La bouteille d’eau

Discussion entre collègues dans la cuisine du bureau durant la pause déjeuner :

– Ouais… Pas super 2016 pour l’instant. Ma grand-mère, le fils de mon amie…

– Ah mais oui, c’est vrai, je voulais te demander ce qui s’était passé finalement !

– Ben on l’a enterré y a 10 jours…

– Oh la la… Et on a su ce que c’était ?

Là ma collègue explique que le fils de son amie, 6 ans, a été diagnostiqué en janvier comme souffrant d’une maladie génétique rarissime et dégénérative, sans traitement ni guérison possible. Il était condamné dès le départ, il est parti en 6 mois. L’horreur absolue, indicible, le cauchemar de tous les parents…
Alors que nous sommes tous (une demie-douzaine) en train de l’écouter attentivement, un peu graves bien entendu, voire sincèrement choqués, l’autre collègue, celle qui s’enquerrait de la situation, s’écrit devant la porte du frigo ouverte et en plein milieu du récit :

– QUELQU’UN A PIQUE MA BOUTEILLE D’EAU ! Y A PLUS MA BOUTEILLE D’EAU DANS LE FRIGO !

Bon, elle a beau être extrêmement égocentrique, là, devant le silence teinté de malaise qui a suivi, elle a quand même compris qu’elle avait un peu merdé: on l’a plus entendue de tout le repas.

Mon rêve

Cette nuit j’ai rêvé que j’allais assister à un concert de Wilco dans le Gers. C’était assez précis et détaillé. En fait, je vais voir le groupe à Paris en novembre. Dans le rêve, ça part de là : en achetant mon billet en ligne, je constate à ma grande surprise qu’ils jouent dans le Gers (je sais pas où exactement, y avait juste écrit « Wilco – 32″, le numéro du département.)

Du coup, j’y vais, évidemment. Sur place, je tombe sur 2 quinquagénaires en pleine discussion. L’un d’eux s’appelle Fermement, il est très content de retrouver son quasi clone. Il(s) ressemble(nt) à une fusion Georges MoustakiCorbier, sauce gersoise (fort accent quoi) et c’est lui qui va assurer la 1ère partie de Wilco. En fait hier je suis tombé sur un Tellement Vrai consacré aux sosies de Claude François, ça vient de là je pense.

Bon, je m’apprête à entrer dans la salle (un bar) et là je tombe sur Miou-Miou période Tenue de Soirée (un détail qui aura son importance par la suite), Catherine Deneuve et Charlotte Gainsbourg. La Deneuve s’éclipse très rapidement à mon grand regret. Charlotte Gainsbourg est une grosse tâche, on se fout de sa gueule avec Miou (Miou. Ou Mi Oumiou. Ou M Ioumiou). La Gainsbourg ne sait pas de qui on parle quand on évoque « Jeff » (Tweedy), la lose.

On entre dans la salle et là je sais pas trop où m’asseoir (y a des chaises partout). Ce n’est qu’après m’être installé que je réalise que je me suis assis sur la chaise de Fermement qui s’apprête à attaquer son set. Toute la salle se marre évidemment : c’est clairement la séquence rigolade du rêve, et de la soirée.

Je me lève donc pour aller m’installer ailleurs et je m’assieds à côté de ma nouvelle grande copine Miou-Miou (Charlotte Gainsbourg a manifestement disparu). Là on constate qu’y a pas de scène mais des tables collées les unes aux autres et sur lesquelles le groupe est censé évoluer. On se dit avec Miou que merde, quand même, c’est sympa le Gers mais ça craint un peu de contraindre « Jeff » à jouer dans ces conditions. On est vraiment super potes et très complices.
A tel point qu’on en arrive à un véritable moment « qu’est-ce qui nous arrive? » et qu’on commence à s’embrasser.

Et c’est évidemment à ce moment là que je me réveille. En me félicitant d’être tombé sur la version 80s de Miou-Miou… Et en me sentant immédiatement un peu honteux de ce sentiment un brin misogyne.

Je suis pas Mac Gyver

Nos fenêtres respectives ouvertes, la conversation au téléphone d’un jeune homme dans l’immeuble d’à côté :

– Je la harcèle pas. Je la harcèle pas. La harceler, c’est 2 ou 3 coups de fils à la suite. Là j’ai laissé un message, c’est pas la harceler ça, je suis dans mon droit.

– blablablablabla

– J’ai le droit de faire ça, c’est pas la harceler…

– blabla

– Elle est moche elle est moche, qu’est-ce que tu veux que je te dise…

– blablablablablablablablablablablablablablabla

– Ah ben j’vais te dire, j’ai de la marge par rapport à elle hein.

– blabla

– Ben c’est de la faute de ses parents alors, c’est à eux que je dois le dire peut-être.

– blablabla

– Mais elle a que ce qu’elle mérite je te dis moi et…

– blablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablabla

– Mais je suis pas courageux ! Je suis pas courageux ! Je suis un lâche moi hein, je suis pas… Mac Gyver.

– blablablabla

– Eh bé moi je suis lâche dans la vie.

– bla

– Et j’assume, je l’assume.

– blablablablablablablablablablablablablablabla

– D’accord mais JA-MAIS j’aurais pensé entendre ça sur ma messagerie en sortant du bureau et…

– blablablablablablabla

– Eh ben si elle dit « non » je conclurai par « sale pute » et puis voilà.

– blablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablabla

– Mais si elle fait ça je vais chez elle, et je la brûle, voilà.

– blablablablabla

– Mais j’en ai marre moi et… ok au revoir. Au revoir.

 

L’autre jour j’ai raté la suite de la conversation, cette fois, le début. C’est vraiment frustrant à force.

La banane sur le gâteau

– Ah bah tu vois finalement hein ?

– Ah mais ouais mais trooooooop quoi !

– Ah la la, c’était bieeeeeeeen…

– Ouais mais trop bien quoi !

– Oh la la et puis Florence à la fin quoi !

– Ouaaaaaaaaaaaiiiiiiiiiiiiis oh la la…

– Trop trop beau !

– Ouais, trop beau…

– Et toi qui voulait pas y aller au départ haha !

– Oh la la ouais mais c’était trooooooooop beau !

– Ouais et puis bon, j’ai envie de dire… Anthony pour le dernier jour… c’était la banane sur le gâteau !

– …

– Non mais tu t’es bien éclatée quand même je veux dire…

– …

– Enfin je veux dire c’était super non ?

 

Elles marchaient beaucoup plus vite que moi, j’ai pas pu entendre la suite de la conversation. C’est bien dommage.

Avertissement 2

Suite au succès de mon précédent message de mise en garde (vous étiez plus de 1 à me réclamer un deuxième volet), voici une mise à jour des termes et expressions passibles d’extradition, ou, au minimum, d’une exécution en place publique :

What else?

Impactant

Qui va bien

Raconter une histoire – « Ce que j’aime chez ce cuisinier, c’est que chacun de ses plats raconte une histoire »

Ca, c’est fait!

Se mettre en danger

…ou pas – « Bon bah ça c’est fait… ou pas! lol »

Bonne fin d’appétit

Température ressentie

Yesssssss!!! (bonus poing serré)

Butternut

La vie (pas très) secrète des jeunes

Au Mc Do, à la table à côté de la mienne, 2 jeunes étudiants : lui, emmitouflé dans sa grosse parka, les yeux dans le vide, le rouge au joues du mec qui fait pas le malin et qui sait que tout le monde entend ce qui se passe.
Elle, rien à foutre, qui parle super fort avec force gestes et le lâche pas du regard.
Moi qui fait semblant de m’intéresser à tout sauf à ça et qui n’en perd pas une miette :

– Mais pourquoi tchu l’as fait?
– …
– Pourquoi tchu l’as fait?
– …
– Non mais pourquoi, vas y djis moi.
– Mais je sais pas moi, j’en sais rien putain, vas y tu’m’saoûles
– Ah tchu vois tu dis tu sais pas, ça veut dire que tu l’as fait alors, tu disais tu l’as pas fait
– Mais je sais pas pourquoi vas y j’en sais rien moi
– Moi tu vois en 5 ans, j’aurais pu le faire plein de fois, je l’ai jamais fait en 5 ans, PAS UNE FOIS.
– Mais c’est bon vas y, j’en ai marre là.
– Ouais moi je me retrouve avec un chlamydia maintenant alors c’est bon quoi.

Suite à ça, virage à 180°, comme si de rien n’était. Elle évoque tour à tour:
– un collègue étudiant « débile » et « chelou » qu’elle et ses copines surnomment « Chromi » (« -parce que tu sais les trisomiques c’est parce qu’ils ont 3 chromosomes et pas 2. C’est drôle non? Ca te fait pas rire? » « -Si, c’est drôle », en fixant le reste de son sundae chocolat)
– le tatouage qu’elle s’est fait faire la veille (« il était sympa le tatoueur mais il était un peu con aussi »)
– le film qu’ils allaient voir. Pas compris de quoi il s’agissait malheureusement. Lui : « vas y, faut que j’aille aux chiottes avant, il m’a baisé la vie ce Mac Do ». Il avait repris du poil de la bête le petit con.

Ils sont partis assez vite après que je me suis installé en fait, je regrette de pas être arrivé plus tôt.
Tout de suite après leur départ se sont installés 2 autres jeunes étudiants. Elle, style vaguement Beaux-Arts, lui de type asiatique et très propre sur lui. Ils avaient l’air très complices et parlaient tous les 2 de manière extrêmement posée. Je n’ai pas bien saisi de quoi ils parlaient mais il lui expliquait les subtilités d’une réplique en langue coréenne qui n’avait pas été bien retranscrite en français. « Donc, quand il dit phrasencoréenprononcéehyperviteetavecunsuperbonaccentselonmoi à sa femme, en fait il lui signifie « ma chérie, tu viens de te prendre une veste » « . Ils riaient de bon coeur, ils étaient très mignons.

Puis je suis allé voir le superbe Carol de Todd Haynes.

Une bonne soirée donc.

La tour penchée de Londres

A la sortie de la station Westminster, au pied de Big Ben.

Le type, 25-30 ans, un selfie stick à la main (déjà…) m’interpelle en me faisant signe de venir  le voir, accompagnant son geste d’un « please ». Une fois arrivé à lui, il me montre la tour derrière :

– Is it Big Ben ?
– Euh… yes, obviously.
– Why is it not like that (il fait le geste d’une tour penchée avec sa main) ?
– Euh… because… it’s always been upright…
– Ah bon ? Mais je pensais qu’elle était comme ça (il refait le geste de la main. Il est passé au français, il a du reconnaître à mon accent que je n’étais pas anglais. Connard.)
– Je crois que vous confondez avec une autre tour en fait.
– Ah bon laquelle ?
– La tour de Pise.
– Ah bon, vous êtes sûr que c’est pas Big Ben ?
– Ah ben oui, je suis sûr oui, c’est la tour de Pise qui est penchée.
– Aaaaah ok ok, on pensait que c’était Big Ben ! Et elle est où la tour de Pise ?

Sans déconner. SANS DECONNER.

– Euh… à Pise
– Ah d’accord. Et c’est où exactement ?
– La ville de Pise… En Italie… (le désespoir me gagne irrémédiablement)
– Ah ok, ha ha non mais c’est elle là qui m’a dit que Big Ben était penchée (il désigne sa copine, toute mignonne, qui n’avait rien demandé la pauvre)
– Non mais en fait…
– Ha ha, excusez là hein, elle est blonde !

Il lui a pas laissé le temps de finir sa phrase, accompagnant la sienne d’une petite bourrade complice à mon égard. Puis tous 2 tournent brusquement les talons : ils étaient sans doute en retard pour leur visite du château de Versailles de Buckingham.

J’ai été con, j’aurais du jouer le jeu et lui dire que oui, Big Ben était bien penchée mais qu’elle avait été redressée par l’ours Paddington. Satisfait, il aurait alors posté une photo sur Facebook avec le commentaire idoine. Et tous ses amis n’y auraient vu que du feu bien sûr.

Le Colisée. De Melbourne.
Le Colisée. De Melbourne.

Eh oui mon vieux, j’ai beau ne pas poster très souvent, Grande remise est comme le 5 o’clock tea, la reine ou Pete Doherty : toujours pas mort.
J’ai donc passé quelques jours à Londres et c’était super bien sûr, comme toujours (c’était au moins ma 6ème fois). Je n’avais au programme que le seul concert des Super Furry Animals à la Brixton Academy (j’y reviendrai), pour le reste j’avais simplement envie de me balader dans les rues et parcs de Mayfair, Kensington, Chelsea, Shoreditch, principalement.
J’ai été surpris, et déçu je dois bien l’avouer, de constater que de plus en plus, les gens marchaient à droite sur les trottoirs ou dans le métro, et non à gauche, comme l’impose le sens de la circulation routière : l’influence grandissante des touristes sans doute. Ils sont en effet extrêmement nombreux, extrêmement partout.

Mais à part ça, l’essentiel est toujours là : les flics sont toujours hyper aimables, les pubs accueillants, les serveurs étrangers (quel que soit le type d’établissement et le quartier), la vue sur Houses of Parliament / Tower Bridge magique, les anglaises habillées de manière scandaleusement dénudée le vendredi/samedi soir. Rule Britannia.

Ma réservation

Dimanche matin, un peu avant 11h.

– La Belle Verte, bonjour.
–  Oui, bonjour, je voudrais faire une réservation pour 13h.
– Pour combien de personnes ?
–  2 personnes.
–  Non mais d’accord mais pour quel jour?
– Euh… pour aujourd’hui….

Limite je me fais engueuler parce que je réponds pas à la question qu’elle a pas posé. Ca commence bien.

– Ah non là ce que je peux vous proposer c’est 15h15.
– …
– Ou alors on a des menus à emporter. Là oui, ça peut être prêt pour 13h
– Ben je sais pas trop parce que je…
– Ou alors attendez, ce que je peux vous proposer comme il pleut pas c’est de vous mettre en terrasse. Ca vous irait ça? Parce qu’on a une petite terrasse sur le trottoir, je sais pas si vous voyez. Vous êtes déjà venu?
– Oui, j’habite dans le quartier.
– Ah mais attendez. Euh… Oui, alors voilà, si vous voulez, je peux vous proposer 14h. Ou attendez, 13h45 même. Oui, je pense que ça serait bon.

Putain, habiter dans le quartier me donne droit à des privilèges insoupçonnés.

– C’est gentil mais en fait je sais pas si…
– Vous vouliez vraiment manger à 13h? Non parce que voilà ce qu’on va faire :  je vais prendre votre numéro de téléphone. Parce que si vous vouliez vraiment manger à 13h, y a pas mal de gens qui réservent et puis en fait ils viennent pas. Donc ils prennent leur menus à emporter, et au final ça libère de la place vous voyez ? On peut faire ça, je vous appelle si j’ai un désistement. Je vais prendre votre numéro.

En fait elle me tient la jambe bien plus longtemps que ça en a l’air. Trop longtemps : j’ai plus trop envie de bruncher dans son resto là.
Je lui laisse quand même mon numéro de téléphone, je raccroche enfin. J’appelle immédiatement la personne avec qui je dois déjeuner pour savoir si 14h lui convient. « Oui ». Je rappelle donc le restaurant dans la foulée.

– La Belle Verte, bonjour.
– Oui, bonjour, enfin, re-bonjour, on vient de se parler pour une réservation ce midi.
– …
– Euh, je voulais réserver pour 13h mais c’était pas possible, je vous ai laissé mon numéro…
– Ah oui d’accord !  Et donc ?
– Ben 14h c’est bien si c’est toujours ok pour vous.
– Oui oui, pas de problème, je note, 14h donc.
– Je vous l’ai pas précisé mais ça serait pour un brunch.
– Un brunch… Vous voulez dire que vous comptez vous partager un brunch à 2 ?
– Euh non, ça serait pour bruncher quoi. Donc 2 formules brunchs. Une pour chacun en somme.
– Ah oui d’accord, c’est bien ce que j’avais cru comprendre.

OK.
OK OK.
Elle en a pas fini avec moi.

– Des allergies particulières ? Gluten, soja, sésame… ?
– Pas que je sache… Pas en ce qui me concerne en tout cas.
– Très bien. Est-ce que l’un de vous est végétarien ?
– Pas moi mais la personne qui m’accompagne optera plutôt pour une formule végétarienne je pense.
– Très bien. Trèsbientrèsbien. Bon de toutes façons, la formule brunch est végétarienne pour tout le monde.

Kill me.
Now.

Bon, on y est quand même allé à La Belle Verte et on a pas été déçu : arrivés à 14h, servis à 15h (montre en main). Sachant, a-t-on appris une fois sur place, que le dimanche ils ne servent que des assiettes brunch (les mêmes pour tout le monde donc) et que le choix des boissons se résume à « jus de pomme ou smoothie lait végétal banane ». Ca paraît gérable non ? Eh bien non manifestement.
Certaines personnes ont du attendre une demie-heure que leur table soit installée. Je veux dire : les tables étaient vides mais il a fallu une demie-heure à la serveuse pour les débarrasser, nettoyer et dresser à nouveau. Montre en main. D’autres se sont barrées alors qu’elles étaient installées depuis une demie-heure au bas mot également : pas très cool de leur part mais la serveuse les a poursuivies jusque dans la rue pour les retenir… Alors que les 4 assiettes lancées pour elles, elle pouvait parfaitement les servir à la demie-douzaine de personnes qui poireautait dans l’attente qu’une table se libère… Brrrrrrrrrrreeeeeeeeeef.

Tout ça pour dire que si par hasard tu passes par Toulouse :  La Belle Verte, brunch copieux à base de produits bio bien préparés (c’était vraiment très bon) mais service calamiteux.
Ah et puis évite de réserver par téléphone aussi, sauf si tu tiens vraiment à mal commencer ton dimanche.

Ma rencontre

Dans le parc, durant la pause déjeuner :

– Eh, faut pas rester là longtemps hein !

– …

– Eh faut pas passer la journée là hein !

– Ben on mange et quand on a fini, on s’en va.

– Ouais ça va… Faut pas traîner toute la journée là hein!

– Oui oui, on mange et on s’en va.

– Bon… Parce que sinon hein… Pfiutt, ça va pas aller, comme ça là…

– …

– Parce que j’ai fait l’armée moi hein ! J’étais dans l’armée! J’y étais en Algérie, j’y étais là bas dans le Rif… Aïe Hitler !! (avec 2 doigts en guise de moustache et le bras tendu)

– …

– T’as fait l’armée toi ?

– Euh non…

– Ouais… T’as essayé de… pfuit… (fait le geste du mec qui esquive avec une mine de dégoût)

Là, un éclair de lucidité, de grâce presque. Je pressens que s’il y a bien un moment où je ne dois pas me vanter d’avoir fait des pieds et des mains pendant plusieurs mois pour parvenir à me faire exempter, c’est maintenant. NOW.

– Je suis trop jeune.

– Hein ?

– Je suis trop jeune, c’était déjà fini le service militaire obligatoire quand j’ai eu l’âge de le faire.

– Ouais d’accord. (Le mec est vraiment très bourré pour ne pas voir que je lui raconte des grosses conneries sur mon âge ne peut qu’acquiescer sans ciller tant mon faciès exprime toute la vigueur d’un jeune adulte encore irrigué d’une sève adolescente) Non passqu’à l’armée ils t’en auraient foutu un peu là… (fait le geste du mec qui marche droit)… Ca t’aurait fait du bien un peu… Aïe Hitler !

– …

– Tu travailles ?

Il s’adresse brusquement à la personne qui déjeune avec moi. Il doit penser que n’ayant pas fait l’armée, je ne suis pas digne d’avoir un boulot.

– Oui, je travaille là (elle désigne le musée des Abattoirs qui jouxte le parc, derrière nous).

– Dans cette merde ? Pffffffffffff, grmlblgmlblr (salmigondis duquel il ressort que notre interlocuteur n’apprécie guère la création contemporaine). Ca t’aurait fait du bien l’armée oui… (ok, là il revient sur moi. Putain de favoritisme) Des coups de pieds au cul un peu… Regarde le là… Bosser à rien foutre là putain. Intellectuel de gauche va… Regarde le là, avec ses fringues, il pue ce mec là putain… PD va… Enfin, pas PD (fait un geste au niveau des fesses qui désigne justement des fesses) mais PD de la tête…

A sa décharge, je suis particulièrement colourful ce jour là et nous avons visiblement affaire à un homme qui va droit au bout et privilégie les raccourcis. Il continue, il doit sentir qu’il tient un truc là :

– Il te mettait pas assez de torgnoles ton père… Il t’en as mis des torgnoles ?

Là aussi, j’ai l’intuition que je me dois de garder pour moi l’information selon laquelle mon père n’a jamais levé la main sur moi.

– Oui.

– Il t’en a pas mis assez… Je vais arrêter là parce que sinon je vais t’en coller une moi (S’ensuit un nouveau mélange de paroles et onomatopées souligné par des expressions moyennement amicales)

Il s’approche encore. Y a moyen que ça dégénère vraiment à un moment ou un autre là quand même. Il remarque que la personne qui déjeune avec moi est enceinte.

– Ah vous êtes enceinte ?

– Eh oui.

– Ah je vous laisse alors. Je respecte, ça, je respecte… Allez bon appétit je vous laisse.

Bilan du déjeuner : je suis un « intellectuel de gauche » et un « PD de la tête ». Et je fais 10 ans de moins que mon âge. Une bonne journée donc finalement.

Les termes de recherche 3

Ca faisait longtemps que je voulais donner une suite à mes 2 articles précédents sur le sujet (ouane, tou) parce que ça me fait marrer, tout bêtement. Même si j’ai bien conscience que ça fait marrer que moi mais c’est un petit peu le principe de ce blog : un exercice un brin égotiste et auto-complaisant.
Petit florilège donc :

Les pragmatiques-que-ça-me-fait-plaisir-d’être-référencé-dessus :

Five leaves left
Creedence clearwater revival green river
Bill callahan dream river chronique
Ty segall manipulator chronique
La république bobo

etc etc. Tu vois l’idée.

Les ça-me-fait-encore-plus-plaisir-d-être-référencé-là-dessus :

j’ai rien compris holy motors
djembe hippie
blouson de cuir cravate (alors ça, ça me fait HYPER plaisir.)

Les coupes de cheveux des footballeurs :

debuchy coupe de cheveux
remis cabella (sic)
coupe de cheveux de remy cabella
joueur de foot portugais coupe de cheveux
antoine griezmann hipster

La preuve que c’est un sujet qui interpelle, qui remue, qui fait débat.

Les WTF aka les gens sont fous :

jacky michel cerise
voir film debauche au garage avec alizee
film espionnage en français complétude
vincent macaigne fille
dans quel film une personne dit « c’est chiadé » (j’en sais foutre rien mon vieux)
comparaison les plus grands hommes a robber (????)

Les récurrents aka certaines personnes tapent systématiquement ces mots dans Google pour arriver sur Grande remise

hollywood night TF1
et l’indépassable et transversal fred testot mauvais acteur qui pourrait entrer dans chacune des catégories précédentes.

J’aimerais bien savoir qui vous êtes petits coquins. N’hésitez pas à vous faire connaitre.

En tout cas, le nombre de visiteurs de Grande remise est en forte progression depuis quelques semaines donc merci, sincèrement, à ceux qui viennent régulièrement voir ce qu’il se passe ici, qu’ils vivent au Japon, au Brésil, au Maroc, en Algérie, en Australie ou encore en Inde (et j’en passe). Vous êtes mes champions.