#75 Sagittarius – Present Tense

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Present Tense est avec Begin LE disque de sunshine pop ultime. Oui, je suis péremptoire mais c’est pas comme si c’était la 1ère fois et (cette fois) je suis sûr de mon assertion. Je vais donc te renvoyer à l’article que j’ai consacré à l’album de The Millenium pour plus de détails.
Cet album est celui par lequel j’ai découvert le genre, ça a été un véritable choc. Aujourd’hui encore, l’enchaînement des 3 premiers titres (Another time / Song to the magic frog / You Know I’ve Found a Way) représente pour moi une source inépuisable de fascination, d’émerveillement et de bien –être, ce qui se rapproche sans doute le plus d’un idéal de plénitude.

#29 Mes meilleurs copains

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Quelques amis de jeunesse approchant de la quarantaine se retrouvent à l’occasion de la venue à Paris d’une rock star québécoise, Bernadette Legranbois, qu’ils ont connu durant leur jeunesse. C’est l’occasion pour Jean-Michel, Richard, Guido, Antoine et Dany de régler quelques vieux comptes et de faire un bilan mi-doux, mi-amer de ce qui reste de leurs rêves d’adolescents.
(Allocine)

J’en parle ici.

#74 Todd Rundgren – Something/Anything?

Todd Rundgren - Something/Anything?
Il y a aurait 1000 pages à écrire sur Todd Rundgren, l’un des personnages les plus intrigants et extravagants de la pop, ainsi que sur son oeuvre foisonnante. Présent partout sans que souvent on le sache (« on » incarnant pourtant ici les amateurs de musique), il a aussi bien joué que composé, interprété ou produit quelques uns des disques majeurs des 45 dernières années. Il est celui, par exemple, qui peut produire aussi bien les New York Dolls qu’XTC sans que ça paraisse incongru. Il est également de ceux pour qui l’utilisation de l’adjectif « culte » semble le plus approprié, à la fois parce qu’il reste, malgré une certaine omniprésence/permanence donc, un artiste relativement confidentiel et un plaisir de connaisseur, et parce que ceux qui l’apprécient lui vouent une indéfectible dévotion (« Todd is God » qu’ils disaient à la grande époque).

Something/Anything? est son album le plus fréquemment cité (avec le plus expérimental A wizard, a true star) et ça me parait normal: il est à la fois le plus accessible, le plus diversifié et le plus abouti. C’est en tout cas mon favori même si j’aurais également pu citer A wizard…, ou The Ballad of Todd Rundgren.

Cantona, le rebelle qui voulut être roi – critique

Je sais pas ce que j’ai en ce moment, je ne lis QUE des bouquins de foot.

J’avoue, j’ai souvent pas une grosse disponibilité intellectuelle en fin de journée donc ça fait très bien l’affaire évidemment mais y a pas que ça : je me suis rendu compte qu’il y avait une vraie littérature du foot, avec des ouvrages vraiment intéressants et stimulants, écrits par de vrais auteurs (i.e. pas des journalistes sportifs un peu « limités » pour parler cruellement).

Cantona, le rebelle qui voulut être roi entre ô combien dans cette catégorie. Il est d’autant plus remarquable qu’il s’agit d’une biographie et que les biographies de sportifs en général, et de footballeurs en particulier, sont d’un conformisme et d’une platitude désespérantes.

Cantona, le rebelle qui voulut être roi

Un mot sur l’auteur tout d’abord : Philippe Auclair est aujourd’hui bien connu des amateurs de foot en tant que correspondant Premier League pour France Football et RMC Info.
Mais pour quelques personnes dont je fais partie, Philippe Auclair est et sera toujours Louis Philippe, songwriter dandy et délicat, membre régulier de l’écurie Tricatel et auteur de quelques albums remarquables (notamment Delta Kiss).
Même si sa carrière musicale a été mise entre parenthèses au profit de sa carrière de journaliste, elle est évidemment d’une grande importance puisqu’il apporte la même délicatesse, sensibilité et intelligence à ses analyses qu’à ses compositions.

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Autre détail d’importance : Philippe Auclair vit en Angleterre depuis près de 30 ans (il me semble). Son ouvrage a donc été rédigé en anglais, pour le public britannique et il fait preuve de la rigueur et de la sobriété dont les journalistes anglo-saxons sont coutumiers : il digresse peu, ne se regarde pas écrire, a effectué un travail de fourmi (pour revoir les matches, éplucher la presse), apporte une grande importance à la vérification des faits. Pas de rumeurs ici, pas de ragots, de détails croustillants (même si 2 gros « scoops », j’y reviendrai), tout a été vérifié, revérifié, confirmé par les principaux acteurs et témoins. Un travail et une rigueur d’autant plus remarquables que si les exploits de Cantona sont encore relativement frais dans la mémoire de pas mal de personnes, ils appartiennent à une époque pré-Youtube et pré-Internet en général qui rend ce travail de recherche, consultation, vérification véritablement fastidieux. On ne juge pas la qualité d’un ouvrage à la seule quantité d’heures que son auteur a passé dessus mais quand cette quantité atteint de telles proportions, c’est à souligner je pense.

Il s’attache ainsi uniquement à la carrière de footballeur de Cantona, laissant de côté sa vie privée (même si elle est évidemment parfois évoquée puisqu’elle éclaire ou explique aussi certains choix de carrière). C’est par exemple l’occasion de revenir sur des épisodes qu’on connait finalement peu puisqu’à l’époque, il fallait donc se contenter de quelques images 1 ou 2 fois par semaine dans Téléfoot et/ou l’Equipe du Dimanche. Son passage à Bordeaux par exemple, je l’avais complètement zappé. Ou son départ houleux de Leeds pour Manchester United. Auclair s’attache également à décrire avec beaucoup de précision quelques prestations voire des actions bien précises : encore une fois, difficile de trouver toutes les images, il fait donc autant appel à sa mémoire qu’à un véritable travail de fourmi pour retrouver les archives de l’époque.

Et 2 scoops donc, ou en tout cas, 2 épisodes clés de la carrière de Canto, auxquels il apporte un éclairage nouveau.

Tout d’abord sa non-sélection pour l’Euro 1996.
Cet épisode est hyper important car il marque sa rupture définitive et irrévocable avec une équipe de France à laquelle il a été jusque là d’une loyauté sans failles (coucou Henri Michel), au moment où celle-ci s’apprête à vivre ses plus belles heures en compagnie d’une nouvelle génération (celle qui remportera la coupe du monde 2 ans plus tard). Il est acquis pour tout le monde que c’est Aimé Jacquet, saint Aimé priez pour nous, qui, sévère mais juste, inflexible, a décidé de se passer de Cantona (et Ginola), alors au meilleur de sa (leur) forme, pour laisser la place au duo émergeant ZidaneDjorkaeff. Or la vérité est sensiblement différente : en février (1996 donc, quelques moins avant l’Euro qui se tiendra en Angleterre), Jacquet se rend à Manchester pour tenter de convaincre Cantona de revenir en équipe de France. Et celui-ci refuse. Auclair raconte que ni lui ni Jacquet ne reviendront jamais sur cet épisode qui fait un peu figure de trou noir : Cantona a refusé de manière instinctive, sans donner d’explications et Jacquet, qui accuse le coup sur le moment, n’est pas allé plus avant et n’évoquera plus jamais ce moment lui non plus. C’est Henri Emile, intendant historique de l’EDF, et figure bien connue des amateurs de football, présent lui aussi ce jour-là, qui raconte cet épisode hyper cantonesque, qui ajoute à la mythologie du personnage.

Second épisode donc, lié à son high kick sur un spectateur de Crystal Palace. Là aussi, j’avais un peu oublié la gravité de la situation puisque s’il a évidemment écopé d’une lourde sanction sportive, Cantona aurait également pu subir une (très) lourde sanction juridique (le spectateur en question avait porté plainte).
La veille du verdict de la cour à Londres, Guy Roux, qui était resté proche de Cantona et de sa famille, reçoit un coup de fil de la mère du joueur, très inquiète. « Et vous vous rendez compte, c’est très grave, il s’en remettra jamais, c’est peut-être la fin de sa carrière » etc etc. Guy Roux est évidemment sensible à sa détresse et se souvient alors d’un contact à l’Elysée (une des proches collaboratrices de Mitterand), avec qui il avait sympathisé et qui lui avait promis lors d’une réception quelconque de lui filer un coup de main en cas de coup dur. Il passe donc un coup de fil à ce contact, bien conscient que la personne en question a sans doute d’autres chats à fouetter mais arguant du fait que les relations franco-britanniques pâtiraient d’un verdict trop sévère blablabla.
Lendemain, verdict donc, Canto échappe au pire… Guy Roux le raconte lui-même très honnêtement à Philippe Auclair : il ne dit pas que c’est son coup de fil qui a « sauvé » Cantona car il n’a jamais eu la preuve que l’Elysée avait joué un rôle dans cette histoire, autrement dit et pour dire les choses, que Mitterand avait appelé la reine d’Angleterre, John Major (alors Premier Ministre) ou James Bond… mais il n’a jamais eu la preuve qu’il n’avait joué aucun rôle non plus !
Troublant donc, et là aussi, une preuve supplémentaire que Cantona était un joueur à part, bigger than football pourrait-on dire.

Super bouquin en tout cas, et super lecture, vivement conseillée aux amateurs de football, qu’il apprécient le joueur ou non.

#28 Mes meilleures amies

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Annie a la poisse. Son fiancé l’a quittée et son nouvel amant est un goujat. Lillian, sa meilleure amie, file quant à elle le parfait amour. Lorsqu’elle lui annonce son futur mariage, Annie oublie ses soucis pour se consacrer à son rôle de témoin et transformer les préparatifs en un moment magique et privilégié. Mais c’est sans compter sur les autres amies de Lillian, l’insatiable et athlétique dragueuse Megan, la candide Becca,l’ex-beauté Rita et l’ultra-snob Helen… toutes incontrôlables et décidées à donner de la voix pour imposer leurs choix dans l’organisation de l’enterrement de vie de jeune fille. Débute alors une délirante aventure…!
(Allocine)

Même si elle n’est pas aberrante, la référence à Bridget Jones sur l’affiche fait quand même un tout petit peu mal au cul.

A l’origine de Mes meilleures amies (Bridesmaids en vo), il y a Judd Apatow. A l’époque, il est déjà auréolé de plusieurs succès mais 2 choses le chiffonnent : primo, on lui reproche de réaliser des films plutôt « masculins », en ce sens qu’ils s’attacheraient à décrire ou traiter de problématiques essentiellement masculines, et qui font donc la part (trop) belle aux personnages/acteurs masculins. Conjugué à ce reproche formulé par une partie de la critique, il y a le succès de Very Bad Trip, un film qu’Apatow n’affectionne pas vraiment et qu’il juge trop… « mecs » justement. Au sens virée d’une bande de mecs qui font des trucs à Vegas, la ville des virées de bandes de mecs par excellence. Je n’ai jamais vraiment compris l’aversion qu’il pouvait avoir pour ce film, même si la suite de la carrière de Todd Phillips, le réalisateur de la franchise Very Bad Trip, et notamment son horrible War Dogs sorti cette année lui a donné raison. Bon, toujours est-il qu’à ce moment là, Apatow a l’idée de produire une « vraie » comédie de filles, c’est à dire faite par, avec et pour les filles.

Il faut maintenant mettre en valeur le travail de Paul Feig, le réalisateur choisi, déjà aux manettes de la géniale série Freaks and Geeks, la première production de Judd Apatow. Simple exécutant ici (il n’est donc pas à l’initiative du projet et ne participe pas à l’écriture), Feig s’acquitte merveilleusement du cahier des charges de son producteur (film de filles + virée à Vegas) tout en le dynamitant à travers notamment la scène de l’essayage de la robe et du vol vers Las Vegas justement. Paul Feig a trouvé un second souffle grâce à l’énorme succès de ce film: il enchaînera avec les tout aussi drôles Les flingueuses (à voir absolument malgré son titre français débile !) et Spy.  Son remake de SOS Fantômes sorti cette année n’est pas du même niveau mais il est chouette quand même.

Et s’il est chouette ce remake, et si Mes meilleures amiesBridesmaids est un film aussi génial, c’est évidemment grâce au talent d’écriture et d’interprétation de Kristen Wiig. Elle a 38 ans quand sort le film et pas mal d’années de Saturday Night Live derrière elle : c’est sans doute cette maturité, aussi bien personnelle que professionnelle, qui lui permet de viser aussi juste et d’être aussi touchante sur un thème qui résonne pleinement avec son âge au moment de l’écriture et du tournage.
Sans parler de son talent, que dis-je, de son génie comique : des tonnes de sketches du Saturday Night Live sont visibles sur Youtube, il faut les voir et profiter du talent de ces gens-là : Kristen Wiig donc, mais aussi Andy Samberg, Bill Hader, Jason Sudeikis et Fred Armisen avec lesquels elle a travaillé dans le fameux show télévisé. Des génies, je le pense vraiment. Mais pour en revenir à Kristen Wiig seule : sérieusement, comment ne pas tomber amoureux d’elle dans ce film ?

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Et dans tous les autres évidemment.

#73 Rob – Don’t Kill

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Parmi les artistes apparus dans le sillage du Moon Safari de Air à la fin des années 90, Rob est sans doute le plus méconnu et le secret le mieux gardé encore aujourd’hui. Il fait partie de mes artistes et musiciens favoris; c’est quelqu’un dont le travail me touche infiniment donc je vais un peu développer.

Rob alias Robin Coudert est aujourd’hui compositeur de musiques de film à succès, ou en tout cas de plus en plus sollicité. Ca va de Radiostars au remake de Maniac en passant par Horns d’Alexandre Aja, le Bureau des légendes, la série d’Eric Rochant, ou Made in France, le film polémique de Nicolas Boukhrief. Sa dernière création est la bo de Planetarium, le film de Rebecca Zlotowski avec la Portman et la fille Depp-Paradis. Il est par ailleurs l’officieux 5ème Phoenix puisqu’il accompagne le groupe sur scène aux claviers depuis une dizaine d’années maintenant.

Mais avant ça, dans ce qui ressemble de plus en plus à une autre vie, Rob a signé 2 albums complètement fous de pop sous haute perfusion soft rock 70s : celui-ci est le premier des 2. Voici le single Power Glove qui était censé le propulser au firmament de la pop française, sinon plus :

Guitares Flying V (parfois doublées, pour un effet des plus honteusement délicieux), chœurs féminins à gogo, mélodies au romantisme échevelé : Rob y apparaît comme un disciple extraverti et made in France de Todd Rundgren. Le genre de type aux côtés duquel Sébastien Tellier (dont il est proche et avec lequel il a collaboré) est un modèle de sobriété. Le genre de type aussi, et pour situer encore, à avoir été traumatisé par la b.o. de Polnareff pour la Folie des Grandeurs, par le Por que te vas ? de Jeanette ou les musiques de Shuki Levy.
Véritable manifeste pour une pop à la fois extravagante et lettrée (ceux qui ne savent pas parleront de mauvais goût, les hérétiques) Don’t Kill fut suivi un an plus tard de Satyred Love, deuxième album peut-être encore plus radical.

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Après ça, Rob a donc commencé à prendre ses distances avec un mode de création « traditionnel ». Pas forcément par choix personnel d’ailleurs, de mon point de vue en tout cas : il a, à ses débuts, bénéficié du label « French touch » et de la manne financière qui allait avec, mais celle-ci s’est vite tarie. Alors il a produit un peu tout et n’importe qu(o)i, parce qu’il fallait bien bouffer j’imagine : Mélissa Mars (de la comédie musicale sur Mozart. Eh ouais…), Zaza Fournier ou encore, moins alimentaire, le très joli et sous-estimé Enfant du siècle d’Alizée conçu en compagnie de Château Marmont, autre sublime cause perdue de la pop française. On le retrouve encore parfois sur des notes de pochette : il a ainsi mixé le très bel album de Julien Barbagallo, Grand chien (j’y reviendrai), en compagnie de son grand complice Jack Lahana.

Il s’est également lancé dans un projet absolument génial et hors-normes, le Dodécalogue : son objectif était de sortir un EP par mois, un par apôtre (format vinyle + mp3). On pouvait acheter chaque volume séparément, les 12 par anticipation pour les recevoir automatiquement (formule qu’on m’a offerte). On pouvait aussi casser sa tirelire pour qu’il compose un morceau spécialement pour soi ou une personne désignée.
Projet intenable à la fois artistiquement et financièrement, le Dodécalogue a carrément contribué à couler le label qui en fut l’instigateur, Institubes. Seuls les 6 premiers volets ont vu le jour : je possède les 5 sortis en vinyle (le 6ème est uniquement disponible en mp3) et je les chéris, ils sont absolument superbes à la fois sur le fond et sur la forme (très belles pochettes qui trônent fièrement dans mon salon). Le plus souvent, ils creusent la veine la plus mystique, planante et expérimentale de la musique de Rob, mais ils comportent également quelques pop-songs instrumentales au romantisme fulgurant voire déchirant (cf les 2 extraits en conclusion). La suite j’en parle au début de mon billet.

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Les 5 exemplaires « physiques » du Dodécalogue de Rob : un projet inachevé donc, et c’est bien dommage.

Il faut écouter la musique et les disques de Rob : c’est un artiste réellement à part, en France mais « à part » tout court. Bien qu’extrêmement référentielle, sa musique ne ressemble à aucune autre. Qu’il adopte la forme electro-acoustique de feu-les grandioses productions des années 70 ou qu’il joue tout sur des claviers analogiques aux sons extravagants (comme sur la bo de Maniac par exemple), elle est d’un romantisme et d’une sincérité incroyable, génératrice d’émotions au sens propre et pur du terme, souvent par la simple puissance d’une ligne mélodique.

#27 Mary à tout prix

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Ted, le loser, décide de retrouver son amour de jeunesse, la splendide Mary. Il engage un détective privé, Pat Healy, pour la retrouver. Persuadé qu’il a affaire à un dégénéré, Healy file à Miami et retrouve Mary. Elle est belle, gentille, s’occupe d’enfants handicapés et elle est célibataire. Decidé à garder Mary pour lui, il raconte à Ted qu’elle est devenue grosse, qu’elle est paralytique et qu’elle a quatre enfants. Mais Tucker, un architecte, est également amoureux de Mary. Il va faire cause commune avec Healy pour se débarrasser de Ted qui finalement a décidé de venir à Miami.
(Allocine)

4ème film des frères Farrelly dans mon top. J’ai hésité mais merde… C’est un classique ! Avec au moins 3 séquences « cultes » et inépuisables (j’utilise des guillemets car je n’aime pas cet adjectif mais bon…) que tout le monde retiendra : l’accident de fermeture Eclair de Ben Stiller, le sperme dans les cheveux de Cameron Diaz, le combat chien amphétaminé/Ben Stiller. Pas grand-chose à dire de plus : tout le monde le connaît par cœur et sait à quel point c’est génial non ?

Sausage Party – critique

Une petite saucisse s’embarque dans une dangereuse quête pour découvrir les origines de son existence…(Allociné)

C’est pas tant pour « découvrir les origines de son existence » que sa finalité. Détail.

Jusqu’à la semaine dernière, ce film était attendu en tant que nouveau projet du duo Seth RogenEvan Goldberg (Supergrave, Le Frelon vert, This Is the End etc etc) réunissant la fine fleur de la comédie américaine contemporaine : Rogen lui-même, Kristen Wiig, James FrancoBill Hader, Jonah Hill, Danny McBride, Paul Rudd, Michael Cera, Nick Kroll (de la série The League, dans laquelle Seth Rogen tient un petit rôle récurrent). Costaud. Avec en prime et en ce qui concerne les extérieurs-à-cette-grande-famille Salma Hayek et Edward Norton par exemple. C’était la promesse à la fois d’un projet différent pour toute cette dream team, puisque Sausage Party est un film d’animation, et d’un film d’animation différent, puisque très clairement destiné aux adultes. En France, il est d’ailleurs interdit aux moins de 12 ans.

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Et c’est là que cette histoire prend elle aussi une tournure différente puisque les dégénérés de la Manif pour tous ont fait de Sausage Party leur nouvelle cible : ils se sont mis en tête de lui faire retirer son visa d’exploitation (via l’association Promouvoir), après La Vie d’Adèle ou Antichrist de Lars Von Trier par exemple.

On voit bien ce qui peut défriser ces abrutis : c’est grossier (très), délirant (très), on voit de la drogue (ça va plus loin que ça encore mais je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler), c’est même sans doute pornographique selon leur grille de lecture.
Ce qu’ils sont trop débiles et coincés pour comprendre évidemment, c’est que le film (qui ne plaira pas à tout le monde, c’est sûr, mais là n’est pas la question) n’est pas simplement une pochade hénaurme et iconoclaste : il diffuse en parallèle un joli message de tolérance, il plaide pour la différence, la jouissance sans entraves, sans l’entrave de croyances infondées surtout (et je passe sur le message anti-consumériste). Et ça évidemment, ça les fait chier. En plus de voir un champignon sucer une betterave (littéralement) ou une saucisse prendre simultanément un bun (enfin, « une » bun, puisqu’il est doublé par Kristen Wiig) et un pain pita je veux dire. Littéralement là aussi.

C’est donc un film à voir en connaissance de cause (pour adultes effectivement), que je conseille vivement aux fans de la neo-comédie américaine, tendance team Apatow, puisqu’il est très drôle en plus d’être malin.
D’ailleurs, c’est drôle là aussi, le film (qui est sorti aux Etats-Unis en août dernier) anticipe avec plusieurs mois d’avance, et en le disant quasiment mot pour mot, la « morale » qui est ressortie de l’échec des Démocrates et de l’élection de Donald Trump, à savoir qu’il ne suffit pas de répéter avec virulence à ses opposants qu’ils ont tort voire qu’ils sont idiots : il faut proposer une alternative « positive », générer de l’espoir. C’est la conclusion à laquelle parvient le héros du film. Une saucisse donc. Créée par des keumiques. Qui ont compris ce qu’Hillary Clinton et son armée de communicants sur-diplômés ont pas été foutus de comprendre.

#72 Emitt Rhodes

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Lorsqu’on découvre cet album sans rien savoir de son auteur on est généralement estomaqué :

– qu’il ne s’agisse pas de Paul McCartney.
– qu’Emitt Rhodes ne soit pas, sinon aussi célèbre que McCartney, du moins plus célèbre qu’il ne l’est.

Pour reprendre ce que je disais déjà sur ces 2 artistes, entendre Emitt Rhodes pour la 1ère fois, c’est comme entendre Big Star ou Jobim pour la 1ère fois : on est frappé par le caractère évident, profondément essentiel (au sens où ses 3 disques/artistes semblent n’avoir gardé que l’essence du genre qu’ils pratiquent) de cette musique.

Emitt Rhodes a sorti cette année son premier album en… 43 ans. Je ne l’ai pas écouté et je ne le ferai sans doute pas : j’ai peut-être tort mais j’ai envie de « préserver » ce qu’il a produit il y a plus de 40 ans donc. En tout cas si ce nouveau coup de projecteur a pu permettre à certaines personnes de le découvrir et de se pencher sur ces disques du début des années 70 (dont celui-ci), c’est bien.

Les cerveaux – critique

La vie de David Ghantt n’a rien de compliqué. Chaque jour, c’est la même routine : au volant de son camion blindé, il transporte des millions de dollars qui ne lui appartiennent pas. Le seul rayon de soleil dans son existence banale, c’est sa jolie collègue, Kelly Campbell. C’est elle qui va l’attirer dans une combine foireuse…
Malgré la bande de bras cassés à qui il a affaire, dirigée par Steve Chambers, et en dépit d’un plan grotesquement mal ficelé, David réussit quand même l’exploit de voler 17 millions de dollars… Le problème, c’est qu’il se fait doubler par ses complices, qui disparaissent avec le butin et lui mettent tout sur le dos.
David est dedans jusqu’au cou. Sa seule chance est de remonter la piste que laissent les braqueurs en claquant l’argent de façon aussi voyante que ridicule.
En cavale, traqué par les autorités et pourchassé par un drôle de tueur à gages, David va tout tenter pour reprendre l’avantage et doubler à son tour ceux en qui il avait le plus confiance…(Allociné)

J’aime beaucoup les films de Jared Hess, il a un style véritablement unique dans la comédie américaine. J’en parle plus en profondeur ici.

Sur le papier, Les cerveaux est presque trop beau pour être vrai : un réalisateur très singulier donc, servi par un casting 5 étoiles (Zach Galifianakis, Kristen Wiig, Owen Wilson, Jason Sudeikis, Kate McKinnon, n’en jetez plus). Un genre de fantasme granderemisesque.
Sur l’écran, C’EST trop beau pour être vrai : ça ne fonctionne pas. Ou trop peu. Je crois que le style quasiment bressonien de Jared Hess s’accommode mieux de comédiens moins connus et donc plus malléables : ça fonctionnait déjà moins bien dans Super Nacho, vampirisé par Jack Black.

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Les comédiens présents ici sont évidemment excellents (notamment Kristen Wiig, à croquer, et Galifianakis) mais ils donnent l’impression de surjouer, ou même de jouer tout court (Owen Wilson, complètement hors jeu pour le coup) annulant par là même toute la singularité d’un cinéaste qu’on ne reconnaît par conséquent que trop peu, encore une fois. L’humour de Jared Hess, au delà de son regard à la fois sans concession et plein de compassion pour l’Amérique white trash des trailer parks et des malls, repose en effet sur le minimalisme, l’absence de punchlines, un tempo offbeat, et des comédiens quasiment atones. Rien de tout ça ici. Disons, en caricaturant à peine, que la réalisation aurait pu être signée par n’importe qui d’autre. Et c’est quand même dommage quand on la possibilité d’avoir un regard et un style aussi uniques. Mais voilà, les 2 derniers films de Hess ont été des fours: j’ignore si celui-ci est une commande ou s’il a été embauché en tant que simple exécutant, c’est en tout cas celui qui s’éloigne le plus de ce qu’il a fait précédemment.

Après, y a quand même de bons moments et ça se regarde très bien : il doit encore jouer dans quelques salles, je le recommande. Mais ce réalisateur + ce casting, c’était sans doute une fausse bonne idée en réalité.