraîchissant. Belle prestation en tout cas.

Un petit quart d’heure s’écoule et les mêmes, ou presque, remontent sur scène.

Ils étaient 5 sur scène. A gauche, Petit Fantôme.
Ils étaient 5 sur scène. A gauche, Petit Fantôme.

C’était formidable. Une grosse heure de pop « totale » à la fois rythmique, mélodique et harmonique qui a finalement peu d’équivalents à l’heure actuelle et qui se vit davantage qu’elle se raconte (c’est con mais c’est vrai…). Là encore, on peut légitimement penser à beaucoup de choses mais davantage à des genres qu’à des groupes bien particuliers. Et je vais me répéter mais c’est très rafraîchissant. Les titres sont parfois très émouvants, d’autres fois très euphorisants, ils se terminent régulièrement dans une sorte de transe galvanisante, parfois les 3 à la fois comme sur le renversant The Way to the Forest, le plus beau moment du concert pour moi.

L’air de rien, François and the Atlas Mountains produisent une musique à la fois aimable d’emblée, pop donc (si ça c’est pas un tube de la mort, je sais pas ce que c’est), et très particulière, unique même. Très beau concert, vraiment, et très bel album (Piano Ombre) qui sera bien placé dans mon top de fin d’année (teaser).

Le lendemain, je suis retourné au même endroit pour le concert d’Isaac Delusion. Je me contenterai d’un jaipasdutoutaimécestpaspourmoi parce que si je rentre dans le détail, je pourrais dire des choses très méchantes, ce qui ne servirait pas à grand chose. Grande remise, le blog qui a mûri.

Speciesism – critique

Une fois n’est pas coutume, je vais parler d’un sujet important, d’un vrai sujet en somme. Si ça se trouve j’ouvre la porte à des articles sur le gouvernement Hollande, le retour de Sarkozy, le succès d’Eric Zemmour ou pire, LA DETTE (T’as remarqué ? On dit simplement « la dette » et tout le monde comprend qu’il s’agit là de l’enjeu le plus crucial de la France de 2014. « – Ca va, t’as passé un bon weekend ? – Bah non, horrible, j’ai pas arrêté de penser à la dette. »). Grande remise, le blog qui passe à l’âge adulte.

Non je déconne.

Mais j’ai quand même envie de parler rapidement de ce documentaire car il m’a semblé intéressant aussi bien sur le fond que sur la forme.

Speciesism,_The_Movie
Pour faire court, le réalisateur, qui se met en scène à la Michael Moore (on pense à lui plus d’une fois) lors de ses rencontres avec les différentes personnes interrogées, entend éveiller les consciences quant aux souffrances infligées au règne animal à l’intérieur notamment des factory farms, ces terribles fermes industrielles ou d’élevage intensif (je résume hein, ça va bien plus loin).

La 1ère partie consiste ainsi en une longue introduction/passage obligé au cours duquel le réalisateur et sa petite équipe tentent de visiter ces fameuses fermes, se heurtent évidemment au personnel/propriétaires, mettent un brin en scène les barrières auxquelles ils font face, enquêtent sur les néfastes conséquences sur l’environnement, sur les terribles conditions de « vie » des animaux eux-mêmes bien sûr etc. Du classique donc.

Un peu plus malin que la moyenne quand même puisque Mark Devries, le réalisateur, entend exposer les méfaits du « factory farming » en prenant le problème à l’envers : il essaie de démontrer en quoi les adversaires du factory farming ont tort. Il n’y parvient évidemment pas et aboutit à une démonstration par l’absurde des plus parfaites puisque la seule personne estimant qu’il est juste ou tout du moins normal de traiter les animaux comme quantité négligeable est… un membre du parti nazi américain (en uniforme le mec, flippant).
De même lorsqu’il recueille des témoignages sur les conséquences, notamment des élevages porcins, sur l’environnement, ils proviennent non pas seulement des babos, écolos et autres alter attendus mais de bons gros républicains bon teint, qui rejoignent ici leurs non-camarades gauchistes dans la défense d’un american way of life « local » et sain en voie de disparition.

Devries se retrouve donc comme il le dit lui même dans une impasse (il narre en voix off) : si rien, absolument rien ne justifie le traitement que nous infligeons aux poules, lapins, porcs et autres bovins afin de remplir nos assiettes (nous savons depuis longtemps que les animaux éprouvent eux aussi de la joie, du chagrin, de la peur, sont dotés d’un sens moral, peuvent faire preuve d’équité ou d’injustice etc), qu’est ce que ça signifie au fond ? Il peut alors se saisir de ce qui constitue le noyau de son film : le concept de « spécisme », encore largement méconnu en Europe il me semble. Allez hop, ça ira très bien ça : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sp%C3%A9cisme

C’est à partir de là que le film franchit un palier et dépasse son statut de salutaire et maligne démonstration militante : Devries creuse à fond le concept de spécisme (et d’anti-spécisme bien entendu), s’appuyant sur les thèses et propos de chercheurs et universitaires, déroulant patiemment et implacablement la façon dont l’Humanité dans son intégralité se rend coupable chaque jour de… crimes contre l’Humanité. Je n’en dirai pas plus : si la conclusion de la réflexion, de l’enquête et du film en lui-même ne manquera pas de faire grincer quelques dents voire soulèvera une véritable indignation (justifiée ou pas, chacun jugera), elle a au moins le mérite d’aller avec un certain courage au bout de sa logique.

Speciesism est ainsi un documentaire un peu à part, au radicalisme patient et patiemment construit qui fait parfois sourire, effraie souvent, remue toujours.

La projection était suivie d’une discussion publique : comme souvent dans ces cas là, des points de vue pertinents, d’autres moins, des raccourcis simplistes, des témoignages signifiants etc.
En début et fin de projection, l’organisatrice (à la tête, si j’ai bien compris, du Mouvement pour la Cause Animale) se félicitait de ce que la salle fut constituée à part quasi égale de végétariens et/ou défenseurs des animaux et de simples curieux « omnivores » (dont je fais partie) mais lorsqu’un jeune mec, assez courageux j’ai trouvé, a fait part de son grand intérêt pour le film mais également d’un certain scepticisme quant aux changements de comportements qu’il appelle finalement de ses vœux, de la difficulté en tout cas qu’il éprouverait lui à adopter des habitudes alimentaires radicalement différentes, il a évidemment commencé à se faire un peu allumer. En gros, ça commençait à partir un peu dans tous les sens (oui, comme la phrase qui précède), je me suis donc cassé.

Mais je conseille vivement ce documentaire à toutes celles et ceux que les questions et enjeux autour de la cause animale et en corollaire de la malbouffe, interpellent.
Attention enfin : contrairement à ce qui est annoncé, il comporte bien quelques images difficiles.

Une nouvelle amie – critique

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À la suite du décès de sa meilleure amie, Claire fait une profonde dépression, mais une découverte surprenante au sujet du mari de son amie va lui redonner goût à la vie. (Allocine.com)

Le nouveau Ozon donc. Je me suis dit aussi souvent que j’arrêtais d’aller voir ses films (Swimming Pool, 8×2, Dans la maison) que « merde, il est quand même fort ce con » (Sous le sable, Ricky, Jeune et jolie).

Mais à bien y réfléchir, même quand je n’aime pas ses films, je ne peux me résoudre à les trouver complètements nuls comme je trouve nuls un Besson ou un Carax par exemple : ils me mettent en colère car je le sais capable de très bien faire. Si je fais le bilan, ses films m’intriguent toujours (même quand j’ai décidé de ne plus me faire avoir) et certains ont imprimé ma rétine et mon cerveau très durablement (Sous le sable, encore)

Celui-ci, je sais pas pourquoi, je le sentais bien d’emblée. Et j’avais raison : Une nouvelle amie fait sans doute partie de ses plus belles réussites, avec en sus, une émotion inédite, une sincérité nouvelle chez lui il me semble. Il semble enfin s’y livrer sans fard (et sans jeu de mots…), sans cette distance ironique ou carrément clinique qu’il affectionne la plupart du temps.

Une nouvelle amie est l’adaptation d’un roman de Ruth Rendell dont les œuvres ont déjà été portées à l’écran par Chabrol (La cérémonie, La demoiselle d’honneur) et Almodovar (En chair et en os). On pense énormément au second ici et si le lien avec Chacha est en revanche plus difficile à établir, on pourrait dire qu’il réside dans la « Francitude » des personnages, l’environnement bourgeois dans lequel ils évoluent. Mais je me rends compte que si le lien avec Almodovar est évident et pertinent, c’est complètement absurde d’essayer d’en établir un avec Chabrol également. Oublie.

Que dire de plus ? Pas grand chose en vérité, je préfère que tu le découvres toi-même. La bande-annonce, très habile, semble dévoiler la grande majorité de l’intrigue mais c’est un leurre, elle ne montre en fait quasiment rien de véritablement important.
En tout cas Ozon est en train de devenir un grand cinéaste du deuil, qu’il aborde ici par son versant le plus optimiste et positif. Souvent à la lisière du ridicule (y compris dans l’interprétation de Romain Duris, absolument impeccable), il emporte TOUJOURS le morceau, dans absolument TOUTES les scènes et dans TOUS les volets qu’il aborde seulement ou développe de manière plus approfondie (le deuil donc, l’amitié avec ce début condensant en quelques minutes l’histoire des 2 amies de manière à la fois cheesy et hyper touchante, la vie de couple, la sexualité, l’homosexualité, les nouveaux codes de la famille etc).

J’en dis pas plus, je vais me faire le best of de Nicole Croisille.